Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard – Forme A

L’Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard, Forme A (HGSHS:A), conçue par Shor et Orne (1962), est l’étalon-or international de mesure collective de l’hypnotisabilité. Composée de 12 items évaluant les réponses motrices, de défi et perceptivo-cognitives, elle fournit une mesure psychométrique hautement fidèle (KR-20 de 0,80 à 0,83) pour la recherche cognitive et clinique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard, Forme A (Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A ou HGSHS:A), conçue à l’origine par Ronald E. Shor et Emily Carota Orne en 1962 et normalisée en 1963, constitue l’étalon-or international pour l’évaluation psychométrique collective de l’hypnotisabilité (ou susceptibilité hypnotique). Dérivée directement de l’échelle individuelle Stanford Hypnotic Susceptibility Scale, Form A (SHSS:A) de Weitzenhoffer et Hilgard (1959), la HGSHS:A a été spécifiquement modifiée pour permettre une administration collective — par le biais d’un protocole standardisé lu par un expérimentateur ou diffusé par enregistrement audio — couplée à un système d’auto-évaluation post-hypnotique standardisé.

L’instrument se compose de 12 items ordonnés selon une hiérarchie de difficulté croissante et couvrant un éventail représentatif de phénomènes hypnotiques classiques. Ces phénomènes se structurent principalement autour de trois classes de réponses : les suggestions motrices directes (ou idéomotrices), les suggestions de défi moteur (ou catalepsies/inhibition motrice) et les altérations perceptivo-cognitives (hallucination sensorielle, suggestion post-hypnotique et amnésie post-hypnotique). Chaque item est évalué selon un format dichotomique strict (0 = échec / absence de réponse comportementale conforme au critère objectif ; 1 = réussite / réponse conforme), générant un score total continu oscillant de 0 à 12 points.

D’un point de vue psychométrique, la HGSHS:A présente des qualités remarquables : les coefficients de cohérence interne mesurés via la formule de Kuder-Richardson 20 (KR-20) se situent invariablement entre 0,80 et 0,83 dans les échantillons originaux et ont été répliqués internationalement entre 0,72 et 0,85. La fidélité test-retest à court et long terme confirme la stabilité du construit en tant que trait cognitif et dispositionnel stable de la personnalité adulte. Bien que développée comme une mesure globale unidimensionnelle de la profondeur hypnotique, les analyses factorielles contemporaines dégagent régulièrement une organisation bifactorielle ou trifactorielle sous-jacente. L’échelle demeure le dispositif d’échantillonnage et de criblage (screening) le plus exploité au monde en neurosciences cognitives, en psychologie expérimentale et en psychiatrie pour sélectionner des cohortes de participants dits « hauts », « moyens » et « bas » hypnotisables.

2. Mots-clés / Keywords

susceptibilité hypnotique, hypnotisabilité, HGSHS:A, hypnose expérimentale, psychométrie, suggestibilité, échelle de groupe, réponses idéomotrices, catalepsie motrice, amnésie post-hypnotique, dissociation cognitive, Ronald E. Shor, neurosciences cognitives.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conceptualisée et validée par deux figures fondatrices de la recherche expérimentale sur l’hypnose aux États-Unis :

  • Ronald E. Shor, Ph.D. : Psychologue chercheur associé au Department for Experimental Psychiatry de la faculté de médecine de l’Université de Pennsylvanie (University of Pennsylvania) et à l’Institute of the Pennsylvania Hospital, puis professeur à la Brandeis University. Pionnier des théories phénoménologiques et contextuelles de la transe et des états modifiés de conscience.
  • Emily Carota Orne : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée à l’Unit for Experimental Psychiatry (Institute of the Pennsylvania Hospital / University of Pennsylvania), reconnue internationalement pour ses travaux sur la méthodologie du double aveugle en hypnose, le contrôle des caractéristiques de la demande expérimentale et les biais socio-cognitifs.

Les auteurs ont développé cet instrument sous l’impulsion et en étroite collaboration méthodologique avec Martin T. Orne, sommité des sciences du comportement et pionnier de la rigueur expérimentale dans l’évaluation des états hypnotiques.

