1. Résumé / Abstract
L’Échelle des relations favorisant des masculinités saines (en anglais, Relationships Fostering Healthy Masculinities Scale, RFHM ; Di Bianca & Mahalik, 2025) constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer les expériences vécues par les hommes au sein de leurs relations interpersonnelles favorisant l’émergence, la consolidation et l’expression de masculinités saines et adaptatives. Développée à la confluence de la théorie relationnelle-culturelle (Relational-Cultural Theory, RCT ; Jordan et al., 1991 ; Miller, 1976) et des approches critiques féministes de la socialisation masculine (Di Bianca & Mahalik, 2022, 2025), cette échelle s’émancipe des paradigmes traditionnels centrés exclusivement sur la psychopathologie et les normes masculines hégémoniques restrictives pour privilégier une perspective développementale fondée sur les ressources relationnelles promotrices de croissance (growth-fostering relationships).
L’instrument comprend 24 items mesurés à l’aide d’une échelle de réponse en 6 points allant de 1 (« absolument faux » / absolutely not true) à 6 (« absolument vrai » / absolutely true). Sa structure factorielle, validée auprès d’échantillons d’hommes adultes aux États-Unis âgés de 18 à 84 ans, repose sur six facteurs de premier ordre : (1) le Rejet de la honte (Rejecting Shame), (2) la Promotion de la vulnérabilité (Fostering Vulnerability), (3) le Rejet de l’hyper-indépendance (Rejecting Hyper-Independence), (4) la Promotion de la connexion (Fostering Connection), (5) le Rejet de la violence (Rejecting Violence), et (6) la Promotion de la compassion (Fostering Compassion). Ces six facteurs s’articulent autour d’un facteur d’ordre supérieur représentant le construit global des relations favorables aux masculinités saines.
Les propriétés psychométriques de la RFHM démontrent une adéquation remarquable aux données dans le cadre de l’analyse factorielle confirmatoire (RMSEA = 0,048, IC à 90 % [0,039, 0,056] ; CFI = 0,96 ; TLI = 0,95 ; SRMR = 0,044). La consistance interne est solide, avec des coefficients alpha de Cronbach (α) et oméga de McDonald (ω) s’échelonnant entre 0,81 et 0,84 pour l’ensemble des sous-échelles. L’invariance de mesure (configurale, métrique et scalaire) a été confirmée entre les hommes de couleur et les hommes blancs, assurant ainsi une comparabilité robuste entre différents groupes sociodémographiques. Enfin, la validité critérielle et convergente est attestée par des corrélations positives avec le bien-être individuel, la qualité des relations interpersonnelles et l’adhésion aux principes de justice sociale, ainsi que par des associations négatives avec l’adhésion rigide aux normes de contrôle émotionnel, d’autosuffisance et de recours à la violence.
2. Mots-clés / Keywords
Masculinités saines, relations interpersonnelles, théorie relationnelle-culturelle, vulnérabilité émotionnelle, rejet de la honte, hyper-indépendance, non-violence, compassion, socialisation de genre, psychométrie, analyse factorielle confirmatoire, bien-être psychologique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle RFHM a été conceptualisée et validée par des chercheurs spécialisés dans la psychologie du genre, du conseil psychologique et du développement humain :
- Michael Di Bianca, Ph.D. : Department of Counseling, Developmental, and Educational Psychology, Lynch School of Education and Human Development, Boston College, Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis. Actuellement affilié à Massachusetts Institute of Technology Health (MIT Health), 25 Carleton Street, E23, Cambridge, MA 02142, États-Unis. Courriel : [email protected].
- James R. Mahalik, Ph.D. : Professeur titulaire, Department of Counseling, Developmental, and Educational Psychology, Lynch School of Education and Human Development, Boston College, Chestnut Hill, Massachusetts, États-Unis. Identifiant ORCID : 0000-0001-9463-2698. Courriel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Relationships Fostering Healthy Masculinities Scale (RFHM) est de quantifier de manière valide et standardisée la mesure dans laquelle le réseau relationnel proximal d’un homme (amis, partenaires intimes, famille, mentors) encourage, valide et modélise des attitudes et comportements masculins propices à la santé mentale, à l’empathie, au bien-être relationnel et à la justice sociale. Historiquement, la recherche sur la psychologie des hommes et des masculinités s’est principalement concentrée sur les facettes pathogènes ou restrictives du rôle de genre masculin, mesurées à l’aide d’instruments évaluant le conflit de rôle de genre (Gender Role Conflict Scale ; O’Neil et al., 1986) ou la conformité aux normes masculines traditionnelles (Conformity to Masculine Norms Inventory, CMNI ; Mahalik et al., 2003). Bien que ces outils aient permis d’élucider les mécanismes reliant la masculinité hégémonique à la détresse psychologique, ils ont laissé un vide méthodologique quant aux forces protectrices et aux contextes interpersonnels qui permettent aux hommes de s’émanciper des injonctions toxiques.
