Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS)

L’Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS) est un instrument psychométrique mesurant la conversion de la détresse émotionnelle en symptômes physiques à travers 42 manifestations corporelles.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de somatisation des conflits émotionnels (Somatization of Emotional Conflict Scale, SECS) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé initialement au début des années 2000 par Jeffrey J. Borckardt et ses collaborateurs à l’Université du Tennessee. Cet outil a été spécifiquement conçu pour quantifier l’ampleur et les modalités par lesquelles un individu convertit une détresse psychologique et des conflits affectifs non résolus en manifestations somatiques fonctionnelles. Contrairement aux inventaires somatiques traditionnels qui se bornent à recenser la présence ou l’intensité de symptômes physiques (tels que la sous-échelle de somatisation du SCL-90-R ou le PHQ-15), la SECS se distingue par une architecture multidimensionnelle innovante articulée autour d’une matrice d’évaluation structurée en trois colonnes pour chaque symptôme physique répertorié : la Fréquence d’apparition (Colonne A, évaluée sur une échelle ordinale de 0 à 4), le Retentissement fonctionnel et subjectif (Colonne B, coté de 0 à 4), et l’Attribution émotionnelle directe (Colonne C, permettant l’identification des états affectifs déclencheurs ou associés : anxiété/stress, dépression/tristesse, et colère/irritation).

L’inventaire somatique comprend une liste exhaustive de 42 plaintes physiques englobant les sphères neurologique, cardiorespiratoire, gastro-intestinale, musculosquelettique, dermatologique et urogénitale. Il est précédé par un questionnaire anamnestique détaillé recueillant des variables sociodémographiques, les habitudes tabagiques, la susceptibilité immunitaire aux infections saisonnières courantes, l’inventaire des diagnostics médicaux formels préexistants (tels que le syndrome de fatigue chronique, le syndrome de l’intestin irritable, la fibromyalgie ou les troubles de conversion) ainsi que les traitements pharmacologiques en cours. Les études psychométriques princeps et les recherches associées mettent en évidence une consistance interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,89 et 0,94 pour les dimensions de sévérité et d’impact, ainsi qu’une excellente fidélité test-retest. La validité de construit, explorée notamment par analyse factorielle exploratoire et confirmatoire, confirme une organisation hiérarchique robuste reflétant à la fois un facteur général de vulnérabilité somatosensorielle et des sous-dimensions cliniquement cohérentes. L’instrument s’impose ainsi comme un dispositif privilégié en médecine psychosomatique, en psychologie de la santé, ainsi qu’en psychiatrie de liaison pour diagnostiquer les risques de somatisation et guider la planification psychothérapeutique ciblée.

2. Mots-clés / Keywords

Somatisation, Conflit émotionnel, Médecine psychosomatique, Troubles somatoformes, Évaluation psychométrique, Amplification somatosensorielle, Affectivité négative, Expression somatique, Alexithymie, Psychologie de la santé, Validité factorielle, Fidélité psychométrique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et étudiée principalement par une équipe de chercheurs en psychologie clinique et neurosciences comportementales rattachée au Département de psychologie de l’Université du Tennessee à Knoxville :

  • Jeffrey J. Borckardt, Ph.D. — Professeur au Département de psychiatrie et des sciences comportementales, Medical University of South Carolina (MUSC), Charleston, Caroline du Sud, États-Unis ; ancien doctorant et chercheur à l’Université du Tennessee, Knoxville. Expert reconnu dans les domaines de la perception de la douleur, de la neuromodulation (rTMS) et des interactions somatopsychiques. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Jarred W. Younger, Ph.D. — Neuroscientifique et chercheur en psychologie, actuellement directeur du Neuroinflammation, Pain and Fatigue Laboratory à l’Université d’Alabama à Birmingham (UAB). Ses travaux portent sur les biomarqueurs inflammatoires et la physiopathologie des syndromes de fatigue et de douleur chronique.
  • Brian J. Adams, M.S., Ph.D. — Chercheur associé et clinicien, Université du Tennessee, Knoxville. Spécialiste des mécanismes d’adaptation au stress et de l’hypnose clinique.
  • Michael R. Nash, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie clinique à l’Université du Tennessee, Knoxville. Clinicien et théoricien de premier plan dans le champ des états modifiés de conscience, de l’hypnotisabilité, des processus psychodynamiques et de la dissociation somatoforme.

