Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse

L’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse (DRIS), créée par Putney et Middleton en 1961, évalue l’orthodoxie doctrinale, le fanatisme prosélyte, l’importance existentielle et l’ambivalence religieuse.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse (connue en anglais sous le nom de Dimensions of Religious Ideology Scale, ou DRIS), élaborée initialement par Snell Putney et Russell Middleton en 1961, constitue un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour appréhender la complexité et la nature multidimensionnelle de l’adhésion religieuse, principalement ancrée dans un paradigme d’inspiration judéo-chrétienne. Alors que les recherches sociologiques et psychologiques des années 1950 réduisaient fréquemment la religiosité à des indicateurs comportementaux univariés tels que la fréquence d’assistance au culte ou l’affiliation confessionnelle nominale, Putney et Middleton ont proposé une modélisation reposant sur quatre dimensions distinctes de l’idéologie religieuse : (a) l’orthodoxie (l’adhésion aux croyances doctrinales traditionnelles, telles que l’existence de l’enfer, du diable ou d’un dessein divin), (b) le fanatisme (la propension ou l’impératif perçu de convertir autrui et de propager ses propres convictions religieuses), (c) l’importance (la centralité subjective et la pertinence personnelle accordée à la religion dans la conduite de sa vie et l’élaboration de sa vision du monde), et (d) l’ambivalence (la conscience réflexive de détenir des attitudes contradictoires, oscillant entre foi et doute).

L’instrument se compose d’un ensemble de 19 items, dont 18 sont répartis de manière équilibrée au sein des sous-échelles d’orthodoxie (6 items), de fanatisme (6 items) et d’importance (6 items), tandis que l’ambivalence est opérationnalisée par un item unique explorant le tiraillement interne du croyant. Les participants expriment leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »), le point médian 4 désignant l’absence de positionnement ou la neutralité (« sans réponse / neutre »). Sur le plan psychométrique, les études subséquentes (notamment Cygnar et al., 1977 ; Seyfarth et al., 1984) ont mis en évidence des indices de consistance interne et de fidélité par bissection (Spearman-Brown atteignant 0,77 pour le fanatisme) ainsi qu’une validité convergente substantielle avec des mesures de l’évangélisme (r = 0,76) et d’autres dimensions de la religiosité multidimensionnelle. L’échelle offre ainsi aux chercheurs en psychologie de la religion, en psychologie sociale et en sociologie un outil rigoureux pour dissocier la ferveur doctrinale, le zèle prosélyte et l’intégration identitaire de la foi.

2. Mots-clés / Keywords

Idéologie religieuse, orthodoxie doctrinale, fanatisme religieux, importance de la religion, ambivalence religieuse, psychométrie, attitudes religieuses, croyance, prosélytisme, psychologie sociale de la religion.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par les sociologues américains Snell Putney et Russell Middleton. Lors de la publication inaugurale de l’instrument en 1961 dans la revue académique internationale Social Forces, Snell Putney exerçait au sein du département de sociologie de l’Université d’État de San José (San Jose State College, Californie, États-Unis), tandis que Russell Middleton était affilié au département de sociologie de l’Université d’État de Floride (Florida State University, Tallahassee, États-Unis), avant de poursuivre une carrière émérite à l’Université du Wisconsin à Madison.

Leurs contributions théoriques et empiriques conjointes durant les années 1960 et 1970 ont profondément influencé l’analyse sociologique des systèmes de croyance, de la conformité sociale, de l’aliénation et de la stratification idéologique au sein de la société américaine moderne.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse est de fournir un cadre opérationnel standardisé permettant de surmonter les biais réductionnistes inhérents aux mesures unidimensionnelles de la religion. Historiquement, la recherche quantitative mesurait la religiosité à l’aide d’indicateurs simplistes (appartenance à une dénomination, assiduité aux offices religieux). Putney et Middleton ont postulé que deux individus déclarant une fréquence d’assiduité religieuse identique pouvaient différer de manière radicale quant à la structure cognitive de leurs croyances, l’intensité de leur engagement prosélyte ou l’intégration philosophique de ces préceptes dans leur vie quotidienne. L’outil a donc été développé pour disséquer l’architecture cognitive et motivationnelle de la foi religieuse, en décomposant l’idéologie en composantes doctrinales, comportementales-relationnelles, évaluatives et conatives.

