Échelle de tromperie sexuelle

L’Échelle de tromperie sexuelle (Sexual Deception Scale – SDS), créée par William D. Marelich et al., mesure les comportements manipulateurs et mensongers dans les relations intimes selon la théorie de l’échange social. Analyse psychométrique complète, cotation et items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de tromperie sexuelle (en anglais, Sexual Deception Scale ou SDS), élaborée par le professeur William D. Marelich et ses collaborateurs (Marelich, Lundquist, Painter, & Mechanic, 2008 ; Marelich & Slaughter), est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la fréquence et la nature des comportements mensongers et trompeurs déployés au sein des relations intimes, qu’elles soient établies ou en phase d’approche. L’objectif fondamental de cet outil est de quantifier la propension des individus à recourir à des stratagèmes de dissimulation, de manipulation verbale ou d’instrumentalisation de l’intimité érotique afin d’initier des rapports sexuels ou de préserver des bénéfices relationnels et matériels. Ancrée dans le paradigme structural de la théorie de l’échange social (Thibaut & Kelley, 1959), la SDS conceptualise les interactions érotiques comme des transactions régies par des dynamiques de coûts et de bénéfices interpersonnels.

L’instrument se compose de 15 items comportementaux directs administrés selon un format de réponse dichotomique à choix forcé (Oui / Non). L’analyse factorielle confirmatoire démontre une structure tridimensionnelle robuste, articulée autour de trois sous-échelles distinctes : (1) les mensonges flagrants (Blatant Lying, 7 items), caractérisés par la tromperie active pour obtenir des faveurs sexuelles ; (2) les mensonges opportunistes ou égocentriques (Self-Serving, 3 items), où la sexualité est consentie pour acquérir des ressources extrinsèques telles que des biens matériels ou de la compagnie ; et (3) les mensonges destinés à éviter la confrontation (Avoiding Confrontation, 5 items), dans lesquels l’intimité physique sert de coût consenti pour préserver la paix conjugale ou prévenir une rupture. Les propriétés psychométriques indiquent une cohérence interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach variant entre 0,71 et 0,75 selon les sous-échelles, ainsi qu’une validité de construit confirmée par des corrélations significatives avec les conduites à risque, le nombre de partenaires sexuels et les attitudes manipulatoires.

2. Mots-clés

tromperie sexuelle, mensonge interpersonnel, théorie de l’échange social, psychométrie, relations intimes, comportement sexuel, manipulation, évitement du conflit, opportunisme, fidélité psychométrique, validité factorielle, intimité, coercition reproductive, auto-évaluation, psychologie sociale

3. Auteurs

L’Échelle de tromperie sexuelle a été développée et formalisée par des chercheurs affiliés au Département de psychologie de l’Université d’État de Californie à Fullerton :

  • William D. Marelich, Ph.D. : Professeur titulaire au sein du Département de psychologie de la California State University, Fullerton (CSUF). Spécialiste reconnu en psychologie sociale appliquée, en modélisation par équations structurelles, en statistiques univariées et multivariées, ainsi qu’en comportements de santé sexuelle et en dynamique des relations interpersonnelles. Adresse de correspondance académique : Department of Psychology, California State University, Fullerton, 800 N. State College Blvd., Fullerton, CA 92834, États-Unis. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Rhona I. Slaughter, M.A. : Chercheuse et collaboratrice scientifique au Département de psychologie, California State University, Fullerton, ayant contribué à l’investigation empirique des dynamiques de tromperie dans les relations de couple.
  • Jennifer L. Lundquist, Kathleen Painter, et Mindy B. Mechanic : Co-auteurs de la publication princeps de 2008 dans The Journal of Sex Research, ayant validé la structure factorielle et les corrélats comportementaux initiaux de la SDS.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de tromperie sexuelle est d’opérationnaliser et de quantifier avec rigueur empirique un ensemble de comportements interpersonnels déviants ou stratégiques souvent passés sous silence : l’usage délibéré du mensonge, de la fausse déclaration affective ou de la soumission sexuelle instrumentale dans les relations dyadiques. Historiquement, l’étude de la communication au sein du couple s’est focalisée soit sur la satisfaction relationnelle, soit sur l’infidélité physique pure. Or, les mécanismes de manipulation verbale et comportementale utilisés pour parvenir à des fins intimes constituent un champ d’investigation critique qui échappait aux échelles psychométriques traditionnelles.

