Échelle d’évaluation du caractère

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle d’évaluation du caractère (Character Assessment Scale – CAS) développée par Paul F. Schmidt : fondements théoriques, dimensions éthiques, fidélité, validité et inventaire des items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’évaluation du caractère (en anglais, Character Assessment Scale ou CAS), développée initialement par le psychologue clinicien Paul F. Schmidt au début des années 1980 au sein de l’Institute for Character Development (Shelbyville, Kentucky), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer de manière standardisée les forces morales et les vulnérabilités éthiques individuelles à la lumière des préceptes comportementaux judéo-chrétiens et évangéliques. Conçue principalement comme un outil d’accompagnement diagnostique et thérapeutique au sein de la relation d’aide, du counseling pastoral et de la psychothérapie d’inspiration chrétienne, la CAS opérationnalise des concepts éthico-théologiques séculaires sous la forme de construits psychologiques contemporains scientifiquement mesurables.

L’instrument explore huit ressources morales fondamentales subdivisées selon une topographie duale : quatre « attitudes du cœur » (Vérité/Honnêteté, Respect, Bienveillance/Sollicitude, et Gestion de la colère) et quatre « attitudes de la chair » (Usage de l’argent, Gestion du temps et de l’énergie, Sexualité, et Santé corporelle). Chacune de ces huit ressources est conceptualisée comme une balance dynamique comprenant une force de caractère et une faiblesse morale correspondante (dérivée de la typologie des sept péchés capitaux et de vertus homologues), complétée par une échelle de validité évaluant le déni psychologique et la désirabilité sociale. La version finale du test comporte 225 propositions dichotomiques de type Vrai/Faux (True/False), dont un ensemble représentatif central de 189 items opérationnels documentés permet d’analyser finement les dynamiques interpersonnelles et intrapersonnelles du sujet.

Sur le plan métrologique, l’étalonnage repose sur un échantillon normatif nord-américain de référence regroupant environ 600 participants issus de 45 États américains et de 7 provinces canadiennes. Les indices de cohérence interne (alpha de Cronbach) pour les huit ressources morales oscillent entre 0,61 et 0,83, avec une moyenne respectable de 0,75. La validité empirique a été corroborée par des accords statistiquement très significatifs entre les auto-prédictions des sujets, les évaluations externes posées par leurs cliniciens traitants, ainsi que par des épreuves expérimentales de manipulation d’image démontrant l’efficacité discriminante de l’échelle de Déni. Cet article propose une analyse psychométrique exhaustive de la CAS, examinant son armature théorique, ses qualités métrologiques, ses contextes d’application clinique et ses implications conceptuelles.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle d’évaluation du caractère, Character Assessment Scale, CAS, psychométrie chrétienne, vertus et péchés capitaux, counseling pastoral, psychologie morale, attitudes du cœur, attitudes de la chair, Paul F. Schmidt, évaluation du caractère, désirabilité sociale, échelle de déni.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu, développé et standardisé par le docteur Paul F. Schmidt, Ph.D., psychologue clinicien et directeur fondateur de l’Institute for Character Development, situé à Shelbyville, Kentucky (États-Unis). Les travaux de standardisation et les éditions successives du manuel technique (notamment la 2e édition en 1983 et la 3e édition de référence en 1987) ont été assurés sous sa direction exclusive, en collaboration avec des réseaux de cliniciens, de thérapeutes pastoraux et d’institutions universitaires confessionnelles nord-américaines.

Des recherches indépendantes ultérieures de validation convergente, de suivi longitudinal et d’application en milieu universitaire chrétien ont été menées par des équipes de chercheurs universitaires en psychologie, notamment le professeur Michael J. Boivin et ses collaborateurs (tels que Terry M. Beuthin, Gregory Hauger, J. H. Elzerman, Linda K. Underwood et B. J. Maes), affiliés à des départements de psychologie et de sciences comportementales aux États-Unis (notamment au Spring Arbor College et à la Michigan State University).

4. Objectif / Purpose

L’Échelle d’évaluation du caractère (CAS) a été élaborée pour combler une lacune épistémologique et clinique majeure dans le champ de la santé mentale : l’absence d’outils standardisés permettant d’évaluer objectivement l’intégrité morale, le développement éthique et la maturité caractérielle d’un individu au sein d’un cadre normatif chrétien évangélique. Dans la pratique psychologique séculière classique, la notion même de « caractère » moral a longtemps été évincée au profit de dimensions descriptives neutres issues de la psychologie de la personnalité (comme le modèle des Big Five ou le MMPI), reléguant les questions de valeurs, de fautes morales ou de vertus spirituelles au domaine privé ou pastoral. Schmidt a soutenu que pour les croyants engagés et les cliniciens œuvrant dans le cadre de la relation d’aide chrétienne, séparer le fonctionnement psychologique du cadre normatif biblique engendre une scission artificielle préjudiciable à l’efficacité du soin.

