1. Résumé / Abstract
L’Échelle des attitudes liées aux préoccupations sexuelles (en anglais, Attitudes Related to Sexual Concerns Scale ou ASCS), développée initialement par Patricia Barthalow Koch et Craig R. Cowden, constitue un instrument psychométrique multidimensionnel conçu pour évaluer de manière empirique les croyances, dispositions cognitives et attitudes proximale spécifiquement associées aux dysfonctions sexuelles et aux préoccupations relationnelles chez l’adulte. Contrairement aux outils traditionnels évaluant l’érotophilie globale ou le libéralisme sexuel général, l’ASCS a été spécifiquement opérationnalisée pour capturer des attitudes proximales directes qui influencent le fonctionnement érotique individuel et dyadique, conformément aux modèles d’action raisonnée développés en psychologie sociale cognitive.
L’instrument comprend au total 30 énoncés psychométriques formulés à la première personne, administrés selon un format de réponse en échelle ordinale de type Likert à 5 points s’étendant de 1 (« Tout à fait d’accord ») à 5 (« Tout à fait en désaccord »). L’outil s’articule autour de huit sous-échelles factorielles distinctes : la compréhension de soi sexuelle (sexual self-understanding), l’image corporelle (body image), les rôles de genre (gender roles), l’engagement relationnel (commitment), la communication avec le partenaire sexuel (communication with a sexual partner), la masturbation (masturbation), la culpabilité sexuelle (sexual guilt) et la performance sexuelle (sexual performance). Cette dernière dimension propose deux formulations adaptées selon le sexe biologique ou l’anatomie génitale du répondant (item 29 pour les femmes portant sur l’orgasme vaginal et item 30 pour les hommes portant sur la fonction érectile).
Les propriétés psychométriques de l’ASCS démontrent une consistance interne globale solide, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,70 et 0,80 pour l’échelle globale selon les populations étudiées (échantillons universitaires traditionnels et cohortes diversifiées sur le plan ethnique et culturel). Les coefficients des sous-échelles s’étendent de 0,60 (performance sexuelle) à 0,91 (attitudes envers la masturbation). La validité concourante a été établie par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures canoniques telles que l’inventaire de culpabilité sexuelle de Mosher, l’échelle d’anxiété sexuelle de Janda et O’Grady, ainsi que l’échelle des attitudes sexuelles de Derogatis. L’instrument discrimine avec robustesse clinique les populations rapportant des dysfonctions érotiques et des détresse de couple majeures.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes sexuelles, préoccupations sexuelles, dysfonctions sexuelles, psychométrie, sexologie clinique, image corporelle, culpabilité sexuelle, communication de couple, analyse factorielle, fidélité test-retest, rôle de genre, santé sexuelle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, formalisée et validée scientifiquement par deux chercheurs spécialistes de la santé comportementale et de l’éducation sexuelle clinique :
- Patricia Barthalow Koch, Ph.D. : Professeure émérite au département de santé biocomportementale (Department of Biobehavioral Health), College of Health and Human Development, The Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvanie, États-Unis. Adresse professionnelle : 304B Health and Human Development Building East, University Park, PA 16802. Courriel institutionnel : [email protected].
- Craig R. Cowden, Ph.D. : Chercheur et enseignant en psychologie et sciences comportementales au Tacoma Community College, Tacoma, Washington, États-Unis. Ses travaux portent sur les intersections entre orientation sexuelle, appartenance religieuse et attitudes psycho-sexuelles.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Attitudes Related to Sexual Concerns Scale (ASCS) est de combler un vide méthodologique et diagnostique persistant dans le champ de la sexologie empirique et de la psychologie clinique. Historiquement, la majorité des inventaires psychométriques développés entre les années 1960 et 1980 mesuraient soit le conservatisme sexuel global, soit des attitudes hautement théoriques et décontextualisées vis-à-vis de la sexualité générale de la société (par exemple, la permissivité sociosexuelle ou l’attitude envers la pornographie). Or, les cliniciens et thérapeutes de couple constataient régulièrement qu’un individu pouvait manifester des opinions progressistes et libérales à l’égard de la sexualité d’autrui tout en étant paralysé dans sa propre intimité par des croyances anxiogènes, de la culpabilité intériorisée ou des cognitions dysfonctionnelles liées à sa performance.
