1. Résumé / Abstract
L’Échelle de supervision abusive (développée initialement sous l’appellation AIMSS Abusive Supervision Scale par Sümer et al., 2024) est un instrument psychométrique de pointe conçu pour évaluer systématiquement les manifestations de maltraitance organisationnelle et de harcèlement managérial au sein des environnements professionnels contemporains. S’inscrivant dans la continuité et le prolongement critique des travaux fondateurs de Bennett Tepper, cette échelle opérationnalise la supervision abusive en tant que perception subjective par les subordonnés d’un ensemble de comportements hostiles, verbaux et non verbaux continus, déployés par leur supérieur hiérarchique direct, à l’exclusion formelle de tout contact physique direct. Développée à travers une démarche méthodologique rigoureuse et séquentielle comprenant des groupes de discussion (focus groups), une analyse thématique inductive et une étude pilote approfondie, l’échelle se décline en deux formats complémentaires : une version intégrale comprenant 26 items et une version abrégée composée de 14 items particulièrement adaptée aux enquêtes transversales et longitudinales d’envergure.
Chaque énoncé est précédé de l’amorce invariable « Mon supérieur hiérarchique direct… » (« My immediate supervisor… ») et fait l’objet d’une évaluation standardisée sur une échelle de fréquence de type Likert en cinq points, variant de 1 (« Jamais ») à 5 (« Presque toujours »). Les propriétés psychométriques établies auprès d’échantillons d’adultes en activité démontrent une robustesse exceptionnelle. La cohérence interne est remarquable, avec un coefficient alpha de Cronbach (α) atteignant .97 pour la forme complète à 26 items et .95 pour la forme courte à 14 items. Les analyses factorielles exploratoires révèlent une structure unifactorielle dominante expliquant 61,9 % de la variance totale, avec des saturations factorielles très élevées (comprises entre .65 et .86). Ces résultats sont confirmés par l’analyse factorielle confirmatoire avec correction de Satorra-Bentler (SB χ²(299) = 869,118, p < .001 ; χ²/dl = 2,91 ; CFI = .892 ; TLI = .882 ; RMSEA = .060, IC à 90 % [.056, .065] ; SRMR = .045), confirmant l’unidimensionalité du construit tout en capturant l’hétérogénéité des abus quotidiens. L’outil fait preuve d’une validité convergente et de critère irréprochable, prédisant de manière significative l’épuisement professionnel (burnout) et la dégradation de l’engagement organisationnel.
2. Mots-clés / Keywords
Supervision abusive, maltraitance au travail, harcèlement organisationnel, relations hiérarchiques, santé au travail, épuisement professionnel, justice organisationnelle, psychométrie, comportement organisationnel, leadership destructeur, échelle d’évaluation, climat de travail.
3. Auteurs / Authors
L’échelle AIMSS a été élaborée et validée par une équipe multidisciplinaire d’enseignants-chercheurs en psychologie industrielle et organisationnelle rattachés à plusieurs universités majeures en Turquie :
- H. Canan Sümer — Département de psychologie, Université Özyeğin (Özyeğin University), Istanbul, Turquie. Correspondance institutionnelle : [email protected]. Adresse postale : Özyeğin University, Department of Psychology, Çekmeköy Campus, Nişantepe District, Orman Street, 34794 Çekmeköy, Istanbul, Turquie.
- Aslı Göncü-Köse — Département de psychologie, Université Çankaya (Çankaya University), Ankara, Turquie.
- Yonca Toker-Gültaş — Département de psychologie, Université technique du Moyen-Orient (Middle East Technical University, METU), Ankara, Turquie. Identifiant chercheur : ORCID 0000-0002-0177-0301.
- F. Pınar Acar — Département de gestion, Université technique du Moyen-Orient (Middle East Technical University), Ankara, Turquie.
- Derya Karanfil — Département de psychologie, Université İzmir Bakırçay (İzmir Bakırçay University), Izmir, Turquie.