4. Objectif / Purpose

Avant la parution de la HGSHS:A, l’évaluation scientifique de l’aptitude à l’hypnose reposait exclusivement sur des échelles individuelles, notamment la Stanford Hypnotic Susceptibility Scale (SHSS, Formes A, B et C) élaborée par Ernest R. Hilgard et André M. Weitzenhoffer. Bien que d’une excellente rigueur clinique, ces protocoles individuels nécessitaient entre 45 et 60 minutes de passation par sujet sous la direction constante d’un examinateur hautement qualifié, ce qui limitait drastiquement la constitution de vastes échantillons expérimentaux indispensables aux exigences de la psychophysiologie moderne.

L’objectif fondamental de Shor et Orne (1962, 1963) était donc de résoudre ce goulet d’étranglement méthodologique en transposant la SHSS:Forme A vers une modalité d’administration collective simultanée, sans compromettre la fidélité, la validité ni les propriétés distributives de la mesure. L’instrument vise à :

  • Démocratiser le criblage expérimental de masse : Permettre à un seul chercheur ou à un protocole standardisé enregistré d’administrer l’induction et le test de suggestions à des groupes de 10 à plusieurs centaines de participants simultanément.
  • Remplacer l’observation comportementale externe par une auto-évaluation objective : Les auteurs ont démontré que le sujet lui-même peut juger de manière hautement fidèle si son comportement moteur ou cognitif a franchi des seuils cinématiques et mnésiques préétablis (par exemple, observer une chute de la tête d’au moins 5 centimètres ou un déplacement des mains de plus de 15 centimètres).
  • Prédire la réactivité hypnotique ultérieure : L’échelle sert de filtre pronostique (screening tool) pour isoler les profils hautement réceptifs (scores de 9 à 12), moyennement réceptifs (scores de 4 à 8) et réfractaires ou faiblement réceptifs (scores de 0 à 3). Les sujets hautement réceptifs peuvent ensuite être orientés vers des protocoles d’investigation neurofonctionnelle lourds (IRMf, potentiels évoqués, analgésie expérimentale).
  • Harmoniser les comparaisons internationales : Établir un instrument métrologique commun servant de référence transnationale pour standardiser la définition opérationnelle de la susceptibilité hypnotique dans la littérature scientifique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la HGSHS:A est l’hypnotisabilité, comprise comme un trait stable de la personnalité cognitive qui reflète la propension d’un individu à expérimenter des altérations involontaires de la perception, de la mémoire, de la motricité et du sentiment d’agentivité à la suite d’une induction hypnotique et d’instructions suggestives formelles.

Ce construit s’articule autour de trois dimensions phénoménologiques et comportementales fondamentales :

1. Les suggestions idéomotrices directes (Direct Motor Suggestions)

Ces items mesurent la capacité à produire une action motrice congruente avec l’imagerie mentale suscitée, sans intention volontaire perçue. L’action semble se produire d’elle-même, illustrant l’automaticité de l’effet idéomoteur :

  • Item 1 (Head Falling / Chute de la tête) : Suggestion que la tête s’alourdit et s’incline en avant (critère : déplacement ≥ 5 cm).
  • Item 2 (Eye Closure / Fermeture des yeux) : Suggestion progressive de lourdeur palpébrale conduisant à l’occlusion complète des yeux avant l’instruction explicite.
  • Item 3 (Hand Lowering / Abaissement de la main gauche) : Suggestion de lourdeur dans la main étendue conduisant à une descente d’au moins 15 cm.
  • Item 7 (Hands Moving Together / Rapprochement des mains) : Suggestion d’une attraction magnétique amenant les mains écartées à se rapprocher à moins de 15 cm l’une de l’autre.

2. Les suggestions de défi ou d’inhibition motrice (Challenge / Motor Inhibition Suggestions)

Ces suggestions confrontent le sujet à une inhibition transitoire de sa motricité volontaire. Après une suggestion de rigidité, de verrouillage ou de paralysie, l’expérimentateur défie explicitement l’individu d’exécuter l’action contraire :

  • Item 4 (Arm Immobilization / Immobilisation du bras droit) : L’individu est invité à tenter de lever son bras droit rendu « lourd comme du plomb » (réussite : levée < 2,5 cm).
  • Item 5 (Finger Lock / Verrouillage des doigts) : Les mains jointes et doigts croisés restent collés malgré l’invitation à les séparer.
  • Item 6 (Arm Rigidity / Rigidité du bras gauche) : Le coude devient incapable de fléchir de plus de 5 cm.
  • Item 8 (Communication Inhibition / Inhibition verbale) : Incapacité d’articuler son prénom lorsqu’on lui demande de le faire.
  • Item 10 (Eye Catalepsy / Catalepsie des paupières) : Incapacité d’ouvrir les yeux collés malgré l’effort conscient.

