1. Résumé / Abstract
L’Échelle des expériences positives et négatives (Scale of Positive and Negative Experience, ou SPANE) est un instrument psychométrique bref développé par Ed Diener et ses collaborateurs en 2009 pour évaluer la composante affective du bien-être subjectif. Conçue pour pallier les limites conceptuelles et structurales des outils antérieurs, notamment l’échelle PANAS (Positive and Negative Affect Schedule), la SPANE comprend 12 items répartis équitablement en deux dimensions fondamentales : six items dédiés aux émotions et sensations positives (SPANE-P) et six items consacrés aux affects négatifs (SPANE-N). L’instrument se distingue par l’intégration d’affects généraux (par exemple, « positif », « négatif », « agréable », « désagréable ») aux côtés d’états émotionnels discrets (« heureux », « triste », « joyeux », « en colère »), permettant ainsi de capturer le spectre global de la valence émotionnelle indépendamment du niveau d’activation physiologique (arousal).
L’évaluation repose sur une échelle de fréquence de type Likert en 5 points, allant de 1 (« Très rarement ou jamais ») à 5 (« Très souvent ou toujours »), portant sur une période rétrospective des quatre dernières semaines. La SPANE génère trois scores distincts : le score d’expérience positive (SPANE-P, score variant de 6 à 30), le score d’expérience négative (SPANE-N, variant de 6 à 30) et le score de balance affective (SPANE-B, obtenu par la soustraction SPANE-P – SPANE-N, variant de -24 à +24). Les propriétés psychométriques initiales, établies sur un échantillon de 689 étudiants répartis sur six sites géographiques, démontrent une excellente consistance interne (alpha de Cronbach de 0,87 pour le SPANE-P, 0,81 pour le SPANE-N et 0,89 pour le SPANE-B) ainsi qu’une stabilité temporelle robuste à un mois (coefficients test-retest de 0,62, 0,63 et 0,68 respectivement). La validité convergente et discriminante a été solidement établie par rapport à d’autres échelles de bonheur, de satisfaction de vie et de détresse psychologique, faisant de la SPANE un étalon privilégié tant dans la recherche en psychologie positive que dans le suivi des interventions cliniques.
2. Mots-clés / Keywords
bien-être subjectif, SPANE, affectivité positive, affectivité négative, balance affective, psychométrie, évaluation émotionnelle, échelle de Likert, Ed Diener, psychologie positive, validité de construit, consistance interne, régulation émotionnelle
3. Auteurs / Authors
La Scale of Positive and Negative Experience (SPANE) a été développée conjointement par un consortium international de chercheurs spécialistes de l’évaluation du bien-être, sous la direction du Professeur Ed Diener :
- Ed Diener, Ph.D. : Département de psychologie, University of Illinois at Urbana-Champaign (États-Unis) et The Gallup Organization. Reconnu internationalement comme le pionnier de l’étude scientifique du bien-être subjectif.
- Derrick Wirtz, Ph.D. : Département de psychologie, University of British Columbia (Okanagan Campus, Canada). Spécialiste de la mémoire des expériences émotionnelles et des processus d’évaluation du bien-être au quotidien.
- William Tov, Ph.D. : School of Social Sciences, Singapore Management University (Singapour). Expert en dynamique émotionnelle intrajournalière et psychologie interculturelle. Courriel institutionnel : [email protected].
- Chu Kim-Prieto, Ph.D. : Department of Psychology, The College of New Jersey (États-Unis). Spécialiste des influences culturelles sur l’expérience, le rappel et l’expression des affects.
- Dong-won Choi, Ph.D. : Department of Psychology, California State University, East Bay (États-Unis). Chercheur spécialisé dans les processus cognitifs liés au bonheur.
- Shigehiro Oishi, Ph.D. : Department of Psychology, University of Virginia (États-Unis) puis University of Chicago. Spécialiste de la psychologie écologique, culturelle et de la vie riche de sens.
- Robert Biswas-Diener, Ph.D. : Center for Applied Positive Psychology (Royaume-Uni) et Portland State University (États-Unis). Consultant et chercheur axé sur les applications pratiques du bien-être et le coaching psychologique.