La RFHM comble précisément cette lacune en opérationnalisant une approche orientée vers les ressources (asset-based approach). Elle part du postulat empirique et clinique selon lequel les identités de genre ne sont pas des traits intrapsychiques statiques mais des constructions dynamiques renégociées en permanence au sein de relations interpersonnelles signifiantes. L’instrument vise ainsi à mesurer si les personnes importantes dans la vie d’un homme :
- Créent un climat de sécurité psychologique permettant d’exprimer des affects douloureux sans encourir de réprobation ou d’assignation à la faiblesse ;
- Démantèlent les stéréotypes valorisant l’isolement stoïque et l’hyper-indépendance comme gages ultimes de virilité ;
- Récusent explicitement l’agressivité, la domination et la violence comme démonstrations légitimes de puissance masculine ;
- Modélisent activement la bienveillance, la compassion universelle et le respect inconditionnel envers les femmes, les filles et les groupes marginalisés.
Sur le plan des applications cliniques, l’échelle fournit aux psychologues, psychothérapeutes et conseillers d’orientation un cadre d’évaluation diagnostique pour cartographier le soutien social développemental de leurs patients masculins. Elle permet d’identifier si les blocages affectifs (par exemple, l’alexithymie normative masculine ou la peur de l’intimité) sont activement renforcés par un entourage toxique ou s’ils peuvent être désamorcés en mobilisant des figures relationnelles sécurisantes. En contexte de thérapie de groupe pour hommes ou de programmes de mentorat, la RFHM peut être administrée avant et après intervention pour mesurer l’impact de l’environnement thérapeutique sur l’intériorisation de normes relationnelles constructives.
En matière de recherche fondamentale et appliquée, l’outil sert de catalyseur pour explorer les trajectoires de santé publique chez les hommes, incluant la prévention du suicide, la réduction des violences interpersonnelles et sexistes, l’amélioration des comportements de recours aux soins (help-seeking behaviors), ainsi que le développement de l’engagement civique et communautaire en faveur de l’égalité de genre.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la RFHM est multidimensionnel et s’articule autour de six domaines fonctionnels distincts mais interdépendants, structurés au sein d’une organisation hiérarchique où chaque sous-échelle reflète un aspect spécifique de la libération vis-à-vis des normes de genre restrictives et de la promotion d’une masculinité relationnelle épanouie.
1. Rejet de la honte (Rejecting Shame ; Items 1 à 4)
Cette dimension examine la mesure dans laquelle l’entourage de l’individu refuse d’associer l’expérience de la vulnérabilité ou de la souffrance à une déchéance morale ou à un échec de la condition masculine. Dans la socialisation masculine hégémonique, la honte est l’arme de régulation par excellence : tout homme exprimant de la tristesse, de la peur ou le besoin de prendre soin de soi (self-care) risque d’être étiqueté comme faible, efféminé ou insuffisant. Le rejet de la honte implique que les proches ne perçoivent pas les affects autres que la colère comme de la faiblesse et ne demandent pas à l’individu de dissimuler ses émotions sous un masque de fausse invulnérabilité. (Exemple inversé : « Les personnes importantes dans ma vie me considéreraient comme faible si j’avais un sentiment autre que la colère »).
2. Promotion de la vulnérabilité (Fostering Vulnerability ; Items 5 à 8)
Complément direct de la sous-échelle précédente, cette dimension évalue activement l’instauration d’un espace de sécurité interpersonnelle autorisant l’expression authentique des états émotionnels complexes. Elle mesure la présence de partenaires relationnels qui acceptent l’individu tel qu’il est lorsqu’il traverse des difficultés, lui offrent un cadre rassurant pour pleurer sans crainte du jugement, lui renvoient qu’il a une valeur intrinsèque inconditionnelle et s’enquièrent sincèrement de son vécu lorsqu’il est en détresse. Cette vulnérabilité relationnelle est conçue non comme une fragilité, mais comme une compétence psychologique majeure favorisant la résilience.
