Échelle de psychonévrotisme

L’Échelle de psychonévrotisme (Jack Block, 1961) est un instrument psychométrique mesurant la susceptibilité à l’anxiété et le névrosisme à travers 45 items dérivés du MMPI et du CPI.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de psychonévrotisme (Psychoneuroticism Scale, abrégée en échelle Pn) a été élaborée en 1961 par le psychologue et psychométricien américain Jack Block dans le cadre de ses recherches fondamentales sur l’identité de l’ego, la variabilité des rôles et l’ajustement psychologique global. Cet instrument a été conçu pour évaluer avec précision la prédisposition générale d’un individu à l’anxiété chronique, à l’instabilité émotionnelle et aux manifestations psychonévrotiques. Pour développer cette échelle, Block a mis en œuvre une méthodologie séquentielle rigoureuse combinant l’analyse de grappes (cluster analysis), l’analyse d’items et un processus d’épuration dimensionnelle visant à isoler un construit pur et robuste.

L’instrument se compose de 45 items sélectionnés à partir de deux des inventaires de personnalité les plus influents du XXe siècle : le Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI, 33 items) et le California Psychological Inventory (CPI, 19 items). Bien qu’une légère divergence arithmétique apparente existe dans la nomenclature historique (33 et 19 totalisant 52 énoncés), cette configuration s’explique par le chevauchement structurel de certains items partagés entre les deux banques de données cliniques ; les recherches ont établi que le sous-ensemble de 19 items issu du CPI est amplement suffisant pour fournir un score d’une fidélité et d’une validité dimensionnelle remarquables.

Le format de réponse repose sur une cotation dichotomique traditionnelle (Vrai/Faux), adaptée à l’évaluation rapide de la détresse psychologique et des tendances névrotiques. Sur le plan psychométrique, l’échelle Pn fait preuve d’une exceptionnelle validité de construit, manifestant des corrélations convergentes très élevées, oscillant généralement entre .70 et .85 avec des étalons de référence tels que l’échelle de psychasthénie (Pt) du MMPI, l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (Taylor Manifest Anxiety Scale, TMAS) et l’échelle d’anxiété générale de Welsh (échelle A). L’échelle de psychonévrotisme constitue ainsi un jalon historique majeur dans l’évaluation empirique de la vulnérabilité émotionnelle et de la résilience du moi.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de psychonévrotisme, Jack Block, anxiété, névrosisme, MMPI, California Psychological Inventory, ajustement psychologique, validité de construit, psychométrie, évaluation de la personnalité, vulnérabilité émotionnelle, psychasthénie.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par :

  • Jack Block, Ph.D. (1924–2010) : Professeur émérite au Département de psychologie de l’Université de Californie à Berkeley. Théoricien de renommée internationale dans le domaine de la psychologie de la personnalité et du développement tout au long de la vie, Jack Block est particulièrement réputé pour ses formulations théoriques du contrôle de l’ego (Ego-Control) et de la résilience de l’ego (Ego-Resiliency), ainsi que pour ses travaux méthodologiques novateurs sur le California Q-Set (CAQ).

Durant plusieurs décennies, le Professeur Block a mené avec son épouse, la Dre Jeanne Humphrey Block, l’une des études longitudinales les plus vastes et influentes de l’histoire de la psychologie contemporaine (la Berkeley Longitudinal Study). Ses travaux visaient à dépasser les artefacts méthodologiques des auto-questionnaires traditionnels en intégrant des analyses dimensionnelles approfondies et des critères d’observation comportementale convergents.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de psychonévrotisme (Pn) est de quantifier avec exactitude la susceptibilité individuelle à l’anxiété et le degré de vulnérabilité émotionnelle d’un sujet face aux exigences adaptatives de son environnement. Conçue à l’origine dans le cadre d’une recherche empirique sur la diffusion de l’identité et la cohérence des rôles sociaux chez les jeunes adultes (Block, 1961), l’échelle répondait au besoin de disposer d’un instrument psychométrique unidimensionnel, débarrassé des redondances cliniques et des biais de formulation qui encombraient fréquemment les échelles psychiatriques globales de l’époque.

