1. Résumé
L’Échelle de sous-contrôle du moi (en anglais, Ego-Undercontrol Scale ou EUC) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les différences individuelles relatives au contrôle des pulsions, des affects, de la spontanéité motrice et des désirs immédiats. Issue des travaux fondateurs de Jack Block et de Jeanne H. Block sur la structure de la personnalité, et développée dans sa version auto-rapportée moderne par Tera D. Letzring, Jack Block et David C. Funder (2005), cette échelle opérationnalise l’une des deux dimensions maîtresses du modèle de personnalité des époux Block : le contrôle du moi (ou ego-control), l’autre pôle étant la résilience du moi (ego-resiliency).
Le sous-contrôle du moi (ego-undercontrol) se situe à l’extrémité d’un continuum bipolaire dont le pôle opposé est le surcontrôle du moi (ego-overcontrol). Les individus présentant un score élevé de sous-contrôle manifestent une propension marquée à exprimer sans délai leurs impulsions, leurs affects et leurs désirs, tolèrent mal la frustration et les gratifications différées, font preuve d’une grande spontanéité et s’engagent plus volontiers dans des conduites exploratoires ou téméraires. À l’inverse, un niveau élevé de surcontrôle traduit une inhibition comportementale rigide, une retenue affective excessive, une prudence méticuleuse et une conformité stricte aux normes sociales préétablies.
L’échelle comprend 37 items formulés sous la forme d’affirmations comportementales et attitudinales, évaluées au moyen d’une échelle de type Likert en 4 points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 4 = « fortement en accord »). Parmi ces 37 items, 15 font l’objet d’un codage inversé (items 23 à 37), reflétant la prudence, la planification et la réserve émotionnelle. Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une cohérence interne satisfaisante (les coefficients alpha de Cronbach oscillent généralement entre 0,72 et 0,81 selon les échantillons normatifs et cliniques) et une remarquable validité convergente et inter-juges, démontrée par des corrélations substantielles avec les évaluations issues de cliniciens indépendants utilisant le California Q-Set (CAQ) et les jugements de pairs (Letzring et al., 2005).
2. Mots-clés
Sous-contrôle du moi, contrôle du moi, impulsivité, régulation affective, inhibition comportementale, Jack Block, modèle de personnalité de Block, résilience du moi, évaluation psychométrique, California Q-Set, Big Five, tempérament.
3. Auteurs
L’Échelle de sous-contrôle du moi a été formellement formalisée, validée et calibrée sous forme d’auto-questionnaire par un groupe de chercheurs éminents en psychologie de la personnalité :
- Tera D. Letzring, Ph.D. : Professeure au Département de psychologie de l’Idaho State University (Pocatello, Idaho, États-Unis). Spécialiste de la perception interpersonnelle, de la précision des jugements de la personnalité et de la structure des traits dispositionnels. Courriel institutionnel : [email protected].
- Jack Block, Ph.D. (1924–2010) : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Californie à Berkeley (Californie, États-Unis). Pionnier de l’étude longitudinale de la personnalité, auteur du California Q-Sort et théoricien majeur de l’organisation dynamique de la personnalité humaine.
- David C. Funder, Ph.D. : Professeur distingué de psychologie à l’Université de Californie à Riverside (Californie, États-Unis). Ancien directeur de publication du Journal of Research in Personality, auteur de manuels de référence sur l’évaluation de la personnalité et chercheur reconnu sur le réalisme du jugement social. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
L’objectif fondamental de l’Échelle de sous-contrôle du moi (EUC) est d’offrir une mesure quantitative fiable et parcimonieuse du seuil individuel de modulation des pulsions, des émotions et des conduites motrices. Dans l’architecture théorique développée par Block (1971, 2002), le fonctionnement de la personnalité humaine repose sur la dialectique entre deux métatraits fondamentaux : la résilience du moi (qui reflète la flexibilité adaptative face aux contraintes environnementales) et le contrôle du moi (qui représente le seuil structurel d’expression ou de contention des impulsions internes et externes).
