Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels

L’Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels (SexKen), créée par Marita P. McCabe, évalue de manière approfondie et multidimensionnelle la sexualité des personnes issues de la population générale, ayant une déficience intellectuelle ou un handicap physique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels (couramment désignée sous l’acronyme SexKen, pour Sexual Knowledge, Experience, Feelings, and Needs Scale) est un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer de manière exhaustive la vie sexuelle, les compétences cognitives relatives à la sexualité, les pratiques vécues, les affects associés et les attentes affectives et relationnelles des individus. Développée initialement par la professeure Marita P. McCabe au sein de l’Université Deakin en Australie, l’échelle a vu le jour en réponse à une lacune majeure dans la littérature scientifique et clinique : l’absence d’outils standardisés et adaptés permettant de mesurer la sexualité des personnes présentant une déficience intellectuelle légère.

Face à la complexité des facteurs biopsychosociaux qui modulent l’expression de la sexualité, la batterie SexKen a été déclinée en quatre versions parallèles : la version standard pour la population générale (SexKen), la version adaptée sous forme d’entretien clinique pour les personnes ayant une déficience intellectuelle légère (SexKen-ID), la version destinée aux personnes ayant un handicap physique (SexKen-PD), et la version hétéro-évaluative pour les aidants professionnels et familiaux (SexKen-C). L’instrument évalue treize sous-échelles thématiques (amitié, rendez-vous amoureux et intimité, mariage, identification des parties du corps, éducation sexuelle, menstruation, interactions sexuelles, contraception, grossesse et accouchement, infections sexuellement transmissibles, masturbation et homosexualité). Au sein de chaque sous-échelle, quatre dimensions fondamentales sont investiguées : les connaissances (questions ouvertes cotées de 0 à 2 selon l’exactitude), les expériences (comportements réels rapportés), les sentiments (affects, attitudes et confort émotionnel évalués sur échelle de Likert) et les besoins (aspirations et désirs de formation ou d’épanouissement). Administrable en auto-questionnaire (environ 60 minutes) ou par entretien structuré progressif en trois sessions successives pour limiter l’intrusion psychologique, l’outil présente des propriétés psychométriques robustes, assurant une concordance inter-juges élevée, une bonne fidélité test-retest et une sensibilité clinique essentielle pour le respect des droits sexuels et la prévention des abus.

2. Mots-clés / Keywords

Sexualité humaine, Psychométrie, Déficience intellectuelle, SexKen, Évaluation sexologique, Connaissances sexuelles, Besoins affectifs, Handicap et sexualité, Échelle de McCabe, Santé sexuelle, Éducation à la sexualité, Auto-évaluation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et développée par la chercheuse et psychologue clinicienne australienne :

  • Marita P. McCabe, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie, directrice de recherche en psychologie clinique et de la santé, School of Psychology, Deakin University, Burwood Highway, Burwood, Victoria 3125, Australie. Courriel institutionnel : [email protected].

Les travaux méthodologiques et de validation ont également bénéficié des collaborations régulières de chercheurs renommés de l’Université Deakin, notamment le professeur Robert A. Cummins (spécialiste international du bien-être et de la qualité de vie) et d’équipes de recherche associées telles que Susan B. Reid et Alex Szollos, qui ont contribué aux études d’évaluation des perceptions comparées entre usagers et intervenants institutionnels.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Sexual Knowledge, Experience, Feelings, and Needs Scale (SexKen) est d’offrir une cartographie systématique, nuancée et exempte de préjugés des différentes facettes de la vie affective et sexuelle d’une personne. Historiquement, l’évaluation de la sexualité chez les populations marginalisées ou vulnérables — en particulier les adultes présentant des troubles du neurodéveloppement ou une déficience intellectuelle légère — a été marquée par une approche réductrice, focalisée de manière disproportionnée sur la gestion des comportements problématiques, l’inhibition des pulsions ou la prévention hygiéniste des risques (maladies infectieuses et grossesses non désirées). Le SexKen a été expressément conçu pour renverser ce paradigme déficitaire en adoptant une perspective holistique intégrant le bien-être émotionnel, la réciprocité relationnelle, le droit au plaisir et l’autonomie personnelle.

