1. Résumé / Abstract
L’Échelle des composantes sociales de l’anxiété liée à la retraite (en anglais, Social Components of Retirement Anxiety Scale — SCRAS) a été développée et validée par Wesley L. Fletcher et Robert O. Hansson en 1991 au sein de l’Université de Tulsa. Cet instrument psychométrique évalue spécifiquement les appréhensions d’ordre psychosocial, relationnel et identitaire éprouvées par les individus à l’approche de la cessation d’activité professionnelle. Si les recherches sur la retraite ont historiquement accordé une attention disproportionnée aux variables financières et physiologiques, la SCRAS répond à un besoin fondamental de mesurer les dynamiques relationnelles complexes qui conditionnent l’adaptation à cette transition de vie majeure. Composé de 23 items auto-rapportés et étalonnés selon une échelle de Likert en cinq points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 5 = « fortement d’accord »), l’outil génère un score composite variant de 23 à 115, les scores les plus élevés témoignant d’une détresse accrue et d’un niveau supérieur d’anxiété sociale anticipée face à la retraite.
Le programme de validation originel a mobilisé quatre études empiriques consécutives combinant des cohortes variées de travailleurs âgés de 50 ans et plus, issus d’entreprises manufacturières, d’institutions bancaires, d’organismes municipaux, de centres hospitaliers et de réseaux universitaires. Une analyse en composantes principales (ACP) avec rotation Varimax menée sur un échantillon combiné de 461 participants (Études 3 et 4) a mis en évidence une structure quadri-factorielle robuste : (1) l’Intégration sociale (Social Integration), (2) l’Ajustement social et l’endurance (Social Adjustment/Hardiness), (3) l’Épuisement social anticipé (Anticipated Social Exhaustion), et (4) la Perte d’amitiés professionnelles (Lost Friendships). L’instrument démontre une cohérence interne remarquable (coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,84 et 0,90 selon les études ; corrélations de bissection de Guttman de 0,82) ainsi qu’une excellente validité de construit, convergente et discriminante, établie via des corrélations substantielles avec l’échelle de solitude d’UCLA, l’affectivité négative (PANAS) et des indices d’implication professionnelle.
2. Mots-clés / Keywords
Anxiété liée à la retraite, composantes sociales, transition de vie, identité professionnelle, gérontologie sociale, isolement social, rupture relationnelle, psychométrie, ajustement psychosocial, vieillissement au travail, fin de carrière, soutien social perçu.
3. Auteurs / Authors
La SCRAS est le résultat des travaux conjoints de deux chercheurs éminents en psychologie du vieillissement et du travail rattachés au Département de psychologie de l’Université de Tulsa (Oklahoma, États-Unis) :
- Wesley L. Fletcher, Ph.D. : Psychologue spécialisé dans la psychologie du développement adulte, les transitions de fin de carrière et les processus d’adaptation sociale des travailleurs vieillissants. Ses travaux ont porté sur l’évaluation quantitative des craintes associées au désengagement professionnel et à l’impact des réseaux interpersonnels sur la santé mentale des préretraités.
- Robert O. Hansson, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Tulsa. Chercheur de renommée internationale dans les domaines du deuil, des relations interpersonnelles, de la solitude, du vieillissement au travail et de la résilience psychologique face aux pertes de rôles sociaux. Le Pr Hansson a consacré une grande partie de sa carrière à conceptualiser la manière dont les compétences relationnelles protègent les personnes âgées contre l’exclusion sociale et le déclin cognitivo-affectif.
4. Objectif / Purpose
Fondements et genèse de l’outil
L’objectif central de l’Échelle des composantes sociales de l’anxiété liée à la retraite est d’isoler et de quantifier précisément les sources de détresse psychologique spécifiquement enracinées dans la sphère relationnelle et sociosymbolique lors du passage à la retraite. Historiquement, la préparation à la retraite s’est focalisée presque exclusivement sur des considérations matérielles, telles que la viabilité des rentes de retraite, la couverture d’assurance médicale ou les pathologies physiques émergentes. Cependant, les observations cliniques et sociologiques démontraient de manière récurrente qu’un capital économique élevé ne suffisait pas à prémunir les individus contre des décompensations dépressives, une anxiété généralisée ou un sentiment de déréliction consécutifs à la cessation de l’activité professionnelle.
