Échelle des attitudes sexuelles et échelle brève des attitudes sexuelles

Examen psychométrique approfondi de l’Échelle des attitudes sexuelles (SAS) et de l’Échelle brève des attitudes sexuelles (BSAS) de Hendrick et Hendrick : cadre théorique, validité, fidélité et cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des attitudes sexuelles (Sexual Attitudes Scale, SAS ; Hendrick & Hendrick, 1987) et son itération abrégée, l’Échelle brève des attitudes sexuelles (Brief Sexual Attitudes Scale, BSAS ; Hendrick, Hendrick, & Reich, 2006), constituent des instruments psychométriques de référence développés pour surmonter les limitations conceptuelles des mesures unidimensionnelles de la sexualité humaine. Historiquement, l’investigation empirique des attitudes sexuelles s’est presque exclusivement concentrée sur la permissivité sexuelle prémaritale (Reiss, 1967). En réponse à cette focalisation étroite, Susan S. Hendrick et Clyde Hendrick ont conceptualisé la sexualité comme un phénomène multidimensionnel complexe intégrant des dimensions affectives, comportementales, cognitives et éthiques.

La SAS initiale comprend 43 items mesurés sur une échelle de Likert en 5 points, articulés autour de quatre facteurs orthogonaux mis en évidence par analyse en composantes principales (ACP) : la Permissivité (Permissiveness, 21 items), les Pratiques sexuelles (Sexual Practices, 7 items), la Communion (Communion, 9 items) et l’Instrumentalité sexuelle (Sexual Instrumentality, 6 items). Face aux évolutions générationnelles, aux mutations linguistiques et aux variations factorielles relevées notamment dans des adaptations transculturelles (par exemple, Le Gall et al., 2002), les auteurs ont ultérieurement conçu la BSAS. Cette version condensée à 23 items conserve une structure quadri-factorielle optimisée par analyses factorielles confirmatoires : Permissivité (10 items), Contrôle des naissances / Contraception (Birth Control, 3 items), Communion (5 items) et Instrumentalité (5 items).

Les propriétés psychométriques des deux échelles attestent d’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant de .71 à .94 pour la SAS, et de .73 à .95 pour la BSAS. La stabilité temporelle test-retest est démontrée sur des périodes de plusieurs semaines (r variant de .57 à .92). La validité de construit est étayée par des corrélations congruentes avec les styles amoureux (Love Attitudes Scale), les inventaires de culpabilité sexuelle de Mosher, et les variables prédictives de la détresse conjugale et des comportements relationnels. Cet article propose un examen approfondi des fondements théoriques, des validations empiriques, des directives d’administration et des perspectives de recherche de ces instruments indispensables en psychologie sociale et en sexologie clinique.

2. Mots-clés / Keywords

Attitudes sexuelles, psychométrie, Sexual Attitudes Scale, Brief Sexual Attitudes Scale, permissivité sexuelle, communion sexuelle, instrumentalité sexuelle, contrôle des naissances, styles amoureux, validation transculturelle, relations de couple, comportement sexuel.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle des attitudes sexuelles (SAS) et sa forme brève (BSAS) ont été développées par deux figures de proue de la psychologie sociale et de l’étude des relations interpersonnelles proches :

  • Susan S. Hendrick, Ph.D. : Professeure émérite au Département des sciences psychologiques de la Texas Tech University (Lubbock, Texas, États-Unis). Spécialiste renommée des processus intimes, de la satisfaction relationnelle, de la dynamique de couple et de l’expression sexuelle au sein des dyades amoureuses. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Clyde Hendrick, Ph.D. : Professeur émérite et ancien doyen de la Graduate School à la Texas Tech University. Théoricien influent des attitudes, de la méthodologie psychométrique et co-auteur, avec Susan S. Hendrick, de la théorie typologique des styles d’amour opérationnalisée par la Love Attitudes Scale.
  • David A. Reich, Ph.D. : Chercheur associé ayant collaboré avec les professeurs Hendrick pour le développement et la validation psychométrique de la version brève (BSAS) parue en 2006.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier présidant à la création de la SAS (Hendrick & Hendrick, 1987) résidait dans la nécessité épistémologique de transcender l’hégémonie du construit de « permissivité sexuelle » prémaritale qui dominait la littérature depuis les travaux pionniers d’Ira Reiss (1967). Bien que la tolérance à l’égard des rapports sexuels occasionnels ou non engagés demeure un indicateur crucial des mœurs sociétales, les concepteurs ont soutenu qu’une évaluation globale de la sexualité humaine ne pouvait être réduite à un simple continuum conservatisme-libéralisme. La sexualité humaine engage des motivations existentielles, des représentations de soi, des considérations pragmatiques et préventives, ainsi que des idéaux fusionnels ou transcendants.