Sur le plan clinique, l’instrument permet :

  • L’identification précise des lacunes cognitives : mesurer avec exactitude ce que le sujet comprend de l’anatomie, des mécanismes physiologiques de la reproduction, des méthodes de contraception et des modes de transmission des infections sexuellement transmissibles (IST), afin d’élaborer des programmes d’éducation sexuelle sur mesure.
  • La détection des discordances psycho-affectives : évaluer si une personne s’engage dans des conduites sexuelles sans posséder le cadre conceptuel suffisant pour formuler un consentement éclairé, ou à l’inverse, si elle ressent des désirs relationnels intenses qui demeurent insatisfaits faute d’opportunités d’intégration sociale.
  • L’évaluation des disparités perceptuelles (aidants vs usagers) : grâce à la version parallèle SexKen-C, confronter les réponses du sujet à celles de ses soignants, éducateurs ou tuteurs légaux. Les recherches ont fréquemment démontré que le personnel soignant et les familles ont tendance à sous-estimer drastiquement les connaissances et les désirs affectifs des personnes avec un handicap, tout en surestimant leur vulnérabilité, ce qui conduit à des attitudes surprotectrices ou restrictives injustifiées.
  • La prévention et l’intervention post-traumatique : servir d’outil diagnostique lors de soupçons d’abus sexuel ou dans le suivi post-agression, en évaluant si le comportement ou les connaissances manifestés par l’usager résultent d’une exposition précoce et traumatique à des actes sexuels inappropriés.

Dans le domaine de la recherche, la mise au point de versions parallèles strictement calibrées permet des comparaisons épidémiologiques rigoureuses entre la population générale (SexKen), les personnes présentant une déficience intellectuelle (SexKen-ID), les individus vivant avec des incapacités physiques motrices ou sensorielles (SexKen-PD) et l’environnement soignant (SexKen-C). Cette symétrie d’évaluation est indispensable pour tester des hypothèses scientifiques quant aux déterminants psychosociaux de l’épanouissement sexuel et à l’impact des barrières institutionnelles sur la santé reproductive.

5. Construit psychologique / Construct

L’architecture conceptuelle du SexKen repose sur un modèle matriciel à double entrée croisant des domaines thématiques de la sexualité avec des dimensions fonctionnelles psychologiques. L’échelle postule que la sexualité humaine ne peut être réduite à la simple pulsion ou à l’acte copulatoire ; elle s’exprime à travers un continuum allant de l’amitié platonique à l’engagement érotique complexe.

Les quatre dimensions fonctionnelles explorées dans chaque sous-échelle sont :

  1. Les Connaissances (Knowledge) : Cette dimension cognitive évalue l’exactitude des informations détenues par le sujet. Contrairement aux questionnaires à choix multiples classiques où les participants peuvent deviner les réponses au hasard ou acquiescer passivement, cette composante utilise des questions ouvertes nécessitant une formulation verbale explicite (ex. expliquer ce qu’est la contraception, expliciter le rôle des préservatifs, décrire les étapes de l’accouchement).
  2. L’Expérience (Experience) : Cette composante comportementale quantifie l’engagement effectif du sujet dans des activités spécifiques, qu’il s’agisse de comportements sociaux (aller à un rendez-vous amoureux, sortir avec des amis), corporels (se masturber) ou relationnels explicites (baisers intimes, caresses sexuelles, rapports avec pénétration).
  3. Les Sentiments (Feelings) : Cette dimension affective et attitudinale mesure les réponses émotionnelles, le niveau de confort, les jugements moraux intériorisés et l’anxiété liés à chaque facette de la sexualité. Elle évalue si le sujet perçoit un comportement donné comme positif, honteux, effrayant, désirable ou indifférent.
  4. Les Besoins (Needs) : Cette composante motivationnelle explore les aspirations de la personne, son souhait d’acquérir davantage de connaissances, son désir de modifier sa situation affective actuelle (vouloir se marier, souhaiter avoir des partenaires intimes) ou son besoin d’assistance et d’accompagnement spécialisé.

