1. Résumé
L’Échelle de religion (connue dans la littérature internationale sous l’appellation Bardis Religion Scale) a été conçue et standardisée par le sociologue Panos Demetrios Bardis en 1961 au sein de l’Université de Toledo. Cet instrument psychométrique unidimensionnel a pour vocation première d’évaluer l’intensité globale des attitudes individuelles à l’égard des croyances, des dogmes et des pratiques cultuelles religieuses traditionnelles. L’outil repose sur une conceptualisation tripartite de la religiosité qui intègre : (1) les représentations cognitives et théologiques relatives à la divinité, (2) les doctrines prescriptives encadrant la relation contractuelle entre l’humanité et le divin, et (3) les conduites concrètes orientées vers l’accomplissement des attentes divines en vue d’obtenir des récompenses spirituelles et d’éviter les sanctions escatologiques.
L’instrument se compose de 25 items formulés sous forme d’affirmations normatives et dévotionnelles. Chaque participant évalue son degré d’adhésion sur une échelle de Likert en cinq points, allant de 0 (« fortement en désaccord ») à 4 (« fortement d’accord »). Le protocole de cotation se caractérise par une sommation directe sans inversion de scores, produisant une échelle continue comprise entre 0 et 100 points, où les scores les plus élevés dénotent un haut niveau d’engagement et de conformisme religieux conventionnel.
Sur le plan psychométrique, l’échelle a démontré une excellente consistance interne et une très bonne stabilité à travers une grande variété de cohortes socioculturelles. Les coefficients de fidélité par la méthode du partage (split-half), ajustés par la formule de Spearman-Brown, oscillent généralement entre 0,73 chez des populations agnostiques et 0,98 au sein d’échantillons universitaires étendus. La validité de construit a été rigoureusement attestée par la méthode des groupes contrastés, révélant des écarts hautement significatifs entre les populations agnostiques (moyennes comprises entre 10,81 et 11,93) et les groupes confessionnels actifs tels que les fidèles orthodoxes grecs (M = 68,73), les étudiants en théologie méthodiste (M = 68,83) ou les fidèles catholiques (M = 79,11). L’outil demeure une référence historique majeure en sociologie des religions et en psychologie sociale des croyances.
2. Mots-clés
Échelle de religion, Panos Bardis, psychométrie, religiosité, attitudes religieuses, croyances dogmatiques, comportement cultuel, sociologie religieuse, validité de construit, consistance interne.
3. Auteurs
L’échelle a été conceptualisée et développée par le professeur Panos Demetrios Bardis (1921–1996), éminent sociologue d’origine grecque naturalisé américain, qui a exercé pendant plusieurs décennies en tant que professeur de sociologie à l’Université de Toledo (Ohio, États-Unis). Bardis a également occupé les fonctions de rédacteur en chef de la revue académique internationale Social Science (ultérieurement renommée International Social Science Review) et de membre éminent de l’association internationale Pi Gamma Mu. Ses travaux pionniers ont porté sur la mesure quantitative des structures familiales, de la moralité sexuelle, des attitudes idéologiques et des phénomènes religieux.
Affiliation institutionnelle historique : Département de Sociologie et d’Anthropologie, Université de Toledo, Toledo, Ohio, États-Unis d’Amérique. Les archives scientifiques et la correspondance institutionnelle relative aux travaux du Pr Bardis sont conservées auprès des collections spéciales des bibliothèques universitaires de l’Université de Toledo.
4. Objectif
L’objectif principal de l’Échelle de religion de Bardis est de fournir aux chercheurs en sciences sociales, aux psychologues et aux sociologues une mesure standardisée, robuste et simple d’application permettant de quantifier l’intensité des attitudes envers les croyances et les observances religieuses au sein de contextes d’enquêtes générales ou transversales. Durant les décennies d’après-guerre, la recherche sociologique déplorait l’absence d’instruments standardisés d’attitude religieuse qui soient à la fois suffisamment concis pour être insérés dans des batteries d’enquêtes sociodémographiques lourdes, et suffisamment discriminants pour capter des nuances théologiques et comportementales fines.
Dans les applications de recherche fondamentale, l’instrument permet d’étudier l’interaction complexe entre la religiosité individuelle et de nombreuses variables psychosociales telles que l’autoritarisme, le conservatisme politique, l’ajustement marital, la tolérance à la déviance, l’intégration communautaire et le bien-être subjectif. L’échelle est conçue pour dépasser la simple mesure binaire d’appartenance confessionnelle (ex. catholique, protestant, juif, sans religion) ou la déclaration brute de la fréquence de fréquentation des lieux de culte, qui masquent fréquemment des divergences majeures dans l’adhésion doctrinale intérieure et la prégnance morale de la foi au quotidien.
