Échelle des attitudes envers le mariage

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle des attitudes envers le mariage (Attitudes About Marriage Index – Aggression Scale), développée par Gayla Margolin et ses collaborateurs pour mesurer la légitimation cognitive des violences conjugales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des attitudes envers le mariage (connue dans sa déclinaison spécifique sous le titre d’Attitudes About Marriage Index – Aggression Scale [AMI-AS] ou échelle d’évaluation de la légitimation des agressions conjugales) constitue un instrument psychométrique de référence élaboré pour évaluer l’adhésion cognitive des individus à la violence conjugale dirigée par le mari envers son épouse. Développée initialement par Gayla Margolin et Linda Foo (1992) au sein de la University of Southern California, puis validée et opérationnalisée dans des recherches empiriques majeures par Holly Garcia O’Hearn et Gayla Margolin (2000), cette échelle mesure le degré auquel un individu juge justifiable ou inacceptable le recours à la force physique (frapper ou gifler sa conjointe) sous divers contextes situationnels et déclencheurs émotionnels.

L’instrument spécifique analysé ici comprend 25 items décrivant des scénarios de provocation, de conflit conjugal, de détresse émotionnelle ou de transgression normative. Les répondants évaluent chaque situation sur une échelle de type Likert allant de 0 (Injustifiable / Unjustifiable) à 5–6 (Justifiable), en passant par un continuum intermédiaire de 1 à 4 (Assez justifiable / Somewhat Justifiable). Les études psychométriques mettent en évidence une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach excédant régulièrement 0,90, témoignant d’une excellente homogénéité du construit. L’échelle a joué un rôle charnière dans la psychologie clinique et sociale de la famille en démontrant son statut de variable modératrice : l’exposition à la maltraitance physique dans la famille d’origine n’augmente significativement le risque de violences physiques et émotionnelles perpétrées à l’âge adulte contre une partenaire féminine que chez les hommes présentant des scores élevés d’approbation cognitive de la violence conjugale. L’outil s’avère indispensable pour la recherche sur la dynamique conjugale, l’évaluation du risque de récidive et la mise en place d’interventions cognitivo-comportementales ciblées.

2. Mots-clés / Keywords

Violence conjugale, attitudes envers le mariage, agression maritale, transmission intergénérationnelle de la violence, distorsions cognitives, psychométrie, évaluation clinique, modération statistique, théorie de l’apprentissage social, violences entre partenaires intimes.

3. Auteurs / Authors

L’échelle et ses déclinaisons méthodologiques sont issues des travaux menés au sein du laboratoire d’études familiales de l’Université de Californie du Sud (USC) :

  • Gayla Margolin, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et de pédiatrie à l’University of Southern California (USC), Los Angeles, États-Unis. Spécialiste de renommée internationale des conflits conjugaux, de la violence familiale et de leurs répercussions neurodéveloppementales et psychologiques sur les enfants et les jeunes adultes. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Linda Foo, Ph.D. : Chercheuse et collaboratrice clinique à l’Université de Californie du Sud, co-développeuse de la version initiale non publiée de l’Attitudes About Marriage Index (1992).
  • Holly Garcia O’Hearn, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au département de psychologie de l’USC, co-autrice de l’étude princeps de validation publiée en 2000 dans la revue Cognitive Therapy and Research démontrant l’effet modérateur des attitudes d’approbation maritale.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle réside dans l’opérationnalisation empirique et la quantification des croyances individuelles tolérant, excusant ou légitimant l’agression physique de l’homme envers sa femme. Dans le champ de la victimologie et de la psychologie médico-légale, comprendre pourquoi certains hommes ayant subi des violences durant leur enfance reproduisent ces comportements alors que d’autres brisent le cycle constitue un enjeu théorique et préventif majeur.