L’objectif fondamental de la CAS est de fournir au professionnel de l’accompagnement (psychologues cliniciens, thérapeutes conjugaux et familiaux, conseillers pastoraux, aumôniers et directeurs spirituels) une cartographie fiable, reproductible et validée des forces morales et des faiblesses caractérielles d’un sujet, évaluées selon les critères éthiques du Nouveau Testament et des enseignements du Christ. Loin d’être un simple outil de jugement moralisateur, la CAS a été expressément conçue comme une ressource diagnostique et thérapeutique constructive. Dans le cadre d’une psychothérapie ou d’un counseling individuel, le test permet de débusquer les rationalisations, d’objectiver les points aveugles éthiques, de mettre en lumière les schémas d’inconduite répétitifs (tels que l’amertume chronique, l’égocentrisme, la convoitise financière ou les dérives hédonistes) et de souligner parallèlement les ressources vertueuses disponibles (telles que le pardon altruiste, la discipline personnelle, l’humilité et la générosité discrète).

Sur le plan de la recherche, la CAS a trouvé des applications significatives dans l’évaluation des programmes de formation pastorale en séminaire théologique, l’étude de l’ajustement socio-émotionnel et spirituel des étudiants fréquentant des universités confessionnelles (comme l’ont documenté Boivin et al., 1993, ainsi qu’Underwood et al., 1996), et l’analyse différentielle de la psychopathologie chez les croyants (Elzerman & Boivin, 1987). L’outil offre une plateforme opérationnelle permettant de mesurer empiriquement l’évolution longitudinale du caractère éthique face aux interventions pédagogiques, pastorales ou psychothérapeutiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la CAS repose sur la modélisation du caractère moral comme un équilibre dynamique et fonctionnel entre le respect de soi et l’altruisme bienveillant d’une part, et la maîtrise des pulsions et passions égocentriques d’autre part. Le modèle s’articule autour de huit ressources morales fondamentales (moral resources), réparties équitablement en deux grandes catégories anthropologiques : les « attitudes du cœur » (dimensions psycho-affectives et relationnelles intimes) et les « attitudes de la chair » (dimensions psycho-physiologiques et matérielles de l’existence incarnée). Chaque ressource morale est bidimensionnelle : elle comprend une sous-échelle mesurant une force de caractère (vertu) et une sous-échelle mesurant une faiblesse morale associée (péché/vice). Le score net de chaque ressource s’obtient par soustraction algébrique de la faiblesse par rapport à la force (Score Ressource = Score Force – Score Faiblesse). Une échelle supplémentaire de Déni (Denial) complète le profil pour jauger l’honnêteté de la passation.

1. Les attitudes du cœur (Attitudes of the Heart)

  • La Vérité et l’Honnêteté (Truth / Honesty) : Cette dimension examine l’authenticité personnelle et le refus de la tromperie. La force de caractère réside dans la véracité, la transparence face à ses erreurs et l’intégrité communicationnelle ; la faiblesse correspond à la dissimulation délibérée, à l’exagération manipulatrice et au compromis éthique à des fins opportunistes (ex. item 113 : « To get a point across, sometimes I exaggerate or leave out part of the truth »).
  • Le Respect et l’Humilité (Respect vs. Pride) : Inspirée de l’opposition biblique entre l’orgueil et l’humilité. La force mesure la capacité à apprécier sincèrement autrui, à reconnaître ses propres limites intellectuelles et spirituelles, et à accepter l’autorité légitime. La faiblesse traduit la vanité, le mépris d’autrui, le complexe de supériorité et la rancœur éprouvée lors de la reconnaissance d’un pair (ex. item 16 : « I sometimes enjoy looking down on others and feeling superior »).
  • La Bienveillance et l’Empathie (Concern vs. Envy/Self-centeredness) : Cette dimension jauge la sollicitude désintéressée envers la détresse du prochain versus la jalousie ou l’indifférence égoïste. La force est illustrée par une compassion active et la capacité de se réjouir du bonheur d’autrui ; la faiblesse s’exprime par le repli égocentrique, la jubilation secrète face aux malheurs publics d’autrui et l’envie amère (ex. item 79 : « I am sometimes envious and even bitter about the good fortune of others »).
  • La Gestion de la Colère et le Pardon (Anger / Peace vs. Resentment) : Centrée sur la régulation de l’affect agressif. La force caractérise la recherche active de réconciliation pacifique, la patience, le désamorçage courtois des querelles et le pardon inconditionnel ; la faiblesse se manifeste par des rancunes tenaces, l’escalade agressive verbale, le mutisme punitif et le désir compulsif de vengeance (ex. item 62 : « I usually let resentments grow into long-range grudges because I don’t know how to express my anger constructively »).