Justification théorique et psychopathologique

La recherche en psychologie sociale et en sexologie clinique souligne que les relations intimes ne reposent pas exclusivement sur l’altruisme mutuel et la transparence émotionnelle. Elles constituent également le théâtre de négociations de pouvoir où chaque partenaire cherche à maximiser ses gratifications tout en minimisant ses investissements personnels. La tromperie sexuelle représente une stratégie adaptative ou dysfonctionnelle visant à altérer la perception de l’autre afin de modifier son consentement ou son investissement. Déterminer si un individu ment pour satisfaire une pulsion immédiate (gain érotique direct) ou s’il utilise son propre corps comme monnaie d’échange pour garantir sa sécurité affective ou matérielle permet de clarifier la nature de l’attachement et le climat de réciprocité.

Applications en recherche empirique

Dans le domaine académique, la SDS est largement sollicitée pour plusieurs axes d’investigation :

  • L’étude des comportements sexuels à risque : La tromperie verbale est intimement liée à la dissimulation du statut sérologique, du nombre réel de partenaires sexuels antérieurs et à la négociation fallacieuse de l’usage du préservatif. Les chercheurs utilisent la SDS pour modéliser les trajectoires de vulnérabilité aux infections sexuellement transmissibles (IST) et au VIH.
  • L’analyse des traits de personnalité sombres : L’échelle permet d’évaluer les corrélats de la triade noire (machiavélisme, narcissisme, psychopathie subclinique). Les individus présentant des scores élevés en machiavélisme manifestent une tendance prépondérante aux mensonges flagrants pour obtenir des rapports sans lendemain.
  • L’épidémiologie comportementale chez les jeunes adultes : Administrée auprès de cohortes universitaires et d’échantillons communautaires, l’échelle documente les scripts sexuels contemporains, notamment dans le contexte des rencontres éphémères (hookup culture) et des applications de rencontre géolocalisées.

Applications cliniques et thérapeutiques

En contexte de thérapie conjugale et de consultation sexologique, l’échelle fournit un cadre diagnostique objectif pour explorer les asymétries de communication. Lorsqu’un couple consulte pour un désir sexuel hypoactif ou une rancœur persistante, l’analyse des sous-échelles de la SDS permet de révéler si l’un des partenaires pratique des rapports par conformisme d’évitement (avoir des relations pour ne pas être quitté ou pour éviter les disputes), ce qui engendre progressivement une détresse psychologique majeure, un sentiment de dépersonnalisation et une érosion du sentiment amoureux.

5. Construit psychologique

Le construit de tromperie sexuelle englobe l’ensemble des distorsions volontaires de la vérité, des omissions calculées et des comportements de faux semblants émis par un individu envers un partenaire sexuel potentiel ou actuel. Contrairement à l’infidélité amoureuse qui concerne la rupture du pacte de fidélité par un rapport extraconjugal, la tromperie sexuelle régie par la SDS concerne le contenu communicatif et transactionnel qui encadre l’acte intime lui-même. Ce construit n’est pas unidimensionnel ; il se subdivise en trois orientations fonctionnelles distinctes mises au jour par Marelich et ses collaborateurs.