Le milieu professionnel ne représente pas seulement une source de rémunération ; il constitue un dispositif structurant fondamental de la temporalité quotidienne, une matrice privilégiée d’interactions sociales spontanées, un pourvoyeur d’estime de soi et le vecteur premier du statut social dans les sociétés contemporaines. La SCRAS a ainsi été élaborée pour combler une lacune diagnostique majeure : l’absence d’outils standardisés capables d’évaluer le sentiment d’aliénation imminente, la peur de l’inutilité sociale, l’effritement anticipé des liens d’amitié forgés au travail et la crainte de devenir une charge pour son entourage familial.
Applications en recherche et en pratique clinique
Les applications de cet instrument sont multiples et traversent plusieurs disciplines :
- Conseil préretraite et psychologie organisationnelle : Permet aux conseillers en gestion de carrière, aux psychologues du travail et aux départements de ressources humaines d’identifier les collaborateurs vulnérables bien avant le jour effectif du départ. L’identification précoce de scores élevés sur les dimensions d’anxiété permet de proposer des modules d’accompagnement individualisés axés sur le développement de nouveaux réseaux associatifs, la diversification des centres d’intérêt et le travail sur la flexibilité identitaire.
- Psychothérapie et gérontologie clinique : Offre aux cliniciens un cadre diagnostique pour explorer les pensées automatiques catastrophistes liées à l’isolement, à la honte de l’inactivité ou au sentiment d’être un fardeau pour le conjoint et les enfants, favorisant une restructuration cognitive ciblée.
- Recherche épidémiologique et sociologique : Facilite l’investigation des déterminants longitudinaux de la morbidité et de la mortalité post-retraite. L’anxiété sociale anticipée mesurée par la SCRAS s’avère un puissant prédicteur d’une trajectoire d’inadaptation, d’une consommation accrue de substances psychoactives et d’une dégradation de la santé physique après le départ en retraite.
5. Construit psychologique / Construct
L’anxiété liée aux composantes sociales de la retraite est un construit multidimensionnel qui reflète une anticipation aversive globale quant à la dégradation de la vie sociale, du capital relationnel et de l’utilité personnelle consécutive au départ du marché de l’emploi. Ce construit s’articule autour de quatre dimensions théoriques et empiriques interdépendantes :
1. Intégration sociale (Social Integration)
Cette sous-échelle, qui comprend 10 items (items 1, 3, 4, 5, 7, 9, 10, 11, 13 et 20), constitue le noyau le plus étendu de l’instrument. Elle évalue l’angoisse fondamentale liée à la perte du statut de travailleur en tant que pilier identitaire de l’individu, la peur de la vacuité existentielle et la crainte de devenir marginalisé au sein de sa propre cellule familiale. Les personnes présentant un score élevé sur cette dimension éprouvent une vive angoisse face à l’incertitude quant à la manière de rester engagées dans la communauté, redoutent de sombrer dans une solitude passive (« passer ses journées assis sans rien faire ») et anticipent que leur famille les considérera comme un fardeau ou refusera de leur apporter le soutien affectif nécessaire.
2. Ajustement social et endurance (Social Adjustment / Hardiness)
Composée de 6 items (items 6, 12, 14, 16, 17 et 21), cette dimension opérationnalise les ressources psychologiques adaptatives, le sentiment d’auto-efficacité relationnelle et l’endurance (ou résilience) face à la transition. Elle capture la conviction de l’individu quant à sa capacité à nouer de nouvelles amitiés à tout âge, la présence d’un réseau amical extra-professionnel solide et fiable, ainsi que la formulation proactive de projets post-carrière. Notons que la majorité de ces items font l’objet d’un score inversé, un score élevé après inversion signalant un déficit marqué de résilience sociale et une rigidité comportementale qui entrave l’adaptation aux nouvelles conditions de vie.
