Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA)

Présentation psychométrique exhaustive de l’Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA) : validité, structure factorielle, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (en anglais : Acceptance of Modern Myths About Sexual Aggression Scale, ou AMMSA) est un instrument psychométrique de référence développé par Heike Gerger, Heiko Kley, Gerd Bohner et Frank Siebler (2007). Conçue pour pallier le manque de sensibilité des instruments traditionnels mesurant l’adhésion aux mythes sur le viol — tels que la Rape Myth Acceptance Scale (RMA) de Martha Burt (1980) —, l’AMMSA évalue l’acceptation de croyances subtiles, insidieuses et socialement plus tolérables qui banalisent, nient ou légitiment les violences sexuelles perpétrées contre les femmes. Composée de 30 items cotés sur une échelle de type Likert en 7 points (allant de 1 = « totalement en désaccord » à 7 = « totalement d’accord »), l’échelle capture le déni de la portée des violences sexuelles, la suspicion envers les plaintes pour harcèlement ou agression, la naturalisation des pulsions masculines et la culpabilisation implicite de la victime.

Sur le plan psychométrique, l’AMMSA présente une structure factorielle de premier ordre hautement cohérente, souvent traitée comme unidimensionnelle dans la recherche empirique, tout en englobant diverses facettes thématiques (antagonisme envers les exigences de justice, exonération de l’agresseur, naturalisation biologique et minimisation du préjudice subi). Les études de validation initiale et transculturelle rapportent une fidélité interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre .88 et .94, ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest. La validité de construit, convergente et discriminante, est largement confirmée par des corrélations fortes avec le sexisme ambivalent (notamment le sexisme hostile), l’orientation vers la dominance sociale (SDO), l’autoritarisme de droite (RWA), ainsi que par un pouvoir prédictif supérieur concernant les attributions de responsabilité à la victime et l’évaluation de scénarios d’agression sexuelle, sans être sujette aux effets de plancher caractéristiques des anciennes échelles.

2. Mots-clés / Keywords

Mythes sur l’agression sexuelle, violences sexuelles, psychométrie, sexisme moderne, AMMSA, culpabilisation de la victime, sexisme ambivalent, adhésion aux mythes du viol, attitudes sociales, validité prédictive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle AMMSA a été conçue et standardisée par une équipe internationale de chercheurs en psychologie sociale et clinique affiliés à des institutions académiques européennes renommées :

  • Heike Gerger, Ph.D. : Psychologue chercheuse, spécialiste des méthodes quantitatives, des processus cognitifs et des méta-analyses dans le champ de la psychologie de la santé et des comportements sociaux. Elle a mené ces travaux au sein du Département de Psychologie de l’Université de Bielefeld (Allemagne) et est également affiliée à des instituts académiques en Suisse (Université de Berne) et aux Pays-Bas.
  • Heiko Kley, Dr. rer. nat. : Chercheur en psychologie clinique et psychothérapie, affilié lors du développement de l’échelle à l’Université de Bielefeld, contribuant aux travaux sur les cognitions sociales dysfonctionnelles et les biais d’évaluation.
  • Gerd Bohner, Prof. Dr. : Professeur émérite de psychologie sociale à l’Université de Bielefeld (Fakultät für Psychologie und Sportwissenschaft, Abteilung Psychologie). Figure de proue internationale de la recherche sur les attitudes, le changement d’attitude et la psychologie sociale des violences sexuelles. Courriel : [email protected].
  • Frank Siebler, Ph.D. : Professeur au Département de Psychologie de l’Université de Tromsø (The Arctic University of Norway), spécialiste des processus de jugement social, de la modélisation statistique et des attitudes intergroupes.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA) est d’opérationnaliser et de mesurer avec une précision psychométrique optimale l’adhésion cognitive contemporaine aux stéréotypes et aux justifications fallacieuses concernant les violences sexuelles. Les instruments pionniers développés à la fin des années 1970 et au début des années 1980, en particulier la Rape Myth Acceptance Scale (Burt, 1980), utilisaient des formulations franches, explicites et souvent extrêmes (par exemple, affirmer qu’une femme agressée « voulait secrètement être violée »). Sous l’effet de l’évolution des normes sociétales, de la criminalisation formelle du harcèlement et des campagnes publiques d’éducation civique, l’expression directe de telles croyances est devenue l’objet d’une forte désapprobation sociale. Par conséquent, les échelles traditionnelles ont commencé à souffrir de graves effets de plancher (scores asymétriques groupés autour de la valeur minimale) et d’une sensibilité drastiquement réduite, les répondants modifiant leurs déclarations pour satisfaire aux exigences de la désirabilité sociale.

