Échelle des valeurs religieuses

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle des valeurs religieuses (Religious Values Scale – RVS) élaborée par Everett L. Worthington Jr., mesurant l’autorité scripturaire, le leadership et l’engagement religieux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des valeurs religieuses (Religious Values Scale, RVS), conceptualisée à l’origine par le professeur Everett L. Worthington Jr. en 1988 à la Virginia Commonwealth University, constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu spécifiquement pour explorer l’architecture cognitive, normative et relationnelle guidant le comportement des personnes hautement engagées dans leur foi, en particulier dans le cadre de la relation thérapeutique et du conseil psychologique (psychothérapie). L’instrument évalue l’attribution de l’autorité aux textes sacrés, la déférence accordée aux figures d’autorité religieuse, l’adhésion groupale et communautaire, ainsi que la « zone de tolérance » socioreligieuse, c’est-à-dire le degré d’ouverture ou d’exclusivisme manifesté envers les individus ou les thérapeutes professant des convictions divergentes.

Le questionnaire intégral comprend 62 items administrés selon une échelle d’évaluation de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout vrai pour moi ») à 5 (« Totalement vrai pour moi »). Développée à travers des itérations empiriques successives menées auprès de cohortes universitaires standardisées, l’échelle se structure autour de sous-dimensions clés : l’engagement religieux personnel global, l’autorité doctrinale et pragmatique des Écritures, l’identification au groupe religieux local et élargi, l’autorité des leaders cléricaux et familiaux, et les préférences quantitatives et qualitatives pour des conseillers partageant les mêmes croyances.

Sur le plan psychométrique, la RVS affiche une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,73 et 0,99 pour ses dimensions majeures (atteignant 0,99 pour l’engagement religieux et 0,84 pour l’autorité scripturaire), bien que des sous-dimensions plus restreintes ou exploratoires (telles que la préférence pour un conseiller aux attitudes similaires) aient présenté des indices plus modestes (0,47 à 0,64). La validité de construit est étayée par des analyses factorielles exploratoires et des corrélations fortes et significatives avec des mesures canoniques de la religiosité, incluant les échelles de King et Hunt (1972) ainsi que les dimensions de Glock et Stark (1965). Cet instrument demeure une référence fondamentale pour la psychologie clinique interculturelle et la psychologie de la religion.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle des valeurs religieuses, Religious Values Scale, RVS, Everett Worthington, psychométrie, psychothérapie et religion, autorité scripturaire, engagement religieux, alliance thérapeutique, psychologie de la religion

3. Auteurs / Authors

L’Échelle des valeurs religieuses a été élaborée sous la direction scientifique d’Everett L. Worthington Jr., professeur émérite de psychologie à la Virginia Commonwealth University (Richmond, Virginie, États-Unis), autorité mondiale dans le domaine de la psychologie de la réconciliation, du pardon et de l’intégration de la spiritualité en psychothérapie. Les recherches empiriques de validation et de standardisation de l’outil ont été conduites en étroite collaboration avec des chercheurs associés et doctorants du laboratoire de psychologie du counseling de la même institution, notamment :

  • Everett L. Worthington Jr., Ph.D. — Département de psychologie, Virginia Commonwealth University (VCU), Richmond, VA, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Michael E. McCullough, Ph.D. — Co-développeur des études d’extension et de réplication, actuellement professeur de psychologie à l’Université de Californie à San Diego (UCSD).
  • J. T. Berry, K. Hsu, K. K. Gowda, E. Bleach, et K. H. Bursley — Chercheurs et statisticiens associés ayant contribué aux études de validation factorielle présentées au First International Congress on Christian Counseling (1988) et à la Virginia Psychological Association (1989).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des valeurs religieuses (RVS) est d’opérationnaliser et de quantifier le système de valeurs spécifique aux individus hautement croyants, en fournissant aux chercheurs et aux praticiens de la santé mentale un instrument empirique capable d’anticiper la manière dont les croyances religieuses structurent la perception interpersonnelle, la conformité normative et la réceptivité aux interventions psychothérapeutiques. Durant les décennies 1970 et 1980, la littérature clinique a fréquemment mis en lumière une méfiance réciproque entre les communautés religieuses conservatrices et les professionnels de la psychothérapie profane. Worthington (1988) a conçu son modèle afin de combler ce fossé épistémologique, en affirmant que les clients très engagés dans leur foi ne peuvent être compris adéquatement à travers de simples indices sociodémographiques d’affiliation religieuse ou de fréquence d’assistance au culte.