3. Épuisement social anticipé (Anticipated Social Exhaustion)
Mesurée par 4 items (items 2, 8, 15 et 19), cette dimension renvoie au sentiment d’abandon relationnel inéluctable et à l’effondrement prévisible des contacts quotidiens. Elle explore la croyance selon laquelle les pairs et collègues actuels n’auront plus de temps à consacrer au retraité une fois ce dernier hors de l’organisation, le sentiment de n’avoir plus rien en commun avec les actifs et la peur cuisante que plus personne ne fasse appel à ses compétences ou à sa compagnie (« personne ne m’appellera pour faire des choses »).
4. Perte d’amitiés professionnelles (Lost Friendships)
Regroupant 3 items (items 18, 22 et 23), cette sous-échelle cible spécifiquement la perméabilité entre la sphère professionnelle et la vie privée. Elle identifie les travailleurs dont l’écrasante majorité du réseau amical s’est construite sur le lieu de travail. Pour ces personnes, la fin de carrière équivaut à une menace de dissolution presque totale du réseau de pairs, assortie de la conviction profonde qu’il sera extrêmement ardu de maintenir le contact ou de remplacer les collègues par de nouvelles relations d’amitié signifiantes.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La conceptualisation de la SCRAS par Fletcher et Hansson repose sur plusieurs paradigmes classiques de la sociologie de la vieillesse et de la psychologie du vieillissement :
La théorie des rôles sociaux (Role Theory)
Formulée initialement par des auteurs tels que Leonard Cottrell et enrichie par Robert Havighurst, la théorie des rôles postule que l’identité, l’estime de soi et le sentiment de valeur personnelle d’un individu sont intimement façonnés par les rôles normatifs qu’il occupe au sein de la société. Le travail fournit l’un des rôles majeurs les plus puissants : il confère un prestige, une légitimité sociale et une reconnaissance institutionnelle. Selon cette perspective, la retraite correspond à une situation d’« anomie » ou de « perte de rôle » sans statut de substitution clairement prescrit. La SCRAS opérationnalise précisément l’anxiété émanant de ce vide structural, où l’individu craint de perdre l’ossature symbolique qui justifiait sa place dans la société.
La théorie de la continuité d’Atchley (Continuity Theory)
Robert Atchley (1989) suggère que, pour maintenir une homéostasie psychologique durant le vieillissement, les individus tentent de préserver des structures internes (croyances, traits de personnalité, valeurs) et externes (réseaux sociaux, activités, environnements familiers). L’anxiété mesurée par la SCRAS se manifeste lorsque le futur retraité anticipe une incapacité radicale à préserver cette continuité relationnelle. Si le réseau social d’un travailleur est exclusivement enchâssé dans son organisation productive, la retraite représente une rupture cataclysmique menaçant l’ensemble de son capital social, déclenchant ainsi une anxiété adaptative majeure.
Le modèle du convoi social d’Antonucci
Le modèle du convoi social de Toni Antonucci stipule que chaque être humain avance dans le cours de la vie entouré d’un groupe mouvant d’individus significatifs (famille, amis, collègues) qui fournissent un soutien instrumental, émotionnel et informatif. La transition vers la retraite implique une restructuration brutale de ce convoi. Les personnes disposant d’un convoi diversifié amortissent facilement le choc de la rupture professionnelle, tandis que celles dont le convoi dépendait presque uniquement des interactions au travail voient leur système de soutien s’effondrer subitement, ce qui sous-tend les scores extrêmes observés sur la sous-échelle d’Épuisement social anticipé.
