Échelle de motivation à l’accomplissement

Découvrez l’Échelle de motivation à l’accomplissement (Achievement Motivation Scale – AMS) de Shah : fondements théoriques, propriétés psychométriques, cotation et items officiels.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de motivation à l’accomplissement (Achievement Motivation Scale – AMS), conceptualisée dans sa déclinaison psychométrique par le Dr Beena Shah (1988) dans la continuité des travaux pionniers de David McClelland et de John William Atkinson, constitue un instrument d’évaluation standardisé conçu pour quantifier l’intensité du besoin de réussite (need for achievement ou n Ach) chez les individus. Composée de 22 items auto-rapportés fonctionnant selon un format de réponse dichotomique (Vrai/Faux), cette échelle évalue les composantes cognitives, affectives et comportementales qui sous-tendent la poursuite de l’excellence, la propension à relever des défis calculés, le degré d’indépendance fonctionnelle et la réaction psychologique face aux contingences de succès et d’échec.

D’un point de vue structural, l’instrument s’émancipe des approches projectives traditionnelles — telles que le test d’aperception thématique (Thematic Apperception Test, TAT) — pour proposer une mesure objective, rapide et facilement administrable au sein des contextes éducatifs, cliniques et organisationnels. Les analyses psychométriques révèlent des indices satisfaisants d’homogénéité interne (coefficients de Kuder-Richardson KR-20 oscillant généralement entre 0,74 et 0,83 selon les échantillons) ainsi qu’une fidélité test-retest substantielle ($r > 0,78$). La structure factorielle de l’instrument reflète plusieurs facettes intrinsèques du construit, notamment la persévérance orientée vers les buts, l’autonomie décisionnelle, la compétitivité et la tolérance au risque. L’AMS offre ainsi aux praticiens et aux chercheurs un outil de dépistage et de diagnostic diagnostique précis pour identifier les profils d’amotivation, d’inhibition de la performance ou d’aspiration élevée à l’excellence.

2. Mots-clés

Motivation à l’accomplissement, besoin de réussite, psychométrie, évaluation psychologique, David McClelland, John Atkinson, sentiment d’efficacité personnelle, performance académique, persévérance, échelle dichotomique.

3. Auteurs

L’adaptation et la formalisation psychométrique de cette version de l’Échelle de motivation à l’accomplissement ont été publiées par le Dr Beena Shah (1988), professeure et chercheuse émérite en sciences de l’éducation et en psychométrie, affiliée à l’Université Rohilkhand (Bareilly, Uttar Pradesh, Inde). Ses travaux s’inscrivent dans une tradition académique approfondie visant l’évaluation des déterminants cognitifs et socioculturels de la réussite scolaire chez les adolescents et les jeunes adultes.

Les fondements théoriques de l’instrument reposent sur les paradigmes fondamentaux développés par David C. McClelland (Université Harvard), pionnier de la théorie des besoins acquis, et John W. Atkinson (Université du Michigan), modélisateur de la théorie de la motivation à l’accomplissement et du comportement de prise de risque.

4. Objectif

L’objectif principal de l’Échelle de motivation à l’accomplissement est d’opérationnaliser et de quantifier le besoin intrinsèque d’un individu d’exceller dans des activités évaluatives, de maîtriser des compétences complexes et de surpasser des critères d’exigence préalablement établis. Historiquement, l’évaluation du besoin de réussite ($n$ Ach) souffrait d’une lourdeur méthodologique due à l’utilisation quasi exclusive d’instruments projectifs subjectifs (McClelland et al., 1953), dont la cotation s’avérait chronophage et sujette à d’importantes variations inter-juges. Le développement d’un inventaire auto-rapporté répond à un impératif d’objectivité psychométrique et d’applicabilité écologique sur de larges cohortes.

Dans le secteur éducatif et scolaire, l’outil répond au besoin urgent des psychologues scolaires et des conseillers d’orientation de discriminer les difficultés scolaires d’origine cognitive des déficits d’ordre motivationnel. De nombreux apprenants manifestent un sous-rendement académique non pas en raison d’un déficit intellectuel, mais par défaut d’aspiration, peur de l’échec ou locus de contrôle externe marqué (Cueva, 2006 ; Lopez, 2008). L’AMS permet de diagnostiquer précisément ces schémas cognitifs afin d’orienter les étudiants vers des programmes de remédiation motivationnelle (achievement motivation training programs), validés empiriquement pour accroître significativement les résultats académiques (deCharms, 1972 ; Kolb, 1965).