4. Objectif / Purpose
Raison d’être et justification conceptuelle
Le développement de la SPANE répondait à un besoin méthodologique pressant au sein de la communauté scientifique : disposer d’une mesure brève, universelle et non biaisée de la dimension affective du bien-être. Jusqu’à la fin des années 2000, l’échelle la plus employée pour mesurer l’affect était la PANAS (Positive and Negative Affect Schedule ; Watson, Clark, & Tellegen, 1988). Cependant, de nombreux théoriciens ont souligné une faille structurelle majeure de la PANAS : elle se concentre presque exclusivement sur des états émotionnels à haute activation physiologique (high arousal), tels que « excité », « enthousiaste » ou « alerte » pour l’affect positif, et « effrayé », « nerveux » ou « hostile » pour l’affect négatif. En conséquence, la PANAS omet des états émotionnels cruciaux à basse activation (low arousal) comme la sérénité, le contentement, le calme, ou encore la tristesse diffuse.
De surcroît, les échelles fondées sur des émotions spécifiques rencontrent d’importants obstacles lors de leur adaptation interculturelle : la valorisation de l’excitation par rapport au calme varie fortement selon les cultures (notamment entre les sociétés occidentales individualistes et les sociétés est-asiatiques collectivistes). Pour surmonter ces écueils, Diener et ses collègues ont adopté une approche novatrice. La SPANE incorpore des termes génériques fondamentaux (« positif », « négatif », « agréable », « désagréable », « bon », « mauvais »). Cette formulation générale permet au répondant de projeter l’ensemble de ses expériences vécues — qu’il s’agisse de plaisir physique, d’engagement intellectuel, d’intérêt esthétique, de sérénité ou de joie intense, mais également de douleur corporelle, d’ennui, de culpabilité ou d’anxiété — sans requérir un inventaire exhaustif et fastidieux de plusieurs dizaines de qualificatifs émotionnels.
Applications cliniques et de recherche
Dans le domaine de la recherche fondamentale, la SPANE est utilisée pour explorer les corrélats neurobiologiques, sociaux et environnementaux du bien-être affectif. Sa brièveté (12 items pouvant être complétés en moins de deux minutes) en fait un outil de choix pour les études longitudinales, les protocoles d’échantillonnage de l’expérience (Experience Sampling Methods, ESM) ou les enquêtes épidémiologiques de grande envergure où le temps de passation est limité.
Sur le plan clinique et appliqué, la SPANE constitue un instrument d’évaluation diagnostique et d’évaluation de l’efficacité thérapeutique particulièrement pertinent. Elle est largement mobilisée dans :
- L’évaluation des psychothérapies : Mesurer non seulement la réduction de la symptomatologie négative (SPANE-N), mais aussi la restauration effective d’expériences positives (SPANE-P), un aspect souvent négligé par les échelles cliniques traditionnelles centrées sur le déficit.
- Les interventions en psychologie positive : Suivre les fluctuations du score d’équilibre affectif (SPANE-B) à la suite d’ateliers sur la gratitude, la pleine conscience ou l’activation comportementale.
- La psychologie de la santé et du travail : Diagnostiquer le risque d’épuisement professionnel (burnout), l’insatisfaction professionnelle et évaluer l’impact des politiques de qualité de vie au travail (QVT).
5. Construit psychologique / Construct
La SPANE opérationnalise le construit du bien-être affectif à travers trois indicateurs psychométriques articulés autour de la valence hédonique :
1. L’expérience positive (SPANE-P)
La sous-échelle SPANE-P quantifie la fréquence à laquelle un individu fait l’expérience d’affects plaisants, valorisants et gratifiants au cours des quatre semaines écoulées. Elle comprend six descripteurs :
- Trois descripteurs généraux : « Positif » (Positive), « Bon » (Good), « Agréable » (Pleasant). Ces termes agissent comme des contenants globaux englobant une variété indéfinie de sensations satisfaisantes, depuis le soulagement corporel jusqu’à la communion relationnelle.
- Trois descripteurs spécifiques : « Heureux » (Happy), « Joyeux » (Joyful), « Content » (Contented). Ces qualificatifs capturent des nuances clés allant de la joie vive à l’état plus apaisé de contentement intérieur.
Un score élevé au SPANE-P (maximum 30) reflète une abondance d’opportunités hédoniques, une capacité d’appréciation fonctionnelle et une régulation émotionnelle ascendante (up-regulation) efficace.
