1. Résumé / Abstract
L’Échelle de permissivité sexuelle prémaritale de Reiss (en anglais, Reiss Premarital Sexual Permissiveness Scale, couramment désignée par l’acronyme Reiss PSP), conçue et formalisée par le sociologue américain Ira L. Reiss en 1964, constitue un jalon méthodologique et épistémologique fondamental dans l’étude sociologique et psychométrique des attitudes à l’égard de la sexualité humaine. Développée au sein d’un échantillon bi-racial rigoureux composé d’étudiants universitaires et d’un panel représentatif d’adultes à l’échelle nationale aux États-Unis, cette échelle a été élaborée afin de quantifier avec précision les normes attitudinales régissant la permissivité sexuelle avant le mariage. L’instrument mobilise le paradigme cumulatif de l’échelle de Guttman pour ordonner hiérarchiquement l’acceptabilité morale et normative des comportements intimes selon deux axes orthogonaux interconnectés : l’intensité de l’engagement physique (incluant le baiser, les caresses intimes ou petting, et les rapports sexuels complets ou coït) et le degré d’attachement affectif unissant les partenaires (fiançailles, amour profond, forte affection et absence d’affection émotionnelle forte).
Composée initialement de 12 items déclinés en deux formes distinctes selon le genre de la cible évaluée (une forme masculine et une forme féminine afin d’isoler empiriquement le phénomène du double standard ou double morale sexuelle), l’échelle utilise un continuum d’évaluation en 6 points d’accord ou un découpage binaire selon les nécessités de la scalabilité de Guttman. Les propriétés psychométriques établies dès les publications princeps révèlent des indices d’adéquation remarquables, notamment un coefficient de reproductibilité (Coefficient of Reproducibility) et un coefficient de scalabilité (Coefficient of Scalability) excédant systématiquement le seuil critique de 0,90, témoignant d’une unidimensionnalité et d’une transitivité parfaites des attitudes évaluées. Utilisée de manière intensive dans les études relatives à la révolution sexuelle, aux rôles de genre, ainsi qu’aux différences ethnoculturelles et intergénérationnelles, l’échelle Reiss PSP demeure une référence internationale incontournable pour l’évaluation des standards prémaritaux.
2. Mots-clés / Keywords
Permissivité sexuelle prémaritale, Échelle de Guttman, Ira Reiss, Attitudes sexuelles, Comportement psychosexuel, Double standard sexuel, Reproductibilité psychométrique, Normes relationnelles, Affect et sexualité, Différences de genre, Psychométrie sociologique, Révolution sexuelle, Intimité physique.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, théorisée et validée par le professeur Ira L. Reiss, Ph.D., alors affilié au Département de sociologie et d’anthropologie de la State University of Iowa (aujourd’hui l’Université de l’Iowa, Iowa City, États-Unis). Par la suite, le Dr Reiss a poursuivi ses travaux d’envergure sur la théorie sociologique de la sexualité et de la famille au sein du Family Study Center et du Département de sociologie de l’Université du Minnesota (Minneapolis, États-Unis), où il a exercé en tant que professeur émérite. Ses travaux pionniers ont été récompensés par de nombreuses distinctions, notamment le prix Ernest W. Burgess de la part du National Council on Family Relations (NCFR) et le prix Alfred E. Kinsey décerné par la Society for the Scientific Study of Sexuality (SSSS).
4. Objectif / Purpose
L’objectif principal de l’Échelle de permissivité sexuelle prémaritale de Reiss est d’opérationnaliser et de quantifier les variations individuelles et sous-culturelles relatives à la légitimité des comportements sexuels antérieurs au mariage. Dans les années 1960, la recherche sociologique sur la sexualité était confrontée à une lacune empirique majeure : si les rapports fondateurs d’Alfred Kinsey avaient documenté avec une précision sans précédent les pratiques sexuelles manifestes de la population américaine, ils laissaient dans l’ombre les architectures normatives et les systèmes de croyances subjectifs qui régulaient, sanctionnaient ou valorisaient ces pratiques. Le Reiss PSP a donc été forgé pour combler ce fossé entre le comportement objectif et l’attitude sous-jacente.
