Échelle de Sexualité

L’Échelle de Sexualité (Sexuality Scale – SS), développée par William E. Snell, Jr. et Dennis R. Papini (1989), est un instrument psychométrique mesurant l’estime sexuelle, la dépression sexuelle et la préoccupation sexuelle. Découvrez sa théorie, sa validité, sa fidélité et son protocole complet.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de Sexualité (en anglais, Sexuality Scale [SS]), élaborée par le psychologue William E. Snell, Jr. et Dennis R. Papini en 1989, constitue un instrument d’auto-évaluation psychométrique pionnier conçu pour appréhender la dynamique multidimensionnelle de la sexualité humaine. L’instrument explore spécifiquement trois facettes affectives et cognitives distinctes régissant le comportement sexuel et l’adaptation intime : l’estime sexuelle (sexual esteem), la dépression sexuelle (sexual depression) et la préoccupation sexuelle (sexual preoccupation). Composée originellement de 30 items présentés sous la forme d’affirmations cotées sur une échelle de Likert en 5 points allant de -2 (« pas du tout d’accord » ou « en désaccord ») à +2 (« d’accord »), l’échelle permet de générer des scores différentiels sur chacune de ses sous-dimensions après le recodage des items inversés.

L’analyse factorielle initiale a permis d’isoler trois composantes principales expliquant l’essentiel de la variance commune. Alors que les sous-échelles d’estime sexuelle et de préoccupation sexuelle comptent chacune 10 items (scores oscillant entre -20 et +20), la sous-échelle de dépression sexuelle est constituée de 8 items significatifs (scores oscillant entre -16 et +16), deux énoncés supplémentaires fonctionnant comme items de remplissage (filler items) en raison de saturations factorielles marginales. Sur le plan des qualités métrologiques, l’instrument présente une excellente consistance interne, objectivée par des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,79 et 0,94 selon le genre et les dimensions étudiées, ainsi qu’une stabilité temporelle robuste attestée par des corrélations test-retest oscillant entre 0,67 et 0,76. Utilisée tant en recherche fondamentale qu’en psychologie clinique et en thérapie de couple, l’Échelle de Sexualité fournit un profil individualisé de l’auto-évaluation sexuelle, offrant un éclairage approfondi sur les corrélats affectifs des dysfonctions érotiques, du bien-être conjugal et des schémas cognitifs de soi.

2. Mots-clés

Échelle de Sexualité, estime sexuelle, dépression sexuelle, préoccupation sexuelle, psychométrie, William E. Snell, évaluation sexologique, auto-évaluation, cognition sexuelle, affectivité sexuelle, schémas de soi, santé sexuelle.

3. Auteurs

L’Échelle de Sexualité a été conceptualisée et validée conjointement par :

  • William E. Snell, Jr., Ph.D. : Professeur émérite de psychologie au département de psychologie de la Southeast Missouri State University (Cape Girardeau, Missouri, États-Unis). Chercheur prolifique dans le domaine de la psychologie sociale, de la personnalité et de la sexologie contemporaine, il a consacré une part majeure de ses travaux au développement d’échelles d’évaluation des traits psychosexuels (notamment le Multidimensional Sexuality Questionnaire et le Sexual Awareness Questionnaire).
  • Dennis R. Papini, Ph.D. : Professeur et chercheur affilié au département du développement humain et des études familiales (alors en poste à l’Université de l’Arkansas ou institutions associées lors de la conception), spécialisé dans la dynamique relationnelle, les processus d’attachement chez les jeunes adultes et le fonctionnement psychosocial des couples.

Des travaux complémentaires de validation, de réplication factorielle et de conception de formes abrégées ont ultérieurement été conduits par Michael W. Wiederman et Elizabeth Rice Allgeier (1993) au sein de la Bowling Green State University, ainsi que par Terri D. Fisher et Terry Schuh (1992).

4. Objectif

Le développement de l’Échelle de Sexualité par Snell et Papini (1989) répondait à une lacune conceptuelle et méthodologique majeure dans la littérature sexologique des années 1980. Historiquement, l’investigation empirique de la sexualité humaine s’était principalement focalisée sur les comportements manifestes (fréquence des rapports, nombre de partenaires, pratiques érotiques) ou sur les dysfonctions physiologiques et mécaniques (érection, lubrification, orgasme), à l’instar des travaux biomédicaux inspirés de Masters et Johnson. En revanche, les dimensions subjectives, affectives et cognitives à travers lesquelles les individus évaluent leur propre identité et compétence érotiques demeuraient largement sous-théorisées et dépourvues d’instruments d’évaluation standardisés.

