1. Résumé / Abstract
L’Échelle de réponse aux stimuli phobiques (en anglais, Phobic Stimuli Response Scale ou PSRS), développée initialement par Cutshall et Watson (2004), représente un instrument psychométrique auto-rapporté de référence conçu pour cartographier et quantifier avec précision les réactions d’anxiété et d’évitement face à divers déclencheurs environnementaux et interpersonnels. Composé de 46 items évalués sur une échelle de Likert en 4 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 4 = « Fortement d’accord »), le questionnaire évalue les manifestations cognitives, affectives et comportementales de la peur à travers cinq dimensions empiriquement validées : les phobies du sang, des injections et des blessures (Blood-Injection-Injury), les phobies des petits animaux (Small Animal), l’anxiété sociale (Social Phobia), la claustrophobie et l’agoraphobie liées aux espaces clos ou confinés (Agoraphobia/Enclosed Spaces), ainsi que les craintes relatives aux atteintes corporelles, aux intempéries et à la maladie (Bodily Harm/Weather/Illness).
Sur le plan psychométrique, le PSRS démontre des propriétés de fidélité exceptionnelles, caractérisées par une cohérence interne robuste dans l’ensemble de ses sous-échelles, avec des coefficients alpha de Cronbach variant typiquement entre 0,80 et 0,87 dans les cohortes de validation universitaire et clinique. La structure factorielle pentafactorielle a été rigoureusement confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, reflétant fidèlement l’hétérogénéité syndromique reconnue dans les classifications contemporaines du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) concernant les phobies spécifiques et l’anxiété sociale. Les analyses de validité convergente et discriminante confirment que le PSRS corrèle fortement avec des instruments historiques tels que le Fear Questionnaire (FQ) de Marks et Mathews, tout en offrant une meilleure discrimination dimensionnelle grâce à l’élimination des redondances sémantiques et à une calibration optimisée pour la recherche en personnalité et psychopathologie quantitative.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de réponse aux stimuli phobiques, PSRS, phobies spécifiques, anxiété sociale, évaluation psychométrique, peur du sang-injection-blessure, zoophobie, claustrophobie, analyse factorielle, fidélité test-retest, validité de construit, psychopathologie quantitative.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de réponse aux stimuli phobiques a été conceptualisée et validée par les chercheurs en psychologie clinique et différentielle suivants :
- Cora Cutshall, Ph.D. : Département de psychologie, Université de l’Iowa (University of Iowa), Iowa City, Iowa, États-Unis. Spécialiste de l’évaluation des troubles anxieux et des composantes affectives des peurs spécifiques.
- David Watson, Ph.D. : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université de Notre Dame (University of Notre Dame), Indiana, États-Unis, et anciennement titulaire de la chaire de psychologie à l’Université de l’Iowa. Figure internationale de la modélisation quantitative de la personnalité et de la psychopathologie, co-développeur des échelles PANAS (Positive and Negative Affect Schedule) et de l’inventaire IDAS (Expanded Inventory of Depression and Anxiety Symptoms). Courriel institutionnel : [email protected].
- Contributions méthodologiques ultérieures : Michael C. Ashton, Kibeom Lee, Beth A. Visser et Julia A. Pozzebon (2008), affiliés respectivement à l’Université Brock et à l’Université de Calgary (Canada), ont apporté une standardisation additionnelle des normes percentiles et analysé les liens entre le PSRS et les modèles de personnalité à cinq et six facteurs (HEXACO).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental du développement du Phobic Stimuli Response Scale (PSRS) réside dans la nécessité clinique et méthodologique de disposer d’un outil unifié, multidimensionnel et psychométriquement affiné pour évaluer les réactions phobiques humaines. Avant l’introduction de cet instrument, les praticiens et chercheurs s’appuyaient largement sur des outils développés dans les années 1960 et 1970, à l’instar de la Fear Survey Schedule (FSS-III) de Wolpe et Lang ou du Fear Questionnaire (FQ) de Marks et Mathews. Bien que fondateurs, ces instruments présentaient d’importantes lacunes méthodologiques : une couverture factorielle inégale, des saturations croisées substantielles d’items entre la détresse générale et les peurs ciblées, une absence d’items capturant les aspects cognitifs modernes de la menace, ainsi qu’une instabilité des structures factorielles d’un échantillon à l’autre.