Applications en recherche psychologique

Sur le plan fondamental, l’instrument a été conçu pour tester le rôle des mécanismes cognitifs comme médiateurs ou modérateurs de la transmission intergénérationnelle de la violence. Alors que les corrélations brutes entre maltraitance subie dans l’enfance et comportements violents perpétrés à l’âge adulte demeurent souvent modestes à modérées, l’introduction de l’évaluation standardisée des attitudes condonnant l’agression permet d’expliquer une part significative de la variance résiduelle. Les chercheurs utilisent l’échelle pour isoler les déclencheurs spécifiques qui déclenchent le passage à l’acte en fonction de schémas cognitifs préexistants.

Applications cliniques et médico-légales

Dans les contextes d’évaluation clinique et d’intervention auprès des auteurs de violences entre partenaires intimes (VPI), l’échelle fournit une cartographie détaillée des distorsions cognitives et des restructurations morales opérées par l’individu :

  • Identification des zones de vulnérabilité cognitive : Différencier l’approbation de la violence dans des cas d’autodéfense perçue (menace avec arme) par rapport à des situations d’atteinte à l’amour-propre, de jalousie, de refus sexuel ou de simple contrariété quotidienne.
  • Planification de la psychothérapie cognitivo-comportementale : Cibler les schémas d’attribution hostile, les attentes normatives patriarcales et les mécanismes d’externalisation du blâme au sein des programmes de réhabilitation (comme les programmes inspirés du modèle de Duluth ou des TCC axées sur la gestion de la colère et l’empathie conjugale).
  • Évaluation du risque et du pronostic : Mesurer l’évolution des croyances condonnant l’agression avant et après l’intervention afin d’objectiver l’adhésion au traitement et de prédire le risque de récidive comportementale.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’échelle relève du système de croyances normatives relatives à la coercition conjugale et de la tolérance à la violence interpersonnelle. Il s’agit d’une disposition cognitive reflétant le seuil à partir duquel un individu estime que la violence physique cesse d’être proscrite moralement pour devenir une réaction comportementale appropriée, pardonnable ou inévitable.

Bien que l’indice puisse être exploité sous forme de score global unidimensionnel traduisant le niveau général de tolérance à l’agression masculine, une analyse conceptuelle approfondie des 25 items permet de mettre en relief plusieurs sous-dimensions situationnelles distinctes :

1. Légitimation en situation de menace physique directe ou d’autodéfense apparente

Cette dimension regroupe les contextes où l’épouse adopte elle-même un comportement hautement dangereux ou physiquement agressif (ex. : Item 1 : « She comes at him with a knife » ; Item 10 : « She threatens verbally to get her gun » ; Item 3 : « In an argument, she hits him first »). Ces items évaluent une distorsion liée à la proportionnalité de la riposte et à l’assimilation abusive de la violence maritale à de la légitime défense, même lorsque d’autres alternatives de fuite ou de désescalade existent.

2. Sanction de la déviance morale ou protection des tiers vulnérables

Certains items confrontent le sujet à des violations graves du contrat moral ou familial, comme la maltraitance des enfants (Item 2 : « She physically abuses their child ») ou la cruauté envers les animaux domestiques (Item 6 : « She terrorizes and abuses his pet »). Dans ces scénarios, l’agression est conceptualisée par l’auteur comme une mesure corrective, punitive ou protectrice, masquant une pulsion coercitive sous le couvert d’un devoir de justice rétributive.

3. Menaces à l’exclusivité relationnelle et blessures de l’ego (Jalousie et infidélité)

Cette composante explore les réactions face à l’infidélité réelle ou suspectée, ainsi qu’aux provocations à caractère sexuel ou sentimental (Item 4 : « He catches her in bed with another man » ; Item 5 : « He learns that she is having an affair » ; Item 9 : « At a party she flirts with another man in front of him and his friends » ; Item 17 : « He overhears her talking on the phone with her ex-boyfriend »). Ce construit renvoie directement au droit de propriété supposé sur le corps de l’épouse et à la préservation de l’honneur masculin par le recours à la violence punitive.

