Échelle de propension au harcèlement sexuel

Découvrez l’Échelle de propension au harcèlement sexuel (LSH) de John B. Pryor : fondements théoriques, propriétés psychométriques, validité comportementale et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de propension au harcèlement sexuel (Likelihood to Sexually Harass Scale, LSH), conçue initialement par le psychologue social John B. Pryor en 1987, constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et rigoureusement validés dans l’étude des déterminants individuels des violences sexistes et sexuelles en milieu organisationnel et académique. Cet outil d’auto-évaluation indirect mesure la propension ou la disposition d’un individu masculin à exploiter une asymétrie de pouvoir social ou institutionnel à des fins de coercition sexuelle, plus particulièrement dans le cadre d’un chantage sexuel (« quid pro quo »).

Dans sa forme originale intégrale, l’instrument se compose de 10 scénarios situationnels décrivant des interactions professionnelles ou académiques où un protagoniste masculin détient une autorité hiérarchique directe ou une position d’influence sur une femme dépendante d’une décision discrétionnaire. Chaque vignette est assortie de trois propositions d’actions comportementales distinctes, dont un item cible formulé spécifiquement pour sonder la willingness à échanger un bénéfice institutionnel ou à suspendre une sanction contre des faveurs sexuelles, sous condition explicite d’impunité totale garantie (« quid pro quo »). Les deux autres items servent de distracteurs comportementaux ou mesurent des comportements de séduction informelle sans coercition explicite.

Les participants évaluent la probabilité perçue de réaliser ces conduites sur une échelle de Likert en 5 points, allant de 1 (« Pas du tout probable ») à 5 (« Très probable »). Le score global de propension au harcèlement s’obtient par la sommation des 10 items critiques (items « b »), générant un score total compris entre 10 et 50. Des formes abrégées à 2, 4 et 5 scénarios ont également été développées et validées transculturellement (notamment en Allemagne, en Italie et en Chine).

D’un point de vue psychométrique, l’échelle LSH affiche une consistance interne exceptionnelle, attestée de manière répétée par un alpha de Cronbach excédant régulièrement 0,90 dans la version originale à 10 items, et variant entre 0,74 et 0,83 pour les versions abrégées. La structure factorielle se révèle substantiellement unidimensionnelle lors des analyses en composantes principales, reflétant un construit psychologique robuste centré sur l’exploitation sexuelle opportuniste. L’instrument bénéficie d’une validité convergente, discriminante et surtout comportementale remarquable, prédisant de manière empirique l’adoption effective d’attitudes et d’actes de harcèlement sexuel en laboratoire lorsque les normes de l’environnement social créent un climat de tolérance ou d’encouragement.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de propension au harcèlement sexuel, harcèlement sexuel quid pro quo, abus de pouvoir, exploitation sexuelle, psychométrie, John Pryor, asymétrie hiérarchique, sexisme hostile, mythes sur le viol, paradigme personne-situation.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de propension au harcèlement sexuel a été conceptualisée et développée principalement par John B. Pryor, professeur émérite de psychologie au Département de psychologie de l’Illinois State University (Normal, Illinois, États-Unis ; contact institutionnel : [email protected]). Ses travaux pionniers portent sur la psychologie sociale appliquée, les relations intergroupes, la stigmatisation et la dynamique sociocognitive des agressions sexuelles.

Des travaux d’extension, d’adaptation empirique et de synthèses contemporaines ont été conduits en collaboration étroite avec Eric D. Wesselmann, professeur agrégé au Département de psychologie de Purdue University (West Lafayette, Indiana, États-Unis), spécialisé dans les dynamiques d’ostracisme, de conformisme social et d’agression interpersonnelle. Plusieurs chercheurs internationaux ont par la suite contribué à l’adaptation de l’instrument dans divers contextes linguistiques et culturels, parmi lesquels Anne Maass et Elena Dall’Ara (Université de Padoue, Italie), Gerd Bohner et Frank Siebler (Université de Bielefeld, Allemagne), ainsi que Darius K.-S. Chan et Chow B. Lam (Université chinoise de Hong Kong).