Dans les contextes appliqués, la RVS répond à une pluralité d’objectifs diagnostiques et conceptuels :

  • Compréhension de la dynamique du conseil psychologique : L’échelle permet d’évaluer dans quelle mesure un client conditionne son adhésion à l’alliance thérapeutique à la conformité religieuse de son psychothérapeute. Elle diagnostique la propension du patient à exiger un conseiller partageant rigoureusement sa vision du monde, prévenant ainsi les ruptures d’alliance prématurées.
  • Mesure de la déférence normative et hiérarchique : En explorant le degré de soumission accordé aux textes sacrés, aux ministres du culte (pasteurs, prêtres, rabbins) et aux structures d’autorité civiles et parentales, l’échelle permet au clinicien d’anticiper les dilemmes éthiques et les conflits de loyauté vécus par le patient entre les préceptes moraux dogmatiques et les directives d’autonomie psychologique.
  • Évaluation de la « zone de tolérance » socioreligieuse : Inspirée des théories du jugement social, la notion de zone de tolérance mesurée par la RVS documente la flexibilité ou la rigidité cognitive du croyant face à l’altérité théologique et morale, un facteur crucial dans le traitement des troubles relationnels, conjugaux et familiaux.
  • Recherche fondamentale en psychologie sociale et de la personnalité : L’outil offre une segmentation fine des composantes intrinsèques et collectives de la foi, permettant d’étudier les mécanismes de soutien intragroupe (in-group) et la stigmatisation des personnes extérieures au groupe d’appartenance (out-group).

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle sous-jacent à la RVS postule que l’expérience religieuse des individus intensément engagés ne constitue pas un trait monolithique, mais s’organise autour d’un système hiérarchisé de valeurs régissant l’autorité, l’identité et les frontières relationnelles. Worthington (1988) et ses collaborateurs ont structuré ce construit autour de dimensions interdépendantes :

1. L’engagement religieux global (Religious Commitment)

Cette dimension évalue l’ampleur avec laquelle la foi religieuse constitue le principe organisateur central de l’existence du sujet. L’engagement transcende la pratique rituelle extérieure pour imprégner la motivation interne, l’emploi du temps, l’investissement financier, le prosélytisme actif et la disposition au sacrifice personnel (par exemple, accepter la persécution pour ses croyances ou matérialiser son identité de foi dans son espace de vie privé).

2. L’autorité accordée aux Écritures saintes (Authority Afforded to Sacred Writings)

Cette sous-échelle mesure le statut épistémologique accordé aux textes religieux sacrés (Bible, Coran, Torah, etc.). L’analyse psychométrique avancée par Worthington et al. (1989) a démontré que cette dimension comporte deux sous-facettes intrinsèques :

  • La valeur pragmatique au quotidien : L’utilisation active des Écritures comme boussole pour la résolution de conflits quotidiens, la prise de décision morale et l’orientation comportementale.
  • La croyance doctrinale en l’infaillibilité : L’adhésion cognitive au caractère littéral, absolu et parfait de la vérité scripturaire, excluant la mise en équivalence avec d’autres sagesses philosophiques ou séculières.

3. L’autorité accordée aux leaders religieux et temporels (Authority Afforded to Religious Leaders)

Ce construit quantifie le degré d’obéissance inconditionnelle que l’individu estime devoir rendre aux autorités instituées. Il englobe la soumission sans réserve aux avis pastoraux ou rabbiniques, le respect hiérarchique au sein du foyer familial (soumission des enfants aux parents, autorité conjugale patriarcale telle que définie dans certaines traditions traditionnelles), et l’obéissance aux autorités gouvernementales perçue comme un devoir divin.