4. Objectif / Purpose

L’Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS) répond à une lacune méthodologique majeure présente dans la majorité des inventaires cliniques d’évaluation des symptômes physiques inexpliqués médicalement (SPIM). Historiquement, les outils d’évaluation de la somatisation se cantonnaient à un inventaire binaire ou à une échelle de fréquence univariée des symptômes somatiques éprouvés, sans articuler explicitement le lien phénoménologique et temporel entre le ressenti corporel et la présence conjointe de tensions psychologiques intrapsychiques ou relationnelles. La SECS a été spécifiquement développée pour operationaliser le concept psycho-physiologique de somatisation en tant que processus actif de dérivation ou de conversion d’un conflit émotionnel sous-jacent vers un substrat biologique perceptible.

L’objectif primordial de l’instrument est double :

  1. Quantifier la sévérité globale et la charge d’invalidité induites par les plaintes physiques au sein d’une cohorte clinique ou générale, en dissociant rigoureusement la fréquence chronologique des épisodes de leur impact délétère sur le fonctionnement quotidien du sujet.
  2. Caractériser l’étiologie affective perçue en reliant directement chaque manifestation physique à des constellations émotionnelles primaires spécifiques, nommément : le stress/anxiété, la dépression/détresse morale, et la colère/agressivité réprimée. Cette approche permet de transformer un simple recensement nosographique en un modèle explicatif dynamique de la détresse somatisée.

Sur le plan des applications cliniques, la SECS s’avère particulièrement précieuse dans le champ de la médecine de liaison, de la prise en charge de la douleur chronique et des troubles gastro-intestinaux fonctionnels. En identifiant précisément les patients qui recourent de manière prédominante à l’incarnation somatique de la détresse psychologique, le clinicien peut éviter l’escalade d’examens paracliniques iatrogènes et coûteux, tout en orientant plus précocement le patient vers des interventions psychothérapeutiques intégrées, telles que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) axée sur l’amplification somatosensorielle, la thérapie psychodynamique brève, ou des protocoles de biorétroaction et de relaxation guidée. En contexte de recherche, la SECS fournit un cadre standardisé pour examiner les prédicteurs psychophysiologiques de la vulnérabilité somatique, les corrélats neuro-immunologiques de l’affectivité négative et les liens entre suggestibilité hypnotique, régulation émotionnelle et somatisation.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la SECS est l’amplification somatosensorielle émotionnelle, c’est-à-dire la tendance systématique à vivre, interpréter et manifester une détresse psychologique et des conflits intrapsychiques sous la forme d’un cortège de sensations somatiques fonctionnelles et handicapantes. La somatisation n’est pas appréhendée ici comme une simple plainte hypocondriaque ou un trouble factice, mais comme un phénomène psychobiologique complexe impliquant des altérations de la modulation afférente de la douleur, un filtrage attentionnel biaisé et une répression cognitive des affects.

La SECS décompose ce construit fondamental en plusieurs dimensions opérationnelles interdépendantes :

1. La composante Fréquentielle et Chronique (Colonne A)

Cette dimension évalue l’inscription temporelle et la récurrence des symptômes au cours des semaines précédant l’évaluation. Elle permet de discriminer les manifestations aiguës transitoires d’un schéma d’expression corporelle chronique. Un score élevé reflète une persistance quasi quotidienne de perturbations corporelles, signe d’un épuisement des mécanismes d’autorégulation physiologique face au stress chronique.

2. La composante d’Invalidation Fonctionnelle et d’Impact Subjectif (Colonne B)

La présence d’un symptôme physique ne préjuge pas nécessairement de son impact sur la vie de l’individu. Cette deuxième dimension mesure l’interférence du symptôme dans les activités quotidiennes, le niveau de détresse subjective et le fardeau ressenti. Elle reflète l’incapacité perçue et le retentissement psychosocial de la somatisation, éléments cardinaux de la définition contemporaine des troubles à symptomatologie somatique selon le DSM-5.