L’objectif premier de la Sexuality Scale est donc de quantifier la perception cognitive et la résonance émotionnelle qu’un individu associe à sa sexualité. Il ne s’agit pas de mesurer un répertoire comportemental objectif, mais bien une disposition intrapsychique structurée autour de trois piliers fondamentaux :

  • Mesurer la confiance, l’auto-efficacité perçue et la valorisation de ses aptitudes érotiques (estime sexuelle).
  • Dépister la détresse psychologique, le sentiment de tristesse, l’auto-dépréciation et le découragement relatifs aux expériences intimes (dépression sexuelle).
  • Évaluer l’absorption attentionnelle, le caractère intrusif ou dominant des pensées érotiques et la focalisation obsessionnelle sur la sexualité (préoccupation sexuelle).

Sur le plan des applications cliniques, l’échelle constitue un outil de choix pour les sexothérapeutes, les psychologues cliniciens et les conseillers conjugaux. Elle permet de diagnostiquer si une dysfonction sexuelle (par exemple, une baisse du désir sexuel hypoactif ou une anorgasmie) est sous-tendue par une dépression sexuelle réactionnelle ou par un déficit marqué de l’estime de soi érotique. Dans le cadre d’interventions thérapeutiques ciblées — telles que les programmes d’entraînement à la consistance orgasmique développés par Hurlbert et al. (1993) —, l’outil sert d’indicateur sensible du changement thérapeutique pré- et post-traitement.

En matière de recherche empirique, la SS facilite l’exploration des divergences interindividuelles et de genre relatives aux schémas sexuels. Elle permet de clarifier les médiateurs psychologiques reliant l’ajustement relationnel, la santé mentale globale, la communication sexuelle dans le couple et les comportements à risque (comme les rapports sexuels non protégés ou la promiscuité compulsive). En fournissant une métrique standardisée, l’Échelle de Sexualité autorise la comparaison de populations cliniques et non cliniques à travers divers contextes culturels et développementaux.

5. Construit psychologique

L’Échelle de Sexualité conceptualise l’expérience psychosexuelle comme un système tripartite interconnecté mais empiriquement dissociable. Chacune des trois dimensions renvoie à un construit psychologique spécifique de la sphère intime :

1. L’estime sexuelle (Sexual Esteem)

L’estime sexuelle est définie par Snell et Papini comme le regard positif qu’un individu porte sur lui-même en tant qu’être sexuel, conjugué à la confiance subjective en sa capacité à vivre et partager une sexualité satisfaisante, épanouissante et mutuellement plaisante. Ce construit est l’équivalent, appliqué au domaine intime, de l’auto-efficacité de Bandura et de l’estime de soi globale de Rosenberg.

Un score élevé d’estime sexuelle caractérise un individu qui s’évalue comme un partenaire compétent, généreux et habile sur le plan érotique, dénué de doutes paralysants quant à sa valeur relationnelle intime. Les items représentatifs de cette sous-échelle incluent des déclarations telles que « I am a good sexual partner » ou « I would rate my sexual skill quite highly ». À l’inverse, un score négatif ou faible reflète une profonde insécurité de performance, la peur du jugement du partenaire et une conviction intime d’insuffisance sexuelle.

2. La dépression sexuelle (Sexual Depression)

La dépression sexuelle renvoie à l’expérience d’affects dysphoriques, d’abattement, de désespoir et de tristesse chronique spécifiquement générés par la vie sexuelle de l’individu ou par son absence. Contrairement à la dépression clinique généralisée, il s’agit d’une détresse affectivo-cognitive sectorisée, focalisée sur les échecs réels ou fantasmés, l’insatisfaction intime et les frustrations relationnelles.

L’individu affichant des niveaux élevés de dépression sexuelle verbalise un sentiment d’impuissance, de découragement et d’amertume face à ses expériences intimes (ex. « I feel down about my sex life », « I feel sad when I think about my sexual experiences »). Ce construit se distingue de la simple anesthésie du désir en ce qu’il comporte une charge émotionnelle aversive aiguë, souvent associée à l’isolement affectif ou à l’usure conjugale.