- A. Başak Ok — Département de psychologie, Université d’Ankara (Ankara University), Ankara, Turquie.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle de supervision abusive (AIMSS AS Scale) est de quantifier objectivement les perceptions qu’ont les employés des conduites hostiles, non physiques et soutenues dans le temps, exercées à leur encontre par leur supérieur hiérarchique direct. Dans les organisations contemporaines, le leadership toxique ou destructeur ne se manifeste que rarement par des violences physiques flagrantes, celles-ci étant immédiatement sanctionnées par les cadres législatifs et réglementaires. En revanche, les conduites d’intimidation voilée, l’exploitation instrumentale, l’injustice relationnelle, le dénigrement professionnel et l’empiétement systématique sur la vie privée constituent des agressions chroniques extrêmement préjudiciables mais plus difficiles à objectiver.
Cet instrument répond à une double nécessité, tant dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie du travail et des organisations que dans les pratiques cliniques et institutionnelles d’audit des risques psychosociaux (RPS) :
- Objectifs de recherche fondamentale : Permettre aux chercheurs d’analyser précisément les mécanismes étiologiques et les conséquences en cascade de la supervision destructrice. L’échelle a été conçue au sein d’une vaste étude tripartite visant à discriminer conceptuellement et empiriquement trois formes distinctes de déviance au travail : l’incivilité au travail (workplace incivility), le harcèlement moral/mobbing (mobbing) et la supervision abusive (abusive supervision). Elle résout le problème des chevauchements de construits qui entachait de nombreuses études antérieures en fournissant des indicateurs comportementaux spécifiques au lien d’autorité hiérarchique.
- Diagnostic clinique et santé au travail : En milieu organisationnel ou lors de consultations spécialisées en psychopathologie du travail (médecine du travail, psychologie de la santé), l’échelle fournit une base métrologique standardisée pour objectiver l’exposition des salariés à des comportements managériaux toxiques. Elle permet d’identifier précocement les foyers de souffrance au travail avant que celle-ci ne dégénère en détresse psychologique sévère, en anxiété généralisée, en dépression réactionnelle ou en absentéisme prolongé.
- Audit organisationnel et gouvernance : L’instrument aide les directions des ressources humaines à repérer les défaillances managériales localisées, à concevoir des interventions ciblées de formation au leadership éthique, et à revoir les politiques de régulation des charges de travail et du droit à la déconnexion.
La justification théorique sous-tendant cet outil repose sur le constat que l’abus de pouvoir hiérarchique produit des dommages psychologiques asymétriques : un employé n’a pas les mêmes leviers d’action ni les mêmes défenses face à son supérieur direct que face à un collègue de même niveau hiérarchique. L’évaluation précise de cette dynamique de domination interpersonnelle constitue un prérequis incontournable pour assainir le climat de travail.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par l’échelle est la supervision abusive (abusive supervision), conceptualisée comme la perception subjective par un subordonné du degré auquel son supérieur hiérarchique manifeste de manière répétée et continue des comportements hostiles, tant verbaux que non verbaux, excluant le contact physique. Ce construit, initialement délimité par Bennett J. Tepper en 2000, est ici actualisé et enrichi pour intégrer les réalités professionnelles du XXIe siècle, telles que l’hyperconnexion technologique et l’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie privée.
Bien que l’analyse factorielle révèle que l’échelle fonctionne comme une dimension globale homogène (unifactorielle), le construit englobe plusieurs facettes comportementales interconnectées, mises en évidence par l’analyse thématique qualitative préalable :
- L’injustice procédurale et distributive arbitraire : Le supérieur refuse d’admettre la valeur du travail accompli, applique un traitement inéquitable entre les membres de l’équipe, décharge sa responsabilité sur autrui lors de survenues d’erreurs (bouc émissaire) et sanctionne de manière impitoyable le moindre faux pas. Les items illustrent une autoritarisme rigide qui refuse toute remise en question.
- L’exploitation instrumentale et l’appropriation indue : Cette facette implique l’utilisation des subordonnés pour des convenances personnelles (courses personnelles, tâches étrangères à la fiche de poste), l’appropriation sans vergogne des idées, des innovations ou des résultats de travail des collaborateurs présentés comme étant ceux du supérieur, et le blocage délibéré du développement professionnel ou des promotions.