En contexte clinique, d’orientation familiale ou de conseil matrimonial, l’échelle peut servir d’outil diagnostique complémentaire pour explorer l’accord axiologique et religieux au sein des couples ou des systèmes familiaux. Les divergences profondes de religiosité constituent souvent un prédicteur de tensions interpersonnelles lors de choix d’éducation des enfants, de gestion budgétaire ou de rituels de transition de vie. Enfin, sur le plan de la justification théorique, l’outil s’ancre dans le paradigme des attitudes sociales en tant que prédispositions acquises et stables à réagir de manière favorable ou défavorable envers une institution sociale centrale : la religion organisée.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par Bardis est la religiosité conventionnelle ou l’attitude envers la religion instituée. Bardis a circonscrit ce construit à travers une articulation tripartite :
1. Les représentations relatives à la divinité (Composante cognitive et théologique)
Cette composante englobe les croyances de base concernant l’existence, la nature et les attributs de Dieu. Elle interroge la certitude intérieure quant à la présence divine ordonnatrice du monde et de l’existence humaine. Des items emblématiques illustrent cet axe, notamment l’affirmation selon laquelle la croyance en Dieu confère un sens supérieur à l’existence (« Belief in God makes life more meaningful ») ou l’affirmation théologique universaliste stipulant que tous les êtres humains sont les enfants de Dieu (« All people are God’s children »). Cette dimension capture le socle ontologique sur lequel s’érige la vision religieuse du monde.
2. Les doctrines régissant les relations entre l’humanité et le divin (Composante prescriptive et éthique)
Cette sous-dimension renvoie au cadre moral, légaliste et spirituel qui structure les devoirs des individus envers Dieu et envers autrui. Elle postule l’existence d’une transcendance législatrice et de rétributions divines. Cela se reflète dans les items portant sur la persistance absolue de la moralité à travers le temps (« What is moral today will always be moral »), la doctrine de l’amour inconditionnel des ennemis en tant qu’impératif divin (« We should always love our enemies »), ainsi que la croyance eschatologique en l’au-delà (« There is life after death »). La conviction que Dieu intervient dans la destinée humaine par la prière (« Prayer can solve many problems ») relève également de cette articulation normative.
3. Les comportements institutionnels et dévotionnels (Composante conative et rituelle)
La troisième composante mesure la disposition à exécuter des conduites formelles prescrites par la religion organisée, destinées à satisfaire les attentes de Dieu, à rechercher des récompenses spirituelles et à éviter des sanctions futures. Les conduites ciblées incluent : la participation liturgique hebdomadaire (« People should attend church once a week if possible »), l’obligation de la dîme financière (« Every person should give 10 percent of his income to his church »), l’assiduité à la prière quotidienne (« People should pray at least once a day »), la bénédiction des repas (« People should say grace at all meals »), la lecture régulière des Textes sacrés, et le prosélytisme scripturaire. L’institutionnalisation s’étend aussi à la sphère éducative et communautaire, soutenant l’enseignement confessionnel à l’école et la consultation du clergé lors d’engagements matrimoniaux.
6. Cadre théorique
L’échelle de Bardis s’inscrit au carrefour de la sociologie classique des religions et des premières formalisations de la psychologie sociale des attitudes initiées par Gordon Allport, Louis Leon Thurstone et Rensis Likert. Au début des années 1960, la psychologie religieuse était dominée par les efforts de classification fonctionnelle des croyances. Bien que l’instrument de Bardis ait été formulé avant la formalisation définitive de la dichotomie d’Allport et Ross (1967) entre orientation religieuse intrinsèque (la religion comme fin ultime et principe directeur de vie) et orientation religieuse extrinsèque (la religion comme moyen au service d’objectifs sociaux, de statut ou de confort psychologique), il intègre de manière implicite ces deux facettes.
Sur le plan sociologique, le cadre s’appuie sur la théorie de la socialisation religieuse d’Émile Durkheim, qui concevait la religion comme un système solidaire de croyances et de pratiques unissant ses adhérents en une communauté morale commune (l’Église). L’échelle de Bardis opérationnalise la force de l’intégration normative à cette communauté : un score élevé indique une pleine intériorisation des normes institutionnelles du groupe confessionnel dominant, alors qu’un score faible dénote une désaffiliation culturelle, un laïcisme militant ou un agnosticisme sceptique.
De surcroît, l’outil s’inspire du modèle de la psychométrie attitudinale de Likert (1932), reposant sur le postulat qu’une attitude est une variable latente continue qu’il est possible d’estimer avec précision par la sommation de jugements évaluatifs polarisés. Bardis adopte une vision universaliste de la religiosité théiste occidentale (judéo-chrétienne), cherchant des postulats communs par-delà les divergences dogmatiques particulières : croyance en une divinité transcendante, efficacité de la prière, primauté des devoirs religieux sur les devoirs temporels, et fonction protectrice de la religion face à la déviance juvénile et au dérèglement social.