Le PSRS a été expressément formulé pour surmonter ces contraintes en adoptant une approche rigoureuse axée sur la psychopathologie quantitative. Son but premier est de différencier avec précision les réactions d’anxiété normales et adaptatives des réponses phobiques cliniquement significatives qui induisent une interférence fonctionnelle ou une souffrance marquée. L’outil évalue conjointement les manifestations cognitives (pensées catastrophiques, anticipations d’impuissance), affectives (dégoût viscéral, terreur panique, malaise) et comportementales (évitement actif, fuite motrice) provoquées par des classes distinctes de stimuli environnementaux.
Sur le plan des applications cliniques, le PSRS remplit trois rôles cardinaux :
- Le dépistage et le diagnostic différentiel : Il permet d’identifier rapidement les patrons de comorbidité phobique, comme la coexistence fréquente mais distincte d’une anxiété sociale et d’une phobie de type agoraphobique ou claustrophobique, orientant ainsi le clinicien vers des protocoles d’exposition ciblés.
- La planification thérapeutique : En fournissant un profil individualisé sous forme de scores standardisés par domaine, il aide à construire des hiérarchies d’exposition in vivo ou en réalité virtuelle adaptées aux déclencheurs spécifiques du patient.
- Le suivi longitudinal de l’efficacité thérapeutique : Utilisé en pré-traitement, post-traitement et lors des séances de suivi, le PSRS mesure l’atténuation de la réactivité émotionnelle et comportementale sous l’effet des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou des interventions pharmacologiques.
Dans le domaine de la recherche, le PSRS constitue un instrument de premier ordre pour disséquer les corrélats neurobiologiques, génétiques et comportementaux des systèmes de peur. Les neurosciences affectives utilisent couramment ses sous-échelles pour contraster les réponses physiologiques (par exemple, la réponse biphasique vagale caractéristique de la phobie du sang comparée à l’hyperactivation sympathique typique des phobies de petits animaux ou de l’anxiété sociale). En outre, en psychologie de la personnalité, il sert de pivot pour analyser l’ancrage structural des peurs spécifiques au sein de dimensions plus larges telles que le névrosisme (stabilité émotionnelle) et l’émotivité du modèle HEXACO.
5. Construit psychologique / Construct
Le PSRS opérationnalise la peur phobique non pas comme un phénomène monolithique ou unidimensionnel, mais comme une constellation de syndromes émotionnels distincts partageant un mécanisme commun d’évaluation erronée de la menace et de disposition à l’évitement. Le modèle sous-jacent repose sur l’identification empirique de cinq facteurs distincts :
1. Peur du sang, des injections et des blessures (Blood-Injection-Injury – BII)
Cette sous-échelle évalue la réactivité aversive face aux procédures médicales invasives, à l’effraction corporelle, à la vue du sang et aux blessures graves. Sur le plan sémiologique, ce construit se distingue nettement des autres peurs par sa signature neurovégétative unique : au lieu d’une activation sympathique soutenue (tachycardie, hypertension), la confrontation aux stimuli de type BII déclenche fréquemment un réflexe vasovagal biphasique marqué par une bradycardie abrupte et une hypotension artérielle pouvant mener à la syncope. Les items de cette dimension explorent la sensation de malaise, de vertige ou de nausée à la vue de coupures profondes, l’angoisse liée aux prises de sang, aux seringues et aux interventions chirurgicales ou dentaires (exemples : « I feel faint when I see deep cuts or open wounds », « Getting an injection or shot causes me great anxiety »).
2. Peur des petits animaux (Small Animal Phobia / Zoophobie)
Ce construit quantifie la terreur, le dégoût et les comportements d’évitement déclenchés par des créatures de petite taille, principalement des invertébrés, des reptiles et des rongeurs (serpents, araignées, chauves-souris, cafards, vers, rats). D’un point de vue évolutif et psychopathologique, cette sous-échelle intègre une forte composante de dégoût moral et tactile (peur de la contamination ou de la texture visqueuse) combinée à la crainte d’une morsure ou d’un mouvement imprévisible (exemples : « Spiders creep me out », « Cockroaches and bugs disgust me », « Touching slimy insects or reptiles makes my skin crawl »).