D’un point de vue fondamental, l’instrument vise à mesurer comment la légitimation d’un acte physique intime est fonction du contexte relationnel et émotionnel dans lequel il s’inscrit. Reiss postulait que les individus n’évaluent pas la sexualité in vacuo, mais selon un arbitrage complexe entre la nature de l’acte corporel et le statut affectif du couple. L’échelle a été intentionnellement structurée pour identifier quatre standards sociologiques prémaritaux majeurs :
- L’abstinence stricte (Abstinence standard) : où les rapports sexuels complets sont proscrits avant le mariage pour les deux sexes, quel que soit l’amour partagé ;
- Le double standard (Double standard) : où une plus grande permissivité (notamment l’accès au coït) est accordée aux hommes tandis qu’une stricte retenue est exigée des femmes ;
- La permissivité avec affection (Permissiveness with affection) : qui conditionne l’acceptabilité des relations sexuelles complètes à la présence de sentiments amoureux profonds, d’un engagement ou de fiançailles formelles ;
- La permissivité sans affection (Permissiveness without affection ou standard récréatif) : où l’activité sexuelle complète est jugée acceptable sur la seule base du consentement mutuel et du plaisir, indépendamment de toute composante amoureuse.
Dans le domaine de la recherche contemporaine, l’échelle trouve de multiples applications : sociologie de la famille, psychologie sociale des relations intimes, épidémiologie comportementale et santé publique (notamment dans la prévention des infections sexuellement transmissibles et l’étude des comportements sexuels à risque chez les jeunes adultes), ainsi que dans l’analyse clinique des conflits conjugaux issus de divergences normatives entre partenaires. Sur le plan théorique, l’instrument fournit une mesure standardisée permettant de vérifier l’hypothèse de la sécularisation des mœurs et l’érosion progressive du double standard au fil des générations.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique au cœur de l’instrument est la permissivité sexuelle prémaritale (Premarital Sexual Permissiveness). Il est défini par Ira Reiss comme l’étendue ou le degré auquel un individu considère les conduites physiques intimes non maritales comme acceptables, légitimes et appropriées pour soi et pour autrui. Loin d’être un trait de personnalité statique ou une disposition pulsionnelle, la permissivité sexuelle est appréhendée comme une attitude normative socio-cognitive façonnée par les institutions religieuses, les appartenances ethnoculturelles, la structure familiale, les groupes de pairs et le statut socio-économique.
Ce construit s’articule autour d’une matrice bidirectionnelle combinant deux dimensions maîtresses :
1. La gradation de l’intimité corporelle (Physical Intimacy Dimension)
Cette dimension renvoie à la nature de l’acte physique en cause, graduée selon son niveau d’intimité, d’intrusion corporelle et d’irréversibilité symbolique selon les normes de l’époque :
- Le baiser (Kissing) : Représente le seuil minimal de l’intimité physique publique ou semi-privée, généralement toléré très largement dans la société occidentale contemporaine, même en l’absence de liens affectifs formalisés.
- Les caresses intimes (Petting) : Comprend les contacts physiques manuels ou buccaux avec les zones érogènes primaires et secondaires au-dessus ou en dessous des vêtements, marquant une rupture nette avec la simple manifestation d’affection superficielle sans franchir le seuil du coït.
- Les rapports sexuels complets (Full sexual relations / Coitus) : Représente le degré maximal d’intimité physique et le tabou historique central des systèmes matrimoniaux occidentaux, soumis aux sanctions morales et religieuses les plus rigoureuses.
2. Le gradient de l’engagement affectif et institutionnel (Affective-Relational Dimension)
L’acceptabilité de chaque niveau d’intimité corporelle est systématiquement modulée par quatre contextes relationnels emboîtés :
- Les fiançailles (Engaged to be married) : L’engagement formel en vue d’un mariage prochain, conférant traditionnellement la plus haute légitimité sociale aux comportements prénuptiaux dans les cultures occidentales.
- L’amour (In love) : Un attachement romantique mutuel passionné et profond, distinct de l’officialisation institutionnelle des fiançailles.
- La forte affection (Strong affection) : Un sentiment durable de sympathie, de respect mutuel et de tendresse, sans nécessairement revêtir la dimension exclusive de la passion amoureuse.
- L’absence d’affection forte (No strong affection) : Une relation purement éphémère, récréative ou instrumentale, représentant l’extrémité la plus transgressive sur le continuum de permissivité.
En psychométrie guttamienne, ces items sont ordonnés de manière cumulative : un sujet qui approuve un acte hautement permissif (par exemple, le coït sans affection) est théoriquement censé approuver tous les actes et contextes situés en amont sur le continuum (par exemple, le coït avec amour ou le baiser sans affection). La déviation par rapport à cette chaîne logique est interprétée comme une erreur d’ordonnancement ou une forme d’incohérence attitudinale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique sous-jacent au développement de l’échelle de Reiss s’ancre dans la théorie sociologique de l’autonomie et des réseaux de référence formulée par Reiss lui-même (1967). Selon ce paradigme structuralo-fonctionnaliste et interactionniste, le degré de permissivité sexuelle affiché par un individu résulte de l’équilibre des forces exercées par ses groupes de socialisation primaire (notamment la cellule familiale d’origine) et ses groupes de socialisation secondaire (les pairs et les sous-cultures de jeunesse).