3. La préoccupation sexuelle (Sexual Preoccupation)

La préoccupation sexuelle désigne la tendance cognitive à penser au sexe de manière disproportionnée, invasive ou quasi constante. Elle traduit un niveau élevé d’absorption de l’attention par des fantasmes érotiques, des scénarios sexuels et un désir d’activité charnelle omnipotent au quotidien.

Ce construit ne doit pas être confondu systématiquement avec une pathologie d’hypersexualité ou d’addiction sexuelle, bien qu’il puisse en constituer une composante cognitive préliminaire. Les individus ayant un score élevé rapportent que la sexualité monopolise leurs rêveries diurnes et oriente prioritairement leurs motivations comportementales (ex. « I think about sex all the time », « I tend to be preoccupied with sex »). Les travaux de Snell et Papini ont montré que la signification psychologique de cette préoccupation varie drastiquement selon le genre et les dimensions associées.

6. Cadre théorique

L’assise théorique de l’Échelle de Sexualité prend racine à la croisée de la théorie cognitive de la personnalité, des modèles de l’auto-efficacité d’Albert Bandura et des concepts de schémas de soi développés par Hazel Markus (1977) et appliqués au domaine sexuel par Cyranowski et Andersen (1998).

Le modèle cognitivo-affectif de soi

Selon cette approche, les individus élaborent au fil de leur socialisation des représentations cognitives internes — des schémas sexuels de soi — qui filtrent, encodent et régulent le traitement des stimuli érotiques et des rétroactions relationnelles. Ces schémas intègrent deux dimensions orthogonales majeures : un pôle positif orienté vers l’approche, le plaisir et l’affirmation de soi (incarné par l’estime sexuelle) et un pôle aversif caractérisé par l’anxiété d’évitement, la vulnérabilité et l’inhibition (incarné par la dépression sexuelle).

L’analogie avec le modèle triadique de Beck

Snell et ses collaborateurs ont établi un parallèle direct entre le modèle cognitif de la dépression d’Aaron Beck et la dépression sexuelle. Selon Beck, la dépression est entretenue par la « triade cognitive » négative (vision pessimiste de soi, du monde et de l’avenir). Dans le champ de la sexualité, la dépression sexuelle opère via une triade spécifique : dévalorisation de ses compétences intimes (soi), perception des partenaires comme critiques ou insatisfaits (l’environnement relationnel), et attente d’échecs érotiques perpétuels (l’avenir). Cette conceptualisation justifiait d’isoler la dépression sexuelle comme entité cognitive mesurable distincte d’un simple affect dépressif global.

Divergences de régulation selon le genre

Le cadre théorique postule également que la socialisation genrée conditionne l’organisation interne de ces affects. Dans la société occidentale, les rôles sexuels traditionnels incitent les hommes à focaliser leur identité masculine sur la prouesse érotique et la fréquence des conquêtes, tandis que la sexualité féminine a longtemps été encadrée par des normes de relationnalité et de réserve affective. Par conséquent, chez l’homme, l’incapacité à concrétiser une préoccupation sexuelle soutenue engendre fréquemment une dépression sexuelle (corrélation positive observée entre préoccupation et dépression chez les sujets masculins). En revanche, chez la femme, une préoccupation sexuelle assumée coïncide davantage avec une attitude positive et émancipée envers le plaisir, se corrélant positivement avec l’estime sexuelle.

7. Validité

La validité psychométrique de l’Échelle de Sexualité a fait l’objet de multiples vérifications empiriques, confirmant sa robustesse tant sur le plan du construit que sur ceux de la validité convergente, discriminante et prédictive.

Validité de construit et corrélations internes

Dans l’étude princeps de Snell et Papini (1989) menée auprès de 296 étudiants universitaires (209 femmes et 87 hommes), les relations inter-échelles ont corroboré les hypothèses théoriques :

  • Une corrélation négative substantielle a été établie entre l’estime sexuelle et la dépression sexuelle, tant chez les femmes que chez les hommes, le lien inverse étant particulièrement marqué dans l’échantillon masculin.
  • Une interaction liée au genre s’est manifestée sur la préoccupation sexuelle : chez les femmes, la préoccupation sexuelle corrélait positivement avec l’estime sexuelle, suggérant que l’intérêt érotique soutenu reflète une acceptation confiante de sa libido. Chez les hommes, la préoccupation sexuelle entretenait une corrélation positive significative avec la dépression sexuelle, indiquant qu’une obsession mentale pour le sexe peut découler d’un sentiment de manque ou d’insatisfaction intime chronique.
  • Sur le plan des comparaisons de moyennes, Snell et Papini (1989) ont relevé que les hommes présentaient des niveaux de préoccupation sexuelle significativement supérieurs à ceux des femmes, sans différence de genre notable sur l’estime ou la dépression sexuelle. En revanche, Wiederman et Allgeier (1993) ont observé que les hommes obtenaient des scores plus élevés à la fois sur l’estime et sur la préoccupation.