4. Agression verbale, humiliation publique et dévalorisation narcissique

Ces situations ciblent la vulnérabilité narcissique de l’homme face au mépris ou à la critique émise par sa conjointe (Item 12 : « She calls him ‘stupid’ over and over again » ; Item 15 : « She accuses him of being an incompetent and insensitive human being » ; Item 16 : « She makes him look like a fool in front of his family and friends » ; Item 13 : « She calls his mother nasty names all the time »). L’adhésion à ces items indique une incapacité à réguler les affects dépressifs ou honteux sans recourir à l’intimidation corporelle pour rétablir une position de domination.

5. Frustration, autonomie féminine et déclencheurs triviaux externalisés

Les items de cette catégorie mesurent la tolérance à la violence dans des contextes d’insatisfaction personnelle ou de restriction de la liberté individuelle de l’homme, voire face à des facteurs de stress externes totalement indépendants du comportement de la femme (Item 19 : « He is upset about losing his job » ; Item 23 : « He is angry because he got a speeding ticket » ; Item 21 : « She refuses to have sex with him » ; Item 22 : « She refuses to let him go out for an evening with his friends » ; Item 25 : « She threatens to move out in the middle of an argument »). Approuver l’agression dans ces cas constitue un marqueur extrême de dysfonctionnement relationnel, caractérisé par une externalisation intégrale des émotions négatives et une dénégation absolue de l’autonomie du partenaire.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’échelle s’inscrit au carrefour de plusieurs cadres paradigmatiques dominants en psychologie clinique, sociale et développementale.

La théorie de l’apprentissage social (Bandura)

Selon la théorie de l’apprentissage social formulée par Albert Bandura, les conduites agressives sont acquises par modélisation vicariante au sein du milieu familial précoce. Toutefois, l’observation d’un modèle violent ne conduit pas automatiquement à son imitation : elle installe des attentes de résultats et des scripts cognitifs internes. L’acceptation de la violence conjugale agit comme un mécanisme de désengagement moral. Lorsque l’enfant grandit dans un environnement violent, il peut intérioriser l’idée que frapper une femme est un moyen licite de résoudre un différend ou de restaurer l’autorité. Les attitudes condonnant l’agression représentent la traduction cognitive explicite de ces apprentissages vicariants.

Le modèle du traitement de l’information sociale et les schémas cognitifs (Holtzworth-Munroe & Beck)

Les travaux de Amy Holtzworth-Munroe sur les typologies d’agresseurs conjugaux démontrent que les hommes violents traitent l’information interpersonnelle de manière biaisée. Face à un comportement neutre ou modérément hostile de leur conjointe, ils activent des schémas préexistants d’attribution d’intention malveillante. Conformément à la théorie cognitive d’Aaron Beck, ces schémas rigides (« Une femme ne doit jamais manquer de respect à son mari », « Si elle me défie, elle doit en subir les conséquences ») génèrent des pensées automatiques qui légitiment immédiatement la représaille physique. L’échelle opérationnalise directement l’accessibilité et la force de ces schémas cognitifs dysfonctionnels.

Le modèle diathèse-stress et de la modération

Le cadre théorique spécifique validé par O’Hearn et Margolin (2000) postule un fonctionnement interactif plutôt que purement additif : l’expérience de victimisation ou d’exposition à la violence dans la famille d’origine représente une vulnérabilité développementale (diathèse). Cette vulnérabilité ne se manifeste sous forme d’agressions manifestes dans le couple adulte que si elle est catalysée par des attitudes d’approbation (légitimation cognitive). En l’absence de ces croyances tolérantes, l’individu inhibe les pulsions apprises et développe des stratégies d’adaptation non violentes, brisant ainsi la chaîne de transmission transgénérationnelle.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de l’échelle des attitudes envers l’agression maritale a fait l’objet de vérifications méthodologiques rigoureuses portant sur différentes formes de validité.