L’ASCS a donc été spécifiquement construite pour mesurer non pas des idéologies sociétales distales, mais des attitudes proximales centrées sur le soi (self-referent proximal attitudes). Ces dispositions cognitives et affectives sont reconnues comme étant directement associées sur le plan étiologique, clinique et statistique à l’apparition, au maintien ou à l’exacerbation des dysfonctions sexuelles masculines et féminines, telles que les troubles de l’érection, l’éjaculation prématurée, l’anorgasmie, la dyspareunie, ainsi que les troubles du désir sexuel hypoactif.
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, l’ASCS est employée pour examiner les variations d’attitudes sexuelles néfastes à travers une multitude de sous-populations stratifiées selon le genre, l’orientation affective et sexuelle, l’âge, l’état matrimonial ou relationnel, l’appartenance ethnoculturelle et le degré d’affiliation religieuse. Elle permet d’identifier comment les normes socioculturelles sont intériorisées sous forme de schémas cognitifs inhibitseurs.
Dans la pratique psychothérapeutique et sexo-analytique, l’ASCS constitue un outil d’évaluation initiale (assessment) de premier plan. Elle permet aux thérapeutes :
- De cartographier avec précision les freins psychologiques intériorisés par le patient, évitant ainsi d’attribuer trop rapidement une étiologie organique pure à une plainte sexuelle ;
- De guider la planification des interventions cognitivo-comportementales en ciblant les distorsions cognitives spécifiques (par exemple, des attentes irréalistes concernant les rôles de genre ou la croyance erronée selon laquelle l’orgasme coïtal exclusif est la seule norme acceptable) ;
- D’évaluer l’efficacité des protocoles thérapeutiques grâce à des passations pré- et post-traitement, objectivant ainsi la restructuration cognitive et la réduction des attitudes négatives génératrices d’anxiété de performance.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par l’ASCS repose sur le postulat qu’un ensemble cohérent d’attitudes cognitives, corporelles et relationnelles structure l’expérience intime d’un individu. L’échelle décompose ce réseau attitudinal en huit dimensions distinctes, chacune explorant un domaine de vulnérabilité aux dysfonctions érotiques :
1. Image corporelle (Body Image)
Cette dimension évalue l’attrait sexuel perçu de son propre corps et l’aisance psychologique ressentie lors de l’exposition corporelle nue devant un partenaire intime. Les cognitions négatives relatives à l’apparence physique constituent un facteur documenté d’anxiété de performance et d’auto-observation spectatoriale (« spectating » selon Masters et Johnson). Les individus présentant des scores défavorables redoutent le rejet visuel et éprouvent un malaise profond lors des interactions intimes dénudées (évalué via les items 1, 9 et 17).
2. Compréhension de soi sexuelle (Sexual Self-Understanding)
Ce construit renvoie à la clarté cognitive, à la métacognition et à la capacité d’élucidation qu’un individu possède sur ses propres motivations, désirs, valeurs et comportements sexuels. Une confusion intérieure ou l’inaptitude à identifier ce qui procure du plaisir sexuel conduit à une impuissance communicationnelle, entravant la négociation du consentement et du partage érotique (items 2, 10, 18 et 25).
3. Rôles de genre (Gender Roles)
Cette sous-échelle mesure l’adhésion à des stéréotypes de genre rigides et hétéronormatifs dans la négociation du script sexuel. Ces attitudes incluent l’acceptation d’un double standard moral (par exemple, juger plus acceptable pour un homme d’avoir des aventures d’un soir que pour une femme) ou la croyance que la régulation des limites sexuelles incombe exclusivement à l’un des partenaires (items 3, 11 et 19). L’instrument préconise d’écarter cette dimension chez les répondants homosexuels, certains items référant explicitement à des relations hétérosexuelles.
4. Communication avec un partenaire sexuel (Communication with a Sexual Partner)
La dimension communicationnelle évalue la capacité assertive d’exprimer ses désirs, de formuler des suggestions techniques constructives et, inversement, d’exprimer des limites ou des sentiments négatifs sans redouter l’effondrement du lien. Le mutisme ou l’évitement conversationnel dans la sphère érotique est l’un des prédicteurs majeurs de l’insatisfaction relationnelle et de la chronicisation des dysfonctions (items 4, 12, 20 et 26).
