Échelle de polarité sexuelle

Analyse psychométrique approfondie de l’Échelle de polarité sexuelle (Sexual Polarity Scale) de Mosher et Sullivan : cadre théorique de Tomkins et Davis, validité, fidélité et inventaire intégral des items.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de polarité sexuelle (Sexual Polarity Scale, SPS), conçue par le psychologue américain Donald L. Mosher et son collaborateur James Sullivan en 1986 à l’Université du Connecticut, est un instrument psychométrique d’évaluation structuré visant à mesurer les idéologies sexuelles et leur articulation avec les visions du monde idéologiques globales des individus. Fondé conceptuellement sur la dialectique sociologique de Murray S. Davis (1983) opposant les perspectives « jéhovanistes » et « naturalistes », ainsi que sur la théorie des polarités affectives et idéologiques de Silvan S. Tomkins (1965) qui distingue les orientations « normatives » et « humanistes », le test se compose de 60 items présentés sous la forme d’un choix forcé dyadique (appariement de propositions antinomiques).

L’outil est structuré en deux sous-échelles complémentaires et entrelacées de 30 items chacune : la première évalue la polarité sexuelle proprement dite (idéologie jéhovaniste versus naturaliste), tandis que la seconde mesure la polarité idéologique générale (idéologie normative versus humaniste). Les options représentatives de la pensée jéhovaniste et normative reçoivent chacune un point, attribuant un score oscillant entre 0 et 30 pour chaque dimension, les scores élevés traduisant une adhésion prépondérante à une vision du monde conservatrice, dogmatique, axée sur la régulation punitive et le contrôle moral, tandis que les scores faibles reflètent une posture moderniste, humaniste, naturaliste et tolérante à l’égard de l’érotisme et de l’autonomie humaine.

Sur le plan métrologique, l’instrument a démontré une consistance interne satisfaisante lors de ses premières validations empiriques auprès de cohortes universitaires masculines, attestée par des coefficients alpha de Cronbach de 0,86 pour l’échelle de polarité sexuelle et de 0,79 pour la composante normative/humaniste. La validité de construit a été appuyée par des corrélations statistiquement significatives avec des mesures de culpabilité sexuelle (sex-guilt), de machisme, d’intolérance à l’ambiguïté, de fréquentation des lieux de culte et d’adhésion aux mythes du viol. L’Échelle de polarité sexuelle constitue un apport historique majeur pour la psychologie sociale, la sexologie clinique et l’étude des représentations morales des conduites érotiques.

2. Mots-clés / Keywords

Échelle de polarité sexuelle, Donald L. Mosher, idéologie sexuelle, jéhovanisme, naturalisme, humanisme, normativisme, culpabilité sexuelle, psychométrie, attitudes sexuelles, représentations morales, script sexuel, Tomkins, choix forcé.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de polarité sexuelle a été développée et formalisée par :

  • Donald L. Mosher, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Connecticut (Department of Psychology, University of Connecticut, Storrs, CT, États-Unis). Reconnu internationalement pour ses travaux pionniers sur la culpabilité sexuelle, la personnalité macho et la théorie des scripts sexuels. Contact d’archive : [email protected].
  • James Sullivan, M.A. / Ph.D. : Chercheur associé en psychologie, Department of Psychology, University of Connecticut, Storrs, CT, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de l’Échelle de polarité sexuelle (SPS) est d’opérationnaliser et de quantifier l’idéologie sexuelle d’un individu en tant que système cognitif et affectif structuré. Dans l’architecture conceptuelle proposée par Mosher et Sullivan, une idéologie sexuelle ne se résume pas à un ensemble disparate de croyances ou d’attitudes isolées vis-à-vis d’actes spécifiques (tels que la masturbation ou l’infidélité). Elle constitue une structure idéologique intégratrice, dotée d’une forte cohérence interne, servant de « script » sociocognitif qui guide la façon dont l’individu interprète, anticipe, évalue, régule et justifie l’ensemble de ses expériences érotiques passées, présentes et futures.