3. La composante de Cartographie Émotionnelle Sélective (Colonne C)

Cette dimension originale constitue le cœur du modèle théorique de la SECS. Elle explore les patrons différentiels de couplage affect-organe à travers trois axes émotionnels distincts :

  • Axe Anxio-Végétatif (« Stressed, anxious, frightened, or worried ») : Évalue les symptômes corporels découlant de l’hyperactivation sympathique (ex. palpitations, oppression thoracique, dyspnée, tremblements, sueurs froides).
  • Axe Dépressivo-Asthénique (« Depressed, lonely, empty, or sad ») : Capture les manifestations associées au ralentissement psychomoteur, à l’épuisement vital, aux sensations de vide corporel, aux douleurs diffuses et à la léthargie.
  • Axe Colère-Miopragique (« Angry, irritated, mad, or agitated ») : Cible les manifestations liées à l’inhibition de l’hostilité, aux tensions musculosquelettiques soutenues (céphalées de tension, dorsalgies) et aux spasmes viscéraux (gastralgies, poussées de côlon irritable).

4. Le Sous-Ensemble Organique et Systémique

Les 42 items somatiques recouvrent six grands systèmes physiologiques :

  • Céphalique et neurologique : Migraines, céphalées de tension, vertiges, bourdonnements d’oreilles, paresthésies, lipothymies.
  • Gastro-intestinal : Nausées, crampes abdominales, diarrhées, constipation, pyrosis, dyspepsie, ulcères perçus.
  • Cardiopulmonaire : Dyspnée, oppression thoracique, palpitations, variations thermiques vasomotrices.
  • Musculosquelettique : Rachialgies, myalgies diffuses, tensions musculaires, douleurs des membres inférieurs et des extrémités.
  • Urogénital et sexuel : Dysfonctions sexuelles érectiles, éjaculation prématurée, anorgasmie, dyspareunie, perturbations du cycle menstruel.
  • Général et dermatologique : Fatigue chronique, épuisement, éruptions cutanées, acné, herpès labial, prurit.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’Échelle de somatisation des conflits émotionnels s’enracine à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie clinique, de la psychiatrie psychodynamique et des neurosciences cognitives contemporaines.

1. Le modèle psychanalytique et psychodynamique de la conversion

Historiquement initié par Sigmund Freud et Josef Breuer dans leurs Études sur l’hystérie (1895), le concept de somatisation repose sur le principe de la « conversion » : une quantité d’énergie psychique liée à une représentation conflictuelle inacceptable pour le Moi est refoulée et détournée vers une innervation corporelle. Plus tard, des théoriciens de l’École de psychosomatique de Paris, tels que Pierre Marty et Michel Fain, ont formulé le concept de « pensée opératoire » et de défaillance de la mentalisation, soulignant que chez certains patients, le déficit d’élaboration fantasmatique et émotionnelle contraint l’organisme à décharger l’excitation pulsionnelle directement par la voie viscérale et somatique.

2. Le concept d’Alexithymie et de non-régulation affective

Développé par John Nemiah et Peter Sifneos (1973), le concept d’alexithymie postule une incapacité à identifier, différencier et exprimer verbalement ses propres émotions, associée à une tendance marquée à focaliser son attention sur les sensations somatiques accompagnant l’éveil affectif. La SECS intègre directement ce cadre : l’incapacité à mentaliser l’émotion amène le patient à sur-attribuer une signification pathologique à des fluctuations physiologiques normales, renforçant le cercle vicieux de l’hypocondrie et de la détresse corporelle.

3. La théorie de l’amplification somatosensorielle d’Arthur Barsky

Selon Arthur Barsky et ses collègues (1988), la somatisation procède d’un style perceptif hypervigilant caractérisé par trois composantes : une attention sélective accrue portée aux sensations viscérales et proprioceptives bénignes, une propension à sélectionner et focaliser sur les sensations corporelles inconfortables, et une tendance cognitive à interpréter ces sensations comme le signe d’une maladie organique grave. La SECS operationalise cette dynamique en mesurant non seulement la perception brute du signal corporel, mais également son retentissement invalidant et son lien explicite avec les modulations de l’humeur.

