1. Résumé / Abstract
L’Échelle des contingences de l’estime de soi (Contingencies of Self-Worth Scale, CSWS), conceptualisée et validée empiriquement par la professeure Jennifer Crocker et ses collaborateurs (Luhtanen, Cooper, & Bouvrette, 2003), constitue un instrument psychométrique fondamental pour la compréhension approfondie de la dynamique motivationnelle, affective et comportementale de l’individu. Contrairement aux approches traditionnelles qui appréhendent l’estime de soi sous un angle purement quantitatif ou unidimensionnel (le niveau global de valeur personnelle, tel que mesuré par l’échelle de Rosenberg), la CSWS s’intéresse à la nature qualitative et conditionnelle de l’évaluation de soi. Cet instrument postule que la vulnérabilité psychologique et la régulation affective ne dépendent pas uniquement du niveau moyen d’estime de soi, mais principalement des domaines spécifiques dont dépend cette estime, c’est-à-dire les piliers sur lesquels l’individu indexe sa valeur personnelle.
L’échelle est composée de 35 items standardisés, structurés selon un modèle factoriel à sept sous-échelles distinctes représentant des domaines majeurs de contingence : l’approbation d’autrui (Others’ Approval), l’apparence physique (Appearance), la compétition et le surpassement d’autrui (Competition), la compétence académique (Academic Competence), le soutien familial (Family Support), la vertu morale (Virtue), et l’amour divin / la foi religieuse (God’s Love). Les réponses sont recueillies via une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les analyses factorielles confirmatoires et les études de validité prédictive démontrent que ces contingences se distribuent sur un continuum allant de sources internes à des sources externes, les contingences externes étant significativement associées à une plus grande instabilité affective, au névrosisme, à des symptômes dépressifs et à des comportements d’évitement, tandis que les contingences internes favorisent une résilience accrue. Possédant d’excellentes qualités métrologiques (cohérence interne comprise entre .80 et .89 selon les sous-échelles), la CSWS est largement exploitée en psychologie sociale, clinique et de l’éducation.
2. Mots-clés / Keywords
Contingences de l’estime de soi, CSWS, Jennifer Crocker, évaluation de soi, régulation émotionnelle, motivation intrinsèque et extrinsèque, psychométrie, vulnérabilité dépressive, compétence académique, apparence corporelle, compétition sociale, soutien familial, vertu morale, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle des contingences de l’estime de soi a été développée et formalisée par une équipe de chercheurs de premier plan affiliés au département de psychologie de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) et de l’Université de Buffalo (State University of New York) :
- Jennifer Crocker, Ph.D. : Professeure émérite et titulaire de la chaire Julian J. Rothbaum au département de psychologie de l’Ohio State University, anciennement directrice du Self and Social Motivation Laboratory à l’Université du Michigan. Spécialiste mondialement reconnue des processus liés au soi, à l’estime de soi et aux dynamiques relationnelles égoïstes versus bienveillantes (egosystem vs. ecosystem). Courriel institutionnel : [email protected].
- Riia K. Luhtanen, Ph.D. : Chercheuse et méthodologue au département de psychologie de l’Université du Michigan, spécialisée dans les modèles d’équations structurelles, l’identité sociale et la mesure psychologique des facettes du soi.
- M. Lynne Cooper, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie à l’Université du Missouri-Columbia, renommée pour ses contributions pionnières en matière de régulation affective, de motivations comportementales et de modélisation longitudinale.
- Alexandra Bouvrette, M.A. : Psychologue chercheuse associée aux protocoles expérimentaux initiaux sur les populations étudiantes à l’Université du Michigan.
4. Objectif / Purpose
Fondements et genèse de l’instrument
Pendant plusieurs décennies, la recherche psychologique s’est focalisée quasi exclusivement sur le niveau absolu d’estime de soi globale, considérant qu’un score élevé constituait une panacée pour la santé mentale, la réussite académique et le bien-être subjectif. Cependant, des divergences empiriques majeures ont émergé : certains individus présentant une estime de soi très élevée manifestent des comportements d’agression défensive lorsqu’ils sont confrontés à la critique, un perfectionnisme inadapté ou des fluctuations majeures de leur humeur. Pour résoudre ce paradoxe, Jennifer Crocker et ses collègues ont avancé que la question fondamentale n’est pas simplement « Combien d’estime de soi un individu possède-t-il ? », mais plutôt « Sur quoi cette estime de soi repose-t-elle, et à quel prix est-elle maintenue ? ».