3. Phobie sociale (Social Phobia / Anxiété d’évaluation sociale)
La dimension sociale du PSRS mesure l’appréhension cognitive et émotionnelle générée par l’observation, l’attention ou le jugement critique d’autrui. Le construit englobe la peur d’agir de façon embarrassante, l’inconfort majeur lors de prises de parole en public, ainsi que le malaise ressenti au milieu de groupes d’inconnus ou en situation de performance observée. Il reflète la préoccupation constante quant à l’évaluation négative et à l’humiliation potentielle (exemples : « I dread speaking in front of an audience », « I feel embarrassed easily in front of other people », « Having someone watch me while I work makes me nervous »).
4. Agoraphobie et espaces clos (Agoraphobia / Enclosed Spaces / Claustrophobie)
Cette sous-échelle cible la peur d’être enfermé, immobilisé ou pris au piège dans des environnements confinés ou bondés d’où une issue rapide semble difficile ou impossible. Le construit capture les angoisses d’asphyxie et de claustrophobie (ascenseurs, petites pièces verrouillées), ainsi que la détresse agoraphobique au sein de foules denses ou de transports collectifs saturés (exemples : « Being locked in a small room terrifies me », « I panic if I think I cannot escape from a building or room », « Being in crowded subways or buses makes me anxious »).
5. Atteintes corporelles, intempéries et maladie (Bodily Harm / Weather / Illness)
Cette composante rassemble les craintes viscérales liées à la vulnérabilité somatique, aux forces environnementales incontrôlables et aux dangers physiques objectifs. Elle intègre l’anxiété face aux catastrophes naturelles (orages violents, tornades, foudre), la terreur des hauteurs (acrophobie), la peur de la noyade en eau profonde, ainsi que l’hypocondrie ou l’angoisse aiguë de développer une affection mortelle soudaine ou de s’étouffer (exemples : « I worry about having a heart attack or sudden illness », « I am terrified of lightning », « Deep, murky water frightens me », « I fear choking on food or pills »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement du PSRS s’enracine à la croisée de trois courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : la théorie de la préparation évolutive, le modèle hiérarchique triparti des émotions et de l’anxiété, et la psychopathologie quantitative de la personnalité.
La théorie de la préparation biologique (Preparedness Theory)
Formulée initialement par Martin Seligman (1971) et enrichie par les travaux expérimentaux d’Öhman et Mineka (2001), la théorie de la préparation évolutive postule que les peurs humaines ne se distribuent pas de manière aléatoire face aux stimuli de l’environnement moderne (les armes à feu ou les prises électriques, par exemple, sont rarement l’objet de phobies spécifiques graves malgré leur dangerosité statistique). L’évolution phylogénétique a plutôt sélectionné des modules neuronaux spécialisés, pré-câblés pour acquérir et maintenir de façon quasi automatique des réactions de fuite ou de défense face à des menaces ancestrales spécifiques : prédateurs et animaux venimeux (serpents, araignées), effraction de l’intégrité cutanée (sang, plaies), exclusion du groupe social (rejet des pairs), éléments climatiques violents (éclairs, tempêtes) ou piégeage spatial réduisant la mobilité face aux prédateurs. Le PSRS cartographie ces sous-systèmes fonctionnels distincts issus de la sélection adaptative.
Le modèle tripartite et structural de Clark et Watson
Au niveau de la structure affective, Cutshall et Watson ont adossé la conception du PSRS au modèle hiérarchique de la détresse émotionnelle (Clark & Watson, 1991 ; Watson, 2005). Selon cette conceptualisation, les troubles anxieux et dépressifs partagent un vaste facteur de premier ordre d’ordre supérieur : l’affectivité négative ou le tempérament de névrosisme (Negative Emotionality / Neuroticism). Cependant, la singularité de chaque trouble phobique réside dans ses facteurs de bas niveau ou spécifiques. Alors que la détresse généralisée génère une morosité diffuse, les phobies spécifiques s’articulent autour d’une hyperexcitabilité du système de peur phasique (associé à l’amygdale cérébrale). Le PSRS a été spécifiquement calibré pour isoler ces variances uniques, évitant que les items ne s’effondrent sous le poids d’un facteur général d’humeur dépressive ou de plainte somatique diffuse.