Sur le plan des applications de recherche, la DRIS a été conçue pour analyser les corrélats psychosociaux des systèmes de croyance. Elle permet notamment d’examiner comment des dimensions spécifiques — telles que le fanatisme ou l’orthodoxie — prédisent des variables comme l’autoritarisme, le dogmatisme, les préjugés ethniques ou intergroupes, ainsi que les comportements prosociaux ou l’altruisme spontané et non spontané (Benson et al., 1980). En milieu clinique et en psychothérapie d’orientation existentielle ou transculturelle, l’échelle offre un éclairage diagnostique sur les conflits intrapsychiques liés à la spiritualité : la dimension d’ambivalence permet par exemple d’objectiver la détresse spirituelle, la culpabilité liée au doute ou la dissonance cognitive chez des patients issus de milieux fondamentalistes.

La justification théorique sous-jacente repose sur la prémisse que l’idéologie religieuse fonctionne comme un système organisé d’attitudes. Il ne suffit pas d’évaluer le contenu de la foi (ce que l’individu croit : orthodoxie) ; il est impératif d’évaluer la manière dont cette foi est vécue dans le rapport à autrui (comment l’individu cherche à l’imposer ou la partager : fanatisme), sa saillance cognitive globale (l’espace qu’elle occupe dans l’économie psychique de l’individu : importance) et la présence éventuelle de failles ou d’incertitudes dans cette structure d’adhésion (ambivalence). Bien que formulée à l’origine dans un contexte culturel marqué par le christianisme américain, l’échelle utilise une terminologie générale relative à l’Église, au salut et au divin, ce qui a conduit les chercheurs ultérieurs à l’utiliser plus largement comme une mesure générique de l’idéologie religieuse au sein des traditions monothéistes.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par la DRIS est l’idéologie religieuse, conceptualisée comme une constellation articulée de représentations doctrinales, de motivations prosélytes, de valorisations existentielles et d’évaluations réflexives. L’échelle déploie ce construit à travers quatre dimensions opérationnelles distinctes mais corrélées :

1. L’orthodoxie doctrinale (Orthodoxy)

Cette dimension mesure le degré d’adhésion explicite de l’individu aux doctrines métaphysiques et eschatologiques traditionnelles. L’orthodoxie évalue la croyance en un univers surnaturel normé, comprenant l’existence réelle d’un châtiment post-mortem (« l’enfer physique »), d’une entité maléfique personnifiée (« le diable » tentant de mener les êtres humains au péché), de la vie après la mort, d’un dessein divin préétabli pour chaque créature vivante, ainsi que la mission sotériologique centrale attribuée à l’institution religieuse (« le salut des âmes »). À cela s’ajoute le rejet d’une vision purement matérialiste ou séculière des pratiques cultuelles (l’item inversé évaluant le refus de concevoir la prière comme n’ayant qu’une utilité exclusivement psychologique). Un score élevé d’orthodoxie reflète un conformisme doctrinal rigide et une acceptation littérale des postulats dogmatiques traditionnels.

2. Le fanatisme ou zèle prosélyte (Fanaticism)

Le terme de « fanatisme », tel que défini opérationnellement par Putney et Middleton, ne renvoie pas nécessairement à une violence destructrice, mais plutôt au prosélytisme militant, à l’intolérance face aux visions divergentes et au sentiment impérieux de devoir corriger la pensée d’autrui. Cette sous-échelle saisit l’impératif moral ressenti par le sujet d’intervenir activement dans les croyances de ses pairs (« devoir d’aider ceux qui sont confus au sujet de la religion »), la légitimation du conflit relationnel pour imposer sa vérité (« même si cela crée des situations désagréables »), la certitude que l’adhésion universelle à ses propres croyances résoudrait les maux de l’humanité, et le rejet explicite du relativisme religieux tolérant (mesuré par l’item inversé affirmant que les croyances d’un individu importent peu tant qu’il en est heureux). Il s’agit d’une dimension motivationnelle orientée vers l’expansion idéologique et la rectification dogmatique du monde social.