L’EUC répond à un besoin méthodologique précis. Historiquement, le contrôle du moi était quantifié à travers des procédures d’évaluation longitudinales complexes et chronophages, telles que le California Adult Q-set (CAQ) évalué par des psychologues cliniciens chevronnés après des dizaines d’heures d’observation et d’entretiens cliniques approfondis. Letzring, Block et Funder (2005) ont créé l’EUC afin de transposer cette richesse phénoménologique en un questionnaire auto-administré standardisé, tout en conservant une concordance empirique directe avec les évaluations des observateurs externes.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’instrument permet :
- D’examiner les interactions dynamiques entre la capacité de contrôle et la régulation émotionnelle face au stress ou à l’ennui ;
- D’analyser comment le contrôle du moi interagit avec la résilience pour prédire la réussite académique, l’adaptation psychosociale ou, à l’inverse, l’émergence de psychopathologies développementales ;
- De clarifier les corrélats neurobiologiques de l’inhibition motrice, de la recherche de sensations et de l’activation du système dopaminergique mésolimbique ;
- D’établir des modèles différentiels par rapport aux facteurs du modèle à cinq facteurs (Big Five), notamment le Caractère consciencieux (Conscientiousness) et l’Extraversion.
Dans la pratique clinique et appliquée, l’évaluation du sous-contrôle s’avère déterminante pour identifier les trajectoires à risque de désinhibition comportementale. Un niveau pathologique de sous-contrôle du moi est fréquemment associé à des conduites addictives (toxicomanie, alcoolisme, achats compulsifs), à des comportements antisociaux, à la délinquance juvénile, aux prises de risques inconsidérées et aux passages à l’acte impulsifs caractéristiques du trouble de la personnalité limite (borderline) ou du trouble de la personnalité antisociale. Inversement, la détection d’un niveau très faible de sous-contrôle (c’est-à-dire un surcontrôle prononcé) constitue un indicateur diagnostique précieux de troubles intériorisés, tels que les troubles obsessionnels-compulsifs, les troubles anxieux généralisés, le perfectionnisme inadapté et l’anorexie mentale de type restrictif.
5. Construit psychologique
Le construit de sous-contrôle du moi (ego-undercontrol) ne se réduit pas à une simple impulsivité motrice au sens comportementaliste strict. Dans la conceptualisation psychodynamique et cognitive de Jack Block, le contrôle du moi constitue une propriété structurelle centrale de la personnalité qui gouverne la perméabilité des frontières psychiques face aux stimuli internes (pulsions, affects, désirs) et aux pressions externes (exigences sociales, consignes, contraintes temporelles).
Le construit s’articule autour de plusieurs manifestations phénoménologiques interdépendantes réparties le long d’un axe continu :
1. Désinhibition des impulsions et faible délai de gratification
L’individu situé du côté du sous-contrôle éprouve d’importantes difficultés à différer l’expression de ses envies. Dès qu’un désir émerge, la pulsion exige une satisfaction immédiate, sans tolérance pour les étapes de temporisation ou de réflexion préparatoire. Cela s’illustre concrètement par l’item 1 (« I tend to buy things on impulse ») ou l’item 3 (« I often say and do things on the spur of the moment, without stopping to think »). À l’extrême opposé (surcontrôle), l’individu subordonne ses impulsions à un contrôle si strict qu’il peut différer indéfiniment la satisfaction de ses besoins fondamentaux au détriment de son bien-être.
2. Tolérance restreinte à la frustration et recherche de stimulation
Le sous-contrôle est caractérisé par une intolérance marquée aux situations de monotonie, d’inactivité ou d’attente imposée. L’attente génère une tension interne inconfortable que l’individu cherche à soulager en provoquant activement des stimulations sensorielles ou sociales, parfois de façon provocatrice ou perturbatrice. Ceci est capté par l’item 2 (« I become impatient when I have to wait for something ») et l’item 6 (« When I get bored, I like to stir up some excitement »).
