Échelle d’évaluation psychiatrique brève (BPRS)

L’Échelle d’évaluation psychiatrique brève (BPRS) d’Overall et Gorham (1962) est l’un des instruments hétéro-évaluatifs les plus utilisés au monde pour mesurer la sévérité des symptômes psychiatriques et l’efficacité des traitements en psychopharmacologie.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle d’évaluation psychiatrique brève (communément désignée par l’acronyme anglophone Brief Psychiatric Rating Scale ou BPRS) est un instrument hétéro-évaluatif développé initialement par John E. Overall et Donald R. Gorham en 1962. Conçue pour répondre à l’émergence rapide de la psychopharmacologie moderne, cette échelle a été élaborée afin de fournir aux cliniciens et aux chercheurs une mesure standardisée, sensible au changement et rapide d’administration pour évaluer la sévérité des symptômes psychiatriques majeurs, en particulier chez les patients atteints de schizophrénie ou de troubles psychotiques apparentés.

Dans sa version princeps validée, la BPRS comprend 16 items couvrant un large spectre psychopathologique, incluant les perturbations de la pensée, le retrait émotionnel, l’anxiété, la dépression, l’hostilité et les manifestations motrices. Chaque item est évalué par un clinicien entraîné sur une échelle ordinale en sept points allant de 1 (« Absent » ou Not present) à 7 (« Extrêmement sévère » ou Extremely severe), avec une option de non-évaluation (0). La cotation repose sur un entretien semi-structuré d’environ 18 minutes combinant une phase d’établissement de l’alliance thérapeutique, une période d’observation non directive et un questionnement direct ciblé.

Sur le plan psychométrique, la BPRS présente une fidélité inter-juges robuste (avec des coefficients de corrélation variant historiquement de 0,56 pour la tension motrice à 0,87 pour les perturbations conceptuelles), qui s’élève couramment au-delà de 0,80 lorsque les évaluateurs reçoivent un entraînement standardisé. Les analyses factorielles révèlent une structure multidimensionnelle stable articulée autour de quatre à cinq composantes majeures : la perturbation de la pensée, le retrait-ralentissement, l’anxiété-dépression et l’hostilité-méfiance. Instrument historique de référence intégré aux batteries de l’Institut national de la santé mentale américain (NIMH) et au système ECDEU, la BPRS demeure l’une des mesures d’efficacité thérapeutique les plus employées dans les essais cliniques internationaux.

2. Mots-clés

Échelle d’évaluation psychiatrique brève, BPRS, psychométrie, schizophrénie, troubles psychotiques, évaluation clinique, psychopharmacologie, fidélité inter-juges, analyse factorielle, sensibilité au changement, sévérité symptomatique, psychiatrie quantitative.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et standardisée par deux figures majeures de la recherche méthodologique et psychiatrique américaine du milieu du XXe siècle :

  • John E. Overall, Ph.D. : Psychologue quantitatif et statisticien de renom, affiliated durant le développement de l’échelle au Central Neuropsychiatric Research Laboratory de la Veterans Administration (VA) à Perry Point (Maryland), puis professeur au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’Université du Texas à Galveston et Houston. Le Dr Overall a consacré une large part de sa carrière à la modélisation mathématique des changements psychopathologiques, à l’analyse multivariée et au perfectionnement des essais cliniques en psychopharmacologie.
  • Donald R. Gorham, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur, également affilié au réseau de recherche de la Veterans Administration. Ses travaux ont porté sur la mesure objective des processus cognitifs, l’évaluation de la pensée abstraite chez les patients schizophrènes (notamment à travers le test des proverbes) et la standardisation des protocoles d’entretien diagnostique.

Leurs travaux conjoints au début des années 1960 ont permis d’extraire la substantifique moelle d’instruments antérieurs excessivement lourds, pour créer un outil d’une remarquable efficience opérationnelle.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la BPRS est d’assurer une quantification standardisée, multidimensionnelle et reproductible de la sévérité des symptômes psychiatriques chez des patients adultes hospitalisés ou suivis en ambulatoire. Sa création s’est inscrite dans un contexte historique précis : la découverte et la commercialisation des premiers antipsychotiques (notamment la chlorpromazine) au cours des années 1950 ont bouleversé la pratique psychiatrique. Les chercheurs et les cliniciens de l’époque se sont trouvés confrontés à l’absence criante d’outils sensibles et rapides pour mesurer l’efficacité clinique, l’ampleur du soulagement symptomatique et la cinétique d’action des nouvelles molécules psychotropes.