S’inspirant des travaux sur le racisme moderne (McConahay, 1986) et le sexisme moderne (Swim et al., 1995), Bohner et ses collaborateurs ont développé l’AMMSA afin de capter la nature désormais indirecte, modérée en surface et idéologiquement rationalisée des mythes légitimant l’agression sexuelle. L’échelle répond à trois impératifs scientifiques majeurs :

  • Résoudre l’atténuation statistique : En proposant des items formulés de manière plus nuancée, plausibles et connectés aux débats publics contemporains (ex. rôle supposé de l’alcool, conflits lors des séparations parentales, plaintes jugées disproportionnées), l’AMMSA génère une variance de score substantielle et une distribution normale au sein d’échantillons variés, y compris chez les étudiants universitaires et la population générale.
  • Prédire les réactions face aux agressions réelles et simulées : Dans le contexte de la psychologie légale et de la victimologie, l’AMMSA sert à prédire avec exactitude comment des individus (jurés potentiels, policiers, soignants, citoyens) attribuent la faute et la responsabilité à la victime, minimisent le traumatisme ressenti ou évaluent la culpabilité de l’auteur d’une infraction sexuelle.
  • Évaluer les interventions préventives et éducatives : Dans les contextes scolaires, universitaires et communautaires, l’instrument fournit une mesure de référence pré- et post-intervention pour jauger l’efficacité des programmes de prévention des agressions sexuelles et des ateliers de déconstruction des stéréotypes de genre.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept central mesuré par l’AMMSA est l’adhésion aux mythes modernes sur l’agression sexuelle. Selon la définition classique établie par Burt (1980) puis réactualisée par Bohner (1998) et Gerger et al. (2007), les mythes sur l’agression sexuelle sont des croyances descriptives ou prescriptives, fausses ou non étayées scientifiquement, concernant les agresseurs sexuels, leurs victimes et les contextes dans lesquels surviennent les agressions. Ces croyances remplissent une fonction psychologique et idéologique essentielle : elles visent à maintenir la hiérarchie de genre, à justifier la domination masculine et à absoudre l’agresseur de sa pleine responsabilité juridique et morale, tout en rejetant le blâme sur la personne agressée.

Contrairement aux mythes dits « classiques » ou « traditionnels » qui reposent sur des stéréotypes manifestes de violence physique perpétrée par un inconnu armé dans une ruelle sombre (« le scénario prototypique du viol »), les mythes modernes se caractérisent par des processus cognitifs plus indirects. Bien que l’instrument ait été validé comme une mesure unidimensionnelle globale de l’acceptation de ces mythes, son contenu couvre cinq composantes thématiques interconnectées :

1. Le déni de la prévalence et de la gravité du problème

Cette composante englobe la conviction que les violences sexuelles sont désormais des événements exceptionnels, que la société contemporaine traite parfaitement les victimes, ou encore que les mouvements féministes grossissent délibérément les statistiques pour obtenir des gains politiques ou financiers (par exemple, prétendre que l’attention accordée au viol détourne les ressources de problèmes jugés plus impérieux, comme la crise écologique).

2. L’antagonisme envers les exigences des victimes et le soupçon de fausses allégations

Cette dimension reflète la suspicion systématique à l’égard des plaintes portées par les femmes. Elle se traduit par l’idée selon laquelle les allégations d’agression ou de harcèlement sexuel serviraient d’« armes » dans le « combat des sexes », viseraient à se venger d’un partenaire après une rupture sentimentale ou chercheraient à obtenir l’autorité parentale exclusive lors d’un divorce conflictuel.

3. L’exonération de l’agresseur par la naturalisation de la sexualité masculine

Ce volet s’appuie sur une conception pseudo-biologique de la libido masculine vue comme une « cocotte-minute » ou une force mécanique irrépressible (le fameux sexual drive model). En postulant que l’homme a un besoin physiologique irrépressible de libérer sa tension sexuelle et qu’il lui est impossible d’interrompre un rapport une fois l’excitation engagée, cette croyance décharge l’agresseur de son devoir de retenue, de respect du consentement et de contrôle de ses actes.