2. L’expérience négative (SPANE-N)
Symétrique de la première, la sous-échelle SPANE-N mesure la fréquence d’occurrence des sensations aversives, déplaisantes et déstabilisantes durant la même période temporelle. Elle se compose également de six descripteurs :
- Trois descripteurs généraux : « Négatif » (Negative), « Mauvais » (Bad), « Désagréable » (Unpleasant). Ces termes agrègent toute manifestation subjective d’inconfort, physique ou psychologique.
- Trois descripteurs spécifiques : « Triste » (Sad), « Peur / Effrayé » (Afraid), « En colère » (Angry). Ces trois états correspondent aux émotions négatives fondamentales identifiées par les théories évolutionnistes, couvrant respectivement la réaction à la perte (tristesse), à la menace (peur) et à la violation d’intégrité ou d’objectifs (colère).
Un score élevé au SPANE-N indique une détresse psychologique récurrente, une réactivité accrue aux stresseurs environnementaux ou des difficultés de modulation affective.
3. L’équilibre affectif (SPANE-B)
Le score de balance affective (Affect Balance) est calculé par la différence arithmétique directe entre le score positif et le score négatif (SPANE-P – SPANE-N). Ce score composite s’étend de -24 (prédominance absolue et systématique d’affects négatifs) à +24 (hégémonie continue d’affects positifs sans ressenti négatif perceptible). Théoriquement, ce score incarne le solde hédonique net de l’individu, postulant que le bien-être n’est pas uniquement l’absence de souffrance ni la simple présence de joie, mais la prépondérance relative des expériences plaisantes sur les expériences délétères au cours d’un cycle temporel donné.
Fréquence versus Intensité dans la mesure du construit
Un aspect épistémologique crucial du construit de la SPANE réside dans le choix délibéré de mesurer la fréquence des émotions plutôt que leur intensité. Les recherches pionnières de Diener, Sandvik et Pavot (1991) ont démontré que le bien-être subjectif global est prédit de manière quasi exclusive par la proportion de temps durant laquelle une personne éprouve des sentiments positifs par rapport aux sentiments négatifs, alors que l’intensité des pics émotionnels n’ajoute que peu de variance prédictive et s’accompagne souvent d’une instabilité émotionnelle accrue. En focalisant l’échelle sur l’occurrence temporelle (« Très rarement ou jamais » à « Très souvent ou toujours »), la SPANE isole l’indicateur le plus robuste et le plus fiable de l’épanouissement affectif à long terme.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le modèle tripartite du bien-être subjectif
La SPANE s’ancre dans le modèle paradigmatique du bien-être subjectif formulé par Ed Diener en 1984. Selon cette modélisation, le bien-être est un construit global subdivisé en deux grandes composantes :
- La composante cognitive : L’évaluation réflexive que porte l’individu sur son existence globale ou sur des domaines particuliers (santé, travail, famille), opérationnalisée notamment par la Satisfaction with Life Scale (SWLS ; Diener et al., 1985).
- La composante affective : L’équilibre dynamique entre les affects positifs et les affects négatifs au fil de l’expérience quotidienne. La SPANE a été conçue pour constituer le pendant psychométrique direct et optimisé de la SWLS pour ce versant affectif.
Le modèle circomplexe des affects
Sur le plan structural de la psychologie des émotions, la SPANE s’appuie sur le modèle circomplexe développé par James Russell (1980), ainsi que sur les travaux de Watson et Tellegen (1985). Ce modèle postule que les états affectifs s’organisent dans un espace bidimensionnel défini par deux axes orthogonaux : la valence (plaisant vs déplaisant) et l’activation (haute énergie vs basse énergie / éveil).
Alors que des instruments antérieurs confondaient valence et niveau d’éveil, la SPANE isole intentionnellement la valence hédonique pure. En intégrant des adjectifs universels indépendants du degré d’activation motrice ou physiologique, l’échelle respecte la théorie selon laquelle les affects positifs et négatifs constituent deux dimensions semi-indépendantes dans le moyen terme : sur une période de quatre semaines, une personne peut rapporter simultanément des niveaux modérés ou élevés d’émotions positives et d’émotions négatives en réponse aux fluctuations contextuelles de sa vie.