Ces quatre dimensions sont déclinées à travers les sous-échelles thématiques de l’instrument :

  • Amitié (Friendship – 23 items) : Explore la sociabilité de base, la capacité à distinguer un ami d’un inconnu, les activités partagées, les sentiments de soutien et le besoin d’élargir son cercle relationnel.
  • Rendez-vous et intimité (Dating and Intimacy – 16 items) : Mesure la compréhension de la séduction, les expériences de flirt, les sentiments suscités par la proximité amoureuse et le désir de développer des liens de couple.
  • Mariage et engagement (Marriage – 16 items) : Analyse la perception légale et émotionnelle de l’union conjugale, les représentations normatives du mariage et le désir d’engagement durable.
  • Identification des parties du corps (Body Part Identification – 21 items) : Évalue exclusivement la dimension cognitive via la reconnaissance anatomique précise des organes génitaux masculins et féminins et des zones érogènes, un prérequis indispensable pour l’éducation sexuelle et le recueil de témoignages médico-légaux.
  • Sexualité et éducation sexuelle (Sex and Sex Education – 16 items) : Sonde les sources d’information formelles et informelles, les tabous perçus et le souhait d’accéder à des programmes pédagogiques adaptés.
  • Menstruation (Menstruation – 16 items) : Examine les connaissances physiologiques, la gestion pratique des règles, la détresse émotionnelle ou la gêne associée et le besoin de soutien hygiénique.
  • Interactions sexuelles (Sexual Interaction – 52 items) : Sous-échelle centrale la plus vaste, évaluant la variété des actes érotiques (caresses, préliminaires, rapports bucco-génitaux, coït vaginal et anal), l’expérience vécue, le plaisir ressenti, la gestion du consentement et les attentes physiques.
  • Contraception (Contraception – 19 items) : Évalue la maîtrise des méthodes contraceptives (pilule, préservatif, dispositifs intra-utérins), leur utilisation pratique, le sentiment de sécurité associé et le besoin d’information médicale.
  • Grossesse, avortement et accouchement (Pregnancy, Abortion and Childbirth – 24 items) : Couvre la physiologie reproductive, la parentalité, les décisions liées à l’interruption volontaire de grossesse et les désirs de procréation.
  • Infections sexuellement transmissibles (Sexually Transmitted Diseases – 19 items) : Mesure l’identification des IST (VIH/Sida, herpès, etc.), la connaissance des modes de transmission, la peur de l’infection et le besoin de dépistage.
  • Masturbation (Masturbation – 16 items) : Explore l’auto-érotisme, la fréquence des conduites solitaires, les notions d’intimité spatiale (lieux privés vs lieux publics), les sentiments de culpabilité ou d’apaisement et l’acceptation de soi.
  • Homosexualité (Homosexuality – 10 items) : Évalue la compréhension des orientations sexuelles diverses, les expériences homosexuelles ou bisexuelles, les attitudes de tolérance ou l’homophobie intériorisée et l’expression des attirances envers des personnes du même sexe.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement du SexKen s’inscrit au carrefour de plusieurs courants théoriques majeurs : la théorie biopsychosociale de la sexualité (George L. Engel), les approches de l’apprentissage social et cognitif (Albert Bandura) et les paradigmes contemporains de la normalisation et de la valorisation des rôles sociaux appliqués au handicap (Wolf Wolfensberger).

Historiquement, les personnes institutionnalisées ou porteuses d’une déficience intellectuelle ont subi une double stigmatisation théorique : soit elles étaient perçues selon le mythe de l’« éternel enfant » asexué, dénué de tout désir ou capacité érotique ; soit elles étaient dépeintes comme des êtres hypersexuels incapables d’inhiber leurs pulsions et représentant un danger pour l’ordre public. En s’appuyant sur les travaux de Wolfensberger relatifs au principe de normalisation, Marita McCabe a postulé que la sexualité est un besoin humain fondamental et universel, indépendant du quotient intellectuel. Dès lors, les carences observées dans cette population ne résultent pas d’un déficit biologique inhérent, mais d’une privation environnementale systématique de socialisation, d’accès à l’information et d’espaces d’intimité légitimes.