4. L’identification au groupe religieux (Degree of Identification with Religious Group)

Cette dimension sonde la fusion identitaire entre le croyant et sa congrégation locale d’une part, et l’institution religieuse mondiale ou nationale d’autre part. Elle examine si le groupe sert de référent d’auto-évaluation, de source de sécurité émotionnelle (« je ne pourrais pas fonctionner sans mon groupe ») et de prescripteur contraignant de normes de conduite morale.

5. La zone de tolérance et préférence pour l’endogroupe religieux (Zone of Tolerance & In-group Preference)

La zone de tolérance reflète la capacité de l’individu à coopérer, solliciter des conseils ou entreprendre une relation d’aide avec des personnes dont la vision herméneutique ou confessionnelle diffère de la sienne. Dans les analyses empiriques de Worthington, cette facette s’est traduite par une préférence marquée pour des conseillers, mentors et amis partageant une vision théologique rigoureusement identique, délimitant des frontières fermées face aux influences perçues comme séculières ou hétérodoxes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle des valeurs religieuses s’ancre à la croisée de la psychologie de la religion, de la théorie du jugement social (Sherif & Hovland, 1961) et des paradigmes de la psychothérapie multiculturelle (Sue & Sue). Worthington (1988) a élaboré sa conceptualisation en réaction aux insuffisances des modèles traditionnels qui réduisaient l’impact de la religion à une variable nominale (catholique, protestant, juif) ou à une échelle unidimensionnelle d’intensité rituelle.

Le soubassement théorique postule les axiomes psychologiques suivants :

  • La centralité des valeurs chez le client religieux : Pour les sujets hautement engagés, la religion ne fonctionne pas comme un simple champ d’intérêt secondaire, mais comme un méta-système cognitif (ou schéma d’attribution primaire). Ce système filtre la causalité perçue des événements de vie, détermine les critères de déviance et de santé mentale, et circonscrit les objectifs acceptables du changement personnel.
  • L’assimilation et le contraste (Jugement social) : Worthington adapte le concept de latitude d’acceptation, de rejet et de non-engagement formulé par Muzafer Sherif. Un individu doté d’un fort engagement religieux possède une latitude d’acceptation extrêmement étroite (« zone de tolérance restreinte ») vis-à-vis des valeurs divergentes. Dès lors qu’un thérapeute séculier propose une interprétation entrant dans la zone de rejet du client, un phénomène de contraste se produit, entraînant le rejet brutal du thérapeute et l’attrition clinique.
  • L’attribution d’autorité triadique : Worthington théorise que tout croyant hautement engagé arbitre ses dilemmes en conférant son autorité à trois instances cardinales : le Texte (révélation écrite objective), l’Officier du culte (médiateur humain investi d’un mandat spirituel) et la Communauté (corps social maintenant la conformité comportementale). L’harmonie psychologique du croyant dépend de la cohérence perçue entre ces trois piliers.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la RVS a été établie à travers un programme empirique rigoureux impliquant des méthodologies corrélationnelles, factorielles et de contrastes de groupes :

Validité de construit et corrélats comportementaux

Dans l’étude princeps de Worthington, Hsu, Gowda et Bleach (1988), la validité de construit a été documentée en examinant les corrélations de Pearson entre les sous-échelles de la RVS et des indicateurs comportementaux objectifs de dévotion : la fréquence de fréquentation des services religieux, l’assistance aux réunions secondaires en semaine, l’engagement dans des ministères actifs et le nombre de postes de leadership ecclésial occupés. Sur les 28 corrélations bivariées testées, 25 ont atteint le seuil de significativité statistique ($p < 0{,}01$), démontrant que les scores de la RVS reflètent fidèlement des conduites manifestes et des responsabilités effectives dans les communautés de foi.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été examinée à l’aide de deux batteries psychométriques majeures de référence :