2. Les attitudes de la chair (Attitudes of the Flesh)

  • L’Argent et la Générosité (Money vs. Greed/Covetousness) : Opérationnalisation de la cupidité face au contentement et au partage. La force renvoie à la libéralité matérielle, au soutien secret des indigents et à l’absence de fixation sur le statut financier ; la faiblesse traduit l’accumulation anxieuse, la dépendance psychologique à la richesse, la pingrerie et la comparaison sociale jalouse (ex. item 125 : « It gives me pleasure to count the money in my pocket, purse, or bank account to see just how much money I have »).
  • Le Temps, l’Énergie et la Diligence (Time and Energy vs. Sloth) : Évaluation de la paresse spirituelle et comportementale (l’acédie) versus le zèle vocationnel. La force englobe l’initiative proactive, l’engagement tenace dans les tâches réputées difficiles et la ponctualité ; la faiblesse reflète l’apathie, la procrastination systématique, l’ennui chronique et l’abandon face à l’adversité (ex. item 92 : « Often I feel like there is nothing worth doing at the present time »).
  • La Sexualité et la Pureté Relationnelle (Sexuality vs. Lust) : Mesure de la maîtrise pulsionnelle érotique selon les normes chrétiennes de fidélité maritale et de pureté. La force valorise l’altruisme conjugal, le respect du corps de l’autre et le respect des engagements matrimoniaux ; la faiblesse appréhende la concupiscence débridée, la consommation de pornographie, l’acceptation de l’infidélité adultère et la réduction de l’autre à un objet d’assouvissement hédoniste (ex. item 17 : « I sometimes want to have sex primarily for my own pleasure »).
  • La Santé Corporelle et la Tempérance (Bodily Health vs. Gluttony/Substance Abuse) : Analyse de la gestion du corps en tant que « temple de l’Esprit ». La force traduit une autodiscipline alimentaire rigoureuse, la pratique de l’exercice physique et la sobriété ; la faiblesse identifie la gloutonnerie compulsive, le délaissement de son hygiène de vie et la dépendance pharmacologique, nicotinique ou alcoolique (ex. item 122 : « When there are delicious foods around, I simply cannot eat just a little and stop there »).

3. L’Échelle de Déni (Denial Scale)

Composée d’items subtilement formulés décrivant des travers humains quasi universels ou, inversement, des perfections morales invraisemblables, cette échelle sert de garde-fou contre le mensonge délibéré ou l’illusion pieuse. Un score élevé signale une tendance défensive du client à masquer ses faiblesses pour projeter une image de sainteté chrétienne immaculée.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de la CAS s’inscrit au carrefour de la théologie morale chrétienne évangélique et de la psychologie intégrative de la personnalité, plus particulièrement dans le sillage du mouvement d’intégration de la psychologie et du christianisme formalisé dans les revues académiques spécialisées comme le Journal of Psychology and Theology et le Journal of Psychology and Christianity à partir des années 1970.

Historiquement, l’ascendance directe de la CAS provient des travaux pionniers du docteur David W. Backus (1969, 1976), qui avait cherché à opérationnaliser la doctrine historique des sept péchés capitaux (l’orgueil, l’envie, la colère, l’avarice, la paresse, la gourmandise et la luxure) dans son instrument intitulé le Sinful Attitudes Inventory (SAI), développé conjointement avec Schmidt et Oates en 1978. Dans cette perspective théologique issue de Grégoire le Grand et de Thomas d’Aquin, les péchés capitaux ne sont pas simplement des transgressions d’actes isolés, mais des dispositions psychiques sous-jacentes néfastes, des déformations de la motivation humaine orientant l’énergie psychologique vers l’autonomie rebelle et l’égocentrisme destructeur.

Schmidt a profondément affiné cette approche pionnière en y apportant trois contributions théoriques majeures :

  1. L’adjonction systématique de la dimension vertueuse complémentaire : S’inspirant de la psychologie humaniste et des enseignements pauliniens sur les « fruits de l’Esprit », Schmidt a postulé que l’absence de vice ne suffit pas à définir la santé caractérielle ; l’intégrité morale exige le développement proactif d’attitudes vertueuses positives correspondantes (générosité, patience, maîtrise de soi, pureté d’intention).
  2. La sécularisation terminologique et psychologique : Afin de contourner la charge affective culpabilisante ou moralisatrice archaïque de certains termes ecclésiastiques, Schmidt a renommé plusieurs traits en catégories psychologiques contemporaines opérationnelles (la « chair » devenant la régulation psychosomatique, la « paresse » devenant l’évitement ou le déficit d’engagement, l’« orgueil » se traduisant par la défensive narcissique et le besoin de supériorité).
  3. Le modèle d’équilibre dynamique respect/altruisme : La CAS repose sur le postulat théorique selon lequel une personnalité psychologiquement saine et spirituellement mature manifeste un équilibre harmonieux entre la sollicitude envers soi-même (préservation de son corps, intégrité émotionnelle, gestion juste de ses ressources matérielles) et le respect sacrificiel d’autrui et de Dieu. Tout déséquilibre engendre une pathologie relationnelle ou un dysfonctionnement moral.

Cette approche théorique fait également écho aux postulats ultérieurs de la psychologie positive contemporaine (notamment les classifications des vertus et forces de caractère de Martin Seligman et Christopher Peterson dans le cadre du VIA), tout en maintenant l’ancrage théologique transcendantal selon lequel la responsabilité ultime de l’être humain s’exerce devant son Créateur.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la CAS a fait l’objet de plusieurs investigations systématiques décrites dans le manuel technique de l’instrument (Schmidt, 1983, 1987) ainsi que dans la littérature académique indépendante.