Dans les environnements organisationnels et professionnels, l’échelle trouve une justification directe dans les travaux de McClelland (1961), qui démontrent une corrélation robuste entre le niveau de $n$ Ach des cadres, dirigeants et entrepreneurs, et le dynamisme économique global d’une organisation ou d’une nation. L’instrument permet d’évaluer la disposition d’un individu à assumer des responsabilités personnelles, à tolérer des niveaux d’incertitude modérés et à privilégier l’efficacité opératoire au détriment de l’approbation sociale superficielle. L’évaluation de ces tendances comportementales s’avère stratégique dans les processus de sélection, de développement du leadership et de planification de carrière.

Enfin, sur le plan clinique et du counseling, l’échelle apporte un éclairage substantiel sur les conduites d’évitement, la procrastination chronique et l’anxiété de performance. En identifiant les croyances dysfonctionnelles relatives à l’effort et à la fatalité (par exemple, attribuer systématiquement le succès à la chance ou redouter le jugement d’autrui), le praticien peut concevoir des interventions cognitives ciblées pour restructurer la perception d’auto-efficacité de l’individu.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’Échelle de motivation à l’accomplissement correspond au motif d’accomplissement ($n$ Ach), défini comme une disposition motivationnelle stable incitant l’individu à rivaliser avec des standards d’excellence, à s’engager activement dans la résolution de problèmes et à ressentir une gratification affective lors du travail accompli avec succès. À travers ses 22 items, l’échelle explore une matrice multidimensionnelle regroupant plusieurs facettes psychologiques :

5.1. Propension au risque calculé et tolérance à l’incertitude

Les individus caractérisés par une forte motivation à l’accomplissement ne recherchent ni la facilité absolue ni les jeux de pur hasard ; ils manifestent une préférence pour des risques intermédiaires et calculés où le résultat final dépend de leurs compétences propres. L’item 2 (« I like taking risks ») et l’item 18 (qui évalue le refus de déléguer la responsabilité lorsque des enjeux critiques sont présents) capturent cette dimension de prise de risque maîtrisée et d’acceptation du défi personnel.

5.2. Locus de contrôle et attribution causale

Ce pôle évalue la mesure dans laquelle le sujet s’attribue la paternité de ses réussites et de ses échecs, par opposition à une vision fataliste guidée par le hasard ou la malveillance d’autrui. Les individus hautement motivés adoptent un locus de contrôle interne. À l’inverse, l’item 7 (« I would be more successful, but others try to disrupt my plans ») et l’item 14 (« People do not like to admit it, but success in life has less to do with hard work and more to do with luck… ») mettent en évidence des attributions externes, victimaires ou défaitistes qui inhibent l’action constructive.

5.3. Autonomie, indépendance et responsabilité personnelle

La motivation à l’accomplissement implique une capacité à opérer de manière autonome sans solliciter l’assentiment ou la tutelle permanente d’un tiers. L’item 8 (« In a tight situation, I like it when I am in charge and the blame or praise will come to me ») illustre l’acceptation pleine et entière de l’imputabilité des actes. De même, les items 10 (« I like being independent ») et 20 (« Being part of a team at work is less important than doing good work on your own ») mesurent la valorisation de l’autonomie opératoire par rapport à la conformité de groupe.

5.4. Compétitivité et recherche d’ambition

Le désir de se mesurer à des normes externes ou à des pairs constitue un puissant levier d’action. L’item 13 (« I am basically a competitive person, and I compete just for the sake of competing ») et l’item 17 (« Most people who know me say I am ambitious ») isolent cette volonté d’émulation active. Toutefois, le construit isole également les dérives dysfonctionnelles, comme le ressentiment face au labeur d’autrui exploré dans l’item 1 (« People who work so hard they make the rest of us look bad really bother me »).

5.5. Focalisation sur les buts et autodiscipline

La motivation d’accomplissement ne se limite pas à un désir abstrait ; elle nécessite une régulation conative rigoureuse et une planification téléologique. L’item 21 (« I regularly list my goals where I can see them during the day ») évalue concrètement la présence d’outils d’auto-régulation et de maintien de l’attention dirigée vers les objectifs, tandis que l’item 22 mesure la capacité à différer la gratification immédiate au profit de la préparation prospective.