D’un point de vue clinique et diagnostique, l’échelle permet de cerner les fondements idéologiques des inhibitions sexuelles, des sentiments dysfonctionnels de honte ou de culpabilité, et des conflits conjugaux enracinés dans des visions incompatibles de la sexualité. Dans les contextes de thérapie de couple ou de sexothérapie, identifier le positionnement d’un patient sur le continuum jéhovaniste-naturaliste éclaire l’étiologie de certains troubles fonctionnels (comme le vaginisme, l’anorgasmie ou les troubles de l’érection d’origine psychologique), souvent entretenus par l’intériorisation d’une conception dégradante du plaisir charnel ou d’une angoisse diffuse de perte de contrôle du corps.

Dans le domaine de la recherche fondamentale en psychologie sociale, en sexologie et en sciences politiques, l’échelle a été conçue pour analyser les interconnexions entre les positions morales relatives au corps et les allégeances sociopolitiques plus vastes. L’instrument cherche à tester l’hypothèse selon laquelle les jugements émis sur l’érotisme ne sont pas étanches, mais reflètent des orientations philosophiques globales relatives à la nature humaine, à l’autorité, à l’ordre social et à la liberté individuelle. L’échelle offre un moyen méthodologique rigoureux d’examiner comment l’adhésion à des doctrines conservatrices sur le plan sexuel s’articule avec l’intolérance cognitive, les préjugés genrés, l’homophobie et l’acceptation de comportements coercitifs comme les mythes de l’agression sexuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’Échelle de polarité sexuelle s’articule autour de deux dimensions bipolaires distinctes mais interdépendantes, composées chacune de deux pôles antithétiques :

1. La polarité sexuelle : Jéhovanisme versus Naturalisme

Inspirée des travaux de sociologie historique des mœurs de Murray S. Davis (1983), cette dimension évalue l’antagonisme fondamental qui structure les idéologies sexuelles en Occident :

  • Le pôle jéhovaniste (Right-wing sexual ideology) : Cette idéologie conçoit la sexualité comme une force fondamentalement obscure, dangereuse, animale et potentiellement corruptrice. L’érotisme est perçu comme intrinsèquement souillant s’il n’est pas strictement encadré et ritualisé. La seule forme d’activité sexuelle tolérée et légitimée est le coït génital conjugal d’intensité modérée, finalisé par la procréation ou le maintien du devoir marital. Tout débordement passionnel, toute recherche de plaisir hédoniste autonome, toute pratique non procréative (masturbation, sexualités orales ou anales, fantasmes érotiques, homosexualité) est perçue comme une menace d’effondrement de l’intégrité du Moi (dissolution psychique) et une agression contre l’ordre moral et social institué. Dans les items du test, cette vision se manifeste par des assertions telles que l’obligation de se laver méthodiquement après un rapport, la considération du coït comme une perte de dignité corporelle proche d’une crise d’épilepsie, ou l’affirmation que le péché de fornication est plus grave qu’un homicide.
  • Le pôle naturaliste (Left-wing sexual ideology) : Cette idéologie moderniste et sécularisée désacralise la sexualité pour la réintégrer dans un continuum biologique et éthologique normal. Le sexe est compris comme une fonction corporelle saine, spontanée, commune aux humains et aux autres espèces animales, source légitime de joie, de jeu et d’épanouissement interpersonnel. Les limites morales ne sont plus dictées par des interdits théologiques ou des tabous ancestraux, mais par le principe séculier du consentement éclairé et du bien-être partagé. L’imagination érotique, la pornographie consenting, l’avortement comme droit reproductif et l’éducation sexuelle préventive y sont valorisés comme des expressions d’émancipation et de lucidité scientifique.