Les instruments préexistants, tels que l’échelle d’évaluation multidimensionnelle des patients psychiatriques de Lorr (MSRPP) ou l’échelle psychiatrique multidimensionnelle pour patients hospitalisés (IMPS), comptaient plusieurs dizaines, voire plus d’une centaine d’items. Ces batteries exigeaient des entretiens exhaustifs et des observations prolongées en milieu institutionnel, ce qui rendait leur utilisation répétée prohibitive dans le cadre d’essais contrôlés randomisés à grande échelle. Overall et Gorham ont donc cherché à réduire ce fardeau méthodologique sans sacrifier la représentativité clinique.

En pratique clinique et en recherche, la BPRS remplit plusieurs missions déterminantes :

  • Évaluation de l’efficacité thérapeutique : Mesurer avec précision l’atténuation des symptômes sous l’effet de molécules antipsychotiques, antidépressives ou de régulateurs de l’humeur. La BPRS est construite pour être hautement sensible aux variations hebdomadaires ou mensuelles de l’état clinique.
  • Surveillance longitudinale et détection des rechutes : Identifier précocement la réémergence de symptômes positifs (hallucinations, désorganisation conceptuelle) ou de signes d’agitation motrice et d’hostilité, permettant une intervention pharmacologique ou psychosociale prompte.
  • Standardisation de la communication scientifique : Offrir une métrique universelle permettant la comparaison directe d’essais cliniques multicentriques internationaux, particulièrement sous l’égide du programme ECDEU (Early Clinical Drug Evaluation Unit) du NIMH.
  • Établissement de profils symptomatiques : Grâce à ses sous-échelles factorielles, la BPRS ne se limite pas à un score global ; elle permet de tracer un profil dimensionnel distinguant la composante psychotique productive, le déficit affectivo-relationnel, la dimension hostile et les manifestations névrotiques/anxio-dépressives.

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par la BPRS est la symptomatologie psychiatrique générale, appréhendée selon une perspective dimensionnelle plutôt que strictement nosographique. Bien que l’échelle ait été particulièrement optimisée pour la schizophrénie, elle intègre des dimensions transcendant les frontières diagnostiques traditionnelles de l’époque.

L’instrument articule 16 composantes symptomatiques distinctes, regroupées conceptuellement autour de quatre grands domaines psychopathologiques :

1. La dimension de perturbation de la pensée (Thinking Disturbance)

Ce pôle regroupe les manifestations cardinales du registre psychotique positif et de la désorganisation cognitive :

  • Désorganisation conceptuelle (Item 4) : Altération formelle du cours de la pensée se traduisant par un discours incohérent, des coqs-à-l’âne, une tangentialité, un relâchement des associations sémantiques ou une pensée fragmentée.
  • Comportement hallucinatoire (Item 12) : Perceptions sensorielles survenant sans stimulus externe adéquat (hallucinations acoustico-verbales, visuelles, cénesthésiques), repérées soit par le témoignage direct du patient, soit par des indices comportementaux manifestes (attitudes d’écoute, soliloques, rires immotivés).
  • Contenu inhabituel de la pensée (Item 15) : Présence d’idées délirantes systématisées ou non, de croyances bizarres, d’idées de référence, de persécution, d’influence ou de télépathie étrangères à la sous-culture du sujet.

2. La dimension de retrait et ralentissement (Withdrawal-Retardation)

Ce domaine reflète ce qui sera ultérieurement formalisé sous le terme de symptômes négatifs ou déficitaires :

  • Retrait émotionnel (Item 3) : Incapacité à entrer en contact spontané avec l’interviewer, détachement affectif, manque d’implication dans l’interaction humaine et tendance à l’isolement social et psychologique.
  • Ralentissement moteur (Item 13) : Réduction de l’énergie physique et de la cinétique corporelle, démarche lente, pauvreté des mouvements spontanés, bradypsychie et débit verbal ralenti.
  • Émoussement affectif (Item 16) : Diminution marquée de la réactivité émotionnelle, hypomimie faciale, voix atone et monotone, restriction drastique du registre expressif gestuel.