3. Rejet de l’hyper-indépendance (Rejecting Hyper-Independence ; Items 9 à 12)
L’hyper-indépendance, ou l’autosuffisance rigide (extreme self-reliance), est un pilier central de l’idéologie masculine traditionnelle, souvent corrélé à des taux élevés d’idéation suicidaire en raison de l’impossibilité perçue de demander de l’aide. Cette composante évalue la manière dont l’entourage combat le mythe selon lequel un « vrai homme » devrait toujours se débrouiller seul. Elle identifie l’absence de pressions normatives stipulant que la recherche d’aide est honteuse ou que le désir d’intimité émotionnelle est synonyme de dépendance affective excessive (neediness). (Exemple inversé : « Les personnes importantes dans ma vie m’enseignent que les « vrais hommes » ne devraient jamais avoir besoin d’aide »).
4. Promotion de la connexion (Fostering Connection ; Items 13 à 16)
Cette sous-échelle mesure l’encouragement explicite apporté à l’homme pour qu’il tisse et approfondisse des liens d’intimité, de soutien mutuel et d’affection avec autrui. Elle capture des dynamiques où les proches incitent l’individu à se rapprocher des autres, manifestent une satisfaction partagée lors de l’expression mutuelle de gestes d’affection, lui apprennent à s’appuyer sur son réseau social en cas de besoin et accueillent favorablement ses demandes d’assistance émotionnelle ou instrumentale.
5. Rejet de la violence (Rejecting Violence ; Items 17 à 20)
La contrainte à l’agressivité et à la domination constitue l’un des aspects les plus néfastes de la masculinité toxique pour l’individu et son environnement. Cette dimension évalue la capacité des proches à déconstruire l’équation archaïque reliant virilité, pouvoir coercitif et démonstration de force physique. Les items ciblent le refus catégorique de voir l’agression comme un rituel de passage nécessaire pour gagner le respect ou pour prouver sa force, s’opposant ainsi directement aux dynamiques patriarcales de domination interpersonnelle. (Exemple inversé : « Les personnes importantes dans ma vie considèrent que la valeur d’un homme se mesure à la quantité de pouvoir qu’il a sur les autres »).
6. Promotion de la compassion (Fostering Compassion ; Items 21 à 24)
Enfin, cette dimension saisit l’orientation prosociale, éthique et relationnelle inculquée ou soutenue par l’entourage. Elle évalue si les figures d’attachement et d’influence enseignent à l’homme ce que signifie être une « personne de bien », modélisent une attitude de bienveillance active envers autrui, insistent sur l’obligation de traiter tout être humain avec dignité dans les paroles comme dans les actes, et valorisent explicitement le respect systématique et inconditionnel envers les femmes et les filles.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise épistémologique de l’échelle RFHM repose au premier chef sur la théorie relationnelle-culturelle (Relational-Cultural Theory, RCT), développée initialement par Jean Baker Miller (1976) et enrichie par Judith V. Jordan, Irene Stiver et Janet Surrey au sein du Stone Center du Wellesley College (Jordan et al., 1991). La RCT postule que la croissance psychologique fondamentale tout au long de la vie s’effectue dans et par la relation, et non par le biais de la séparation et de l’autonomisation individualiste prônées par les modèles classiques du développement psychodynamique (tels que ceux d’Erikson ou de Freud).
Selon Miller et Jordan, les « relations génératrices de croissance » (growth-fostering relationships) se caractérisent par ce que la théorie nomme les Five Good Things (les cinq bienfaits relationnels) :
- L’énergie / la vitalité (Zest) : un sentiment d’élan vital accru résultant d’une interaction authentique ;
- Le pouvoir d’agir (Empowerment / Action) : la capacité ressentie à agir de manière efficace dans la relation et dans le monde ;
- La clarté cognitive (Clarity / Knowledge) : une meilleure compréhension de soi-même, de l’autre et de la dynamique relationnelle ;
- Le sentiment de valeur personnelle (Sense of Worth) : la certitude d’être estimé et accepté inconditionnellement ;
- Le désir d’étendre la connexion (Desire for more connection) : l’aspiration à développer d’autres liens relationnels sains en dehors de la dyade immédiate.