L’objectif premier de la CSWS est donc de fournir une mesure psychométrique rigoureuse permettant de quantifier le degré auquel un individu indexe sa valeur personnelle fondamentale sur des réussites, des validations ou des événements survenant dans des domaines de vie particuliers. Lorsqu’une personne base son estime de soi sur un domaine spécifique (par exemple, la réussite scolaire ou l’apparence physique), tout succès dans ce domaine entraîne une euphorie et une revalorisation immédiates du soi, tandis que chaque échec, réel ou perçu, génère une détresse psychologique disproportionnée, une auto-dévalorisation et une menace pour l’intégrité du soi.
Applications en recherche, clinique et éducation
La CSWS répond à des impératifs cruciaux dans plusieurs sphères de la psychologie appliquée :
- Psychologie de l’éducation et contextes universitaires : L’instrument permet d’expliquer pourquoi certains étudiants, malgré des capacités intellectuelles remarquables, développent une anxiété débilitante lors des examens. L’indexation de l’estime de soi sur la compétence académique prédit directement le temps alloué aux révisions, mais aussi l’effondrement de l’estime de soi lors d’un échec et le risque de décrochage scolaire ou de syndrome d’épuisement académique.
- Psychologie clinique et psychopathologie : Les sous-échelles externes de la CSWS (apparence, approbation des autres, compétition) sont des prédicteurs majeurs de troubles des conduites alimentaires, de dysmorphophobie corporelle, d’anxiété sociale et de rechutes dépressives. Identifier la contingence prédominante d’un patient permet aux psychothérapeutes cognitivo-comportementaux de cibler les schémas cognitifs inconditionnels sous-jacents (ex. « Si je ne suis pas parfait physiquement, je ne vaux rien »).
- Dynamiques interpersonnelles et organisationnelles : En milieu professionnel, la contingence liée à la compétition permet de différencier les profils orientés vers l’excellence intrinsèque de ceux qui recherchent compulsivement la domination sociale au détriment de la coopération et du climat d’équipe.
5. Construit psychologique / Construct
Le concept de contingence de l’estime de soi (contingency of self-worth) désigne un domaine cognitif, comportemental ou relationnel dans lequel une personne a placé l’enjeu de sa valeur propre. La réussite ou l’échec dans ce domaine conditionne directement l’évaluation globale que la personne porte sur elle-même. La CSWS délimite sept construits distincts, opérationnalisés par des groupes d’items indépendants :
1. Approbation d’autrui (Others’ Approval)
Cette dimension mesure dans quelle mesure l’estime de soi dépend du regard, des jugements positifs et de l’acceptation sociale émise par les pairs ou les figures d’autorité. Un individu hautement contingent dans ce domaine subit une érosion immédiate de sa sécurité intérieure dès lors qu’il perçoit une désapprobation ou un rejet social. Exemple typique : le sentiment d’indignité qui surgit si un entourage n’exprime pas d’admiration explicite.
2. Apparence physique (Appearance)
Cette contingence évalue à quel point le sentiment de valeur personnelle est subordonné au fait de se percevoir comme attirant, séduisant ou conforme aux standards esthétiques dominants. Les sujets obtenant des scores élevés consacrent une part considérable de leurs ressources cognitives et temporelles aux soins corporels, au shopping et à l’exercice physique compensatoire, tout en manifestant une vulnérabilité aiguë aux commentaires sur leur poids ou leur morphologie.
3. Compétition sociale (Competition)
Il s’agit de l’indexation de l’estime de soi sur le fait de surpasser autrui, de remporter des victoires comparatives et d’occuper une position dominante dans une hiérarchie donnée (scolaire, sportive ou professionnelle). La valeur du soi n’est pas mesurée par la maîtrise intrinsèque d’une compétence, mais par l’avantage relatif obtenu sur les autres compétiteurs.
4. Compétence académique (Academic Competence)
Cette sous-échelle quantifie l’assujettissement de l’estime de soi aux performances scolaires et universitaires (notes obtenues, mentions, admissions dans des filières sélectives). Les étudiants concernés éprouvent une joie intense lors d’une réussite académique mais interprètent une note médiocre comme une preuve irréfutable de leur médiocrité personnelle globale.