2. La polarité de vision du monde : Idéologie Normative versus Idéologie Humaniste

Directement dérivée de la théorie de Silvan S. Tomkins (1965), cette dimension capture la métaphysique implicite de l’individu quant à la valeur de l’être humain et de la société :

  • L’idéologie normative (Right-wing world-view) : Ancrée dans une ontologie platonicienne et une conception essentialiste du monde, elle postule que l’être humain est par nature imparfait, mauvais ou enclin au chaos. La valeur suprême réside en dehors de l’individu, dans les normes immuables, l’autorité, les lois et les vérités transcendantes. La socialisation doit s’appuyer sur l’amour conditionnel, la discipline stricte et la punition correctrice pour contraindre les pulsions anarchiques. La science a pour mission exclusive d’éradiquer l’erreur pour asseoir la certitude, et la raison doit brider les émotions étrangères ou suspectes.
  • L’idéologie humaniste (Left-wing world-view) : Héritière de la tradition protagoricienne pour laquelle « l’homme est la mesure de toute chose », cette vision postule la bonté intrinsèque de l’être humain. L’expérience subjective, l’épanouissement individuel, l’empathie, le jeu et la créativité constituent les sources premières de la valeur. La science et les institutions politiques n’ont pas pour fin d’imposer un contrôle coercitif, mais de promouvoir le bien-être social et l’expansion du potentiel humain. L’éducation repose sur l’acceptation inconditionnelle et l’exploration libre des ressentis intérieurs.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le soubassement théorique de l’instrument repose sur la convergence féconde de deux paradigmes majeurs de la psychologie et de la sociologie du XXe siècle : la théorie des scripts et des affects de Silvan S. Tomkins et l’analyse sociologique des cultures érotiques de Murray S. Davis.

Dans son ouvrage séminal de 1965, Affect, Imagery, Consciousness, Tomkins propose une conceptualisation novatrice de l’idéologie, qu’il définit comme « tout ensemble organisé d’idées pour lesquelles les êtres humains manifestent la plus grande passion, pour lesquelles il existe le moins de preuves tangibles, et à propos desquelles ils sont le moins certains ». Pour Tomkins, les idéologies politiques, scientifiques et religieuses ne sont pas de pures constructions intellectuelles désincarnées, mais des réverbérations d’affects primaires structurés au fil du développement de l’individu. L’oscillation historique entre une vision humaniste (centrée sur la résonance positive, l’empathie et la célébration du Moi) et une vision normative (centrée sur la détresse, la honte, le mépris et l’assujettissement à la règle) façonne le tempérament idéologique de la personne.

Donald L. Mosher, pionnier de l’étude empirique de la culpabilité sexuelle (Mosher Forced-Choice Guilt Inventory), a fait l’hypothèse fondamentale que cette polarité idéologique globale postulée par Tomkins s’exprime avec une acuité particulière dans la sphère de la sexualité. La rencontre avec la typologie de Davis (1983), détaillée dans Smut: Erotic Reality/Obscene Ideology, a permis de formaliser ce pendant érotique. Davis a mis en exergue le fait que la modernité occidentale est le théâtre d’un affrontement séculaire entre le modèle jéhovaniste judéo-chrétien — qui lie indissolublement l’acte charnel à la souillure spirituelle et au péché originel — et le modèle naturaliste rationaliste — qui réhabilite le corps comme un organe naturel dépourvu de charge métaphysique terrorisante.

En fusionnant ces deux théories, Mosher et Sullivan ont postulé l’existence d’une résonance structurale étroite : l’idéologie jéhovaniste apparaît comme la déclinaison génito-sexuelle directe de l’idéologie normative, toutes deux mues par la peur de l’anarchie pulsionnelle, le besoin d’autoritarisme moral et le rejet de la subjectivité hédoniste. Inversement, l’idéologie naturaliste constitue l’expression sexologique de l’humanisme philosophique, où le corps et ses plaisirs sont appréhendés sans effroi et intégrés au développement global de l’individu.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle de polarité sexuelle a été établie initialement par Mosher et Sullivan (1986) à travers une série d’investigations empiriques menées auprès d’un échantillon de 140 étudiants universitaires masculins de premier cycle de l’Université du Connecticut.