3. La dimension d’hostilité et méfiance (Hostile-Suspiciousness)

Ce pôle quantifie les éléments paranoïdes et relationnels conflictuels :

  • Hostilité (Item 10) : Ressentiment, animosité déclarée, agressivité verbale, mépris ou belligérance envers autrui en dehors de la situation d’entretien immédiate.
  • Méfiance (Item 11) : Conviction persistante que d’autres personnes nourrissent des intentions malveillantes, persécutrices ou discriminatoires à l’encontre du sujet.
  • Non-coopération (Item 14) : Résistance active ou passive lors de l’entretien clinique, refus de répondre, attitude de défi ou d’opposition directe face aux consignes.

4. La dimension anxio-dépressive et somatique (Anxious-Depression / Neurotic Symptoms)

Cette dimension englobe les manifestations thymiques et affectives pénibles :

  • Préoccupations somatiques (Item 1) : Plaintes corporelles excessives, hypocondrie, focalisation anxieuse sur des dysfonctionnements physiques réels ou imaginaires.
  • Anxiété (Item 2) : Inquiétude psychologique, appréhension, peur anticipatoire concernant le présent ou l’avenir.
  • Sentiment de culpabilité (Item 5) : Auto-accusation disproportionnée, remords paralysants pour des actes passés, sentiments d’indignité morale.
  • Humeur dépressive (Item 9) : Tristesse, découragement, pessimisme profond, perte d’intérêt et désespoir.
  • Tension (Item 6) : Manifestations somatiques et motrices de l’angoisse (agitation des mains, trémulations, hyperréactivité neurovégétative).
  • Maniérisme et posture (Item 7) : Postures corporelles bizarres, mouvements stéréotypés, maniérismes moteurs extravagants.
  • Grandiosité (Item 8) : Idées mégalomaniaques, surestimation délirante de ses compétences, de son statut ou de ses pouvoirs surnaturels.

6. Cadre théorique

Le développement de la BPRS repose sur le paradigme de la psychiatrie quantitative et empirique, né de la convergence entre la psychométrie différentielle et la neuropsychopharmacologie au cours des années 1950 et 1960. Historiquement, la psychiatrie descriptive était dominée par les classifications catégorielles héritées de Kraepelin et Bleuler, reposant sur des observations qualitatives narratives souvent subjectives et sujettes à une forte variabilité inter-évaluateurs.

L’introduction des neuroleptiques a rendu indispensable une méthodologie d’évaluation opérationnelle. Les théoriciens clés ayant préparé le terrain à Overall et Gorham sont principalement Maurice Lorr et ses collègues, qui ont mis au point la Multidimensional Scale for Rating Psychiatric Patients (MSRPP, 1953) et l’Inpatient Multidimensional Psychiatric Scale (IMPS, 1962). Lorr avait démontré que les états psychotiques pouvaient être décomposés en grappes de symptômes statistiquement indépendantes au moyen de l’analyse factorielle.

Toutefois, les modèles de Lorr étaient excessivement lourds pour un usage en recherche clinique rapide. Overall et Gorham ont postulé qu’un ensemble restreint de dimensions orthogonales ou obliques fondamentales suffisait à capturer la quasi-totalité de la variance clinique utile lors d’un traitement pharmacologique. Leur cadre conceptuel repose sur trois postulats méthodologiques stricts :

  1. Le principe de parcimonie : Sélectionner uniquement les symptômes à la fois fréquents, cliniquement discriminants et hautement sensibles aux modifications induites par les molécules psychotropes.
  2. La dissociation entre observation comportementale et contenu verbal : L’échelle sépare rigoureusement les items fondés sur le comportement objectif manifesté durant l’entretien (par ex. tension motrice, émoussement affectif, non-coopération) de ceux reposant sur les déclarations verbales et le vécu rapporté par le patient (par ex. anxiété, idées de culpabilité, hallucinations).
  3. La standardisation du cadre temporel et relationnel : L’évaluation nécessite une structure d’entretien prédéfinie (3 minutes d’établissement du rapport, 10 minutes d’interaction non directive libre, puis 5 minutes d’investigation sémiologique directe), garantissant que chaque clinicien observe le sujet dans des conditions écologiques comparables.

Ce cadre a posé les bases des critères opérationnels de diagnostic qui ont par la suite inspiré les travaux du groupe de Saint-Louis (Feighner et al., 1972), les Research Diagnostic Criteria (RDC) de Spitzer, et ultimement le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-III) en 1980.

7. Validité

La validité de la BPRS a été documentée de façon exhaustive à travers des centaines d’études cliniques et psychométriques indépendantes réalisées sur plus de six décennies.