3. L’importance existentielle ou saillance religieuse (Importance)

Cette sous-échelle évalue la centralité psychologique, la pénétration cognitive et la force directrice que l’individu accorde à ses conceptions religieuses dans sa hiérarchie personnelle de valeurs. Elle explore dans quelle mesure les idées religieuses constituent le socle de la philosophie de vie du sujet, influencent ses prises de position dans des sphères profanes (politique, morale, relations interpersonnelles), façonnent l’idéal du moi (« la personne que je souhaite être ») et déterminent son mode de vie concret. Elle quantifie également la récurrence des ruminations ou des pensées consacrées aux thématiques religieuses au quotidien. L’importance reflète l’intégration fonctionnelle de l’idéologie dans l’identité du sujet : une personne peut adhérer abstraitement à des dogmes sans pour autant que la religion n’exerce une influence déterminante sur ses décisions existentielles, ce que cette sous-échelle permet de discriminer précisément.

4. L’ambivalence religieuse (Ambivalence)

Opérationnalisée par un item unique, l’ambivalence renvoie à la conscience réflexive et lucide qu’a le sujet d’héberger en lui des attitudes antinomiques ou coexistantes de foi et de scepticisme (« Bien que l’une soit plus forte que l’autre, il y a une partie de moi qui croit en la religion et une partie de moi qui n’y croit pas »). Ce construit capte la tension dialectique entre l’adhésion et le doute, fournissant un indicateur critique de la complexité cognitive interne par opposition à une certitude absolue ou à un rejet catégorique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse s’inscrit au carrefour de la sociologie de la connaissance, des théories de l’attitude en psychologie sociale et du mouvement émergent de la mesure multidimensionnelle de la religiosité au début des années 1960. Historiquement, cet instrument réagit aux conceptualisations simplistes qui appréhendaient la foi religieuse comme un bloc monolithique invariant.

D’un point de vue théorique, Putney et Middleton s’adossent aux travaux fondateurs sur les systèmes d’attitudes développés par Gordon Allport et ses contemporains, qui allaient culminer plus tard dans la distinction classique entre orientations religieuses intrinsèques et extrinsèques (Allport & Ross, 1967). La DRIS anticipe ces distinctions en séparant le contenu théologique intériorisé (orthodoxie), l’instrumentalisation sociale ou interpersonnelle de la foi (fanatisme), et la centralité axiologique de la religion dans l’existence individuelle (importance). Ce modèle fait également écho aux conceptualisations sociologiques de Charles Glock (1962), qui a proposé la décomposition de la religiosité en cinq dimensions distinctes : idéologique (la croyance), rituelle (la pratique), expérientielle (le sentiment), intellectuelle (le savoir), et conséquente (les effets séculiers). La DRIS approfondit de manière pionnière la dimension idéologique de Glock en démontrant que celle-ci n’est pas unitaire, mais se subdivise en sous-construits doctrinaux, prescriptifs et identitaires.

Par ailleurs, l’inclusion novatrice de la dimension d’« ambivalence » trouve ses racines conceptuelles dans les théories de la dissonance cognitive de Leon Festinger (1957). Putney et Middleton ont reconnu que l’adhésion religieuse n’est que rarement un état de certitude absolue et binaire ; elle est fréquemment traversée par des courants contradictoires. En intégrant la possibilité d’une division interne assumée, les auteurs ont relié la psychométrie de la religion aux théories de la tolérance à l’ambiguïté et de la flexibilité cognitive formulées notamment dans les travaux sur la personnalité autoritaire de Frenkel-Brunswik et Adorno.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle des dimensions de l’idéologie religieuse a fait l’objet de plusieurs investigations empiriques majeures, confirmant tant sa validité de construit que ses validités convergente et discriminante :

Validité de construit et associations internes

Dans leur étude princeps, Putney et Middleton (1961) ont administré l’instrument à un échantillon étendu de 1 200 étudiants collégiaux et universitaires issus des régions du nord-est et du sud-est des États-Unis. Après exclusion des étudiants de confession juive ou non chrétienne afin de stabiliser le champ idéologique de référence, un échantillon homogène de 1 126 répondants a été conservé. L’analyse des associations non paramétriques (calculées via le coefficient Q de Yule) a révélé une matrice de relations cohérente avec les postulats théoriques :