4. Objectif / Purpose

Fondements et vocation primaire de l’instrument

L’Échelle LSH a été initialement conçue pour surmonter les limitations méthodologiques sévères inhérentes aux mesures directes d’auto-évaluation du harcèlement sexuel. Interroger frontalement des individus sur leur volonté d’exercer un chantage sexuel ou d’abuser de leur autorité se heurte inévitablement au biais massif de désirabilité sociale, rendant les questionnaires auto-rapportés traditionnels inopérants ou artificiellement tronqués vers le plancher de l’échelle. Pour contourner ce verrou, John B. Pryor (1987) a imaginé une méthodologie projective-situationnelle par scénarios contrefactuels, plaçant le répondant dans la perspective subjective d’un protagoniste confronté à un dilemme éthique et relationnel doté d’un ascendant hiérarchique décisif.

L’objectif fondamental de l’instrument n’est pas d’identifier des agresseurs pathologiques avérés dans une optique de sélection ou de sanction médico-légale individuelle, mais d’opérationnaliser et de quantifier une disposition psychologique latente : la propension à subordonner un arbitrage professionnel ou académique à l’obtention de gratifications sexuelles lorsque les freins institutionnels et les menaces de rétorsion sont théoriquement suspendus. L’échelle isole l’opportunisme coercitif en neutralisant la peur de la sanction, permettant de révéler la structure motivationnelle sous-jacente du sujet.

Applications en recherche et milieux appliqués

Dans le domaine de la recherche fondamentale en psychologie sociale et organisationnelle, l’échelle LSH sert de variable prédictive pivotale dans les modélisations de l’interactionnisme situationnel. Elle permet d’examiner comment des facteurs de personnalité (tels que la dominance sociale, les attitudes sexistes ou le narcissisme) interagissent avec des variables de climat organisationnel (normes permissives, passivité de la hiérarchie, culture de tolérance) pour précipiter le passage à l’acte harcelant.

Dans les contextes organisationnels et médico-sociaux, les données issues de la LSH fournissent des éclairages indispensables pour l’élaboration de programmes de formation et de prévention du harcèlement au travail. En démontrant que le harcèlement de type « quid pro quo » découle d’une conjonction spécifique entre vulnérabilité de la victime, absence perçue de sanctions et fusion cognitive entre pouvoir et sexualité, l’échelle met en évidence l’impérieuse nécessité de concevoir des mécanismes de régulation organisationnelle clairs, transparents et dépourvus d’ambiguïté pour annihiler les contextes permissifs favorisant l’expression de ces inclinations.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit théorique évalué par l’échelle LSH est la propension à l’exploitation sexuelle opportuniste (sexual exploitation proclivity), définie comme la tendance chez un individu masculin à instrumentaliser une position d’asymétrie de pouvoir institutionnel, professionnel ou social afin d’obtenir un accès ou un privilège de nature sexuelle auprès d’une femme subordonnée ou demandeuse d’aide (Pryor & Whalen, 1997).

Nature multidimensionnelle des situations et unidimensionnalité du construit

Bien que les vignettes englobent une grande diversité d’arènes socioprofessionnelles (monde de l’entreprise, milieu hospitalier, agence de mannequins, enseignement universitaire, relations entre pairs étudiants, journalisme audiovisuel, secteur de l’édition), le construit sous-jacent mesuré par l’agrégation des items cibles demeure remarquablement homogène. Il se caractérise par trois éléments constituants indissociables :

  • L’asymétrie de pouvoir structurelle : Le protagoniste détient une autorité souveraine ou un pouvoir discrétionnaire sans appel (embaucher, licencier, attribuer une note, recommander un contrat, dissimuler une faute professionnelle grave). À l’inverse, la cible féminine se trouve en position de dépendance critique (recherche d’emploi impérieuse, crainte du renvoi, nécessité d’un point supplémentaire pour entrer en cycle supérieur).
  • La conditionnalité transactionnelle explicite (Quid Pro Quo) : L’exercice bienveillant ou clément de l’autorité est expressément subordonné à l’octroi de faveurs sexuelles (« in exchange for sexual favors »). La conduite mesurée n’est pas une simple drague insistante ou un comportement inapproprié diffus, mais une coercition transactionnelle nette.
  • L’absence perçue de répercussions négatives (Impunité normative) : Chaque item critique spécifie expressément une condition de sécurité maximale pour l’évaluateur (« Assuming that you are secure enough in your job that no possible reprisals could happen to you »). Cette clause expérimentale permet de neutraliser l’effet de l’aversion au risque punitif afin de capturer fidèlement la motivation prédatrice pure.

