1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’épanouissement numérique (Digital Flourishing Scale [DFS] ; Janicke-Bowles et al., 2023) est un instrument psychométrique auto-rapporté de 25 items conçu pour conceptualiser et évaluer l’épanouissement numérique (digital flourishing). Ce construit renvoie aux perceptions subjectives positives et aux expériences constructives vécues par les individus lors de leurs interactions sociales médiatisées par ordinateur (CMO), notamment à travers les réseaux sociaux numériques, les plateformes collaboratives et les messageries instantanées. Conçue pour combler une lacune épistémologique majeure au sein de la cyberpsychologie — traditionnellement dominée par une focale quasi exclusive sur les psychopathologies numériques, l’hyperconnectivité délétère et la dépendance aux écrans —, la DFS s’enracine rigoureusement dans les postulats de la théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan, 2000) et de la psychologie positive appliquée aux technologies.
L’instrument est structuré en cinq sous-échelles distinctes et corrélées, comprenant chacune cinq items : (1) la connexion sociale (Connectedness), (2) la participation civique (Civil Participation), (3) la comparaison sociale positive (Positive Social Comparison), (4) l’auto-divulgation authentique (Authentic Self-Disclosure) et (5) l’autorégulation / contrôle de soi (Self-Control). Les répondants évaluent leur niveau d’accord sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 7 (« fortement d’accord »). Développée à travers trois études empiriques rigoureuses à partir d’un ensemble initial de 120 items, l’échelle a été calibrée auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte américaine. Les analyses factorielles confirmatoires ont mis en évidence un ajustement robuste du modèle à cinq facteurs corrélés (Satorra-Bentler $\chi^2 = 357{,}69$, $df = 265$, $p < 0{,}001$ ; $\mathrm{RMSEA} = 0{,}028$ ; $\mathrm{CFI} = 0{,}972$ ; $\mathrm{SRMR} = 0{,}047$). Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillent entre $0{,}73$ et $0{,}91$, confirmant une fidélité optimale. La DFS présente une validité de construit et une validité critérielle solides, manifestées par des corrélations positives substantielles avec l’épanouissement psychologique global (Diener et al., 2010 ; $r = 0{,}412$) et la satisfaction de vie (Diener et al., 1985 ; $r = 0{,}408$).
2. Mots-clés / Keywords
Épanouissement numérique, communication médiatisée par ordinateur, théorie de l’autodétermination, bien-être numérique, cyberpsychologie, comparaison sociale ascendante, authenticité en ligne, participation civique numérique, autorégulation numérique, psychométrie, réseaux sociaux numériques.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe internationale de chercheurs spécialisés en psychologie des médias et en communication :
- Sophie H. Janicke-Bowles (Auteure correspondante) — Chapman University, School of Communication, Orange, Californie, États-Unis. ORCID : 0000-0003-4162-3717. Courriel : [email protected].
- Tess M. Buckley — Chapman University, School of Communication, Orange, Californie, États-Unis. Courriel : [email protected].
- Rikishi Rey — Clemson University, Department of Communication, Clemson, Caroline du Sud, États-Unis. ORCID : 0000-0002-8538-2890. Courriel : [email protected].
- Tayah Wozniak — Concordia University Irvine, Department of Communication, Irvine, Californie, États-Unis. ORCID : 0000-0002-5132-5660. Courriel : [email protected].
- Adrian Meier — Friedrich-Alexander-Universität Erlangen-Nürnberg, Institute for Communication Science, Erlangen, Allemagne. ORCID : 0000-0002-8191-2962. Courriel : [email protected].
- Anna Lomanowska — University Health Network, Toronto General Hospital Research Institute, Toronto, Ontario, Canada. ORCID : 0000-0003-0847-6153. Courriel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’avènement omniprésent des environnements médiatisés par ordinateur a profondément reconfiguré les modes d’interaction humaine, d’échange social et de régulation affective. Néanmoins, pendant plusieurs décennies, le corpus scientifique en psychologie des médias et en psychiatrie computationnelle s’est structuré autour d’un paradigme du déficit ou du risque. Les variables d’intérêt dominantes ciblaient la « dépendance aux smartphones », l’isolement social, le cyberharcèlement, la fatigue informationnelle et l’anxiété induite par la peur de rater quelque chose (FOMO). Si ces problématiques cliniques sont avérées, cette focalisation unilatérale a occulté un pan fondamental de l’expérience humaine : la capacité des technologies numériques à catalyser l’eudémonisme, le capital social, l’apprentissage vicariant et le soutien interpersonnel constructif.