Validité de construit

La validité de construit a été démontrée par la capacité de l’échelle à discriminer fidèlement les sous-types cliniques de schizophrénie et à refléter les variations de sévérité globale de la pathologie. Les études ont confirmé que les scores de la BPRS distinguent nettement les populations hospitalisées des cohortes ambulatoires, et que les sous-échelles factorielles correspondent fidèlement aux syndromes cliniques reconnus (syndrome positif, négatif, dépressif et d’excitation psychomotrice).

Validité convergente et concurrente

La validité concurrente de la BPRS a été établie par de fortes corrélations avec d’autres échelles d’évaluation psychiatrique validées :

  • PANSS (Positive and Negative Syndrome Scale) : Lors du développement de la PANSS par Kay et al. (1987), les 18 items de la BPRS ont été directement intégrés dans l’instrument. La corrélation entre le score total de la BPRS et l’échelle composite de la PANSS dépasse systématiquement r = 0,90, témoignant d’une équivalence métrique quasi parfaite pour le suivi de la sévérité psychotique.
  • Clinical Global Impression (CGI) : Des corrélations robustes (r compris entre 0,65 et 0,82) sont régulièrement rapportées entre le score total de la BPRS et le score de sévérité de la CGI (CGI-S), ainsi qu’entre le pourcentage de réduction du score BPRS et l’échelle d’amélioration globale (CGI-I).
  • CPRS (Comprehensive Psychopathological Rating Scale) : Les études comparatives européennes montrent une convergence élevée (r > 0,75) entre les dimensions correspondantes des deux échelles.

Validité prédictive et sensibilité au changement

La BPRS est internationalement reconnue pour sa remarquable sensibilité au changement thérapeutique sous pharmacothérapie active comparée au placebo. Une réduction de 20 % à 30 % du score total de la BPRS est classiquement définie dans la littérature d’essais cliniques comme le seuil de réponse thérapeutique cliniquement significative (« clinical response »). De surcroît, le score à l’admission ou la persistance d’un score élevé sur le facteur Retrait-Ralentissement prédit de manière significative la durée de séjour hospitalier, le niveau de fonctionnement adaptatif ultérieur et le risque de réhospitalisation précoce.

8. Fidélité

La fidélité de la BPRS a fait l’objet d’évaluations rigoureuses dès l’étude princeps de 1962 menée par Overall et Gorham sur 83 patients schizophrènes récemment admis dans des unités psychiatriques de la Veterans Administration.

Fidélité inter-juges

Dans l’échantillon princeps de 83 patients évalués simultanément par deux cliniciens indépendants, les corrélations inter-juges pour les items individuels se sont réparties de 0,56 à 0,87 :

  • Les coefficients les plus élevés concernaient la Désorganisation conceptuelle (r = 0,86), les Manifestations hallucinatoires (r = 0,85) et le Contenu inhabituel de la pensée (r = 0,87).
  • Le coefficient le plus modeste concernait la Tension motrice (r = 0,56), reflétant la difficulté relative à quantifier les manifestations neurovégétatives et motrices discrètes de l’angoisse en l’absence de repères d’ancrage comportementaux détaillés.

Dans les décennies suivantes, l’introduction de manuels de cotation avec critères d’ancrage stricts (notamment par l’équipe de Ventura et al. à UCLA en 1993) a permis d’élever les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) au-delà de 0,80 pour la quasi-totalité des items, et au-delà de 0,90 pour le score global, sous réserve d’une formation préalable standardisée des évaluateurs d’une durée minimale de 10 à 15 heures.

Cohérence interne

Bien que la BPRS soit intrinsèquement multidimensionnelle (ce qui tend à modérer l’alpha de Cronbach global), les études rapportent des coefficients de cohérence interne satisfaisants pour le score total (alpha compris généralement entre 0,75 et 0,86). Les sous-échelles factorielles présentent des indices de cohérence interne homogènes, oscillant entre 0,70 et 0,84 selon la dimension considérée.