5. Soutien familial (Family Support)
Cette dimension reflète le degré auquel la valeur de soi dépend de l’amour, de l’affection, de la validation et du sentiment d’appartenance reçus de la part des membres de sa famille. L’éloignement émotionnel ou les conflits intrafamiliaux engendrent une détresse identitaire majeure chez les personnes hautement contingentes dans ce domaine.
6. Vertu morale (Virtue)
Ce domaine correspond à l’arrimage de l’estime de soi au respect scrupuleux de principes éthiques, moraux ou déontologiques personnels. Agir en conformité avec ses valeurs fondamentales renforce la dignité et le respect de soi, tandis que la transgression morale engendre une honte profonde et une dépréciation du soi durable.
7. Amour divin / Foi religieuse (God’s Love)
Cette composante évalue dans quelle mesure le sentiment d’avoir une valeur découle de la conviction d’être aimé, accepté et guidé par Dieu ou une puissance transcendante. Contrairement aux contingences interpersonnelles, cette source est souvent perçue par le croyant comme inconditionnelle, ce qui lui confère fréquemment un statut protecteur face aux aléas de la vie quotidienne.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Héritage jamesien et conceptualisation de Crocker
Le socle théorique de la CSWS trouve ses racines historiques dans l’œuvre séminale de William James (1890, The Principles of Psychology). James a formulé la première équation psychologique de l’estime de soi : Estime de soi = Succès / Prétentions. Selon cette vision fondatrice, les échecs dans les domaines où l’individu n’a placé aucune prétention (« pretensions ») n’altèrent nullement l’image de soi. Crocker et Wolfe (2001) ont modernisé cette perspective en théorisant le modèle des contingences d’estime de soi dans le champ de la cognition sociale et de la motivation.
Contraste avec les approches quantitatives et l’autodétermination
Le cadre théorique de Crocker s’est construit en dialogue et parfois en opposition avec d’autres grands paradigmes contemporains :
- Stabilité versus instabilité de l’estime de soi (Michael Kernis) : Tandis que Kernis (1993, 2003) mesure l’instabilité de l’estime de soi de façon quantitative (écart-type des fluctuations quotidiennes répétées), Crocker démontre que cette instabilité est le résultat direct des événements de vie affectant les domaines de contingence actifs d’un individu.
- Théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan) : Selon la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 1995, 2000), l’estime de soi contingente représente une forme de motivation introjectée, où le comportement est régulé par des pressions internes d’auto-approbation et la peur de l’indignité. Crocker affine cette idée en soulignant que toutes les contingences ne sont pas équivalentes : certaines sont résolument externes (exigeant la validation constante de l’environnement physique et social), tandis que d’autres sont plus internes (centrées sur des normes personnelles et des adhésions spirituelles).
Le modèle coût-bénéfice de la quête d’estime de soi
Crocker et Park (2004) ont développé le modèle « The Costly Pursuit of Self-Esteem ». Selon ce modèle, poursuivre l’estime de soi à travers des contingences externes monopolise les ressources attentionnelles et émotionnelles de l’individu, compromet la capacité d’apprentissage (puisque l’erreur devient une menace existentielle plutôt qu’une opportunité didactique), fragilise l’empathie relationnelle et induit un stress physiologique chronique, activant l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien face aux micro-menaces de la vie quotidienne.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de la CSWS ont été rigoureusement documentées à travers des protocoles expérimentaux, transversaux et longitudinaux complexes.
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été établie par Crocker et al. (2003) auprès d’échantillons totalisant plus de 1 400 étudiants universitaires. Les analyses factorielles confirmatoires ont formellement rejeté les modèles alternatifs unidimensionnels ou hiérarchiques à facteur unique de second ordre, confirmant que les sept dimensions représentent des entités psychologiques corrélées mais conceptuellement distinctes. L’analyse des corrélations inter-échelles montre que les sous-échelles se distribuent sur un continuum cohérent : l’approbation d’autrui et l’apparence physique sont fortement associées entre elles, tout comme la vertu morale et l’amour divin.
