1. Résumé / Abstract
L’Échelle des attitudes envers les organes génitaux féminins (en anglais, Attitudes Toward Women’s Genitals Scale, ou ATWGS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation unidimensionnel développé par la chercheuse Debra Herbenick en 2006 et validé formellement dans la littérature scientifique en 2009. Conçue pour combler une lacune fondamentale dans les mesures de santé sexuelle, l’échelle évalue les croyances, perceptions évaluatives et représentations cognitives et affectives générales qu’un individu entretient à l’égard de l’appareil génital féminin (englobant explicitement tant la vulve que le vagin). L’ATWGS se distingue rigoureusement des mesures d’« image corporelle génitale de soi » (genital self-image), dans la mesure où elle quantifie l’attitude générale envers l’anatomie génitale des femmes, qu’elle soit administrée à des femmes ou à des hommes.
Composée de 10 items formulés de manière directe ou inversée, l’échelle utilise un format de réponse de type Likert à 4 points (allant de « Totalement en désaccord » à « Totalement d’accord »). Son administration est brève, requérant généralement moins de cinq minutes. Sur le plan psychométrique, l’ATWGS présente d’excellentes qualités de fidélité et de validité. La cohérence interne mesurée par le coefficient alpha de Cronbach atteint 0,85 pour les femmes, 0,82 pour les hommes et 0,86 pour l’échantillon combiné, avec des corrélations item-total corrigées supérieures à 0,38 pour l’ensemble des énoncés. La stabilité temporelle test-retest à deux semaines est remarquable (r = 0,93, p < 0,001).
Sur le plan de la validité de construit, l’ATWGS montre une validité convergente significative avec l’orientation érotophile globale mesurée par le Sexual Opinion Survey (r = 0,43, p < 0,001). Elle démontre également une forte validité critérielle prédictive à l’égard de comportements préventifs et de santé sexuelle : des scores élevés sont significativement associés à l’expérience d’examens gynécologiques, à l’auto-examen vulvaire, à la réception et à la pratique du cunnilingus, ainsi qu’à l’utilisation d’accessoires érotiques. Cet outil est particulièrement pertinent pour la recherche en psychologie sociale, en sexologie clinique, en santé publique ainsi que pour l’évaluation d’interventions éducatives ou médicales ciblant la réduction des tabous corporels.
2. Mots-clés / Keywords
Attitudes Toward Women’s Genitals Scale, ATWGS, organes génitaux féminins, psychométrie, sexologie, image corporelle, vulve, vagin, comportement sexuel, santé gynécologique, érotophilie, validité factorielle, fidélité test-retest, Debra Herbenick.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, développée et validée par le professeur Debra Herbenick, PhD, MPH. Chercheuse renommée dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive, elle est rattachée au Center for Sexual Health Promotion au sein de la School of Public Health (anciennement Department of Applied Health Science / School of Health, Physical Education, and Recreation [HPER]) de l’Université de l’Indiana à Bloomington, États-Unis.
Affiliation institutionnelle principale :
Debra Herbenick, PhD, MPH
Center for Sexual Health Promotion, School of Public Health-Bloomington, Indiana University
1025 E. 7th Street, SPH 116, Bloomington, IN 47405, États-Unis.
Courriel académique : [email protected]
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Attitudes Toward Women’s Genitals Scale (ATWGS) est d’opérationnaliser et de quantifier de manière standardisée les attitudes cognitives, sensorielles et socioculturelles qu’entretiennent les individus envers les organes génitaux des femmes. Historiquement, l’anatomie génitale féminine a fait l’objet de représentations polarisées, oscillant entre sacralisation, réification, dégoût corporel et stigmatisation hygiéniste. Les tabous socioculturels et l’insuffisance de programmes d’éducation anatomique précis ont favorisé l’émergence d’idées reçues selon lesquelles la vulve et le vagin seraient intrinsèquement sales, malodorants, difformes ou menaçants.