- L’agression verbale et l’intimidation relationnelle : Les comportements incluent les cris, les réprimandes publiques, le recours à l’oppression et aux menaces implicites ou explicites pour forcer l’obéissance, ainsi que la focalisation obsessionnelle sur les lacunes ou les défaillances perçues des collaborateurs pour maintenir un état d’insécurité psychologique.
- La transgression éthique et légale : La supervision abusive amène le supérieur à mentir délibérément pour son propre bénéfice, à enfreindre les lois au détriment des salariés, ou à exercer des pressions directes pour contraindre les subordonnés à adopter des conduites immorales ou illégales (espionner des collègues, fabriquer des mensonges organisationnels).
- L’atteinte à l’intégrité physique, temporelle et personnelle : Cette dimension moderne inclut le non-respect délibéré du repos et des pauses, la mise en péril de la santé et de la sécurité des travailleurs, la privation de ressources indispensables à l’accomplissement des missions, l’ingérence intrusive dans la vie intime ou dans l’apparence physique (tenue, coiffure), et l’exigence disproportionnée d’une disponibilité continue 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 par appels ou messages hors des heures de service.
Le construit se caractérise par sa nature perceptive : il n’exige pas que l’intention de nuire du superviseur soit juridiquement prouvée, mais se concentre sur l’impact phénoménologique éprouvé par le subordonné qui endure cette hostilité chronique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle de supervision abusive s’articule autour de plusieurs théories fondamentales de la psychologie organisationnelle et de la théorie sociale :
1. La théorie de l’échange social (Social Exchange Theory)
Formulée à l’origine par George Homans et approfondie par Peter Blau (1964), la théorie de l’échange social postule que les relations au travail reposent sur des attentes implicites de réciprocité positive. Lorsque le supérieur manifeste du soutien et du respect, les subordonnés répondent par de la loyauté, de l’implication et des comportements de citoyenneté organisationnelle. La supervision abusive représente une violation violente et continue de cette norme de réciprocité. Face à un comportement hostile et unilatéral, l’employé expérimente une rupture du contrat psychologique (psychological contract breach, Rousseau, 1995), ce qui anéantit sa confiance et génère un désengagement émotionnel profond.
2. La théorie de la conservation des ressources (Conservation of Resources Theory – COR)
Développée par Stevan E. Hobfoll (1989), la théorie COR constitue le cadre explicatif majeur des conséquences délétères de la supervision abusive sur la santé mentale. Selon ce modèle, les individus s’efforcent d’acquérir, de préserver et de protéger des ressources précieuses (temps, énergie cognitive, estime de soi, statut, sécurité économique). Un superviseur abusif constitue une menace constante d’épuisement de ces ressources :
- Les subordonnés doivent dépenser une quantité massive d’énergie émotionnelle pour s’adapter aux sautes d’humeur du manager, dissimuler leurs affects négatifs (travail émotionnel) et prévenir les attaques potentielles.
- En les privant de repos, de reconnaissance et de moyens d’action, le supérieur déclenche une « spirale de pertes » de ressources (loss spirals) qui conduit directement à l’épuisement professionnel (burnout) et au sentiment d’impuissance acquise.
3. La théorie des événements affectifs (Affective Events Theory – AET)
Proposée par Weiss et Cropanzano (1996), l’AET indique que les incidents quotidiens au travail déclenchent des réactions émotionnelles immédiates qui, à leur tour, influencent durablement les attitudes (satisfaction, engagement) et les comportements au travail (contre-productivité, démission). Les comportements capturés par l’échelle (ex. : être crié dessus, voir ses mérites volés) agissent comme des événements négatifs majeurs, provoquant des émotions intenses de colère, d’humiliation et d’anxiété qui minent l’équilibre psychologique au jour le jour.