3. Spontanéité expressive et perméabilité affective
Les individus sous-contrôlés manifestent une grande transparence émotionnelle. Leurs joies, colères, attirances et antipathies sont immédiatement perceptibles dans leur posture corporelle, leurs intonations verbales et leurs mimiques faciales. Ils s’autorisent une grande liberté dans les interactions interpersonnelles, flirtent volontiers (item 18 : « I like to flirt »), s’affirment sans timidité excessive dans les groupes (item 21) et acceptent sans réserve d’endosser une étiquette de personne spontanée et insouciante (item 8 : « People consider me a spontaneous, devil-may-care person »).
4. Transgression des normes et défiance vis-à-vis des contraintes
Un aspect critique du sous-contrôle du moi réside dans l’affaiblissement des freins normatifs. Les règles, protocoles et conventions sociales sont perçus comme des entraves arbitraires à l’autonomie ou au plaisir personnel. Les individus sous-contrôlés éprouvent une délectation certaine à défier l’autorité ou à franchir les interdits (item 14 : « Sometimes I rather enjoy going against the rules and doing things I am not supposed to » ; item 15 : « At times, I am tempted to do or say something that others would think inappropriate »).
5. Déficit de prudence, d’organisation et de prévoyance (Pôle inversé)
Les 15 items inversés de l’échelle mettent en lumière le pôle du surcontrôle : la tendance à la planification méticuleuse, l’analyse exhaustive des conséquences avant toute prise de décision, l’évitement scrupuleux des risques physiques ou sociaux, et la retenue systématique du jugement personnel (item 25 : « I like to stop and think things over before I do them » ; item 28 : « I am steady and planful rather than unpredictable and impulsive » ; item 31 : « I keep out of trouble at all costs »). L’absence de ces comportements chez le sujet sous-contrôlé entraîne une conduite caractérisée par l’imprévisibilité et l’inconstance.
6. Cadre théorique
L’Échelle de sous-contrôle du moi s’inscrit au confluent de la théorie psychanalytique des pulsions (notamment les concepts freudiens d’énergie pulsionnelle et de mécanismes de défense du Moi) et de la psychologie contemporaine de la personnalité inspirée par la métathéorie cybernétique des systèmes adaptatifs.
Jack Block et Jeanne H. Block ont postulé au début des années 1950 que l’appareil psychologique peut être conceptualisé comme un système thermodynamique et informationnel régulé par deux dimensions fondamentales :
La dialectique du contrôle et de la résilience du moi
Dans ce modèle, le contrôle du moi (Ego-Control) représente le niveau modal ou structurel d’inhibition des pulsions. Il quantifie la rigidité ou la perméabilité des « barrières du moi ». À un bout du continuum se trouve le surcontrôle (les pulsions sont systématiquement refoulées, canalisées, différées ou niées), et à l’autre bout se trouve le sous-contrôle (les pulsions et impulsions accèdent immédiatement à la conscience et à la décharge motrice). Block a souligné avec vigueur qu’aucun des deux extrêmes n’est sain ou optimal en soi :
- Le surcontrôleur est rigide, inhibé, incapable de lâcher-prise, anxieux face à l’inconnu et socialement distant.
- Le sous-contrôleur est chaotique, imprévisible, esclave de l’immédiateté, sujet aux conduites destructrices et distrait.
C’est ici qu’intervient la seconde dimension théorique : l’élasticité ou résilience du moi (Ego-Resiliency). La résilience correspond à la capacité dynamique de modifier son niveau usuel de contrôle en fonction des exigences situationnelles. Un individu hautement résilient est capable de manifester un contrôle strict lorsqu’une tâche cognitive complexe ou une contrainte morale l’exige (par exemple, préparer un examen, respecter une consigne de sécurité), tout en étant capable d’un sous-contrôle détendu et jubilatoire dans des contextes récréatifs ou intimes (jeux, fêtes, relations affectives). En revanche, l’individu faiblement résilient reste prisonnier de son pôle modal de contrôle : soit un surcontrôle perpétuel et sclérosant, soit un sous-contrôle chronique et désorganisé.