Applications en recherche et santé publique
Dans le domaine de la santé publique et des sciences comportementales, l’ATWGS permet d’analyser les mécanismes sous-jacents aux disparités de recours aux soins. Les attitudes négatives envers les organes génitaux féminins constituent des prédicteurs majeurs de l’évitement ou du report des examens gynécologiques de routine, tels que le frottis cervico-utérin de dépistage (test Pap) et l’examen pelvien bimanuel. Les femmes intériorisant la croyance que leurs parties intimes sont sales ou d’apparence désagréable manifestent une anxiété d’anticipation accrue face au regard du clinicien, retardant ainsi le diagnostic de pathologies précancéreuses, d’infections transmissibles sexuellement (ITS) ou de dermatoses vulvaires chroniques.
En outre, l’échelle est mobilisée pour mesurer l’efficacité de dispositifs éducatifs, de campagnes de déstigmatisation ou de programmes scolaires et universitaires axés sur la littératie anatomique. L’ATWGS fournit une mesure de référence standardisée pré- et post-intervention, permettant de vérifier si la transmission de données scientifiques précises contribue à déconstruire les biais négatifs et l’anxiété associée à la morphologie féminine.
Applications en sexologie clinique et médecine somatique
Sur le versant clinique, les attitudes négatives constituent un frein direct à l’épanouissement sexuel et à l’intimité relationnelle. Une femme convaincue que ses organes génitaux ont une odeur ou un goût rebutant est significativement plus susceptible d’éprouver une détresse psychologique lors des rapports intimes, de refuser de recevoir un cunnilingus, ou de présenter des symptômes d’anorgasmie et de dyspareunie psychogène. De manière symétrique, chez les hommes et les partenaires sexuels, des scores bas à l’ATWGS peuvent expliquer des conduites de rejet, des réticences à l’égard du sexe oral ou des commentaires dévalorisants renforçant les traumatismes corporels de leur partenaire.
L’ATWGS trouve également une indication clinique de premier plan auprès de cohortes de patientes confrontées à des altérations morphologiques ou fonctionnelles acquises : femmes traitées pour un cancer de la vulve (vulvectomies partielles ou totales, radiothérapie), patientes atteintes de lichen scléreux vulvaire, d’atrophie vulvo-vaginale post-ménopausique sévère, ou encore candidates à des chirurgies génitales réparatrices ou cosmétiques (nymphoplasties, labiaplasties de réduction). L’instrument permet d’évaluer dans quelle mesure l’altération physique induit une détérioration de l’attitude générale envers l’anatomie génitale féminine, orientant ainsi la prise en charge psychologique et sexologique interdisciplinaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ATWGS est l’attitude globale envers les organes génitaux féminins. Il convient d’établir une distinction conceptuelle fondamentale entre l’« image de ses propres organes génitaux » (genital self-image) et l’« attitude générale envers les organes génitaux féminins » (attitudes toward women’s genitals). Alors que l’image génitale personnelle — mesurée par exemple par la Female Genital Self-Image Scale (FGSIS) également développée par Herbenick — appréhende les affects, l’estime de soi et le confort subjectif qu’une femme éprouve vis-à-vis de son propre corps, l’ATWGS mesure un ensemble de schémas cognitifs, de dispositions affectives et de jugements normatifs portant sur l’ensemble de l’anatomie génitale féminine en tant qu’objet de perception.
Genèse et identification des thèmes sous-jacents
La conceptualisation initiale de l’instrument s’est appuyée sur une méthodologie mixte. Durant la phase préliminaire de développement, neuf enquêtes pilotes ont été menées auprès de 370 participants (hommes et femmes). Ces données qualitatives et quantitatives ouvertes, croisées avec une revue systématique de la littérature socio-médicale, ont permis d’isoler 14 thématiques récurrentes structurant la perception des parties intimes féminines :
- L’apparence génitale (genital appearance) : Jugements esthétiques généraux relatifs à l’harmonie visuelle, la symétrie des lèvres et la coloration.
- L’accouchement par voie basse (vaginal birth) : Croyances relatives aux transformations structurales et à la tonicité du canal vaginal post-partum.
- La taille en relation avec la fonction (size in relation to function) : Idées reçues entourant l’étroitesse, la profondeur ou la distension vaginale.