Validité convergente et discriminante
Des corrélations systématiques avec les instruments établis de la personnalité et de la santé mentale attestent de la validité empirique :
- Relations avec l’estime de soi globale (Échelle de Rosenberg) : Les corrélations entre les scores des sous-échelles de la CSWS et le score global de l’échelle de Rosenberg sont généralement faibles à modérées (variant de -.15 à .25), confirmant que la CSWS ne mesure pas le degré d’estime de soi, mais ses conditions d’émergence.
- Névrosisme et bien-être : Les contingences externes (approbation d’autrui, apparence, compétition) sont positivement et significativement corrélées avec le névrosisme de l’inventaire Big Five (r = .30 à .45) et négativement corrélées avec l’auto-compassion et le bien-être subjectif. Inversement, la contingence liée à la vertu morale et celle de l’amour de Dieu ne montrent aucune corrélation positive avec le névrosisme et s’associent positivement à l’amabilité et à la conscience morale.
- Narcissisme : La sous-échelle de compétition présente une corrélation spécifique et robuste avec le narcissisme grandiose évalué par le NPI (Narcissistic Personality Inventory).
Validité prédictive et écologique
La puissance prédictive de la CSWS s’illustre particulièrement dans des études prospectives en conditions naturelles :
- Candidatures en cycle supérieur (Crocker, Sommers, & Luhtanen, 2002) : Dans une étude prospective auprès d’étudiants postulant en master et doctorat, les variations quotidiennes de l’estime de soi ont été suivies lors de la réception des lettres d’admission ou de rejet. Les étudiants présentant une haute contingence académique ont manifesté des hausses spectaculaires de leur estime de soi les jours d’admission, mais des chutes vertigineuses et l’apparition de symptômes dépressifs aigus les jours de rejet, un phénomène inexistant chez les étudiants dont la contingence académique était faible, même à niveau d’estime de soi global initial équivalent.
- Répartition du temps et des comportements : La sous-échelle de contingence académique prédit spécifiquement le volume d’heures consacrées aux études hebdomadaires, tandis que la contingence liée à l’apparence physique prédit significativement le temps passé au magasinage de vêtements, au toilettage esthétique et à la pratique compulsive du fitness (Crocker et al., 2003).
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques initiales et les réplications indépendantes démontrent une fidélité et une constance métrologique très élevées pour l’ensemble des sept dimensions de la CSWS.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’échantillon initial de développement et de validation (Crocker et al., 2003, N = 1 418), les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour les sept sous-échelles de 5 items chacune ont témoigné d’une excellente homogénéité interne :
- Amour divin (God’s Love) : α = .94 à .96 (l’échelle la plus homogène)
- Apparence physique (Appearance) : α = .80 à .82
- Compétition (Competition) : α = .87 à .89
- Compétence académique (Academic Competence) : α = .79 à .82
- Soutien familial (Family Support) : α = .82 à .85
- Approbation d’autrui (Others’ Approval) : α = .81 à .83
- Vertu morale (Virtue) : α = .72 à .75
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été examinée à différents intervalles temporels. Sur une période de plusieurs mois (au cours d’un semestre académique complet), les coefficients de corrélation test-retest oscillent entre r = .68 et r = .86 selon les sous-échelles, démontrant que les contingences d’estime de soi constituent des dispositions psychologiques relativement stables à l’âge adulte, assimilables à des traits motivationnels durables, tout en conservant une sensibilité aux réorganisations majeures du cours de la vie (ex. transitions identitaires, psychothérapie axée sur les valeurs).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la CSWS a fait l’objet d’un examen empirique exhaustif durant sa conception, combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales
Durant la phase pilote de l’instrument, un pool initial de plus de 100 items couvrant de multiples domaines théoriques de l’expérience humaine a été soumis à des analyses en composantes principales avec rotation oblique (Promax et Oblimin). Les critères d’extraction (valeurs propres supérieures à 1.0, test du coude de Cattell) ont fait émerger de manière récurrente sept facteurs primaires robustes. Les items présentant des saturations croisées substantielles (> .30 sur un facteur secondaire) ou une saturation primaire insuffisante (< .50) ont été éliminés pour aboutir à une version épurée de 35 items (exactement 5 items par facteur).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
La structure à sept facteurs indépendants a été formellement mise à l’épreuve par AFC (Crocker et al., 2003) via des logiciels de modélisation par équations structurelles (LISREL / EQS) sur un échantillon de validation indépendant :
- Qualité de l’ajustement : Le modèle à sept facteurs a affiché des indices d’adéquation statistiques remarquables : le Comparative Fit Index (CFI) a atteint .92, le Tucker-Lewis Index (TLI) .91, et la racine du carré moyen de l’erreur d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) s’est établie à .054 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre .051 et .057), confirmant un ajustement optimal aux données empiriques.
