1. Résumé
L’Échelle des dimensions orientées vers l’amour et la culpabilité (en anglais, Love and Guilt-Oriented Dimensions Scale — LGODS), élaborée à l’origine par John B. McConahay et Joseph C. Hough Jr. en 1973, constitue un instrument psychométrique conçu pour opérationnaliser et évaluer la diversité des orientations théologiques individuelles au sein du christianisme. Contrairement aux mesures classiques de religiosité qui se focalisent quasi exclusivement sur l’intensité comportementale (comme la fréquence de fréquentation des lieux de culte ou de prière) ou sur la dichotomie intrinsèque/extrinsèque développée par Gordon Allport, la LGODS examine le contenu cognitif et affectif des croyances théologiques, en particulier l’interprétation de l’expiation, du pardon divin, de la justice et de l’amour.
L’instrument final est composé de 20 items répartis équitablement en quatre sous-échelles distinctes comprenant chacune 5 énoncés : l’orientation vers la culpabilité (Guilt-Oriented Scale), l’orientation vers l’amour autocentrée (Love-Oriented Self-Centered Scale), l’orientation vers l’amour altruiste ou centrée sur autrui (Love-Oriented Other-Centered Scale) et la religiosité conventionnelle ou culturelle (Conventional Religiosity Scale). Les participants répondent selon une échelle de type Likert en 5 points, allant de 1 (« fortement en désaccord » / definitely disagree) à 5 (« fortement d’accord » / definitely agree), générant pour chaque dimension un score cumulé variant de 5 à 25 points.
Sur le plan des propriétés psychométriques, les données initiales recueillies auprès de 160 séminaristes ont mis en évidence des niveaux de cohérence interne contrastés, avec un coefficient alpha de Cronbach robuste pour l’échelle de culpabilité (α = 0,81), modéré pour la religiosité conventionnelle (α = 0,66) et plus modeste pour les deux facettes orientées vers l’amour (α = 0,56 pour l’amour autocentré et α = 0,53 pour l’amour centré sur autrui). La validité de construit a été documentée par des corrélations différentielles significatives avec des mesures d’engagement social pour les droits civiques et, dans des travaux ultérieurs, avec le racisme symbolique, l’estime de soi, le narcissisme et la dépression.
2. Mots-clés
Psychologie de la religion, expiation chrétienne, culpabilité théologique, amour divin, religiosité conventionnelle, psychométrie, attitudes sociales, racisme symbolique, croyances religieuses, échelle d’évaluation.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et standardisée par :
- John B. McConahay : Chercheur en psychologie sociale et politique, professeur émérite à la Sanford School of Public Policy de l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord, États-Unis). Il est particulièrement reconnu pour ses contributions fondamentales à la théorie du racisme moderne et symbolique.
- Joseph C. Hough, Jr. : Théologien chrétien, éthicien social et universitaire américain, ayant notamment exercé les fonctions de doyen à la Vanderbilt University Divinity School puis de président de l’Union Theological Seminary de New York. Ses travaux portent sur l’éthique théologique, la justice raciale et la sociologie ecclésiale.
4. Objectif
L’objectif fondamental de la Love and Guilt-Oriented Dimensions Scale est de dépasser la simple quantification quantitative de l’engagement religieux afin de caractériser la structure qualitative des croyances théologiques personnelles. Historiquement, la recherche en psychologie sociale et en psychologie de la religion mesurait la religiosité à travers des indicateurs généraux d’orthodoxie doctrinale ou d’assiduité rituelle, échouant fréquemment à expliquer les paradoxes moraux observés chez les croyants, notamment la coexistence entre ferveur religieuse et préjugés raciaux ou intolérance sociopolitique.
McConahay et Hough (1973) ont postulé que les conséquences comportementales et affectives de la religion dépendent étroitement de la conceptualisation théologique de la rédemption et de l’expiation (atonement). D’un côté, une lecture dogmatique focalisée sur le châtiment, la colère divine, l’indignité fondamentale de l’individu et la menace de damnation active des schémas d’agressivité autoritaire ou de dévalorisation intrapunitive. D’un autre côté, une interprétation centrée sur la grâce inconditionnelle et l’amour universel induit soit un refuge émotionnel personnel, soit une motivation prosociale orientée vers la justice et la solidarité humaine.
Les applications de cette échelle se situent à l’intersection de la recherche universitaire et de l’analyse psychosociale :
- Recherche fondamentale en psychologie sociale et politique : Étudier comment les représentations de Dieu et de la faute influencent le conservatisme politique, l’adhésion aux valeurs égalitaires et l’acceptation des politiques d’action positive ou de soutien aux minorités.
- Psychopathologie et psychologie de la personnalité : Analyser les associations entre culpabilité religieuse intropunitive, névrosisme, anxiété existentielle, dépression clinique et estime de soi globale.