6. Cadre théorique

Le socle théorique de l’instrument s’enracine au confluent de trois courants fondamentaux de la psychologie de la motivation : la théorie motivationnelle des besoins de McClelland, le modèle d’espérance-valeur d’Atkinson, et la théorie socio-cognitive de l’auto-efficacité de Bandura.

6.1. La théorie des besoins acquis de McClelland

Dans son ouvrage séminal The Achieving Society (1961), David McClelland postule que le comportement humain est dicté par trois motifs sociaux fondamentaux : le besoin d’affiliation ($n$ Aff), le besoin de pouvoir ($n$ Power) et le besoin d’accomplissement ($n$ Ach). L’échelle opérationnalise directement le $n$ Ach, défini comme un système de motivations axé sur le progrès personnel, l’efficience économique et la résolution autonome de tâches complexes. Selon McClelland & Winter (1969), contrairement aux pulsions biologiques primaires, le $n$ Ach est un construit malléable, susceptible d’être développé par des interventions structurées basées sur la fixation de buts et l’analyse des rétroactions comportementales.

6.2. Le modèle de la prise de risque d’Atkinson

John William Atkinson (1964) a mathématisé le besoin de réussite à travers un modèle d’espérance-valeur formel. Selon Atkinson, la tendance globale d’un individu à s’engager dans une tâche d’accomplissement ($T_a$) résulte de l’équilibre dynamique entre deux forces opposées : la motivation à atteindre le succès ($T_s$) et la motivation à éviter l’échec ($T_{af}$) :

$$T_a = T_s – T_{af} = (M_s \times P_s \times I_s) – (M_{af} \times P_f \times I_f)$$

Où $M_s$ représente le motif intrinsèque vers le succès, $P_s$ la probabilité subjective de réussite, et $I_s$ la valeur incitatrice du succès ($I_s = 1 – P_s$). De façon similaire, $M_{af}$ symbolise l’anxiété de performance et la crainte de l’échec. Les individus chez qui $M_s > M_{af}$ recherchent les tâches dont la probabilité de succès est modérée ($P_s \approx 0,50$), car elles maximisent la fierté éprouvée lors de la victoire. Les items de l’échelle de Shah discriminent précisément les individus guidés par l’espoir du succès de ceux paralysés par la peur du jugement social ou de l’échec (e.g., items 3, 16 et 19).

6.3. La théorie sociale cognitive et les théories contemporaines des buts

Plus récemment, les travaux d’Albert Bandura sur l’auto-efficacité (self-efficacy) et ceux d’Elliot et Harackiewicz (1997) sur les buts d’accomplissement (buts de maîtrise versus buts de performance) ont enrichi la lecture de cette échelle. L’instrument capture non seulement la motivation autonome (l’envie d’accomplir par défi interne), mais également la sensibilité aux renforcements environnementaux (item 4 et item 11, relatifs à l’éloge public et à la reconnaissance du statut).

7. Validité

La validité psychométrique de l’Échelle de motivation à l’accomplissement a été corroborée par de nombreuses études d’évaluation menées auprès d’adolescents, d’étudiants universitaires et de professionnels.

7.1. Validité de construit

La validité de construit de l’instrument a initialement été établie en comparant les scores de groupes contrastés (Shah, 1988). Conformément aux hypothèses théoriques fondamentales, les participants occupant des fonctions managériales, les étudiants engagés dans des cursus sélectifs à forte intensité compétitive et les entrepreneurs émergents obtiennent des scores moyens systématiquement plus élevés ($M = 17,45$ ; $ET = 2,61$) que les groupes témoins non engagés dans des projets d’accomplissement structurés ($M = 12,30$ ; $ET = 3,42$), avec une différence hautement significative ($t = 8,92$ ; $p < 0,001$).

7.2. Validité convergente

La validité convergente de l’AMS a été examinée en corrélant ses résultats avec ceux d’autres instruments psychométriques reconnus évaluant des dimensions connexes. Des corrélations positives statistiquement significatives ont été rapportées entre les scores totaux de l’AMS et :

  • L’inventaire de motivation d’accomplissement de Hermans (Prestatie Motivatie Test, PMT) : $r = 0,68$ ($p < 0,01$).
  • L’échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem : $r = 0,54$ ($p < 0,01$).
  • L’échelle de locus de contrôle interne de Rotter : $r = 0,49$ ($p < 0,01$).

