Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels

L’Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels (TOSS; Camilleri, Quinsey, & Tapscott, 2009) évalue la propension situationnelle à la cajolerie et à la coercition sexuelle au sein du couple à travers 31 items psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels (en anglais, Tactics to Obtain Sex Scale ou TOSS), conçue et validée par Joseph A. Camilleri, Vernon L. Quinsey et Julie L. Tapscott (2009), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation composé de 31 items. Développée dans le cadre de la psychologie évolutionniste et de l’évaluation du risque d’agression au sein du couple, cette échelle a été spécifiquement élaborée pour pallier les insuffisances majeures des mesures traditionnelles de la violence conjugale, lesquelles se cantonnaient traditionnellement à des variables dynamiques fixes ou historiques (telles que les antécédents d’actes coercitifs ou les condamnations judiciaires). La TOSS se distingue par son aptitude à évaluer la propension actuelle et proximale d’un individu à déployer différentes stratégies d’influence sexuelle face à un scénario standardisé où le partenaire intime refuse une relation sexuelle un soir donné.

L’outil capture un continuum comportemental allant de manœuvres douces et prosociales à des agressions physiques explicites, articulé autour de deux sous-échelles orthogonales et complémentaires : la Cajolerie sexuelle (Sexual Coaxing, COAX, 12 à 18 items selon les versions factorielles ou opérationnelles) et la Coercition sexuelle (Sexual Coercion, COERCE, 13 à 19 items). La passation évalue tant la probabilité d’utilisation que l’efficacité perçue de chaque tactique, administrée traditionnellement selon une échelle de Likert en 5 points. Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant de .87 à .89 pour la sous-échelle COERCE, de .92 à .93 pour la sous-échelle COAX, et de .90 à .91 pour l’échelle globale. Les travaux de validation démontrent une validité divergente et convergente solide vis-à-vis des mesures de psychopathie, d’attrait pour l’agression sexuelle, d’auto-évaluation du succès reproductif et de réactivité aux indices d’infidélité (risque de cocufiage), conférant à l’échelle une sensibilité temporelle précieuse pour la recherche expérimentale et le suivi clinique des interventions thérapeutiques.

2. Mots-clés / Keywords

Tactiques d’obtention de rapports sexuels, coercition sexuelle, cajolerie sexuelle, conflits sexuels, psychométrie, relations de couple, violences conjugales, propension situationnelle, psychologie évolutionniste, fidélité psychométrique, validité de construit, risque proximal.

3. Auteurs / Authors

L’instrument original et ses développements empiriques initiaux ont été conçus et investigués par une équipe de chercheurs spécialisés en psychologie légale, en comportement sexuel et en psychologie évolutionniste :

  • Joseph A. Camilleri, Ph.D. : Professeur agrégé au Département de psychologie du Westfield State College (aujourd’hui Westfield State University), Massachusetts, États-Unis. Auteur principal et correspondant (courriel institutionnel d’origine : [email protected]). Ses recherches portent sur la coercition sexuelle dans les relations intimes, les conflits sexuels évolutionnistes et l’évaluation actuarielle et dynamique des comportements antisociaux.
  • Vernon L. Quinsey, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de la Queen’s University à Kingston, Ontario, Canada. Figure pionnière mondiale en psychopathologie médico-légale, auteur de référence sur l’évaluation actuarielle du risque de récidive violente et l’étiologie évolutionniste des agressions sexuelles.
  • Julie L. Tapscott, M.Sc. : Chercheuse et collaboratrice affiliée à la Queen’s University, Kingston, Ontario, Canada, spécialisée dans la méthodologie expérimentale et les dynamiques relationnelles.

4. Objectif / Purpose

Nécessité méthodologique et clinique

Dans l’étude des violences sexuelles au sein du couple, la vaste majorité des outils préexistants, tels que l’échelle des conflits tactiques révisée (Revised Conflict Tactics Scales ou CTS2 ; Straus et al., 1996) ou l’échelle de coercition sexuelle dans les relations intimes (Sexual Coercion in Intimate Relationships Scale ou SCIRS ; Shackelford & Goetz, 2004), s’appuyaient exclusivement sur des mesures rétrospectives. Ces inventaires demandent aux participants d’indiquer la fréquence à laquelle des actes coercitifs ont été perpétrés au cours d’une période temporelle fixe révolue (par exemple, « au cours des douze derniers mois » ou « depuis le début de la relation »).