Fidélité test-retest

La fidélité test-retest dépend étroitement de la stabilité de l’état clinique du patient. Chez des patients chroniques stabilisés réévalués à un intervalle de 48 à 72 heures par le même évaluateur, les coefficients de corrélation test-retest se situent entre 0,78 et 0,88, confirmant la stabilité instrumentale en l’absence de modification pharmacologique.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de la BPRS a fait l’objet de nombreuses investigations exploratoires et confirmatoires depuis sa publication initiale. Dans leur publication séminale de 1962, Overall et Gorham ont identifié par analyse factorielle exploratoire (AFE) avec rotation Varimax quatre composantes principales représentant les syndromes majeurs de la psychopathologie psychotique :

1. Facteur I : Perturbation de la pensée (Thinking Disturbance)

Ce facteur sature fortement sur les items symptomatiques positifs :

  • Item 4 : Désorganisation conceptuelle (saturations habituelles > 0,70)
  • Item 12 : Comportement hallucinatoire (saturations > 0,75)
  • Item 15 : Contenu inhabituel de la pensée (saturations > 0,80)

2. Facteur II : Retrait et ralentissement (Withdrawal-Retardation)

Ce facteur capture le noyau déficitaire négatif :

  • Item 3 : Retrait émotionnel (saturations > 0,65)
  • Item 13 : Ralentissement moteur (saturations > 0,70)
  • Item 16 : Émoussement affectif (saturations > 0,75)

3. Facteur III : Hostilité et méfiance (Hostile-Suspiciousness)

Ce facteur regroupe les manifestations paranoïdes et relationnelles agressives :

  • Item 10 : Hostilité (saturations > 0,70)
  • Item 11 : Méfiance (saturations > 0,72)
  • Item 14 : Non-coopération (saturations > 0,60)

4. Facteur IV : Anxiété-Dépression (Anxious-Depression)

Ce facteur regroupe les composantes de souffrance thymique :

  • Item 1 : Préoccupations somatiques (saturations > 0,55)
  • Item 2 : Anxiété (saturations > 0,70)
  • Item 5 : Sentiments de culpabilité (saturations > 0,68)
  • Item 9 : Humeur dépressive (saturations > 0,75)

Les items 6 (Tension), 7 (Maniérisme et posture) et 8 (Grandiosité) ont souvent présenté des saturations secondaires ou constitué un cinquième facteur étiqueté « Activation » ou « Excitation motrice » dans les réanalyses ultérieures, notamment celles documentées par William Guy dans le manuel d’évaluation de l’ECDEU en 1976. Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) modernes conduites sur de larges cohortes internationales démontrent des indices d’adéquation robustes (CFI > 0,92 ; RMSEA < 0,06) pour ces modèles à 4 ou 5 facteurs, attestant de la remarquable pérennité métrique du modèle dimensionnel conçu par Overall et Gorham.

10. Instrument de mesure

  • Nom complet de l’instrument : Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS) / Échelle d’évaluation psychiatrique brève.
  • Type d’instrument : Échelle d’hétéro-évaluation clinique semi-structurée (remplie exclusivement par un professionnel de santé mentale qualifié).
  • Mode d’administration : Papier-crayon ou saisie informatique à l’issue d’un entretien clinique en face-à-face.
  • Durée de l’administration : Entretien de 18 minutes (3 min d’anamnèse/alliance, 10 min de discours libre, 5 min de questions fermées spécifiques) suivi de 2 à 3 minutes de cotation par le clinicien.
  • Nombre d’items : 16 items dans la version princeps originale (étendue par la suite à 18 items puis à 24 items dans des versions dérivées ultérieures).
  • Format de réponse : Échelle de sévérité ordinale en 7 points : 1 = Absent (Not present), 2 = Très léger (Very mild), 3 = Léger (Mild), 4 = Modéré (Moderate), 5 = Modérément sévère (Moderately severe), 6 = Sévère (Severe), 7 = Extrêmement sévère (Extremely severe) ; avec la possibilité d’utiliser la valeur 0 pour signifier « Non évalué » (Not assessed).
  • Calcul des scores et cotation :
    • Score total : Obtenu par la sommation arithmétique directe des 16 items. L’amplitude des scores s’étend de 16 (absence complète de psychopathologie) à 112 (sévérité psychopathologique extrême sur l’ensemble des dimensions).
    • Scores factoriels / sous-échelles : Calculés en sommant les scores des items constitutifs de chaque facteur (Perturbation de la pensée, Retrait-Ralentissement, Hostilité-Méfiance, Anxiété-Dépression).
    • Règles d’inversion : Aucun item n’est inversé ; des scores élevés traduisent toujours une sévérité symptomatique accrue.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1962 (première publication académique formelle dans Psychological Reports).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La version originale à 16 items de la BPRS développée par Overall et Gorham, ainsi que sa standardisation ultérieure dans le manuel ECDEU (Guy, 1976), font partie du domaine public académique. Les instruments élaborés dans le cadre des programmes de recherche fédéraux américains de la Veterans Administration et du NIMH ne sont assujettis à aucune redevance commerciale pour la recherche ou l’usage clinique non lucratif.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et la pratique hospitalière. Aucun coût d’acquisition de licence n’est requis pour la version princeps.
  • Recommandations de formation : Bien que l’instrument soit accessible sans frais, une formation préalable rigoureuse à l’entretien standardisé et aux manuels d’ancrage sémiologique (par ex. le manuel de cotation de l’UCLA) est impérative afin de garantir un accord inter-juges adéquat (ICC > 0,80) dans tout protocole d’investigation clinique.