  • Les sous-échelles d’orthodoxie, de fanatisme et d’importance sont toutes positivement et significativement corrélées entre elles, confirmant leur appartenance à un domaine idéologique commun.
  • La sous-échelle d’ambivalence présente une corrélation négative systématique avec les trois autres dimensions, démontrant que l’affirmation d’une division intérieure par rapport à la foi diminue à mesure que l’adhésion doctrinale, le zèle missionnaire et la saillance personnelle augmentent.
  • Les corrélations positives entre l’orthodoxie, l’importance et le fanatisme sont nettement plus puissantes que les relations négatives impliquant l’ambivalence, corroborant le fait que l’ambivalence constitue une facette discriminante et non une simple inversion symétrique de la certitude religieuse.

Validité convergente et concourante

L’étude menée par Seyfarth, Larsen, Lamont, Haasch, Hale et Haskin (1984) auprès de 124 étudiants universitaires a mobilisé la sous-échelle de fanatisme pour établir la validité de construit d’un nouvel instrument : l’Attitude Toward Evangelism Scale. Cette dernière incluait des items mesurant l’appréciation des prédicateurs itinérants, l’affirmation du besoin d’évangéliser ouvertement ou, à l’inverse, la perception du démarchage religieux comme une atteinte à la vie privée. La corrélation observée entre la sous-échelle de fanatisme de la DRIS et l’échelle d’évangélisme a atteint un coefficient remarquable de r = 0,76, démontrant la très haute validité convergente de la sous-échelle pour capter les attitudes favorables au prosélytisme actif.

Parallèlement, Cygnar, Jacobson et Noel (1977) ont examiné la validité concourante de la DRIS en l’administrant conjointement avec les échelles multidimensionnelles de religiosité de Faulkner et DeJong (1966) — mesurant le rituel, l’idéologie, la connaissance, l’expérience et la conséquence — auprès d’élèves de l’enseignement secondaire catholique. Les échelles d’orthodoxie, de fanatisme et d’importance de la DRIS ont présenté des corrélations positives modérées à fortes (coefficients oscillant entre r = 0,32 et r = 0,52) avec les dimensions de rituel, d’idéologie, de connaissance et d’expérience de Faulkner et DeJong.

Validité discriminante

Dans la même étude de Cygnar et ses collaborateurs (1977), une exception remarquable est venue étayer la validité discriminante du modèle : l’échelle des « conséquences » (qui mesure la mesure dans laquelle la religion s’extériorise dans la conduite morale et profane de la vie quotidienne) n’a montré que de très faibles corrélations avec les sous-échelles de la DRIS, avec des coefficients variant entre r = 0,04 et r = 0,16. Ce résultat démontre avec acuité que l’idéologie religieuse intériorisée et dogmatique se distingue conceptuellement et empiriquement des comportements éthiques séculiers réels.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques relatives à la fidélité de l’instrument ont été documentées par plusieurs cohortes indépendantes à travers des indices d’homogénéité interne et de bissection :

Fidélité par bissection (Split-Half Reliability)

Dans leur recherche consacrée aux attitudes prosélytes, Seyfarth et al. (1984) ont administré la sous-échelle de fanatisme à 124 étudiants en psychologie (âge moyen de 20,7 ans ; 55 % d’hommes). En appliquant la formule de prophétie de Spearman-Brown à la méthode de partage par moitié (split-half), les auteurs ont obtenu un coefficient de fidélité de r = 0,77. Cette valeur atteste d’une consistance satisfaisante pour une mesure brève composée de seulement six items comprenant des polarités inversées.