L’objectif fondamental de la Digital Flourishing Scale (DFS) est de quantifier de manière multidimensionnelle et psychométriquement rigoureuse les perceptions positives et les comportements adaptatifs associés aux interactions sociales médiatisées. Le test postule que le bien-être numérique n’est pas simplement l’absence de détresse technologique ou une réduction du temps d’écran (screen time), mais un état actif de fonctionnement psychologique optimal au sein des écosystèmes socionumériques. L’échelle a été développée pour opérationnaliser la manière dont les utilisateurs tirent profit de leurs environnements connectés pour satisfaire leurs besoins fondamentaux de compétence, d’autonomie et d’affiliation.
Sur le plan des applications empiriques, la DFS répond à des nécessités cruciales tant en recherche fondamentale qu’en intervention appliquée :
- Recherche translationnelle en communication et psychologie sociale : La DFS offre une mesure standardisée permettant d’étudier les médiateurs et modérateurs reliant l’engagement médiatisé et la santé mentale globale, dépassant le modèle réducteur du temps d’utilisation brut.
- Évaluation et conception ergonomique bienveillante (Positive Computing) : Elle fournit aux concepteurs d’interfaces utilisateur (UI/UX) et d’algorithmes des critères d’évaluation empiriques pour tester si une fonctionnalité technologique favorise l’agentivité et la civilité ou suscite l’aliénation.
- Interventions cliniques et psychoéducatives : En milieu thérapeutique et éducatif, l’outil permet d’établir le profil d’alphabétisation socio-émotionnelle numérique des usagers. Plutôt que de prôner une « détox numérique » radicale et souvent intenable, le praticien peut s’appuyer sur la DFS pour identifier les forces d’un patient (par exemple, une excellente capacité de contrôle de soi ou une communication civique exemplaire) et cibler les zones de vulnérabilité (telles qu’une comparaison sociale dépressogène ou un sentiment de facticité dans l’auto-présentation).
5. Construit psychologique / Construct
Le concept de flourishing (épanouissement), issu des travaux de Corey Keyes et d’Ed Diener, désigne une condition holistique associant bien-être émotionnel, fonctionnement psychologique optimal et actualisation de son potentiel social. Transposé aux espaces virtuels par Janicke-Bowles et ses collaborateurs (2023), l’épanouissement numérique transcende la simple valence hédonique (le plaisir immédiat généré par les likes ou le divertissement) pour englober des processus eudémoniques et relationnels profonds. L’instrument s’articule autour de cinq dimensions constitutives :
1. Connexion sociale (Connectedness)
Cette composante quantifie le sentiment d’appartenance, de reliance et de solidarité éprouvé à travers les réseaux numériques. Elle ne mesure pas le nombre brut de contacts ou d’amis virtuels, mais la perception significative que l’individu fait partie d’une communauté soudée, porteuse de sens, capable d’offrir un soutien émotionnel et instrumental en cas de difficulté (ex. : « I feel a bond to my online community/network »). Les interactions en ligne y sont vécues comme enrichissantes et dotées d’une finalité authentique.
2. Participation civique (Civil Participation)
Dans un contexte numérique fréquemment marqué par l’effet de désinhibition toxique et la polarisation idéologique, cette dimension mesure la capacité d’un usager à s’engager dans des dialogues constructifs, tempérés et respectueux d’autrui. Elle évalue l’aptitude métacognitive à exprimer des opinions fermes sur des enjeux sociopolitiques cruciaux sans recourir à l’invective, à adapter sa tonalité discursive à son audience et à réguler ses impulsions agressives face aux provocations (ex. : « When I interact with others online I tend to respond reasonably even when they make me angry »).
3. Comparaison sociale positive (Positive Social Comparison)
Traditionnellement, la théorie de la comparaison sociale (Leon Festinger) a été mobilisée dans l’espace numérique pour expliquer des dynamiques de jalousie, de dépréciation de soi et de dépression liée à la contemplation des représentations idéalisées d’autrui. La DFS capture la facette adaptative et productive de ce processus psychologique : la comparaison sociale ascendante bénigne. Elle évalue la mesure dans laquelle les réussites, modes de vie ou compétences observés chez autrui agissent comme des stimuli motivationnels, des sources d’inspiration vicariante et des leviers d’amélioration personnelle (ex. : « Seeing other’s achievements online inspires me to do better »).
4. Auto-divulgation authentique (Authentic Self-Disclosure)
L’auto-présentation stratégique sur les réseaux sociaux incline fréquemment vers une mise en scène hyper-éditée de soi, créant une dissonance entre le soi réel et le soi projeté. Cette sous-échelle évalue le sentiment d’alignement, d’honnêteté et de congruence intérieure exprimé dans les contenus publiés et les interactions en ligne. Elle reflète le courage d’afficher sa vulnérabilité et sa véritable personnalité de manière concordante avec son identité hors ligne (ex. : « I feel comfortable presenting who I truly am online, in the same way I do offline »).