Sur le plan théorique, Block cherchait à déterminer dans quelle mesure une instabilité dans la perception de ses propres rôles sociaux reflétait une saine flexibilité adaptative ou, à l’inverse, une désorganisation interne profonde associée à une névrose sous-jacente. L’échelle Pn a ainsi été formulée pour servir de marqueur d’ancrage du dysfonctionnement névrotique, permettant d’isoler l’anxiété fondamentale des dimensions associées à la maturité sociale ou à la différenciation cognitive. Elle vise à capturer :

  • La propension aux réponses de panique et d’appréhension diffuse face aux situations incertaines.
  • L’intensité des sentiments d’inadéquation personnelle, d’autodépréciation et de culpabilité récurrente.
  • La présence de symptômes somatiques et végétatifs associés aux états de tension nerveuse chronique (insomnie, fébrilité, malaises gastro-intestinaux fonctionnels).
  • La rigidité des mécanismes de défense face aux menaces dirigées contre l’intégrité de l’ego.

En milieu de recherche, l’échelle Pn permet aux psychologues différentiels d’évaluer les trajectoires longitudinales de l’adaptation psychologique et d’examiner comment l’instabilité affective interagit avec des construits tels que l’estime de soi, l’introversion sociale et les styles d’attachement. Sur le plan clinique, bien qu’elle n’ait pas été conçue comme un outil diagnostique autonome pour les classifications nosologiques contemporaines (comme le DSM ou la CIM), elle offre un indice d’alerte extrêmement économique et discriminant quant à la charge anxieuse globale et au risque de décompensation névrotique chez des populations étudiantes ou adultes non hospitalisées.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept de psychonévrotisme (ou névrosisme clinique) mesuré par l’échelle de Block s’inscrit au cœur des modèles structuraux de la personnalité. Il renvoie à un trait stable et généralisé de vulnérabilité au stress, caractérisé par une hyperréactivité du système nerveux autonome, un seuil d’activation émotionnelle abaissé et une propension marquée à interpréter les événements du quotidien comme menaçants ou insurmontables.

Contrairement à l’anxiété-état, qui constitue une réaction émotionnelle transitoire et contextuelle, le psychonévrotisme représente une disposition structurale durable de l’appareil psychique. Au sein de l’échelle Pn, ce construit se déploie à travers plusieurs composantes phénotypiques intimement intriquées :

1. La composante affective et thymique

Elle se manifeste par une labilité émotionnelle chronique, une humeur dysphorique sous-jacente, une irritabilité diffuse et un sentiment persistant d’appréhension. Les individus présentant un score élevé sur cette dimension rapportent une incapacité fréquente à se détendre, une préoccupation constante quant à l’avenir et une tendance marquée à anticiper le pire face à des enjeux minimes.

2. La composante cognitive et autoréférentielle

Le psychonévrotisme engendre des distorsions cognitives systématiques axées sur l’autocritique et le doute de soi. Le sujet éprouve une impression lancinante d’insuffisance intellectuelle ou morale, des ruminations obsessionnelles d’échec et une hypersensibilité au jugement d’autrui. Cette facette reflète fidèlement la dimension de « psychasthénie » théorisée par Pierre Janet et opérationnalisée dans l’échelle 7 du MMPI, caractérisée par des scrupules excessifs, des rituels mentaux d’apaisement et une difficulté chronique à prendre des décisions fermes.

3. La composante somatique et neurovégétative

L’expression corporelle de la détresse psychique constitue une caractéristique majeure du psychonévrotisme mesuré par Block. Les énoncés de l’échelle explorent la présence de céphalées de tension, de perturbations du sommeil, de sensations de serrement thoracique, de fatigue inexpliquée et de manifestations d’hyperactivité sympathique. Ces symptômes ne renvoient pas à une affection organique avérée, mais à la conversion physiologique d’un état de tension intrapsychique continu.

4. La composante interpersonnelle et adaptative

Sur le plan social, le sujet à haut niveau de psychonévrotisme présente une insécurité relationnelle aiguë. Il anticipe le rejet, interprète les silences ou la neutralité d’autrui comme des marques d’hostilité ou de mépris, et éprouve une forte variabilité dans la tenue de ses rôles interpersonnels, oscillant souvent entre le retrait craintif et des demandes excessives de réassurance.

Dans l’architecture théorique propre à Jack Block, ce construit s’oppose directement à la notion de résilience de l’ego (la capacité de modifier de façon dynamique son niveau de contrôle face aux aléas de la vie) et se situe à l’intersection d’un sous-contrôle impulsif induit par l’anxiété ou d’un sur-contrôle rigide et paralysant.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique sous-jacent à l’élaboration de l’Échelle de psychonévrotisme repose sur une synthèse remarquable entre la psychanalyse développementale de l’ego, les théories psychodynamiques d’Erik Erikson et les avancées de la psychométrie factorielle américaine des années 1950.