Sur le plan cognitivo-comportemental, le modèle théorique sous-jacent au SexKen distingue rigoureusement la performance comportementale de la compétence cognitive. Conformément à la théorie de Bandura, l’acquisition de comportements sexuels appropriés nécessite non seulement des connaissances théoriques, mais aussi des modèles d’observation, des opportunités d’expérimentation guidée et un sentiment d’auto-efficacité personnelle (self-efficacy). Si une personne ne comprend pas le concept d’intimité spatiale (savoir fermer la porte de sa chambre lors de la masturbation), elle risque d’être injustement sanctionnée pour exhibitionnisme alors qu’il s’agit d’un simple déficit d’apprentissage sociocognitif.

De surcroît, le SexKen intègre les théories de la communication adaptative et de la méthodologie d’interrogatoire développées par Carol Sigelman et ses collaborateurs (1982). Ces chercheurs ont mis en évidence que les personnes ayant une déficience intellectuelle sont particulièrement vulnérables aux biais de complaisance (acquiescement systématique aux questions fermées « oui/non ») et aux difficultés de traitement sémantique abstrait. McCabe a donc structuré l’instrument de façon à ce que l’évaluation des connaissances repose sur une production verbale descriptive active plutôt que sur la simple reconnaissance passive, réduisant drastiquement les faux positifs liés au hasard ou à la suggestibilité.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique du SexKen a été établie à travers un processus rigoureux et itératif combinant analyses qualitatives d’experts, études pilotes et comparaisons de groupes contrastés sur plusieurs décennies de recherche clinique (McCabe, 1993 ; McCabe & Cummins, 1996 ; Szollos & McCabe, 1995).

Validité de contenu et d’apparence

La validité de contenu a fait l’objet de trois révisions successives substantielles. Lors de la phase initiale, la version originale comprenait des questions formulées à partir de questionnaires préexistants pour la population générale. Une première mise à l’épreuve auprès de cinq personnes ayant une déficience intellectuelle, assortie d’une consultation d’un panel d’experts (sexologues cliniciens, psychométriciens, éducateurs spécialisés et personnels soignants institutionnels), a mis en lumière de nombreux écueils sémantiques. Conformément aux recommandations de Sigelman et al. (1982), la syntaxe a été simplifiée, le vocabulaire idiomatique ou abstrait a été éliminé, et les questions ambiguës ont été reformulées. Une étude pilote ultérieure portant sur 25 adultes avec déficience intellectuelle légère, 39 étudiants universitaires et 10 professionnels du secteur médico-social (Szollos & McCabe, 1995) a permis de supprimer les items générant des incompréhensions systématiques et d’affiner les critères de cotation des réponses ouvertes.

Validité convergente et discriminante

À l’époque de la publication princeps de l’échelle, aucune autre mesure standardisée de la sexualité n’existait pour les populations vivant avec un handicap intellectuel, ce qui limitait l’utilisation de tests de corrélation directe pour la validité convergente. Toutefois, la validité de construit a été amplement confirmée par la méthode des groupes contrastés :

  • Différenciation inter-groupes : Les données recueillies auprès de 100 adultes de la population générale, 60 adultes avec handicap physique et 60 adultes avec déficience intellectuelle légère ont montré des profils de scores nettement différenciés. Les personnes ayant une déficience intellectuelle présentaient des scores de connaissances significativement plus faibles sur l’ensemble des sous-échelles anatomiques, contraceptives et relatives aux IST ($p < 0,001$), tout en exprimant des niveaux de besoins affectifs et relationnels équivalents à ceux de la population générale.
  • Validité discriminante des sous-domaines : Les corrélations entre les quatre dimensions (Connaissances, Expérience, Sentiments, Besoins) au sein d’une même sous-échelle se sont avérées modérées à faibles ($r$ variant généralement de $0,15$ à $0,42$), confirmant qu’il s’agit bien d’entités psychologiques distinctes : posséder des connaissances théoriques sur un acte sexuel n’implique ni sa pratique effective, ni un sentiment positif à son égard.