Consistance interne basée sur les scores factoriels

Cygnar, Jacobson et Noel (1977) ont évalué la fiabilité des sous-échelles d’orthodoxie, de fanatisme et d’importance auprès d’une population d’élèves de lycées catholiques. Afin d’épurer l’instrument et d’en garantir l’unidimensionnalité stricte au sein de chaque domaine, les auteurs ont conduit des analyses factorielles exploratoires distinctes sur chaque sous-échelle, écartant les items dont la charge sur le facteur principal était insuffisante. À partir des scores factoriels calculés sur les items conservés, les coefficients de fidélité rapportés se sont établis comme suit :

  • Sous-échelle d’orthodoxie : coefficient de fidélité = 0,50
  • Sous-échelle de fanatisme : coefficient de fidélité = 0,49
  • Sous-échelle d’importance : coefficient de fidélité = 0,60

Ces coefficients, bien que plus modestes que le standard usuel de 0,70 préconisé par Nunnally en psychométrie contemporaine, s’expliquent en partie par l’homogénéité stricte de l’échantillon confessionnel adolescent étudié par Cygnar et al. ainsi que par la réduction du nombre d’items post-analyse factorielle. Les données normatives et de cohérence interne globales obtenues sur des cohortes d’adultes plus diversifiées (telles que celles de Putney et Middleton) présentaient une discrimination opérationnelle supérieure.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture interne de la DRIS a été explorée dès sa conception à travers des procédures d’analyse d’items fondées sur la méthodologie de Likert, visant à maximiser le pouvoir discriminant et la cohérence unitaire de chaque sous-domaine idéologique.

Structure dimensionnelle originale

Putney et Middleton (1961) ont conçu l’échelle a priori selon une matrice quadri-factorielle : orthodoxie, fanatisme, importance et ambivalence. L’examen des intercorrélations non paramétriques (Q de Yule) au sein de leur large cohorte de 1 126 étudiants a validé l’existence de trois dimensions substantielles corrélées mais non réductibles les unes aux autres, ainsi qu’un axe réflexif distinct matérialisé par l’ambivalence. L’indépendance relative des dimensions a été confirmée par le fait que les participants pouvaient présenter des profils différenciés (par exemple, une orthodoxie dogmatique élevée couplée à un très faible intérêt pour le prosélytisme fanatique, ou inversement).

Évaluations factorielles subséquentes

L’apport le plus rigoureux concernant l’analyse factorielle confirmatoire/exploratoire a été documenté par Cygnar, Jacobson et Noel (1977). Afin de vérifier empiriquement l’unidimensionnalité interne des sous-échelles d’orthodoxie, de fanatisme et d’importance, les chercheurs ont soumis les items de chaque domaine à une analyse factorielle séparée. Les résultats ont confirmé :

  • L’émergence d’un premier facteur dominant pour chacune des trois échelles principales, expliquant la majeure partie de la variance commune des items composants.
  • La nécessité d’éliminer certains items marginaux qui présentaient des saturations croisées ou une contribution insuffisante au premier facteur latent spécifique, aboutissant à une version épurée dont les scores factoriels ont servi de base au calcul des corrélations nomologiques avec les échelles de Faulkner et DeJong.

L’ambivalence n’a pas été incluse dans ces modélisations factorielles multivariées, son statut de variable à item unique la positionnant comme un indicateur direct d’état d’indécision cognitive plutôt que comme une échelle de mesure saturée sur un facteur latent continu.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse est un auto-questionnaire psychométrique standardisé sur support papier ou informatisé. Ses spécifications techniques sont détaillées ci-dessous :