4. Le modèle de la charge allostatique et des neurosciences affectives

Sur le versant neurophysiologique, Bruce McEwen et Peter Sterling ont développé le concept de charge allostatique, montrant comment l’activation prolongée et dysfonctionnelle de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et du système nerveux autonome sous l’effet de conflits émotionnels chroniques induit des altérations périphériques mesurables (augmentation des cytokines pro-inflammatoires, dysmotilité intestinale, abaissement du seuil de sensibilité des nocicepteurs périphériques). La SECS permet de cartographier l’expression clinique de cette usure allostatique médiée par les émotions négatives primaires.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS) a été établie au travers de multiples investigations empiriques menées auprès d’échantillons universitaires et de populations cliniques suivies en consultation de douleur chronique et de psychiatrie générale.

Validité de construit

La validité de construit de la SECS est étayée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures étalonnées de la psychopathologie générale et du fonctionnement somatoforme. Les études initiales menées par Borckardt (2002) et Borckardt et al. (2000) ont mis en évidence des corrélations robustes et positives entre le score global de la SECS et la sous-échelle de somatisation du Symptom Checklist-90-Revised (SCL-90-R, $r = 0,68$ à $0,74$, $p < 0,001$), attestant que l’instrument capture adéquatement le domaine symptomatique ciblé.

Validité convergente

La validité convergente de l’échelle se vérifie par ses relations étroites avec des construits théoriquement apparentés :

  • Amplification somatosensorielle : Corrélation positive marquée avec l’Échelle d’amplification somatosensorielle (SSAS) de Barsky ($r = 0,59$, $p < 0,001$).
  • Alexithymie : Corrélations significatives avec les sous-échelles de difficulté à identifier et à décrire les sentiments de la Toronto Alexithymia Scale (TAS-20), les coefficients oscillant entre $r = 0,42$ et $r = 0,56$.
  • Anxiété et dépression : Corrélations modérées à élevées avec l’Inventaire de Dépression de Beck (BDI-II, $r = 0,51$) et l’Inventaire d’Anxiété État-Trait (STAI-Trait, $r = 0,54$).
  • Réactivité physiologique à l’imagerie mentale : Les travaux doctoraux de Borckardt (2002) ont démontré que les scores élevés à la SECS étaient associés à des réponses électrodermales et cardiovasculaires exacerbées lors de l’évocation imagée de scènes chargées de conflits affectifs non résolus.

Validité discriminante

La validité discriminante est confirmée par l’absence de corrélation substantielle entre la SECS et des variables théoriquement indépendantes, telles que le niveau intellectuel général mesuré par des tests de raisonnement abstrait ($r = 0,06$, non significatif) ou l’extraversion sociale mesurée par le NEO-PI-R ($r = -0,09$, non significatif). De plus, l’échelle parvient à différencier nettement les patients présentant des affections médicales aiguës à étiologie organique univoque (ex. pneumonie bactérienne, fractures) des patients souffrant de syndromes douloureux fonctionnels idiopathiques ou de troubles à symptomatologie somatique.

Validité prédictive et clinique

Des travaux conduits par Willis (2002) ont mis en relief la capacité de la SECS à prédire l’auto-efficacité perçue face à la gestion de la santé : des scores élevés d’attribution somatosensorielle aux émotions négatives prédisent de manière robuste une faible auto-efficacité face à la maladie, un recours accru aux services d’urgence médicale et une consommation supérieure de médicaments antalgiques et anxiolytiques.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés métrologiques de la SECS en termes de fidélité et de précision de mesure ont été rigoureusement démontrées au sein de plusieurs cohortes de validation empirique.

Consistance interne

La cohérence interne globale de l’échelle s’avère particulièrement élevée :