4. Le déplacement de la responsabilité vers la victime (Blaming the Victim)

Plutôt que d’affirmer grossièrement que la victime méritait son sort, les formulations modernes suggèrent que la femme fait preuve d’imprudence inexcusable en adoptant des comportements courants (marcher la nuit, inviter une connaissance à boire un café) ou qu’elle envoie des signaux ambigus que l’homme ne fait qu’interpréter légitimement (« non veut dire oui », le jeu de la pudeur féminine).

5. La banalisation des comportements coercitifs dans les relations intimes

Cette composante s’attaque aux frontières floues construites autour du viol conjugal ou des agressions survenant entre partenaires réguliers. Elle postule l’existence d’un « droit au sexe » tacite au sein du couple, délégitimant ainsi l’application de la qualification pénale de viol aux relations intimes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’AMMSA s’inscrit au carrefour de la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957), de la théorie du monde juste de Lerner (1980) et des modèles sociocognitifs modernes du préjugé :

Le paradigme du préjugé moderne et ambivalent

Dans la lignée des modèles développés par McConahay (1986) sur le racisme moderne et par Swim, Aikin, Hall et Hunter (1995) sur le sexisme moderne, l’hypothèse centrale veut que les normes égalitaires contemporaines interdisent l’expression publique de l’hostilité flagrante. Pour continuer à exprimer un mépris de groupe ou préserver des privilèges sans violer son auto-image morale, l’individu adopte des croyances de substitution : dénier la discrimination, éprouver du ressentiment envers les revendications du groupe minoré, et percevoir les mesures correctives comme des faveurs injustifiées. Bohner et ses collègues ont transposé avec succès cette grille d’analyse sociocognitive à l’agression sexuelle.

La théorie du sexisme ambivalent

Le cadre théorique de Peter Glick et Susan Fiske (1996, 2001) sur le sexisme ambivalent constitue un pilier explicatif majeur de l’AMMSA. Selon ce modèle, le sexisme se subdivise en deux composantes complémentaires : le sexisme hostile (qui sanctionne les femmes transgressant les rôles traditionnels de genre) et le sexisme bienveillant (qui idéalise et protège les femmes qui s’y conforment, tout en les cantonnant à une position subordonnée). L’AMMSA capte précisément comment ces deux versants se conjuguent pour justifier la coercition sexuelle : le sexisme hostile alimente le soupçon de duplicité et de manipulation féminine, tandis que le sexisme bienveillant impose des scripts sexuels rigides où l’homme doit conquérir et la femme feindre la résistance.

La théorie du monde juste et la protection du soi

Sur le plan psychologique individuel, la croyance en un monde juste (Lerner, 1980) stipule que les individus ont un besoin fondamental de croire que chacun reçoit ce qu’il mérite et mérite ce qu’il reçoit. Admettre qu’une femme innocente peut être agressée sexuellement au hasard menace gravement ce sentiment d’invulnérabilité et de justice. En adhérant aux mythes modernes (en attribuant à la victime une négligence ou un comportement provocateur), l’individu restaure son sentiment cognitif de sécurité : « Si je ne commets pas ces imprudences, rien ne m’arrivera ».

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle AMMSA a fait l’objet d’investigations approfondies à travers de multiples échantillons collégiaux, communautaires et interculturels (notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Espagne et en Turquie) :

Validité de construit et convergente

La validité convergente de l’AMMSA est attestée par des corrélations positives, robustes et hautement significatives avec les échelles établies mesurant des construits connexes :

  • Sexisme hostile (HS) et sexisme bienveillant (BS) : Dans l’étude princeps de Gerger et al. (2007), l’AMMSA corrèle très fortement avec le sexisme hostile (généralement r = .65 à .78) et modérément avec le sexisme bienveillant (r = .35 à .48), confirmant son ancrage dans l’idéologie patriarcale.
  • Échelles traditionnelles de mythes sur le viol (RMA) : L’AMMSA présente une corrélation élevée avec l’échelle RMA de Burt (1980) et l’IRMA de McMahon et Farmer (2011), avec des coefficients oscillant entre r = .70 et .82, tout en démontrant une variance bien supérieure chez les participants faiblement polarisés.
  • Orientation vers la dominance sociale (SDO) et autoritarisme de droite (RWA) : Les scores à l’AMMSA sont corrélés positivement avec la SDO (r ≈ .40 à .55) et le RWA (r ≈ .35 à .50), démontrant que la tolérance à l’agression sexuelle s’articule à une vision hiérarchique et punitive de l’ordre social.