1. Les mensonges flagrants (Blatant Lying)

Cette composante incarne l’agression instrumentale directe et la fabrication consciente de faits dans le dessein exclusif d’obtenir des faveurs sexuelles. L’individu recourt à des stratagèmes délibérément mensongers pour vaincre les résistances d’un partenaire ou accélérer l’accès à l’intimité physique sans avoir l’intention de concrétiser les promesses énoncées. Les manifestations comportementales de cette sous-échelle englobent :

  • La feinte sentimentale, telle que prononcer les paroles « Je t’aime » ou affirmer des sentiments profonds de bienveillance (« Je tiens à toi ») sans la moindre sincérité émotionnelle, uniquement pour obtenir un rapport sexuel.
  • La fausse promesse d’un engagement relationnel exclusif, par exemple assurer à l’autre qu’il ou elle deviendra un partenaire officiel (« boyfriend/girlfriend ») afin de lever ses inhibitions.
  • La falsification de sa propre identité ou de son statut social (« faked who you are ») afin d’apparaître plus désirable ou rassurant.
  • La rupture brutale et délibérée du contact post-coïtal (phénomène contemporain assimilé au ghosting), comme ne plus jamais rappeler son partenaire après avoir obtenu la relation intime convoitée.
  • L’intoxication délibérée du partenaire par l’alcool ou les substances psychoactives (« gotten a partner really drunk or stoned ») pour affaiblir son consentement lucide, ce qui place certains items de cette sous-échelle à la frontière critique entre la manipulation manipulatoire et la contrainte sexuelle unilatérale.

2. Les mensonges opportunistes ou égocentriques (Self-Serving Deception)

La sous-échelle des tromperies égocentriques illustre une dynamique d’échange où la sexualité n’est plus la finalité ultime de la manœuvre, mais devient un instrument de négociation pour capter ou préserver des ressources non érotiques. Dans ce schéma, l’individu fait le choix d’engager son corps dans une relation sexuelle non pas sous l’impulsion du désir biologique, mais dans le but pragmatique d’en retirer des bénéfices secondaires tangibles ou psychologiques. Les comportements mesurés incluent :

  • L’échange de faveurs sexuelles pour accéder à des commodités matérielles (argent, vêtements, logement) ou à des gratifications de statut.
  • L’usage de la relation intime pour garantir une forme de compagnonnage et conjurer la détresse de la solitude (« avoir quelqu’un à côté de qui dormir »).
  • La recherche d’une valorisation sociale par procuration, où l’acte érotique est consommé dans l’unique intention d’en faire le récit valorisant auprès de son groupe de pairs (vantardise sociale).

3. Les mensonges pour éviter la confrontation (Avoiding Confrontation)

À l’opposé des comportements prédateurs ou opportunistes, cette dimension capture une dynamique de soumission protectrice ou de concession défensive. La tromperie réside ici dans la dissimulation de son refus réel, de sa lassitude ou de son dégoût, l’individu prétendant un consentement enthousiaste ou acceptant passivement l’acte pour neutraliser une menace relationnelle perçue. Cette forme de déception intime comprend :

  • La capitulation face à la pression d’un partenaire insistant (« pour qu’il/elle me laisse tranquille »), transformant l’intimité en issue d’apaisement d’un harcèlement verbal ou moral.
  • La pratique de rapports non désirés mais consentis dans le but explicite de stabiliser le lien conjugal (« in order to maintain your relationship »).
  • La prévention désespérée d’une rupture amoureuse imminente (« so they wouldn’t break up with you »), l’intimité physique étant alors concédée comme un coût affectif lourd pour maintenir le lien relationnel.
  • La simulation du désir par pure complaisance altruiste ou peur de décevoir (« because you wanted to please them »), dissimulant l’absence totale d’appétence sexuelle momentanée.

6. Cadre théorique

L’assise conceptuelle fondamentale de la SDS repose sur la théorie de l’échange social, formalisée à l’origine par John Thibaut et Harold Kelley (1959), puis développée par des théoriciens de la sociologie comportementale tels que George Homans et Peter Blau. Cette approche postule que toute interaction humaine peut être appréhendée comme un troc mutuel de ressources matérielles, symboliques ou affectives, au cours duquel chaque participant effectue inconsciemment une analyse coûts-bénéfices (cost-benefit analysis) afin de maximiser ses récompenses nettes.