- La menstruation (menstruation) : Représentations de l’impureté, du sang menstruel et des cycles biologiques.
- L’hygiène (hygiene) : Polarité propreté/saleté, sécrétions physiologiques perçues comme pathologiques ou sales.
- La pilosité pubienne (pubic hair) : Normes esthétiques, épilation versus présence naturelle du poil pubien.
- L’odeur (smell) : Évaluations olfactives, appréhension des effluves naturels considérés comme déplaisants ou nauséabonds.
- Le goût (taste) : Perceptions gustatives directement associées à l’expérience du cunnilingus.
- La communication (communication) : Aisance ou malaise à nommer et discuter ouvertement des organes féminins.
- La féminité (femininity) : Liens symboliques entre présence des organes génitaux et identité de genre féminine.
- Le regard (« looking ») : Capacité ou refus de regarder sa propre vulve au miroir ou de la dévoiler au regard d’autrui (partenaire, médecin).
- La lubrification (wetness) : Interprétations positives ou négatives des sécrétions lubrifiantes naturelles.
- Le toucher (touching) : Sensations tactiles, texture cutanée et muqueuse.
- Le sexe oral (oral sex) : Confort subjectif, plaisir ou dégoût associé à la stimulation oro-génitale.
Structure condensée et facettes de l’échelle finale
À partir du pool initial de 101 items générés pour couvrir ces 14 domaines, un processus itératif de réduction psychométrique a convergé vers une échelle finale de 10 items. Bien que traitée comme un score composite unidimensionnel, l’ATWGS capture trois dimensions interconnectées :
- La dimension esthétique et valorisante : Cette facette évalue l’appréciation de la beauté physique et la fierté corporelle associée à la vulve (ex. item 1 : « Women’s genitals are beautiful » ; item 2 : « Women should feel proud of their genitals » ; item 4 : « I wish more people could appreciate the beauty of women’s genitals »). Elle traduit l’intégration positive de l’anatomie féminine dans le champ esthétique humain.
- La dimension sensorielle et de propreté (dégoût corporel) : Formulée essentiellement via des énoncés inversés, cette composante mesure l’absence de rejet olfactif, gustatif, tactile ou sanitaire (ex. item 3 : « Women’s genitals smell bad » ; item 5 : « In general, women’s genitals probably taste disgusting » ; item 6 : « Women’s genitals are ugly » ; item 8 : « Women’s genitals are dirty » ; item 10 : « I can see how some people would think that women’s genitals feel good to touch »). Elle cible directement les schèmes de contamination et d’aversion physique.
- La dimension sociopolitique et affective générale : Elle mesure la bienveillance globale et le désir d’ouverture sociétale vis-à-vis des tabous anatomiques (ex. item 7 : « I wish our society was more open about women’s genitals » ; item 9 : « I feel positively toward women’s genitals »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’ATWGS s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la psychologie de la santé et des théories féministes du corps.
1. Le modèle de l’érotophobie-érotophilie
L’un des piliers conceptuels majeurs de l’instrument repose sur la théorie de la disposition érotophobe-érotophile formulée par William A. Fisher et Donn Byrne. L’érotophobie est définie comme une disposition psychologique apprise à réagir aux stimuli sexuels par des affects négatifs, des sentiments de culpabilité, de honte et des conduites d’évitement. À l’opposé, l’érotophilie correspond à une disposition à répondre aux indices érotiques par des émotions positives, de la curiosité et une approche valorisante. L’ATWGS transpose ce modèle généraliste à un stimulus corporel ciblé : les parties intimes de la femme. Dans cette perspective théorique, les individus présentant des attitudes négatives envers les organes génitaux manifestent une forme d’érotophobie focalisée, où les organes de reproduction et de plaisir sont automatiquement associés à des affects d’aversion et de réprobation morale.