Distinction avec les composantes distractives

Dans chaque vignette, deux autres conduites sont évaluées mais non comptabilisées dans le score LSH classique :

  • L’arbitrage bienveillant ou discrétionnaire (item a) : Mesure la propension à accorder l’avantage demandé (donner l’emploi, excuser la faute, attribuer le rôle) en fonction de considérations professionnelles ou de simple magnanimité.
  • L’invitation sociale ou séduction informelle (item c) : Mesure la probabilité d’inviter la femme à dîner pour discuter de la situation. Cette modalité permet d’isoler la recherche d’intimité romantique ou sociale dénuée de chantage coercitif formel, servant de filtre différentiel par rapport au harcèlement de chantage pur de l’item b.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle sociocognitif de l’association Pouvoir-Sexe

L’échelle LSH s’ancre profondément dans les paradigmes de la psychologie sociale cognitive, notamment à travers les conceptualisations développées par John Pryor et prolongées par John A. Bargh (Bargh et al., 1995 ; Pryor & Stoller, 1994). Selon ce modèle, les individus présentant un score LSH élevé ne se distinguent pas nécessairement par une libido supérieure, mais par une structure schématique cognitive hautement automatisée qui fusionne les concepts de pouvoir social et de sexualité.

Dans le réseau sémantique d’un homme à haut score LSH, l’amorçage cognitif de concepts liés à la domination, à la supériorité hiérarchique ou au contrôle d’autrui active immédiatement et involontairement des représentations érotisées et sexuelles de la personne subordonnée. Bargh, Raymond, Pryor et Strack (1995) ont démontré, au moyen de tâches d’amorçage subliminal, que l’exposition implicite à des mots renvoyant au pouvoir (« autorité », « patron ») accélérait significativement la reconnaissance lexicale de termes à connotation sexuelle chez les hommes à score LSH élevé, phénomène totalement absent chez les hommes à faible score. La subordination d’une femme n’est donc pas perçue comme un appel à la responsabilité éthique, mais comme une opportunité d’accès sexuel justifiée par le statut.

Le paradigme interactionniste Personne × Situation

Pryor, Giedd et Williams (1995) ont formalisé un modèle intégrateur stipulant que le harcèlement sexuel comportemental est le produit multiplicatif d’une vulnérabilité dispositionnelle interne (capturée par la LSH) et de facilitateurs contextuels externes (normes sociales d’environnement). Ce modèle sociopsychologique récuse toute explication unifactorielle :

  • Un homme présentant un score LSH élevé placé dans un environnement institutionnel intransigeant, où les règles contre le harcèlement sont appliquées sans faille et où les pairs réprobent publiquement le sexisme, réprimera ses pulsions par anticipation du coût pénal et social.
  • À l’inverse, lorsque ce même individu est immergé dans une organisation dont les figures d’autorité modélisent des conduites grivoises ou minimisent les plaintes, le seuil d’inhibition s’effondre, entraînant le passage à l’acte.

Ce modèle théorique positionne l’échelle LSH comme la mesure d’un potentiel latent qui ne se concrétise en agression manifeste que sous l’action catalytique d’un climat permissif.

7. Validité / Validity

L’échelle de propension au harcèlement sexuel présente un ensemble de preuves psychométriques exceptionnellement solides documentant sa validité de construit, sa validité convergente, sa validité discriminante et sa validité prédictive comportementale.

Validité convergente

Les investigations menées sur des cohortes d’hommes adultes et d’étudiants universitaires attestent de corrélations hautement significatives (toutes à p < 0,05) avec des échelles mesurant l’agressivité sexuelle et l’adhésion aux stéréotypes de genre :

  • Attirance pour l’agression sexuelle : Corrélation modérée à forte avec l’échelle Attraction to Sexual Aggression (r = 0,38 ; Pryor & Stoller, 1994).
  • Acceptation des mythes du viol : Association robuste avec l’échelle Rape Myth Acceptance (r = 0,37 ; Begamy & Milburn, 2002), démontrant que les individus enclins au harcèlement adhèrent fréquemment aux fausses croyances déresponsabilisant les agresseurs.
  • Sexisme hostile : Corrélation significative avec la sous-échelle de sexisme hostile de l’Inventaire de sexisme ambivalent (r = 0,27 ; Siebler, Sabelus, & Bohner, 2008).
  • Sexualité comme instrument de domination : Corrélation marquée avec l’approbation d’une fonction de domination dans l’acte sexuel (r = 0,45 ; Pryor & Stoller, 1994).
  • Permissivité sexuelle prémaritale : Association positive constatée dans des contextes transculturels (r = 0,29 ; Lam & Chan, 2007).