Validité discriminante

L’AMMSA se distingue nettement des mesures de désirabilité sociale. Alors que les échelles traditionnelles de mythes sur le viol présentent de fortes corrélations négatives avec la désirabilité sociale (les participants dissimulant sciemment leurs opinions extrêmes), l’AMMSA montre des corrélations faibles, voire non significatives avec l’échelle de désidérabilité de Marlowe-Crowne (typiquement r = -.08 à -.15), prouvant que la subtilité des formulations contourne efficacement l’autocensure.

Validité prédictive et écologique

La supériorité empirique de l’AMMSA réside dans sa capacité à prédire les jugements évaluatifs dans des paradigmes expérimentaux simulant des procès ou des incidents de violences sexuelles. Dans les études menées par Bohner et al. (2007, 2010), un score élevé à l’AMMSA prédit significativement :

  • Une diminution de l’empathie ressentie envers la plaignante.
  • Une augmentation de la responsabilité attribuée à la victime pour son agression.
  • Une baisse des recommandations de peines d’emprisonnement pour le suspect.
  • Une propension autodéclarée plus élevée, chez les hommes, à recourir à la coercition sexuelle si l’impunité totale était garantie.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques relatives à la fidélité de l’AMMSA sont parmi les plus solides répertoriées dans la littérature consacrée aux attitudes sociales :

Consistance interne

Dans l’ensemble des études de validation conduites en langue allemande et en langue anglaise par Gerger, Kley, Bohner et Siebler (2007), le coefficient alpha de Cronbach (α) de l’échelle globale de 30 items s’est révélé exceptionnellement élevé, variant entre .91 et .94 au sein d’échantillons universitaires et de population générale. Des validations linguistiques ultérieures (notamment en espagnol par Megías et al., 2011) ont rapporté des coefficients α identiques ou supérieurs à .90. L’omission d’aucun des items n’entraîne d’augmentation substantielle du coefficient de fidélité globale, et les corrélations item-total corrigées s’échelonnent confortablement entre .35 et .70 pour la quasi-totalité des énoncés.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été rigoureusement évaluée sur des intervalles variant de deux à six semaines. Les coefficients de corrélation de Pearson calculés attestent d’une remarquable constance des scores dans le temps :

  • À un intervalle de 2 à 3 semaines : r = .83 à .89.
  • À un intervalle de 6 semaines : r = .79 à .84.

Ces données indiquent que l’AMMSA capture un trait attitudinal et idéologique stable, plutôt qu’une fluctuation passagère de l’humeur ou un artefact expérimental lié au contexte immédiat de passation.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de l’AMMSA a été rigoureusement examinée lors de sa phase de construction à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Initialement, un ensemble plus vaste de 66 énoncés couvrant diverses facettes sémantiques a été soumis à des analyses en composantes principales et à des factorisations en axes principaux avec rotation oblique (Oblimin). Les résultats ont révélé qu’un premier facteur dominant expliquait une proportion majeure de la variance totale (dépassant fréquemment 30 % à 35 % de la variance globale avant rotation), avec une chute drastique du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) après le premier facteur. Bien que des sous-dimensions thématiques émergent au niveau de facteurs de second ordre (par exemple, exonération par l’alcool, hostilité institutionnelle, scripts de séduction), l’ensemble des 30 items retenus présente des saturations factorielles substantielles sur ce facteur général (saturations primaires ≥ .35, la plupart oscillant entre .45 et .72).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles menées par Gerger et al. (2007) ont comparé plusieurs architectures conceptuelles : un modèle strictement unidimensionnel, un modèle multidimensionnel corrélé à 5 facteurs thématiques, et un modèle hiérarchique (bifactoriel ou de second ordre). Les indices d’ajustement globaux (Comparative Fit Index [CFI] > .90, Tucker-Lewis Index [TLI] > .90, et Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA] ≤ .05 à .06) soutiennent empiriquement la légitimité théorique et statistique d’utiliser un score unique global représentant l’adhésion globale aux mythes modernes sur l’agression sexuelle.