3. Les suggestions perceptivo-cognitives et post-hypnotiques (Cognitive & Post-Hypnotic Suggestions)

Ces items représentent les degrés les plus profonds de la réponse hypnotique, sollicitant des modifications de la perception sensorielle et de l’intégration mnésique :

  • Item 9 (Hallucination – Fly / Hallucination de la mouche) : Suggestion auditive ou tactile d’une mouche bourdonnant autour du visage, évaluée par le ressenti subjectif ou un geste d’évitement moteur.
  • Item 11 (Post-Hypnotic Suggestion / Suggestion post-hypnotique) : Déclenchement d’une conduite motrice spécifique (toucher sa cheville gauche ou dessiner un cercle) en réponse à un signal sonore après le réveil complet de la transe.
  • Item 12 (Post-Hypnotic Amnesia / Amnésie post-hypnotique) : Incapacité temporaire à rappeler spontanément les expériences vécues durant l’état hypnotique, levée dès qu’un signal codifié d’annulation (« maintenant vous pouvez vous souvenir de tout ») est énoncé. Le critère de réussite implique la remémoration de 3 items ou moins sur les 11 précédents.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage conceptuel de la HGSHS:A s’inscrit au carrefour de la tradition psychométrique américaine issue des travaux de Clark L. Hull (1933) et de la formalisation des états dissociatifs initiée par Pierre Janet, prolongée au XXe siècle par la théorie de la néodissociation d’Ernest Hilgard (1977, 1986).

Selon le paradigme néodissociatif, le fonctionnement cognitif humain est orchestré par un ensemble de structures de contrôle exécutif et cognitif subordonnées, régulées par un système de contrôle central. L’induction hypnotique entraîne une scission fonctionnelle entre ces sous-systèmes cognitifs et le contrôle exécutif conscient. Dans le cadre de la HGSHS:A, le comportement idéomoteur (par exemple, la chute involontaire de la tête ou le rapprochement des mains) reflète une activation directe de schémas moteurs sous-jacents sans l’intervention de l’effort intentionnel, tandis que l’amnésie post-hypnotique matérialise une barrière amnésique dissociative temporaire entre le rappel conscient et le stockage mnésique implicite.

Parallèlement, la HGSHS:A a fait l’objet d’un débat épistémologique historique opposant :

  • Le paradigme de l’état (State Theory) : Porté par Hilgard, Shor et Bowers, considérant que l’échelle évalue les répercussions comportementales d’un état psychophysiologique altéré (la transe hypnotique) distinct des processus de veille ordinaire.
  • Le paradigme socio-cognitif (Non-State / Social-Cognitive Theory) : Défendu par Theodore Barber, Nicholas Spanos et Irving Kirsch. Selon cette perspective, les scores à la HGSHS:A ne témoignent pas d’un état modifié de conscience mystérieux, mais résultent de variables psychologiques ordinaires telles que les attentes (response expectancy), les attitudes positives envers l’hypnose, la motivation, la conformité sociale et l’engagement actif dans des stratégies imaginatives dirigées.
  • Le modèle du contrôle dissocié (Dissociated Control Theory) : Formulé par Woody et Bowers (1994), ce modèle postule une affaiblissement transitoire de la régulation exercée par le cortex préfrontal dorso-latéral, permettant aux suggestions de l’expérimentateur de déclencher directement des unités comportementales d’action sans supervision consciente de haut niveau.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la HGSHS:A a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques attestant de sa robustesse :

Validité de contenu (Content Validity)

La sélection des 12 items a été directement calquée sur la Stanford Form A, garantissant un échantillonnage représentatif des dimensions motrices simples, des catalepsies de défi et des phénomènes cognitifs complexes (hallucination, amnésie). L’ensemble de la communauté scientifique s’accorde sur le fait que ces items circonscrivent le domaine opérationnel de la suggestibilité hypnotique conventionnelle.