Validité discriminante

L’échelle LSH montre une indépendance substantielle vis-à-vis des tendances systématiques d’auto-présentation favorable. Pryor (1987) a documenté une corrélation très faible et négative avec la Crowne-Marlowe Social Desirability Scale (r = -0,13), confirmant que la formulation indirecte et conditionnelle des scénarios préserve la mesure des contaminations sévères par le besoin d’approbation sociale.

Validité prédictive et comportementale en laboratoire

La validité comportementale de la LSH est considérée comme l’un des accomplissements majeurs de la psychologie sociale expérimentale des années 1990 et 2000 :

  • Paradigme de l’interaction en laboratoire : Pryor, LaVite et Stoller (1993) ainsi que Pryor et al. (1995) ont confronté des participants masculins à une complice féminine dans une tâche d’apprentissage où l’instructeur pouvait se positionner physiquement et prodiguer des conseils tactiles. Lorsque le complice masculin expérimentateur modélisait préalablement une conduite ouvertement séductrice et intrusive, les hommes à haut score LSH maintenaient une proximité physique excessive, touchaient la participante de manière non sollicitée et posaient des questions intimes déplacées, à la différence notable des hommes à faible LSH.
  • Paradigme du cyber-harcèlement (Computer Harassment Paradigm) : Dans des dispositifs virtuels contrôlés, Dall’Ara et Maass (1999) ont démontré que les hommes caractérisés par un score LSH élevé étaient significativement plus enclins à envoyer des images pornographiques dégradantes et non sollicitées à une collaboratrice virtuelle, notamment si celle-ci affichait des convictions féministes égalitaires. De manière concordante, Siebler, Sabelus et Bohner (2008) ont répliqué ce patron comportemental avec l’envoi de blagues sexistes et dénigrantes par messagerie électronique.
  • Déclarations biographiques réelles : Les hommes à score LSH élevé reconnaissent rétrospectivement de manière significativement plus fréquente avoir déjà commis des actes concrets de harcèlement sexuel dans leur parcours professionnel ou académique antérieur (Lam & Chan, 2007 ; Pryor & Whalen, 1997).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’Échelle de propension au harcèlement sexuel a été confirmée à travers une multitude d’enquêtes empiriques indépendantes.

Consistance interne

Dans la version d’origine comportant 10 scénarios, les estimations de l’homogénéité interne sont systématiquement supérieures aux seuils d’excellence méthodologique usuels :

  • Dans les études princeps et les synthèses métathéoriques conduites auprès d’étudiants masculins (Pryor, 1987 ; Pryor, Giedd, & Williams, 1995), le coefficient alpha de Cronbach a systématiquement dépassé 0,90 (oscillant le plus souvent entre 0,91 et 0,95). Cette valeur traduit une excellente consistance interne pour une échelle composite unidimensionnelle.
  • Pour les formes abrégées développées pour réduire la charge cognitive et le temps de passation, les coefficients alpha demeurent tout à fait satisfaisants au regard du faible nombre d’items : les versions à deux scénarios (Isbell, Swedish, & Gazan, 2005 ; Pryor & Meyers, 2001) génèrent des alphas compris entre 0,74 et 0,78.
  • Les versions intermédiaires à quatre et cinq scénarios (notamment les adaptations allemande par Siebler et al., 2008 ; italienne par Dall’Ara & Maass, 1999 ; et cantonaise par Lam & Chan, 2007) affichent des coefficients alpha situés dans une fourchette rigoureuse de 0,74 à 0,83.

Stabilité temporelle

Les investigations évaluant la fidélité test-retest sur des intervalles variant de deux à six semaines révèlent des coefficients de corrélation intra-classe stables (généralement supérieurs à 0,80), indiquant que la LSH capture des dispositions sociocognitives relativement stables dans le temps plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses en Composantes Principales (ACP) et Exploratoires (AFE)

Dès les travaux originaux de Pryor (1987), les 10 items critiques (items b) ont été soumis à des analyses en composantes principales. Les résultats ont systématiquement mis en évidence l’extraction d’un facteur dominant unique expliquant une part substantielle de la variance totale des réponses (communément plus de 50 à 60 % de la variance extraite). Tous les items b saturent fortement sur ce facteur général d’exploitation sexuelle, avec des saturations factorielles se distribuant généralement entre 0,65 et 0,85.