La dialectique du sexe : Récompense vs Coût

Marelich, Lundquist, Painter et Mechanic (2008) ont opéré une transposition théorique remarquable de ce paradigme au domaine de l’intimité érotique en démontrant que le sexe n’occupe pas une place immuable dans l’équation transactionnelle :

  • Le sexe comme récompense (Sex as a Reward/Benefit) : Pour le sous-groupe d’individus recourant aux mensonges flagrants (Blatant Lying), l’acte sexuel représente le gain ultime recherché. Le menteur est prêt à assumer le coût moral de la fausseté ou le risque de confrontation ultérieure pour emporter la récompense charnelle. Les promesses d’amour, d’exclusivité ou de validation narcissique constituent la monnaie sans valeur intrinsèque cédée au partenaire crédule en échange du rapport intime.
  • Le sexe comme coût relationnel (Sex as a Cost) : Dans le cadre des sous-échelles d’évitement de confrontation et d’opportunisme, la polarité s’inverse radicalement. Ici, le sexe représente un coût physique, émotionnel ou psychologique consenti pour acquérir ou préserver une ressource jugée plus précieuse : la survie du couple, la tranquillité domestique, le soutien financier ou la sécurité affective. L’individu paye sa sécurité ou son confort matériel au prix de son autonomie corporelle.

Intersections avec la psychologie évolutionniste

Le cadre théorique de la SDS s’articule également avec les modélisations de la psychologie évolutionniste relatives aux stratégies de reproduction et aux conflits sexospécifiques (Buss, 1989). Selon la théorie des stratégies sexuelles, les hommes et les femmes sont confrontés à des pressions adaptatives divergentes fondées sur l’asymétrie de l’investissement parental (Trivers, 1972). Les comportements capturés par la sous-échelle des mensonges flagrants (exagération de l’engagement affectif pour un rapport immédiat sans lendemain) reflètent typiquement des tactiques d’accouplement à court terme historiquement plus documentées chez les individus de sexe masculin cherchant à contourner la réticence adaptative féminine. Inversement, l’octroi de faveurs sexuelles en vue d’assurer des ressources ou de consolider l’investissement partenarial s’inscrit dans les schémas de rétention du partenaire et d’extraction de ressources théorisés par David Buss.

La théorie de la tromperie interpersonnelle (IDT)

Sur le plan communicationnel, la SDS s’appuie sur l’Interpersonal Deception Theory (Buller & Burgoon, 1996). Cette théorie démontre que la tromperie n’est pas un acte statique, mais une négociation dynamique et interactive. L’émetteur du mensonge calibre en temps réel ses signaux verbaux selon la réceptivité du récepteur, en déployant une dissimulation stratégique pour masquer ses motivations réelles et manipuler le niveau de confiance de sa cible.

7. Validité

La validité psychométrique de l’Échelle de tromperie sexuelle a été établie par Marelich et ses collaborateurs (2008) à travers un ensemble d’analyses rigoureuses évaluant la validité de construit, la validité convergente et la validité critériée auprès de cohortes d’adultes et d’étudiants universitaires.

Validité de construit et modélisation confirmatoire

La validité de construit a été initialement éprouvée par une modélisation par équations structurelles. L’adéquation du modèle tridimensionnel s’est révélée nettement supérieure à celle d’un modèle unifactoriel concurrent. Les indices d’ajustement structurel issus de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ont démontré des valeurs satisfaisant aux standards psychométriques stricts (RMSEA < 0,06 ; CFI > 0,90). De surcroît, une analyse factorielle de second ordre a révélé que les trois dimensions s’intègrent sous un métaconstruit unifié de tromperie sexuelle, conférant une légitimité à l’analyse conjointe des sous-échelles.