Le second objectif fondamental était d’élaborer un instrument générique, affranchi du statut matrimonial des répondants. Les échelles préexistantes ciblaient de manière disproportionnée les étudiants célibataires ou, à l’inverse, restreignaient leurs items au cadre exclusif du mariage hétérosexuel traditionnel. La SAS, puis la BSAS, ont été explicitement rédigées pour convenir à tout individu engagé dans une relation de couple ayant une composante sexuelle, que cette relation soit maritale, prémaritale, cohabitante ou non cohabitante, sans présomption d’orientation sexuelle exclusive.

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’instrument permet d’explorer les interactions complexes entre attitudes sexuelles, représentations de l’attachement amoureux, comportements à risque et différences intersexes. Il permet d’analyser comment l’évolution des normes socioculturelles, les appartenances religieuses et la technologie (telle que l’avènement des plateformes de rencontres en ligne ; Peter & Valkenburg, 2007) reconfigurent les schémas cognitifs associés à l’intimité corporelle.

Sur le plan clinique et sexo-thérapeutique, l’utilisation de la SAS et de la BSAS fournit un profil individualisé permettant de repérer les asymétries et discordances attitudinales au sein des couples en crise. Une divergence marquée où l’un des partenaires perçoit l’acte sexuel sous le prisme prédominant de la communion émotionnelle alors que l’autre le vit selon une orientation principalement instrumentale constitue un vecteur notoire de conflits conjugaux, d’insatisfaction intime et de détresse psychologique (Cann, Mangum, & Wells, 2001). En objectivant ces postures attitudinales, le thérapeute dispose d’un levier diagnostique pour travailler la congruence et la communication au sein de la dyade.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par Hendrick et Hendrick est quadri-factoriel. Chaque sous-échelle reflète un système de croyances cohérent à l’égard de la sexualité. Dans la SAS originale (43 items) comme dans la BSAS (23 items), ces dimensions captent des polarités distinctes du fonctionnement sexuel et relationnel :

1. La Permissivité (Permissiveness)

Cette dimension mesure une orientation sexuelle ouverte, désinhibée et non engageante. Elle reflète l’adhésion à l’idée que l’activité sexuelle n’a pas besoin d’être ancrée dans un engagement relationnel formel ou un sentiment amoureux profond pour être légitime ou gratifiante. Les scores élevés sur cette sous-échelle (dans le sens de la validation de l’attitude) caractérisent des individus tolérants envers les relations d’un soir (one-night stands), les partenaires sexuels multiples simultanés, le sexe récréatif occasionnel (casual sex) et la dissociation entre affect et désir physique. Dans la SAS originale, cette sous-échelle comprenait 21 items couvrant également des aspects de permissivité prémaritale et de tolérance sociale (par exemple, la prostitution ou le sexe en présence de tiers). Dans la BSAS, elle est resserrée à 10 items centrés sur la flexibilité normative et l’absence d’obligation de réciprocité affective.