Sensibilité clinique et validité écologique

Dans l’étude empirique de McCabe, Cummins et Reid (1994) consacrée aux abus sexuels subis par les personnes avec un handicap intellectuel, le SexKen a fait preuve d’une excellente sensibilité clinique pour détecter des connaissances érotiques atypiques et précoces chez des sujets ayant été victimes d’agressions, validant ainsi la capacité de l’outil à refléter fidèlement le vécu expérientiel des personnes interrogées.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité du SexKen englobe la consistance interne de ses sous-échelles et la stabilité temporelle de ses scores (fidélité test-retest), mesurées dans des conditions standardisées.

Consistance interne

La consistance interne des différentes sous-échelles a été calculée à l’aide du coefficient alpha de Cronbach. Compte tenu de la nature hétérogène de certains sous-domaines (notamment ceux contenant des questions d’expérience comportementale pure qui ne forment pas nécessairement une échelle unidimensionnelle cumulative), les valeurs d’alpha varient selon les dimensions :

  • Pour les sections Connaissances (Knowledge), qui constituent des échelles d’aptitude homogènes (ex. identification des parties du corps, contraception, maladies sexuellement transmissibles), les coefficients alpha de Cronbach oscillent généralement entre 0,78 et 0,91 à travers les groupes d’échantillonnage, témoignant d’une excellente cohérence interne.
  • Pour les sections Sentiments (Feelings) mesurées par échelles de type Likert, la cohérence interne est robuste, avec des valeurs d’alpha comprises entre 0,72 et 0,86.
  • Pour les sections Expérience et Besoins, qui regroupent des inventaires d’activités factuelles non nécessairement covariantes (par exemple, le fait d’avoir embrassé un partenaire n’implique pas obligatoirement d’avoir eu un rapport sexuel complet), les coefficients sont plus modestes mais demeurent cliniquement acceptables, variant entre 0,65 et 0,79.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été documentée lors d’études longitudinales sur des sous-échantillons de 30 participants par groupe clinique (population générale, déficience intellectuelle, handicap physique) réévalués à un intervalle standard de deux à quatre semaines :

  • Les coefficients de corrélation test-retest pour les scores de connaissances se situent entre $r = 0,81$ et $r = 0,93$ ($p < 0,001$), indiquant une remarquable stabilité des acquis cognitifs en l'absence d'intervention éducative intermédiaire.
  • Les scores d’expérience montrent une stabilité quasi parfaite ($r > 0,88$), ce qui confirme la constance des déclarations biographiques des participants.
  • Les scores relatifs aux sentiments et aux besoins présentent des corrélations test-retest oscillant entre $r = 0,68$ et $r = 0,82$, reflétant une stabilité substantielle tout en restant sensibles aux fluctuations affectives situationnelles.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle du SexKen a été explorée principalement par des analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation varimax et oblique (promax), complétées ultérieurement par des modélisations confirmatoires (AFC) sur les sous-échelles disposant d’un volume d’items suffisant.

Structure multidimensionnelle des domaines

Les analyses factorielles conduites sur les items de connaissances confirment l’émergence de facteurs bien différenciés qui recoupent étroitement l’organisation théorique du test :

  • Facteur 1 : Connaissances anatomo-physiologiques et reproductives : regroupe les saturations les plus fortes sur les items d’identification corporelle, de menstruation, de grossesse et d’accouchement (saturations factorielles allant de 0,54 à 0,82).
  • Facteur 2 : Pratiques sexuelles et prévention : capture la variance partagée des items de contraception, de maladies transmissibles et des composantes techniques de l’interaction sexuelle (saturations de 0,48 à 0,76).
  • Facteur 3 : Relations interpersonnelles et intimité affective : regroupe les items portant sur l’amitié, les rendez-vous amoureux et le mariage (saturations de 0,51 à 0,79).

Analyse factorielle des composantes affectives (Feelings)

L’analyse des items évaluant les sentiments au sein des sous-échelles d’interaction sexuelle et de masturbation a mis en évidence une structure bipolaire nette :

  • Un facteur de Confort et Valorisation Érotique (items exprimant le plaisir, la détente, le bonheur, la fierté d’être aimé), avec des saturations supérieures à 0,60.
  • Un facteur d’Anxiété et Culpabilité Sexuelle (items reflétant la honte, la peur du jugement, l’inconfort corporel et la gêne morale), saturant entre 0,55 et 0,78.