La théorie de l’élargissement et de la construction (Broaden-and-Build)
La SPANE dialogue également avec les postulats de la théorie Broaden-and-Build de Barbara Fredrickson (2001). Selon ce cadre, les émotions positives ne sont pas de simples épiphénomènes plaisants ; elles élargissent momentanément le répertoire pensée-action de l’individu (curiosité, exploration, créativité) et bâtissent durablement des ressources personnelles (résilience, liens sociaux, compétences cognitives). L’évaluation précise de la balance affective via le SPANE-B permet ainsi de déterminer si l’individu atteint un ratio affectif favorable au fonctionnement optimal et à la spirale vertueuse de l’épanouissement (flourishing).
7. Validité / Validity
Les qualités psychométriques de la SPANE ont fait l’objet de validations empiriques rigoureuses, tant lors de sa publication initiale (Diener et al., 2009, 2010) que dans de nombreuses études transnationales ultérieures.
Validité convergente
La SPANE montre des corrélations hautement significatives et cohérentes avec les outils de référence mesurant les construits apparentés :
- Avec l’échelle PANAS : Le score SPANE-P corrèle positivement et fortement avec la sous-échelle d’affect positif de la PANAS (r variant généralement de 0,55 à 0,72 selon les études), tandis que le SPANE-N corrèle substantiellement avec l’affect négatif de la PANAS (r = 0,65 à 0,78). Ces coefficients attestent que la SPANE mesure bien les construits affectifs ciblés tout en expliquant une variance spécifique additionnelle liée aux états de faible activation.
- Avec les échelles de satisfaction de vie : Le SPANE-B et le SPANE-P présentent des corrélations positives robustes avec la Satisfaction with Life Scale (SWLS ; r = 0,58 à 0,68), confirmant l’interconnexion théorique entre réactions émotionnelles et jugements cognitifs globaux.
- Avec l’échelle de bien-être psychologique (FS – Flourishing Scale) : Développée en parallèle par la même équipe, la Flourishing Scale corrèle fortement avec le SPANE-P (r = 0,60 à 0,66) et le SPANE-B (r = 0,62), soulignant la convergence entre épanouissement eudémonique et bien-être hédonique.
Validité discriminante et critérielle
La validité discriminante est attestée par des corrélations négatives attendues entre le SPANE-P/SPANE-B et des mesures reconnues de détresse psychologique :
- Dépression et anxiété : Le score SPANE-N corrèle positivement de façon marquée avec les indices du Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D ; r = 0,56 à 0,64) et les sous-échelles d’anxiété du DASS-21, tandis que le score de balance (SPANE-B) présente des corrélations inverses fortes avec ces mêmes indicateurs pathologiques (r = -0,60 à -0,70).
- Traits de personnalité : Conformément aux modèles structuraux de la personnalité (modèle à cinq facteurs / Big Five), l’extraversion prédit de manière significative des scores élevés aux deux sous-échelles d’expérience mais surtout au SPANE-P, alors que le névrosisme (stabilité émotionnelle inversée) constitue le prédicteur majeur du SPANE-N (r = 0,50 à 0,62).
Validité transculturelle
L’universalité métrique de la SPANE a été corroborée dans des dizaines d’adaptations linguistiques et culturelles à travers le monde, notamment en Chine, au Japon, en Allemagne, au Portugal, en Turquie, en Serbie, ainsi que dans les populations francophones (Canada, France). Dans toutes ces déclinaisons, l’invariance de mesure factorielle (invariance configural, métrique et scalaire) a été confirmée, démontrant que la nature sémantique générale des items transcende les idiosyncrasies culturelles liées à l’expression émotionnelle.
8. Fidélité / Reliability
Consistance interne
Les indices d’homogénéité interne des items composant la SPANE se révèlent systématiquement élevés à travers les différentes populations étudiées :
- Étude princeps (Diener et al., 2009, N = 689 étudiants) : Le coefficient alpha de Cronbach (α) s’établit à 0,87 pour la sous-échelle SPANE-P, 0,81 pour la sous-échelle SPANE-N, et atteint 0,89 pour le score composite d’équilibre affectif (SPANE-B).