Validité convergente et divergente

Snell, Fisher et Schuh (1992) ont administré la SS conjointement avec plusieurs instruments standardisés mesurant l’estime de soi globale, l’anxiété, la dépression générale et des indicateurs de conduites érotiques. Leurs analyses ont mis en évidence :

  • Validité convergente : L’estime sexuelle est corrélée positivement à l’estime de soi globale (échelle de Rosenberg) et au sentiment d’efficacité personnelle, tout en s’associant à une assertivité érotique accrue et à une communication conjugale plus ouverte. La dépression sexuelle montre des corrélations positives modérées avec les échelles de dépression générale (BDI) et d’anxiété sociale, confirmant son inscription dans la sphère de la détresse psychologique.
  • Validité discriminante : Les corrélations entre la dépression sexuelle et la dépression clinique globale ne dépassent pas des niveaux modérés (généralement r < 0,45), démontrant que la SS capture bien une variance propre au domaine intime et ne constitue pas un simple décalque de la détresse affective générale. De surcroît, la préoccupation sexuelle ne présente pas d’association systématique avec l’anxiété générale, témoignant de sa spécificité de contenu.

Validité prédictive et clinique

La validité prédictive a été validée dans des contextes cliniques réels. Hurlbert, White, Powell et Apt (1993) ont employé l’Échelle de Sexualité pour évaluer l’efficacité de protocoles d’entraînement à la consistance orgasmique chez des femmes souffrant de trouble du désir sexuel hypoactif. Les patientes ayant suivi le traitement ont démontré des gains statistiquement significatifs de leur estime sexuelle et une diminution corrélative de leur dépression sexuelle, attestant de la sensibilité de la SS au changement thérapeutique induit.

8. Fidélité

Les propriétés de fidélité de l’Échelle de Sexualité ont été rigoureusement documentées à travers des indices d’homogénéité interne et des procédures de test-retest longitudinales.

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Lors de la cohorte initiale de validation (Snell & Papini, 1989 ; N = 296, âge moyen des femmes = 23,5 ans, âge moyen des hommes = 23,7 ans), les coefficients d’homogénéité calculés ont révélé d’excellents niveaux de cohérence :

  • Sous-échelle d’Estime sexuelle (10 items) :
    • Échantillon féminin : α = 0,92
    • Échantillon masculin : α = 0,93
    • Échantillon global combiné : α = 0,92
  • Sous-échelle de Dépression sexuelle (8 items retenus) :
    • Échantillon féminin : α = 0,88
    • Échantillon masculin : α = 0,94
    • Échantillon global combiné : α = 0,90
  • Sous-échelle de Préoccupation sexuelle (10 items) :
    • Échantillon féminin : α = 0,88
    • Échantillon masculin : α = 0,79
    • Échantillon global combiné : α = 0,88

Les travaux de réplication conduits par Snell, Fisher et Schuh (1992) ont confirmé ces valeurs élevées : l’estime sexuelle a oscillé entre 0,88 et 0,92 ; la dépression sexuelle entre 0,85 et 0,93 ; et la préoccupation sexuelle entre 0,87 et 0,91.

Concernant la forme courte en 15 items développée par Wiederman et Allgeier (1993, 5 items par sous-échelle), les coefficients alpha se sont également avérés exceptionnels : respectivement pour les hommes et les femmes, 0,92 et 0,94 pour l’estime sexuelle, 0,89 et 0,89 pour la dépression sexuelle, et 0,96 et 0,92 pour la préoccupation sexuelle.

Stabilité temporelle (Test-retest)

L’évaluation de la stabilité temporelle par Snell et al. (1992) sur des intervalles de plusieurs semaines a produit des coefficients de corrélation test-retest satisfaisants, attestant que l’instrument capture des traits psychologiques stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères :

  • Estime sexuelle : r compris entre 0,69 et 0,74
  • Dépression sexuelle : r compris entre 0,67 et 0,76
  • Préoccupation sexuelle : r compris entre 0,70 et 0,76

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’Échelle de Sexualité a été examinée à l’origine via une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation orthogonale Varimax vers une structure simple (Snell & Papini, 1989).