- Évaluation pastorale et clinique : Fournir aux conseillers spirituels et psychothérapeutes un cadre diagnostique pour repérer les croyances dogmatiques désadaptées ou toxiques génératrices de honte pathologique.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique de la LGODS repose sur la décomposition typologique de la théologie chrétienne vécue en quatre dimensions opérationnelles :
1. Dimension orientée vers la culpabilité (Guilt-Oriented Dimension)
Initialement scindée en deux composantes théoriques (extrapunitive et intropunitive) qui ont été fusionnées lors de la validation empirique, cette dimension évalue l’adhésion à une vision punitive et rétributive du divin. L’individu extrapunitif insiste sur le châtiment impitoyable des pécheurs, la vengeance de Dieu et le triomphe des justes. L’individu intropunitif intériorise cette dynamique en affirmant sa propre indignité, sa culpabilité indélébile et la légitimité absolue de sa punition céleste. L’échelle fusionnée mesure ainsi le sentiment de déchéance humaine, l’attente du Jugement Dernier et la crainte de la colère divine (exemple : « The fires of Hell are the right place for adulterers, murderers, drunkards, and other persons who violate God’s laws »).
2. Dimension orientée vers l’amour autocentrée (Love-Oriented Self-Centered Dimension)
Cette dimension reflète une foi fondée sur la bienveillance divine perçue principalement comme une source de gratification personnelle, de protection psychologique individuelle et de salut privé. L’adhérent envisage sa relation avec le Créateur sur un mode paternel protecteur le déchargeant des angoisses du monde matériel, sans nécessairement se sentir investi d’une responsabilité sociale envers ses semblables (exemple : « Heaven is my home, and so I do not worry about this world »).
3. Dimension orientée vers l’amour altruiste ou centrée sur autrui (Love-Oriented Other-Centered Dimension)
À l’opposé de l’orientation autocentrée, cette sous-échelle opérationnalise une théologie sociale de la libération et de la fraternité universelle. L’expiation y est comprise comme l’expression ultime d’un amour rédempteur englobant l’humanité entière. La foi s’y traduit par l’impératif éthique d’agir pour le bien d’autrui et la conviction inaltérable de la dignité inhérente à chaque être humain (exemple : « If a man wants to serve God, let him serve mankind »).
4. Dimension de la religiosité conventionnelle ou culturelle (Conventional Religiosity Dimension)
Cette dimension capture l’assimilation de la pratique religieuse aux normes de citoyenneté, de respectabilité bourgeoise et de conformisme culturel. La religion n’y est pas d’abord un engagement spirituel ou dogmatique profond, mais un vecteur de socialisation civique et de maintien du statut social (exemple : « I want my children to have the experience of church attendance to prepare them to be good citizens »).
6. Cadre théorique
Le cadre théorique de l’instrument s’ancre dans les théories théologiques et psychosociales de la seconde moitié du XXe siècle, confrontées aux mutations des valeurs civiques lors du mouvement des droits civiques aux États-Unis. McConahay et Hough se sont directement inspirés des débats théologiques contemporains entourant la théologie du salut et de la rédemption, confrontant les visions calvinistes traditionnelles ou fondamentalistes — axées sur la dépravation totale de l’homme, le salut réservé aux élus et la colère de Dieu — aux théologies libérales inspirées par le christianisme social (Social Gospel) de Walter Rauschenbusch et la théologie néo-orthodoxe de Reinhold Niebuhr.
Sur le plan psychologique, la LGODS fait écho aux travaux séminaux de Theodor W. Adorno et de ses collègues sur La Personnalité autoritaire (1950), qui soulignaient que les individus autoritaires manifestent une rigidité morale axée sur l’agressivité punitive contre les transgresseurs. De même, les distinctions établies par Gordon Allport entre orientations religieuses intrinsèques et extrinsèques trouvent ici une reformulation théologique plus fine : la religiosité conventionnelle se rapproche de l’extrinsèque social, tandis que la religiosité centrée sur autrui dépasse l’intrinsèque purement individuel pour embrasser une forme d’engagement universel altruiste.
Ce cadre théorique a été ultérieurement approfondi par des chercheurs comme P. J. Watson, Ronald W. Hood et Ralph J. Morris (1985, 1988), qui ont intégré ces dimensions dans le champ de la santé mentale contemporaine, analysant l’impact différentiel du concept de péché et de grâce sur le narcissisme adaptatif vs inadapté, le sentiment d’efficacité personnelle et la détresse psychologique.