La théorie de la sélectivité socio-émotionnelle (SST)
Développée par Laura L. Carstensen, la théorie de la sélectivité socio-émotionnelle démontre que lorsque la perspective temporelle d’un individu se rétrécit (comme c’est le cas à l’orée du grand âge), les motivations relationnelles s’orientent vers la recherche de gratification affective immédiate et l’approfondissement des liens étroits, au détriment de l’accumulation de nouveaux contacts instrumentaux. Chez certains adultes vieillissants, cette sélectivité peut se muer en angoisse lorsqu’ils se perçoivent comme « trop vieux pour nouer de nouvelles amitiés » (Item 14), se sentant incapables de reconstruire une base intime après la dissolution de leur environnement professionnel.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la SCRAS a été rigoureusement démontrée à travers un protocole empirique échelonné en quatre études indépendantes conduites par Fletcher et Hansson (1991) :
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été établie lors des Études 2 et 3 en corrélant les scores de la SCRAS avec plusieurs échelles validées évaluant des construits apparentés :
- Échelle de solitude révisée de l’UCLA (Russell et al., 1980) : Des corrélations positives statistiquement significatives ont été observées entre la SCRAS et les niveaux de solitude ressentie ($r \approx 0{,}45$ à $0{,}55$, $p < 0{,}001$), attestant que les individus qui anticipent une forte anxiété sociale face à la retraite présentent déjà une vulnérabilité accrue à l'isolement affectif.
- Échelle PANAS (Watson, Clark, & Tellegen, 1988) : La SCRAS montre des corrélations positives substantielles avec la sous-échelle d’affectivité négative (détresse subjective, peur, nervosité) et des corrélations négatives avec la sous-échelle d’affectivité positive, démontrant que cette anxiété s’inscrit dans un schéma général de détresse psychologique anticipatoire.
- Attitudes envers le travail (Cook & Wall, 1980) : Des corrélations significatives ont été mises en évidence entre l’attachement organisationnel, l’implication dans le travail et les scores de l’échelle, confirmant que les travailleurs dont l’identité est presque exclusivement investie dans leur rôle professionnel éprouvent le plus haut niveau d’anxiété à l’idée de le quitter.
Validité liée à un critère (Criterion Validity)
Dans les Études 2 et 3, les auteurs ont mesuré la corrélation de la SCRAS avec des items critères directs mesurant la « peur de la retraite » (Fear of Retirement). Les corrélations obtenues se sont révélées robustes et constantes ($r > 0{,}60$, $p < 0{,}001$), attestant que l'outil capte de manière très précise le noyau affectif de la peur du désengagement professionnel.
Validité discriminante
Les données ont révélé que la SCRAS ne mesure pas une simple détresse émotionnelle diffuse ou une anxiété généralisée non spécifique. En contrôlant les niveaux généraux de névrosisme ou de bien-être physique, l’échelle continuait à expliquer une part significative et unique de variance relative à la planification effective de la retraite et à la satisfaction de vie anticipée, distinguant nettement l’anxiété spécifique aux liens sociaux des simples tracas économiques ou somatiques.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés métrologiques de la SCRAS en termes de consistance interne et de précision de mesure se situent à des niveaux remarquables sur l’ensemble des échantillons testés dans les travaux fondateurs :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
- Étude 1 (Échantillon pilote, $N = 56$ employés) : La version initiale de 30 items a montré un coefficient $\alpha = 0{,}90$. Suite à des analyses statistiques éliminant les items redondants ou à faible pouvoir de discrimination, la version a été réduite à 29 puis à 23 items.
- Étude 2 ($N = 175$ travailleurs d’une chaîne de restauration, d’une banque et d’une industrie manufacturière) : L’alpha de Cronbach de la version finalisée à 23 items a atteint $\alpha = 0{,}87$, illustrant une très grande cohérence des énoncés entre eux.
- Étude 3 ($N = 169$ employés municipaux et universitaires âgés de 50 ans et plus) : L’instrument a de nouveau démontré une excellente fiabilité avec un coefficient $\alpha = 0{,}87$.
- Étude 4 ($N = 292$ travailleurs de plus de 50 ans issus de multiples secteurs : hôpitaux, banques, pétrochimie, groupes confessionnels) : Le coefficient alpha s’est maintenu à un niveau optimal de $\alpha = 0{,}84$.
Fidélité par bissection (Split-Half Reliability)
La corrélation de bissection de Guttman (Guttman split-half correlation) calculée lors des Études 2 et 3 a produit des coefficients identiques de $r = 0{,}82$. Ce résultat garantit que les deux moitiés du test possèdent des propriétés d’échantillonnage de construit comparables, minimisant l’erreur de mesure attribuable à la formulation ou au positionnement séquentiel des items.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Afin de déterminer l’architecture sous-jacente de la SCRAS, Fletcher et Hansson (1991) ont regroupé les participants des Études 3 et 4 pour constituer une cohorte composite représentative de 461 individus âgés de 50 ans et plus. Cette taille d’échantillon répondait aux exigences méthodologiques les plus strictes en matière de ratio sujet/item (environ 20:1).