Validité convergente et corrélations comportementales

La validité convergente de l’instrument a été corroborée en corrélant les scores des trois sous-échelles avec des variables d’histoire sexuelle et des mesures attitudinales établies :

  • Nombre de partenaires sexuels à vie : Les trois sous-échelles corrèlent positivement et significativement avec un nombre élevé de partenaires sexuels déclarés au cours de la vie. Cette association s’avère particulièrement puissante pour la sous-échelle des mensonges flagrants (r variant de 0,35 à 0,48 selon les échantillons, p < 0,001).
  • Pratique des relations d’un soir (One-Night Stands) : Les participants obtenant des scores élevés sur la dimension des mensonges flagrants rapportent une propension significativement accrue à s’engager dans des aventures d’une nuit initiées sur des déclarations fallacieuses.
  • Dissimulation du passé sexuel : Une corrélation positive élevée a été observée entre les scores de tromperie de la SDS et la distorsion volontaire du nombre de partenaires sexuels antérieurs communiquée au partenaire actuel.

Validité critériée et différentielle

La validité différentielle de chaque sous-échelle confirme la pertinence du découpage conceptuel :

  • La sous-échelle Mensonges opportunistes (Self-Serving) montre des associations spécifiques fortes avec le besoin perçu d’autrui pour satisfaire ses propres besoins, le désir de manipuler l’autre et des scores élevés d’instrumentalisation relationnelle.
  • La sous-échelle Évitement de confrontation présente une corrélation sélective et statistiquement significative avec les échelles de dépendance affective, la peur intense de l’abandon et le besoin impérieux de maintenir le couple, corroborant le fait que cette tromperie n’émane pas d’un cynisme agressif mais d’une anxiété relationnelle.

8. Fidélité

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle de tromperie sexuelle porte principalement sur sa consistance interne, mesurée dans le cadre des études initiales de standardisation.

Consistance interne

Compte tenu de la nature dichotomique des items (format Oui / Non), l’évaluation de la cohérence interne a été menée à l’aide des coefficients alpha de Cronbach et de la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20). Pour les trois dimensions identifiées par Marelich et al. (2008), les indices de fidélité se distribuent comme suit :

  • Sous-échelle Mensonges flagrants (7 items) : α = 0,75. Cette valeur témoigne d’une homogénéité satisfaisante pour un format de réponse dichotomique comportant des items explorant des comportements stigmatisants à faible désirabilité sociale.
  • Sous-échelle Évitement de la confrontation (5 items) : α = 0,73. Cette valeur atteste d’une cohérence robuste dans l’évaluation de la soumission sexuelle instrumentale.
  • Sous-échelle Mensonges opportunistes (3 items) : α = 0,71. Bien que ne comptant que trois énoncés, cette dimension conserve un coefficient supérieur au seuil psychométrique conventionnel de 0,70 requis pour les instruments de recherche fondamentale.

Stabilité temporelle

La fidélité test-retest n’a pas fait l’objet d’une documentation exhaustive dans les publications initiales, la formulation des items faisant référence à des comportements cumulatifs sur l’ensemble de la vie (« Have you ever… »). Par nature, les scores cumulatifs sur la vie entière ne peuvent théoriquement que demeurer stables ou augmenter légèrement au fil du temps lors d’administrations longitudinales réitérées.

9. Analyse factorielle

Le développement psychométrique de la SDS s’est appuyé sur une démarche séquentielle combinant une analyse en composantes principales (ACP) exploratoire suivie d’une analyse factorielle confirmatoire (AFC) rigoureuse.

Phase exploratoire initiale

Dans la cohorte d’étalonnage initiale, les réponses aux items comportementaux ont été soumises à une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Direct Oblimin). La rotation oblique a été sélectionnée afin d’autoriser les dimensions sous-jacentes à corréler librement entre elles, conformément à la théorie psychologique postulant que différentes tactiques de déception peuvent coexister chez un même individu. L’examen du graphique d’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1,0) ont tous deux convergé vers l’extraction de trois composantes majeures expliquant une proportion substantielle de la variance totale.