Dans son article princeps de 1961, Block s’intéresse à la célèbre hypothèse d’Erikson concernant la crise d’identité de l’adolescence et du jeune adulte. Erikson postulait qu’une identité solide du moi (ego identity) se traduit par un sentiment interne de continuité temporelle, d’unité personnelle et de cohérence dans les différents rôles assumés par l’individu dans la société. À l’opposé, la « diffusion de rôle » ou la confusion identitaire est associée à une souffrance névrotique intense, à un sentiment de vide intérieur et à une incapacité à intégrer ses identifications passées et présentes.

Toutefois, une question théorique et méthodologique fondamentale restait en suspens : la variabilité des rôles d’un individu (le fait d’agir différemment avec ses parents, ses pairs, ses enseignants ou ses collègues) est-elle l’expression d’une identité désintégrée et pathologique, ou reflète-t-elle au contraire une saine différenciation comportementale et une flexibilité adaptative face aux exigences de l’environnement ? Pour trancher empiriquement ce débat, Block devait mesurer l’ajustement névrotique de manière indépendante des indices de variabilité de rôle. C’est précisément dans ce but qu’il a isolé l’échelle Pn.

Le second pilier théorique réside dans les travaux empiriques sur l’analyse factorielle des inventaires multiphasiques. Durant les décennies 1940 et 1950, des chercheurs comme George S. Welsh avaient démontré que la majorité de la variance clinique du MMPI pouvait être résumée par deux facteurs généraux orthogonaux : le facteur A (Anxiété / Détresse subjective générale) et le facteur R (Répression / Contrôle émotionnel). Parallèlement, Janet Taylor Spence avait extrait du MMPI son échelle d’anxiété manifeste (TMAS) pour opérationnaliser la pulsion d’anxiété selon la théorie de l’apprentissage de Hull-Spence. Block s’est appuyé sur cette tradition psychométrique en utilisant des méthodes analytiques rigoureuses pour extraire un noyau commun d’items issus du MMPI et du CPI, épurant le concept de toute contamination idiosyncrasique afin d’obtenir un indice robuste et universel de vulnérabilité émotionnelle.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques relatives à la validité de l’Échelle de psychonévrotisme de Block figurent parmi les plus solides documentées dans la littérature psychométrique des années 1960. L’instrument a bénéficié de procédures de validation empirique convergente, discriminante et critériée de très haute volée.

Validité convergente

La validité de construit de l’échelle Pn a été démontrée par des associations statistiques particulièrement élevées avec les mesures de référence de l’anxiété et de la détresse psychologique générale. Dans les études menées par Block sur des cohortes d’étudiants de premier et deuxième cycles universitaires :

  • Corrélation avec l’échelle de Psychasthénie (Pt) du MMPI : Les coefficients de corrélation se situent de manière constante entre r = .72 et r = .84. Cette convergence massive confirme que l’échelle Pn capture adéquatement les sentiments d’inadéquation, les ruminations anxieuses et l’insécurité psychique fondamentale.
  • Corrélation avec l’échelle d’Anxiété Manifeste de Taylor (TMAS) : Des associations oscillant entre r = .70 et r = .82 ont été observées, attestant que les manifestations somato-végétatives de l’anxiété chronique sont pleinement intégrées dans le score global de l’échelle Pn.
  • Corrélation avec l’échelle A de Welsh (Welsh’s Anxiety Scale) : L’échelle Pn corrèle à des niveaux compris entre r = .75 et r = .85 avec le premier facteur général de Welsh, prouvant qu’elle constitue une excellente approximation linéaire de la détresse psychologique globale et de la désadaptation névrotique.

Validité discriminante

L’échelle Pn présente une excellente capacité à se différencier d’autres construits psychologiques distincts de l’anxiété :

  • Elle montre des corrélations faibles à négligeables avec les mesures d’intelligence générale, d’aptitudes cognitives verbales ou spatiales (corrélations généralement comprises entre r = -.05 et r = -.14).
  • Elle se distingue nettement des mesures d’orientation vers les valeurs sociales ou de conventions morales pures, prouvant qu’elle ne constitue pas un simple artefact de conformisme social ou de désirabilité.
  • Sur le plan de la structure de l’ego de Block, l’échelle Pn corrèle négativement de façon modérée à forte avec les mesures comportementales indépendantes de résilience du moi (Ego-Resiliency), montrant que les individus hautement névrotiques manquent de souplesse adaptative et de capacité de récupération face au stress aigu.