Validité de construit et validité prédictive

L’étude princeps de validation conduite par O’Hearn et Margolin (2000) auprès d’un échantillon d’hommes adultes a apporté une confirmation empirique éclatante de sa validité prédictive et modératrice. En utilisant des analyses de régression multiple hiérarchique, les auteurs ont démontré que :

  • Les attitudes condonnant l’agression n’étaient pas significativement corrélées de manière bivariée simple avec l’histoire d’abus dans l’enfance ou avec les violences commises dans le couple.
  • En revanche, le terme d’interaction entre l’histoire de violence dans la famille d’origine et les attitudes de tolérance à l’agression expliquait une part hautement significative de la variance de l’agression physique effective ($R^2$ additionnel significatif) et de l’agression psychologique infligée à la conjointe.
  • Chez les hommes affichant une forte adhésion aux attitudes d’agression (scores élevés à l’AMI-AS), il existait une corrélation positive très robuste ($r > 0,50$, $p < 0,01$) entre la violence subie dans l'enfance et la violence conjugale perpétrée. À l'inverse, chez les hommes rejetant catégoriquement ces attitudes, la corrélation était statistiquement nulle.

Validité convergente

La validité convergente de l’instrument a été établie par des corrélations significatives avec d’autres échelles standardisées explorant des construits connexes :

  • La Conflict Tactics Scale (CTS / CTS-2 de Murray Straus) : corrélations substantielles avec les sous-échelles d’agression verbale et de violence physique commise.
  • Les échelles mesurant l’acceptation des mythes du viol (Rape Myth Acceptance Scale) et les attitudes sexistes hostiles (mesurées par l’Ambivalent Sexism Inventory de Glick et Fiske).
  • L’inventaire d’évaluation de la colère interpersonnelle et du contrôle émotionnel (ex. : STAXI de Spielberger), les individus légitimant l’agression montrant des scores de colère-trait plus élevés et un contrôle des impulsions plus faible.

Validité discriminante

L’échelle discrimine avec succès l’approbation ciblée de la violence au sein du couple conjugal par rapport à des attitudes d’agressivité générale non contextuelle (mesurée par exemple par le questionnaire de Buss-Perry). Elle démontre également une capacité à distinguer de manière significative les hommes issus de populations cliniques ou judiciarisées pour violences domestiques par rapport aux hommes non violents issus de couples tout aussi conflictuels mais sans passage à l’acte physique.

8. Fidélité / Reliability

Les paramètres de fidélité de l’échelle d’attitudes d’agression ont été documentés dans diverses cohortes de recherche en psychologie clinique.

Cohérence interne (Consistance interne)

La cohérence interne globale du protocole à 25 items est remarquablement élevée. Dans la publication de référence d’O’Hearn et Margolin (2000), le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble de l’échelle d’agression atteint des valeurs comprises entre 0,92 et 0,96. Une telle valeur témoigne d’une excellente redondance fonctionnelle des items, confirmant qu’ils mesurent tous une même tendance sous-jacente à tolérer ou réprouver l’agression physique maritale. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent généralement de 0,45 à 0,82, aucun item n’affaiblissant l’alpha global en cas de suppression.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Les études longitudinales et les protocoles de suivi pré-post intervention auprès de populations d’hommes en thérapie de couple ou en stage de responsabilisation indiquent une stabilité temporelle satisfaisante sur des intervalles de 6 à 12 semaines en l’absence d’intervention psychothérapeutique ($r_{tt} = 0,78$ à $0,85$). Ces chiffres confirment que l’échelle évalue une variable dispositionnelle cognitive relativement stable (schémas et attitudes normatives) plutôt qu’un état émotionnel transitoire ou une humeur fluctuante.

Erreur standard de mesure (SEM)

En raison de l’homogénéité élevée de la matrice de covariance des items, l’erreur standard de mesure demeure faible sur l’ensemble de l’étendue du score composite, garantissant un pouvoir diagnostique adéquat lors de l’administration répétée pour évaluer l’efficacité thérapeutique.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’analyse psychométrique de la structure interne des 25 items a été abordée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) au cours de diverses vagues de recherche.

Structure unifactorielle vs. multifactorielle

Lors d’une extraction initiale par analyse en composantes principales ou factorisation en axes principaux, un premier facteur dominant émerge systématiquement, expliquant entre 42 % et 55 % de la variance totale des réponses. Tous les items saturent positivement sur ce facteur général d’approbation de l’agression maritale, avec des saturations factorielles ($λ$) oscillant majoritairement entre 0,48 et 0,84. Ce résultat valide l’utilisation clinique d’un score global total calculé par la somme ou la moyenne arithmétique des 25 items.