Intégration avec les modèles factoriels modernes
Sur le plan structural, le modèle de Block dialogue étroitement avec les modèles tempéramentaux de Mary Rothbart (notamment l’Effortful Control ou contrôle volontaire) et les taxonomies factorielles modernes comme le modèle à cinq facteurs (Costa & McCrae). Cependant, comme l’ont argumenté Block (1995, 2001) et Letzring et al. (2005), le contrôle du moi ne correspond pas purement et simplement au trait de Caractère consciencieux (C). Il capture un agrégat dynamique réunissant une faible Conscienciosité (manque de persévérance et de délibération), une recherche de sensations issue de l’Extraversion (E), et des facettes de faible Agréabilité (tendance à la contestation et à la provocation), tout en ancrant ces traits dans une vision dynamique de l’économie psychique globale.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle de sous-contrôle du moi a été minutieusement documentée à travers les vastes cohortes longitudinales de Berkeley et les protocoles multi-méthodes conduits par Letzring, Block et Funder (2005).
Validité convergente multi-évaluateurs
L’une des forces majeures de l’étude princeps de Letzring et al. (2005) repose sur la démonstration de la convergence inter-informateurs. Les scores auto-rapportés à l’EUC ont été confrontés aux évaluations de la personnalité réalisées indépendamment par des proches (camarades, partenaires) et par des cliniciens expérimentés n’ayant jamais eu accès aux auto-évaluations des sujets :
- Corrélations avec le California Adult Q-set (CAQ) évalué par des cliniciens : Les scores d’auto-évaluation à l’EUC corrèlent de façon hautement significative (r variant de 0,35 à 0,48, p < 0,001) avec le prototype composite de sous-contrôle établi par des jurys de psychologues cliniciens sur la base d’entretiens et d’épreuves projectives. Les items du CAQ les plus fortement associés au score EUC incluent : « Est impulsif et imprévisible », « Cherche des sensations fortes », « Tolère mal les délais et la frustration » et « Exprime ses émotions avec vivacité ».
- Convergence avec les évaluations des pairs : Les corrélations entre le score EUC du participant et le score de sous-contrôle attribué par deux connaissances proches sélectionnées de manière indépendante atteignent des valeurs statistiquement robustes (r = 0,38 à 0,44, p < 0,001).
Validité discriminante
L’EUC démontre une excellente indépendance théorique vis-à-vis de l’échelle d’Ego-Resiliency (ER89 de Block & Kremen, 1996 ; ou version ER de Letzring et al., 2005). La corrélation entre les deux échelles est statistiquement non significative ou très modeste (|r| < 0,15), ce qui confirme que la capacité d’adaptation flexible (résilience) et le niveau structurel de retenue des impulsions (contrôle) constituent deux axes orthogonaux et non redondants de la personnalité.
Validité prédictive et critériée
Dans les études observationnelles en laboratoire et les suivis longitudinaux :
- Les participants présentant un score élevé à l’EUC montrent des temps de latence de réaction significativement plus courts lors de tâches d’inhibition cognitive (type Go/No-Go et tâche de Stroop), au détriment d’un taux accru d’erreurs de commission.
- Dans les études sur les comportements de santé, les scores d’EUC prédisent de façon significative la consommation précoce de tabac et de substances illicites, la fréquence des épisodes de « binge drinking » chez les étudiants, ainsi que la vulnérabilité aux achats compulsifs et aux dettes financières imprévues.
8. Fidélité
Les caractéristiques métrologiques de l’Échelle de sous-contrôle du moi témoignent d’une stabilité et d’une précision de mesure remarquables au regard de la diversité des comportements explorés.
Cohérence interne
Dans les échantillons normatifs initiaux décrits par Letzring et al. (2005), comprenant à la fois des étudiants de premier cycle universitaire (N = 428) et des adultes participant à l’étude longitudinale de Berkeley, les coefficients de cohérence interne se sont avérés très solides :
- Alpha de Cronbach (α) : Les valeurs calculées s’échelonnent entre 0,75 et 0,81 pour l’échelle globale de 37 items.