7. Validité / Validity
La validation empirique de l’Échelle de supervision abusive de Sümer et al. (2024) a été réalisée selon une méthodologie rigoureuse, garantissant la validité de contenu, la validité convergente, la validité discriminante et la validité de critère.
Validité de contenu et validité faciale
L’élaboration initiale des items a reposé sur une démarche inductive associant des entretiens de groupe (focus groups) avec des salariés de divers secteurs professionnels et une revue critique des instruments existants. Ce processus a permis de s’assurer que l’intégralité du spectre de la maltraitance managériale moderne (y compris les intrusions numériques et les transgressions éthiques) était fidèlement représentée dans le pool d’items soumis à l’évaluation d’experts en psychométrie.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par l’analyse des corrélations bivariées entre l’échelle AIMSS AS et les échelles de référence préexistantes dans la littérature internationale, notamment l’échelle classique de supervision abusive de Tepper (2000). Les coefficients de corrélation observés étaient très élevés et statistiquement significatifs (r > .75, p < .001), attestant que l’instrument capture avec exactitude le noyau conceptuel de l’abus hiérarchique tout en offrant une couverture comportementale plus exhaustive.
Validité discriminante
Au cœur de l’étude tripartite de Sümer et al. (2024), les auteurs ont testé la distinction empirique entre la supervision abusive, le mobbing (harcèlement moral) et l’incivilité au travail. Bien que ces construits soient positivement corrélés (reflétant une composante commune de déviance organisationnelle), les analyses factorielles confirmatoires multi-facteurs ont démontré qu’un modèle séparant rigoureusement la supervision abusive des autres formes de maltraitance présentait un ajustement significativement supérieur à celui de modèles unifiés ou concurrents. La corrélation inter-construits n’atteignait pas le seuil critique de redondance, confirmant l’autonomie conceptuelle du construit centré sur l’abus de pouvoir formel.
Validité de critère (prédictive et concurrente)
La validité liée aux critères a été établie en examinant les relations prédictives entre les scores de supervision abusive et des variables d’issue organisationnelles majeures :
- Épuisement professionnel (Burnout) : L’échelle montre une corrélation positive robuste avec les sous-dimensions du burnout (notamment l’épuisement émotionnel et la dépersonnalisation/cynisme). Les analyses de régression indiquent que la supervision abusive explique une part significative et unique de variance de l’épuisement au-delà des stresseurs professionnels conventionnels.
- Engagement organisationnel affectif : Les scores sont fortement et négativement corrélés à l’engagement affectif envers l’organisation, confirmant que les salariés maltraités par leur encadrement direct développent un désinvestissement psychologique global vis-à-vis de l’entreprise qui tolère ou ignore ces conduites.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle de supervision abusive a été évaluée à travers l’estimation de la cohérence interne sur de larges échantillons d’employés issus de divers secteurs économiques (services, industrie, secteur public, technologies) :
- Version complète (26 items) : Le coefficient alpha de Cronbach (α) calculé pour l’ensemble des 26 items est de .97. Cette valeur exceptionnellement élevée atteste d’une consistance interne remarquable et d’une très forte homogénéité entre l’ensemble des indicateurs de l’échelle.
- Version abrégée (14 items) : Pour la forme courte, sélectionnée afin de retenir les items présentant les meilleures saturations factorielles et la plus forte couverture thématique, le coefficient alpha de Cronbach est de .95. Cette performance démontre que la réduction de près de la moitié des items n’entraîne aucune déperdition significative de la précision de mesure.
Les analyses de corrélation item-total corrigées révèlent que l’intégralité des items présente des corrélations fortes avec le score global (valeurs systématiquement supérieures à .50, la majorité se situant entre .60 et .80), confirmant qu’aucun item ne dévie de la trajectoire psychométrique commune. L’erreur standard de mesure (SEM) est minime, conférant à cet outil un degré élevé de fidélité applicable tant pour la recherche fondamentale que pour le dépistage individuel en milieu clinique et professionnel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les caractéristiques dimensionnelles de l’Échelle de supervision abusive ont été minutieusement investiguées au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) sur des sous-échantillons indépendants d’adultes au travail en Turquie.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Une analyse en composantes principales (ACP) sans restriction de facteurs a mis en évidence une structure unifactorielle claire et prédominante :
- Le premier facteur initial présentait une valeur propre (eigenvalue) massive, rendant compte à lui seul de 61,9 % de la variance totale des items.