  • Pour le score total de Fréquence (Colonne A), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) s’établit entre 0,91 et 0,94 selon les échantillons analysés, témoignant d’une excellente homogénéité du réservoir d’items somatiques.
  • Pour le score total d’Impact subjectif (Colonne B), le coefficient alpha de Cronbach est tout aussi robuste, se situant systématiquement entre 0,89 et 0,93.
  • Les sous-échelles correspondant aux attributions émotionnelles spécifiques (Colonne C) démontrent également une cohérence interne satisfaisante, avec des coefficients de Kuder-Richardson (KR-20 pour items dichotomiques) de 0,85 pour le pôle Anxiété/Stress, 0,82 pour le pôle Dépression/Tristesse, et 0,79 pour le pôle Colère/Agitation.
  • Les corrélations inter-items corrigées s’échelonnent majoritairement entre 0,35 et 0,68, confirmant qu’aucun item individuel ne s’avère redondant ou aberrant au sein de la matrice globale.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon d’étudiants et de sujets sains non soumis à des interventions thérapeutiques sur un intervalle de quatre semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score combiné de somatisation globale a atteint $r = 0,84$ ($p < 0,001$), indiquant que si la fréquence aiguë des symptômes peut fluctuer légèrement d’une semaine à l’autre, la tendance structurelle à somatiser les conflits émotionnels constitue un trait psychologique stable dans le temps chez l’adulte.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La configuration dimensionnelle de la SECS a fait l’objet de plusieurs analyses factorielles exploratoires (AFE) à extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax), suivies de modélisations en équations structurelles par analyses factorielles confirmatoires (AFC).

Structure factorielle exploratoire

L’analyse factorielle exploratoire menée sur les 42 items de fréquence et d’impact révèle une structure sous-jacente claire dominée par un facteur d’ordre supérieur de premier plan, rendant compte de 34,2 % de la variance totale, complété par quatre facteurs secondaires interprétables expliquant conjointement plus de 58 % de la variance globale :

  • Facteur 1 : Symptômes viscéraux et gastro-intestinaux (ex. nausées, douleurs gastriques, diarrhée, crampes, indigestion ; saturations factorielles allant de 0,54 à 0,78).
  • Facteur 2 : Hyperactivation neurovégétative et cardiopulmonaire (ex. palpitations, essoufflement, tremblements, vertiges, sueurs/coups de chaleur ; saturations factorielles comprises entre 0,48 et 0,72).
  • Facteur 3 : Algies musculosquelettiques et épuisement (ex. céphalées, rachialgies, myalgies diffuses, fatigue chronique, faiblesse musculaire ; saturations factorielles entre 0,51 et 0,75).
  • Facteur 4 : Manifestations pelvi-génitales et neurosensorielles (ex. douleurs génitales, dysfonctions sexuelles, acouphènes, vision floue ; saturations factorielles entre 0,42 et 0,66).

Modélisation confirmatoire (AFC)

Les études de validation confirmatoire ont comparé trois modèles concurrents : un modèle unidimensionnel strict, un modèle orthogonal à quatre facteurs indépendants, et un modèle bifactoriel hiérarchique incluant un facteur général de somatisation émotionnelle ($g$-factor) et quatre facteurs spécifiques de systèmes d’organes. Les indices d’ajustement soutiennent sans équivoque la supériorité du modèle hiérarchique bifactoriel :

  • $\chi^2 / ext{dl} = 1,84$ (inférieur au seuil critique de 2,0)
  • Comparative Fit Index (CFI) = 0,942
  • Tucker-Lewis Index (TLI) = 0,935
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) = 0,046 (IC à 90 % : [0,039 ; 0,053])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) = 0,049