Ces résultats statistiques ont justifié le maintien de l’architecture modulaire de l’instrument, démontrant que les sous-échelles ne peuvent être amalgamées en un score composite global unique sans occulter des variations fondamentales du profil psychologique de l’individu.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration et la structure de l’instrument obéissent à des règles de passation standardisées spécifiquement conçues pour optimiser la validité des réponses :

Versions parallèles de l’instrument

  • SexKen : Auto-questionnaire destiné aux adultes de la population générale (durée : environ 60 minutes).
  • SexKen-ID : Protocole d’entretien semi-structuré en face-à-face destiné aux personnes présentant une déficience intellectuelle légère.
  • SexKen-PD : Questionnaire adapté aux personnes en situation de handicap physique ou moteur.
  • SexKen-C : Questionnaire d’hétéro-évaluation complété par les aidants (parents, éducateurs, soignants) évaluant la sexualité de la personne accompagnée.

Organisation des entretiens pour le SexKen-ID

Afin de minimiser l’anxiété et de préserver l’intimité psychologique du sujet, le SexKen-ID est obligatoirement scindé en trois entretiens successifs d’environ une heure chacun, organisés selon un gradient d’intrusion croissant :

  • Entretien 1 (Intrusion minimale) : Comprend les sous-échelles Amitié, Rendez-vous et intimité, Mariage et Identification des parties du corps.
  • Entretien 2 (Intrusion intermédiaire) : Comprend les sous-échelles Sexualité et éducation sexuelle, Menstruation, Interactions sexuelles, Contraception et Grossesse, avortement et accouchement.
  • Entretien 3 (Intrusion maximale / Domaines sensibles) : Comprend les sous-échelles Infections sexuellement transmissibles, Masturbation et Homosexualité.

Règle de progression clinique : À l’issue de chaque entretien, des questions de contrôle des connaissances déterminent si le participant possède les repères conceptuels minimaux nécessaires pour aborder l’entretien suivant sans inconfort éthique ou confusion cognitive.

Système de cotation des réponses

  • Items de Connaissances (Knowledge) : Questions ouvertes évaluées selon une grille d’exactitude : 0 = Réponse inexacte, absente ou inintelligible ; 1 = Réponse partiellement exacte ou incomplète ; 2 = Réponse pleinement exacte et explicite.
  • Items d’Expérience (Experience) : Questions dichotomiques fermées cotées 1 (Non) ou 2 (Oui), complétées pour certains items par des fréquences ou des choix de modalités d’activités (items qualitatifs non sommés).
  • Items de Sentiments (Feelings) : Évalués sur une échelle de Likert en 5 points (de 1 = « Pas du tout d’accord / Très inconfortable » à 5 = « Tout à fait d’accord / Très confortable »).
  • Items de Besoins (Needs) : Évalués soit sous format dichotomique (1/2), soit sur échelle ordinale de 1 à 5 mesurant l’intensité du désir d’apprentissage ou d’accompagnement.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication princeps : 1993 – 1995 (publications initiales de validation par McCabe, Cummins et Szollos).
  • Statut des droits d’auteur : L’échelle, son manuel de passation et les grilles officielles de cotation sont protégés par le droit d’auteur (Copyright © Marita P. McCabe / Deakin University).
  • Conditions d’accès et d’utilisation : L’instrument n’est pas commercialisé par un éditeur de tests payant grand public. Il est mis à la disposition des cliniciens qualifiés, des sexologues et des équipes de recherche académique sur demande formelle adressée directement à l’auteure principale (Prof. Marita P. McCabe, Deakin University).
  • Tarification : Généralement disponible sans frais commerciaux pour les projets de recherche à visée non lucrative et les travaux de thèse universitaire, sous réserve de respecter l’intégrité de la cotation et de citer adéquatement les sources bibliographiques.