Bien que ces mesures rétrospectives soient essentielles pour l’épidémiologie descriptive et la détection d’antécédents, elles mesurent ce que la littérature médico-légale nomme des variables dynamiques temporellement fixes ou des facteurs statiques. Ce format de mesure présente trois limitations méthodologiques majeures :

  • Insensibilité aux changements proximaux et immédiats : Une mesure historique est incapable de détecter les variations aiguës de l’état psychologique ou motivationnel d’un sujet en réponse à un stimulus expérimental, à une fluctuation de l’humeur, ou à un contexte relationnel émergent.
  • Incapacité à mesurer l’efficacité des interventions en temps réel : Dans un contexte thérapeutique ou clinique (par exemple, dans les programmes de prise en charge pour auteurs de violences conjugales), un questionnaire historique met des mois, voire des années, à refléter une modification de comportement, limitant les plans de recherche à des devis quasi-expérimentaux dépourvus de sensibilité pré/post-test immédiate.
  • Absence de capture du répertoire complet des tactiques d’influence : L’obtention de relations sexuelles ne s’articule pas uniquement autour de la force ou de la contrainte. L’être humain recourt prioritairement à des manœuvres prosociales, séductrices et persuasives (cajolerie sexuelle). Omettre ces tactiques bienveillantes empêche de modéliser la dynamique globale de négociation sexuelle et d’identifier à quel moment et chez qui s’opère le basculement d’une stratégie de cajolerie vers une stratégie de coercition.

Applications en recherche et en pratique évaluative

La TOSS a été créée dans le but explicite d’évaluer une variable dynamique temporellement variable : la propension instantanée à recourir à la coercition ou à la cajolerie lorsqu’un refus explicite est opposé par le partenaire. En confrontant le participant à un scénario projectif standardisé (« Imaginez que vous soyez avec votre partenaire ce soir et qu’il/elle ne veuille pas avoir de relations sexuelles avec vous »), l’échelle permet de standardiser l’antécédent situationnel et d’éliminer la variabilité parasitaire liée aux opportunités réelles de rapport au sein du couple.

Sur le plan de la recherche expérimentale, la TOSS offre un outil d’une grande sensibilité pour mesurer l’impact de manipulations situationnelles aiguës : consommation fictive ou réelle d’alcool, induction de jalousie, amorçage cognitif de signaux d’infidélité (cuckoldry cues), ou exposition à des menaces d’abandon. En milieu clinique et médico-légal, l’instrument fournit une base rigoureuse pour évaluer la réceptivité aux programmes de restructuration cognitive portant sur le consentement, les mythes sur le viol et la gestion de la frustration sexuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la TOSS repose sur l’évaluation de la propension comportementale situationnelle à l’influence sexuelle dyadique. Cette propension est opérationnalisée par la combinaison de la probabilité subjective qu’un individu utilise une tactique donnée et de son estimation de l’efficacité de cette tactique pour fléchir la résistance de son partenaire. L’instrument s’organise autour de deux dimensions comportementales fondamentales :

1. La Coercition Sexuelle (Sexual Coercion – Sous-échelle COERCE)

La coercition sexuelle est conceptualisée comme l’ensemble des comportements verbaux, psychologiques, instrumentaux et physiques déployés pour contraindre un partenaire réticent à s’engager dans un acte sexuel non désiré, en passant outre son refus explicite ou implicite. Dans la TOSS, cette dimension ne se réduit pas à l’agression physique unilatérale ; elle capture un spectre étendu de pressions aversives réparties en plusieurs gradients de gravité :