- Réplications internationales : Dans l’étude de validation serbe menée par Jovanović (2015, N = 1 298), les coefficients α ont atteint 0,89 pour le SPANE-P et 0,85 pour le SPANE-N. Les travaux de Silva et Caetano (2013) au Portugal ont rapporté des valeurs respectives de 0,90 et 0,86. Le coefficient oméga de McDonald (ω), souvent considéré comme supérieur à l’alpha lors de légères violations de la tau-équivalence, corrobore ces valeurs avec des estimations comprises entre 0,86 et 0,91.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
L’évaluation de la fidélité test-retest confirme que la SPANE mesure des dispositions affectives relativement stables tout en demeurant sensible aux événements de vie et aux fluctuations saisonnières :
- Sur un intervalle de réévaluation de un mois dans l’échantillon initial, les coefficients de corrélation intraclasse / test-retest (r) sont de 0,62 pour le SPANE-P, 0,63 pour le SPANE-N et 0,68 pour le SPANE-B.
- Ces valeurs modérées à élevées reflètent parfaitement la double nature du construit : l’instrument capte à la fois la part stable (liée aux traits de tempérament et de personnalité) et la réactivité contingente aux circonstances vécues durant les quatre dernières semaines.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires conduites lors de la conception originale sur la matrice d’inter-corrélations des 12 items ont mis en évidence une structure bipolaire à deux facteurs distincts et stables, conformément aux hypothèses théoriques :
- L’analyse en composantes principales (ACP) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) extrait deux facteurs dotés de valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures à 1,0 (selon le critère de Kaiser et l’analyse parallèle de Horn).
- Le Facteur 1 (Affect Positif) regroupe exclusivement les six items positifs (Positive, Good, Pleasant, Happy, Joyful, Contented), avec des saturations factorielles très élevées oscillant entre 0,65 et 0,86, sans aucune saturation croisée significative sur l’autre facteur (< 0,20).
- Le Facteur 2 (Affect Négatif) regroupe les six items négatifs (Negative, Bad, Unpleasant, Sad, Afraid, Angry), affichant des saturations situées entre 0,58 et 0,83.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
De multiples modélisations structurales en équations ont confronté plusieurs modèles concurrents : un modèle unidimensionnel à un seul facteur d’affect général, un modèle à deux facteurs orthogonaux (indépendants), un modèle à deux facteurs corrélés, et un modèle bifactoriel. Les résultats convergent unanimement à travers les littératures psychométriques :
- Le modèle à deux facteurs corrélés (l’expérience positive et l’expérience négative montrant une corrélation modérée négative située typiquement entre r = -0,40 et r = -0,60) démontre une adéquation remarquable aux données empiriques.
- Les indices d’ajustement globaux répertoriés dans les grandes études de validation présentent des valeurs optimales : le ratio χ²/df est inférieur à 3,0, l’indice de comparaison de Bentler (CFI) dépasse régulièrement 0,95, l’indice de Tucker-Lewis (TLI) est supérieur à 0,94, et l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) demeure comprise entre 0,042 et 0,065 avec un intervalle de confiance à 90 % très resserré. Le résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) se situe quant à lui en deçà du seuil critique de 0,05.
- Ces résultats confirment que les affects positifs et négatifs mesurés sur une période d’un mois ne sont pas les stricts opposés d’un continuum bipolaire unique (qui induirait une corrélation de -1,0), justifiant pleinement l’exploitation de scores séparés (SPANE-P et SPANE-N) en sus de l’indice de balance (SPANE-B).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle des expériences positives et négatives (Scale of Positive and Negative Experience – SPANE)
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration numérique/en ligne)
- Durée de passation : Environ 1 à 3 minutes
- Nombre total d’items : 12 items (6 items d’affects positifs, 6 items d’affects négatifs)
- Période temporelle de référence : Les 4 dernières semaines écoulées (the past 4 weeks)
- Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
- 1 : Très rarement ou jamais (Very rarely or never)
- 2 : Rarement (Rarely)
- 3 : Parfois (Sometimes)
- 4 : Souvent (Often)
- 5 : Très souvent ou toujours (Very often or always)
- Modalités de calcul des scores :
- SPANE-P (Expérience positive) : Somme arithmétique directe des 6 items positifs (Items 1, 3, 5, 7, 10, 12). Score variant de 6 à 30. Des valeurs plus élevées indiquent une fréquence accrue d’émotions positives.