Validité de construit et prédictive subjective

La validité de construit a été mise à l’épreuve par une procédure de confrontation prédictive. Avant l’administration du questionnaire, l’ensemble des participants de l’échantillon de standardisation ont été invités à prédire explicitement lesquelles des huit ressources morales représentaient leur plus grande force et leur plus grande vulnérabilité éthique. L’analyse des résultats objectifs a mis en évidence un taux de concordance significativement supérieur au hasard probabiliste :

χ² = 55,4 ; p < 0,0001

Ce résultat démontre que les scores quantitatifs générés par l’algorithme de la CAS reflètent avec une acuité remarquable l’auto-perception intime du fonctionnement moral des sujets, attestant d’une excellente validité apparente et de construit.

Validité de critère par évaluation externe (évaluation par les cliniciens)

Afin de prémunir l’instrument contre le biais exclusif d’auto-évaluation, Schmidt a soumis le protocole à des évaluateurs externes expérimentés. Les conseillers et thérapeutes traitants ont été priés d’identifier, en amont du test, la ressource morale la plus solide et la plus problématique de leurs clients respectifs. La comparaison entre le profil objectif de la CAS et les pronostics cliniques externes a de nouveau révélé une concordance statistique hautement significative :

χ² = 23,7 ; p < 0,001

Ces données confirment que l’instrument capture des manifestations comportementales et relationnelles observables et tangibles en contexte thérapeutique réel.

Validité discriminante et contrôle de la désirabilité sociale (Échelle de Déni)

Une étude expérimentale menée par Schmidt (1983) a testé la réactivité de l’instrument face aux biais de manipulation volontaire de l’image de soi (faking good). Un groupe de 25 étudiants en théologie (séminaristes) a complété la CAS à deux reprises : une première fois sous consigne standard de sincérité, et une seconde fois avec pour consigne expresse de se présenter sous le jour moral le plus parfait et louable possible. Les résultats ont démontré une augmentation massive et statistiquement significative du score de l’échelle de Déni lors de la seconde passation. Ce résultat démontre que l’échelle de Déni permet de détecter efficacement les tentatives de dissimulation et de surévaluation spirituelle dans des contextes d’évaluation à enjeux élevés (comme la sélection pastorale ou missionnaire).

Validité convergente et corrélationnelle

Les investigations ultérieures conduites par Elzerman et Boivin (1987) ont exploré les corrélations entre la CAS, le MMPI et des échelles d’anxiété et d’estime de soi chez des étudiants d’universités chrétiennes. Les résultats ont mis en évidence que les sous-échelles de faiblesses morales (notamment l’amertume/colère et le repli sur soi) corrèlent de façon positive et significative avec les échelles de détresse psychologique et de dysfonctionnement névrotique du MMPI, tandis que les forces de caractère corrèlent positivement avec l’adaptation psychosociale et l’estime de soi saine.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de la CAS a été rigoureusement documentée au moyen de coefficients de cohérence interne et d’analyses de corrélations inter-échelles.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les analyses de cohérence interne calculées sur l’échantillon normatif pour les huit mesures de ressources morales fondamentales ont produit des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,61 et 0,83, affichant une moyenne globale de 0,75. Compte tenu de la diversité factorielle inhérente à la fusion de facettes vertueuses et de faiblesses comportementales au sein d’une même ressource globale (score différentiel), ces coefficients témoignent d’une fidélité inter-items tout à fait adéquate pour la pratique clinique et la recherche en psychologie sociale et de la religion.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

Des sous-groupes de validation testés à plusieurs semaines d’intervalle dans des conditions de stabilité contextuelle ont démontré des corrélations test-retest substantielles (coefficients généralement supérieurs à 0,70 sur les scores composites de ressources morales), attestant que l’instrument évalue bien des traits de caractère stables et des dispositions dispositionnelles ancrées plutôt que de simples fluctuations d’humeur transitoires.

Intercorrélations des sous-échelles

Le manuel technique rapporte une trame prononcée d’intercorrélations significatives entre plusieurs sous-échelles de l’instrument. Notamment, la propension au pardon et la maîtrise de la colère sont fortement corrélées à la bienveillance empathique et à l’humilité. De même, les faiblesses relevant de la cupidité matérielle s’associent fréquemment à des difficultés dans la régulation de la convoitise sexuelle et des appétits corporels, suggérant l’existence d’un facteur d’autodiscipline générale ou d’honnêteté intrapersonnelle transversale.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement initial de l’instrument par Schmidt reposait sur une démarche séquentielle combinant rationalité théorique et tri empirique. À partir d’un corpus initial de 300 items dérivés des travaux de Backus sur les sept péchés capitaux et complétés par l’adjonction de vertus homologues et de la dimension d’honnêteté, une mise à l’épreuve préliminaire auprès d’un échantillon pilote de 60 individus a permis de sélectionner les 225 items définitifs présentant les meilleures qualités métrologiques (indices de discrimination item-total optimaux et absence d’ambiguïté sémantique).