Dans le contexte des hommes, la RCT met en lumière le paradoxe relationnel : face aux impératifs sociaux de la masculinité qui sanctionnent la dépendance et l’intimité, les garçons et les hommes finissent par dissimuler leurs besoins d’attachement réels pour préserver une inclusion sociale superficielle. Ils adoptent des stratégies de déconnexion (stoïcisme, agressivité, isolement) qui, paradoxalement, les privent des bénéfices psychologiques des relations intimes, engendrant un sentiment chronique d’aliénation et de honte intériorisée.
En second lieu, la RFHM intègre les apports critiques des théories féministes de la socialisation masculine (Mahalik et al., 2003 ; Pleck, 1995 ; Di Bianca & Mahalik, 2022). Ces travaux démontrent que les normes dominantes prescrivent aux hommes la restriction émotionnelle, la primauté du statut par le pouvoir, et la légitimation de la violence. Parallèlement, des recherches qualitatives et développementales contemporaines, telles que celles menées par Niobe Way (2011) dans son ouvrage séminal Deep Secrets, Michael Reichert (2019) dans How to Raise a Boy, et Fredric Rabinowitz (2019) sur le travail thérapeutique avec les groupes d’hommes, ont souligné que les jeunes garçons possèdent une soif innée de liens profonds, d’amour fraternel et de partage intime. Cette disposition empathique originelle est progressivement réprimée au cours de l’adolescence sous la pression d’une culture patriarcale réifiant l’invulnérabilité. La RFHM opérationnalise donc les processus relationnels correcteurs qui permettent de restaurer cette capacité relationnelle innée.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle RFHM a été documentée de manière rigoureuse par Di Bianca et Mahalik (2025) à travers deux études empiriques indépendantes menées auprès d’échantillons d’hommes adultes diversifiés aux États-Unis.
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été garantie dès la phase initiale de conception de l’instrument. Un ensemble initial de 50 items a été élaboré sur la base d’une recension exhaustive de la littérature empirique et clinique, complétée par des consultations approfondies avec des hommes engagés dans des programmes de mentorat masculin, des cercles de parole et des retraites de développement personnel. Une étude pilote qualitative et quantitative a permis de réduire et d’affiner cet ensemble d’items, éliminant les ambiguïtés sémantiques et les redondances conceptuelles avant les collectes de données définitives.
Validité convergente et discriminante
La validité convergente de la RFHM a été établie par l’examen de ses associations avec plusieurs échelles validées mesurant des construits théoriquement congruents :
- Bien-être individuel et santé mentale : Des corrélations positives statistiquement significatives ont été observées entre le score global de la RFHM et des indices de bien-être subjectif, d’estime de soi relationnelle et de satisfaction de vie. Les hommes évoluant dans des environnements relationnels favorables aux masculinités saines manifestent des niveaux substantiellement réduits de détresse psychologique, d’anxiété et de symptômes dépressifs.
- Qualité relationnelle et sentiment d’appartenance : La RFHM est fortement et positivement corrélée à la sécurité de l’attachement adulte, à la satisfaction conjugale et relationnelle, ainsi qu’à la connectivité sociale globale (social connectedness).
- Engagement en faveur de la justice sociale : Des corrélations positives significatives ont été mises en évidence avec des échelles mesurant l’adhésion à une vision du monde orientée vers la justice sociale (social justice worldview), l’empathie dispositionnelle et les attitudes égalitaires entre les genres.
À l’inverse, la validité divergente/critérielle a été confirmée par des corrélations négatives robustes avec les sous-échelles du Conformity to Masculine Norms Inventory (CMNI) :
- L’adhésion au Contrôle émotionnel (Emotional Control) est inversement corrélée aux sous-échelles Promotion de la vulnérabilité et Rejet de la honte ;
- L’adhésion à l’Autonomie extrême (Self-Reliance) montre une relation inverse marquée avec le Rejet de l’hyper-indépendance et la Promotion de la connexion ;
- L’adhésion aux normes de Violence et de Dominance est fortement et négativement associée aux sous-échelles Rejet de la violence et Promotion de la compassion.
Invariance de mesure (Measurement Invariance)
Un apport méthodologique majeur de l’étude de validation réside dans la démonstration de l’invariance de mesure de l’instrument entre les hommes de couleur (Men of Color : afro-américains, hispaniques/latinos, asiatiques-américains, etc.) et les hommes blancs (White men). Les analyses multi-groupes ont confirmé successivement :
- L’invariance configurale (structure factorielle identique à 6 facteurs à travers les groupes) ;
- L’invariance métrique (saturations factorielles équivalentes, démontrant que les items ont la même signification psychologique sous-jacente quel que soit le groupe racial/ethnique) ;
- L’invariance scalaire (seuils d’interception équivalents, permettant des comparaisons valides des moyennes latentes entre groupes).