2. La théorie de l’objectification et la somatophobie socioculturelle
L’échelle s’articule également avec la théorie de l’objectification formulée par Barbara Fredrickson et Tomi-Ann Roberts. Selon cette théorie, les corps des femmes sont continuellement scrutés, évalués et réduits à des objets visuels dans les sociétés patriarcales. L’imposition de normes esthétiques uniformisées et aseptisées (accentuée par la pornographie grand public et les retouches numériques) a créé une norme irréaliste de la vulve : glabre, parfaitement symétrique, invisible en position debout et dépourvue de toute odeur ou sécrétion naturelle. Lorsque la réalité anatomique vivante dévie de cette norme médiatique épurée, elle déclenche des processus d’auto-dévalorisation chez les femmes et de rejet chez les hommes. L’ATWGS mesure l’adhésion ou, au contraire, la résistance critique face à ces représentations socioculturelles aliénantes.
3. La théorie sociocognitive et la psychologie du dégoût
D’un point de vue cognitivo-comportemental, les attitudes envers les organes génitaux relèvent d’apprentissages sociaux vicariants (Albert Bandura). Dès l’enfance, les messages parentaux implicites ou explicites d’évitement (« n’y touche pas, c’est sale »), l’absence de vocabulaire anatomique précis (remplacé par des euphémismes) et la stigmatisation de la menstruation et des pertes vaginales conditionnent une réaction émotionnelle de dégoût protecteur. Ce dégoût corporel primaire, initialement destiné à prévenir la contamination par des agents pathogènes, s’étend de manière dysfonctionnelle à des parties saines du corps. L’ATWGS évalue la prégnance de ces schémas cognitifs de souillure face à une perception rationnelle et bienveillante de la physiologie féminine.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’ATWGS a fait l’objet d’investigations rigoureuses lors de sa publication princeps (Herbenick, 2009) et dans des travaux ultérieurs.
Validité de contenu
La validité de contenu a été garantie par une démarche séquentielle rigoureuse. Après l’analyse thématique issue des 370 questionnaires exploratoires initiaux, un pool préliminaire de 101 énoncés a été soumis à l’évaluation d’un comité multidisciplinaire d’experts. Ce panel comprenait des spécialistes issus des études sur le genre (gender studies), de la médecine gynécologique, de la santé publique, de la psychologie clinique et de la sexologie. Chaque énoncé a été jugé sur sa clarté syntaxique, sa représentativité du domaine conceptuel et l’absence d’ambiguïté pour les deux sexes.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’analyse des corrélations entre l’ATWGS et le Sexual Opinion Survey (SOS ; Fisher, 1998), une échelle validée de 5 items mesurant le continuum érotophilie-érotophobie. L’ATWGS présente une corrélation positive et statistiquement significative avec le SOS (r = 0,43, p < 0,001). Les participants manifestant des attitudes globales favorables envers la sexualité tendent ainsi à entretenir des représentations nettement plus valorisantes des organes génitaux féminins, ce qui confirme l’inscription théorique de l’instrument dans le champ de la disposition affective sexuelle positive.
Validité prédictive et critérielle
La validité liée à un critère s’est avérée particulièrement robuste, confirmant le pouvoir prédictif de l’échelle à l’égard de comportements de santé et de pratiques sexuelles réelles mesurés auprès d’un échantillon de 604 étudiants universitaires (362 femmes, 242 hommes ; âge moyen = 20,0 ans) :
- Comportements gynécologiques et d’auto-santé chez les femmes : Les participantes ayant déjà consulté pour un examen gynécologique pelvien ont rapporté des scores significativement plus élevés à l’ATWGS que celles n’en ayant jamais bénéficié. De même, les femmes ayant procédé à un auto-examen de leurs propres organes au moins trois fois au cours de leur vie ont obtenu des scores significativement supérieurs à celles n’ayant pas ou peu exploré leur anatomie (p < 0,001).
- Comportements sexuels chez les femmes : Le fait d’avoir reçu un cunnilingus au moins trois fois dans sa vie ou d’avoir utilisé un vibrateur pour la masturbation était associé à des scores ATWGS significativement plus positifs (p < 0,001).
- Comportements sexuels chez les hommes : Les hommes ayant prodigué un cunnilingus à une partenaire au moins trois fois au cours de leur trajectoire sexuelle affichaient des scores significativement plus élevés à l’échelle comparativement aux hommes inexpérimentés ou réticents face à cette pratique (p < 0,001).