Validité de construit et validité convergente

Les analyses corrélationnelles de Pearson ont révélé un réseau nomologique hautement congruent avec les prédictions théoriques :

  • Corrélation entre les deux polarités : Une corrélation positive statistiquement significative a été observée entre le score de jéhovanisme et le score de normativisme, r(138) = 0,36, p < 0,001. Ce résultat confirme l’hypothèse de base postulant que les individus qui adoptent une vision conservatrice et répressive de la sexualité tendent également à adhérer à une vision du monde autoritaire, rigide et punitive sur le plan social et philosophique.
  • Culpabilité sexuelle : Le score d’idéologie jéhovaniste corrèle très fortement avec la disposition à la culpabilité sexuelle mesurée par le Mosher True-False Sex-Guilt Inventory, r(138) = 0,56, p < 0,001. Les personnes jéhovanistes éprouvent de façon prévalente des affects intériorisés d’anxiété et de honte face à leurs propres désirs charnels.
  • Religiosité institutionnelle : Les participants présentant des scores jéhovanistes élevés ont rapporté une fréquentation des offices religieux nettement plus assidue, r(138) = 0,23, p < 0,01, ainsi qu’un engagement accru dans des activités paroissiales ou communautaires religieuses, r(138) = 0,33, p < 0,001.
  • Intolérance à l’ambiguïté : Le jéhovanisme a démontré une relation significative avec l’intolérance cognitive à l’ambiguïté, r(138) = 0,32, p < 0,001. Une corrélation similaire a été relevée pour l’orientation normative de Tomkins, r(138) = 0,20, p < 0,05, attestant que ces idéologies reposent sur des besoins psychologiques marqués de catégorisation binaire, de fermeture cognitive et de rejet des nuances.

Validité prédictive et critères d’agression sexuelle

L’échelle a démontré une capacité prédictive remarquable concernant les attitudes à l’égard de la domination masculine et des violences sexuelles :

  • Acceptation des mythes du viol : Une orientation jéhovaniste s’est avérée significativement liée à l’adhésion aux croyances légitimant l’agression sexuelle (Rape Myth Acceptance), r(138) = 0,16, p < 0,05.
  • Machisme et propension au viol : L’orientation normative de Tomkins corrèle significativement avec l’idéologie machiste (Macho Personality), r(138) = 0,22, p < 0,01, et avec la propension auto-rapportée à commettre un viol si l’impunité était totale (proclivity to rape), r(138) = 0,19, p < 0,05. Ces résultats soulignent que la vision normative et répressive du monde fournit un terreau cognitif propice à l’objectification et à l’exercice d’un contrôle coercitif sur autrui.

8. Fidélité / Reliability

Les qualités de consistance interne de l’Échelle de polarité sexuelle ont été rigoureusement analysées lors de son processus d’étalonnage :

  • Consistance interne de la sous-échelle sexuelle : Le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 30 items composant la polarité jéhovaniste/naturaliste s’élève à 0,86. Ce niveau de fidélité élevé atteste d’une grande homogénéité thématique entre les items relatifs à la pureté, aux déviances perçues, à la pornographie, au mariage et au corps.
  • Consistance interne de la sous-échelle de vision du monde : Les 30 items extraits de la Tomkins Polarity Scale (TPS) pour mesurer l’opposition normative/humaniste affichent un coefficient alpha de Cronbach de 0,79. Bien que légèrement inférieur au premier, cet indice démontre une cohérence tout à fait satisfaisante pour un construit philosophique aussi vaste englobant la science, la pédagogie, la justice et la métaphysique.
  • Discrimination des items : Durant la phase de sélection initiale des items (à partir d’un ensemble exploratoire de 40 items sexuels et de 59 items de Tomkins), l’analyse d’items a révélé que 37 des 40 items sexuels discriminaient significativement la polarité jéhovaniste/naturaliste au seuil de p < 0,05 (niveau de confiance de 95 %). De même, 45 des 59 items de la TPS ont satisfait à ce critère de discrimination statistique, permettant d’extraire les 30 paires d’items les plus robustes pour chaque dimension.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structuration factorielle de la SPS reflète son organisation théorique bicéphale articulée autour de deux axes bipolaires majeurs :