  • Basic Religiosity Scales (King & Hunt, 1972) : Les échelles de la RVS ont été corrélées avec les 11 sous-échelles du système de King et Hunt. Les résultats ont révélé que sur 77 coefficients de corrélation calculés, 74 étaient statistiquement significatifs à $p < 0{,}01$, la majorité des valeurs d’association se situant dans un intervalle robuste compris entre $r = 0{,}40$ et $r = 0{,}80$, confirmant que la RVS capte le noyau central de la religiosité mature et multidimensionnelle.
  • Dimensions de la religiosité de Glock et Stark (1965) : En comparant la RVS aux quatre sous-échelles canoniques de Glock et Stark, les chercheurs ont constaté que 19 corrélations sur 21 étaient significatives ($p < 0{,}01$) avec les dimensions des croyances religieuses, de la pratique rituelle et de l’expérience spirituelle.

Validité discriminante

Une preuve majeure de validité discriminante a émergé de la comparaison avec la sous-échelle de connaissance biblique factuelle de Glock et Stark (1965). Aucune corrélation statistiquement significative n’a été mise en évidence entre les sept scores de la RVS et la simple érudition intellectuelle ou mémorielle relative aux textes sacrés. Cette indépendance atteste que la RVS ne mesure pas un savoir encyclopédique ou une compétence cognitive académique, mais bien une adhésion axiologique, affective et comportementale aux normes de la foi.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité et d’homogénéité interne de la RVS ont été éprouvées au sein de trois échantillons de standardisation distincts colligés entre 1988 et 1995 :

Échantillon 1 (Worthington et al., 1988 ; $N = 257$)

Les estimations de cohérence interne calculées par l’alpha de Cronbach pour les sept facteurs dérivés empiriquement ont mis en évidence des niveaux de fidélité différenciés selon l’amplitude des construits :

  • Engagement religieux global : $\alpha = 0{,}99$, traduisant une homogénéité quasi absolue des énoncés de dévotion personnelle.
  • Autorité scripturaire et communautaire : indices variant généralement entre $\alpha = 0{,}75$ et $0{,}88$.
  • Préférence pour un conseiller aux attitudes similaires (remplaçant le facteur théorique de tolérance scripturaire) : $\alpha = 0{,}47$, reflétant l’hétérogénéité d’un ensemble restreint d’items lors de l’extraction initiale.

Échantillon 2 (Worthington et al., 1989 ; $N = 252$)

Afin d’aligner le test sur la population cible théorique des croyants engagés, cet échantillon a isolé le tiers supérieur des répondants sur la base de leur score d’engagement religieux. Les coefficients de consistance interne des six échelles correspondantes au modèle théorique original ont démontré une nette consolidation :

  • Autorité conférée aux Écritures : $\alpha = 0{,}84$.
  • Tolérance envers autrui professant des visions scripturaires divergentes : $\alpha = 0{,}64$.
  • Les corrélations item-total ont été examinées individuellement, et les items présentant une corrélation item-score total déficiente ont été expurgés pour optimiser la fiabilité métrique.

Échantillon 3 (McCullough & Worthington, 1995 ; $N = 148$)

Dans cette étude de réplication évaluant les perceptions du traitement clinique, les coefficients alpha de Cronbach pour les sept sous-échelles originales ont manifesté une très haute tenue psychométrique :

  • Sous-échelle d’engagement religieux : $\alpha = 0{,}92$.
  • Autorité accordée aux groupes religieux : $\alpha = 0{,}73$.
  • Tolérance face aux divergences sur le leadership : $\alpha = 0{,}73$.
  • L’ensemble des autres dimensions s’est maintenu dans l’intervalle d’acceptabilité rigoureux compris entre 0,74 et 0,89.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’exploration de l’architecture factorielle de la RVS a mobilisé à la fois des démarches exploratoires (AFE) et des démarches confirmatoires (AFC), jalonnées d’évolutions théoriques importantes :

Analyses en Composantes Principales (ACP) initiales (1988)