- Le tracé du test du coude (scree plot de Cattell) indiquait une rupture nette après le premier facteur, justifiant le postulat d’unifactorialité.
- Les saturations factorielles (factor loadings) de l’ensemble des 26 items sur ce facteur unique se sont révélées remarquablement homogènes et élevées, oscillant entre .65 et .86.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Pour valider la structure unifactorielle sur un nouvel échantillon tout en prenant en compte la non-normalité multivariée inhérente aux échelles mesurant des conduites déviantes (caractérisées par une forte asymétrie positive, la majorité des répondants rapportant de faibles fréquences d’abus), les auteurs ont appliqué l’estimateur de maximum de vraisemblance robuste avec correction de Satorra-Bentler (SB) :
- Statistique de test : SB χ²(299) = 869,118, p < .001. Bien que le chi-deux soit statistiquement significatif en raison de la sensibilité de cette statistique à la taille importante des échantillons, le ratio χ²/dl s’élève à 2,91, ce qui demeure en dessous du seuil critique couramment admis de 3,00.
- Indices d’ajustement comparatif : L’indice de comparaison ajusté (CFI) est de .892 et l’indice de Tucker-Lewis (TLI) est de .882. Ces valeurs, proches du seuil standard de .90, sont considérées comme très satisfaisantes compte tenu du nombre élevé d’items (26 indicateurs) et de la sévérité de l’estimateur robuste.
- Indices basés sur les résidus : L’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) est de .060, accompagnée d’un intervalle de confiance à 90 % très étroit compris entre [.056 et .065], p < .001. La racine carrée moyenne des résidus standardisés (SRMR) s’établit à .045, bien en deçà du seuil usuel d’excellence fixé à .08.
- Saturations confirmatoires : Les poids factoriels standardisés (λ) de la solution confirmatoire sont tous statistiquement significatifs (p < .001) et s’échelonnent de .47 à .89, confirmant que chaque comportement inventorié contribue puissamment à la mesure de l’entité globale de supervision abusive.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation standardisée (self-report rating scale).
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré, disponible sous forme papier-crayon ou informatisée en ligne.
- Population cible : Adultes en situation d’emploi (âgés de 18 ans et plus), hommes et femmes, exerçant dans toute organisation et soumis à un lien hiérarchique avec un responsable direct.
- Composition :
- Version intégrale : 26 items décrivant des conduites abusives managériales.
- Version courte : 14 items (indiqués par un astérisque dans la liste d’items), spécifiquement optimisés pour les contextes où le temps de passation est limité.
- Amorce standard : Chaque item est obligatoirement précédé de la phrase d’introduction : « Mon supérieur hiérarchique direct… » (en anglais : « My immediate supervisor… »).
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence de type Likert en 5 points :
- 1 = Jamais (Never)
- 2 = Rarement (Rarely)
- 3 = Parfois (Sometimes)
- 4 = Souvent (Often)
- 5 = Presque toujours (Almost always)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Il n’y a aucun item inversé dans cette échelle ; tous les comportements décrits reflètent directement une manifestation hostile.
- Le score global peut être obtenu en calculant la somme brute (allant de 26 à 130 pour la version longue, et de 14 à 70 pour la forme courte) ou, de manière préférentielle en recherche et en pratique psychométrique, par le calcul de la moyenne arithmétique des items complétés (variant de 1,00 à 5,00).
- Un score moyen proche de 1,00 dénote une absence totale de comportements perçus de maltraitance managériale. Un score moyen s’élevant au-dessus de 2,00 signale la présence régulière d’abus de pouvoir, et un score supérieur ou égal à 3,00 caractérise une situation managériale hautement toxique et destructrice exigeant une intervention institutionnelle urgente.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2024.