Méthodologie d’extraction et de rotation
Une analyse factorielle en composantes principales (ACP) a été effectuée, suivie d’une rotation orthogonale Varimax pour maximiser l’interprétabilité des facteurs en garantissant leur indépendance conceptuelle. Les critères de sélection incluaient l’observation des valeurs propres (règle de Kaiser, $\lambda > 1{,}00$), l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot de Cattell) et des exigences de saturation minimale de $0{,}40$ pour chaque item sur son facteur de rattachement, sans saturation croisée majeure.
Structure à quatre facteurs
Cette démarche statistique a confirmé sans ambiguïté une solution stable à 4 facteurs :
- Facteur 1 : Intégration sociale (Social Integration)
Comprend 10 items : 1, 3, 4, 5, 7, 9, 10, 11, 13 et 20.
Ce facteur explique la part prépondérante de variance commune. Il traduit l’angoisse de perdre son statut social, la peur de l’isolement (« sitting around alone ») et l’appréhension d’être délaissé ou perçu comme un fardeau par la famille. - Facteur 2 : Ajustement social / Endurance (Social Adjustment / Hardiness)
Comprend 6 items : 6, 12, 14, 16, 17 et 21.
Ce facteur reflète l’optimisme social, le sentiment d’efficacité personnelle et la capacité perçue à recréer du lien social hors du travail. Tous les items (sauf le 14) possèdent des saturations positives sur la résilience et sont inversés dans le score de détresse global. - Facteur 3 : Épuisement social anticipé (Anticipated Social Exhaustion)
Comprend 4 items : 2, 8, 15 et 19.
Ce facteur capture le sentiment aigu que le cercle de relations va s’atrophier de façon unilatérale, les collègues n’ayant plus de considération ni de temps à offrir une fois la barrière professionnelle érigée. - Facteur 4 : Perte d’amitiés professionnelles (Lost Friendships)
Comprend 3 items : 18, 22 et 23.
Facteur très ciblé décrivant la dépendance affective et relationnelle à l’égard de l’entreprise, où la quasi-totalité des amis sont des collègues qu’il sera difficile, voire impossible, de remplacer.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nature de l’outil : Échelle d’auto-évaluation psychométrique (questionnaire standardisé sur support papier-crayon ou administrable par voie numérique).
- Population cible : Travailleurs actifs, employés en milieu ou fin de carrière, âgés de 50 ans et plus, ou individus se préparant activement à la cessation de leur activité professionnelle.
- Nombre d’items : 23 propositions déclaratives affirmatives rédigées à la première personne du singulier.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 degrés d’assentiment :
- 1 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Undecided / Neutral (Indécis / Neutre)
- 4 = Agree (D’accord)
- 5 = Strongly agree (Fortement d’accord)
- Directives de cotation (Scoring) :
- Items inversés (Reverse-scored items) : Les items 6, 12, 16, 17 et 21 expriment des cognitions adaptatives et positives. Ils doivent impérativement être inversés avant le calcul du total : $1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$.
- Items directs : Items 1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 15, 18, 19, 20, 22 et 23 conservent leur valeur faciale (de 1 à 5).
- Score total : Obtenu par la somme arithmétique de l’ensemble des 23 items cotés. Le score total théorique est compris entre 23 et 115 points.
- Interprétation clinique :
- Score entre 23 et 50 : Niveau d’anxiété sociale faible. Forte autonomie relationnelle, réseau social extra-professionnel étendu, projection sereine et optimiste dans l’après-carrière.
- Score entre 51 et 75 : Niveau d’anxiété modéré. Inquiétudes ciblées (souvent focalisées sur la rupture avec les collègues proches), nécessitant une sensibilisation lors des séances de préparation à la retraite.