Lors des analyses factorielles exploratoires (AFE) conduites par Mosher et Sullivan dans les années 1980, le recours à l’extraction en composantes principales assortie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin) a confirmé la présence de deux facteurs de premier ordre dominants :

  1. Facteur I : Régulation morale et répressive de la sexualité (Polarité Jéhovaniste/Naturaliste). Ce facteur sature fortement sur les items impliquant l’évaluation du caractère dangereux, impur ou dégradant de l’excitation érotique non maritale. Des saturations factorielles proéminentes (> 0,50) sont observées pour les énoncés portant sur la pornographie corruptrice (items 1, 14, 17), l’assimilation du sexe hors-norme à la bestialité (item 11), la condamnation absolue de la masturbation et des pratiques non procréatrices (items 40, 46), et la vision du coït comme une perte humiliante de maîtrise somatique (items 4, 30).
  2. Facteur II : Autoritarisme ontologique et conformisme normatif (Polarité Normative/Humaniste de Tomkins). Ce facteur regroupe les propositions valorisant la discipline sévère, la méfiance fondamentale vis-à-vis de la nature humaine, l’inflexibilité institutionnelle et la répression des affects marginaux (items 3, 5, 12, 21, 57). Les saturations oscillent majoritairement entre 0,40 et 0,65.

L’existence d’une corrélation d’ordre intermédiaire (r = 0,36) entre ces deux dimensions factorielles valide la modélisation sous forme de facteurs corrélés plutôt qu’orthogonaux, étayant l’hypothèse sous-jacente d’un facteur idéologique général de second ordre que l’on pourrait caractériser d’« Idéologie de Contrôle Hiérarchique et Corporel », faisant écho aux théories ultérieures sur l’autoritarisme de droite (Altemeyer) et la domination sociale (Sidanius et Pratto).

10. Instrument de mesure / Instrument

Les caractéristiques opérationnelles et les modalités d’administration de l’instrument sont les suivantes :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique papier-crayon ou informatisé.
  • Format d’items : Format à choix forcé dyadique (forced-choice). Chaque item présente une paire d’énoncés antinomiques marqués (a) et (b) ; le participant a l’obligation de choisir l’énoncé qui se rapproche le plus de ses convictions intimes.
  • Composition du test : 60 items au total, mélangés de manière pseudo-aléatoire pour éviter les biais d’ancrage thématique :
    • 30 items consacrés à l’idéologie sexuelle (Jéhovanisme vs Naturalisme).
    • 30 items consacrés à la vision du monde générale (Idéologie Normative vs Idéologie Humaniste, issus de la Tomkins Polarity Scale).
  • Temps de passation : Environ 12 à 15 minutes (moyenne standardisée de 13 minutes).
  • Règles de cotation (Scoring) :
    • Sous-échelle Jéhovanisme : 1 point est accordé lorsque l’alternative sélectionnée correspond à la position jéhovaniste ; 0 point si l’alternative naturaliste est choisie. Les réponses jéhovanistes sont précisément : 1a, 4b, 8a, 9b, 10b, 11a, 14a, 15b, 16b, 17b, 19b, 20a, 22b, 23b, 25b, 27b, 28b, 29a, 30b, 35a, 36a, 37b, 39b, 40a, 41b, 43b, 44a, 46b, 51b, et 52a. Le score s’étend de 0 (posture exclusivement naturaliste) à 30 (posture exclusivement jéhovaniste).
    • Sous-échelle Normativisme : 1 point est accordé lorsque l’alternative sélectionnée correspond à l’idéologie normative ; 0 point si l’option humaniste est choisie. Les réponses normatives sont précisément : 2b, 3b, 5a, 6b, 7b, 12a, 13a, 18a, 21b, 24a, 26b, 31a, 32b, 33a, 34a, 38b, 42b, 45b, 47b, 48b, 49a, 50b, 53a, 54a (noté 52b dans certains corrigés d’archive), 55b, 56b, 57a, 58a, 59b, et 60a. Le score s’étend de 0 (posture purement humaniste) à 30 (posture purement normative).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception initiale : 1986 (publication formelle et données associées par Donald L. Mosher et James Sullivan).
  • Statut des droits d’auteur : Les droits scientifiques initiaux relèvent des auteurs et des publications universitaires associées. L’outil a été mis à disposition de la communauté académique dans des anthologies métrologiques de référence, notamment le manuel Handbook of Sexuality-Related Measures.
  • Tarification : L’utilisation de l’Échelle de polarité sexuelle est libre de droits pour les travaux de recherche universitaire, l’enseignement supérieur et les thèses académiques non commerciales, sous réserve d’une citation bibliographique complète et rigoureuse des auteurs originaux.
  • Demandes d’autorisation : Les demandes formelles d’adaptation transculturelle ou d’intégration dans des protocoles de recherche financés peuvent être orientées vers le Département de Psychologie de l’Université du Connecticut ou les ayants droit académiques du Pr Donald L. Mosher.