Controverses factorielles et solutions bi-factorielles

Certains auteurs (notamment Perry, Schmidtke, & Kulik, 1998) ont exploré la possibilité d’une structure bi-factorielle secondaire, suggérant une dichotomie fonctionnelle entre les scénarios impliquant des décisions d’embauche/promotion d’une part, et les scénarios impliquant la rétention d’avantages ou la non-sanction d’une faute d’autre part. Toutefois, les analyses empiriques démontrent que les sous-échelles dérivées de ces deux facteurs putatifs sont extrêmement corrélées entre elles (r > 0,80).

En vertu du principe de parcimonie psychométrique et de l’absence de gain incrémental substantiel d’une partition multidimensionnelle, l’ensemble des experts de la mesure recommandent expressément de traiter le score sommé des 10 items comme un indice globalement homogène, unidimensionnel et additif mesurant la propension individuelle à l’exploitation sexuelle de l’autorité.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Instrument psychométrique d’auto-évaluation indirecte par scénarios projectifs (vignettes situationnelles contrefactuelles).
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou sur interface numérique sécurisée en ligne. La passation doit impérativement garantir un anonymat rigoureux et absolu pour préserver la sincérité des réponses.
  • Population cible : Conçu et validé principalement pour des populations d’hommes adultes et de jeunes adultes (étudiants, professionnels, encadrants hiérarchiques).
  • Nombre de scénarios et d’items :
    • 10 scénarios situationnels décrivant divers contextes organisationnels et sociaux.
    • 3 items de réponse par scénario (30 items au total dans le protocole complet).
    • 10 items critiques fondamentaux (les items « b » de chaque scénario), seuls retenus pour le calcul du score diagnostique LSH. Les items « a » et « c » opèrent comme distracteurs et régulateurs psychologiques.
  • Temps de passation : Environ 12 à 15 minutes pour la version intégrale à 10 scénarios.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points, ancrée comme suit :
    • 1 = Not at all Likely (Pas du tout probable)
    • 2 = Unlikely (Peu probable)
    • 3 = Somewhat Likely (Moyennement probable)
    • 4 = Likely (Probable)
    • 5 = Very Likely (Très probable)
  • Modalités de cotation et de calcul du score :
    • Addition arithmétique simple des valeurs attribuées aux 10 items critiques « b » :
      Score LSH Total = Item 1b + Item 2b + Item 3b + Item 4b + Item 5b + Item 6b + Item 7b + Item 8b + Item 9b + Item 10b
    • Étendue des scores possibles : de 10 à 50 points.
    • Interprétation : Un score proche de 10 indique une absence quasi totale de propension au chantage sexuel direct ; des scores élevés traduisent une vulnérabilité dispositionnelle marquée à exploiter opportunistiquement le pouvoir hiérarchique à des fins de chantage sexuel sous couvert d’impunité.
    • Variantes culturelles (allemande, italienne) : Les items de chantage direct ont parfois été remplacés par des conduites plus subtiles de harcèlement d’ambiance ou d’intrusion relationnelle ; dans ce cas, le score correspond à la moyenne des items indicatifs subtils.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1987 (article princeps publié dans la revue Sex Roles).
  • Droits d’auteur et statut juridique : Les droits scientifiques de l’instrument original appartiennent à John B. Pryor et à l’éditeur académique d’origine (Springer Nature / Plenum Publishing).
  • Conditions d’utilisation et permissions : L’échelle LSH est mise à disposition gratuitement à des fins de recherche académique, scientifique et pédagogique non commerciale. Aucune redevance financière n’est requise pour une utilisation dans le cadre d’études universitaires dûment approuvées par un comité d’éthique institutionnel. Les chercheurs sont invités à citer formellement les publications originales de Pryor (1987, 1995).
  • Usage commercial et organisationnel : Toute intégration de l’instrument dans des logiciels payants de sélection du personnel, des audits de recrutement ou des outils commerciaux de gestion des ressources humaines est soumise à une autorisation expresse préalable des détenteurs des droits. Cependant, en raison de sa nature expérimentale et déontologique, son emploi en sélection individuelle est fortement déconseillé par les sociétés savantes de psychologie.