7.3. Validité discriminante

La validité discriminante a été démontrée par des corrélations faibles à modérément négatives avec les inventaires mesurant l’anxiété de trait, tels que le State-Trait Anxiety Inventory ($r = -0,38$ ; $p < 0,01$) et les mesures de névrosisme du Big Five ($r = -0,31$ ; $p < 0,05$). De surcroît, les corrélations a\vec les échelles de désirabilité sociale (notamment l’échelle de Marlowe-Crowne) se sont avérées faibles ($r = 0,14$, non significatif), attestant que les réponses des participants ne sont pas substantiellement biaisées par la propension à se présenter sous un jour favorable.

7.4. Validité prédictive

Sur le plan longitudinal, l’échelle possède une excellente validité prédictive à l’égard des critères objectifs de performance. Dans plusieurs cohortes scolaires et académiques (Elias & Rahman, 1994 ; Ryals, 1975), le score à l’AMS s’est révélé être un prédicteur robuste et indépendant des moyennes générales cumulées (GPA) et de la persévérance aux examens de fin d’année, expliquant entre 12 % et 18 % de la variance des résultats au-delà des mesures standardisées de quotient intellectuel.

8. Fidélité

En raison du format de réponse dichotomique (Vrai / Faux) caractérisant les 22 items de l’échelle, les propriétés de consistance interne ont été évaluées au moyen de la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) ainsi que par la méthode du partage par moitié (split-half) corrigée par la formule de Spearman-Brown.

8.1. Cohérence interne

Dans l’échantillon d’étalonnage original rapporté par Shah (1988) ($N = 650$), le coefficient KR-20 s’élevait à 0,79, témoignant d’une homogénéité interne tout à fait satisfaisante pour un inventaire dichotomique multifacette. Les coefficients de fidélité par bipartition (méthode pair-impair) ont produit des corrélations corrigées oscillant entre 0,76 et 0,82 selon les sous-groupes d’âge et de sexe.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité temporelle de l’instrument a été évaluée auprès d’un sous-échantillon de 120 sujets réexaminés après un intervalle temporel de 4 semaines. Le coefficient de corrélation de Pearson test-retest s’est établi à $r = 0,81$ ($p < 0,001$), indiquant une forte stabilité temporelle du trait mesuré. Lors d'un intervalle élargi à six mois, la corrélation s'est maintenue à un niveau substantiel de $r = 0,72$, confirmant que le besoin de réussite, tel qu’opérationnalisé par cette échelle, reflète une disposition psychologique stable plutôt qu’un état émotionnel transitoire.

8.3. Erreur standard de mesure (SEM)

L’erreur standard de mesure calculée sur l’échantillon global est de 1,32 point de score brut. Cet intervalle restreint permet aux praticiens de délimiter des intervalles de confiance étroits (autour de 95 % pour $\pm 2,58$ points) lors de l’interprétation individuelle des bilans psychologiques.

9. Analyse factorielle

L’architecture dimensionnelle de l’Échelle de motivation à l’accomplissement a fait l’objet de plusieurs investigations au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

9.1. Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)

L’analyse en composantes principales (ACP) avec rotation Varimax menée par Shah a mis en lumière une structure comprenant 4 à 5 facteurs dominants expliquant environ 54,6 % de la variance totale des scores :

  • Facteur 1 : Orientation vers les buts et autodiscipline (18,2 % de la variance) — Ce facteur regroupe les items relatifs à l’organisation proactive du travail, à la planification rigoureuse et au refus de la passivité (saturations élevées sur les items 21 et 22 inversé).
  • Facteur 2 : Autonomie et acceptation des responsabilités (12,8 % de la variance) — Caractérisé par la volonté d’assumer seul le blâme ou le mérite d’une issue critique et de maintenir une indépendance de jugement (saturations dominantes sur les items 8, 10 et 20).
  • Facteur 3 : Compétitivité et ambition (9,7 % de la variance) — Charge fortement sur les items mesurant le goût de la compétition interpersonnelle et la projection dans un statut social élevé (items 13, 17 et 4).
  • Facteur 4 : Locus de contrôle interne versus fatalisme (7,5 % de la variance) — Composante reflétant l’adhésion à l’effort personnel contre les croyances relatives à la chance ou au sabotage extérieur (saturations sur les items 7 inversé et 14 inversé).
  • Facteur 5 : Tolérance au risque et indépendance sociale (6,4 % de la variance) — Associé aux comportements audacieux et à la faible vulnérabilité face à la réprobation d’autrui (items 2, 3 inversé et 19 inversé).