5. Contrôle de soi et autorégulation (Self-Control)
Face à l’économie de l’attention et aux boucles de renforcement algorithmique conçues pour maximiser le temps d’engagement, le contrôle de soi représente la pierre angulaire de l’agentivité numérique. Cette sous-échelle mesure la capacité perçue de l’individu à gouverner ses choix temporels : savoir initier et interrompre ses connexions à dessein, naviguer selon une intention délibérée plutôt qu’en réaction compulsive aux stimuli externes (notifications), et s’accorder des pauses délibérées de déconnexion sans détresse (ex. : « I communicate online when I want to, not when notifications tell me to »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle d’épanouissement numérique puise sa légitimité théorique primordiale dans la théorie de l’autodétermination (TAD / Self-Determination Theory), formulée par Richard Ryan et Edward Deci (2000). Selon la TAD, le bien-être psychologique optimal et la motivation intrinsèque dépendent de la satisfaction continue de trois besoins psychologiques universels et fondamentaux :
- Le besoin d’autonomie : L’expérience d’être à l’origine de ses propres conduites, d’agir en conformité avec ses valeurs intrinsèques et de préserver son libre arbitre. Au sein de la DFS, ce besoin est directement opérationnalisé par l’autorégulation numérique (Self-Control), où l’utilisateur ne subit pas les dynamiques addictogènes des technologies, et par l’auto-divulgation authentique, où l’expression de soi émane d’une véritable cohérence interne plutôt que de pressions conformistes d’approbation sociale.
- Le besoin de compétence : Le sentiment d’efficacité personnelle, de maîtrise sur son environnement et de progression dans ses aptitudes. Dans la DFS, ce besoin s’incarne particulièrement dans la participation civique — qui requiert une haute compétence communicationnelle pour gérer le désaccord idéologique sans hostilité — ainsi que dans la comparaison sociale positive, où l’observation des compétences d’autrui devient un catalyseur d’apprentissage vicariant stimulant l’auto-efficacité (Albert Bandura).
- Le besoin de reliance sociale ou d’affiliation (Relatedness) : Le sentiment d’être connecté à autrui, de prendre soin d’autres personnes et d’être réciproquement reconnu et soutenu. Cette dimension trouve son expression la plus pure dans la sous-échelle de connexion sociale (Connectedness), validant la capacité des environnements médiatisés à tisser des liens communautaires porteurs de résonance émotionnelle.
Au-delà de la TAD, la DFS intègre les modèles théoriques de l’épanouissement psychologique issus de la psychologie positive, en particulier le modèle PERMA de Martin Seligman (Émotions positives, Engagement, Relations positives, Sens et Accomplissement), ainsi que le paradigme sociocognitif de la communication médiatisée par ordinateur (Walther, 1996 ; modèle hyperpersonnel). Elle opérationnalise la manière dont les caractéristiques structurelles des médias numériques (asynchronicité, portée du réseau, visibilité des réussites d’autrui) peuvent être mobilisées par l’agentivité humaine pour soutenir une existence signifiante et vertueuse, rompant avec le déterminisme technologique pessimiste.
7. Validité / Validity
Les qualités métrologiques de la Digital Flourishing Scale ont été examinées de façon approfondie lors des phases de validation empirique publiées par Janicke-Bowles et al. (2023), démontrant une validité de construit et une validité relative aux critères particulièrement remarquables.
Validité de construit et validité convergente avec la TAD
Pour vérifier l’ancrage théorique du modèle, des analyses de corrélation de Pearson ont été conduites entre les cinq sous-échelles de la DFS et les mesures validées de satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux selon la théorie de l’autodétermination (besoins d’autonomie, de compétence et de reliance sociale). Les résultats confirment une remarquable congruence :
- Les sous-échelles de connexion sociale, de participation civique, d’auto-divulgation authentique et de contrôle de soi manifestent toutes des corrélations positives statistiquement significatives ($p < 0{,}001$) avec l'ensemble des trois besoins fondamentaux de la TAD.
- La sous-échelle de comparaison sociale positive présente une configuration théoriquement logique : elle corrèle de façon très significative avec le besoin de compétence et d’autonomie, reflétant sa nature de propulseur motivationnel, mais montre des relations plus ténues ou non significatives avec le besoin d’affiliation pure, attestant d’une excellente différenciation des construits.