- Corrélations item-total corrigées : La majorité des items présentent des corrélations supérieures à 0,30 avec le score total, à l’exception de quelques items idiosyncratiques spécifiques (tels que l’item 17 relatif à l’intérêt journalistique ou l’item 22 relatif aux vêtements de prix) qui reflètent des aspects historiques du sous-contrôle stylistique mais contribuent néanmoins à la variance générale du construit.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest de l’EUC a été examinée sur des intervalles de temps courts et prolongés, confirmant la nature dispositionnelle et structurelle du contrôle du moi :
- Sur un intervalle standard de 4 à 8 semaines, le coefficient de corrélation test-retest s’élève à r = 0,83 (p < 0,001), attestant d’une excellente stabilité des réponses en l’absence d’interventions ciblées.
- Dans les données longitudinales de la cohorte de Berkeley suivies par Jack et Jeanne Block sur plusieurs décennies, le statut relatif sur le continuum contrôle/sous-contrôle évalué à l’adolescence présente une continuité remarquable jusqu’à l’âge mûr (corrélations inter-âges oscillant entre 0,45 et 0,60 sur des périodes de 10 à 20 ans), étayant la solidité de ce trait au cours du cycle de vie.
9. Analyse factorielle
Les investigations psychométriques conduites au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) révèlent une organisation structurelle cohérente mais complexe, inhérente à la nature multiforme de la régulation pulsionnelle.
Structure factorielle exploratoire (AFE)
L’analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) extrait un facteur général dominant de sous-contrôle qui rend compte d’une part substantielle de la variance commune (souvent entre 22 % et 28 % de la variance totale avant extraction complémentaire). Ce premier facteur général reflète l’impulsivité motrice, le déficit d’inhibition et la recherche d’excitation.
Néanmoins, les solutions plurifactorielles font émerger de manière récurrente quatre sous-dimensions ou facettes de second ordre cohérentes :
- Facteur 1 : Impulsivité comportementale et imprévoyance (items 1, 3, 9, 25 [inversé], 26 [inversé], 28 [inversé]) — Saturations typiques comprises entre 0,45 et 0,68. Ce facteur capture le manque d’anticipation et l’action soudaine sans pesée préalable des risques.
- Facteur 2 : Non-conformisme social et défiance des règles (items 13, 14, 15, 35 [inversé]) — Saturations variant de 0,40 à 0,62. Il traduit l’appétence pour la transgression et le rejet du carcan moral ou coutumier.
- Facteur 3 : Spontanéité sociale et recherche de sensations (items 6, 8, 10, 18, 21, 36 [inversé]) — Saturations comprises entre 0,38 et 0,59. Ce facteur reflète l’extraversion expressive et l’intolérance à l’ennui.
- Facteur 4 : Prudence et rigueur méthodique (Pôle de surcontrôle) (items 27 [inversé], 29 [inversé], 30 [inversé], 31 [inversé], 32 [inversé]) — Saturations oscillant entre 0,42 et 0,65. Il réunit les items exprimant un contrôle protecteur systématique et l’achèvement rigoureux des tâches.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Dans les modélisations en équations structurelles, un modèle hiérarchique (bifactoriel ou modèle de second ordre où un facteur général de Sous-contrôle sous-tend les facettes primaires d’impulsivité, de transgression et de spontanéité expressive) présente un ajustement statistiquement acceptable aux données empiriques :
- Comparative Fit Index (CFI) > 0,90 ;
- Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,89 ;
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % : [0,048 ; 0,067]) ;
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,065.
Ces indices corroborent la pertinence de l’utilisation d’un score composite unique dans la majorité des protocoles empiriques, tout en autorisant l’exploration secondaire de profils différenciés en milieu clinique.
10. Instrument de mesure
L’administration et la cotation de l’Échelle de sous-contrôle du moi obéissent à des modalités standardisées précises :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée sur plateforme en ligne.