Extraction factorielle et variance expliquée

L’analyse a imposé l’extraction de trois facteurs majeurs correspondant aux trois constructions théoriques sous-jacentes :

  • Facteur 1 : Estime sexuelle. Ce facteur a émergé avec une valeur propre (eigenvalue) très élevée de 8,39, expliquant à lui seul 56 % de la variance commune. Les 10 items théoriques d’estime sexuelle ont tous présenté de fortes saturations sur ce facteur, avec des coefficients factoriels s’échelonnant de 0,52 à 0,82 (saturation moyenne de 0,69).
  • Facteur 2 : Préoccupation sexuelle. Ce deuxième facteur affichait une valeur propre de 4,75 et rendait compte de 32 % de la variance commune. L’ensemble des 10 items dédiés à la préoccupation sexuelle a saturé de façon substantielle au-dessus du seuil de 0,41, avec une amplitude de 0,41 à 0,86 (saturation moyenne de 0,65).
  • Facteur 3 : Dépression sexuelle. Ce troisième facteur présentait une valeur propre de 1,88 et expliquait 13 % de la variance commune. Huit des dix items prévus pour cette échelle ont manifesté des saturations robustes comprises entre 0,48 et 0,84 (saturation moyenne de 0,67).

Traitement des items de remplissage (Filler Items)

Un constat psychométrique crucial issu de l’ACP de Snell et Papini concerne deux items originaux initialement conçus pour la sphère affective :

  • Item 11 : « Thinking about sex makes me happy. »
  • Item 14 : « I derive pleasure and enjoyment from sex. »

Ces deux énoncés ont présenté des saturations factorielles inférieures à 0,20 sur le facteur de dépression sexuelle et n’ont pas saturé de manière cohérente sur les autres dimensions. Les auteurs ont donc formellement décidé de les exclure du calcul du score de dépression sexuelle et de les maintenir au sein du protocole en qualité d’items de remplissage (filler items) afin de préserver la neutralité du test.

10. Instrument de mesure

L’Échelle de Sexualité est un auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé facile d’administration.

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
  • Format d’administration : Passation individuelle ou collective, sur feuille de réponse standardisée ou support numérique.
  • Nombre total d’items : 30 items au total (28 items scannés pour la notation + 2 items neutres de remplissage).
  • Durée moyenne de passation : Environ 15 à 20 minutes.
  • Format de réponse (Échelle de Likert en 5 points) :
    • (A) D’accord (Agree) = +2
    • (B) Légèrement d’accord (Slightly agree) = +1
    • (C) Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree) = 0
    • (D) Légèrement en désaccord (Slightly disagree) = -1
    • (E) En désaccord (Disagree) = -2
  • Recodage des items inversés : Les items marqués du symbole (R) doivent faire l’objet d’une inversion de polarité numérique avant sommation : une réponse cotée originellement +2 devient -2, +1 devient -1, 0 reste 0, -1 devient +1, et -2 devient +2 (soit A = -2, B = -1, C = 0, D = +1, E = +2).
  • Calcul des sous-échelles :
    • Estime sexuelle (10 items) : Somme des items 1, 4, 7, 10(R), 13(R), 16, 19(R), 22, 25(R), 28(R). Plage de score possible : de -20 à +20.
    • Dépression sexuelle (8 items) : Somme des items 2, 5(R), 8, 17, 20, 23(R), 26, 29(R). (Items 11 et 14 exclus). Plage de score possible : de -16 à +16.
    • Préoccupation sexuelle (10 items) : Somme des items 3, 6, 9(R), 12, 15, 18, 21(R), 24(R), 27(R), 30(R). Plage de score possible : de -20 à +20.
  • Forme abrégée (Wiederman & Allgeier, 1993) : Version en 15 items comprenant 5 items par sous-échelle :
    • Estime sexuelle : items 1, 4, 16, 19(R), 22.
    • Dépression sexuelle : items 2, 5(R), 8, 17, 23(R).
    • Préoccupation sexuelle : items 3, 6, 12, 15, 18.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de première publication : 1989 dans la revue scientifique à comité de lecture The Journal of Sex Research.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’Échelle de Sexualité relève du domaine de la recherche académique. Elle a été publiée dans son intégralité dans les articles originaux de Snell et Papini (1989) ainsi que dans divers manuels d’évaluation sexologique (ex. Handbook of Sexuality-Related Measures). Les auteurs ont traditionnellement accordé l’autorisation d’utiliser l’instrument à des fins d’enseignement, de recherche scientifique universitaire non commerciale et de pratique clinique sans redevance financière. Toute réutilisation commerciale ou intégration dans des progiciels propriétaires requiert une autorisation écrite auprès des détenteurs des droits ou de l’éditeur de la revue.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit pour les chercheurs académiques et les praticiens dans le cadre d’un usage d’évaluation clinique standard non automatisé.