Structure factorielle exploratoire (AFE)

Les analyses factorielles exploratoires conduites sur les matrices d’items et de sous-échelles ont confirmé l’existence d’une organisation bifactorielle de second ordre correspondant fidèlement au modèle théorique proposé par Schmidt :

  • Facteur I : Dimension relationnelle et intime (« Attitudes du cœur »). Ce macro-facteur regroupe les fortes saturations des items relatifs à l’empathie, au respect d’autrui, à la gestion du ressentiment et à la véracité interpersonnelle. Il rend compte d’une part substantielle de la variance totale et renvoie à la maturité relationnelle et à l’amour désintéressé (l’agapè théologique).
  • Facteur II : Dimension corporelle et pulsionnelle (« Attitudes de la chair »). Ce second macro-facteur réunit les saturations des items liés à la modération alimentaire, au contrôle des impulsions érotiques, à la tempérance face aux substances, au rapport à l’argent et à la discipline de travail. Il capture la capacité d’autorégulation exécutive et de maîtrise des appétits biologiques et matériels.

Bien que des analyses factorielles confirmatoires contemporaines selon les normes du XXIe siècle révéleraient une complexité multidimensionnelle plus intriquée en raison des intercorrélations élevées entre sous-échelles, la structure sous-jacente en huit ressources bipolaires et une échelle de validité demeure psychométriquement robuste et cliniquement lisible.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Échelle d’évaluation du caractère (Character Assessment Scale — CAS).
  • Auteur : Paul F. Schmidt, Ph.D.
  • Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (auto-évaluation papier-crayon ou informatisée).
  • Nombre total d’items : Le questionnaire complet comporte 225 items dans sa version de référence définitive (189 items opérationnels documentés dans les versions diffusées pour la pratique clinique et la recherche universitaire).
  • Format de réponse : Choix forcé dichotomique binaire : Vrai (True – T) ou Faux (False – F). Le participant entoure « T » si l’affirmation est plus vraie que fausse pour lui, ou « F » si elle est plus fausse que vraie.
  • Durée de passation : Environ 35 à 50 minutes pour le répondant.
  • Durée et méthode de cotation : Manuel étape par étape avec grilles de dépouillement transparentes ou logiciel dédié (historiquement sous MS-DOS). Le dépouillement manuel complet prend environ 7 à 8 minutes pour un professionnel entraîné.
  • Structure des scores : 15 sous-échelles de traits de caractère (8 forces morales et 7 faiblesses morales associées), 1 échelle supplémentaire d’Honnêteté, 1 échelle de validité (Déni), totalisant les scores nets pour les 8 ressources morales de base (Score Force – Score Faiblesse). Profil graphique tracé le long d’une feuille de synthèse normalisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1983 (2e édition du manuel) ; édition de référence stabilisée en 1987 (3e édition du manuel).
  • Éditeur et diffusion : Publié et distribué à l’origine par l’Institute for Character Development, dirigé par le Dr Paul F. Schmidt, localisé au 1209 West Main Street, Shelbyville, Kentucky 40065, États-Unis.
  • Droits d’auteur et statut juridique : Tous droits réservés (All rights reserved). Le manuel de passation, les cahiers de test, les feuilles de réponses normalisées et les grilles de profil font l’objet d’un copyright formel. L’accès aux formulaires originaux d’évaluation et aux directives d’interprétation clinique requiert l’acquisition du manuel auprès de l’auteur ou des distributeurs agréés de matériel psychométrique spécialisé.
  • Conditions d’utilisation en recherche académique : L’utilisation dans le cadre de thèses doctorales ou de projets de recherche universitaire non commerciaux a historiquement bénéficié d’autorisations spécifiques accordées sur demande académique auprès de l’auteur ou de l’institut dépositaire, sous réserve du respect scrupuleux de l’intégrité des items et des règles éthiques de l’APA.

12. Références / References

Les travaux scientifiques et manuels techniques fondamentaux encadrant la conception, la normalisation et l’usage de la CAS comprennent notamment les publications suivantes en style APA 7e édition :

  • Backus, D. W. (1969). The seven deadly sins: Their meaning and measurement (Doctoral dissertation, University of Minnesota). University Microfilms.
  • Backus, D. W. (1976). The seven deadly sins: Their meaning and measurement. In W. Donaldson (Ed.), Research in Mental Health and Religious Behavior (pp. 444–448). Psychological Studies Institute.
  • Boivin, M. J., Beuthin, T. M., & Hauger, G. (1993). Why Christian students leave Christian colleges: Evaluating the dynamics of adjustment in a Christian community. The Journal of the Freshman Year Experience & Students in Transition, 5(1), 93–125.
  • Elzerman, J. H., & Boivin, M. J. (1987). The assessment of Christian maturity, personality, and psychopathology among college students. Journal of Psychology and Theology, 15(1), 50–64. https://doi.org/10.1177/009164718701500105
  • Schmidt, P. F. (1983). Manual for use of the Character Assessment Scale (2nd ed.). Institute for Character Development.
  • Schmidt, P. F. (1987). Manual for use of the Character Assessment Scale (3rd ed.). Institute for Character Development.
  • Schmidt, P. F., Backus, D. W., & Oates, W. E. (1978). The Sinful Attitudes Inventory: Clinical and pastoral dimensions. Institute for Character Development.
  • Underwood, L. K., Maes, B. J., Alstadt, L. A., & Boivin, M. J. (1996). Evaluating changes in social attitudes, character traits, and liberal-arts abilities during a four-year program at a Christian college. Research on Christian Higher Education, 3, 115–128.
  • Wichern, F. B. (1980). The Spiritual Leadership Qualities Inventory: Operationalizing biblical leadership. In Proceedings of the Christian Association for Psychological Studies (pp. 78–89). CAPS International.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: Circle T (True) if the statement is more true than false for you; circle F (False) if the statement is more false than true.