  • Format d’administration : Auto-évaluation individuelle ou collective, en passation libre non chronométrée (durée moyenne de passation : 5 à 10 minutes).
  • Nombre total d’items : 19 items répartis en quatre sous-échelles distinctes :
    • Sous-échelle d’orthodoxie doctrinale : 6 items (Items 1 à 6).
    • Sous-échelle de fanatisme prosélyte : 6 items (Items 7 à 12).
    • Sous-échelle d’importance de la religion : 6 items (Items 13 à 18).
    • Sous-échelle d’ambivalence : 1 item (Item 19).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert polytomique en 7 points :
    • 7 = Tout à fait d’accord (strongly agree)
    • 6 = Modérément d’accord (moderately agree)
    • 5 = Légèrement d’accord (slightly agree)
    • 4 = Sans réponse / Neutre (no response)
    • 3 = Légèrement en désaccord (slightly disagree)
    • 2 = Modérément en désaccord (moderately disagree)
    • 1 = Tout à fait en désaccord (strongly disagree)
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • Inversion des items formulés négativement : Pour les items inversés, le score est recalculé selon la formule standard : Score inversé = 8 – Réponse brute (ex. : une réponse 7 devient 1, une réponse 6 devient 2, etc.). Les items à inverser sont : Item 6 (orthodoxie), Items 9 et 10 (fanatisme), et Item 17 (importance).
    • Sommation par sous-échelle : Les scores sont calculés indépendamment pour chaque dimension en sommant les points des items affiliés. Pour les trois échelles à 6 items (orthodoxie, fanatisme, importance), le score total s’échelonne théoriquement de 6 à 42. Pour l’ambivalence, le score varie de 1 à 7.
    • Catégorisation dichotomique : Putney et Middleton ont introduit une procédure de classification en catégories « Élevé » (High) et « Faible » (Low) basée sur le point médian théorique de l’échelle. Pour les échelles allant de 6 à 42, le seuil de coupure standardisé est fixé à 24 : les participants ayant un score strictement supérieur à 24 sont classés comme « élevés », tandis que ceux ayant un score inférieur ou égal à 24 sont catégorisés comme « faibles ».
  • Recommandation de passation : Les 19 items doivent être présentés aux participants dans un ordre aléatoire (randomisé) afin d’éviter les biais de halo ou d’ancrage dimensionnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse a été initialement publiée en 1961 dans la revue scientifique Social Forces. Conformément aux conventions de diffusion scientifique en vigueur au sein des sciences sociales au cours de cette période, les items intégraux du questionnaire ont été publiés dans le corps du texte académique sans brevet commercial privatif.

L’instrument relève du domaine public académique pour toute utilisation à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement ou d’évaluation clinique non lucrative. Aucun droit de licence (fee) ni redevance n’est exigé pour son emploi ou sa reproduction textuelle dans les travaux universitaires. Les utilisateurs sont néanmoins tenus de citer explicitement la publication originale princeps de Putney et Middleton (1961) dans leurs communications et écrits scientifiques.

12. Références / References

Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212

Benson, P. L., Dehority, J., Garman, L., Hanson, E., Hochschwender, M., Lebold, C., Rohr, R., & Sullivan, J. (1980). Intrapersonal correlates of nonspontaneous helping behavior. The Journal of Social Psychology, 110(1), 87–95. https://doi.org/10.1080/00224545.1980.9924224

Cygnar, T. E., Jacobson, C. K., & Noel, D. L. (1977). Religiosity and prejudice: An interdimensional analysis. Journal for the Scientific Study of Religion, 16(2), 183–191. https://doi.org/10.2307/1385749

Faulkner, J. E., & DeJong, G. F. (1966). Religiosity in 5-D: An empirical analysis. Social Forces, 45(2), 246–254. https://doi.org/10.2307/2574395

Festinger, L. (1957). A theory of cognitive dissonance. Stanford University Press.

Glock, C. Y. (1962). On the study of religious commitment. Religious Education, 57(sup4), 98–110. https://doi.org/10.1080/003440862057S407

Pargament, K. I., Ensing, D. S., Falgout, K., Olsen, H., Reilly, B., Van Haitsma, K., & Warren, R. (1990). God help me: (I): Religious coping efforts as predictors of the outcomes to significant negative life events. American Journal of Community Psychology, 18(6), 793–824. https://doi.org/10.1007/BF00938065

Putney, S., & Middleton, R. (1961). Dimensions and correlates of religious ideologies. Social Forces, 39(4), 285–290. https://doi.org/10.2307/2573426

Seyfarth, L. H., Larsen, K. S., Lamont, K., Haasch, C., Hale, T., & Haskin, D. (1984). Attitude toward evangelism: Scale development and validity. The Journal of Social Psychology, 123(1), 55–61. https://doi.org/10.1080/00224545.1984.9713195

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I believe there is a supernatural being, the devil, who continually tries to lead men into sin.
2

To me the most important work of the church is the saving of souls.
3

I believe that there is a life after death.
4

I believe there is a divine plan and purpose for every living person and thing.
5

The only benefit one receives from prayer is psychological. (reverse scored)
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-dimensions-de-lideologie-religieuse
Looti, Mohammed. “Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-dimensions-de-lideologie-religieuse.
Looti, Mohammed. “Échelle des dimensions de l’idéologie religieuse.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-dimensions-de-lideologie-religieuse.