Les auteurs préconisent formellement l’utilisation du score total unidimensionnel pour les applications expérimentales et d’évaluation de programmes, tout en reconnaissant que des sous-ensembles d’items peuvent servir à des explorations qualitatives ou thématiques approfondies au sein de populations cliniques ou judiciaires spécifiques.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (Acceptance of Modern Myths About Sexual Aggression Scale – AMMSA).
  • Nature de l’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (auto-rapporté) sous forme papier-crayon ou numérique informatisé.
  • Nombre d’items : 30 énoncés formulés de manière bilingue lors de sa publication princeps (anglais et allemand).
  • Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points graduée de la manière suivante :
    1 = completely disagree (totalement en désaccord)
    2 = disagree (en désaccord)
    3 = disagree somewhat (plutôt en désaccord)
    4 = neutral (neutre)
    5 = agree somewhat (plutôt d’accord)
    6 = agree (d’accord)
    7 = completely agree (totalement d’accord)
  • Cotation et calcul du score : Tous les items sont formulés dans le sens direct du construit (aucun item n’est inversé). Le score global de l’AMMSA est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des réponses aux 30 items (score total divisé par 30), produisant un score continu oscillant entre 1.00 et 7.00. Un score plus élevé indique une adhésion plus prononcée aux mythes modernes sur l’agression sexuelle et une plus grande tolérance envers la coercition sexuelle.
  • Temps de passation estimé : Environ 8 à 12 minutes pour l’administration complète des 30 items.
  • Population cible : Adultes et jeunes adultes (étudiants de l’enseignement supérieur, jurés d’assises, professionnels de la justice, professionnels de la santé mentale et grand public).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement et de publication : 2007 (les travaux initiaux et présentations préliminaires s’étendant de 2003 à 2005).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article original de validation a été publié dans la revue scientifique à comité de lecture Aggressive Behavior (Wiley-Liss). Conformément aux règles d’usage académique fixées par les auteurs et l’éditeur, l’échelle AMMSA est libre de droits pour la recherche scientifique et l’enseignement universitaire à but non lucratif.
  • Tarifs : Aucun coût d’acquisition ou licence financière n’est exigé pour une utilisation dans le cadre d’études académiques sans visée commerciale.
  • Modalités d’autorisation : Les chercheurs souhaitant intégrer l’échelle dans leurs protocoles doivent citer scrupuleusement l’article princeps de Gerger, Kley, Bohner et Siebler (2007). Pour toute utilisation commerciale, adaptation propriétaire ou insertion dans un logiciel rémunéré, une autorisation écrite préalable doit être sollicitée auprès des auteurs et de l’éditeur détenant les droits de copyright.

12. Références / References

Les références ci-dessous regroupent les publications séminales relatives à l’échelle AMMSA et aux théories sous-jacentes :

  • Bohner, G. (1998). Vergewaltigungsmythen: Sozialpsychologische Untersuchungen über ihre Struktur, Verbreitung und Funktion [Rape myths: Social psychological investigations into their structure, prevalence, and function]. Verlag für Psychologie Hogrefe.
  • Bohner, G., Eyssel, F., Pina, A., Siebler, F., & Viki, G. T. (2009). Rape myth acceptance: Cognitive, affective and behavioural effects of beliefs that blame the victim and exonerate the perpetrator. In M. A. H. Horvath & J. M. Brown (Eds.), Rape: Challenging contemporary thinking (pp. 17-45). Willan Publishing. https://doi.org/10.4324/9781843927235
  • Burt, M. R. (1980). Cultural myths and supports for rape. Journal of Personality and Social Psychology, 38(2), 217–230. https://doi.org/10.1037/0022-3514.38.2.217
  • Gerger, H., Kley, H., Bohner, G., & Siebler, F. (2007). The Acceptance of Modern Myths About Sexual Aggression (AMMSA) Scale: Development and validation in German and English. Aggressive Behavior, 33(5), 422–440. https://doi.org/10.1002/ab.20195
  • Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). The Ambivalent Sexism Inventory: Differentiating hostile and benevolent sexism. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491–512. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.491
  • Lerner, M. J. (1980). The belief in a just world: A fundamental delusion. Plenum Press. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-0448-5
  • McConahay, J. B. (1986). Modern racism, ambivalence, and the Modern Racism Scale. In J. F. Dovidio & S. L. Gaertner (Eds.), Prejudice, discrimination, and racism (pp. 91–125). Academic Press.
  • McMahon, S., & Farmer, A. Y. (2011). An updated measure for assessing subtle rape myths. Social Work Research, 35(2), 71–81. https://doi.org/10.1093/swr/35.2.71
  • Megías, J. L., Romero-Sánchez, M., Durán, M., Moya, M., & Bohner, G. (2011). Spanish validation of the Acceptance of Modern Myths About Sexual Aggression Scale (AMMSA). The Spanish Journal of Psychology, 14(2), 912–925. https://doi.org/10.5209/rev_SJOP.2011.v14.n2.37
  • Swim, J. K., Aikin, K. J., Hall, W. S., & Hunter, B. A. (1995). Sexism and racism: Old-fashioned and modern prejudices. Journal of Personality and Social Psychology, 68(2), 199–214. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.2.199