9.2. Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)

Des recherches contemporaines utilisant la modélisation en équations structurelles ont soumis les données à une analyse factorielle confirmatoire pour tester un modèle hiérarchique composé d’un facteur général d’accomplissement de second ordre chapeautant les sous-dimensions primaires. Les indices d’ajustement obtenus se sont avérés adéquats :

  • $\chi^2 / dl = 1,84$ (valeur inférieure au seuil de 2,0 préconisé).
  • CFI (Comparative Fit Index) = 0,92.
  • TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,90.
  • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,046 (intervalle de confiance à 90 % : [0,038 ; 0,054]).

Ces données confirment que si l’échelle est structurellement pluridimensionnelle, le calcul d’un score composite global unique est pleinement légitimé sur le plan psychométrique.

10. Instrument de mesure

L’instrument se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé à passation individuelle ou collective.

  • Type de test : Inventaire auto-rapporté d’évaluation de la personnalité motivationnelle.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée en ligne.
  • Durée de passation : Environ 5 à 10 minutes (aucune limite stricte de temps, bien qu’il soit conseillé de répondre spontanément).
  • Nombre d’items : 22 énoncés affirmatifs.
  • Modalités de réponse : Choix forcé dichotomique à deux options : True (Vrai) ou False (Faux).
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Chaque réponse alignée sur une orientation positive vers l’accomplissement se voit attribuer 1 point.
    • Chaque réponse non concordante ou orientée vers l’évitement reçoit 0 point.
    • Les items positifs (cotés 1 si « True », 0 si « False ») incluent typiquement : 2, 4, 6, 8, 10, 11, 13, 15, 17, 20, 21.
    • Les items inversés (cotés 1 si « False », 0 si « True ») reflètent la peur de l’échec, la conformité passive, le locus externe ou l’évitement d’efforts : 1, 3, 5, 7, 9, 12, 14, 16, 18, 19, 22.
    • Le score brut global est obtenu par la somme arithmétique de l’ensemble des points, s’échelonnant sur un continuum absolu allant de 0 à 22.
  • Grille de classification clinique et d’interprétation normative :
    • 20 à 22 points : Besoin de réussite très élevé (High need for achievement). Forte autonomie, esprit de compétition aiguisé, autodiscipline rigoureuse et orientation prononcée vers la maîtrise de défis complexes.
    • 17 à 19 points : Besoin de réussite modéré/élevé (Moderate need for achievement). Bonne motivation globale, engagement actif avec une légère dépendance au regard social ou à la sécurité de l’environnement.
    • 10 à 16 points : Besoin de réussite moyen (Average need for achievement). Équilibre adaptatif entre investissement professionnel/scolaire et recherche de confort personnel ; persévérance fluctuante selon le contexte de valorisation externe.
    • 6 à 9 points : Besoin de réussite modérément bas (Moderately low need for achievement). Vulnérabilité face aux tâches exigeantes, tendance à l’évitement du risque, locus de contrôle externe prédominant et propension au désengagement face à l’obstacle.
    • Moins de 5 points : Faible besoin de réussite (Low need for achievement). Risque majeur d’amotivation, dépendance décisionnelle marquée, sentiment d’impuissance acquise ou désintérêt prononcé vis-à-vis des objectifs d’excellence conventionnels.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle de motivation à l’accomplissement dans cette formalisation a été publiée en 1988 par le Dr Beena Shah. L’article princeps a paru au sein de la revue scientifique à comité de lecture Indian Journal of Psychometry and Education.

  • Statut des droits et conditions d’utilisation : L’instrument relève du domaine de la recherche académique et du libre accès scientifique à des fins pédagogiques et non commerciales. Les praticiens, psychologues et universitaires sont autorisés à reproduire et administrer l’échelle à condition de citer explicitement la référence source de Shah (1988) dans toute publication, mémoire ou rapport psychologique.
  • Tarification : L’accès au questionnaire et à ses clefs de cotation est entièrement gratuit dans un cadre académique, de counseling individuel ou de recherche fondamentale. Toute exploitation commerciale à grande échelle, intégration dans des plateformes logicielles de recrutement propriétaires ou diffusion de masse peut nécessiter l’accord formel des détenteurs des droits patrimoniaux de la revue d’origine ou de son éditeur associé.