2. Les Pratiques sexuelles / Le Contrôle des naissances (Sexual Practices / Birth Control)

Dans la SAS originale, la sous-échelle des « Pratiques sexuelles » (7 items) mesurait une double composante : d’une part, une sexualité responsable axée sur la planification familiale et l’importance de l’éducation sexuelle ; d’autre part, une tolérance envers des pratiques spécifiques telles que la masturbation solitaire ou mutuelle et l’usage de jouets sexuels (sex toys). Lors de la transition vers la BSAS, les analyses factorielles confirmatoires ont révélé que les items de tolérance comportementale se dispersaient, tandis que les items relatifs à la contraception formaient un facteur éminemment stable, baptisé « Contrôle des naissances » (Birth Control, 3 items). Cette sous-échelle évalue la conviction que la responsabilité contraceptive et la prévention reproductive doivent être partagées de façon égalitaire et rigoureuse entre les partenaires, incarnant une éthique de responsabilité relationnelle.

3. La Communion (Communion)

La dimension de Communion (9 items dans la SAS, 5 items dans la BSAS) appréhende l’acte sexuel comme une « expérience paroxystique » (peak experience au sens maslowien), un idéal transcendant et fusionnel. Le sexe n’y est pas conçu comme une simple décharge physiologique, mais comme le niveau ultime de communication interpersonnelle où deux individualités s’unissent profondément (« la fusion de deux âmes »). Les items valorisent le renforcement de l’intimité au fil de la relation, la centration empathique et fusionnelle sur le partenaire durant le coït, et l’idée que la sexualité atteint son acmé lorsqu’elle s’articule avec un amour romantique profond.

4. L’Instrumentalité sexuelle (Sexual Instrumentality)

Composée de 6 items dans la SAS et de 5 items dans la BSAS, l’Instrumentalité sexuelle conceptualise la sexualité sous un angle essentiellement biologique, physique, égocentré et pragmatique. L’acte sexuel est envisagé comme une fonction corporelle naturelle analogue au fait de s’alimenter, dont le but primordial réside dans la recherche du plaisir personnel, la libération physique des tensions et le divertissement (« un jeu entre partenaires »). Cette orientation valorise la prise de plaisir individuel sans préoccupation centrale pour la dimension affective ou métaphysique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’Échelle des attitudes sexuelles s’inscrit au croisement de la théorie de l’attitude en psychologie sociale et de l’approche multidimensionnelle des relations amoureuses formalisée par Susan et Clyde Hendrick (1986). Les auteurs ont opéré une rupture épistémologique avec les modèles behavioristes stricts ou psychanalytiques classiques qui appréhendaient la pulsion sexuelle comme une décharge homéostasique univoque.

Le cadre théorique s’articule intimement avec la théorie des styles d’amour développée à l’origine par John Alan Lee (1973) dans son ouvrage séminal Colors of Love, puis opérationnalisée psychométriquement par Hendrick et Hendrick (1986). Lee postulait l’existence de trois styles primaires d’amour — Eros (amour passionné, recherche de beauté physique), Ludus (amour jeu, refus de l’engagement), Storge (amour amitié, complicité durable) — et de trois styles secondaires — Pragma (choix rationnel et pragmatique du partenaire), Mania (amour obsessionnel, jaloux, possessif) et Agape (amour altruiste, dévoué et inconditionnel). Hendrick et Hendrick ont théorisé que les attitudes sexuelles fonctionnent comme des schémas cognitivo-affectifs régulant la manière dont les individus concrétisent ces styles relationnels.

Selon cette modélisation, une orientation sexuelle instrumentale et permissive constitue le corrélat comportemental et normatif d’un style d’amour Ludus : l’absence d’attachement favorise la manipulation bienveillante ou convenue du lien sexuel et la multiplication des partenaires. À l’inverse, l’attitude de Communion sexuelle constitue le prolongement corporel direct de l’amour érotique (Eros) et altruiste (Agape), dans lesquels l’autre n’est pas un moyen de satisfaction égoïste mais une fin en soi avec laquelle une symbiose affective est recherchée. Cette articulation théorique a été confirmée empiriquement : la permissivité corrèle positivement avec Ludus et négativement avec Storge, Pragma et Agape, tandis que la communion est fortement corrélée à Eros et Agape (Hendrick & Hendrick, 1987, 1995).