Reiss postule plusieurs propositions théoriques formelles qui gouvernent la permissivité sexuelle prémaritale :
- L’hypothèse des liens familiaux : Plus un individu est intégré au sein d’une structure familiale traditionnelle qui assure la régulation de la descendance et la transmission patrimoniale, plus sa permissivité sexuelle sera faible. Les parents manifestent structurellement une permissivité inférieure à celle de leurs enfants parce qu’ils sont responsables du statut social de la lignée.
- L’hypothèse de l’autonomie des pairs : L’émergence d’une sous-culture adolescente autonome par rapport à la tutelle parentale favorise une hausse mécanique de la permissivité sexuelle. Plus le jeune adulte s’appuie sur son groupe de pairs comme groupe de référence principal, plus ses standards s’écartent des normes d’abstinence traditionnelles.
- La théorie de la libération des rôles de genre : Reiss a vigoureusement analysé l’institution du double standard. Historiquement, la société tolérait une certaine licence masculine tout en punissant sévèrement la liberté sexuelle féminine afin de garantir la certitude de la paternité. L’échelle Reiss PSP a été expressément conçue avec deux versions (l’une évaluant les actes accomplis par un homme, l’autre évaluant les actes accomplis par une femme) pour mesurer l’intensité empirique de ce double standard et documenter son éventuelle régression au cours des processus de modernisation sociétale.
Ce modèle théorique s’articule également avec les théories de la dissonance cognitive de Leon Festinger et la sociologie de la déviance de Robert K. Merton : lorsque les conduites effectives s’émancipent des règles religieuses formelles, les individus modifient leurs attitudes déclarées pour réaligner leur système de croyances avec leurs pratiques corporelles réelles.
7. Validité / Validity
Bien que la publication originale de 1964 dans le Journal of Marriage and the Family n’ait pas mobilisé l’arsenal factoriel moderne — la logique de l’époque reposant principalement sur les critères d’adéquation scalothéorie de Louis Guttman —, la validité psychométrique de l’échelle Reiss PSP a été amplement démontrée au cours des décennies suivantes à travers de multiples études empiriques.
Validité de construit (Construct Validity)
La validité de construit est étayée par la capacité de l’instrument à discriminer fidèlement les sous-populations conformément aux hypothèses théoriques a priori :
- Différenciation de genre : Les études longitudinales et transversales menées avec le Reiss PSP ont constamment démontré que les hommes obtenaient des scores globaux de permissivité significativement plus élevés que les femmes, particulièrement sur les items évaluant les rapports sexuels complets en l’absence de forte affection.
- Sensibilité aux variables religieuses : Des corrélations négatives robustes (variant généralement entre $r = -0,40$ et $r = -0,65$, $p < 0,001$) ont été observées de façon répétée entre le score de permissivité de Reiss et la fréquence de fréquentation des lieux de culte ou le degré d'orthodoxie doctrinale, confirmant la validité théorique du concept.
- Différences ethniques et sous-culturelles : Les travaux initiaux de Reiss (1964, 1967) sur des cohortes bi-raciales (étudiants et adultes afro-américains et caucasiens) ont démontré que les modèles normatifs variaient sensiblement selon les contextes sous-culturels, les sous-groupes afro-américains affichant une plus forte acceptation de la sexualité fondée sur l’affection mutuelle hors formalisation institutionnelle.
Validité prédictive et critériée (Predictive & Criterion Validity)
L’échelle a démontré une excellente validité prédictive vis-à-vis des conduites sexuelles effectives. Les scores obtenus sur l’échelle de Reiss corrèlent positivement et fortement ($r$ variant de $0,50$ à $0,72$) avec l’âge d’initiation sexuelle (relation inverse), le nombre cumulé de partenaires sexuels et la fréquence des rapports au sein des cohortes universitaires suivies longitudinalement. Les sujets classés comme « hautement permissifs » sont statistiquement plus enclins à rapporter des comportements de multipartenariat et une adhésion à des styles de vie non conventionnels.