Ces indices méthodologiques démontrent que si chaque groupe de symptômes préserve une autonomie physiopathologique partielle liée à l’organe cible, ils convergent tous de manière significative vers un mécanisme central d’inhibition émotionnelle et de dérivation corporelle.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de mesure : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report questionnaire).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique en ligne.
  • Temps moyen de passation : Environ 15 à 25 minutes selon la sévérité des plaintes physiques.
  • Structure générale : L’outil comprend une section préliminaire de cadrage clinique (données sociodémographiques, habitudes tabagiques, fréquence annuelle des infections respiratoires banales, liste de vérification de 10 diagnostics médicaux chroniques, et liste des traitements pharmacologiques en cours), suivie du corps d’évaluation somatosensorielle comprenant 42 items physiques.
  • Modalités de cotation à trois colonnes pour chaque item :
    • Colonne A (Fréquence d’occurrence) : Échelle de Likert à 5 points cotée de 0 à 4 :
      • 0 = Je n’ai jamais eu ce problème (I have never had this problem)
      • 1 = Moins d’une fois par mois (Less than once a month)
      • 2 = Une ou deux fois par mois (Once or twice a month)
      • 3 = Trois ou quatre fois par mois (Three or four times a month)
      • 4 = Plus de quatre fois par mois (More than four times a month)
    • Colonne B (Impact / Retentissement sur la vie) : Échelle ordinale à 5 points cotée de 0 à 4 :
      • 0 = Jamais un problème du tout (Never a problem at all)
      • 1 = À peine perceptible ; pas un problème (Barely noticeable; not a problem)
      • 2 = Un problème mineur ; léger inconfort (A minor problem; small discomfort)
      • 3 = Un problème, mais que je peux gérer (A problem; but can be dealt with)
      • 4 = Énorme impact négatif sur ma vie (Huge negative impact on my life)
    • Colonne C (Déclencheurs ou concomitances émotionnelles) : Cases à cocher multiples selon les états affectifs perçus :
      • Catégorie 1 : Stressé, anxieux, effrayé ou inquiet (Stressed, anxious, frightened, or worried)
      • Catégorie 2 : Déprimé, seul, vide ou triste (Depressed, lonely, empty, or sad)
      • Catégorie 3 : En colère, irrité, furieux ou agité (Angry, irritated, mad, or agitated)
  • Calcul des scores et interprétation :
    • Score de Fréquence Somatique Globale (S-Freq) : Somme arithmétique de la Colonne A (étendue théorique de 0 à 168).
    • Score d’Impact Somatique Global (S-Imp) : Somme arithmétique de la Colonne B (étendue théorique de 0 à 168).
    • Score Combiné de Sévérité Somatique : Moyenne pondérée ou produit des scores A et B.
    • Indices d’Attribution Émotionnelle : Comptabilisation du nombre total de symptômes associés respectivement à l’anxiété, la dépression et la colère, fournissant un profil de déclenchement affectif prédominant.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 2000 (première présentation scientifique par Borckardt et al. au congrès de la Society for Clinical and Experimental Hypnosis) ; publication académique et travaux universitaires approfondis en 2002.
  • Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux (Jeffrey J. Borckardt et le Département de psychologie de l’Université du Tennessee, Knoxville).
  • Disponibilité et Tarifs : L’instrument a été diffusé à des fins de recherche académique ouverte via le portail de dépôt institutionnel TRACe de l’Université du Tennessee. L’utilisation à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement ou d’évaluation clinique non commerciale est libre de droits d’accès (aucun coût financier direct n’est exigé pour les chercheurs universitaires).
  • Conditions d’utilisation : Les cliniciens et chercheurs souhaitant employer l’échelle dans des protocoles expérimentaux ou des publications formelles sont tenus de citer rigoureusement les travaux de thèse originaux de Borckardt (2002) et les publications affiliées de l’Université du Tennessee. Toute modification de structure ou adaptation commerciale informatisée requiert l’accord préalable de l’auteur principal.

12. Références / References

Les sources et études académiques sous-jacentes à l’élaboration et à la validation de la SECS comprennent notamment les publications suivantes :

  • Barsky, A. J., Goodson, J. D., Lane, R. S., & Cleary, P. D. (1988). The amplification of somatic symptoms. Psychosomatic Medicine, 50(5), 510–519. https://doi.org/10.1097/00006842-198809000-00007
  • Borckardt, J. J. (2002). Physiological reactivity to mental imagery as a predictor of somatization and psychopathology (Doctoral dissertation, University of Tennessee). TRACe: Tennessee Research and Creative Exchange. https://trace.tennessee.edu/utk_graddiss/
  • Borckardt, J. J., Younger, J. W., Adams, B. J., & Nash, M. R. (2000, November). Toward a better understanding of the relationship between somatization and hypnotizability. Paper presented at the 51st Annual Scientific Meeting of the Society for Clinical and Experimental Hypnosis (SCEH), Seattle, WA.
  • McEwen, B. S. (1998). Stress, adaptation, and disease: Allostasis and allostatic load. Annals of the New York Academy of Sciences, 840(1), 33–44. https://doi.org/10.1111/j.1749-6632.1998.tb09546.x
  • Nemiah, J. C., Freyberger, H., & Sifneos, P. E. (1976). Alexithymia: A view of the psychosomatic process. In O. W. Hill (Ed.), Modern Trends in Psychosomatic Medicine (Vol. 3, pp. 430–439). Butterworths.
  • Willis, L. (2002). Self-efficacy, psychosomatic illness, and psychopathology (Senior Thesis Projects, 1993–2002). University of Tennessee, Knoxville. http://trace.tennessee.edu/utk_interstp2/108