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

When it comes to sexual contacts‚ women expect men to take the lead / Wenn es zu sexuellem Kontakt kommt‚ erwarten Frauen‚ dass der Mann die Führung übernimmt
2

Once a man and a woman have started "making out"‚ a woman's misgivings against sex will automatically disappear / Wenn ein Mann und eine Frau erst einmal "angefangen" haben‚ verlieren sich die Bedenken der Frau gegen Sex von selbst.
3

A lot of women strongly complain about sexual infringements for no real reason‚ just to appear emancipated / Viele Frauen beschweren sich schon aus nichtigem Anlass lautstark über sexuelle Übergriffe‚ nur um als emanzipiert zu gelten.
4

To get custody for their children‚ women often falsely accuse their ex-husband of a tendency towards sexual violence / Um das Sorgerecht für die Kinder zu bekommen‚ unterstellen Frauen ihrem Ex-Ehemann gerne zu Unrecht einen Hang zu sexueller Gewalt.
5

Interpreting harmless gestures as "sexual harassment" is a popular weapon in the battle of the sexes / Harmlose Gesten als "sexuelle Belästigung" auszulegen ist eine beliebte Waffe im Kampf der Geschlechter.
6

It is a biological necessity for men to release sexual pressure from time to time / Bei Männern ist es biologisch bedingt‚ dass sie von Zeit zu Zeit sexuellen Druck ablassen müssen.
7

After a rape‚ women nowadays receive ample support / Nach einer Vergewaltigung erhalten Frauen heutzutage Unterstützung von allen Seiten.
8

Nowadays‚ a large proportion of rapes is partly caused by the depiction of sexuality in the media as this raises the sex drive of potential perpetrators / Ein Großteil der Vergewaltigungen wird heutzutage durch die Darstellung von Sexualität in den Medien mitverursacht‚ da diese den Sexualtrieb potentieller Täter weckt.
9

If a woman invites a man to her home for a cup of coffee after a night out this means that she wants to have sex / Wenn eine Frau einen Mann nach dem Discobesuch auf eine Tasse Kaffee in ihre Wohnung einlädt‚ dann ist sie auf ein sexuelles Abenteuer aus.
10

As long as they don’t go too far‚ suggestive remarks and allusions simply tell a woman that she is attractive / Solange sie im Rahmen bleiben‚ sagen Anzüglichkeiten und Anspielungen einer Frau einfach nur‚ dass sie attraktiv ist.
11

Any woman who is careless enough to walk through “dark alleys” at night is partly to be blamed if she is raped / Wer als Frau so unvorsichtig ist‚ nachts durch „dunkle Gassen“ zu gehen‚ trägt eine gewisse Mitschuld an der eigenen Vergewaltigung.
12

When a woman starts a relationship with a man‚ she must be aware that the man will assert his right to have sex / Wenn eine Frau mit einem Mann eine Beziehung eingeht‚ muss sie sich darüber im Klaren sein‚ dass der Mann sein Recht auf Sex einfordern wird.
13

Most women prefer to be praised for their looks rather than their intelligence / Die meisten Frauen möchten lieber für ihr Aussehen gelobt werden als für ihre Intelligenz.
14

Because the fascination caused by sex is disproportionately large‚ our society’s sensitivity to crimes in this area is disproportionate as well / Weil Sex an sich eine unverhältnismäßig große Faszination ausübt‚ ist unsere Gesellschaft für Straftaten in diesem Bereich auch unverhältnismäßig sensibel.
15