Modèle multifactoriel oblique (Solutions à 4 ou 5 facteurs)

Lorsqu’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) est appliquée pour capturer les nuances qualitatives des déclencheurs, une solution à quatre facteurs distincts mais corrélés ($r$ inter-facteurs entre 0,35 et 0,60) se dégage de manière cohérente :

  • Facteur 1 : Provocation par mise en danger physique et réciprocité violente (Items 1, 2, 3, 6, 10, 11). Saturations factorielles élevées ($0,62 le lambda le 0,86$). Ce facteur isole les situations où l’agression est justifiée par la décharge émotionnelle face à un péril physique ou un comportement hors de contrôle de l’épouse.
  • Facteur 2 : Menace à la fidélité conjugale et jalousie sexuelle (Items 4, 5, 9, 17, 24). Saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,81.
  • Facteur 3 : Atteinte à l’ego, insulte et dénigrement relationnel (Items 12, 13, 15, 16, 20). Saturations factorielles comprises entre 0,58 et 0,79.
  • Facteur 4 : Frustrations personnelles, contrôle de l’autonomie et déclencheurs mineurs (Items 7, 8, 14, 18, 19, 21, 22, 23, 25). Saturations factorielles comprises entre 0,44 et 0,75. L’approbation de ces items présente la corrélation la plus élevée avec la violence clinique sévère.

Les indices d’ajustement des modèles confirmatoires (CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA < 0,06) confirment qu'une structure hiérarchique (un facteur de second ordre chapeautant les sous-dimensions thématiques) offre une excellente représentation théorique et empirique des données.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’évaluation des attitudes d’approbation de l’agression conjugale repose sur les paramètres techniques suivants :

  • Intitulé de l’instrument : Attitudes About Marriage Index – Aggression Scale (AMI-AS).
  • Nature de l’épreuve : Questionnaire auto-administré (auto-évaluation psychométrique) ou administration assistée par ordinateur.
  • Population cible : Hommes adultes (adaptable aux deux sexes dans les recherches contemporaines sur la symétrie ou l’asymétrie de la violence de couple).
  • Nombre d’items : 25 items situationnels contextualisés.
  • Énoncé inducteur (Stem question) : « A husband slaps or hits his wife if . . . » (Un mari gifle ou frappe sa femme si…).
  • Format et ancrage de l’échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points graduée de 0 à 6 :
    • 0 = Unjustifiable (Totalement injustifiable / Inacceptable)
    • 1 à 4 = Somewhat Justifiable (Assez justifiable / Degré intermédiaire d’acceptabilité)
    • 5 à 6 = Justifiable (Tout à fait justifiable / Légitime)
  • Modalités de cotation (Scoring) :
    • Score total cumulé : Somme arithmétique brute des 25 items, comprise entre 0 et 150 points.
    • Score moyen global : Moyenne des réponses (somme divisée par 25), variant de 0,0 à 6,0.
    • Scores par sous-domaines : Moyenne spécifique des items composant chacun des facteurs identifiés (autodéfense/menace, infidélité, humiliation verbale, frustration/contrôle).
  • Interprétation clinique des scores :
    • Score moyen proche de 0 (0,0 – 0,5) : Répudiation absolue de la violence conjugale physique. Norme personnelle non violente intacte.
    • Score moyen modéré (0,6 – 1,9) : Condamnation de principe tempérée par des exceptions contextuelles (le plus souvent restreintes aux menaces physiques d’autodéfense ou à l’infidélité flagrante).
    • Score moyen élevé (≥ 2,0) : Approbation marquée de la coercition physique. Tolérance élevée à la violence conjugale, signalant un risque clinique et médico-légal critique d’agression ou de récidive, particulièrement en présence d’antécédents d’abus dans l’enfance.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1992 (Margolin & Foo, instrument de recherche non publié, University of Southern California).
  • Année de publication empirique de référence : 2000 (O’Hearn & Margolin, dans Cognitive Therapy and Research, Vol. 24, No. 2, pp. 159-174).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’instrument complet de 25 items a été publié dans le corpus scientifique en accès académique au sein de la revue Cognitive Therapy and Research (p. 165). Il est considéré comme un outil du domaine public pour les besoins exclusifs de la recherche scientifique et de l’enseignement universitaire à but non lucratif.
  • Tarification : L’utilisation de l’échelle à des fins académiques ou de recherche fondamentale est entièrement libre de droits et gratuite. Aucune redevance commerciale n’est prélevée.
  • Obligations déontologiques et citation : Tout protocole de recherche ou d’expertise clinique exploitant l’échelle est tenu de citer scrupuleusement les publications originales de Margolin & Foo (1992) et d’O’Hearn & Margolin (2000). Pour tout usage commercial ou intégration dans des progiciels d’évaluation payants, l’autorisation formelle de l’auteure correspondante (Pr Gayla Margolin) ou de la maison d’édition (Springer Nature) doit être préalablement obtenue.