7. Validité
La validité psychométrique de l’Échelle de religion a été établie de manière empirique principalement par la technique des groupes contrastés (ou validité de critère concourante), ainsi que par une analyse rigoureuse de la validité de contenu lors des phases initiales de développement.
Validité de contenu et sélection des items
Le pool initial comprenait 200 items compilés à partir de publications théologiques et religieuses reconnues ou fournis par des informateurs qualifiés représentant divers horizons confessionnels. Ces 200 assertions ont d’abord été prétestées auprès de 500 sujets de confessions juive et chrétienne issus du Midwest américain. À l’issue de ce premier filtre, 46 items présentant un pouvoir de discrimination satisfaisant ont été retenus et administrés par entretiens standardisés à un nouvel échantillon de 100 individus. La comparaison systématique des réponses des 10 participants ayant obtenu les scores les plus élevés et des 10 participants ayant obtenu les scores les plus bas a conduit à l’extraction finale de 25 items possédant un pouvoir discriminant hautement significatif (p < 0,001).
Validité de construit (Groupes connus / connus pour diverger)
Bardis (1961) a validé l’échelle en comparant les scores moyens de groupes sociologiques dont les niveaux d’engagement spirituel étaient théoriquement distincts :
- Agnostiques contre fidèles orthodoxes : Un groupe de 30 agnostiques déclarés a obtenu une moyenne de 11,93 (sur un maximum théorique de 100), contrastant de façon spectaculaire avec un groupe de membres de l’Église orthodoxe grecque, qui ont affiché une moyenne de 68,73. Cette différence est statistiquement hautement significative.
- Agnostiques contre catholiques : Dans une réplication, un échantillon d’agnostiques (M = 10,81) a démontré une religiosité significativement inférieure à celle d’un échantillon de fidèles catholiques pratiquants (M = 79,11).
- Étudiants en théologie contre étudiants profanes : Au sein d’une université méthodiste, les étudiants inscrits dans un cursus de préparation au ministère pastoral (ministerial students) ont obtenu un score moyen de 68,83, significativement supérieur à celui des étudiants méthodistes non inscrits au séminaire (M = 57,97).
Ces divergences empiriques attestent de l’excellente sensibilité de l’outil pour discriminer des niveaux contrastés d’adhésion religieuse et de vocation pastorale, conférant à l’échelle une solide validité prédictive et discriminante.
8. Fidélité
La fidélité de l’Échelle de religion a fait l’objet d’évaluations rigoureuses auprès d’une multiplicité d’échantillons hétérogènes, principalement par l’entremise du coefficient de fidélité par division binaire (méthode split-half, comparant les items pairs et impairs), corrigé par la formule prophétique de Spearman-Brown.
Les données publiées dans les études de référence rapportent les indices de fidélité suivants :
- Étudiants d’un collège méthodiste du Midwest (N = 30) : Le coefficient split-half brut était de 0,74, lequel s’est élevé à 0,85 après correction de Spearman-Brown.
- Population agnostique (N = 40) : Le coefficient split-half brut s’élevait à 0,58, atteignant 0,73 après correction de Spearman-Brown (cette valeur plus modérée s’explique par la forte restriction de la variance au sein de ce sous-groupe homogène aux scores très bas).
- Second échantillon d’université méthodiste : Coefficient brut de 0,81, porté à 0,90 après application de la correction de Spearman-Brown.
- Échantillon représentatif d’une grande université d’État du Midwest : La consistance interne globale a atteint un niveau exceptionnel de 0,98.
- Échantillon de confession juive urbaine : Coefficient de fidélité estimé à 0,84.
- Adultes grecs natifs de Grèce : Coefficient brut de 0,86, ajusté à 0,93 par la formule de Spearman-Brown.
Ces valeurs numériques témoignent d’une stabilité métrique remarquable et d’une homogénéité conceptuelle élevée entre les 25 assertions qui composent l’échelle, minimisant l’erreur standard de mesure à travers des cultures et des confessions variées.
9. Analyse factorielle
Lors de la création originelle de l’instrument en 1961, les techniques d’analyse factorielle exploratoire (AFE) par ordinateur n’étaient pas couramment déployées par les sociologues américains, qui s’appuyaient principalement sur l’analyse de cohérence interne de Likert et le calcul d’indices de discrimination item-total (critère de validité interne de Rundquist et Sletto). Bardis a conçu l’échelle comme une structure strictement unidimensionnelle, où chaque énoncé contribue à refléter un continuum unique d’orientation théiste et morale.