- Statut des droits d’auteur : L’article scientifique original et les données associées sont publiés sous licence de diffusion académique par Taylor & Francis dans le Journal of Psychology (référencé également sous l’intitulé Middle Western Psychological Research Journal). Les auteurs détiennent la propriété intellectuelle sur l’instrument développé.
- Accès et tarification pour la recherche : L’instrument est mis à disposition à titre gracieux pour les chercheurs académiques, les étudiants de cycles supérieurs et les professionnels dans le cadre exclusif de projets de recherche à but non lucratif et d’enquêtes scientifiques indépendantes.
- Utilisation commerciale et audits en entreprise : Toute utilisation commerciale, intégration dans des plateformes payantes d’évaluation RH ou utilisation dans des prestations de conseil lucratif nécessite l’accord formel préalable des auteurs concepteurs. Pour toute demande de permission d’utilisation, d’adaptation ou de traduction officielle, les intéressés doivent s’adresser directement à l’auteur de correspondance, le Professeur H. Canan Sümer ([email protected]).
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique et théorique de l’échelle :
- Blau, P. M. (1964). Exchange and power in social life. John Wiley & Sons.
- Hobfoll, S. E. (1989). Conservation of resources: A new attempt at conceptualizing stress. American Psychologist, 44(3), 513–524. https://doi.org/10.1037/0003-066X.44.3.513
- Rousseau, D. M. (1995). Psychological contracts in organizations: Understanding written and unwritten agreements. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781452231594
- Sümer, H. C., Göncü-Köse, A., Toker-Gültaş, Y., Acar, F. P., Karanfil, D., & Ok, A. B. (2024). Incivility, mobbing, and abusive supervision: A tripartite scale development study. The Journal of Psychology, 158(6), 428–457. https://doi.org/10.1080/00223980.2024.2321881
- Tepper, B. J. (2000). Consequences of abusive supervision. Academy of Management Journal, 43(2), 178–190. https://doi.org/10.5465/1556375
- Weiss, H. M., & Cropanzano, R. (1996). Affective events theory: A theoretical discussion of the structure, causes and consequences of affective experiences at work. Research in Organizational Behavior, 18, 1–74.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les items originaux de l’Échelle de supervision abusive (AIMSS AS Scale) sont présentés ci-dessous dans leur langue originale d’étalonnage et de validation internationale (anglais). Chaque énoncé doit être précédé de l’amorce commune standardisée. Les items marqués d’un astérisque (*) composent la forme abrégée à 14 items.
Prompt: “My immediate supervisor…”
Rating scale: 1 = Never | 2 = Rarely | 3 = Sometimes | 4 = Often | 5 = Almost always
- Allows subordinates to be victimized for his/her own interests *
- Crushes subordinates with workload *
- Lies to subordinates for his/her own personal benefit
- Looks for the shortcomings of subordinates *
- Does not treat subordinates fairly *
- Puts responsibility for his/her own mistakes on others *
- Acts ruthlessly when subordinates make mistakes
- Uses oppression to make subordinates work *
- Does not keep his/her promises to subordinates
- Cannot stand questioning of his/her authority *
- Interferes with subordinates’ right to take breaks and rest *
- Does not respect subordinates’ privacy *
- Assigns work under his/her responsibility to others *
- Hinders professional development or advancement of subordinates *
- Shouts at and scolds subordinates *
- Does not appreciate any work done
- Puts pressure on subordinates to act against work ethic (e.g., lying, spying)
- Acts against the law in a way that victimizes employees
- Interferes with the personal lives of subordinates
- Makes subordinates’ ideas or work look as if his/her own *
- Forces subordinates to work in a way that jeopardizes their health and safety
- Prevents subordinates from accessing the resources they need for work
- Uses subordinates for his/her own errands *
- Expects subordinates to be available 24/7, even if the work does not require it
- Disturbs subordinates by calling them or sending messages even during non-working hours
- Interferes with subordinates’ preferences concerning their appearance (hair, clothing, etc.)
Note. * = Items included in the 14-item short form.