De surcroît, le cadre théorique mobilise la perspective de l’évolutionnisme social et de la sociologie des mœurs. Hendrick et Hendrick ont postulé que les attitudes sexuelles ne sont pas des traits de personnalité immutables mais des dispositions évaluatives acquises, sensibles aux contextes socio-historiques, à la socialisation différentielle selon le genre et aux croyances religieuses. Ce cadre dynamique justifie pleinement l’évolution de la SAS vers la BSAS, illustrant comment les mutations culturelles de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle — notamment la banalisation de certaines pratiques et la sécularisation des conduites reproductives — redéfinissent la structure factorielle des attitudes intimes.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la SAS et de la BSAS a été établie au moyen d’un rigoureux ensemble d’investigations portant sur la validité de construit, la validité convergente, la validité discriminante et la validité de critère :

Validité de construit et validité convergente

Lors de la publication inaugurale de la SAS (Hendrick & Hendrick, 1987), la validité de construit a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et conceptuellement attendues avec des instruments étalonnés. La sous-échelle de Permissivité a montré une convergence remarquable avec les échelles de permissivité sexuelle prémaritale de Reiss (Reiss Male and Female Sexual Permissiveness Scales ; Reiss, 1967). De même, les corrélations négatives élevées constatées entre la Permissivité et le Revised Mosher Guilt Inventory (Green & Mosher, 1985) ont corroboré le fait que les individus adhérant à une liberté sexuelle élevée éprouvent significativement moins de culpabilité morale liée au sexe.

Dans l’étude prospective de validation de la BSAS (Hendrick et al., 2006, Étude 3), les analyses ont confirmé que les quatre sous-échelles présentaient un profil de corrélation hautement congruent avec des mesures de satisfaction relationnelle, de respect interpersonnel (Hendrick & Hendrick, 2006) et d’estime de soi sexuelle. Les intercorrélations entre sous-échelles sont demeurées faibles à modérées (la quasi-totalité étant inférieure ou égale à .20, à l’exception notable d’une corrélation de r = .40 entre Permissivité et Instrumentalité), confirmant que chaque dimension mesure une composante distincte et non redondante de l’attitude sexuelle.

Validité discriminante et différences selon le genre

Un des postulats cardinaux de la validité de critère de l’instrument réside dans sa capacité à capter les divergences de genre théoriquement documentées en psychologie de l’évolution et en sociologie du genre. De manière constante à travers l’ensemble des études empiriques (Hendrick, Hendrick, Slapion-Foote, & Foote, 1985 ; Hendrick & Hendrick, 1995 ; Hendrick et al., 2006) :

  • Les hommes rapportent des niveaux d’adhésion significativement plus élevés que les femmes sur les dimensions de Permissivité et d’Instrumentalité sexuelle.
  • En revanche, aucune différence significative entre les genres n’est observée pour les dimensions de Contrôle des naissances (responsabilité contraceptive partagée) et de Communion, soulignant une valorisation équivalente de la connexion affective et de la prudence préventive chez les hommes et les femmes.

Validité prédictive et applications écologiques

L’utilité prédictive des deux versions a été validée dans des contextes cliniques et psychosociaux divers :

  • Violences et agressions sexuelles : Abbey, Parkhill, Clinton-Sherrod et Zawacki (2007) ont démontré que des scores élevés en instrumentalité et permissivité prédisent des attitudes plus coercitives et différencient les sous-groupes d’auteurs d’agressions sexuelles au sein d’échantillons communautaires.
  • Infidélité et détresse conjugale : Cann, Mangum et Wells (2001) ont mis en évidence que les attitudes permissives et instrumentales modulent la réactivité émotionnelle et la sévérité du sentiment de trahison face à l’infidélité du partenaire.
  • Troubles du comportement alimentaire : Evans et Wertheim (1998) ont utilisé la SAS pour examiner les dynamiques d’intimité chez les femmes présentant des troubles des conduites alimentaires, montrant l’impact médiateur de l’anxiété sociale sur la communion corporelle.
  • Usage d’Internet : Peter et Valkenburg (2007) ont utilisé la sous-échelle de permissivité pour tester les hypothèses de compensation et de récréation chez les utilisateurs de plateformes de rencontres numériques.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a fait l’objet d’évaluations méticuleuses documentant sa cohérence interne (alpha de Cronbach) et sa stabilité temporelle par le paradigme test-retest :