Validité convergente et discriminante (Convergent & Discriminant Validity)
L’échelle de Reiss présente des corrélations positives élevées avec d’autres échelles de libéralisme social et sexuel, telles que l’inventaire sociosexuel de Gangestad et Simpson (SOI) et les échelles d’attitudes sexuelles d’Hendrick et Hendrick ($r > 0,60$). Réciproquement, sa validité discriminante est attestée par des corrélations faibles à nulles avec des dimensions de personnalité non spécifiques comme l’extraversion générale, l’amabilité ou les mesures de désirabilité sociale (telles que l’échelle de Marlow-Crowne, avec des $r < 0,15$).
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’échelle Reiss PSP s’inscrit au carrefour de la théorie classique des tests et de la métrologie de Guttman. Dans la publication séminale de Reiss (1964), la fidélité a été évaluée à partir du critère de scalabilité cumulative.
Indices de reproductibilité de Guttman
Pour qu’un ensemble d’items soit reconnu comme une échelle de Guttman valide et fidèle, deux métriques indispensables doivent être calculées :
- Le coefficient de reproductibilité (Coefficient of Reproducibility – CR) : Ce coefficient mesure la proportion de réponses réelles qui peuvent être exactement déduites à partir du score total du participant. Reiss a établi que l’échelle de 12 items (ainsi que ses formes courtes et sous-échelles) affichait des coefficients de reproductibilité situés entre 0,91 et 0,96, dépassant largement le seuil d’acceptabilité conventionnel fixé à 0,90 par Guttman.
- Le coefficient de scalabilité (Coefficient of Scalability – CS) : Évaluant la proportion d’erreurs évitée par rapport à une distribution purement marginale, les scores obtenus variaient de 0,65 à 0,78, surpassant le standard minimal de 0,60 requis pour confirmer le caractère unidimensionnel cumulatif de l’instrument.
Consistance interne et stabilité temporelle
Dans les réplications ultérieures ayant traité l’échelle sous la forme d’un continuum sommatoire de type Likert (en attribuant de 1 à 6 points par item), les coefficients de consistance interne se sont avérés exceptionnels :
- Alpha de Cronbach ($lpha$) : Les estimations oscillent de façon constante entre 0,88 et 0,94 selon les échantillons (étudiants vs adultes), démontrant une homogénéité interne remarquable des 12 énoncés.
- Stabilité test-retest : Les études de stabilité temporelle à 4 semaines d’intervalle rapportent des coefficients de corrélation intraclasse ($CCI$) supérieurs à 0,85, confirmant que les normes évaluées correspondent à des structures attitudinales stables et non à des fluctuations d’humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Bien que Reiss ait initialement conçu l’instrument au prisme exclusif de l’analyse de scalogramme de Guttman sans recourir à l’analyse factorielle, des réanalyses psychométriques ultérieures (notamment celles de Hampe et Chimblo en 1978, puis de Sprecher et collaborateurs) ont soumis la matrice de corrélation des 12 items à des modélisations exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Structure unidimensionnelle dominante
L’analyse en composantes principales (ACP) avec critère de Kaiser et examen de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) révèle sans ambiguïté l’existence d’un facteur général prépondérant :
- Le premier facteur explique à lui seul entre 58 % et 67 % de la variance totale des réponses.
- Les saturations factorielles de l’ensemble des 12 items sur cette composante primaire sont uniformément élevées, s’échelonnant généralement de 0,62 à 0,89.
- Ce facteur général reflète précisément le niveau global de permissivité et de tolérance envers l’affranchissement des contraintes institutionnelles régulant l’accès à la sexualité.
Modélisation bifactorielle et sous-dimensions contextuelles
Dans certaines modélisations confirmatoires plus fines (AFC), une structure hiérarchique ou à deux facteurs corrélés a été mise en évidence :
- Facteur 1 : Permissivité physique avancée / Coït (items 9, 10, 11, 12), saturant fortement sur l’acceptabilité des rapports sexuels pénétratifs, particulièrement dans les contextes de faible attachement ;
- Facteur 2 : Permissivité affective et préliminaires / Baiser et Petting (items 1 à 8), regroupant les manifestations d’affection intime modérée.