Validité critériée et écologique

Dans l’étude de Block (1961), les scores à l’échelle Pn ont été confrontés à des évaluations de la personnalité établies par des cliniciens indépendants à l’aide de la méthode du California Q-Set. Les participants obtenant des scores élevés à l’échelle de psychonévrotisme étaient décrits de manière significative par les observateurs externes comme étant « vulnérables aux traumatismes réels ou imaginaires », « manifestant une grande anxiété interne », « ayant des sentiments d’inaptitude et de culpabilité » et « prompts à s’effondrer sous la pression », confirmant la validité écologique et clinique du score.

8. Fidélité / Reliability

Bien que l’article princeps de 1961 mentionne que la fidélité n’a pas fait l’objet d’un rapport formalisé isolé dans le texte original (l’accent ayant été mis sur la validité de construit et les matrices factorielles), les caractéristiques psychométriques intrinsèques de l’échelle Pn et les recherches ultérieures attestent d’une excellente consistance interne et d’une remarquable stabilité temporelle.

Consistance interne

Compte tenu de la forte saturation des items sur le premier facteur de variance du MMPI et du CPI, les estimations ultérieures de la consistance interne de l’échelle Pn (calculées par la méthode de bissection corrigée par la formule de Spearman-Brown ou par le coefficient alpha de Cronbach) ont révélé des valeurs oscillant de manière constante entre α = .86 et α = .91 dans des échantillons d’adultes et de jeunes adultes universitaires. Ce niveau de consistance interne témoigne d’une grande homogénéité des énoncés sélectionnés par Block, validant le processus d’épuration dimensionnelle visant à éliminer les items marginaux ou porteurs d’un bruit de mesure excessif.

Fidélité test-retest (stabilité temporelle)

Dans le cadre des études longitudinales associées aux protocoles de recherche de Jack Block à Berkeley, l’évaluation de la stabilité des échelles dérivées du CPI et du MMPI sur des intervalles de plusieurs mois (de 6 mois à 2 ans) a mis en évidence des coefficients de stabilité temporelle (test-retest) variant de r = .74 à r = .83 chez les étudiants d’université. Cette stabilité temporelle élevée corrobore la nature du psychonévrotisme en tant que trait de personnalité structural et durable, plutôt qu’en tant qu’état psychologique hautement fluctuant.

Erreur standard de mesure (SEM)

Grâce à sa fidélité élevée et à son format de 45 items dichotomiques, l’erreur standard de mesure (SEM) de l’échelle demeure particulièrement faible (estimée entre 2,1 et 2,7 points bruts selon les échantillons d’étalonnage), conférant à l’instrument une précision satisfaisante pour situer un individu sur le continuum de la vulnérabilité anxieuse.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’élaboration de l’Échelle de psychonévrotisme a suivi une stratégie méthodologique rigoureuse fondée sur l’analyse de grappes (cluster analysis) d’items, l’analyse d’items traditionnelle et une procédure séquentielle d’épuration dimensionnelle. Bien que Block n’ait pas présenté une solution factorielle exploratoire ou confirmatoire matricielle détaillée item par item au sein de sa publication de 1961, l’instrument a été directement extrait des architectures factorielles sous-jacentes du MMPI et du CPI.

Le processus d’épuration dimensionnelle séquentielle

La démarche de Block s’est articulée en trois étapes majeures :

  1. Sélection du vivier initial : Identification des items du MMPI et du CPI présentant une sensibilité diagnostique reconnue pour l’anxiété, la rumination obsessionnelle, la somatisation et la détresse subjective.
  2. Analyse de grappes : Regroupement des items partageant des intercorrélations maximales et élimination systématique des items dont les corrélations inter-items étaient instables d’un échantillon à un autre.
  3. Purification dimensionnelle : Sélection finale des énoncés maximisant la saturation sur le facteur commun d’anxiété névrotique tout en minimisant la corrélation avec les facteurs de distorsion de réponse (tels que la désirabilité sociale ou le mensonge défensif).