Lors de la phase princeps (Worthington et al., 1988, $N = 257$), une analyse factorielle par composantes principales assortie d’une rotation orthogonale Varimax a été conduite. Le critère d’inclusion d’un item sur un facteur exigeait un poids factoriel (saturation) minimal de 0,45. Cette modélisation a dégagé une structure empirique à sept facteurs soutenant globalement les axes directeurs théoriques. Néanmoins, la sous-dimension hypothétique postulant une tolérance spécifique envers les divergences d’interprétation scripturaire n’a pas émergé sous forme de construit autonome ; les items s’y rattachant saturaient préférentiellement sur un facteur désigné comme la « préférence pour un conseiller partageant des attitudes similaires ».

Analyse Factorielle Confirmatoire et révision structurelle (1989)

Dans l’investigation subséquente de Worthington et al. (1989), une analyse factorielle confirmatoire (AFC) a été appliquée sur l’échantillon des participants hautement religieux afin de tester l’adéquation formelle du modèle à sept facteurs d’origine. Les indicateurs d’ajustement ont révélé un indice de qualité d’ajustement (Goodness of Fit Index, GFI) de 0,61, une valeur largement inférieure au seuil conventionnel minimal d’admissibilité fixé à 0,90. Ce résultat a indiqué que le modèle théorique a priori sous-estimait la complexité multidimensionnelle des données empiriques.

Restructuration exploratoire à huit facteurs (1989)

La ré-analyse des données par analyse factorielle exploratoire a mis en lumière une organisation plus fine en huit facteurs empiriques distincts :

  • Bifidité de l’autorité scripturaire : L’autorité de l’Écriture s’est scindée en deux facteurs autonomes : (1) l’utilité pratique des textes sacrés dans la vie quotidienne, et (2) la croyance doctrinale inconditionnelle en leur vérité absolue.
  • Bifidité de l’identification au groupe : L’autorité de l’appartenance groupale s’est dissociée en : (1) l’attachement affectif personnel au groupe religieux, et (2) le recours au groupe comme instance normative dictant les conduites licites.
  • Autorité du leadership religieux : Ce facteur s’est révélé stable et unitaire, confirmant la propension à suivre les directives du clergé et des autorités établies.
  • Reconfiguration de la zone de tolérance : L’hypothèse d’une disposition générale de tolérance passive n’a pas été confirmée. En lieu et place, les analyses ont extrait trois facteurs convergents traduisant une préférence active pour des pairs hautement religieux fournissant : (1) des conseils de vie (advice), (2) une aide psychologique ou pastorale (counsel), et (3) une affiliation sociale protectrice (affiliation).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle des valeurs religieuses (RVS) est un instrument psychométrique standardisé auto-administré sur support papier-crayon ou format informatisé. Les spécifications formelles de passation et de cotation s’établissent comme suit :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation axiologique et comportementale (inventaire de valeurs et d’attitudes).
  • Nombre total d’items : 62 énoncés rédigés sous forme d’affirmations déclaratives à la première personne du singulier ou d’injonctions normatives.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert ordinale en 5 points, rigoureusement libellée comme suit :
    1 = Not at all true of me (Pas du tout vrai pour moi)
    2 = Somewhat true of me (Un peu vrai pour moi)
    3 = Moderately true of me (Modérément vrai pour moi)
    4 = Mostly true of me (Plutôt vrai pour moi)
    5 = Totally true of me (Totalement vrai pour moi)
  • Modalités d’administration : Auto-passation individuelle ou collective en groupe. Aucune compétence technique préalable n’est requise du répondant si ce n’est un niveau de littératie élémentaire. La passation intégrale requiert approximativement 15 à 20 minutes.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Chaque item est coté numériquement de 1 à 5. Certains items formulés de manière inversée (ex. item 7 : « I feel there are many more important things in life than religion », ou item 31 relatif à l’équivalence entre les Écritures et d’autres sagesses) nécessitent un recodage inverse avant le calcul des scores composites.
    • Les scores des sous-échelles sont calculés par la sommation ou la moyenne arithmétique des items affiliés à chaque dimension factorielle (Engagement religieux, Autorité des Écritures, Autorité des leaders, Identification groupale, Préférences de counseling).
    • Conformément aux protocoles de McCullough et Worthington (1995), les participants peuvent être catégorisés en niveaux « élevés » ou « faibles » sur chacune des dimensions en appliquant une scission basée sur la moyenne de l’échantillon de référence ($\pm 0{,}5$ ou $\pm 1$ écart-type).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle des valeurs religieuses a été formulée initialement en 1988 lors des travaux de modélisation théorique présentés au First International Congress on Christian Counseling à Atlanta, suivis de formalisations en 1989 et d’extensions publiées en 1993 et 1995 dans le Journal of Counseling and Development.