5. Culpabilité sexuelle (Sexual Guilt)
Cette composante capture l’intériorisation de tabous moraux, parentaux ou dogmatiques religieux qui sanctionnent la sexualité récréative, le plaisir partagé ou les fantasmes personnels. Les sentiments de culpabilité déclenchent une détresse affective immédiate dès que l’individu s’écarte de préceptes rigides, conduisant à une inhibition réflexe de la réponse sexuelle (items 5, 13, 21 et 27).
6. Engagement relationnel (Commitment)
Cette sous-échelle sonde les angoisses associées à la perte d’autonomie, la peur d’être piégé émotionnellement ou la méfiance vis-à-vis de l’intimité relationnelle. L’impossibilité de faire confiance ou l’appréhension de l’attachement interfèrent négativement avec l’abandon sensoriel nécessaire à une sexualité épanouie (items 6, 14, 22 et 28).
7. Attitudes envers la masturbation (Masturbation)
Ce construit mesure le degré d’acceptation, d’aisance et de bien-être ressenti face à l’auto-érotisme comme moyen légitime d’exploration somatique et de décharge sexuelle. La persistance de la honte et de la culpabilité autour du plaisir solitaire constitue un marqueur robuste d’inhibition psychosexuelle globale (items 7, 15 et 23).
8. Performance sexuelle (Sexual Performance)
Cette dimension fondamentale évalue la dépendance de l’estime de soi sexuelle envers la réussite mécanique du rapport, la terreur de l’échec orgasmique ou érectile, et la crainte panique de l’abandon si la performance n’atteint pas des standards idéalisés. Elle contient un item différencié selon le sexe biologique : l’item 29 explore l’anxiété de l’anorgasmie coïtale chez la femme, tandis que l’item 30 explore l’angoisse de la panne érectile chez l’homme (items 8, 16, 24, et 29 ou 30).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de l’ASCS s’enracine au confluent de la théorie de l’action raisonnée (Ajzen & Fishbein, 1980) et des modèles cognitifs-comportementaux de la sexologie moderne issus des travaux pionniers de William Masters et Virginia Johnson, ainsi que des contributions théoriques de Helen Singer Kaplan et de John Bancroft.
Selon le paradigme d’Icek Ajzen et Martin Fishbein (1980), le comportement humain n’est pas directement déterminé par des attitudes globales et impersonnelles, mais par des attitudes proximales et ciblées, formulées à un niveau d’abstraction équivalent à celui du comportement cible. Koch et Cowden ont appliqué ce postulat au champ de la sexologie : interroger un individu sur son approbation générale de la libération des mœurs s’avère inopérant pour prédire ses angoisses au lit. En revanche, sonder des énoncés personnalisés rédigés à la première personne (« Je me sentirais humilié si… », « Il me serait difficile d’expliquer… ») active les représentations de soi en situation d’intimité, offrant une valeur prédictive considérablement plus élevée quant aux réponses physiologiques et comportementales réelles.
Sur le plan psychopathologique, l’ASCS intègre le concept de « cercle vicieux cognitivo-comportemental » décrit par Masters et Johnson (1970). Selon cette théorie, les croyances erronées et la culpabilité génèrent des pensées automatiques d’auto-dépréciation durant l’acte sexuel. L’individu quitte son rôle de participant sensoriel pour devenir un « spectateur critique » de son propre corps et de son érection ou de sa lubrification. Cette posture spectatoriale active le système nerveux autonome sympathique, inhibant ainsi la vasodilatation périphérique et la cascade neurobiologique nécessaire à l’excitation et à l’orgasme. L’échec qui en résulte confirme les croyances négatives initiales, ancrant une vulnérabilité chronique.
Enfin, l’ASCS s’appuie sur le modèle du contrôle inhibiteur et excitateur de la réponse sexuelle (modèle du double contrôle de Bancroft et Janssen). Les attitudes négatives mesurées par l’échelle — qu’il s’agisse de la honte de la masturbation, de la terreur de l’engagement ou des pressions liées aux rôles genrés — agissent directement comme des amplificateurs du système d’inhibition sexuelle (Sexual Inhibition System, SIS), étouffant la réactivité érotique naturelle même en présence d’une stimulation physique adéquate.