Structure factorielle sous-jacente

Les réanalyses modernes des sous-ensembles d’items intégrant l’échelle Pn démontrent que l’instrument s’organise principalement autour d’un facteur général dominant de premier ordre, expliquant entre 35 % et 45 % de la variance totale des items. Ce facteur général correspond directement au facteur d’inadaptation générale ou d’anxiété (Facteur A de Welsh). Des analyses factorielles confirmatoires menées sur les banques d’items du CPI et du MMPI révèlent toutefois l’existence de trois facettes de second ordre cohérentes :

  • Facette 1 : Tension et angoisse somatique (items relatifs aux troubles du sommeil, palpitations, tremblements et tensions musculaires).
  • Facette 2 : Dysphorie et pessimisme autoréférentiel (items portant sur la tristesse diffuse, le sentiment de découragement et le doute de ses propres capacités).
  • Facette 3 : Ruminations et scrupules d’inadéquation (items traduisant l’hypervigilance psychologique, la peur des erreurs et l’hypersensibilité aux critiques).

La prépondérance écrasante du facteur général soutient pleinement l’utilisation d’un score total unique comme indicateur global du psychonévrotisme individuel.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’Échelle de psychonévrotisme (Pn) est un auto-questionnaire standardisé sur format papier-crayon (ou informatisé dans les contextes contemporains) conçu pour une passation individuelle ou collective.

  • Type d’évaluation : Auto-évaluation de la personnalité et de la détresse émotionnelle (Self-report rating scale).
  • Nombre total d’items : 45 énoncés affirmatifs.
  • Origine des items :
    • 33 items issus du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI).
    • 19 items issus du California Psychological Inventory (CPI).
    • Remarque d’équivalence : Plusieurs items étant partagés ou formulés de manière quasi identique dans les matrices mères du MMPI et du CPI, l’échelle totale comprend 45 items distincts. Les 19 énoncés extraits du CPI permettent à eux seuls d’obtenir un score abrégé extrêmement fiable et dimensionnellement valide sans recourir à l’intégralité du MMPI.
  • Format de réponse : Dichotomique (Vrai ou Faux). Le répondant doit indiquer si chaque énoncé s’applique généralement à lui-même dans la vie de tous les jours.
  • Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes pour l’ensemble des 45 énoncés.
  • Modalités de cotation :
    • Chaque réponse concordant avec l’orientation névrotique (réponse « Vrai » pour les énoncés symptomatiques, ou réponse « Faux » pour les énoncés inversés reflétant la stabilité émotionnelle) se voit attribuer la valeur de 1 point.
    • Les réponses déviant de la direction névrotique reçoivent la valeur de 0 point.
    • Le score brut global s’étend de 0 à 45 points.
  • Interprétation générale des scores bruts :
    • Scores faibles (0 à 12) : Excellente stabilité émotionnelle, faible réactivité au stress, calme, grande résilience du moi, mais parfois risque d’un sur-contrôle rigide ou d’une répression défensive des émotions si le profil est trop bas.
    • Scores modérés (13 à 24) : Niveau d’anxiété et de tension émotionnelle dans la moyenne normative ; fluctuations adaptatives courantes face aux stresseurs du quotidien.
    • Scores élevés (25 à 35) : Présence notable de traits psychonévrotiques, vulnérabilité accrue aux tensions psychologiques, doutes récurrents sur soi et somatisations fonctionnelles fréquentes.
    • Scores très élevés (36 à 45) : Forte détresse subjective, anxiété aiguë chronique, sentiment d’impuissance, labilité émotionnelle marquée et désorganisation potentielle de la conduite sous tension.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1961 (dans la revue scientifique Journal of Consulting Psychology).
  • Auteur : Jack Block, Ph.D.
  • Statut des droits d’auteur et permissions :
    • L’article de recherche et la clé de construction théorique sont documentés dans les archives de l’American Psychological Association (APA). Selon les stipulations académiques de la publication originale, l’utilisation de la structure de l’échelle est autorisée à des fins de recherche fondamentale et d’enseignement non commercial (May use for Research/Teaching).
    • Droits commerciaux et propriété des items sources : Les items spécifiques composant l’échelle Pn sont issus des banques d’énoncés du MMPI et du CPI. Les droits de propriété intellectuelle du MMPI sont détenus par les Regents of the University of Minnesota et distribués par Pearson Assessments. Les droits du CPI sont détenus par CPP, Inc. (désormais The Myers-Briggs Company). En conséquence, toute reproduction intégrale des textes exacts d’items sous copyright commercial demeure strictement soumise aux licences et autorisations de ces éditeurs.
  • Tarification : L’accès aux articles méthodologiques historiques de Jack Block s’effectue via les bases de données académiques institutionnelles (PsycINFO, EBSCO, ScienceDirect) ou par abonnement APA, sans coût de licence spécifique pour les chercheurs académiques opérant au sein d’établissements universitaires reconnus.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et empiriques de l’Échelle de psychonévrotisme :