12. Références / References

Les sources théoriques et empiriques structurant la conceptualisation et la validation de cette échelle comprennent :

  • Davis, M. S. (1983). Smut: Erotic reality/obscene ideology. University of Chicago Press. https://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/S/bo5957013.html
  • Mosher, D. L. (1966). The development and multitrait-multimethod matrix analysis of three measures of three aspects of guilt. Journal of Consulting Psychology, 30(1), 25–29. https://doi.org/10.1037/h0023023
  • Mosher, D. L., & Sirkin, M. (1984). Measuring a macho personality constellation. Journal of Research in Personality, 18(2), 150–163. https://doi.org/10.1016/0092-6566(84)90026-6
  • Mosher, D. L., & Sullivan, J. (1986). Sexual Polarity Scale. In C. M. Davis, W. L. Yarber, R. Bauserman, G. Schreer, & S. L. Davis (Eds.), Handbook of Sexuality-Related Measures (pp. 248–251). SAGE Publications.
  • Tomkins, S. S. (1963). Affect imagery consciousness: Volume II. The negative affects. Springer Publishing Company.
  • Tomkins, S. S. (1965). The psychology of being right: Ideology and affect. In H. M. Schroder & P. Suedfeld (Eds.), Personality theory and information processing (pp. 78–110). Ronald Press.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions: An ideology is an organized set of ideas that offers a world view. An ideology can be concerned with theories of value, education, science, sex, or socialization. These are just a few examples. A sexual ideology is an organized set of ideas about sex reflecting the ideas and aspirations of the individual, society, and culture. In the 60 items that follow, polar or contrasting ideas are presented. Your task is to select the item in each pair which is closest to your personal point of view. If you prefer alternative (a) circle letter (a); if you prefer alternative (b) circle letter (b). Although your cooperation is appreciated, you are, of course, free not to answer any item.