12. Références / References

Bargh, J. A., Raymond, P., Pryor, J. B., & Strack, F. (1995). The attractiveness of the underling: An automatic power sex association and its consequences for sexual harassment. Journal of Personality and Social Psychology, 68(5), 768–781. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.5.768

Begamy, J. J., & Milburn, M. A. (2002). Psychological predictors of sexual harassment: Authoritarianism, hostile sexism, and rape myths. Psychology of Men & Masculinity, 3(2), 119–126. https://doi.org/10.1037/1524-9220.3.2.119

Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1964). The approval motive: Studies in evaluative dependence. John Wiley & Sons.

Dall’Ara, E., & Maass, A. (1999). Studying sexual harassment in the laboratory: Are egalitarian women at higher risk? Sex Roles, 41(9-10), 681–704. https://doi.org/10.1023/A:1018861906115

Isbell, L. M., Swedish, K., & Gazan, D. B. (2005). Who says it’s sexual harassment? The effects of gender and likelihood to sexually harass on legal judgments of sexual harassment. Journal of Applied Social Psychology, 35(4), 745–772. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.2005.tb02144.x

Lam, C. B., & Chan, D. K. S. (2007). The use of cyberpornography by young men in Hong Kong: Some psychosocial correlates. Archives of Sexual Behavior, 36(4), 588–598. https://doi.org/10.1007/s10508-006-9134-2

Perry, E. L., Schmidtke, J. M., & Kulik, C. T. (1998). Propensity to sexually harass: An exploration of gender differences. Sex Roles, 38(5-6), 443–460. https://doi.org/10.1023/A:1018765403072

Pryor, J. B. (1987). Sexual harassment proclivities in men. Sex Roles, 17(5-6), 269–290. https://doi.org/10.1007/BF00288164

Pryor, J. B., Giedd, J. L., & Williams, K. B. (1995). A social psychological model for predicting sexual harassment. Journal of Social Issues, 51(1), 69–84. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1995.tb01309.x

Pryor, J. B., LaVite, C., & Stoller, L. (1993). A social psychological analysis of sexual harassment: The person/situation interaction. Journal of Vocational Behavior, 42(1), 68–83. https://doi.org/10.1006/jvbe.1993.1005

Pryor, J. B., & Meyers, A. (2001). Men who sexually harass women. In L. B. Schlesinger (Ed.), Serial offenders: Current thought, recent findings (pp. 207–225). CRC Press. https://doi.org/10.1201/9781420042450.ch10

Pryor, J. B., & Stoller, L. (1994). Sexual cognition processes in men who are high in the likelihood to sexually harass. Personality and Social Psychology Bulletin, 20(2), 163–169. https://doi.org/10.1177/0146167294202005

Pryor, J. B., & Whalen, N. J. (1997). A typology of sexual harassment: Characteristics of harassers and the social circumstances under which sexual harassment occurs. In W. T. O’Donohue (Ed.), Sexual harassment: Theory, research, and treatment (pp. 129–151). Allyn & Bacon.

Siebler, F., Sabelus, S., & Bohner, G. (2008). A refined computer harassment paradigm: Validation, and test of hypotheses about target characteristics. Psychology of Women Quarterly, 32(1), 22–35. https://doi.org/10.1111/j.1471-6402.2007.00404.x

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: On the sheets that follow you will find 10 brief scenarios that describe 10 different interactions between males and females. In each case you will be asked to imagine that you are the main male character in the scenario. Then you will be asked to rate how likely it is that you would perform each of several different behaviors in the described social context. Assume in each scenario that, no matter what you choose to do, nothing bad would be likely to happen to you as result of your action. Try to answer each question as honestly as you can. Your answers will be completely anonymous. No one will ever try to discover your identity, no matter what you say on the questionnaire.
1

Would you give her the job over the other applicants? (Circle a number to indicate your response.)a 1………………………………………………….2………………………………………………….3………………………………………………….4. 5
2

Not at all Likely Very Likely
3

Assuming that you are secure enough in your job that no possible reprisals could happen to you, would you offer her the job in exchange for sexual favors?
4

Assuming that you fear no reprisals on your job, would you ask her to meet you later for dinner to discuss her possible employ- ment?
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de propension au harcèlement sexuel. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-propension-au-harcelement-sexuel-lsh
Looti, Mohammed. “Échelle de propension au harcèlement sexuel.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-propension-au-harcelement-sexuel-lsh.
Looti, Mohammed. “Échelle de propension au harcèlement sexuel.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-propension-au-harcelement-sexuel-lsh.