Validité convergente et de critère (Criterion & Convergent Validity)

Le critère absolu d’évaluation réside dans la corrélation entre les scores auto-rapportés à la HGSHS:A (forme de groupe) et les scores obtenus lors de séances individuelles standardisées supervisées par un clinicien (SHSS:A et SHSS:C). Shor et Orne (1963) ont démontré une concordance remarquable : la corrélation entre l’auto-évaluation de la HGSHS:A et le score attribué par un observateur indépendant externe se situe entre r = 0,85 et r = 0,89. De surcroît, le score global à la HGSHS:A prédit avec une grande précision la performance sur l’échelle individuelle avancée SHSS:Form C (r oscillant entre 0,60 et 0,72), confirmant que l’auto-évaluation en groupe ne dégrade pas la mesure de la suggestibilité profonde.

Validité prédictive (Predictive Validity)

La HGSHS:A est un prédicteur robuste des réponses physiologiques et comportementales aux interventions cliniques et expérimentales :

  • Les individus classés comme « hauts réceptifs » à la HGSHS:A manifestent des réductions significativement supérieures de la douleur induite par stimulation thermique ou nociceptive par rapport aux « bas réceptifs » (analgésie hypnotique).
  • Dans le domaine des neurosciences, les scores à la HGSHS:A prédisent des modulations différentielles de l’activité du cortex cingulaire antérieur (ACC), de l’insula et du réseau du mode par défaut (DMN) lors d’inductions suggestives enregistrées en IRMf et en EEG à haute densité.

Validité transculturelle et stabilité normative

Des étalonnages menés à large échelle sur des cohortes aux États-Unis, en Australie (Sheehan, 1967), au Canada, en Allemagne (Bongartz, 1985), en France, en Espagne et au Brésil ont révélé des distributions remarquablement congruentes : une moyenne globale stable située autour de 6,5 à 7,5 points, avec un écart-type oscillant entre 2,2 et 2,7, confirmant l’universalité du construit à travers les cultures occidentales et industrialisées.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de la HGSHS:A a été scrutée sous plusieurs dimensions méthodologiques :

Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’étude normative inaugurale de Shor et Orne (1963), la cohérence interne calculée via le coefficient Kuder-Richardson 20 (KR-20, équivalent de l’alpha de Cronbach pour données dichotomiques) s’élevait à 0,80 pour le premier échantillon (N = 132) et à 0,83 pour l’échantillon de réplication. Les études ultérieures conduites sur des milliers d’étudiants (Kirsch et al., 1995 ; Green et al., 2005) rapportent invariablement des coefficients KR-20 compris entre 0,76 et 0,84, ce qui démontre une excellente homogénéité de la batterie tout en préservant la diversité des types d’items.

Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)

L’hypnotisabilité étant conceptualisée comme un trait stable à l’âge adulte, les études longitudinales indiquent une stabilité temporelle substantielle :

  • À court et moyen terme (de 2 semaines à 6 mois d’intervalle), les coefficients de corrélation test-retest se situent entre r = 0,70 et r = 0,82.
  • Hilgard et Morgan ont documenté une stabilité remarquable s’étendant sur des décennies : la corrélation test-retest chez des sujets réévalués après 10, 15 ou même 25 ans demeure supérieure à r = 0,60, conférant à la susceptibilité mesurée par la HGSHS:A une stabilité temporelle analogue à celle des traits fondamentaux du Big Five ou de l’efficience intellectuelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que Shor et Orne aient conçu la HGSHS:A comme une mesure linéaire univariée d’une disposition globale (« profondeur hypnotique »), les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) ont révélé une structure sous-jacente plus différenciée.

Structure unifactorielle vs plurifactorielle

Un facteur général d’hypnotisabilité émerge systématiquement en analyse factorielle non rotative, absorbant entre 25 % et 35 % de la variance totale, ce qui justifie l’utilisation courante du score global composite de 0 à 12 dans la pratique de criblage.