12. Références

Overall, J. E., & Gorham, D. R. (1962). The Brief Psychiatric Rating Scale. Psychological Reports, 10(3), 799–812. https://doi.org/10.2466/pr0.1962.10.3.799

Guy, W. (1976). ECDEU Assessment Manual for Psychopharmacology (Revised ed., DHEW Publication No. ADM 76-338). U.S. Department of Health, Education, and Welfare, Public Health Service, Alcohol, Drug Abuse, and Mental Health Administration, National Institute of Mental Health. https://doi.org/10.1037/e591322011-001

Hedlund, J. L., & Vieweg, B. W. (1980). The Brief Psychiatric Rating Scale (BPRS): A comprehensive review. Journal of Operational Psychiatry, 11(1), 48–65.

Kay, S. R., Fiszbein, A., & Opler, L. A. (1987). The Positive and Negative Syndrome Scale (PANSS) for schizophrenia. Schizophrenia Bulletin, 13(2), 261–276. https://doi.org/10.1093/schbul/13.2.261

Lorr, M., Jenkins, R. L., & Holsopple, J. Q. (1953). Multidimensional Scale for Rating Psychiatric Patients: Hospital form. Veterans Administration Technical Bulletin, TB 10-507, 1–44.

Lorr, M., Klett, C. J., McNair, D. M., & Lasky, J. J. (1962). Inpatient Multidimensional Psychiatric Scale (IMPS). Consulting Psychologists Press.

Ventura, J., Green, M. F., Shaner, A., & Liberman, R. P. (1993). Training and quality assurance with the Brief Psychiatric Rating Scale: « Drift »—converters and other problems. International Journal of Methods in Psychiatric Research, 3(4), 221–244.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Rating Scale:
7-point rating scale: 1 = Not present, 2 = Very mild, 3 = Mild, 4 = Moderate, 5 = Moderately severe, 6 = Severe, 7 = Extremely severe (or 0 = Not assessed)

  1. Somatic Concern (preoccupation with physical health, neurotic medical complaints, etc.)
  2. Anxiety (worry, fear, or over-concern for present or future)
  3. Emotional Withdrawal (lack of spontaneous interaction, isolation, deficiency in relating to the interviewer and to the interviewer situation)
  4. Conceptual Disorganization (thought processes confused, disconnected, disorganized, or disrupted)
  5. Guilt Feelings (over-concern or remorse for past behavior, self-blame, feelings of worthlessness)
  6. Tension (physical and motor manifestations of nervousness, over-activity, tension)
  7. Mannerisms and Posturing (unusual and unnatural motor behavior, peculiar gestures or posturing)
  8. Grandiosity (exaggerated self-opinion, conviction of unusual ability or powers)
  9. Depressive Mood (despondency in mood, sadness, discouragement, pessimism)
  10. Hostility (animosity, contempt, belligerence, disdain for others outside the interview situation)
  11. Suspiciousness (belief that others harbor malicious or discriminatory intent)
  12. Hallucinatory Behavior (perceptions without normal external stimuli)
  13. Motor Retardation (reduction in energy level evidenced in slowed movements and speech)
  14. Uncooperativeness (evidence of resistance, unfriendliness, resentment, and lack of readiness to cooperate with the interviewer)
  15. Unusual Thought Content (unusual, odd, strange, or bizarre thought content)
  16. Blunted Affect (reduced emotional responsiveness, reduction in facial expression, modulation of voice, and communicative gestures)
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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle d’évaluation psychiatrique brève (BPRS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-psychiatrique-breve-bprs
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation psychiatrique brève (BPRS).” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-psychiatrique-breve-bprs.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation psychiatrique brève (BPRS).” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-psychiatrique-breve-bprs.