7. Validité / Validity
Le processus de validation psychométrique de l’ASCS a fait l’objet d’une méthodologie rigoureuse combinant approches qualitatives et quantitatives destinées à asseoir sa validité de contenu, de construit, concourante et de critère.
Validité de contenu
La validité de contenu a été garantie dès l’amont de la conception grâce à une analyse textuelle et thématique exhaustive de la littérature clinique et scientifique. Les auteurs ont dépouillé plus de 40 manuels fondamentaux en éducation à la sexualité, en thérapie conjugale et en sexo-analyse, ainsi que plus de 250 articles scientifiques indexés portant sur les étiologies des dysfonctions sexuelles masculines et féminines. Ce corpus a permis d’isoler les huit domaines cognitifs les plus récurrents et de générer un pool initial d’items soumis à des pré-tests successifs auprès de panels d’experts et d’étudiants pour affiner la pertinence sémantique et clinique de chaque énoncé.
Validité concourante
La validité concourante a été établie en corrélant l’ASCS avec plusieurs batteries psychométriques de référence évaluant des dimensions connexes du fonctionnement psycho-sexuel :
- L’inventaire de culpabilité sexuelle de Mosher (Mosher Sex Guilt Inventory ; Mosher, 1966), avec lequel l’ASCS présente des corrélations positives statistiquement significatives, démontrant que les scores élevés à l’ASCS capturent fidèlement la propension à la culpabilisation morale ;
- L’échelle des attitudes sexuelles de Derogatis (Derogatis Sexual Attitudes Scale, DSAS ; Derogatis & Melisaratos, 1979), confirmant la sensibilité de l’outil aux idéologies restrictives ;
- L’inventaire d’anxiété sexuelle de Janda et O’Grady (Sex Anxiety Inventory ; Janda & O’Grady, 1980), corrélé significativement avec les sous-échelles de performance, d’image corporelle et de communication.
Validité discriminante et de critère (Groupes connus)
L’ASCS démontre une remarquable capacité à distinguer les populations cliniques des populations tout-venant. Les études par contrastes de groupes menées par Koch (1988) ainsi que Koch et Cowden (1990) ont mis en évidence que l’échelle discrimine significativement :
- Les individus éprouvant des niveaux élevés de difficultés relationnelles par rapport à ceux rapportant une satisfaction conjugale, avec un test t de Student très hautement significatif : t(402,87) = 6,58, p < 0,001 ;
- Les individus présentant des préoccupations ou des dysfonctions érectiles, orgasmiques ou coïtales avérées par rapport à ceux rapportant un fonctionnement érotique fluide et satisfaisant : t(400,98) = 3,50, p < 0,001 ;
- Les personnes déclarant une affiliation religieuse active par rapport aux non-affiliés, les premières manifestant des niveaux de culpabilité sexuelle et d’inhibition significativement plus marqués (Cowden & Bradshaw, 2007).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’ASCS a été évaluée à travers des analyses de cohérence interne (alpha de Cronbach) réalisées auprès de cohortes aux profils sociodémographiques variés afin de tester la robustesse inter-échantillons de l’instrument.
Deux études majeures fournissent des données comparatives éclairantes : la première menée par Cowden et Koch (1995) auprès d’un échantillon universitaire du Nord-Est des États-Unis à prédominance caucasienne, et la seconde conduite par Cowden et Bradshaw (2007) auprès d’une cohorte ethniquement et culturellement diversifiée issue d’établissements de Washington, D.C. et de Caroline du Nord.