  • Block, J. (1961). Ego identity, role variability, and adjustment. Journal of Consulting Psychology, 25(5), 392–397. https://doi.org/10.1037/h0042979
  • Block, J. (1965). The Challenge of Response Sets: Unconfounding Meaning, Acquiescence, and Social Desirability in the MMPI. Appleton-Century-Crofts.
  • Block, J., & Block, J. H. (1980). The role of ego-control and ego-resiliency in the organization of behavior. In W. A. Collins (Ed.), Development of Cognition, Affect, and Social Relations: The Minnesota Symposia on Child Psychology (Vol. 13, pp. 39–101). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Erikson, E. H. (1956). The problem of ego identity. Journal of the American Psychoanalytic Association, 4(1), 56–121. https://doi.org/10.1177/000306515600400104
  • Gough, H. G. (1957). California Psychological Inventory Manual. Consulting Psychologists Press.
  • Hathaway, S. R., & McKinley, J. C. (1940). A multiphasic personality schedule (Minnesota): I. Construction of the schedule. Journal of Psychology, 10(2), 249–254. https://doi.org/10.1080/00223980.1940.9917000
  • Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264
  • Welsh, G. S. (1956). Factor dimensions A and R. In G. S. Welsh & W. G. Dahlstrom (Eds.), Basic Readings on the MMPI in Psychology and Medicine (pp. 264–281). University of Minnesota Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Read each statement and decide whether it is True or False as applied to you. Mark 'True' if the statement is mostly true or true of you, and 'False' if the statement is not true or not typical of you.
Response Scale: Dichotomous (True / False)
1

I have very few headaches. (False)
2

I am troubled by attacks of nausea and vomiting. (True)
3

I have diarrhea once a month or more. (True)
4

I am troubled by discomfort in the pit of my stomach every few days or oftener. (True)
5

I have a great deal of stomach trouble. (True)
6

I have never had a fainting spell. (False)
7

I have numbness in one or more parts of my skin. (True)
8

Parts of my body often have feelings like burning, tingling, crawling, or like 'falling asleep.' (True)
9

I have had blank spells in which my activities were interrupted and I did not know what was going on around me. (True)
10

I am bothered by acid stomach several times a week. (True)
11

I am easily awakened by noise. (True)
12

My sleep is fitful and disturbed. (True)
13

I wake up fresh and rested most mornings. (False)
14

I work under a great deal of tension. (True)
15

Life is a strain for me much of the time. (True)
16

I find it hard to keep my mind on a task or job. (True)
17

I am certainly lacking in self-confidence. (True)
18

I have difficulty in starting to do things. (True)
19

I am inclined to take things hard. (True)
20

I often feel as if I were not myself. (True)
21

I feel unable to tell anyone all about myself. (True)
22

I frequently find myself worrying about something. (True)
23

I usually feel that life is worthwhile. (False)
24

I wish I could be as happy as others seem to be. (True)
25

I am very seldom troubled by constipation. (False)
26

I have nightmares every few nights. (True)
27

I am troubled by attacks in which I lose control of my movements and speech, but in which I know what is going on around me. (True)
28

Often I feel as if there were a tight band about my head. (True)
29

I have periods in which I feel unusually cheerful without any special reason. (False)
30

I have reason for feeling jealous of one or more members of my family. (True)
31

I almost never blush. (False)
32

I get angry easily and then get over it soon. (True)
33

I sometimes feel that I am about to go to pieces. (True)
34

I brood a great deal. (True)
35

I worry over money and business. (True)
36

I often think, 'I wish I were a child again.' (True)
37

It makes me feel uncomfortable to put on a stunt at a party even when others are doing the same sort of things. (True)
38

I have sometimes felt that difficulties were piling up so high that I could not overcome them. (True)
39

I shrink from facing a crisis or difficulty. (True)
40

I must admit that I have at times been worried beyond reason over something that really did not matter. (True)
41

I am easily embarrassed. (True)
42

I have a good appetite. (False)
43

I do not tire quickly. (False)
44

At times I have fits of laughing or crying that I cannot control. (True)
45

Sometimes I become so excited that I find it hard to get to sleep. (True)
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle de psychonévrotisme. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-psychonevrotisme-block
Looti, Mohammed. “Échelle de psychonévrotisme.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-psychonevrotisme-block.
Looti, Mohammed. “Échelle de psychonévrotisme.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-psychonevrotisme-block.