Consistance interne

Pour la Sexual Attitudes Scale (SAS, 43 items), les coefficients alpha standardisés obtenus lors de l’étude princeps (Hendrick & Hendrick, 1987) auprès de deux vastes cohortes d’étudiants universitaires en Floride et au Texas (N ≈ 1 400) ont mis en lumière une homogénéité remarquable :

  • Permissivité (21 items) : α = .93 (Étude I) et α = .94 (Étude II) ;
  • Pratiques sexuelles (7 items) : α = .71 (Étude I) et α = .74 (Étude II) ;
  • Communion (9 items) : α = .81 (Étude I) et α = .80 (Étude II) ;
  • Instrumentalité sexuelle (6 items) : α = .77 (Étude I) et α = .77 (Étude II).

Pour la Brief Sexual Attitudes Scale (BSAS, 23 items), le resserrement du nombre d’items n’a pas altéré la puissance psychométrique. Lors de l’étude prospective confirmatoire (Hendrick et al., 2006, N = 518), les coefficients alpha de Cronbach obtenus étaient :

  • Permissivité (10 items) : α = .95 ;
  • Contrôle des naissances (3 items) : α = .88 ;
  • Communion (5 items) : α = .73 ;
  • Instrumentalité (5 items) : α = .77.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité temporelle a été mesurée auprès d’échantillons soumis à deux passations consécutives séparées de plusieurs semaines :

  • Pour la SAS (Hendrick & Hendrick, 1987) : les coefficients de corrélation test-retest s’établissaient à r = .88 pour la Permissivité, r = .77 pour les Pratiques sexuelles, r = .70 pour la Communion et r = .66 pour l’Instrumentalité sexuelle.
  • Pour la BSAS (Hendrick et al., 2006) : les corrélations test-retest ont montré une excellente rémanence : r = .92 pour la Permissivité, r = .86 pour la Communion, r = .75 pour l’Instrumentalité, et r = .57 pour le Contrôle des naissances (cette dernière valeur modérée pouvant refléter des réajustements comportementaux ou situationnels immédiats concernant la vie de couple chez les jeunes adultes).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de la SAS et de la BSAS témoigne de l’évolution méthodologique de la psychométrie sur deux décennies, passant de l’analyse exploratoire non restreinte à la modélisation confirmatoire par équations structurelles.

Élaboration initiale de la SAS (1985–1987)

L’étude initiale (Hendrick, Hendrick, Slapion-Foote, & Foote, 1985) reposait sur un pool initial élargi d’items réduits par Analyse en Composantes Principales (ACP) à 58 items couvrant cinq dimensions présomptives. À la suite d’un échantillonnage additionnel massif de près de 1 400 participants issus de deux universités distinctes (University of Miami en Floride et Texas Tech University), Hendrick et Hendrick (1987) ont soumis les données à une ACP assortie d’une rotation orthogonale Varimax.

Cette analyse a conduit à l’extraction robuste de quatre facteurs orthogonaux regroupant 43 items (avec des saturations factorielles primaires supérieures à .40 et des saturations croisées minimes). Le recours à la rotation Varimax garantissait l’orthogonalité théorique des facteurs, assurant que les construits reflètent des facettes attitudinales mutuellement indépendantes, ce que confirmait la matrice des corrélations inter-facteurs (variant de r = .00 entre Permissivité et Pratiques sexuelles à r = .44 entre Permissivité et Instrumentalité).

Défis transculturels et transition vers la BSAS (2002–2006)

Au début des années 2000, des recherches internationales ont soulevé des questions sur l’invariance factorielle de la SAS originale. Notamment, l’étude conduite auprès d’adultes français par Le Gall, Mullet et Rivière Shafighi (2002) a révélé une structure factorielle différant légèrement du modèle quadri-factoriel américain d’origine. Les items relatifs aux pratiques spécifiques (masturbation, sextoys) se dissociaient des aspects purement préventifs et contraceptifs. Parallèlement, l’obsolescence linguistique de certains énoncés formulés au milieu des années 1980 justifiait une actualisation instrumentale.