- Score entre 76 et 115 : Niveau élevé d’anxiété sociale. Sentiment d’impasse relationnelle, forte dépendance identitaire vis-à-vis du travail, risque marqué d’effondrement psychologique et de solitude dépressive après le départ effectif. Une prise en charge psycho-éducative ou clinique personnalisée est fortement recommandée.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originelle : 1991.
- Copyright et propriété intellectuelle : Détenu par l’American Psychological Association (APA) et les auteurs originaux (W. L. Fletcher & R. O. Hansson).
- Conditions d’utilisation et politique tarifaire : À des fins de recherche académique, de travaux universitaires non commerciaux ou de pratique clinique de diagnostic individuel, l’échelle peut être utilisée sans frais de licence exorbitants, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Fletcher & Hansson, 1991, Psychology and Aging). Les entreprises, organismes de formation commerciale ou cabinets de conseil souhaitant intégrer la SCRAS dans des logiciels propriétaires ou des packages payants de gestion de carrière doivent solliciter l’autorisation formelle auprès du service de gestion des droits de l’APA (APA Rights & Permissions Department).
12. Références / References
Les publications fondatrices et cadres théoriques associés à la SCRAS incluent :
- Atchley, R. C. (1989). A continuity theory of normal aging. The Gerontologist, 29(2), 183–190. https://doi.org/10.1093/geront/29.2.183
- Braithwaite, V. A., Gibson, S. C., & Bosly-Craft, R. (1986). An exploratory study of poor adjustment styles among retirees. Social Science and Medicine, 23(5), 493–499. https://doi.org/10.1016/0277-9536(86)90048-6
- Carstensen, L. L. (1992). Social and emotional patterns in adulthood: Support for socioemotional selectivity theory. Psychology and Aging, 7(3), 331–338. https://doi.org/10.1037/0882-7974.7.3.331
- Cook, J., & Wall, T. D. (1980). New work attitude measures of trust, organizational commitment and personal need non-fulfilment. Journal of Occupational Psychology, 53(1), 39–52. https://doi.org/10.1111/j.2044-8325.1980.tb00005.x
- Fletcher, W. L., & Hansson, R. O. (1991). Assessing the social components of retirement anxiety. Psychology and Aging, 6(1), 76–85. https://doi.org/10.1037/0882-7974.6.1.76
- Karp, D. A. (1989). The social construction of retirement among professionals 50–60 years old. The Gerontologist, 29(6), 750–760. https://doi.org/10.1093/geront/29.6.750
- Russell, D., Peplau, L. A., & Cutrona, C. E. (1980). The revised UCLA Loneliness Scale: Concurrent and discriminant validity evidence. Journal of Personality and Social Psychology, 39(3), 472–480. https://doi.org/10.1037/0022-3514.39.3.472
- Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale:
1 = Strongly disagree
2 = Disagree
3 = Undecided
4 = Agree
5 = Strongly agree
(Note: Items 6, 12, 16, 17, and 21 are reverse-scored: 1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1)
- I can’t imagine not working.
- I am afraid I will lose all of my work friends as a retired person.
- There really isn’t much for a retired person to do.
- I am afraid I will be a burden on my family as a retired person.
- My job has always been a source of my identity. I hate to lose that.
- Retirement will not bother me because I am sure I can make new friends no matter where I go.
- I am afraid I will feel lonely after I retire.
- Many of my colleagues will not have time for me after I retire.
- After retirement I am not sure I will know how to stay involved.
- I don’t know what I am going to do without my job.
- I worry that my family will not support me after I retire.
- I have lots of friends I can depend on if I need them after I retire.
- I will probably be sitting around alone after I retire.
- I am too old to make new friends.
- I won’t have much in common with my coworkers anymore.
- Retirement will allow me to do things with friends that I wasn’t able to do while I was working.
- I have already made plans for what I am going to do as soon as I retire.
- It will be hard to replace my friends from work.
- People will never call on me to do things with them after I retire.
- My family does not want me to retire.
- Retirement will give me new opportunities to make new friends.
- Most of my friends have been my coworkers.
- Keeping up with my friends will be difficult.