Différences inter-sexes
L’administration initiale a mis en évidence une différence significative entre les genres : les hommes ont obtenu, en moyenne, des scores significativement plus élevés à l’ATWGS que les femmes (M = 29,77 contre M = 26,48, p < 0,001). Ce résultat empirique contre-intuitif met en lumière la force de l’intériorisation des tabous chez les femmes elles-mêmes, soumises dès la puberté à des injonctions de dissimulation, de honte corporelle et de vigilance hygiénique, tandis que les hommes perçoivent plus aisément les organes féminins comme des objets de désir, de beauté et de renforcement positif.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés métrologiques de fidélité de l’ATWGS ont été établies selon les normes de la théorie classique des tests.
Cohérence interne
La cohérence interne de l’échelle a été estimée au moyen de l’alpha de Cronbach sur l’échantillon complet de dérivation (N = 604) :
- Échantillon féminin (n = 362) : α = 0,85.
- Échantillon masculin (n = 242) : α = 0,82.
- Échantillon global combiné (N = 604) : α = 0,86.
Ces coefficients dépassent largement le seuil d’acceptabilité conventionnel de 0,70 requis en psychométrie et témoignent d’une homogénéité remarquable des énoncés pour mesurer le construit cible, que l’instrument soit administré à des sujets féminins ou masculins. De surcroît, les analyses d’items ont révélé que les corrélations item-total corrigées dépassaient toutes le seuil de 0,38 (Herbenick, 2009), indiquant que chaque énoncé contribue de manière substantielle et non redondante au score total.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La fidélité temporelle a été documentée auprès d’un sous-échantillon de 16 participants (hommes et femmes) réévalués à un intervalle de deux semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse / Pearson s’est élevé à r = 0,93 (p < 0,001). Cette stabilité test-retest quasi parfaite démontre que l’ATWGS capture un construit attitudinal stable dans le temps en l’absence d’interventions ciblées, écartant l’hypothèse de fluctuations circonstancielles liées à l’humeur du moment.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La réduction des données et l’exploration de la dimensionalité de l’ATWGS ont suivi une démarche rigoureuse au cours de la phase de validation statistique.
Processus de réduction itérative
Le pool de 101 énoncés initiaux a été soumis à un échantillon de 604 étudiants. Les données ont fait l’objet d’analyses de corrélation inter-items, d’analyses de discrimination et d’analyses factorielles exploratoires (AFE) successives. Les critères d’élimination des items comprenaient :
- Une saturation factorielle primaire insuffisante (< 0,40).
- Des saturations croisées élevées sur des facteurs secondaires.
- Une faible corrélation item-total corrigée (< 0,35).
- Des effets de plancher ou de plafond marqués réduisant la variance interindividuelle.
Ce tamisage statistique itératif a conduit à isoler 10 items hautement discriminants qui capturent la variance essentielle du construit.
Unidimensionnalité versus structure bifactorielle
Les analyses factorielles exploratoires menées sur les 10 items finaux révèlent une forte composante générale dominante expliquant la majeure partie de la variance commune. Si une analyse non contrainte peut parfois faire émerger deux sous-dimensions secondaires de surface — l’une regroupant les énoncés formulés positivement (dimension d’appréciation/fierté, items 1, 2, 4, 7, 9, 10) et l’autre regroupant les énoncés formulés négativement (dimension de rejet/dégoût, items 3, 5, 6, 8) —, les analyses psychométriques indiquent que cette dichotomie résulte principalement d’un artéfact de méthode bien documenté dans la littérature psychométrique (polarité de la formulation). Debra Herbenick (2009) préconise par conséquent l’utilisation exclusive d’un score unidimensionnel global, dont la validité est soutenue par l’absence d’amélioration substantielle de l’ajustement lors de modélisations multidimensionnelles complexes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel : Attitudes Toward Women’s Genitals Scale (ATWGS).
- Nom français : Échelle des attitudes envers les organes génitaux féminins.
- Auteure : Debra Herbenick, PhD, MPH (Indiana University).
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou via plateforme numérique sécurisée.
- Nombre d’items : 10 énoncés courts.