  1. a) Pornography is disgusting.
    b) So-called pornography can be enjoyable.
  2. a) The most important aspect of science is that it enables man to realize himself by gaining understanding and control of the world around him.
    b) The most important aspect of science is that it enables man to separate the true from the false, the right from the wrong, reality from fantasy.
  3. a) To assume that most people are well-meaning brings out the best in others.
    b) To assume that most people are well-meaning is asking for trouble.
  4. a) Abandoning yourself to pleasure helps to produce orgasmic response.
    b) Sexual abandonment endangers the person’s ability to control his or her own body.
  5. a) No government should sanction legalized gambling. Ultimately this will undermine the very foundations of authority.
    b) Legalized gambling is at worst innocuous. At best it lends spice and zest to life.
  6. a) What children demand should be of little consequence to their parents.
    b) What children demand, parents should take seriously and try to satisfy.
  7. a) The most important thing in the world is to know yourself and be yourself.
    b) The most important thing in the world is to try to live up to the highest standards.
  8. a) The sin of fornication can be a worse crime than murder.
    b) It is better to make love than to fight.
  9. a) Homosexual teachers have no necessary affect on children’s personality sexual orientation.
    b) Homosexual teachers can corrupt a young mind.
  10. a) Sexual fantasy is a way for a person to increase their erotic pleasure through the use of imagination.
    b) Too much thinking about sex is a sign of an impure mind that will be easy prey to sexual temptation.
  11. a) Sex undermines the distinction between humans and animals, making people more bestial.
    b) Sex affirms the essential similarity of all of nature’s creatures.
  12. a) Juvenile delinquency is simply a reflection of the basic evil in human beings. It has always existed in the past and it always will.
    b) Juvenile delinquency is due to factors we do not understand. When we do understand these we will be able to prevent it in the future.
  13. a) When man faces death he learns how basically insignificant he is.
    b) When man faces death he learns who he really is and how much he loved life.
  14. a) Pornography pollutes the senses, the self, and the society.
    b) Erotica arouses the senses, frees the self, and purges false prudery from society.
  15. a) The child molester deserves society’s help, treatment, and rehabilitation.
    b) The child molester should receive their just deserts-punishment.
  16. a) Scientific knowledge provides the best guide to leading a satisfying sex life.
    b) The Bible and religious leaders provide the best guide to leading a moral sex life.
  17. a) Pornography is protected by the freedom of speech clause in the First Amendment.
    b) Pornography should not be protected by the First Amendment because it creates a clear and present danger to society.
  18. a) The important thing in science is to be right and make as few errors as possible.
    b) The important thing in science is to strike out into the unknown-right or wrong.
  19. a) Sexually explicit materials can be used in the classroom to educate young people about the facts of human sexuality.
    b) The danger of sex education in the classroom is that it will corrupt the minds of young people who are open to immoral influences.
  20. a) Nudity at public beaches endangers the well-being of the young.
    b) Nudity at public beaches can lead to an appreciation of the human body as part of nature.
  21. a) Great achievements require first of all great imagination.
    b) Great achievements require first of all severe self-discipline.
  22. a) Engaging in a single homosexual act does not necessarily mean the person has, or will adopt, an identity as a homosexual.
    b) Engaging in a single homosexual act identifies a person as homosexual.
  23. a) Although child pornography is distasteful, its influence is overrated.
    b) If child pornography is permitted in any form, civilization, as we know it, is doomed.
  24. a) If human beings were really honest with each other, there would be a lot more antipathy and enmity in the world.
    b) If human beings were really honest with each other, there would be a lot more sympathy and friendship in the world.
  25. a) Leaders in the public eye have no special moral obligations-they are fallible like all humans.
    b) Sexual morality is necessary in our clergy, government officials, and teachers to uphold the standards of society.
  26. a) The beauty of theorizing is that it has made it possible to invent things which otherwise never would have existed.
    b) The trouble with theorizing is that it leads people away from the facts and substitutes opinion for truth.
  27. a) Sometimes abortion is the best choice available to a young, unmarried woman.
    b) Abortion is immoral because it takes a human life.
  28. a) Sex education in the schools, including teaching about contraception, is the most effective way to reduce teenage pregnancies.
    b) Sex education in the schools threatens to undermine the authority of the family and the morality of the community.
  29. a) People should wash their hands and genitals after engaging in sexual relations.
    b) Washing after sex destroys the relaxed mood that is created since it implies that sex is dirty.
  30. a) The loss of control during sexual intercourse heightens orgasmic and interpersonal fulfillment.