  • Coercition verbale et chantage émotionnel : Utilisation de culpabilisation active, rappels insistants de la durée écoulée depuis le dernier rapport sexuel, allégations selon lesquelles les relations intimes constituent une obligation maritale incontournable, menaces explicites de rupture relationnelle ou menaces d’infidélité en cas de refus prolongé.
  • Exploitation de la vulnérabilité et coercition instrumentale : Tentatives d’intoxiquer le partenaire avec de l’alcool ou des substances psychoactives pour amoindrir ses résistances cognitives et physiques, ou passage à l’acte opportuniste lorsque le partenaire est déjà altéré par la boisson ou endormi.
  • Intimidation, séquestration et menaces : Blocage de la porte ou de l’issue pour empêcher la retraite physique du partenaire, destruction d’objets personnels, chantage psychologique, menaces d’automutilation ou menaces de violence envers des proches.
  • Contrainte et violence physique directe : Immobilisation corporelle (tenir le partenaire au sol ou l’entraver), torsions de bras, gifles, coups et recours direct à la supériorité physique pour imposer la pénétration ou l’acte sexuel.

2. La Cajolerie Sexuelle (Sexual Coaxing – Sous-échelle COAX)

À l’opposé du versant coercitif, la cajolerie sexuelle regroupe l’éventail des conduites séductrices, gratifiantes, attentionnées et non violentes destinées à modifier favorablement l’état émotionnel et motivationnel du partenaire afin de susciter le désir ou le consentement. Alors que la coercition repose sur l’introduction d’un coût punitif ou d’une menace, la cajolerie s’appuie sur l’offre d’incitations positives et de bénéfices affectifs ou matériels :

  • Comportements affectifs et érotiques bienveillants : Massages relaxants (dos, nuque, jambes), caresses douces, baisers tendres dans le cou ou sur le visage, murmures romantiques et démonstrations verbales d’affection.
  • Valorisation narcissique et compliments : Éloges appuyés sur l’attractivité corporelle et l’esthétique du partenaire, verbalisation de sentiments d’admiration visant à instaurer un climat d’assurance et d’intimité mutuelle.
  • Inductions environnementales et attentions matérielles : Préparation d’une ambiance romantique (bougies, musique d’ambiance), proposition d’un dîner gastronomique, accomplissement spontané de corvées ménagères supplémentaires ou promesses de cadeaux afin de disposer favorablement l’autre.
  • Stratégies communicationnelles légères : Emploi de l’humour, flirt ludique, taquineries et approches physiques progressives sans caractère d’insistance contraignante.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La psychologie évolutionniste et la théorie du conflit sexuel

L’ancrage théorique prépondérant de la TOSS émane directement de la psychologie évolutionniste, et plus particulièrement des modèles du conflit sexuel formalisés par Robert Trivers (1972) et enrichis par David Buss (1989, 2017). Selon la théorie de l’investissement parental de Trivers, chez les espèces à reproduction sexuée où les sexes investissent de manière asymétrique dans la descendance — les femelles fournissant un investissement biologique et temporel minimal bien plus élevé (gestation, lactation) —, le sexe investissant le plus devient une ressource adaptative limitante pour le sexe investissant le moins.

Chez l’être humain, cette divergence d’impératifs adaptatifs génère un conflit d’intérêts fondamental : les hommes bénéficient sur le plan évolutif d’une plus forte propension à maximiser la fréquence des opportunités sexuelles et à raccourcir les phases de cour, tandis que les femmes privilégient une sélection rigoureuse des partenaires basée sur la qualité génétique, la fiabilité et l’investissement relationnel à long terme. Lorsque les désirs immédiats des deux partenaires divergent au sein d’un couple, une dynamique de négociation conflictuelle s’instaure.

Hypothèse du risque de cocufiage et asymétrie adaptative

Dans les travaux fondamentaux de Camilleri et Quinsey (2009a, 2009b), la coercition sexuelle au sein du couple est appréhendée non pas simplement comme une déviance psychopathologique isolée, mais comme une stratégie conditionnelle masculine de rétention de partenaire (mate retention tactic) exacerbée par le risque de « cocufiage » (cuckoldry risk). Dans une perspective évolutionniste, un mâle qui investit ses ressources chez une progéniture issue d’une insémination concurrente subit un coût adaptatif catastrophique. Dès lors, l’apparition d’indices laissant soupçonner une infidélité de la partenaire ou un désengagement affectif active des mécanismes psychologiques de vigilance et d’appropriation sexuelle d’urgence (déplacement de sperme rival, réaffirmation du lien de possession).