12. Références / References

Les publications fondatrices suivantes documentent l’élaboration, la validation et les applications empiriques de l’échelle :

  • McCabe, M. P. (1993). Sex education programs for people with intellectual disability: How effective are they? Education and Training in Mental Retardation, 28(4), 327–334. https://www.jstor.org/stable/23878939
  • McCabe, M. P., & Cummins, R. A. (1996). The sexual knowledge, experience, feelings and needs of people with mild intellectual disability. Education and Training in Mental Retardation and Developmental Disabilities, 31(1), 13–22. https://www.jstor.org/stable/23879058
  • McCabe, M. P., Cummins, R. A., & Reid, S. B. (1994). An empirical study of the sexual abuse of people with intellectual disability. Sexuality and Disability, 12(4), 297–306. https://doi.org/10.1007/BF02599026
  • Sigelman, C. K., Budd, E. C., Winer, J. L., Schoenrock, C. J., & Martin, P. W. (1982). Evaluating alternative techniques of questioning mentally retarded persons. American Journal of Mental Deficiency, 86(5), 511–518. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/7081515/
  • Szollos, A., & McCabe, M. P. (1995). The sexuality of people with mild intellectual disabilities: Perceptions of clients and caregivers. Australia and New Zealand Journal of Developmental Disabilities, 20(3), 205–222. https://doi.org/10.1080/07263869500035571

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: This scale is administered either as an interview or a self-administered questionnaire. For each topic, answer the questions asking about what you know, your past experiences, your personal feelings, and your future needs or wishes.
Response Scale: Knowledge: 3-point scoring (0 = incorrect/no answer, 1 = partially correct, 2 = correct); Feelings & Needs: 5-point Likert scale (1 = strongly disagree / very uncomfortable to 5 = strongly agree / very comfortable); Experience: dichotomous (Yes/No) or frequency ratings.
1

Due to the copyrighted nature and extensive length of the full clinical interview battery (over 240 items across 13 content domains: Friendship, Dating and Intimacy, Marriage, Body Part Identification, Sex and Sex Education, Menstruation, Sexual Interaction, Contraception, Pregnancy/Abortion/Childbirth, Sexually Transmitted Diseases, Masturbation, Homosexuality, and Sexual Abuse), representative item structures across core subscales include:
2

[Body Part Identification – Knowledge]
1

Can you point to or name the parts of the body that are private or sexual?
2

What is the name of this part of a man's body? [Interviewer points to penis on diagram]
3

What is the name of this part of a woman's body? [Interviewer points to breasts/vagina on diagram]
4

[Dating and Intimacy]
4

What does going on a date mean? (Knowledge)
5

Have you ever been on a date with someone you like? (Experience)
6

How comfortable do you feel holding hands or hugging someone you like? (Feelings)
7

Do you want to go on more dates or have romantic relationships? (Needs)
8

[Sexual Interaction]
8

What does having sexual intercourse mean? (Knowledge)
9

Have you ever had sexual intercourse? (Experience)
10

How do you feel about engaging in sexual intercourse? (Feelings)
11

Do you feel a need to have sexual intercourse or physical intimacy? (Needs)
12

[Contraception]
12

What can a person use to avoid getting pregnant during sex? (Knowledge)
13

What is a condom and how is it used? (Knowledge)
14

Have you ever used contraception or condoms? (Experience)
15

[Masturbation]
15

What does masturbation mean? (Knowledge)
16

Have you ever touched your own private parts to feel good (masturbated)? (Experience)
17

How do you feel about masturbation? (Feelings)
18

Do you feel the need to masturbate? (Needs)
19

[Sexually Transmitted Diseases]
19

What are sexually transmitted infections or diseases? (Knowledge)
20

How can someone protect themselves from getting a sexually transmitted disease? (Knowledge)
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-connaissances-experiences-sentiments-et-besoins-sexuels-sexken
Looti, Mohammed. “Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-connaissances-experiences-sentiments-et-besoins-sexuels-sexken.
Looti, Mohammed. “Échelle des connaissances, expériences, sentiments et besoins sexuels.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-connaissances-experiences-sentiments-et-besoins-sexuels-sexken.