Hendrick, Hendrick et Reich (2006) ont alors entrepris une révision systématique articulée sur trois études. Après avoir appliqué des analyses exploratoires et confirmatoires sur deux banques de données préexistantes, ils ont conduit une étude prospective (Étude 3, N = 518) recourant à l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) pour tester la structure condensée à 23 items de la BSAS. Les indices d’ajustement du modèle quadri-factoriel de la BSAS ont attesté d’une adéquation exceptionnelle aux données empiriques :

  • Indice de qualité d’ajustement : GFI = .98 ;
  • Indice d’ajustement ajusté : AGFI = .95 ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation : RMSEA = .05 (démontrant une excellente parcimonie du modèle) ;
  • Indice de fit comparatif : CFI = .99 ;
  • Chi-deux : χ² (21, N = 518) = 52.3 (ratio χ²/dl hautement satisfaisant).

Ces indices confirmatoires ont définitivement validé la supériorité structurelle de la BSAS sur l’ancienne forme de 43 items, tout en confirmant la partition en quatre sous-échelles clairement individualisées.

10. Instrument de mesure / Instrument

La passation, la cotation et l’interprétation de l’instrument s’effectuent selon des règles méthodologiques précises :

  • Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation (self-report questionnaire) psychométrique standardisée mesurant les dispositions attitudinales envers la sexualité.
  • Format d’administration : Auto-passation individuelle sur support papier-crayon, informatique ou en ligne. Le répondant évalue des assertions déclaratives.
  • Nombre d’items :
    • Version originale (SAS) : 43 items (21 de Permissivité, 7 de Pratiques sexuelles, 9 de Communion, 6 d’Instrumentalité).
    • Version brève (BSAS) : 23 items (10 de Permissivité, 3 de Contrôle des naissances, 5 de Communion, 5 d’Instrumentalité).
  • Durée de complétion : Environ 10 minutes pour la SAS ; 5 à 8 minutes pour la BSAS.
  • Consigne spécifique de référence au partenaire : Les instructions précisent explicitement que certaines questions ciblent des attitudes générales tandis que d’autres s’appliquent à une relation spécifique. Il est expressément demandé au participant de répondre en songeant à son partenaire actuel. Si le participant est célibataire, il doit se référer à son partenaire le plus récent. Si l’individu n’a jamais eu de relation sexuelle, il lui est enjoint d’indiquer la réponse la plus probable selon ses anticipations.
  • Échelle de réponse (Format Likert en 5 points) :
    • A = Fortement en accord avec l’affirmation (Strongly Agree with the Statement)
    • B = Modérément en accord avec l’affirmation (Moderately Agree with the Statement)
    • C = Neutre — Ni en accord ni en désaccord (Neutral—Neither Agree nor Disagree)
    • D = Modérément en désaccord avec l’affirmation (Moderately Disagree with the Statement)
    • E = Fortement en désaccord avec l’affirmation (Strongly Disagree with the Statement)
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Dans le barème numérique standard d’origine : A = 1, B = 2, C = 3, D = 4, E = 5. Selon cette convention, un score bas indique une adhésion plus forte à la sous-échelle considérée. Alternativement, le codage inverse peut être appliqué (A = 5, …, E = 1) si l’utilisateur souhaite que des scores élevés indiquent une forte approbation.
    • Dans la SAS originale, deux items de la sous-échelle Permissivité font l’objet d’un codage inversé (reverse-scored).
    • Absence de score global : Les auteurs soulignent avec insistance qu’il est méthodologiquement et cliniquement inapproprié de calculer un score total unique pour la SAS ou la BSAS. Les sous-échelles étant orthogonales et mesurant des orientations distinctes, chaque sous-échelle doit faire l’objet d’un score moyen individuel (somme des items divisée par le nombre d’items de la sous-échelle).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale (SAS) : 1987 (avec des travaux préliminaires parus en 1985).
  • Année de révision brève (BSAS) : 2006.
  • Droits d’auteur et statut légal : Les deux versions de l’instrument (SAS et BSAS) ont été placées dans le domaine public par leurs concepteurs (Susan S. Hendrick et Clyde Hendrick). Elles sont libres de droits pour toute utilisation non commerciale dans le cadre de la recherche académique, de l’enseignement universitaire et de la pratique clinique diagnostique.
  • Tarification : Accès entièrement gratuit. Aucune redevance ni coût d’acquisition n’est exigé des chercheurs ou des praticiens.
  • Modalités d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs sont autorisés à reproduire l’instrument sous réserve de citer scrupuleusement les publications de référence méthodologique (Hendrick & Hendrick, 1987 ; Hendrick, Hendrick, & Reich, 2006). Pour toute adaptation transculturelle formelle, il demeure d’usage scientifique d’adresser une notification d’information à la directrice de recherche, Susan S. Hendrick.