- Durée de passation : Moins de 5 minutes (en moyenne 2 à 4 minutes).
- Population cible : Adultes et grands adolescents (hommes, femmes, personnes de toutes orientations sexuelles). Utilisable en population générale étudiante, en recherche clinique et en santé publique.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 4 points sans point neutre intermédiaire :
- 1 = Strongly Disagree (Totalement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Agree (D’accord)
- 4 = Strongly Agree (Totalement d’accord)
- Modalités de cotation (Scoring) :
- Items directs cotés tels quels (1 = 1, 2 = 2, 3 = 3, 4 = 4) : Items 1, 2, 4, 7, 9 et 10.
- Items formulés négativement nécessitant un codage inversé (Reverse coding : 1 → 4, 2 → 3, 3 → 2, 4 → 1) : Items 3, 5, 6 et 8.
- Calcul du score global : Somme arithmétique des 10 items (directs + inversés).
- Étendue des scores possibles : De 10 à 40 points.
- Interprétation : Un score élevé reflète des attitudes positives, valorisantes et saines envers les organes génitaux féminins. Un score bas dénote la présence de croyances stigmatisantes, d’un dégoût corporel intériorisé et d’attitudes d’aversion.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Année de développement : 2006 (thèse de doctorat, Indiana University).
Année de publication princeps : 2009 (dans l’International Journal of Sexual Health).
Statut des droits et conditions d’utilisation : L’ATWGS est un instrument académique mis à la disposition des chercheurs, cliniciens et étudiants sans frais d’utilisation commerciale (libre de droits pour la recherche scientifique non lucrative et les pratiques cliniques éducatives). L’utilisation de l’instrument requiert la citation explicite des publications sources de Debra Herbenick (2006, 2009). Toute adaptation commerciale, intégration dans un produit payant ou réédition à grande échelle nécessite l’autorisation écrite préalable de l’auteure principale.
Contact pour permissions institutionnelles :
Debra Herbenick, PhD, MPH
Indiana University Bloomington, School of Public Health
Courriel : [email protected]
12. Références / References
Fisher, W. A. (1998). The Sexual Opinion Survey. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of Sexuality-Related Measures (pp. 218–223). Sage Publications. https://doi.org/10.4135/9781483328171
Fredrickson, B. L., & Roberts, T.-A. (1997). Objectification theory: Toward understanding women’s lived experiences and mental health risks. Psychology of Women Quarterly, 21(2), 173–206. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.1997.tb00108.x
Herbenick, D. (2006). The development and validation of a scale to measure college students’ attitudes toward women’s genitals (Doctoral dissertation, Indiana University). ProQuest Dissertations and Theses Global.
Herbenick, D. (2009). The development and validation of a scale to measure attitudes toward women’s genitals. International Journal of Sexual Health, 21(3), 153–166. https://doi.org/10.1080/19317610903093766
Herbenick, D., & Reece, M. (2010). Development and validation of the Female Genital Self-Image Scale. The Journal of Sexual Medicine, 7(5), 1822–1830. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2010.01728.x
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
The following items are about people’s feelings and beliefs related to women’s genitals (both the vulva and the vagina). The word vulva refers to a woman’s external genitals (the parts that one can see from the outside such as the clitoris, pubic mound and vaginal lips). The word vagina refers to the inside part, also called the birth canal.
Please mark an “X” in the box to indicate how strongly you agree or disagree with each statement.
ATWGS scores are calculated by summing the scores of Items 1, 2, 4, 7, 9, and 10 (1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, 4 = Strongly Agree) with the reverse-coded scores from Items 3, 5, 6, and 8. A higher score indicates more positive attitudes toward women’s genitals.
- Women’s genitals are beautiful.
- Women should feel proud of their genitals.
- Women’s genitals smell bad.
- I wish more people could appreciate the beauty of women’s genitals.
- In general, women’s genitals probably taste disgusting.
- Women’s genitals are ugly.
- I wish our society was more open about women’s genitals.
- Women’s genitals are dirty.
- I feel positively toward women’s genitals.
- I can see how some people would think that women’s genitals feel good to touch.