7. Validité
Les études de validation initiales et ultérieures de la LGODS ont documenté plusieurs composantes majeures de sa validité psychométrique :
Validité de construit et corrélations inter-échelles
Dans l’échantillon initial de 160 séminaristes, la matrice de corrélation bivariée corrobore les hypothèses théoriques :
- L’échelle de culpabilité est corrélée positivement avec l’amour autocentré (r = +0,48) et la religiosité conventionnelle (r = +0,47), traduisant un ensemble commun de religiosité conservatrice traditionnelle.
- À l’inverse, l’orientation vers la culpabilité est corrélée négativement avec l’amour centré sur autrui (r = -0,46), confirmant l’antagonisme psychologique entre punitive rétributive et bienveillance universaliste.
- L’amour autocentré est corrélé positivement à la religiosité conventionnelle (r = +0,34), mais demeure orthogonal à l’amour centré sur autrui (r = -0,06), illustrant bien qu’il s’agit de deux construits indépendants et non des extrémités d’un même continuum.
Validité convergente et prédictive : Action sociale
McConahay et Hough (1973) ont mesuré l’attitude des participants envers l’implication active des Églises dans l’action sociale (notamment en faveur des droits des minorités et de la lutte contre la pauvreté). Conformément aux prédictions :
- L’échelle d’amour centré sur autrui a montré une corrélation fortement positive avec le soutien à l’action sociale (r = +0,53).
- Toutes les autres dimensions ont affiché des corrélations négatives avec ce critère : culpabilité (r = -0,52), amour autocentré (r = -0,31) et religiosité conventionnelle (r = -0,27).
Validité discriminante et racisme symbolique
Dans une recherche ultérieure majeure, McConahay et Hough (1976) ont examiné le lien entre ces profils théologiques et le racisme symbolique. Les résultats indiquent des associations positives entre le racisme symbolique et :
- La religiosité conventionnelle (r = +0,41) ;
- L’orientation vers la culpabilité (r = +0,32) ;
- L’amour autocentré (r = +0,22).
En revanche, seule l’orientation vers l’amour centré sur autrui corrélait négativement avec le racisme symbolique (r = -0,24), fournissant une preuve éclatante de la validité discriminante et différentielle des facettes de l’instrument.
8. Fidélité
La fidélité de l’instrument a été évaluée au niveau de la cohérence interne par le calcul du coefficient alpha de Cronbach ainsi que des corrélations item-total corrigées (item-rest of test correlations) lors de la standardisation de 1973 :
- Échelle orientée vers la culpabilité (5 items) : Présente une cohérence interne élevée (α = 0,807). Les corrélations partielles item-total s’échelonnent entre 0,52 et 0,62, témoignant d’une excellente homogénéité du construit après fusion des énoncés intropunitifs et extrapunitifs.
- Échelle de religiosité conventionnelle (5 items) : Présente une fidélité modérée et acceptable pour une échelle brève (α = 0,660), avec des corrélations item-total comprises entre 0,29 et 0,48.
- Échelle orientée vers l’amour autocentrée (5 items) : Présente une cohérence interne modeste (α = 0,561), avec des corrélations item-total s’étalant de 0,22 à 0,43.
- Échelle orientée vers l’amour centrée sur autrui (5 items) : Affiche également une cohérence interne limitée (α = 0,533), avec des corrélations item-total oscillant entre 0,27 et 0,40.
Les auteurs ont noté que la brièveté des sous-échelles (cinq items chacune) contraint mathématiquement la magnitude de l’alpha. Les travaux ultérieurs de Watson et de ses collègues (1985, 1988) ont répliqué ces coefficients dans diverses cohortes d’étudiants universitaires chrétiens, confirmant une stabilité satisfaisante pour la culpabilité mais suggérant que les dimensions d’amour mériteraient d’être enrichies d’items supplémentaires dans les applications cliniques individuelles strictes.
9. Analyse factorielle
Lors de la publication inaugurale de 1973, les auteurs n’ont pas conduit d’analyse factorielle exploratoire (AFE) ou confirmatoire (AFC) formelle en raison de la taille restreinte de leur échantillon de développement (N = 160 séminaristes) et de l’approche méthodologique alors axée sur l’analyse classique des items (sélection des cinq meilleurs énoncés par dimension sur la base des corrélations item-reste de test à partir d’un pool initial de 48 items).
L’hypothèse factorielle initiale postulait cinq facteurs orthogonaux ou obliques : culpabilité extrapunitive, culpabilité intropunitive, amour autocentré, amour centré sur autrui, et religiosité conventionnelle. Néanmoins, l’échec empirique des items à discriminer de manière fiable l’intropunitif de l’extrapunitif a conduit à l’effondrement de ces deux facteurs en un unique facteur général de « culpabilité théologique punitive ».
Les investigations psychométriques ultérieures menées par Watson, Hood et Morris à la fin des années 1980 ont procédé à des factorisations exploratoires (avec rotation Varimax et Oblimin). Leurs analyses ont validé l’existence des quatre facteurs distincts :
- Le facteur de culpabilité punitive émerge de façon constante comme le plus net et sature massivement les items mentionnant le Jugement, l’enfer et l’indignité personnelle (saturations factorielles généralement supérieures à 0,55).