Structure matricielle des facteurs

La matrice des composantes après rotation a démontré une structure factorielle simple où chaque item présentait une saturation élevée (> 0,40) sur son facteur de rattachement principal et des saturations croisées minimes sur les autres facteurs :

  • Facteur 1 : Mensonges flagrants (Blatant Lying) : Saturations dominantes pour les items 1, 2, 9, 11, 12, 13 et 15. Les poids factoriels les plus élevés ont été observés pour l’affirmation feinte de sentiments amoureux (« Told someone ‘I love you’ just to have sex », λ > 0,65) et la feinte d’un engagement de couple (λ > 0,60).
  • Facteur 2 : Évitement de confrontation (Avoiding Confrontation) : Saturations nettes pour les items 3, 5, 6, 10 et 14. Les saturations maximales ont concerné l’acte consenti pour préserver le lien de couple (item 6, λ > 0,62) et pour éviter une séparation imminente (item 10, λ > 0,58).
  • Facteur 3 : Opportunisme égocentrique (Self-Serving) : Saturations concentrées sur les items 4, 7 et 8, avec des coefficients marqués pour l’obtention ou le maintien de ressources matérielles (λ > 0,70).

Analyse factorielle confirmatoire et modèle de second ordre

Une AFC ultérieure a validé ce modèle à trois facteurs interdépendants. Les corrélations entre les trois facteurs de premier ordre variaient de façon modérée (r compris entre 0,28 et 0,45), justifiant l’application d’un modèle factoriel hiérarchique de second ordre. Ce modèle de second ordre a démontré qu’un facteur latent global de « tromperie sexuelle générale » chapeaute harmonieusement les trois dimensions, confirmant la cohésion architecturale globale de l’instrument.

10. Instrument de mesure

L’Échelle de tromperie sexuelle est un instrument auto-administré se distinguant par les caractéristiques structurelles et de cotation suivantes :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation comportementale rétrospective.
  • Format d’administration : Auto-passation sur support papier-crayon traditionnel ou via des plateformes d’évaluation psychologique informatisées en ligne.
  • Nombre total d’items : 15 items comportementaux directs.
  • Format de réponse : Choix forcé dichotomique binaire : Oui (Yes) / Non (No).
  • Consigne temporelle : Rétrospection sur l’ensemble de l’existence (« Have you ever… »).
  • Temps d’administration : Environ 5 minutes pour l’ensemble des 15 items.
  • Procédure de cotation et de calcul des scores :
    • Dans le protocole original de Marelich et al. (2008), les réponses brutes sont encodées de la manière suivante : une réponse Non reçoit la valeur 0 et une réponse Oui reçoit la valeur 1.
    • Score de la sous-échelle Mensonges flagrants (Blatant Lying) : Somme des items 1, 2, 9, 11, 12, 13 et 15 divisée par 7 (nombre d’items de la dimension). L’intervalle de score s’étend de 0,00 à 1,00.
    • Score de la sous-échelle Opportunisme égocentrique (Self-Serving) : Somme des items 4, 7 et 8 divisée par 3. L’intervalle de score s’étend de 0,00 à 1,00.
    • Score de la sous-échelle Évitement de confrontation (Avoiding Confrontation) : Somme des items 3, 5, 6, 10 et 14 divisée par 5. L’intervalle de score s’étend de 0,00 à 1,00.
    • Interprétation des scores : Plus le score moyen d’une sous-échelle est proche de 1,00, plus la fréquence des tactiques de tromperie correspondantes est élevée chez le répondant. Bien que les auteurs privilégient l’analyse par sous-échelle, la validité factorielle de second ordre autorise le calcul d’un score moyen global (somme des 15 items divisée par 15).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle de tromperie sexuelle a été formellement publiée dans sa version définitive en 2008 dans la revue scientifique à comité de lecture The Journal of Sex Research (Vol. 45, N° 1, pp. 27–35) :