Néanmoins, en raison de l’intercorrélation très élevée entre ces deux facteurs sous-jacents ($r > 0,75$), la plupart des chercheurs en psychométrie recommandent l’usage du score global unidimensionnel, confirmant ainsi la pertinence fondamentale de l’intuition de Reiss quant à l’organisation cumulative et linéaire de l’acceptabilité sexuelle.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Reiss Premarital Sexual Permissiveness Scale (Échelle de permissivité sexuelle prémaritale de Reiss)
- Acronyme : Reiss PSP (Formes masculine et féminine)
- Type d’évaluation : Échelle attitudinale auto-rapportée (papier-crayon ou passation informatisée)
- Nombre d’items : 12 items (version masculine standard évaluant les comportements d’un homme ; une version parallèle de 12 items formule rigoureusement les mêmes scénarios appliqués à une femme)
- Format des réponses : Échelle d’accord en 6 points :
1 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
2 = D’accord (Agree)
3 = Légèrement d’accord (Slightly Agree)
4 = Légèrement en désaccord (Slightly Disagree)
5 = En désaccord (Disagree)
6 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
(Note : Dans la procédure originale de Guttman, ces catégories sont souvent dichotomisées en accord vs désaccord binaire). - Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes
- Règles de cotation (Scoring) :
- Score sommatoire : Les items peuvent être inversés (codage : 1 = 6, 2 = 5, 3 = 4, 4 = 3, 5 = 2, 6 = 1) afin qu’un score numérique plus élevé corresponde directement à une plus forte permissivité sexuelle. Le score total varie ainsi de 12 (abstinence/conservatisme absolu) à 72 (permissivité maximale sans condition affective).
- Approche scalothéorie de Guttman : Détermination du type de permissivité par le seuil d’acceptation séquentiel, permettant de classer le participant sur une échelle ordinale allant du type 0 (refus du baiser même fiancé) au type 12 (acceptation du coït sans affection).
- Sous-échelles dérivables :
- Sous-échelle d’acceptabilité du baiser (Kissing Permissiveness : items 1 à 4)
- Sous-échelle de caresses intimes (Petting Permissiveness : items 5 à 8)
- Sous-échelle de coït prémarital (Coitus Permissiveness : items 9 à 12)
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 1964
- Statut du droit d’auteur : Propriété académique et scientifique. Publiée initialement dans le Journal of Marriage and the Family (National Council on Family Relations).
- Tarifs et coûts d’utilisation : Aucun frais (instrument gratuit pour la recherche scientifique et l’enseignement universitaire).
- Conditions de licence et d’utilisation : L’instrument est accessible dans le domaine de la recherche fondamentale sous réserve de citer scrupuleusement la publication princeps de Reiss (1964). Les chercheurs souhaitant intégrer l’échelle à des protocoles de grande ampleur ou à des fins de publication commerciale sont invités à contacter les détenteurs des droits de diffusion des publications du NCFR.
12. Références / References
- Hampe, G. D., & Chimblo, C. A. (1978). The measurement of premarital sexual permissiveness: A comparison of two scales. Journal of Marriage and the Family, 40(3), 581–588. https://doi.org/10.2307/350938
- Hendrick, C., Hendrick, S. S., & Reich, D. A. (2006). The brief sexual attitudes scale. The Journal of Sex Research, 43(1), 76–86. https://doi.org/10.1080/00224490609552301
- Kinsey, A. C., Pomeroy, W. B., & Martin, C. E. (1948). Sexual behavior in the human male. W. B. Saunders.
- Reiss, I. L. (1964). The scaling of premarital sexual permissiveness. Journal of Marriage and the Family, 26(2), 188–198. https://doi.org/10.2307/349726
- Reiss, I. L. (1967). The social context of premarital sexual permissiveness. Holt, Rinehart and Winston.
- Sprecher, S., Treger, S., & Sakaluk, J. K. (2013). Premarital sexual standards and double standards. In Handbook of the Sociology of Sexualities (pp. 165–186). Springer, Dordrecht. https://doi.org/10.1007/978-94-007-5512-3_10
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
6-point agreement scale:
1 = Strongly Agree
2 = Agree
3 = Slightly Agree
4 = Slightly Disagree
5 = Disagree
6 = Strongly Disagree
Scale Items (Male Form):
- I believe that kissing is acceptable for the male before marriage when he is engaged to be married.
- I believe that kissing is acceptable for the male before marriage when he is in love.
- I believe that kissing is acceptable for the male before marriage when he feels strong affection for his partner.
- I believe that kissing is acceptable for the male before marriage even if he does not feel strong affection for his partner.
- I believe that petting is acceptable for the male before marriage when he is engaged to be married.
- I believe that petting is acceptable for the male before marriage when he is in love.
- I believe that petting is acceptable for the male before marriage when he feels strong affection for his partner.
- I believe that petting is acceptable for the male before marriage even if he does not feel strong affection for his partner.
- I believe that full sexual relations are acceptable for the male before marriage when he is engaged to be married.
- I believe that full sexual relations are acceptable for the male before marriage when he is in love.
- I believe that full sexual relations are acceptable for the male before marriage when he feels strong affection for his partner.
- I believe that full sexual relations are acceptable for the male before marriage even if he does not feel strong affection for his partner.