Modèles dimensionnels de la personnalité (Five-Factor Model et HEXACO)
Des travaux empiriques approfondis, notamment ceux menés par Ashton, Lee, Visser et Pozzebon (2008), ont ancré la structure du PSRS dans la théorie structurelle de la personnalité. Ces auteurs ont mis en évidence que si la plupart des sous-échelles du PSRS corrèlent modérément avec le Névrosisme du modèle en cinq facteurs (Big Five), elles s’articulent de manière encore plus nette et différentielle avec les facettes de l’« Émotivité » (Emotionality) du modèle à six facteurs HEXACO, plus spécifiquement avec les sous-facettes de « Vulnérabilité » et de « Crainte du danger physique » (Fearfulness). Cette convergence confirme que les tendances phobiques évaluées par le PSRS constituent des phénotypes comportementaux stables, façonnés par des prédispositions tempéramentales endogènes.
7. Validité / Validity
L’évaluation des qualités métrologiques du PSRS a fait l’objet de multiples investigations rigoureuses sur des cohortes d’étudiants, d’adultes de la population générale et de populations cliniques.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée en corrélant les sous-échelles du PSRS avec des échelles préexistantes validées. Dans l’étude inaugurale de Cutshall et Watson (2004), la sous-échelle Blood-Injection-Injury (BII) a présenté des corrélations très élevées ($r = 0,72$ à $0,78$, $p < 0,001$) avec l'échelle correspondante du Fear Questionnaire (FQ-Blood/Injury) et la Mutilation Questionnaire (MQ). De même, la sous-échelle Social Phobia du PSRS corrèle vigoureusement ($r = 0,68$ à $0,74$) avec la Social Avoidance and Distress Scale (SADS) et l’inventaire Social Phobia Scale (SPS) de Mattick et Clarke, confirmant que le construit théorique ciblé est mesuré avec une sensibilité optimale.
Validité discriminante
La validité discriminante du PSRS s’illustre par sa capacité à dissocier les diverses catégories de peurs entre elles, ainsi qu’à distinguer les peurs phobiques ciblées des symptômes de dépression majeure ou d’anxiété généralisée. Les corrélations inter-facteurs au sein du PSRS sont modérées (variant généralement de $r = 0,25$ à $0,45$), ce qui atteste que les individus présentant une phobie animale aiguë ne présentent pas nécessairement une anxiété sociale ou une claustrophobie, confirmant l’indépendance fonctionnelle des dimensions. De surcroît, les corrélations entre les sous-échelles animales ou BII et les mesures de dépression pure (comme le BDI-II ou l’échelle d’anhédonie de l’IDAS) sont très faibles ($r < 0,18$), écartant ainsi tout biais de contamination par la détresse affective générale.
Validité différentielle et critérielle
Les investigations psychophysiologiques corroborent la validité critérielle de l’instrument : les participants obtenant des scores élevés à la sous-échelle BII manifestent lors de tâches de provocation visuelle in vitro (projection de scènes de chirurgie ou d’amputation) une réponse hémodynamique typique (chute tensionnelle et bradycardie), alors que les participants ayant des scores élevés à la sous-échelle des petits animaux réagissent par une élévation abrupte de la conductance cutanée et une tachycardie d’alerte, soulignant la pertinence biologique des distinctions opérées par le PSRS.
8. Fidélité / Reliability
Les paramètres de fidélité du PSRS attestent d’une très forte précision de mesure à travers l’ensemble des études publiées.