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’échelle RFHM s’est appuyée sur des estimateurs modernes de consistance interne, combinant le traditionnel coefficient α de Cronbach et le coefficient ω de McDonald, ce dernier présentant l’avantage de ne pas présumer la tau-équivalence des items.
Les coefficients de consistance interne obtenus pour chacune des six sous-échelles de 4 items témoignent d’une fiabilité remarquable, homogène et exempte de redondance excessive :
- Promotion de la vulnérabilité (Fostering Vulnerability) : α = 0,84 ; ω = 0,84 ;
- Rejet de la violence (Rejecting Violence) : α = 0,84 ; ω = 0,84 ;
- Rejet de la honte (Rejecting Shame) : α = 0,83 ; ω = 0,83 ;
- Rejet de l’hyper-indépendance (Rejecting Hyper-Independence) : α = 0,83 ; ω = 0,83 ;
- Promotion de la connexion (Fostering Connection) : α = 0,82 ; ω = 0,82 ;
- Promotion de la compassion (Fostering Compassion) : α = 0,81 ; ω = 0,81.
Le score composite total de l’échelle (24 items) affiche une consistance interne globale excellente (α > 0,90 ; ω > 0,91). L’erreur standard de mesure (SEM) associée aux scores est particulièrement faible, ce qui garantit une précision élevée tant pour les analyses corrélationnelles en recherche que pour l’évaluation individualisée en psychologie clinique et de la santé.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le processus de modélisation factorielle s’est déroulé en plusieurs étapes méthodologiques rigoureuses visant à épurer l’échelle initiale de 50 items pour aboutir à un modèle parcimonieux et théoriquement cohérent.
Épuration et sélection des items
Après l’élimination des items présentant des corrélations inter-items excessives (indices de redondance sémantique supérieurs à 0,70) ou des saturations croisées lors d’analyses exploratoires préliminaires, un ensemble de 35 items a d’abord été soumis à des analyses factorielles confirmatoires (AFC). À la suite d’itérations successives guidées par la théorie et par l’examen des indices de modification, les auteurs ont sélectionné 24 items finaux, équitablement distribués à raison de 4 items par facteur pour les six dimensions ciblées.
Modèle factoriel confirmatoire hiérarchique
Le modèle structurel validé est un modèle hiérarchique de second ordre dans lequel les six facteurs de premier ordre saturent sur un facteur latent global unique représentant les relations propices aux masculinités saines (RFHM). L’analyse factorielle confirmatoire (AFC) réalisée sur la structure à 24 items a révélé un ajustement exceptionnel aux données empiriques, satisfaisant à l’ensemble des critères d’adéquation les plus rigoureux de la littérature méthodologique (Hu & Bentler, 1999) :
- Chi-deux de Brinkman : χ² = 390,59, degrés de liberté (df) = 232, p < 0,001 ;
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,048, avec un intervalle de confiance à 90 % très étroit situé entre [0,039, 0,056] ;
- CFI (Comparative Fit Index) : 0,96 ;
- TLI (Tucker-Lewis Index) : 0,95 ;
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : 0,044.
Toutes les saturations factorielles standardisées des items sur leurs facteurs de premier ordre respectifs, ainsi que les saturations des six facteurs de premier ordre sur le facteur de second ordre, se sont avérées hautement significatives à p < 0,001. Les saturations standardisées oscillent majoritairement entre 0,65 et 0,85, démontrant que chaque item capte une part substantielle de la variance de son domaine théorique sans être parasité par une variance d’erreur excessive.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Relationships Fostering Healthy Masculinities Scale (RFHM)
- Traduction française indicative : Échelle des relations favorisant des masculinités saines
- Type d’instrument : Auto-questionnaire psychométrique / Échelle d’évaluation relationnelle subjective
- Format d’administration : Support électronique en ligne ou format papier-crayon
- Nombre d’items : 24 items (4 items par sous-échelle)
- Échelle de réponse : Format de réponse en 6 points (The measure uses 6 response options) :
- 1 = Absolutely not true (Absolument faux)
- 2 = Untrue (Faux)
- 3 = Kind of untrue (Plutôt faux)
- 4 = Kind of true (Plutôt vrai)
- 5 = True (Vrai)
- 6 = Absolutely true (Absolument vrai)
- Amorce du questionnaire : « The important people in my life… » (« Les personnes importantes dans ma vie… »)
- Sous-échelles et structure des scores :
- Rejecting Shame (Rejet de la honte) : Items 1 à 4
- Fostering Vulnerability (Promotion de la vulnérabilité) : Items 5 à 8
- Rejecting Hyper-Independence (Rejet de l’hyper-indépendance) : Items 9 à 12
- Fostering Connection (Promotion de la connexion) : Items 13 à 16
- Rejecting Violence (Rejet de la violence) : Items 17 à 20
- Fostering Compassion (Promotion de la compassion) : Items 21 à 24
- Procédure de cotation (Scoring) :
- 12 items sont rédigés de manière inversée pour le calcul du score global et doivent être inversés avant sommation : Items 1, 2, 3, 4, 9, 10, 11, 12, 17, 18, 19 et 20 (formule d’inversion : Score inversé = 7 – Score brut).