- Comparaison de modèles : Ce modèle théorique à sept facteurs s’est avéré nettement supérieur à un modèle unidimensionnel global (χ² de différence hautement significatif, p < .001, avec un CFI < .50 pour le modèle unifactoriel) ainsi qu’à un modèle bifactoriel scindant uniquement les domaines en « internes » versus « externes ».
- Saturations factorielles (λ) : Toutes les saturations factorielles standardisées des items sur leur facteur respectif sont hautement significatives (p < .001) et substantielles, oscillant majoritairement entre .58 et .91, confirmant que chaque énoncé opérationnalise fidèlement le domaine ciblé.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Dénomination officielle : Contingencies of Self-Worth Scale (CSWS).
- Typologie de l’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapport).
- Domaine d’application : Psychologie de la personnalité, psychologie sociale, psychologie clinique, psychologie scolaire et universitaire.
- Population cible : Adultes et adolescents à partir de 16 ans (initialement standardisé sur des étudiants de premier cycle universitaire).
- Nombre total d’items : 35 propositions déclaratives réparties équitablement en 7 sous-échelles de 5 items.
- Format et échelle de réponse : Échelle de Likert authentique en 7 points :
1 = Strongly disagree(Pas du tout d’accord)
2 = Disagree(Pas d’accord)
3 = Disagree somewhat(Plutôt pas d’accord)
4 = Neutral(Neutre)
5 = Agree somewhat(Plutôt d’accord)
6 = Agree(D’accord)
7 = Strongly agree(Tout à fait d’accord) - Règles de cotation inverse (Reverse scoring) : Les items 7, 10, 16, 21 et 31 sont inversés selon la formule classique pour une échelle en 7 points :
Score_inversé = 8 - Réponse_brute. - Calcul des scores des sous-échelles : Pour chacune des sept contingences, on calcule soit la somme (amplitude de 5 à 35 points), soit la moyenne (amplitude de 1 à 7) des 5 items constitutifs :
– Family Support (Soutien familial) : items 7 (inversé), 10 (inversé), 16 (inversé), 24, 32.
– Competition (Compétition) : items 3, 12, 20, 25, 33.
– Appearance (Apparence physique) : items 1, 4, 17, 21 (inversé), 30.
– God’s Love (Amour divin) : items 2, 6, 8, 18, 26.
– Academic Competence (Compétence académique) : items 13, 19, 22, 27, 34.
– Virtue (Vertu morale) : items 5, 11, 14, 28, 35.
– Others’ Approval (Approbation d’autrui) : items 9, 15, 23, 29, 31 (inversé). - Interprétation : Un score élevé sur une sous-échelle signale que la valeur personnelle dépend fortement des événements se produisant dans ce domaine. Il n’existe pas de score global unique de contingence qui soit pertinent ; l’analyse du profil individualisé constitue la démarche clinique et scientifique requise.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2003 (premiers travaux préliminaires parus en 2001 et 2002).
- Titularité des droits d’auteur : © 2003 American Psychological Association (APA) et Jennifer Crocker.
- Tarifs et accessibilité : L’échelle est mise à la disposition des universitaires, étudiants et praticiens à titre gratuit pour des usages exclusifs de recherche scientifique non commerciale et d’évaluation clinique individuelle.
- Procédure d’autorisation : La reproduction des items dans le cadre d’un protocole de recherche universitaire ne nécessite pas de paiement de redevance, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de référence (Crocker, Luhtanen, Cooper, & Bouvrette, 2003). Toute intégration dans une application logicielle commerciale, un outil d’entreprise payant ou un protocole d’édition à but lucratif requiert l’autorisation formelle écrite préalable de l’American Psychological Association.