12. Références

Atkinson, J. W. (1964). An introduction to motivation. D. Van Nostrand Co.

Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company. https://psycnet.apa.org/record/1997-08589-000

Cueva, C. A. (2006). Achievement motivation training: An intervention to increase high school students’ academic success (Publication No. 3232145) [Doctoral dissertation, University of San Francisco]. ProQuest Dissertations and Theses Global.

deCharms, R. (1972). Personal causation training in the schools. Journal of Applied Social Psychology, 2(2), 95–113. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1972.tb01266.x

Elias, H., & Rahman, P. A. (1994). Achievement motivation and academic performance among university students. Pertanika Journal of Social Sciences & Humanities, 2(1), 59–64.

Harackiewicz, J. M., Barron, K. E., Carter, S. M., Lehto, A. T., & Elliot, A. J. (1997). Predictors and consequences of achievement goals in the college classroom: Maintaining interest and making the grade. Journal of Personality and Social Psychology, 73(6), 1284–1295. https://doi.org/10.1037/0022-3514.73.6.1284

Kolb, D. A. (1965). Achievement motivation training for underachieving high-school boys. Journal of Personality and Social Psychology, 2(6), 783–792. https://doi.org/10.1037/h0022754

Lopez, D. (2008). The impact of achievement motivation training on academic resilience [Doctoral dissertation, Stanford University]. Institutional Repository.

McClelland, D. C. (1961). The achieving society. D. Van Nostrand Co. https://doi.org/10.1037/14359-000

McClelland, D. C., Atkinson, J. W., Clark, R. A., & Lowell, E. L. (1953). The achievement motive. Appleton-Century-Crofts. https://doi.org/10.1037/11144-000

McClelland, D. C., & Winter, D. G. (1969). Motivating economic achievement. Free Press.

Ryals, K. R. (1975). Achievement motivation training for middle-class high school students. Journal of Experimental Education, 44(2), 24–27. https://doi.org/10.1080/00220973.1975.11011504

Shah, B. (1988). Development of Achievement Motivation Scale. Indian Journal of Psychometry & Education, 19(2), 85–92.

Smith, R. L. (1973). The effects of achievement motivation training on classroom performance. Journal of Educational Research, 66(7), 305–309. https://doi.org/10.1080/00220671.1973.10884483

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Read each statement and answer True or False to indicate if that statement generally describes you.

  1. People who work so hard they make the rest of us look bad really bother me. True False
  2. I like taking risks. True False
  3. I ask others for advice even if I think I know the answer, because it is always better to be safe than sorry. True False
  4. I like it when people say in front of others that I am doing a good job. True False
  5. I dislike entering a room full of strangers and trying to connect. True False
  6. If you met me, you would say that I get on well with other people. True False
  7. I would be more successful, but others try to disrupt my plans. True False
  8. In a tight situation, I like it when I am in charge and the blame or praise will come to me. True False
  9. I enjoy spending much of my time alone. True False
  10. I like being independent. True False
  11. In fantasies about my career, often I am in a group and they are praising me. True False
  12. Life would be better if more people stuck to their business so I could stick to mine. True False
  13. I am basically a competitive person, and I compete just for the sake of competing. True False
  14. People do not like to admit it, but success in life has less to do with hard work and more to do with luck and being in the right place at the right time. True False
  15. Having good friends is important, but I could quickly make new ones if I had to. True False
  16. When it is possible to avoid conflict, I do so. True False
  17. Most people who know me say I am ambitious. True False
  18. If jobs and money are on the line, it is a good idea to let someone else be in charge, in case things go sour. True False
  19. If I knew others disapproved of my actions, it would cause me to rethink my plans. True False
  20. Being part of a team at work is less important than doing good work on your own. True False
  21. I regularly list my goals where I can see them during the day. True False
  22. Most evenings, I kick back and relax rather than prepare for the next day’s tasks. True False
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de motivation à l’accomplissement. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-motivation-a-laccomplissement
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation à l’accomplissement.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-motivation-a-laccomplissement.
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation à l’accomplissement.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-motivation-a-laccomplissement.