- Les scores des sous-échelles peuvent être calculés par la moyenne ou la somme des 4 items respectifs (après inversion pour les facteurs de rejet).
- Un score global de masculinités saines relationnelles est obtenu en effectuant la moyenne ou la somme des 24 items (score total allant de 24 à 144 points). Un score plus élevé indique un réseau relationnel plus fortement favorable aux masculinités saines.
- Population cible : Hommes adultes (18 à 84 ans), jeunes adultes (18-29 ans), adultes d’âge moyen (30-64 ans) et hommes âgés (65 ans et plus).
- Temps de passation : Environ 5 à 7 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication officielle : 2025
- Droits d’utilisation et permissions : L’échelle est disponible pour une utilisation libre dans le cadre de la recherche scientifique, universitaire et de l’enseignement académique (May use for Research/Teaching). Pour tout usage commercial ou intégration dans des programmes lucratifs, une autorisation formelle doit être sollicitée auprès des auteurs.
- Tarif / Coût d’accès : Gratuit (Fee: No). Aucun coût de licence n’est requis pour les chercheurs et les étudiants.
- Adresse de correspondance : Michael Di Bianca, Ph.D., Massachusetts Institute of Technology Health (MIT Health), 25 Carleton Street, E23, Cambridge, Massachusetts 02142, États-Unis. Courriel : [email protected].
12. Références / References
Les références ci-dessous regroupent les publications fondamentales ayant guidé la conceptualisation théorique et la validation psychométrique de la RFHM, présentées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :
- Di Bianca, M., & Mahalik, J. R. (2022). A relational-cultural perspective on men’s gender role socialization. Psychology of Men & Masculinities, 23(4), 385–395. https://doi.org/10.1037/men0000398
- Di Bianca, M., & Mahalik, J. R. (2025). Development of the Relationships Fostering Healthy Masculinities Scale. Psychology of Men & Masculinities, 26(1), 1–15. https://doi.org/10.1037/men0000488
- Hu, L. t., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Jordan, J. V., Kaplan, A. G., Miller, J. B., Stiver, I. P., & Surrey, J. L. (1991). Women’s growth in connection: Writings from the Stone Center. Guilford Press.
- Mahalik, J. R., Locke, B. D., Ludlow, L. H., Di Emerico, M. A., Scott, R. P. J., Gottfried, M., & Freitas, G. (2003). Development of the Conformity to Masculine Norms Inventory. Psychology of Men & Masculinity, 4(1), 3–25. https://doi.org/10.1037/1524-9220.4.1.3
- Miller, J. B. (1976). Toward a new psychology of women. Beacon Press.
- O’Neil, J. M., Helms, B. J., Gable, R. K., David, V., & Wrightsman, L. S. (1986). Gender-Role Conflict Scale: College men’s fear of femininity. Sex Roles, 14(5–6), 335–350. https://doi.org/10.1007/BF00287583
- Pleck, J. H. (1995). The gender role strain paradigm: An update. In R. F. Levant & W. S. Pollack (Eds.), A new psychology of men (pp. 11–32). Basic Books.
- Rabinowitz, F. E. (2019). Deepening group psychotherapy with men: Stories and insights for the journey. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/0000132-000
- Reichert, M. (2019). How to raise a boy: The power of connection to build good men. TarcherPerigee.
- Way, N. (2011). Deep secrets: Boys’ friendships and the crisis of connection. Harvard University Press. https://doi.org/10.4159/harvard.9780674061361