Validité critérielle et validité concourante
La validité critérielle a été éprouvée en corrélant le score global de la DFS avec des instruments de référence internationalement reconnus évaluant le bien-être subjectif et psychologique :
- Échelle d’épanouissement psychologique de Diener (Flourishing Scale ; Diener et al., 2010) : L’analyse révèle une corrélation positive substantielle et robuste ($r = 0{,}412$, $p < 0{,}001$), indiquant qu'un individu s'épanouissant dans ses interactions numériques tend fortement à jouir d'un fonctionnement psychologique eudémonique optimal dans sa vie générale.
- Échelle de satisfaction de vie (Satisfaction with Life Scale [SWLS] ; Diener et al., 1985) : Une association similaire, statistiquement solide et hautement significative, a été démontrée ($r = 0{,}408$, $p < 0{,}001$), confirmant la portée eudémonique et hédonique de l'expérience numérique positive.
De surcroît, la validité discriminante a été corroborée par des corrélations faibles à inverses avec des construits dysfonctionnels tels que l’utilisation compulsive d’Internet ou la détresse socio-émotionnelle numérique, garantissant que la DFS ne constitue pas un simple décalque inversé de la dépendance numérique.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle d’épanouissement numérique a été rigoureusement confirmée par l’évaluation de sa cohérence interne au cours des différents cycles d’administration auprès d’échantillons diversifiés de la population adulte.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Tous les facteurs composant la DFS affichent des indices d’homogénéité interne largement supérieurs aux standards psychométriques recommandés par Nunnally (seuil usuel de $0{,}70$ pour les échelles de recherche) :
- Connexion sociale (Connectedness) : $\alpha = 0{,}89$ à $0{,}91$, reflétant une excellente homogénéité thématique des items relatifs à l’intégration communautaire et au soutien mutuel.
- Participation civique (Civil Participation) : $\alpha = 0{,}84$ à $0{,}87$, traduisant une fidélité élevée pour capturer la propension au débat modéré et respectueux.
- Comparaison sociale positive (Positive Social Comparison) : $\alpha = 0{,}88$ à $0{,}90$, confirmant la cohérence de l’inspiration vicariante en ligne.
- Auto-divulgation authentique (Authentic Self-Disclosure) : $\alpha = 0{,}83$ à $0{,}86$, démontrant la solidité de la mesure du soi authentique en ligne.
- Contrôle de soi (Self-Control) : $\alpha = 0{,}73$ à $0{,}77$, indiquant un niveau tout à fait satisfaisant d’homogénéité pour une dimension comportementale complexe et soumise aux variations contextuelles.
La valeur d’alpha de Cronbach pour l’ensemble des 25 items de l’échelle globale atteint une excellente consistance (généralement $\alpha > 0{,}90$), prouvant que l’instrument capte une réalité psychologique cohérente et stable.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le protocole d’élaboration psychométrique a débuté par une réserve initiale de 120 items générés à la suite d’une revue systématique de la littérature et de groupes de discussion (focus groups) menés auprès de jeunes adultes. Après expertise de contenu par des spécialistes du domaine, une version préliminaire de 47 items a été soumise à des analyses factorielles approfondies.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
L’AFE conduite sur les 47 items a mis en lumière une solution claire à cinq facteurs latents, expliquant au total 46,53 % de la variance totale. Cette étape a permis d’éliminer les items présentant des saturations croisées indésirables, des saturations primaires insuffisantes (< $0{,}40$) ou des ambiguïtés sémantiques.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’AFC a ensuite été mobilisée dans l’étude suivante auprès d’un échantillon représentatif de la population adulte des États-Unis pour affiner et harmoniser l’instrument, dans l’optique de fixer rigoureusement cinq items par sous-échelle (soit 25 items au total). L’examen rigoureux des poids factoriels (factor loadings), des covariances résiduelles au sein de chaque dimension et des indices de modification a permis d’extraire la structure définitive la plus parcimonieuse.
Le modèle structurel composé de cinq facteurs corrélés a révélé un ajustement exceptionnel aux données empiriques, attesté par les indices d’adéquation suivants :
- Chi-deux corrigé de Satorra-Bentler : $\chi^2_{\mathrm{SB}} = 357{,}69$, avec $df = 265$, $p < 0{,}001$ ;
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $\mathrm{RMSEA}_{\mathrm{SB}} = 0{,}028$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0{,}032 ; 0{,}045]$), valeur bien inférieure au seuil strict de $0{,}05$, signalant une excellente précision ;
- Indice d’ajustement comparatif (CFI) : $\mathrm{CFI} = 0{,}972$ (et version corrigée de Satorra-Bentler $\mathrm{CFI}_{\mathrm{SB}} = 0{,}979$), nettement supérieur au seuil optimal de $0{,}95$ ;
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $\mathrm{SRMR} = 0{,}047$, confirmant un ajustement parfait inférieur à la borne de $0{,}08$.