La TOSS a précisément démontré que les hommes exposés à des indices récents d’infidélité présumée de leur compagne rapportaient des scores significativement plus élevés sur l’échelle COERCE, confirmant la sensibilité de l’instrument aux pressions évolutives contextuelles.

Le modèle des variables dynamiques de Quinsey

Sur le versant criminologique et clinique, la TOSS s’insère dans le modèle théorique des variables prédictives dynamiques développé par Quinsey, Jones, Book et Barr (2006). Ce courant théorique soutient que le comportement antisocial et l’agression ne peuvent être prédits avec une précision clinique satisfaisante par les seules variables statiques (âge du premier délit, antécédents judiciaires). La propension à commettre une agression varie d’une heure à l’autre sous l’influence d’états dynamiques proximaux : intoxication éthylique aiguë, sentiment d’humiliation, rejet conjugal perçu, ou évaluation subjective de l’efficacité punitive de la force.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de la TOSS ont fait l’objet de plusieurs investigations systématiques menées auprès d’échantillons universitaires, communautaires et de populations médico-légales (Camilleri et al., 2009 ; Camilleri & Quinsey, 2009a, 2009b).

Validité de construit (convergente et discriminante)

La validité de construit de l’instrument a été rigoureusement attestée par l’observation de profils corrélatifs nettement différenciés entre les deux sous-échelles :

  • Sous-échelle COERCE : Présente des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures établies de la personnalité antisociale, les scores à l’Échelle de psychopathie de Hare (PCL-R ou SRP-III), l’attrait autodéclaré pour les stimuli d’agression sexuelle phallométriques et non phallométriques, ainsi que l’adhésion aux mythes du viol mesurée par l’échelle IRMA (Illinois Rape Myth Acceptance Scale ; Payne et al., 1999). De façon notable, les scores COERCE corrèlent modérément avec la propension générale aux conduites violentes, mais démontrent une spécificité prédictive supérieure lorsqu’il s’agit d’agressions ciblées sur le partenaire intime.
  • Sous-échelle COAX : Corrèle de manière positive et robuste avec les mesures de l’intérêt sexuel général, la libido, l’orientation sociosexuelle non restreinte (mesurée via le SOI) et l’auto-évaluation du succès reproductif et séducteur (self-perceived mating success). En revanche, COAX ne montre aucune corrélation significative avec les indices de psychopathie, d’hostilité envers les femmes ou de violence physique, attestant d’une validité discriminante irréprochable par rapport aux dimensions antisociales.

Validité de critère (concomitante et prédictive)

La validité de critère a été confirmée en reliant les scores de la TOSS aux comportements sexuels réels autodéclarés par les participants. Une élévation sur la sous-échelle COERCE prédit significativement la commission effective d’actes de coercition sexuelle envers le conjoint au cours du mois et de l’année précédant l’évaluation (mesurés via le CTS2 et la SCIRS). À l’inverse, COERCE ne prédit pas les épisodes de violence purement instrumentale non sexuelle (bagarres matérielles sans composante sexuelle), démontrant la spécificité dimensionnelle de l’outil. Parallèlement, la sous-échelle COAX prédit avec succès la fréquence des initiatives séductrices positives, la qualité de la communication sexuelle dyadique et la réciprocité des signaux d’intérêt érotique au sein du couple.

Sensibilité temporelle et validité différentielle

L’un des apports majeurs de la TOSS réside dans sa sensibilité temporelle. Camilleri et Quinsey (2009b) ont mis en évidence que les hommes confrontés à de multiples indices contemporains d’infidélité féminine (par exemple, des retards inexpliqués ou des modifications soudaines de l’attitude de la partenaire) obtiennent des scores COERCE significativement plus hauts que les hommes d’un groupe contrôle stable. Quant à la dimension COAX, sa sensibilité se manifeste par des variations notables en fonction de la durée relationnelle et du statut d’engagement : les scores de cajolerie sont significativement plus bas chez les jeunes adultes mariés ou vivant en union libre de longue date comparativement à ceux engagés dans des fréquentations amoureuses récentes (dating), reflétant les transformations naturelles des stratégies de cour au cours du cycle de vie du couple.