12. Références / References

  • Bandura, A. (1973). Aggression: A social learning analysis. Prentice-Hall.
  • Beck, A. T. (1999). Prisoners of hate: The cognitive basis of anger, hostility, and violence. HarperCollins Publishers.
  • Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). The Ambivalent Sexism Inventory: Differentiating hostile and benevolent sexism. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491–512. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.491
  • Holtzworth-Munroe, A., & Stuart, G. L. (1994). Typologies of male batterers: Three subtypes and the differences among them. Psychological Bulletin, 116(3), 476–497. https://doi.org/10.1037/0033-2909.116.3.476
  • Margolin, G., & Foo, L. (1992). Attitudes About Marriage Index. Unpublished instrument, University of Southern California, Los Angeles.
  • O’Hearn, H. G., & Margolin, G. (2000). Men’s attitudes condoning marital aggression: A moderator between family of origin abuse and aggression against female partners. Cognitive Therapy and Research, 24(2), 159–174. https://doi.org/10.1023/A:1005423812850
  • Straus, M. A., Hamby, S. L., Boney-McCoy, S., & Sugarman, D. B. (1996). The revised Conflict Tactics Scales (CTS2): Development and preliminary psychometric data. Journal of Family Issues, 17(3), 283–316. https://doi.org/10.1177/019251396017003001
  • Widom, C. S. (1989). The cycle of violence. Science, 244(4901), 160–166. https://doi.org/10.1126/science.2649982

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

A husband slaps or hits his wife if . . .

Rating format: (0) Unjustifiable, (1–4) Somewhat Justifiable, (5–6) Justifiable

  1. She comes at him with a knife
  2. She physically abuses their child
  3. In an argument, she hits him first
  4. He catches her in bed with another man
  5. He learns that she is having an affair
  6. She terrorizes and abuses his pet
  7. She uncontrollably smashes his personal belongings
  8. She screams hysterically
  9. At a party she flirts with another man in front of him and his friends
  10. She threatens verbally to get her gun
  11. She is drunk, belligerent, and acting crazy
  12. She calls him ‘‘stupid’’ over and over again
  13. She calls his mother nasty names all the time
  14. He is drunk and out of control
  15. She accuses him of being an incompetent and insensitive human being
  16. She makes him look like a fool in front of his family and friends
  17. He overhears her talking on the phone with her ex-boyfriend
  18. She refuses to let him enroll in college courses
  19. He is upset about losing his job
  20. She insults his best friend
  21. She refuses to have sex with him
  22. She refuses to let him go out for an evening with his friends
  23. He is angry because he got a speeding ticket
  24. She tells him she should have divorced him a long time ago
  25. She threatens to move out in the middle of an argument
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle des attitudes envers le mariage. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-envers-le-mariage
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes envers le mariage.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-envers-le-mariage.
Looti, Mohammed. “Échelle des attitudes envers le mariage.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-des-attitudes-envers-le-mariage.