Des analyses statistiques comparatives de modèles rivaux ont montré que ce modèle multidimensionnel à cinq facteurs de premier ordre corrélés présentait un ajustement légèrement supérieur à un modèle hiérarchique de second ordre (facteur général de « Digital Flourishing » coiffant les cinq dimensions), confirmant la nécessité de considérer ces cinq facettes comme des entités interconnectées mais conceptuellement distinctes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Digital Flourishing Scale (DFS) / Échelle d’épanouissement numérique
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique multidimensionnel (inventaire standardisé)
- Format d’administration : Auto-passation individuelle sur support numérique ou papier-crayon
- Durée de passation : Environ 5 à 8 minutes
- Nombre d’items : 25 items au total, équitablement répartis en 5 sous-échelles de 5 items chacune :
- Connexion sociale (items CON1 à CON5)
- Participation civique (items CP1 à CP5)
- Comparaison sociale positive (items PSC1 à PSC5)
- Auto-divulgation authentique (items ASD1 à ASD5)
- Contrôle de soi (items SC1 à SC5)
- Échelle de réponse (authentique) : Échelle de Likert en 7 points graduée de la manière suivante :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Légèrement en désaccord (Somewhat disagree)
- 4 = Neutre / Ni d’accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
- 5 = Légèrement d’accord (Somewhat agree)
- 6 = D’accord (Agree)
- 7 = Fortement d’accord (Strongly agree)
- Cotation et calcul des scores :
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme, allant de 5 à 35) des 5 items constitutifs.
- L’item ASD4 (dans son développement initial issu d’une échelle d’auto-divulgation inversée) est ici formulé dans le sens direct positif (I show my true self online) ; par conséquent, tous les items de la version standard s’interprètent dans le sens positif du construit.
- Un score global d’épanouissement numérique peut être obtenu en calculant la moyenne des 25 items (allant de 1 à 7) ou la somme globale (de 25 à 175). Un score élevé traduit un niveau élevé d’épanouissement, d’agentivité et d’intégration positive dans les écosystèmes médiatisés.
- Population cible : Adultes (18 ans et plus), couvrant les jeunes adultes, adultes d’âge mûr et personnes âgées.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication : 2023
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’instrument est diffusé sous licence internationale Creative Commons Attribution 4.0 (CC BY 4.0). L’utilisation de l’échelle est entièrement autorisée à titre gratuit pour la recherche scientifique fondamentale, l’enseignement universitaire et les travaux cliniques non commerciaux, à la seule condition de citer formellement la publication princeps des auteurs (Janicke-Bowles et al., 2023).
- Usage commercial : Tout déploiement commercial ou intégration au sein de solutions logicielles propriétaires à but lucratif requiert une demande préalable auprès des auteurs et de l’éditeur.
- Tarif / Redevance : Aucun frais d’utilisation (accès gratuit / Open Access).
12. Références / References
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
Diener, E., Emmons, R. A., Larsen, R. J., & Griffin, S. (1985). The Satisfaction With Life Scale. Journal of Personality Assessment, 49(1), 71–75. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4901_13
Diener, E., Wirtz, D., Tov, W., Kim-Prieto, C., Choi, D.-w., Oishi, S., & Biswas-Diener, R. (2010). New well-being measures: Short scales to assess flourishing and positive and negative feelings. Social Indicators Research, 97(2), 143–156. https://doi.org/10.1007/s11205-009-9493-y
Janicke-Bowles, S. H., Buckley, T. M., Rey, R., Wozniak, T., Meier, A., & Lomanowska, A. (2023). Digital flourishing: Conceptualizing and assessing positive perceptions of mediated social interactions. Journal of Happiness Studies: An Interdisciplinary Forum on Subjective Well-Being, 24(3), 1013–1035. https://doi.org/10.1007/s10902-023-00619-5
Keyes, C. L. M. (2002). The mental health continuum: From languishing to flourishing in life. Journal of Health and Social Behavior, 43(2), 207–222. https://doi.org/10.2307/3090197
Seligman, M. E. P. (2011). Flourish: A visionary new understanding of happiness and well-being. Free Press.
Walther, J. B. (1996). Computer-mediated communication: Impersonal, interpersonal, and hyperpersonal interaction. Communication Research, 23(1), 3–43. https://doi.org/10.1177/009365096023001001