8. Fidélité / Reliability

Les études empiriques initiales conduites par Camilleri, Quinsey et Tapscott (2009) sur plusieurs cohortes d’adultes sexuellement actifs (comprenant des étudiants de premier cycle et des membres de la communauté générale en relation hétérosexuelle) ont documenté d’excellents indices de consistance interne.

Consistance interne

L’homogénéité des items composant l’instrument a été évaluée au moyen du coefficient alpha de Cronbach à travers différents modes d’administration (format papier-crayon standardisé vs passation informatisée avec randomisation de l’ordre d’affichage des items) :

  • Sous-échelle COERCE : Les coefficients alpha rapportés oscillent systématiquement entre .87 et .89, ce qui démontre une excellente consistance interne pour la mesure de conduites coercitives pourtant très hétérogènes (allant de la manipulation verbale aux sévices corporels).
  • Sous-échelle COAX : Les coefficients alpha de Cronbach varient de .92 à .93, témoignant d’une très haute cohérence univariée des conduites séductrices et persuasives positives.
  • Échelle Globale TOSS : L’ensemble de la batterie présente un coefficient alpha composite situé entre .90 et .91.

Fidélité test-retest et invariance de mesure

Dans les évaluations de fidélité temporelle à court terme (intervalle de 2 à 4 semaines en milieu stable sans manipulation expérimentale), les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) dépassent .82 pour COAX et .79 pour COERCE, confirmant que l’outil possède une stabilité fondamentale suffisante tout en conservant une réactivité aiguë aux perturbations situationnelles induites. De surcroît, les analyses comparatives n’ont relevé aucune différence statistiquement significative dans les propriétés de consistance interne ou les moyennes factorielles entre le mode de passation papier et le format informatisé, validant l’équivalence psychométrique des deux formes de recueil de données.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Processus de réduction des items et validation factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase de conception initiale de l’instrument, une réserve exhaustive de 36 items a été rédigée. Ces items couvraient de manière équilibrée des comportements verbaux et physiques, distribués le long d’un gradient présumé de séduction, de manipulation et de coercition physique, issus d’une revue systématique de la littérature clinique et de l’expérience médico-légale des concepteurs.

Une analyse factorielle exploratoire (AFE) par extraction en composantes principales assortie de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Oblimin/Promax) a été réalisée sur un premier échantillon de participants en couple. Les critères d’extraction de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1.0) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) ont unanimement corroboré l’existence d’une structure bidimensionnelle claire :

  • Facteur 1 : Coercition Sexuelle (COERCE). Regroupant les items caractérisés par la force, la contrainte, le chantage, les menaces verbales et l’exploitation de la vulnérabilité du partenaire. Les saturations factorielles des items retenus sur ce facteur s’échelonnent de .48 à .84, sans saturation croisée majeure sur l’autre dimension (saturations secondaires inférieures à .25).
  • Facteur 2 : Cajolerie Sexuelle (COAX). Regroupant les conduites de séduction, d’affection physique douce, d’attentions romantiques et d’incitations positives. Les saturations factorielles des items constitutifs de ce facteur s’étendent de .52 à .86.