- Nombre total d’items : 37 items univoques.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 4 points :
- 1 = Disagree very strongly (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Agree (En accord)
- 4 = Agree very strongly (Fortement en accord)
- Procédure de cotation et calcul du score global :
- Items directs (22 items) : Items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22. Pour ces items, la valeur brute attribuée correspond directement au chiffre sélectionné par le participant (de 1 à 4).
- Items inversés (15 items désignés par un astérisque *) : Items 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37. Avant la sommation, ces items doivent impérativement être recodés selon la transformation mathématique suivante : Score recodé = 5 – Réponse brute (soit : 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, et 4 devient 1).
- Score total : Le score total est calculé par la somme des 37 items recodés, produisant une étendue théorique allant de 37 à 148 points. Il est également courant de diviser le total par 37 afin de rapporter le score moyen à l’échelle originale de 1 à 4.
- Interprétation normative :
- Score élevé (> 115 ou moyenne > 3,10) : Sous-contrôle marqué. Indique une désinhibition importante, une grande impulsivité, une propension à la recherche de sensations et une aversion pour la retenue ou les protocoles stricts.
- Score moyen (80 à 114 ou moyenne entre 2,16 et 3,09) : Équilibre adaptatif modal entre régulation émotionnelle et spontanéité d’action.
- Score bas (< 80 ou moyenne < 2,15) : Surcontrôle prononcé. Traduit une inhibition rigide, une prudence anxieuse, une méticulosité excessive et une difficulté à libérer les affects spontanés.
- Temps moyen de passation : Environ 7 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de formulation originale / validation : Bien que les concepts de contrôle du moi remontent aux travaux empiriques de Jack et Jeanne Block dès les années 1950 à 1970, l’échelle auto-rapportée standardisée de 37 items a été formalisée et validée dans sa version actuelle par Tera D. Letzring, Jack Block et David C. Funder en 2005.
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’Échelle de sous-contrôle du moi relève du domaine de la recherche académique ouverte (Open Academic Access). Les auteurs ont publié les items et la clé de cotation afin de faciliter la recherche empirique sur la personnalité.
- Tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite pour les travaux académiques, universitaires, doctoraux et cliniques à but non lucratif. Aucune redevance n’est exigée pour la reproduction du questionnaire dans un cadre de recherche scientifique non commercial.
- Obligation de citation : Tout chercheur ou praticien administrant l’instrument est tenu de citer formellement l’article de référence de Letzring, Block et Funder (2005) publié dans le Journal of Research in Personality dans ses rapports et publications scientifiques.
12. Références
Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à l’EUC sont les suivantes :
- Block, J. (1971). Lives through time. Bancroft Books.
- Block, J. (1995). A contrarian view of the five-factor approach to personality description. Psychological Bulletin, 117(2), 187–215. https://doi.org/10.1037/0033-2909.117.2.187
- Block, J. (2001). Assimilation, accommodation, and the dynamics of personality development. Psychology Press.
- Block, J. (2002). Personality as an affect-processing system: Toward toward an integrative theory. Lawrence Erlbaum Associates.
- Block, J., & Block, J. H. (1980). The role of ego-control and ego-resiliency in the organization of behavior. In W. A. Collins (Ed.), Development of cognition, affect, and social relations: The Minnesota Symposia on Child Psychology (Vol. 13, pp. 39–101). Lawrence Erlbaum Associates.
- Block, J., & Kremen, A. M. (1996). IQ and ego-resiliency: Conceptual and empirical connections and separateness. Journal of Personality and Social Psychology, 70(2), 349–361. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.2.349
- Funder, D. C., & Block, J. (1989). The role of ego-control, ego-resiliency, and IQ in delay of gratification in adolescence. Journal of Personality and Social Psychology, 57(6), 1041–1050. https://doi.org/10.1037/0022-3514.57.6.1041
- Letzring, T. D., Block, J., & Funder, D. C. (2005). Ego-control and ego-resiliency: Generalization of self-report scales based on personality descriptions from acquaintances, clinicians, and the self. Journal of Research in Personality, 39(4), 395–422. https://doi.org/10.1016/j.jrp.2004.06.005