| Dimension / Sous-échelle | Échantillon Cowden & Koch (1995) (α) | Échantillon Cowden & Bradshaw (2007) (α) |
|---|---|---|
| Échelle totale (Overall Scale) | 0,70 | 0,80 |
| Image corporelle (Body Image) | 0,74 | 0,80 |
| Compréhension de soi sexuelle (Sexual Self-Understanding) | 0,84 | 0,67 |
| Rôles de genre (Gender Roles) | 0,64 | 0,63 |
| Communication avec le partenaire (Communication) | 0,73 | 0,66 |
| Culpabilité sexuelle (Guilt) | 0,75 | 0,67 |
| Engagement relationnel (Commitment) | 0,80 | 0,66 |
| Masturbation (Masturbation) | 0,91 | 0,90 |
| Performance sexuelle (Sexual Performance) | 0,66 | 0,60 |
Les résultats confirment une excellente consistance interne pour l’échelle totale (atteignant 0,80 dans la seconde cohorte) et une stabilité remarquable pour la sous-échelle consacrée à la masturbation (alpha oscillant entre 0,90 et 0,91). Les variations mineures observées sur les sous-échelles de performance ou de rôles de genre s’expliquent par le nombre restreint d’items composant ces dimensions spécifiques (3 à 4 items par facteur), un phénomène statistique attendu dans le calcul du coefficient alpha selon la formule de Spearman-Brown.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle sous-jacente de l’ASCS a été établie au moyen d’analyses factorielles en composantes principales (ACP) conduites lors de la phase de développement auprès d’un échantillon pilote d’environ 400 étudiants universitaires (Cowden & Koch, 1995 ; Koch, 1983).
Compte tenu de l’interdépendance théorique attendue entre les différentes attitudes liées à la sexualité, les auteurs ont appliqué une rotation oblique non orthogonale de type promax. Ce choix statistique a permis aux facteurs de corréler entre eux tout en isolant des saturations factorielles simples et intelligibles.
L’extraction factorielle a mis en évidence une solution à huit facteurs indépendants expliquant une proportion substantielle de la variance totale des scores :
- Facteur 1 : Attitudes envers la masturbation — Ce facteur a émergé comme la composante la plus puissante, rendant compte à elle seule de 42 % de la variance expliquée, soulignant la centralité de l’acceptation de l’auto-érotisme dans l’édifice des attitudes psycho-sexuelles saines.
- Facteur 2 : Compréhension de soi sexuelle — Explique 14 % de la variance, confirmant le rôle cardinal de l’introspection cognitive dans le bien-être sexuel.
- Facteur 3 : Culpabilité sexuelle — Rend compte de 11 % de la variance, capturant les répercussions des impératifs familiaux et religieux intériorisés.
- Facteur 4 : Communication avec le partenaire sexuel — Explique 10 % de la variance, structurant l’expression assertive des besoins et limites.
- Facteur 5 : Image corporelle — Rend compte de 8 % de la variance, isolant les peurs associées à l’exposition physique de la nudité.
- Facteur 6 : Engagement relationnel — Explique 6 % de la variance, cristallisant les angoisses d’étouffement ou de trahison affective.
- Facteur 7 : Performance sexuelle — Rend compte de 5 % de la variance, modélisant la peur panique de la panne mécanique.
- Facteur 8 : Rôles de genre — Explique 4 % de la variance, représentant les stéréotypes sociosexuels normatifs.
Les saturations factorielles des items sur leurs dimensions respectives ont toutes dépassé le seuil méthodologique conventionnel de 0,40, sans saturation croisée majeure, validant ainsi la parcimonie et l’étanchéité conceptuelle de la solution octofactorielle retenue.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’ASCS se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier-crayon ou format informatisé.
- Nombre total d’items : 30 énoncés psychométriques. Chaque participant répond à 29 items effectifs : les items 1 à 28 sont communs à tous les répondants, l’item 29 est réservé exclusivement aux femmes, et l’item 30 est réservé exclusivement aux hommes.
- Format d’échelle de réponse : Échelle de Likert en 5 points graduée comme suit :
- 1 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord)
- 2 = Agree (D’accord)
- 3 = Uncertain (Incertain / Neutre)
- 4 = Disagree (En désaccord)
- 5 = Strongly Disagree (Tout à fait en désaccord)
- Durée de passation : Environ 15 minutes.
- Consigne d’administration : Le répondant doit entourer l’option qui traduit le mieux son attitude face à des situations diverses. S’il n’a jamais vécu personnellement la situation évoquée, il lui est explicitement demandé de s’imaginer dans ce contexte et de rapporter sa réaction probable. Le terme « partenaire » est défini de manière inclusive comme toute personne avec laquelle le participant choisit de partager sa sexualité.
- Procédure de cotation (Scoring) et inversion d’items :
- L’échelle totale génère un score composite variant de 30 à 150 points.