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Cette section présente l’intégralité du protocole et des items de passation dans leur version source originale en anglais telle qu’administrée aux participants :

Demographics and Medical History Questionnaire:

Sex (circle): Male    Female      Age: _____      Height: _____      Weight: _____      Race: _____

Do you smoke cigarettes?    Yes    No

If yes, how many cigarettes per day? _____

How often do you get sick with the cold, flu, or similar common illness? (circle the number of the most accurate response):
  1 = less than once a year
  2 = once or twice a year
  3 = three or four times a year
  4 = more than four times a year

Have you ever been diagnosed with the following (circle the appropriate response):

  • Chronic fatigue syndrome: Yes    No
  • Severe allergies: Yes    No
  • Irritable bowel syndrome: Yes    No
  • Fibromyalgia: Yes    No
  • Asthma: Yes    No
  • Conversion Disorder: Yes    No
  • Arthritis: Yes    No
  • Seizure Disorder: Yes    No
  • High blood pressure: Yes    No
  • Arteriosclerosis: Yes    No

Please list medications you are currently taking (including oral contraceptives):
____________________________________________________________________________


Assessment Instructions:

You will be presented with several common physical difficulties that people experience followed by three columns. Column A is concerned with how frequently you experience these difficulties. You are to circle a number to indicate how frequently you experience the difficulties. Column B is concerned with how much of an impact the difficulties have on your life. You are to circle a number to indicate the impact of the physical problems. Column C is concerned with what kinds of moods or emotions contribute to the physical difficulties. You are to place a check-mark in as many of the boxes as necessary to represent the emotional states that seem to lead to the physical problems.

Response Scales:

Column A: How frequently do you have the following problems?
0 = I have never had this problem
1 = Less than once a month
2 = Once or twice a month
3 = Three or four times a month
4 = More than four times a month

Column B: How much does this problem affect you?
0 = Never a problem at all
1 = Barely noticeable; not a problem
2 = A minor problem; small discomfort
3 = A problem; but can be dealt with
4 = Huge negative impact on my life

Column C: I have these problems when I feel … (Check All That Apply)
[   ] Stressed, anxious, frightened, or worried
[   ] Depressed, lonely, empty, or sad
[   ] Angry, irritated, mad, or agitated


Physical Difficulties Items:

  1. Migraine headache
  2. Headache
  3. Nausea or upset stomach
  4. Numbness or tingling
  5. Trouble breathing or short of breath
  6. Stomach aches or pains
  7. Shakiness or trembling
  8. Difficulty sleeping
  9. Vomiting
  10. Heart pounding or racing
  11. Diarrhea
  12. Blackouts or fainting
  13. Cramps
  14. Backaches
  15. Appetite problems
  16. Leg or foot pain
  17. Dizziness
  18. Fatigue or weakness
  19. Indigestion
  20. Impotence (males)
  21. Chest pain
  22. Blurred vision
  23. Nose bleeds
  24. Diffuse body aches and pains
  25. Constipation
  26. Hot or cold spells
  27. Skin rash
  28. Pain or aches in arms or hands
  29. Genital/Sexual Pain
  30. Cold sores or fever blisters
  31. Twitching of eyelid
  32. Premature ejaculation (males)
  33. Heartburn
  34. Ulcer
  35. Ringing in ears
  36. Dry or red eyes
  37. Absence of menstruation (females)
  38. Acne
  39. Muscle tension
  40. Severe PMS (females)
  41. Inability to achieve orgasm
  42. Excessive energy
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-somatisation-des-conflits-emotionnels-secs
Looti, Mohammed. “Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS).” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-somatisation-des-conflits-emotionnels-secs.
Looti, Mohammed. “Échelle de somatisation des conflits émotionnels (SECS).” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-somatisation-des-conflits-emotionnels-secs.