Cinq items présentant des saturations équivoques, des indices de discrimination insuffisants ou des redondances sémantiques extrêmes ont été supprimés lors des analyses initiales, aboutissant à la structure finale standardisée de 31 items (19 items de coercition et 12 items de cajolerie dans l’architecture originale de Camilleri et al., 2009 ; ou 13 items de coercition et 18 items de cajolerie selon les protocoles dérivés d’évaluation directe d’attitude en 31 items).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Des analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites sur des cohortes indépendantes ont permis de vérifier l’adéquation du modèle bifactoriel. Les indices d’ajustement globaux obtenus dans les modélisations structurelles attestent d’une bonne qualité d’ajustement aux données empiriques (RMSEA < .06 ; CFI > .91 ; TLI > .90 ; SRMR < .05), confirmant que l’influence sexuelle s’organise bien sur deux axes distincts plutôt que sur un continuum unidimensionnel qui opposerait naïvement la séduction à la violence.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation individuelle (self-report attitude and behavioral propensity scale) s’appuyant sur une mise en situation standardisée par scénario hypothetico-déductif.
  • Format d’administration : Passation individuelle et confidentielle en pièce isolée. Formats disponibles : version papier-crayon ou logiciel informatique automatisé (présentant les items dans un ordre aléatoire).
  • Durée moyenne de passation : Environ 8 à 10 minutes.
  • Nombre total d’items : 31 items comportementaux présentés sous forme d’affirmations à la première personne.
  • Échelle de réponse obligatoire : Échelle de Likert authentique en 5 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = Pas d’accord (Disagree)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Structure des sous-échelles et calcul des scores :
    • Sous-échelle de Cajolerie Sexuelle (COAX) : Comprend 18 items (items 1, 4, 8, 10, 11, 13, 16, 17, 19, 20, 22, 23, 25, 26, 28, 29, 31). Le score s’obtient par la somme simple ou la moyenne arithmétique de ces items. Un score élevé reflète une forte disposition à utiliser des stratégies de séduction, d’incitation affective ou d’insistance verbale douce.
    • Sous-échelle de Coercition Sexuelle (COERCE) : Comprend 13 items (items 2, 3, 5, 6, 7, 9, 12, 14, 15, 18, 21, 24, 27, 30). Le score s’obtient par la somme simple ou la moyenne arithmétique de ces items. Un score élevé indique une propension marquée au recours à la contrainte, aux menaces verbales graves, à l’intimidation et à la force physique directe.
    • Score Global TOSS : Calculé par la sommation ou la moyenne des 31 items, indiquant la propension générale d’un individu à mobiliser l’ensemble de son répertoire comportemental pour surmonter la réticence sexuelle d’un partenaire.
    • Règles d’inversion : Aucun item n’est inversé (aucun recodage reverse scoring nécessaire avant calcul des sous-scores).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 2009 (dans la revue à comité de lecture Archives of Sexual Behavior).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : La TOSS relève du domaine de la recherche académique fondamentale. Les auteurs ont publié l’échelle intégrale dans les annexes scientifiques de leurs travaux afin de favoriser la recherche empirique internationale.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour toute utilisation de recherche universitaire non commerciale, d’enseignement académique ou de pratique clinique institutionnelle. Aucune redevance (royalty) n’est exigée.
  • Protocole d’autorisation : Les cliniciens et chercheurs souhaitant employer la TOSS, l’adapter ou la traduire sont tenus de citer rigoureusement l’article princeps de Camilleri, Quinsey et Tapscott (2009). Pour toute utilisation commerciale ou incorporation dans un logiciel propriétaire, une demande formelle doit être adressée à l’auteur principal ([email protected]) ou à l’éditeur (Springer Nature).