- Orientation clinique des scores : Un score de 30 reflète les attitudes les moins négatives (attitude saine, érotophile et sécure), tandis qu’un score de 150 indique les attitudes les plus négatives et anxiogènes. Par conséquent, plus le score brut est élevé, plus l’individu manifeste des croyances dysfonctionnelles associées à un risque élevé de troubles sexuels et relationnels.
- Inversion des items (Reverse Scoring) : Les items formulés de manière positive ou traduisant une absence de gêne doivent être inversés avant le calcul des scores (c’est-à-dire : 1 = 5, 2 = 4, 3 = 3, 4 = 2, 5 = 1). Les items à inverser obligatoirement portent un astérisque (*) dans la clé ci-dessous.
- Répartition des items par sous-échelles :
- Image corporelle (Body Image) : Items 1, 9, *17
- Compréhension de soi sexuelle (Sexual Self-Understanding) : Items *2, 10, *18, 25
- Rôles de genre (Gender Roles) : Items *3, *11, 19 (Sous-échelle omise lors de l’administration à des répondants homosexuels)
- Communication avec le partenaire (Communication) : Items *4, 12, *20, *26
- Culpabilité sexuelle (Guilt) : Items *5, *13, 21, 27
- Engagement relationnel (Commitment) : Items 6, *14, *22, *28
- Masturbation (Masturbation) : Items 7, 15, *23
- Performance sexuelle (Sexual Performance) : Items *8, *16, *24, et *29 (femmes) ou *30 (hommes)
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1983 (thèse doctorale de P. B. Koch), avec formalisations et publications psychométriques majeures en 1990 et 1995.
- Statut des droits d’auteur et licence : L’échelle relève du droit d’auteur académique détenu par les auteurs (Patricia Barthalow Koch & Craig R. Cowden). Elle a été diffusée dans des publications savantes à des fins de recherche scientifique et d’utilisation clinique non commerciale.
- Tarifs d’utilisation : L’utilisation de l’instrument dans un cadre universitaire, pédagogique ou de recherche clinique non subventionnée est généralement libre de redevance financière sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources des auteurs.
- Demande d’autorisation institutionnelle : Les chercheurs souhaitant intégrer l’échelle à des protocoles expérimentaux, des essais cliniques ou des plateformes numériques d’évaluation sont invités à adresser une correspondance institutionnelle à la professeure Patricia Barthalow Koch, The Pennsylvania State University ([email protected]).
12. Références / References
Les références bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et théorique de l’instrument :
- Ajzen, I., & Fishbein, M. (1980). Understanding attitudes and predicting social behavior. Prentice-Hall.
- Cowden, C. R., & Bradshaw, S. D. (2007). Religiosity and sexual concerns. International Journal of Sexual Health, 19(1), 15–24. https://doi.org/10.1300/J514v19n01_03
- Cowden, C. R., & Koch, P. B. (1995). Attitudes related to sexual concerns: Gender and orientation comparisons. Journal of Sex Education and Therapy, 21(2), 78–87. https://doi.org/10.1080/01614576.1995.11074140
- Derogatis, L. R., & Melisaratos, N. (1979). The DSFI: A multidimensional measure of sexual functioning. Journal of Sex & Marital Therapy, 5(3), 244–281. https://doi.org/10.1080/00926237908403732
- Janda, L. H., & O’Grady, K. E. (1980). Development of a Sex Anxiety Inventory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 48(2), 169–175. https://doi.org/10.1037/0022-006X.48.2.169
- Koch, P. B. (1983). The relationship between sex-related attitudes and beliefs and the sexual concerns experienced by college students (Doctoral dissertation). Dissertation Abstracts International, 44, UMI No. DA83-20895.
- Koch, P. B. (1988). The relationship of first intercourse to later sexual functioning concerns of adolescents. Journal of Adolescent Research, 3(3-4), 345–362. https://doi.org/10.1177/074355488833008
- Koch, P. B., & Cowden, C. R. (1990). Development of a measurement of attitudes related to sexual concerns. Unpublished manuscript, The Pennsylvania State University.
- Mosher, D. L. (1966). The development and multitrait-multimethod matrix analysis of three measures of three aspects of guilt. Journal of Consulting Psychology, 30(1), 25–29. https://doi.org/10.1037/h0023075