  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : Les droits éditoriaux appartiennent à la Society for the Scientific Study of Sexuality (SSSS), éditée par le groupe Taylor & Francis, ainsi qu’aux auteurs originaux (William D. Marelich, Jennifer Lundquist, Kathleen Painter, Mindy B. Mechanic).
  • Tarification : L’instrument est libre de droits d’accès à des fins de recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale. Aucun honoraire d’utilisation n’est exigé des chercheurs institutionnels.
  • Conditions d’utilisation : Les chercheurs et praticiens souhaitant administrer la SDS doivent obligatoirement citer la publication princeps de Marelich et al. (2008) dans leurs rapports d’étude ou publications académiques. Pour toute utilisation commerciale, inclusion dans un logiciel payant ou adaptation clinique à large échelle, une demande de permission formelle doit être adressée au Dr William D. Marelich ([email protected]) et au service des droits de reproduction de l’éditeur Taylor & Francis.

12. Références

  • Blau, P. M. (1964). Exchange and power in social life. John Wiley & Sons.
  • Buller, D. B., & Burgoon, J. K. (1996). Interpersonal deception theory. Communication Theory, 6(3), 203–242. https://doi.org/10.1111/j.1468-2885.1996.tb00127.x
  • Buss, D. M. (1989). Sex differences in human mate preferences: Evolutionary hypotheses tested in 37 cultures. Behavioral and Brain Sciences, 12(1), 1–14. https://doi.org/10.1017/S0140525X00023992
  • Homans, G. C. (1958). Social behavior as exchange. American Journal of Sociology, 63(6), 597–606. https://doi.org/10.1086/222355
  • Marelich, W. D., Lundquist, J., Painter, K., & Mechanic, M. B. (2008). Sexual deception as a social-exchange process: Development of a behavior-based sexual deception scale. The Journal of Sex Research, 45(1), 27–35. https://doi.org/10.1080/00224490701808092
  • Marelich, W. D., & Slaughter, R. I. (s.d.). Sexual Deception Scale. California State University, Fullerton.
  • Thibaut, J. W., & Kelley, H. H. (1959). The social psychology of groups. John Wiley & Sons.
  • Trivers, R. L. (1972). Parental investment and sexual selection. In B. Campbell (Ed.), Sexual selection and the descent of man, 1871–1971 (pp. 136–179). Aldine Publishing Company.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Below are a number of items addressing things you may or may not have done sometime in your life. Please answer each item Yes or No. “Sex” below can refer to intercourse or other forms of sexual intimacy (e.g., oral sex, manual stimulation).
1

Told someone “I love you” but really didn’t just to have sex with them?
2

Yes    No        
3

Told someone “I care for you” just to have sex with them?
4

Yes    No        
5

Had sex with someone so they would leave you alone?
6

Yes    No        
7

Had sex with someone so you would have someone to sleep next to?
8

Yes    No        
9

Had sex with someone even though you didn’t want to?
10

Yes    No        
11

Had sex with someone in order to maintain your relationship with them?
12

Yes    No        
13

Had sex with someone in order to maintain resources you get from them (e.g., money, clothes, companionship)?
14

Yes    No        
15

Had sex with someone in order to get resources from them (e.g., money, clothes, companionship)?
16

Yes    No        
17

Had sex with someone just so you could tell your friends about it?
18

Yes    No        
19

Had sex with someone so they wouldn’t break up with you?
20

Yes    No        
21

Gotten a partner really drunk or stoned in order to have sex with them?
22

Yes    No        
23

Told someone they’d be your boyfriend/girlfriend just so they would have sex with you?
24

Yes    No        
25

Had sex with someone, then never returned their calls after that?
26

Yes    No        
27

Had sex with someone because you wanted to please them?
28

Yes    No        
29

Faked “who you are” in order to have sex with somebody?
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de tromperie sexuelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-tromperie-sexuelle
Looti, Mohammed. “Échelle de tromperie sexuelle.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-tromperie-sexuelle.
Looti, Mohammed. “Échelle de tromperie sexuelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-tromperie-sexuelle.