- Les items conventionnels se regroupent sur un axe indépendant fortement marqué par l’utilitarisme civique et familial de la religion.
- Les deux sous-échelles d’amour se scindent distinctement sur des facteurs séparés, bien que quelques items d’amour autocentré manifestent des saturations croisées mineures avec des indices de religiosité intrinsèque générale.
10. Instrument de mesure
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire papier-crayon ou numérique simple et rapide à administrer.
- Format d’administration : Auto-évaluation individuelle ou collective (durée moyenne : 5 à 10 minutes).
- Nombre total d’items : 20 items fermés, divisés en 4 sous-échelles de 5 items chacune :
- Orientation vers la culpabilité (items 1 à 5)
- Orientation vers l’amour autocentrée (items 6 à 10)
- Orientation vers l’amour centrée sur autrui (items 11 à 15)
- Religiosité conventionnelle (items 16 à 20)
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points avec les ancrages suivants :
- 1 = Fortement en désaccord (definitely disagree)
- 2 = Plutôt en désaccord (tend to disagree)
- 3 = Ni en accord ni en désaccord (neither agree nor disagree)
- 4 = Plutôt d’accord (tend to agree)
- 5 = Fortement d’accord (definitely agree)
- Cotation et calcul des scores :
- Tous les items sont cotés positivement dans le sens de leur dimension respective (aucun item inversé).
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient en sommant les notes des 5 items correspondants.
- L’étendue des scores pour chaque échelle est donc comprise entre 5 et 25 points.
- Un score élevé indique une forte adhésion à la modalité théologique ou socioreligieuse mesurée.
- Normes indicatives (échantillon original, N = 160 séminaristes) :
- Culpabilité : Moyenne = 14,80 (Écart-type = 4,85)
- Amour autocentré : Moyenne = 14,62 (Écart-type = 3,36)
- Amour centré sur autrui : Moyenne = 18,22 (Écart-type = 3,51)
- Religiosité conventionnelle : Moyenne = 12,85 (Écart-type = 3,52)
- Précautions d’usage : Le libellé des énoncés reflète le contexte historique et culturel de la théologie chrétienne américaine des années 1970. Le langage n’étant pas inclusif sur le plan du genre (utilisation fréquente du terme man pour désigner l’être humain), certaines populations actuelles peuvent percevoir des biais stylistiques.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication princeps : 1973.
- Statut des droits d’auteur : Les items de l’échelle ont été publiés intégralement à des fins scientifiques dans la revue Journal for the Scientific Study of Religion.
- Tarification : L’instrument est dans le domaine public académique ; son utilisation est gratuite pour la recherche scientifique et l’enseignement.
- Autorisations : Aucune autorisation payante préalable n’est requise pour un usage universitaire non commercial, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de McConahay et Hough (1973).
12. Références
- Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row.
- McConahay, J. B., & Hough, J. C., Jr. (1973). Love and guilt-oriented dimensions of Christian belief. Journal for the Scientific Study of Religion, 12(1), 53–64. https://doi.org/10.2307/1385390
- McConahay, J. B., & Hough, J. C., Jr. (1976). Symbolic racism. Journal of Social Issues, 32(2), 23–45. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1976.tb02493.x
- Watson, P. J., Hood, R. W., Jr., & Morris, R. J. (1985). Religiosity, sin and self-esteem. Journal of Psychology and Theology, 13(2), 116–128. https://doi.org/10.1177/009164718501300204
- Watson, P. J., Hood, R. W., Jr., Foster, S. J., & Morris, R. J. (1988). Sin, depression, and narcissism. Review of Religious Research, 29(3), 295–305. https://doi.org/10.2307/3511802
- Watson, P. J., Morris, R. J., & Hood, R. W., Jr. (1987). Antireligious humanistic values, guilt and self-esteem. Journal for the Scientific Study of Religion, 26(4), 535–546. https://doi.org/10.2307/1387642
- Watson, P. J., Morris, R. J., & Hood, R. W., Jr. (1988). Sin and self-functioning, part 1: Grace, guilt, and self-consciousness. Journal of Psychology and Theology, 16(3), 245–269. https://doi.org/10.1177/009164718801600305
- Watson, P. J., Morris, R. J., & Hood, R. W., Jr. (1989). Intrinsicness, religious self-love, and narcissism. Journal of Psychology and Christianity, 8(1), 31–37.
- Watson, P. J., Morris, R. J., & Hood, R. W., Jr. (1990). Extrinsic scale factors: Correlations and construction of religious orientation types. Journal of Psychology and Christianity, 9(3), 35–46.