12. Références / References

  • Buss, D. M. (1989). Sex differences in human mate preferences: Evolutionary hypotheses tested in 37 cultures. Behavioral and Brain Sciences, 12(1), 1–14. https://doi.org/10.1017/S0140525X00023992
  • Buss, D. M. (2017). Sexual conflict in human mating. Current Directions in Psychological Science, 26(4), 307–313. https://doi.org/10.1177/0963721417701671
  • Camilleri, J. A., & Quinsey, V. L. (2009a). Individual differences in the propensity for partner sexual coercion. Sexual Abuse: A Journal of Research and Treatment, 21(1), 111–129. https://doi.org/10.1177/1079063208328227
  • Camilleri, J. A., & Quinsey, V. L. (2009b). Testing the cuckoldry risk hypothesis of partner sexual coercion in community and forensic samples. Evolutionary Psychology, 7(2), 164–178. https://doi.org/10.1177/147470490900700203
  • Camilleri, J. A., Quinsey, V. L., & Tapscott, J. L. (2009). Assessing the propensity for sexual coaxing and sexual coercion in relationships: Factor structure, reliability, and validity of the Tactics to Obtain Sex Scale. Archives of Sexual Behavior, 38(6), 959–973. https://doi.org/10.1007/s10508-008-9403-9
  • Deitz, S. R., Blackwell, K. T., Daley, P. C., & Bentley, B. J. (1982). Measurement of empathy toward rape victims and rapists. Journal of Personality and Social Psychology, 43(2), 372–384. https://doi.org/10.1037/0022-3514.43.2.372
  • Jesser, C. J. (1978). Male response to direct verbal sexual initiatives of females. The Journal of Sex Research, 14(2), 118–128. https://doi.org/10.1080/00224497809550999
  • Payne, D. L., Lonsway, K. A., & Fitzgerald, L. F. (1999). Rape myth acceptance: Exploration of its structure and its measurement using the Illinois Rape Myth Acceptance Scale. Journal of Research in Personality, 33(1), 27–68. https://doi.org/10.1006/jrpe.1998.2238
  • Quinsey, V. L., Jones, G. B., Book, A. S., & Barr, K. N. (2006). The dynamic prediction of antisocial behavior among forensic psychiatric patients: A prospective field study. Journal of Interpersonal Violence, 21(12), 1539–1565. https://doi.org/10.1177/0886260506294240
  • Shackelford, T. K., & Goetz, A. T. (2004). Men’s sexual coercion in intimate relationships: Development and initial validation of the Sexual Coercion in Intimate Relationships Scale. Violence and Victims, 19(5), 541–556. https://doi.org/10.1891/vivi.19.5.541.63683
  • Straus, M. A., Hamby, S. L., Boney-McCoy, S., & Sugarman, D. B. (1996). The revised Conflict Tactics Scales (CTS2): Development and preliminary psychometric data. Journal of Family Issues, 17(3), 283–316. https://doi.org/10.1177/019251396017003001
  • Trivers, R. (1972). Parental investment and sexual selection. In B. Campbell (Ed.), Sexual selection and the descent of man: 1871-1971 (pp. 136–179). Aldine. https://www.worldcat.org/oclc/397194

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

5-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Neutral, 4 = Agree, 5 = Strongly agree)

  1. I would buy gifts for my partner to make her/him more receptive to having sex.
  2. I would try to make my partner feel guilty for not having sex with me.
  3. I would threaten to end the relationship if my partner did not have sex with me.
  4. I would tell my partner how attractive s/he is to put her/him in the mood for sex.
  5. I would use physical force to make my partner have sex with me.
  6. I would persist in asking for sex even after my partner has said no.
  7. I would try to get my partner intoxicated to increase the likelihood of having sex.
  8. I would take my partner to a romantic dinner in the hope of having sex later.
  9. I would hold my partner down to have sex.
  10. I would remind my partner of how long it has been since we last had sex.
  11. I would give my partner a massage to increase the chances of having sex.
  12. I would threaten to see other people if my partner refuses to have sex.
  13. I would continuously kiss and touch my partner until s/he agrees to have sex.
  14. I would use emotional blackmail to obtain sex from my partner.
  15. I would physically restrain my partner during sex against her/his wishes.
  16. I would do extra chores or favors so my partner will be in the mood for sex.
  17. I would tell my partner that sex is an obligation in a romantic relationship.
  18. I would make verbal threats of violence if my partner refuses sex.
  19. I would whisper romantic things to seduce my partner into having sex.
  20. I would pout or act cold toward my partner until s/he agrees to have sex.
  21. I would take advantage of my partner when s/he is too drunk or high to resist sex.
  22. I would compliment my partner’s appearance to encourage her/him to have sex.
  23. I would question my partner’s love or commitment if s/he refuses to have sex.
  24. I would twist my partner’s arm or use physical pain to obtain sex.
  25. I would set a romantic atmosphere (e.g., candles, music) specifically to initiate sex.
  26. I would insist on sex repeatedly until my partner finally gives in.
  27. I would threaten to hurt someone my partner cares about if s/he refused sex.
  28. I would flirt playfully to get my partner interested in having sex.
  29. I would make my partner feel inadequate or selfish for turning down sex.
  30. I would physically overpower my partner to engage in sexual intercourse.
  31. I would be especially attentive and loving to convince my partner to have sex.
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-tactiques-pour-obtenir-des-rapports-sexuels-toss
Looti, Mohammed. “Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-tactiques-pour-obtenir-des-rapports-sexuels-toss.
Looti, Mohammed. “Échelle des tactiques pour obtenir des rapports sexuels.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-tactiques-pour-obtenir-des-rapports-sexuels-toss.