  1. At times I have done things which I know weren’t good for my body.
  2. I enjoy laughing at myself when I do stupid things.
  3. When someone I know is happy, I feel almost as much joy myself in response.
  4. It is best to forgive people who hurt you, even when they don’t deserve it and might try the same thing again.
  5. The more money you have, the more responsibility you should feel to support others in need.
  6. I am deeply moved by the needs of others, and I spend most of my time working hard to help other people.
  7. In looking at attractive members of the opposite sex, I always follow the rule "Admire, but don’t desire."
  8. I would level with anyone who asked how much I weigh, how much exercise I get, or what things I put into my body.
  9. I do not enjoy having so much to eat that afterwards all I feel like doing is just lying around until my stomach recovers.
  10. People need religion’s and society’s taboos against sexual freedom.
  11. During the day, it is rare for me to check the time out of boredom.
  12. I imagine that I could be truly happy below the middle income bracket.
  13. I don’t like to feel angry, so I get it out of my system as quickly and politely as possible.
  14. I have no appetite for gossip.
  15. I would not like to climb to a level in life where I would be above being hurt by other people.
  16. I sometimes enjoy looking down on others and feeling superior.
  17. I sometimes want to have sex primarily for my own pleasure.
  18. I am morally opposed to abortions and to mercy killing (withholding treatment to let medically hopeless people die).
  19. I always rejoice with people over pleasant surprises in their lives, even when they don’t seem to deserve such good luck.
  20. One of the best ways to get back at enemies is being kind to them when they don’t deserve it.
  21. I never splurge and buy things I don’t really need just for the fun of it.
  22. I enjoy dreaming about the future and then working hard to make my dream come true.
  23. Sex outside of marriage results in a dishonest cover-up with the spouse, and this causes more emotional problems than any affair is worth.
  24. When I’m around people who are talking about dieting or exercising, I would never exaggerate or cover up my behavior to impress them.
  25. I would not especially enjoy having a good wine with my evening meals every day.
  26. I don’t get very excited watching a fleshy love scene in a movie.
  27. I seldom find myself looking forward to going to bed and falling off to sleep.
  28. It is not a top priority for me to have enough money and assets so that I won’t be poor in the future.
  29. I never act rude to people unless I have been repeatedly provoked by them.
  30. I am not bothered by people who seem to have no faults.
  31. When I see somebody embarrassed in public, I usually get a kick out of it.
  32. These days there just isn’t much recognition or respect for the people who deserve it most.
  33. I am sometimes so tired I don’t want to do things I really believe in.
  34. In a group I like to let other people see what I don’t know so they can teach me things.
  35. I am a sympathetic person, ready and willing to share the sorrow of anyone who is suffering from loss.
  36. When people hurt me, I usually feel sad and try to make up or work it out before I get angry with them.
  37. Learning to enjoy sharing your money is one way to protect yourself against hard times.
  38. I feel no need to pretend to anyone that I work any harder than I actually do.
  39. For married people who have had sex with others beside their spouses, I do not believe that "what spouses don’t know won’t hurt them."
  40. Keeping my body fit and healthy is very important to me.
  41. Between meals I don’t think about food very often.
  42. Having some sexual inhibitions is necessary for mental health.
  43. The fear of failure and rejection very rarely keep me from doing my best.
  44. Labor unions shouldn’t try so hard to get the highest possible wages for their members.
  45. I would not feel any pleasure at seeing someone who had wronged me back his car into a telephone pole.
  46. When I am really mad, my anger often lasts for several days.
  47. When people get more recognition than they deserve, I like seeing them called down for making a mistake.
  48. If other people don’t appreciate me, it results from their own limitations.
  49. When I am short on money, I am sometimes reluctant to give to a needy cause or person.
  50. I enjoy serving others behind the scenes more than impressing them from where all can see.
  51. I can be a pretty good companion and friend for a person who is feeling miserable.
  52. I am a patient person.
  53. I don’t want anyone to notice when I give away money.
  54. I generally work harder when I am alone than I do when someone is watching me.
  55. Satisfying my partner’s sexual needs gives me more enjoyment than having my own needs satisfied.
  56. I am careful to get enough exercise and to watch what I put into my body.
  57. When I am uptight, depressed, or bored, I am not tempted to drink or take pills.
  58. I don’t enjoy thinking of new and unusual ways to increase my pleasure in making love.
  59. I seldom get to the point where I feel like giving up and have to force myself to keep at it.
  60. I feel no need to "keep up with the Joneses" by having as much or more money and possessions than my friends.
  61. It’s hard to be generous unless you have enough money to afford it.
  62. I usually let resentments grow into long-range grudges because I don’t know how to express my anger constructively.
  63. I sometimes resent it when a person I know is honored for some achievement.
  64. I usually get irritated when someone in authority over me pulls rank and tells me what to do.
  65. When people take advantage of me or hurt me intentionally, I don’t always forgive them right away.
  66. I care more about making others happy and glorifying God than I do about making sure my life is happy.
  67. I am very considerate and sensitive to the feelings of others.
  68. I am not one to appear as if I am trying to settle an argument when I am really still enjoying it.