12. Références

Les publications clés fondant la théorie, la validation et l’application clinique de l’Échelle de Sexualité sont les suivantes :

  • Hurlbert, D. F., White, L. C., Powell, R. D., & Apt, C. (1993). Orgasm consistency training in the treatment of women reporting hypoactive sexual desire: An outcome comparison of women-only groups and couples-only groups. Journal of Behavior Therapy and Experimental Psychiatry, 24(1), 3–13. https://doi.org/10.1016/0005-7916(93)90003-O
  • Markus, H. (1977). Self-schemata and processing information about the self. Journal of Personality and Social Psychology, 35(2), 63–78. https://doi.org/10.1037/0022-3514.35.2.63
  • Snell, W. E., Jr., & Papini, D. R. (1989). The Sexuality Scale: An instrument to measure sexual-esteem, sexual-depression, and sexual-preoccupation. The Journal of Sex Research, 26(2), 256–263. https://doi.org/10.1080/00224498909551510
  • Snell, W. E., Jr., Fisher, T. D., & Schuh, T. (1992). Reliability and validity of the Sexuality Scale: A measure of sexual-esteem, sexual-depression, and sexual-preoccupation. The Journal of Sex Research, 29(2), 261–273. https://doi.org/10.1080/00224499209551646
  • Wiederman, M. W., & Allgeier, E. R. (1993). The measurement of sexual-esteem: Investigation of Snell and Papini’s (1989) Sexuality Scale. Journal of Research in Personality, 27(1), 88–102. https://doi.org/10.1006/jrpe.1993.1006

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions: The statements listed below describe certain attitudes toward human sexuality which different people may have. As such, there are no right or wrong answers, only personal responses. For each item you will be asked to indicate how much you agree or disagree with the statement listed in that item. Use the following scale to provide your responses:

(A) Agree (+2)
(B) Slightly agree (+1)
(C) Neither agree nor disagree (0)
(D) Slightly disagree (-1)
(E) Disagree (-2)
  1. I am a good sexual partner.
  2. I am depressed about the sexual aspects of my life.
  3. I think about sex all the time.
  4. I would rate my sexual skill quite highly.
  5. I feel good about my sexuality. (R)
  6. I think about sex more than anything else.
  7. I am better at sex than most other people.
  8. I am disappointed about the quality of my sex life.
  9. I don’t daydream about sexual situations. (R)
  10. I sometimes have doubts about my sexual competence. (R)
  11. Thinking about sex makes me happy.
  12. I tend to be preoccupied with sex.
  13. I am not very confident in sexual encounters. (R)
  14. I derive pleasure and enjoyment from sex.
  15. I’m constantly thinking about having sex.
  16. I think of myself as a very good sexual partner.
  17. I feel down about my sex life.
  18. I think about sex a great deal of the time.
  19. I would rate myself low as a sexual partner. (R)
  20. I feel unhappy about my sexual relationships.
  21. I seldom think about sex. (R)
  22. I am confident about myself as a sexual partner.
  23. I feel pleased with my sex life. (R)
  24. I hardly ever fantasize about having sex. (R)
  25. I am not very confident about my sexual skill. (R)
  26. I feel sad when I think about my sexual experiences.
  27. I probably think about sex less often than most people. (R)
  28. I sometimes doubt my sexual competence. (R)
  29. I am not discouraged about sex. (R)
  30. I don’t think about sex very often. (R)
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle de Sexualité. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-sexualite
Looti, Mohammed. “Échelle de Sexualité.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-sexualite.
Looti, Mohammed. “Échelle de Sexualité.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-sexualite.