Cohérence interne (Consistance interne)
Dans l’échantillon princeps de validation (Cutshall & Watson, 2004), les coefficients alpha de Cronbach ($lpha$) des cinq sous-échelles ont systématiquement dépassé le seuil conventionnel d’excellence de 0,80, s’échelonnant comme suit :
- Blood-Injection-Injury : $lpha = 0,86$ à $0,87$
- Small Animal : $lpha = 0,84$ à $0,86$
- Social Phobia : $lpha = 0,85$ à $0,87$
- Agoraphobia/Enclosed Spaces : $lpha = 0,81$ à $0,84$
- Bodily Harm/Weather/Illness : $lpha = 0,80$ à $0,83$
Dans l’étude indépendante de réplication conduite par Ashton et collaborateurs (2008) auprès de 248 participants, des valeurs d’homogénéité similaires ont été documentées, les coefficients oméga de McDonald ($\omega$) confirmant que la variance des scores composites est quasi intégralement attribuable aux traits latents respectifs.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée sur des intervalles de temps allant de 4 à 8 semaines chez des sujets non soumis à une psychothérapie active. Les coefficients de corrélation test-retest ($r_{tt}$) oscillent entre $0,79$ et $0,88$, attestant que les peurs phobiques évaluées par le PSRS représentent des caractéristiques individuelles dispositionnelles particulièrement stables dans le temps en l’absence d’intervention ciblée.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle du PSRS a été établie par une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et modélisation par équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Structure exploratoire initiale
Lors de la phase de conception, Cutshall et Watson ont soumis un pool initial étendu d’items descriptifs de peurs à une extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax), en accord avec l’hypothèse de corrélations naturelles entre différentes phobies. L’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) et le critère de l’analyse parallèle de Horn ont convergé sans équivoque vers une solution à cinq facteurs majeurs, expliquant ensemble plus de 54 % de la variance totale des scores. Les 46 items finaux ont été conservés sur la base de critères psychométriques stricts : chaque item présente une saturation factorielle principale primaire élevée ($lambda ge 0,45$) sur son facteur théorique cible, et une saturation croisée négligeable ($lambda < 0,25$) sur les autres composantes.
Modélisation confirmatoire (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires conduites dans des cohortes indépendantes ont testé plusieurs modèles concurrents : un modèle unidimensionnel (tous les items sous-tendus par un facteur général de peur), un modèle à trois facteurs (fusionnant les peurs physiques, environnementales et animales) et le modèle cible à cinq facteurs corrélés. Les indices d’adéquation ont démontré la supériorité éclatante de la solution pentafactorielle :
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $0,92$ à $0,94$
- Comparative Fit Index (CFI) : $0,93$ à $0,95$
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : $0,046$ ($IC_{90%} [0,041 – 0,051]$), confirmant une excellente adéquation aux données empiriques.
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : $0,051$.
Ces données confirment sans ambiguïté que les dimensions phobiques capturées par le PSRS sont distinctes mais interdépendantes, respectant la taxonomie contemporaine des troubles anxieux.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle de réponse aux stimuli phobiques (Phobic Stimuli Response Scale – PSRS)
- Type de passation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration informatisée/en ligne).
- Population cible : Adultes et grands adolescents (à partir de 16-17 ans). Utilisable en recherche épidémiologique, en psychologie de la personnalité et en milieu clinique psychiatrique.
- Nombre total d’items : 46 énoncés affirmatifs courts.
- Échelle de réponse (Format Likert obligatoire) : Échelle ordinale en 4 points cotée comme suit :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = D’accord (Agree)
- 4 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
- Règles d’inversion des items : Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct de la peur ou de l’évitement).
- Calcul des scores par sous-échelle : Les scores bruts sont calculés par simple sommation arithmétique des items assignés à chaque dimension, ou par le calcul d’une moyenne d’items (score brut divisé par le nombre d’items de la sous-échelle, donnant un score moyen variant de 1,0 à 4,0) :
- Blood-Injection-Injury (BII) : Somme des items 2, 7, 13, 16, 19, 25, 28, 35, 39, 45.
- Small Animal : Somme des items 1, 4, 12, 15, 21, 27, 32, 41.
- Social Phobia : Somme des items 3, 6, 14, 18, 23, 29, 34, 38, 44.
- Agoraphobia / Enclosed Spaces : Somme des items 8, 9, 11, 20, 24, 26, 31, 42.
- Bodily Harm / Weather / Illness : Somme des items 5, 10, 17, 22, 30, 33, 36, 37, 40, 43, 46.
- Interprétation normative :
- Scores moyens < 2,0 : Réactivité phobique faible ou négligeable, absence d’interférence clinique.
- Scores moyens entre 2,0 et 2,75 : Peur normative modérée, réaction adaptative courante sans retentissement fonctionnel majeur.
- Scores moyens > 2,75 (ou percentiles > 75 selon les normes d’Ashton et al., 2008) : Intensité phobique cliniquement significative, justifiant une exploration approfondie d’un diagnostic de phobie spécifique ou d’anxiété sociale au sens du DSM-5.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2004.
- Statut du droit d’auteur : L’article fondateur et les items ont été publiés par Elsevier Ltd. au sein de la revue Behaviour Research and Therapy. Les auteurs (C. Cutshall et D. Watson) détiennent la paternité intellectuelle de l’échelle.