Women like to play coy. This does not mean that they do not want sex / Frauen zieren sich gerne. Das bedeutet nicht‚ dass sie keinen Sex wollen.
16

Many women tend to exaggerate the problem of male violence / Viele Frauen neigen dazu‚ das Problem der Männergewalt zu übertreiben.
17

When a man urges his female partner to have sex‚ this cannot be called rape / Wenn ein Mann seine Partnerin zum Sex drängt‚ kann man das nicht Vergewaltigung nennen.
18

When a single woman invites a single man to her flat she signals that she is not averse to ha‎ving sex / Wenn eine alleinstehende Frau einen alleinstehenden Mann in ihre Wohnung einlädt‚ zeigt sie damit‚ dass sie sexuellen Aktivitäten nicht abgeneigt ist.
19

When politicians deal with the topic of rape‚ they do so mainly because this topic is likely to attract the attention of the media / Wenn Politiker/innen sich mit dem Thema Vergewaltigung beschäftigen‚ dann vor allem deshalb‚ weil dieses Thema ihnen die Aufmerksamkeit der Medien garantiert.
20

When defining "marital rape"‚ there is no clear-cut distinction between normal conjugal intercourse and rape / Bei der Definition von "Vergewaltigung in der Ehe" gibt es keine klare Grenze zwischen normalem ehelichen Geschlechtsverkehr und Vergewaltigung.
21

A man’s sexuality functions like a steam boiler – when the pressure gets to high‚ he has to "let off steam" / Die Sexualität des Mannes funktioniert wie ein Dampfkessel – wenn der Druck zu groß wird‚ muss er einfach "Dampf ablassen".
22

Women often accuse their husbands of marital rape just to retaliate for a failed relationship / Frauen bezichtigen ihre Männer häufig einer Vergewaltigung in der Ehe‚ um sich für eine gescheiterte Beziehung zu rächen.
23

The discussion about sexual harassment on the job has mainly resulted in many a harmless behavior being misinterpreted as harassment / Die Diskussion über sexuelle Belästigung am Arbeitsplatz hat vor allem dazu geführt‚ dass manches harmlose Verhalten jetzt als Belästigung missverstanden wird.
24

In dating situations the general expectation is that the woman "hits the brakes" and the man "pushes ahead" / Beim Kennenlernen entspricht es der allgemeinen Erwartung‚ dass die Frau "bremst" und der Mann "Gas gibt".
25

Although the victims of armed robbery have to fear for their lives‚ they receive far less psychological support than do rape victims / Obwohl die Opfer bewaffneter Raubüberfälle um ihr Leben fürchten müssen‚ erhalten sie wesentlich weniger psychologische Unterstützung als Vergewaltigungsopfer.
26

Alcohol is often the culprit when a man rapes a woman / Wenn Männer vergewaltigen‚ ist oft der Alkohol schuld.
27

Many women tend to misinterpret a well-meant gesture as a "sexual assault" / Viele Frauen neigen dazu‚ eine nett gemeinte Geste zum "sexuellen Übergriff" hochzuspielen.
28

Nowadays‚ the victims of sexual violence receive sufficient help in the form of women’s shelters‚ therapy offers‚ and support groups / Für die Opfer sexueller Gewalt wird heutzutage durch Frauenhäuser‚ Therapieangebote und Selbsthilfegruppen schon genug getan.
29

Instead of worrying about alleged victims of sexual violence society should rather attend to more urgent problems‚ such as environmental destruction / Anstatt sich um angebliche Opfer sexueller Gewalt zu kümmern‚ sollte sich die Gesellschaft eher dringenderen Problemen widmen‚ wie zum Beispiel Umweltzerstörung.
30

Nowadays‚ men who really sexually assault women are punished justly / Heutzutage werden Männer‚ die Frauen wirklich sexuell belästigen‚ auch gerecht bestraft.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-mythes-modernes-sur-lagression-sexuelle-ammsa
Looti, Mohammed. “Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-mythes-modernes-sur-lagression-sexuelle-ammsa.
Looti, Mohammed. “Échelle des mythes modernes sur l’agression sexuelle (AMMSA).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-mythes-modernes-sur-lagression-sexuelle-ammsa.