Conditions d’accès et droits d’utilisation :

  • Statut pour la recherche académique : L’instrument relève du domaine de la recherche universitaire ouverte (Open Academic Instrument). Il peut être utilisé gratuitement par les chercheurs, cliniciens en formation et étudiants dans le cadre exclusif de projets d’évaluation clinique non commerciale ou d’études scientifiques, sous réserve de citer scrupuleusement les publications originales de référence.
  • Tarifs : Aucun coût d’acquisition ni redevance commerciale n’est prélevé pour la reproduction du protocole de test à des fins académiques.
  • Matériel de cotation et directives complémentaires : Les consignes d’administration exhaustives, les clés de correction des sous-échelles et les manuels de dépouillement sont disponibles sur demande institutionnelle auprès de son auteur principal :
    Dr. Everett L. Worthington Jr.
    Department of Psychology, Virginia Commonwealth University
    808 West Franklin Street, Box 842018
    Richmond, VA 23284-2018, États-Unis.

12. Références / References

  • Glock, C. Y., & Stark, R. (1965). Religion and society in tension. Rand McNally.
  • King, M. B., & Hunt, R. A. (1972). Measuring the religious variable: Replication. Journal for the Scientific Study of Religion, 11(3), 240–251. https://doi.org/10.2307/1384537
  • McCullough, M. E., & Worthington, E. L., Jr. (1995). College students’ perceptions of a psychotherapist’s treatment of a religious issue: Partial replication and extension. Journal of Counseling and Development, 73(6), 626–634. https://doi.org/10.1002/j.1556-6676.1995.tb01807.x
  • Morrow, D., Worthington, E. L., Jr., & McCullough, M. E. (1993). Observers’ perceptions of a counselor’s treatment of a religious issue. Journal of Counseling and Development, 71(4), 452–456. https://doi.org/10.1002/j.1556-6676.1993.tb02664.x
  • Sherif, M., & Hovland, C. I. (1961). Social judgment: Assimilation and contrast effects in communication and attitude change. Yale University Press.
  • Worthington, E. L., Jr. (1988). Understanding the values of religious clients: A model and its application to counseling. Journal of Counseling Psychology, 35(2), 166–174. https://doi.org/10.1037/0022-0167.35.2.166
  • Worthington, E. L., Jr., Berry, J. T., Hsu, K., Gowda, K. K., Bleach, E., & Bursley, K. H. (1989, October). Measuring religious values: Factor analytic study of the Religious Values Survey. Communication présentée à la réunion de la Virginia Psychological Association, Richmond, VA.
  • Worthington, E. L., Jr., Hsu, K., Gowda, K. K., & Bleach, E. (1988, November). Preliminary tests of Worthington’s (1988) theory of important values in religious counseling. Communication présentée au First International Congress on Christian Counseling, Atlanta, GA.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: After each of the following 62 statements circle one of the numbers (1 through 5) that best describes how true the statement is of you.
1

l. I am concerned that my behavior and speech reflect the teachings of my religion.
2

I do not accept what I hear in regard to religious beliefs without first questioning the va- lidity of it.
3

It is important to me to conform to my religious standards of behavior.
4

I enjoy spending time with others of my religious affiliation.
5

Religious beliefs influence all my dealings in life.
6

It is important to me to spend periods of time in private religious thought and medita­tion.
7