- Conditions d’utilisation et tarification : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et d’enseignement non commercial. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et administrer les items sous réserve de citer explicitement la publication originale de Cutshall et Watson (2004). Pour toute exploitation commerciale, intégration dans un logiciel propriétaire ou utilisation dans le cadre d’essais cliniques parrainés par l’industrie pharmaceutique, une autorisation formelle auprès de l’éditeur (Elsevier) ou des détenteurs des droits est requise.
12. Références / References
- Ashton, M. C., Lee, K., Visser, B. A., & Pozzebon, J. A. (2008). Phobic tendency within the five-factor and HEXACO models of personality structure. Journal of Research in Personality, 42(3), 734–746. https://doi.org/10.1016/j.jrp.2007.10.001
- Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
- Cutshall, C., & Watson, D. (2004). The Phobic Stimuli Response Scales: A new self-report measure of fear. Behaviour Research and Therapy, 42(10), 1193–1201. https://doi.org/10.1016/j.brat.2003.08.003
- Marks, I. M., & Mathews, A. M. (1979). Brief self-rating for phobic patients. Behaviour Research and Therapy, 17(3), 263–267. https://doi.org/10.1016/0005-7967(79)90041-X
- Öhman, A., & Mineka, S. (2001). Fears, phobias, and preparedness: Toward an evolved module of fear and fear learning. Psychological Review, 108(3), 483–522. https://doi.org/10.1037/0033-295X.108.3.483
- Seligman, M. E. (1971). Phobias and preparedness. Behavior Therapy, 2(3), 307–320. https://doi.org/10.1016/S0005-7894(71)80064-3
- Watson, D. (2005). Rethinking the mood and anxiety disorders: A quantitative hierarchical model for DSM-V. Journal of Abnormal Psychology, 114(4), 522–536. https://doi.org/10.1037/0021-843X.114.4.522
- Wolpe, J., & Lang, P. J. (1964). A fear survey schedule for use in behaviour therapy. Behaviour Research and Therapy, 2(1), 27–30. https://doi.org/10.1016/0005-7967(64)90051-8
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
4-point Likert scale: 1 = Strongly Disagree, 2 = Disagree, 3 = Agree, 4 = Strongly Agree
- I do not like worms.
- I turn away from the sight of blood.
- I do not like to have people watch me eat.
- Rats and mice really bother me.
- I get nervous and uneasy during thunderstorms.
- I often am afraid of looking foolish.
- Watching gory movies makes me queasy.
- I hate the feeling of being trapped in the middle of a big crowd.
- I am very afraid of suffocating.
- I often worry about natural disasters such as tornadoes and hurricanes.
- I dislike enclosed spaces such as elevators.
- I avoid snakes.
- I am frightened by the thought of dental surgery.
- I feel uncomfortable in social gatherings where I don’t know many people.
- Spiders creep me out.
- Getting an injection or shot causes me great anxiety.
- Being on a high ledge makes me panic.
- I avoid public speaking whenever possible.
- I feel faint when I see deep cuts or open wounds.
- Traveling by airplane makes me anxious.
- Cockroaches and bugs disgust me.
- I worry about having a heart attack or sudden illness.
- I dread speaking in front of an audience.
- Being locked in a small room terrifies me.
- Medical procedures make me feel weak or lightheaded.
- I do not like crossing high bridges.
- I am afraid of stray or aggressive dogs.
- Going to the doctor for blood tests makes me very uneasy.
- I am very self-conscious when meeting new people.
- Walking along dark alleys or lonely streets frightens me.
- I panic if I think I cannot escape from a building or room.
- Bats make me feel very uncomfortable.
- I dislike looking down from tall buildings.
- I feel embarrassed easily in front of other people.
- I avoid situations where I might see a syringe or needle.
- I am terrified of lightning.
- I worry about getting lost in an unfamiliar place.
- Having someone watch me while I work makes me nervous.
- Seeing an accident scene with injured people makes me sick.
- Deep, murky water frightens me.
- Touching slimy insects or reptiles makes my skin crawl.
- Being in crowded subways or buses makes me anxious.
- I fear choking on food or pills.
- Public performances or presentations cause me intense dread.
- Visiting a hospital makes me feel anxious or faint.
- Being high up on a ladder or roof scares me.