12. Références / References

Les publications fondatrices et études empiriques majeures relatives à la SAS et à la BSAS sont répertoriées ci-dessous selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Abbey, A., Parkhill, M. R., Clinton-Sherrod, A. M., & Zawacki, T. (2007). A comparison of men who committed different types of sexual assault in a community sample. Journal of Interpersonal Violence, 22(12), 1567–1580. https://doi.org/10.1177/0886260507306497
  • Cann, A., Mangum, J. L., & Wells, M. (2001). Distress in response to relationship infidelity: The roles of gender and attitudes about relationships. The Journal of Sex Research, 38(3), 185–190. https://doi.org/10.1080/00224490109552089
  • Evans, L., & Wertheim, E. H. (1998). Intimacy patterns and relationship satisfaction of women with eating problems and the mediating effects of depression, trait anxiety, and social anxiety. Journal of Psychosomatic Research, 44(3-4), 355–365. https://doi.org/10.1016/S0022-3999(97)00260-2
  • Green, S. E., & Mosher, D. L. (1985). A causal model of sexual arousal to erotic fantasies. The Journal of Sex Research, 21(1), 1–23. https://doi.org/10.1080/00224498509551242
  • Grey, I. M., & Swain, R. B. (1996). Sexual and religious attitudes of Irish students. The Irish Journal of Psychology, 17(3), 213–227. https://doi.org/10.1080/03033910.1996.10558097
  • Hendrick, C., & Hendrick, S. S. (1986). A theory and method of love. Journal of Personality and Social Psychology, 50(2), 392–402. https://doi.org/10.1037/0022-3514.50.2.392
  • Hendrick, C., Hendrick, S. S., & Reich, D. A. (2006). The Brief Sexual Attitudes Scale. The Journal of Sex Research, 43(1), 76–86. https://doi.org/10.1080/00224490609552299
  • Hendrick, S. S., & Hendrick, C. (1987). Multidimensionality of sexual attitudes. The Journal of Sex Research, 23(4), 502–526. https://doi.org/10.1080/00224498709551387
  • Hendrick, S. S., & Hendrick, C. (1995). Gender differences and similarities in sex and love. Personal Relationships, 2(1), 55–65. https://doi.org/10.1111/j.1475-6811.1995.tb00077.x
  • Hendrick, S. S., & Hendrick, C. (2006). Measuring respect in close relationships. Journal of Social and Personal Relationships, 23(6), 881–899. https://doi.org/10.1177/0265407506070471
  • Hendrick, S. S., Hendrick, C., Slapion-Foote, M. J., & Foote, F. H. (1985). Gender differences in sexual attitudes. Journal of Personality and Social Psychology, 48(6), 1630–1642. https://doi.org/10.1037/0022-3514.48.6.1630
  • Le Gall, A., Mullet, E., & Shafighi, S. R. (2002). Age, religious beliefs, and sexual attitudes. The Journal of Sex Research, 39(3), 207–216. https://doi.org/10.1080/00224490209552143
  • Lee, J. A. (1973). The colors of love: An exploration of the ways of loving. Don Mills, Ontario: New Press.
  • Murray, K. M., Ciarrocchi, J. W., & Murray-Swank, N. A. (2007). Spirituality, religiosity, shame and guilt as predictors of sexual attitudes and experiences. Journal of Psychology and Theology, 35(3), 222–234. https://doi.org/10.1177/009164710703500304
  • Peter, J., & Valkenburg, P. M. (2007). Who looks for casual dates on the internet? A test of the compensation and the recreation hypotheses. New Media & Society, 9(3), 455–474. https://doi.org/10.1177/1461444807076973
  • Rathus, S. A., Nevid, J. S., & Fichner-Rathus, L. (2008). Human sexuality in a world of diversity (7th ed.). Allyn & Bacon.
  • Reiss, I. L. (1967). The social context of premarital sexual permissiveness. Holt, Rinehart & Winston.
  • Shafer, A. B. (2001). The Big Five and sexuality trait terms as predictors of relationships and sex. Journal of Research in Personality, 35(3), 313–338. https://doi.org/10.1006/jrpe.2001.2323