I feel there are many more important things in life than religion.
8

I enjoy working in the activities of my religious organization.
9

I keep well informed about my local religious group and I have some influence on its decisions.
10

I make financial contributions to my religious organization.
11

I often read books and magazines about my faith.
12

I spend time trying to grow in understanding of my faith.
13

I have personally tried to convert someone to my faith.
14

I talk about my religion with friends, neighbors, or fellow workers.
15

Religion is especially important to me because it answers many questions about the meaning of life.
16

My religious beliefs lie behind my whole approach to life.
17

I would break fellowship with my local religious group if there were things being said of me that are damaging and untrue.
18

I am willing to be persecuted for my religious beliefs.
19

My living environment (room, apartment, house, office) reflects my religious beliefs (i.e., posters, plaques, bumper stickers).
20

I would publicly defend my religious beliefs.
21

I believe the scriptures of my faith are completely true.
22

I think it is important to obey my faith's scripture.
23

My faith's scriptures have practical value in the modem world.
24

I read my faith's scriptures almost every day.
25

I memorize my faith's scriptures.
26

I depend on my faith's scriptures to help me make decisions in conflict situations.
27

I have experienced the usefulness of my faith's scriptures in my daily life.
28

It is important to understand the historical significance of my faith's scriptures.
29

I understand my faith's scriptures.
30

I like to study my faith's scriptures.
31

I believe that my faith's scriptures are important but other books of wisdom are equally important.
32

I enjoy being with people whose attitudes toward my faith's scriptures are similar to my own.
33

I prefer to take advice from people whose attitude toward my faith's scriptures is similar to my own.
34

If I went to counseling, I would like a counselor whose attitude toward my faith's scrip- tures is similar to mine.
35

What other members of my religious group expect of me is important.
36

I avoid doing things that members of my local religious group would disapprove of.
37

I feel accepted by the members of my local religious group.
38

I share the goals of the members of my local religious group.
39

The standards of my local religious group guide me in making decisions.
40

If I have a conflict with what my local religious group tells me is right, I go along with the religious group.
41

I couldn't get along without involvement in my local religious group.
42

Being recognized by non-members as a member of my local religious group gives me a good feeling.
43

I can get along with the goals of my local religious group but not with the overall goals of the whole organizatior. (e.g., national or world-wide religious group).
44

I prefer the local chapter of my religious group to the larger overall organization.
45

The goals of my local religious organization are the same as the goals of the entire orga­nization.
46

It is more important to me to belong to a particular part of my religious group than to think of myself as merely Christian or Jewish or Muslim (or other faith).
47

I enjoy being with people in my local religious group more than people who are not in that group.
48

I enjoy being with people who belong to my overall religious organization.
49

I prefer not to take advice from people outside my local religious group.
50

I prefer not to take advice from people outside my overall religious organization.
51

If I went to counseling, I would like a counselor whose faith is similar to mine.
52

It is a religious duty for me to obey governmental authorities.
53

One should follow the guidance of one's pastor, priest, or rabbi without question or com- plaint.
54

It is a religious obligation for children to obey their parents.
55

Husbands should exercise wise, loving authority over their wives.
56

It is a religious obligation even for adults to obey their parents.
57

When counselors make suggestions, they should be obeyed.
58

When the board of elders (or the leaders of a local religious group) take a stand, the con­gregation should follow their leading.
59

One should obey the leader(s) of one's organized religion (e.g., Pope, President of de­ nomination, or other leader).
60

I enjoy being with people who share my attitudes toward human authorities.
61

I prefer not to take advice from people whose attitudes toward human authorities differs from my own.
62

If I went in to counseling, I would like a counselor whose attitude toward human au­thorities is similar to mine.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle des valeurs religieuses. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-valeurs-religieuses-rvs
Looti, Mohammed. “Échelle des valeurs religieuses.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-valeurs-religieuses-rvs.
Looti, Mohammed. “Échelle des valeurs religieuses.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-valeurs-religieuses-rvs.