Cependant, les rotations obliques (Promax, Oblimin) et orthogonales (Varimax) mettent en exergue trois sous-dimensions distinctes :

  1. Facteur 1 : Idéomoteur direct (Direct Motor Factor) — Items 1 (Chute de la tête), 3 (Abaissement de la main) et 7 (Rapprochement des mains). Ces items possèdent les taux de réussite les plus élevés (généralement 60 % à 85 % de l’échantillon) et saturent fortement sur un axe de suggestibilité motrice primaire.
  2. Facteur 2 : Défi moteur / Catalepsie (Challenge Motor Factor) — Items 4 (Immobilisation du bras), 5 (Verrouillage des doigts), 6 (Rigidité du bras), 8 (Inhibition de communication) et 10 (Catalepsie des yeux). Ce facteur exige un niveau de suggestibilité intermédiaire (taux de réussite : 30 % à 60 %) caractérisé par la résistance perçue à l’effort volitionnel.
  3. Facteur 3 : Cognitif / Dissociatif (Cognitive / Perceptual Factor) — Items 9 (Hallucination de la mouche), 11 (Suggestion post-hypnotique) et 12 (Amnésie post-hypnotique). Ces items sont les plus difficiles de l’échelle (taux de réussite : 15 % à 35 %) et saturent sur la composante cognitive profonde, corrélée aux capacités de dissociation et d’absorption imaginative.
Item Type de phénomène Difficulté (% réussite typique) Saturation factorielle dominante
1. Head Falling Idéomoteur direct 75% – 85% Moteur direct (0,55 – 0,68)
2. Eye Closure Induction / Idéomoteur 65% – 75% Mixte / Moteur
3. Hand Lowering Idéomoteur direct 70% – 80% Moteur direct (0,62 – 0,74)
4. Arm Immobilization Défi moteur 40% – 50% Défi moteur (0,60 – 0,75)
5. Finger Lock Défi moteur 35% – 48% Défi moteur (0,65 – 0,78)
6. Arm Rigidity Défi moteur 45% – 55% Défi moteur (0,58 – 0,72)
7. Moving Hands Idéomoteur direct 65% – 75% Moteur direct (0,58 – 0,70)
8. Communication Inhib. Défi moteur 30% – 40% Défi moteur (0,52 – 0,68)
9. Hallucination (Fly) Perceptivo-cognitif 30% – 42% Cognitif / Perceptif (0,48 – 0,65)
10. Eye Catalepsy Défi moteur 45% – 55% Défi moteur (0,60 – 0,73)
11. Post-Hypnotic Post-hypnotique 25% – 35% Cognitif / Mixte (0,42 – 0,58)
12. Amnesia Cognitif / Amnésique 20% – 32% Cognitif / Amnésie (0,50 – 0,70)

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A (HGSHS:A).
  • Nature de l’épreuve : Épreuve psychométrique de performance motrice et cognitive suggérée sous hypnose, administrée collectivement avec auto-évaluation comportementale post-procédure sur livret standardisé.
  • Durée totale de passation : Environ 45 à 55 minutes au total (35 minutes pour la phase d’induction et de présentation des suggestions ; 10 à 15 minutes pour le réveil complet et le remplissage du livret d’auto-évaluation).
  • Nombre d’items : 12 items standardisés.
  • Échelle de réponse (Format officiel) : Dichotomous self-scoring (Did not respond / Responded, scored 0 or 1 based on specific objective behavioral criteria for each suggestion).
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Chaque item est coté 1 si la réponse comportementale ou phénoménologique du participant satisfait au critère objectif d’amplitude cinématique ou mnésique défini par le protocole ; il est coté 0 dans le cas contraire.
    • Pour l’item 12 (Amnésie), le score de 1 n’est accordé que si le participant parvient à restituer trois items ou moins parmi les onze vécus antérieurement au cours de la phase de rappel amnésique initial (avant la lecture de la phrase clé déverrouillant la mémoire).
    • Le score global total est obtenu en additionnant les scores individuels des 12 items. L’intervalle de score s’étend de 0 à 12.
  • Interprétation des profils d’hypnotisabilité :
    • Score de 0 à 3 : Hypnotisabilité faible (Low susceptibles / Lows) — environ 15 % à 20 % de la population.
    • Score de 4 à 8 : Hypnotisabilité moyenne (Medium susceptibles / Mediums) — environ 60 % à 70 % de la population.
    • Score de 9 à 12 : Hypnotisabilité élevée (High susceptibles / Highs ou virtuoses) — environ 10 % à 15 % de la population.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : Manuel de passation édité en 1962 ; publication normative princeps dans l’International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis en 1963.
  • Droits d’auteur et diffusion originale : Publié à l’origine par Consulting Psychologists Press (CPP). L’instrument est aujourd’hui ancré dans le domaine de la recherche académique fondamentale.
  • Statut d’accès et gratuité pour la recherche : Le script standardisé, les enregistrements audio de passation ainsi que les livrets de cotation sont largement disponibles à titre gracieux au sein de la communauté scientifique internationale pour les universités et les centres de recherche clinique à but non lucratif, sous réserve du strict respect de l’éthique de la recherche en psychologie.
  • Recommandations d’usage : L’administration doit être supervisée par un chercheur qualifié ou un professionnel de la santé mentale formé aux spécificités de l’induction hypnotique et à la prise en charge d’éventuelles réactions émotionnelles légères (ex. abreactions transitoires).