12. Références / References
Les publications fondatrices et validations empiriques de la CSWS présentées ci-dessous respectent les normes académiques APA 7e édition :
- Crocker, J., & Luhtanen, R. K. (2003). Level of self-esteem and contingencies of self-worth: Unique and interactive effects on academic problems and stress. Journal of Personality and Social Psychology, 85(5), 909–921. https://doi.org/10.1037/0022-3514.85.5.909
- Crocker, J., Luhtanen, R. K., Cooper, M. L., & Bouvrette, A. (2003). Contingencies of self-worth in college students: Theory and measurement. Journal of Personality and Social Psychology, 85(5), 894–908. https://doi.org/10.1037/0022-3514.85.5.894
- Crocker, J., & Park, L. E. (2004). The costly pursuit of self-esteem. Psychological Bulletin, 130(3), 392–414. https://doi.org/10.1037/0033-2909.130.3.392
- Crocker, J., Sommers, S. R., & Luhtanen, R. K. (2002). Hopes dashed and dreams fulfilled: Contingencies of self-worth and graduate school admissions. Personality and Social Psychology Bulletin, 28(9), 1275–1286. https://doi.org/10.1177/01461672022812012
- Crocker, J., & Wolfe, C. T. (2001). Contingencies of self-worth. Psychological Review, 108(3), 593–623. https://doi.org/10.1037/0033-295X.108.3.593
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1995). Human autonomy: The basis for true self-esteem. Dans M. H. Kernis (Éd.), Efficacy, agency, and self-esteem (p. 31–49). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-1280-0_3
- Kernis, M. H. (2003). Toward a conceptualization of optimal self-esteem. Psychological Inquiry, 14(1), 1–26. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1401_01
- Park, L. E., & Crocker, J. (2005). Interpersonal consequences of seeking self-esteem. Dans Interpersonal cognition (p. 350–378). The Guilford Press.
- Sanchez, D. T., & Crocker, J. (2005). How investing self-esteem in appearance solves the problem of what to wear. Self and Identity, 4(1), 77–92. https://doi.org/10.1080/13576500444000173
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
INSTRUCTIONS: Please respond to each of the following statements by circling your answer using the scale from 1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree. If you haven’t experienced the situation described in a particular statement, please answer how you think you would feel if that situation occurred.
Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Disagree somewhat, 4 = Neutral, 5 = Agree somewhat, 6 = Agree, 7 = Strongly agree)
- When I think I look attractive, I feel good about myself.
- My self-worth is based on God’s love.
- I feel worthwhile when I perform better than others on a task or skill.
- My self-esteem is unrelated to how I feel about the way I look.
- Doing something I know is wrong makes me lose my self-respect.
- I don’t care if other people have a negative opinion of me.
- Knowing that my family members respect me does nothing to help with my self-esteem.
- I feel worthwhile when I have God’s approval.
- I can’t respect myself if others don’t respect me.
- My self-worth is not influenced by the quality of my relationships with my family members.
- My self-esteem would suffer if I didn’t have any moral standards.
- Doing better than others gives me a sense of self-respect.
- Doing well in school gives me a sense of self-respect.
- Doing something that goes against my values makes me feel bad about myself.
- My self-esteem depends on what others think of me.
- When I don’t feel loved by my family, my self-esteem doesn’t suffer.
- My self-esteem is influenced by how attractive I think my face or body looks to others.
- My self-esteem would suffer if I didn’t have God’s love.
- Being pleased with my academic accomplishment is important to my self-worth.
- Feeling that I can do something better than other people gives me a feeling of self-worth.
- My self-esteem would not be affected if someone told me I was unattractive.
- I feel bad about myself whenever my academic performance is less than ideal.
- I don’t care about the opinions that other people have of me.
- Knowing that my family loves me gives me a feeling of self-worth.
- Knowing that I am better than other people in something helps me to feel better about myself.
- My feeling of self-worth is influenced by my sense of God’s love for me.
- I feel bad about myself when I fail to fulfill my academic duties.
- Maintaining my moral standards is important to my self-esteem.
- What others think of me has no effect on what I think of myself.
- My self-esteem is influenced by how attractive I look.
- I feel worthy of respect even if other people have a low opinion of me.
- My self-worth is not influenced by how much I feel my family cares about me.
- I feel worthwhile when I am better than others at what I do.
- Feeling good about myself depends on doing well in school.
- My self-esteem is influenced by how well I live up to my moral standards.