- SPANE-N (Expérience négative) : Somme arithmétique directe des 6 items négatifs (Items 2, 4, 6, 8, 9, 11). Score variant de 6 à 30. Des valeurs plus élevées indiquent une fréquence accrue d’émotions négatives.
- SPANE-B (Balance affective) : Calculé par la soustraction mathématique :
SPANE-B = SPANE-P - SPANE-N. Le score s’étend de -24 à +24. Un score nul (0) représente un équilibre parfait ; un score de +24 indique un bien-être affectif maximal sans aucun affect négatif ; un score de -24 traduit une détresse affective absolue.
- Données normatives de référence (Diener et al., 2009, N = 689) :
- Moyenne SPANE-P : 22,02 (Écart-type = 3,73)
- Moyenne SPANE-N : 15,36 (Écart-type = 3,95)
- Moyenne SPANE-B : 6,69 (Écart-type = 6,88)
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication princeps : 2009 (parution formelle dans la revue en 2010).
- Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle d’Ed Diener et de ses coauteurs.
- Conditions d’utilisation et politique de gratuité : L’instrument est dans le domaine public à des fins académiques, scientifiques et cliniques non commerciales (Open Access / utilisation libre de droits). Aucune redevance ni autorisation préalable formelle n’est requise de la part des auteurs pour son administration en recherche ou en pratique thérapeutique, à la condition expresse de citer rigoureusement l’article princeps de Diener et al. (2010).
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation non commerciale. Tout usage intégré à des logiciels propriétaires payants ou des programmes de coaching commercialisés à large échelle requiert la consultation des détenteurs des droits.
- Site ressource officiel : Site officiel du laboratoire d’Ed Diener (eddiener.com).
12. Références / References
Les publications académiques ci-dessous constituent le corpus fondamental encadrant le développement et la validation de la SPANE (norme APA 7e édition) :
- Diener, E., Emmons, R. A., Larsen, R. J., & Griffin, S. (1985). The Satisfaction With Life Scale. Journal of Personality Assessment, 49(1), 71–75. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4901_13
- Diener, E., Sandvik, E., & Pavot, W. (1991). Happiness is the frequency, not the intensity, of positive versus negative affect. In F. Strack, M. Argyle, & N. Schwarz (Eds.), Subjective well-being: An interdisciplinary perspective (pp. 119–139). Pergamon Press.
- Diener, E., Wirtz, D., Tov, W., Kim-Prieto, C., Choi, D. W., Oishi, S., & Biswas-Diener, R. (2010). New well-being measures: Short scales to assess flourishing and positive and negative feelings. Social Indicators Research, 39(2), 247–266. https://doi.org/10.1007/s11205-009-9493-y
- Fredrickson, B. L. (2001). The role of positive emotions in positive psychology: The broaden-and-build theory of positive emotions. American Psychologist, 56(3), 218–226. https://doi.org/10.1037/0003-066X.56.3.218
- Jovanović, V. (2015). Beyond the PANAS: Incremental validity of the Scale of Positive and Negative Experience (SPANE) in predicting subjective well-being. Personality and Individual Differences, 86, 487–491. https://doi.org/10.1016/j.paid.2015.07.015
- Russell, J. A. (1980). A circumplex model of affect. Journal of Personality and Social Psychology, 39(6), 1161–1178. https://doi.org/10.1037/h0077714
- Silva, A. J., & Caetano, A. (2013). Validation of the Flourishing Scale and Scale of Positive and Negative Experience in Portugal. Social Indicators Research, 110(2), 469–478. https://doi.org/10.1007/s11205-011-9938-y
- Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions:
Please think about what you have been doing and experiencing during the past 4 weeks. Then report how much you experienced each of the following feelings, using the scale below. For each item, select an option from « Very rarely or never » to « Very often or always ».
Response Scale:
5-point Likert scale: 1 = Very rarely or never, 2 = Rarely, 3 = Sometimes, 4 = Often, 5 = Very often or always
Items:
- Positive
- Negative
- Good
- Bad
- Pleasant
- Unpleasant
- Happy
- Sad
- Afraid
- Joyful
- Angry
- Contented