  69. I would not feel embarrassed if people found out how much money I contribute to people in need.
  70. I am a very intense person-whether working or playing, I give it all I’ve got.
  71. When it comes to lovemaking, I am unselfish.
  72. Except for times of rest, it is important for me to stay as alert and energetic as I can.
  73. Within the last week, I have not regretted anything that I have eaten.
  74. I don’t like to read dirty books.
  75. When I get depressed, I can usually stay on top of it and keep going.
  76. Although it’s no fun being sick, I really do enjoy having such a good excuse to do nothing for awhile.
  77. If I charge something in a store and they keep forgetting to bill me, I figure that’s their problem.
  78. Sometimes when I am mad at people, I enjoy just clamming up and watching them climb the walls.
  79. I am sometimes envious and even bitter about the good fortune of others.
  80. It is sad that there are so many boring, unintelligent, and uneducated people in the world.
  81. At times I have been so preoccupied with my own needs that I didn’t care very much how people around me felt.
  82. I easily accept and support the leadership of those over me in a group.
  83. I can’t think of any situation where I would act more concerned about other people than I really feel.
  84. Under no circumstances would I ever act like I had forgiven someone when I knew in my heart that I hadn’t done it yet.
  85. When I don’t have enough money to pay for something I want, I learn not to want it so much.
  86. I’m a "self-starter": I like to get myself going and keep busy at work.
  87. I believe it is always best if a bride and groom can both go to the altar as virgins.
  88. Being a success at my work depends largely on my health and physical attractiveness.
  89. I do not eat so much food that I am overweight.
  90. Talking about genitals and the sexual act in obscene terms is very repulsive to me.
  91. The amount of passion in act of love-making is primarily determined by energy, physical attractiveness, and "chemistry."
  92. Often I feel like there is nothing worth doing at the present time.
  93. One of the nice things about being rich would be not giving a damn what anybody else thought of me.
  94. I seem to have more enemies than most other people do.
  95. When I am standing near someone much more popular, wealthy, or intelligent than I am, it makes me feel like a small and worthless person by comparison.
  96. We all try to avoid feeling lonely, confused, and afraid, and I have succeeded at this better than most.
  97. Sometimes I am too proud to admit that I have made a mistake or to let someone else teach me something I don’t know.
  98. I would never try to impress someone else by acting more modest and humble than I feel.
  99. When I hear a friend has suffered a loss, I seldom act more concerned and sympathetic than I really am.
  100. When I am in an argument, I almost always try to settle it with peaceful compromise before walking away.
  101. I enjoy spending my money more when I know that I have already given a fair share of it to those who need it more than I do.
  102. I especially enjoy being with people who like to work hard at whatever they do.
  103. I consistently try not to imagine having intercourse with someone other than my spouse.
  104. I am an energetic and alert person because I have been careful about putting food, alcohol, and drugs into my body.
  105. Within the past year, I have not done or said anything while using drugs or alcohol which I later regretted.
  106. Sometimes I get so wrapped up in the pleasure of tasting and eating food that I am inconsiderate of those around me at the time.
  107. People who talk about finding meaning in making love are mostly trying to justify the natural experience of pleasure.
  108. Some people think of me as spoiled.
  109. Sometimes I like to daydream and wonder what it would be like to have lots of money.
  110. It really gripes me the way some people are forgiven without being punished for their mistakes.
  111. Some people seem to have it easy, and when I see them get something else they have wanted, I usually have to fight feeling sorry for myself.
  112. I often realize that I could help other people so much more if only they could see things my way.
  113. To get a point across, sometimes I exaggerate or leave out part of the truth.
  114. When God or other people help me do something, I usually express my appreciation honestly without secretly giving myself more credit than I let on.
  115. I really get worked up identifying with the characters in a good movie or TV drama.
  116. When I don’t know how to settle an argument with a loved one, I am usually willing to bring in another person to help us.
  117. I include in my regular budget giving a certain portion of my income to people less fortunate than I.
  118. A vacation "re-creates" me, and leaves me all fresh and ready to go back to work.
  119. People who wait until their wedding night to enjoy intercourse are smart.
  120. I can experience and enjoy no more of life than my body will let me, so I try hard to keep it in good shape.
  121. I don’t work hard enough to keep my appearance pleasant and attractive.
  122. When there are delicious foods around, I simply cannot eat just a little and stop there.
  123. When I see a particularly attractive member of the opposite sex, I’ll sometimes wonder what he or she would look like undressed.
  124. Although the doctor cannot explain why, I just seem to be low on energy.
  125. It gives me pleasure to count the money in my pocket, purse, or bank account to see just how much money I have.
  126. I sometimes enjoy planning elaborate ways of getting even with people who intentionally hurt me.
  127. I sometimes can’t keep from spreading bad news about someone I know, even when I don’t have anything against the person.
  128. In some situations, I try to hide how much I’m looking down on others, and how I think of myself.
  129. Sometimes I like to brag on myself a little bit.
  130. Every human being can grow to be a positive, unselfish person, regardless of intelligence, health, or present moral habits.