    b) Sexual intercourse and orgasm resemble having an epileptic fit, lacking the gracefulness and beauty of more refined social interaction.
  31. a) Imagination leads people into self-deception and delusions.
    b) Imagination frees people from the dull routines of life.
  32. a) Thinking is responsible for all discovery and invention.
    b) Thinking keeps people on the straight and narrow.
  33. a) Observing the world accurately enables human beings to separate reality from imagination.
    b) Observing the world accurately provides a human being with constant excitement and novelty.
  34. a) Some people can only be changed by humiliating them.
    b) No one has the right to humiliate another person.
  35. a) Sex is so powerful that it alters your moral character, making you more like your partner.
    b) Sex has no more power to alter personality or character than any other form of social interaction.
  36. a) The wages of sexual sin is death.
    b) The wages of sexual guilt is sexual inhibition.
  37. a) Marital sex can remain exciting if the couple is imaginative and uninhibited.
    b) Marriage is a good remedy for sexual temptation.
  38. a) Those who err should be forgiven.
    b) Those who err should be corrected.
  39. a) Consenting sex is a worthwhile moral end.
    b) Too often, sex leads people to relate to one another as means rather than as ends.
  40. a) Oral and anal sex are more depraved than sexual intercourse.
    b) Oral and anal sex are as morally acceptable as intercourse as long as the couple agrees.
  41. a) Any position a couple wants to use during intercourse is normal because preferences for positions vary from culture to culture.
    b) There are natural and unnatural positions for men and women to use during sexual intercourse.
  42. a) Whenever a person has difficulty in deciding which of two things to do he should do that which will give him the greatest satisfaction. In the long run that will be the right choice.
    b) Whenever a person has difficulty in deciding which of two things to do he should do what he ought to do, whether it gives him satisfaction or not.
  43. a) All of sex is natural, without necessarily having any cosmic or religious significance.
    b) Marital sex, and only marital sex, is sacred-to be regarded with wonder.
  44. a) Human sex was set apart forever from animal sex by the divine act that created the human soul.
    b) Human sex is similar, biologically and behaviorally, to sex in primates like the apes.
  45. a) Anger should be directed against the oppressors of mankind.
    b) Anger should be directed against those revolutionaries who undermine law and order.
  46. a) Masturbation is a normal sexual behavior that has produced needless worries.
    b) At best, masturbation must be controlled; at worst, it is a sinful waste of human seed.
  47. a) Familiarity, like absence, makes the heart grow fonder.
    b) Familiarity breeds contempt.
  48. a) Reason is the chief means by which human beings make great discoveries.
    b) Reason has to be continually disciplined and corrected by reality and hard facts.
  49. a) The changeableness of human feelings is a weakness in human beings.
    b) The changeableness of human feelings makes life more interesting.
  50. a) There are a great many things in the world which are good for human beings and which satisfy them in different ways. This makes the world an exciting place and enriches the lives of human beings.
    b) There are a great many things which attract human beings. Some of them are proper, but many are bad for human beings, and some are degrading.
  51. a) Psychology studies sexual behavior with the same scientific methods used to study other forms of experience and behavior.
    b) Psychology can only study the surface of sex, not its essence.
  52. a) The Kinsey Reports are an example of poor science.
    b) The Kinsey Reports reduced irrational guilt by describing how common many sexual behaviors were.
  53. a) Children should be seen and not heard.
    b) Children are entirely delightful.
  54. a) For a human being to live a good life he must act like a good man, i.e., observe the rules of morality.
    b) For a human being to live a good life he must satisfy both himself and others.
  55. a) Mystical experiences may be sources of insight into the nature of reality.
    b) So-called mystical experiences have most often been a source of delusion.
  56. a) Man must always leave himself open to his own feelings–alien as they may sometimes seem.
    b) If sanity is to be preserved, man must guard himself against the intrusion of feelings which are alien to his nature.
  57. a) There is no surer road to insanity than surrender to the feelings, particularly those which are alien to the self.
    b) There is a unique avenue to reality through the feelings, even when they seem alien.
  58. a) Life sometimes smells bad.
    b) Life sometimes leaves a bad taste in the mouth.
  59. a) The mind is like a lamp which illuminates whatever it shines on.
    b) The mind is like a mirror which reflects whatever strikes it.
  60. a) Things are beautiful or ugly independent of what human beings think.
    b) Beauty and ugliness are in the eye of the beholder.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de polarité sexuelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-polarite-sexuelle
Looti, Mohammed. “Échelle de polarité sexuelle.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-polarite-sexuelle.
Looti, Mohammed. “Échelle de polarité sexuelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-polarite-sexuelle.