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions:
Listed below are several statements that reflect different attitudes about sex. For each statement fill in the response on the answer sheet that indicates how much you agree or disagree with that statement. Some of the items refer to a specific sexual relationship, while others refer to general attitudes and beliefs about sex. Whenever possible, answer the questions with your current partner in mind. If you are not currently dating anyone, answer the questions with your most recent partner in mind. If you have never had a sexual relationship, answer in terms of what you think your responses would most likely be.

Response format:
A = Strongly Agree with the Statement
B = Moderately Agree with the Statement
C = Neutral—Neither Agree nor Disagree
D = Moderately Disagree with the Statement
E = Strongly Disagree with the Statement

  1. I do not need to be committed to a person to have sex with him/her.
  2. Casual sex is acceptable.
  3. I would like to have sex with many partners.
  4. One-night stands are sometimes very enjoyable.
  5. It is okay to have ongoing sexual relationships with more than one person at a time.
  6. It is okay to manipulate someone into having sex as long as no future promises are made.
  7. Sex as a simple exchange of favors is okay if both people agree to it.
  8. The best sex is with no strings attached.
  9. Life would have fewer problems if people could have sex more freely.
  10. It is possible to enjoy sex with a person and not like that person very much.
  11. Sex is more fun with someone you don’t love.
  12. It is all right to pressure someone into having sex. P Extensive premarital sexual experience is fine.
  13. Premarital affairs are all right as long as one’s partner doesn’t know about them. P Sex for its own sake is perfectly all right.
  14. I would feel comfortable having intercourse with my partner in the presence of other people. P Prostitution is acceptable.
  15. It is okay for sex to be just good physical release.
  16. Sex without love is meaningless.
  17. People should at least be friends before they have sex together. P In order for sex to be good, it must also be meaningful.
  18. Birth control is part of responsible sexuality.
  19. A woman should share responsibility for birth control.
  20. A man should share responsibility for birth control.
  21. Sex education is important for young people.
  22. Using “sex toys” during lovemaking is acceptable. SP Masturbation is all right.
  23. Masturbating one’s partner during intercourse can increase the pleasure of sex. C Sex gets better as a relationship progresses.
  24. Sex is the closest form of communication between two people.
  25. A sexual encounter between two people deeply in love is the ultimate human interaction.
  26. Orgasm is the greatest experience in the world.
  27. At its best, sex seems to be the merging of two souls.
  28. Sex is a very important part of life.
  29. Sex is usually an intensive, almost overwhelming experience.
  30. During sexual intercourse, intense awareness of the partner is the best frame of mind. C Sex is fundamentally good.
  31. Sex is best when you let yourself go and focus on your own pleasure.
  32. Sex is primarily the taking of pleasure from another person.
  33. The main purpose of sex is to enjoy oneself.
  34. Sex is primarily physical.
  35. Sex is primarily a bodily function, like eating.
  36. Sex is mostly a game between males and females.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle des attitudes sexuelles et échelle brève des attitudes sexuelles. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-sexuelles-et-echelle-breve-des-attitudes-sexuelles
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes sexuelles et échelle brève des attitudes sexuelles.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-sexuelles-et-echelle-breve-des-attitudes-sexuelles.
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes sexuelles et échelle brève des attitudes sexuelles.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-sexuelles-et-echelle-breve-des-attitudes-sexuelles.