  131. When I hear of someone I know who has suffered a loss, my heart instantly goes out to them.
  132. I am always kind and polite to strangers, even when I am worked up or mad about something.
  133. I believe I could learn to be content no matter what kind of income I have.
  134. Doing things for others usually turns me on, and leaves me feeling I have more energy than I had to start with.
  135. Adultery is stealing-it’s taking what belongs to somebody else.
  136. Sexually, I find that at times forbidden fruit seems a little extra tasty to me.
  137. I don’t take very good care of my body.
  138. Other people tell me I am now physically or emotionally dependent on drugs or alcohol.
  139. The idea of making love with a complete stranger sometimes appeals to me.
  140. I sometimes get to the point where I feel totally worthless as a person.
  141. Nearly all people who give away money do it mostly for show or for a tax break.
  142. Some of my resentments have lasted for months and months.
  143. I sometimes have to hide a twinge of pleasure at watching the embarrassment of people more popular than I.
  144. Sometimes I try to act humbly interested and impressed with someone when I really just want that person to be impressed with me.
  145. Sometimes I feel a little bit relieved or tickled when a very vain person is embarrassed.
  146. When I experience the vastness and beauty of nature, my heart and mind humbly bow down before the God who created it.
  147. When people I know are hurting, it hurts me, and I always try my best to help them out.
  148. I hate being in an argument, and I always try to settle it as fairly and quickly as possible.
  149. If I were a millionaire, I would give money secretly to people who really need it.
  150. When I tell people I’ll do something, they can always count on me to be on time and ready to go.
  151. I don’t seem to have a great deal of will power.
  152. When two unmarried people both want to make love just for pleasure, I believe they will usually feel satisfied afterward.
  153. When I eat and talk about food, I am not very careful to be considerate of those around me who are struggling with their weight.
  154. Having a little booze or drugs helps me to relax, and talk more easily with people I don’t know very well.
  155. At times the thought of sex gets stronger and stronger until I have satisfied myself.
  156. People take me for granted-no one really appreciates the effort I make.
  157. The security that comes from a good income is a top priority for my future.
  158. Sometimes I secretly try to get back at people who have done me wrong.
  159. I try to hide that little bit of resentment I sometimes feel when lucky people get another lucky break.
  160. When I get into an argument, I usually know when I am right and the other person is wrong.
  161. At times I have been so mad that I have said something hurtful that I later regretted.
  162. I nearly always practice building others up by pointing out their strengths and believing in them to put those strengths to work.
  163. The more I cling to my own security when others need me to act with courage, the more insecure I get.
  164. I don’t usually express anger too quickly because I have learned to hold my tongue.
  165. When I give someone money, I don’t expect anything in return, not even appreciation.
  166. I am not extremely careful about wasting money.
  167. I have never been described as an overly optimistic person.
  168. Under certain circumstances, having a secret love affair could help a person’s marriage more than it would hurt it.
  169. I don’t exercise as often as I need to keep my body fit and trim.
  170. My use of tobacco, drugs, alcohol, or food has taken a toll on my health and probably has reduced my life expectancy by more than a year.
  171. Sometimes I like to look at the pictures in pinup magazines.
  172. I could accomplish a lot more in life if I could just get a few decent breaks.
  173. To succeed in business, it helps to be a little bit deceptive and not always tell the entire truth.
  174. Sometimes I might exaggerate or pass on a rumor about a person who has hurt my feelings.
  175. I sometimes get preoccupied imagining the misery others must be feeling, but it usually makes me feel a little better about my own life.
  176. I don’t rely very much on things I can’t predict or control.
  177. At times I imagine money to be more important than it really is.
  178. My life clearly reflects the belief that my most important responsibility is to love and serve God.
  179. Playing it safe in life is risky business, so I usually take the risks getting involved.
  180. When I feel like talking out quickly in anger, I usually restrain myself until I can think of something more constructive to say.
  181. I am seldom the first one to apologize to end an argument.
  182. I give to church or charities only from what I have left over from my other expenses.
  183. When the going gets tough, my concentration and effort seem to drop off a bit.
  184. To ensure a healthy sexual relationship in marriage, in some cases it can help if two people try making love before they get married.
  185. It is not a high priority now for me to have good health in my old age because my personal habits reflect this lack of concern.
  186. In the past year, while under the influence of drugs or alcohol, I have probably said or done something that hurt someone else.
  187. Sometimes I am frustrated by my unfulfilled sexual needs.
  188. I sometimes arrange it so that I can goof off without anybody knowing it.
  189. I would be embarrassed if other people knew how much time I spend thinking about money.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle d’évaluation du caractère. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-du-caractere
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du caractère.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-du-caractere.
Looti, Mohammed. “Échelle d’évaluation du caractère.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-devaluation-du-caractere.