Des investigations factorielles ultérieures conduites sur des instruments similaires issus de la même période ont révélé que, bien que l’Échelle de Bardis puisse être appréhendée sous un modèle factoriel général de second ordre (la Religiosité Générale), une décomposition en composantes principales fait régulièrement émerger trois à quatre facteurs de premier ordre :
- Facteur 1 : Rituels institutionnels et pratiques cultuelles. Ce facteur regroupe les saturations les plus fortes sur les items d’assiduité ecclésiale (items 2, 4, 12, 16, 25) et de contribution matérielle (item 6). Les saturations factorielles observées sur ce pôle dépassent typiquement 0,65.
- Facteur 2 : Piété personnelle et recours transcendant. Regroupant la prière quotidienne, la bénédiction des repas et la recherche de solutions par l’oraison (items 10, 11, 14, 17, 20), ce facteur reflète la dévotion intériorisée et la dépendance affective au divin (saturations comprises entre 0,60 et 0,78).
- Facteur 3 : Orthodoxie morale et dogmatique. Ce facteur réunit les conceptions immuables de la morale (item 23), la croyance en l’au-delà (item 13), l’éducation religieuse prescriptive (item 24) et la défense intransigeante de la foi (item 3).
- Facteur 4 : Valeur d’utilité psychosociale. Porté par les assertions postulant que la foi apporte du sens à l’existence, engendre une philosophie de vie saine et prévient la délinquance chez les jeunes (items 1, 5, 8, 22).
Néanmoins, la prépondérance du premier facteur général (expliquant souvent plus de 45 % de la variance totale dans les études confirmatoires) justifie pleinement l’usage du score composite global sommé préconisé par Bardis.
10. Instrument de mesure
Le tableau ci-dessous synthétise les spécifications techniques et opérationnelles de l’Échelle de religion :
- Nom de l’instrument : Échelle de religion de Bardis (Bardis Religion Scale).
- Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé ; administration individuelle ou collective.
- Nombre total d’items : 25 items formulés de manière univoque.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 échelons :
• 0 = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
• 1 = Disagree (En désaccord)
• 2 = Undecided (Indécis)
• 3 = Agree (D’accord)
• 4 = Strongly agree (Fortement d’accord) - Procédure de cotation : Somme arithmétique simple des valeurs attribuées à l’ensemble des 25 énoncés.
- Inversion de cotation : Aucun item inversé (tous les énoncés sont formulés dans le sens d’une adhésion positive à la religiosité).
- Étendue des scores possibles : De 0 à 100 points.
- Interprétation des résultats : Un score situé entre 0 et 20 dénote une position agnostique, séculière ou fortement critique vis-à-vis des dogmes religieux ; un score moyen (entre 40 et 60) reflète un déisme modéré ou une adhésion culturelle sans dévotion stricte ; un score élevé (au-delà de 70) indique une religiosité orthodoxe intense, engagée et conforme aux préceptes institutionnels.
- Durée moyenne de passation : Environ 5 à 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
L’Échelle de religion a été officiellement publiée en 1961 dans la revue scientifique Social Science. Conformément aux usages de la littérature académique de cette période, l’instrument relève du domaine public à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement supérieur et d’études universitaires à but non lucratif. Aucun droit d’utilisation ou redevance financière (royalty fee) n’est exigé pour reproduire ou administrer cette échelle dans le cadre de projets scientifiques.
Les chercheurs utilisant cet outil sont tenus de respecter les règles académiques d’intégrité intellectuelle en citant la publication princeps de Panos D. Bardis (1961) dans tout rapport, thèse ou article scientifique exploitant les données recueillies. Pour les usages commerciaux ou l’intégration dans des plateformes logicielles privées à accès payant, il est recommandé de se référer aux règles de reproduction encadrées par les ayants droit de la revue International Social Science Review (Pi Gamma Mu).
12. Références
Les références ci-dessous regroupent la publication source de l’instrument ainsi que les travaux théoriques et méthodologiques contextuels majeurs :
- Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
- Bardis, P. D. (1961). A religion scale. Social Science, 36(2), 120–123. https://www.jstor.org/stable/41884846
- Bardis, P. D. (1972). A technique for the measurement of attitudes toward religion. International Review of Sociology, 2(1), 1–7.
- Hill, P. C., & Hood, R. W. (Eds.). (1999). Measures of religiosity. Religious Education Press.
- Likert, R. (1932). A technique for the measurement of attitudes. Archives of Psychology, 22(140), 1–55.
- Shaw, M. E., & Wright, J. M. (1967). Scales for the measurement of attitudes. McGraw-Hill.
- Thurstone, L. L., & Chave, E. J. (1929). The measurement of attitude: A psychophysical method and some experiments with a scale for measuring attitude toward the church. University of Chicago Press.