12. Références / References

  • Bongartz, W. (1985). German norms for the Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 33(2), 131–139. https://doi.org/10.1080/00207148508406643
  • Green, J. P., Lynn, S. J., & Malinoski, P. (2005). Hypnotic susceptibility scales, inventions, and treatments. In J. P. Green & S. J. Lynn (Eds.), Varieties of Anomalous Experience: Examining the Scientific Evidence. American Psychological Association.
  • Hilgard, E. R. (1965). Hypnotic Susceptibility. Harcourt, Brace & World.
  • Hilgard, E. R. (1977). Divided Consciousness: Multiple Controls in Human Thought and Action. John Wiley & Sons.
  • Kirsch, I., Council, J. R., & Wickless, C. (1995). Subjective scoring for the Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 43(3), 245–259. https://doi.org/10.1080/00207149508409968
  • Sheehan, P. W. (1967). Reliability of a technique of inquiring into students’ experiences of hypnosis: A group administration of the Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 15(4), 119–124. https://doi.org/10.1080/00207146708409740
  • Shor, R. E., & Orne, E. C. (1962). Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A. Consulting Psychologists Press.
  • Shor, R. E., & Orne, E. C. (1963). Norms of the Harvard Group Scale of Hypnotic Susceptibility, Form A. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, 11(1), 39–47. https://doi.org/10.1080/00207146308409226
  • Weitzenhoffer, A. M., & Hilgard, E. R. (1959). Stanford Hypnotic Susceptibility Scale, Forms A and B. Consulting Psychologists Press.
  • Woody, E. Z., & Bowers, K. S. (1994). A frontal assault on dissociated control. In S. J. Lynn & J. W. Rhue (Eds.), Dissociation: Clinical and Theoretical Perspectives (pp. 52–79). Guilford Press.
  • Woody, E. Z., Barnier, A. J., & McConkey, K. M. (2005). Multiple hypnotizabilities: Differentiating the components of hypnotic response. Psychological Assessment, 17(2), 200–213. https://doi.org/10.1037/1040-3590.17.2.200

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

Dichotomous self-scoring (Did not respond / Responded, scored 0 or 1 based on specific objective behavioral criteria for each suggestion)

Scale Items:

  1. Head Falling: Did your head fall forward at least two inches before you were told to let it fall?
  2. Eye Closure: Did your eyes close before you were told to close them?
  3. Hand Lowering (Left): Did your left hand lower at least six inches before you were told to lower it?
  4. Arm Immobilization (Right): Did your right arm fail to rise, or rise less than one inch, when you were challenged to lift it?
  5. Finger Lock: Did your fingers remain interlocked, or feel difficult to separate, when you were challenged to take them apart?
  6. Arm Rigidity (Left): Did your left arm bend less than two inches when you were challenged to bend it?
  7. Moving Hands Together: Did your hands move within six inches of each other before you were told to let them return to your lap?
  8. Communication Inhibition: Did you fail to say your first name, or find it difficult to speak, when you were challenged to do so?
  9. Hallucination (Fly): Did you feel or hear the fly, or experience outward movement to brush it away?
  10. Eye Catalepsy: Did your eyes remain closed, or feel glued together, when you were challenged to open them?
  11. Post-Hypnotic Suggestion (Touching Left Ankle): Did you draw a circle or touch your left ankle upon the post-hypnotic cue before you were told to return to normal?
  12. Amnesia: In the initial recall period, did you list three or fewer of the items you experienced before reading that the amnesia was lifted?
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard – Forme A. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-susceptibilite-hypnotique-de-groupe-de-harvard-forme-a
Looti, Mohammed. “Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard – Forme A.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-susceptibilite-hypnotique-de-groupe-de-harvard-forme-a.
Looti, Mohammed. “Échelle de susceptibilité hypnotique de groupe de Harvard – Forme A.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-susceptibilite-hypnotique-de-groupe-de-harvard-forme-a.