Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales

Découvrez l’Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales (HMS/LBS) d’Eystein Kaldestad : analyse psychométrique complète, fondements théoriques, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales (en anglais, Humanistic Morality and Liberal Belief Scales [HMS/LBS]) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé au début des années 1990 par le psychiatre et chercheur norvégien Eystein Kaldestad, en collaboration avec Hans Stifoss-Hanssen. Conçue initialement pour pallier les insuffisances des instruments classiques d’évaluation de la religiosité (tels que les échelles d’orientation religieuse intrinsèque et extrinsèque de Gordon Allport et J. Michael Ross, ou l’échelle de quête religieuse de C. Daniel Batson) au sein de populations hautement sécularisées ou adhérant à un christianisme libéral et culturel, cette batterie mesure deux dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes de la religiosité contemporaine : l’adhésion doctrinale non littérale (croyances libérales) et une éthique séculière, individualisée et relativiste (moralité humaniste).

L’instrument se compose de deux sous-échelles complémentaires comprenant chacune 8 items cotés sur une échelle de Likert en 5 points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement d’accord »). L’Échelle de croyances libérales (Liberal Belief Scale, LBS) évalue le rejet du littéralisme biblique, le doute relatif à l’eschatologie punitive ou à l’existence du diable, et une théologie universelle du salut et de la bonté humaine, inspirée des conceptualisations sociologiques d’Andrew Weigert. L’Échelle de moralité humaniste (Humanistic Morality Scale, HMS) opérationnalise une posture morale post-traditionnelle, où la responsabilité éthique, l’autonomie individuelle, la bienveillance universelle et l’évaluation contextuelle des conséquences prévalent sur les dogmes religieux absolutistes (décalogue, interdits sexuels prémaritaux). Les propriétés psychométriques documentées chez des échantillons de personnels hospitaliers et de patients psychiatriques non psychotiques révèlent une consistance interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach variant de .72 à .80 pour la HMS et de .73 à .77 pour la LBS), une validité de contenu confirmée par des panels théologiques, ainsi qu’une validité convergente et discriminante robuste face à des critères d’orthodoxie doctrinale, de conservatisme moral et de santé mentale.

2. Mots-clés / Keywords

psychométrie, religiosité libérale, moralité humaniste, psychologie de la religion, croyances chrétiennes libérales, sécularisation, éthique contextuelle, littéralisme biblique, santé mentale, Eystein Kaldestad, analyse factorielle, fidélité test-retest, validité convergente, échelle de Likert, psychopathologie

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, développée et validée par :

  • Eystein Kaldestad, MD, psychiatre, chercheur clinicien en psychologie de la religion et psychopathologie, affilié lors des travaux princeps au Modum Bads Nervesanatorium (centre psychiatrique de Vikersund, Norvège) et engagé dans l’investigation des interactions entre santé mentale, personnalité et attitudes religieuses.
  • Hans Stifoss-Hanssen, PhD, théologien, psychologue de la religion et professeur émérite à la VID Specialized University (Centre for Diaconia and Professional Practice, Oslo, Norvège), co-auteur des révisions normatives et méthodologiques publiées dans l’International Journal for the Psychology of Religion.

Les correspondances académiques historiques relatives à ces instruments ont été conduites sous les auspices du département de recherche du Modum Bad Research Institute (Vikersund, Norvège) et de la Faculté de théologie de l’Université d’Uppsala (Suède).

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales répond à une impasse méthodologique et théorique majeure identifiée par Eystein Kaldestad au tournant des années 1990 dans le domaine de la psychologie de la religion. Durant plusieurs décennies, la recherche empirique internationale s’est appuyée de manière quasi exclusive sur des instruments nord-américains évaluant la religiosité à travers le prisme d’un engagement institutionnel fort, d’une foi intrinsèque fervente ou d’une orthodoxie théologique traditionnelle et conservatrice. Or, dans les pays scandinaves comme la Norvège — où environ 92 % de la population appartenait formellement à l’Église luthérienne d’État (Den norske kirke) tout en manifestant une pratique cultuelle faible, une forte érosion de l’orthodoxie dogmatique et une adhésion prédominante à des valeurs éthiques pluralistes —, ces instruments traditionnels présentaient un biais de mesure considérable.

L’objectif fondamental de Kaldestad était de créer des outils psychométriques sensibles aux nuances des formes libérales, individualisées et humanistes de l’expérience religieuse et éthique, particulièrement appropriés pour examiner les relations complexes entre religiosité, traits de personnalité et psychopathologie. L’instrument vise à mesurer deux construits cruciaux : d’une part, l’éloignement cognitif vis-à-vis des interprétations littérales, catastrophistes ou dogmatiques des textes sacrés (LBS) ; d’autre part, la substitution d’une morale d’autorité religieuse hétéronome par une éthique humaniste fondée sur l’empathie, l’autonomie morale, le consensualisme relationnel et la non-nuisance (HMS).

Sur le plan clinique, Kaldestad visait à doter les praticiens et chercheurs d’un outil diagnostique et différentiel capable de vérifier si les orientations théologiques rigides ou libérales étaient différentiellement associées à des profils de personnalité spécifiques (notamment le caractère obsessionnel ou hystérique évalué par le Basic Character Inventory) ou à la sévérité des symptômes psychiatriques mesurés via la Symptom Checklist-90 (SCL-90). Sur le plan de la recherche fondamentale, l’instrument permet d’étudier la sociologie cognitive des croyances dans les sociétés post-industrielles en transition théologique.

5. Construit psychologique / Construct

Le modèle sous-jacent à la batterie HMS/LBS repose sur l’articulation de deux dimensions attitudinales qui capturent la transition moderne d’une foi hétéronome et normative vers une foi réflexive et une morale autonome.

1. Croyances religieuses libérales (Liberal Beliefs)

Le construit de croyance libérale reflète une posture herméneutique ouverte et une théologie inclusive. À l’opposé du fondamentalisme scripturaire caractérisé par l’inerrance biblique et l’attente eschatologique d’un jugement divin destructeur, le libéralisme théologique intègre la critique historique des textes sacrés, la relativité symbolique du langage biblique et une vision universaliste de la condition humaine. Ce construit s’articule autour de trois composantes principales :

  • Déméthologisation et herméneutique critique : La conviction que la Bible n’est pas un manuel historique inerrant, mais un document composite contenant des inexactitudes factuelles et nécessitant des interprétations métaphoriques plurielles (items 1 et 2).
  • Scepticisme eschatologique et démonologique : Le refus d’une démonologie manichéenne (mise en doute de l’existence concrète du diable en dépit de la réalité du mal) et le rejet des prophéties apocalyptiques prédictives concernant la fin du monde (items 3, 4 et 5).
  • Universalisme sotériologique et humanisme anthropologique : La valorisation de l’existence terrestre présente au même titre qu’un hypothétique au-delà, l’espérance en une réconciliation divine universelle (apocatastase) s’étendant même aux individus révoltés contre Dieu, et la croyance fondamentale en la bonté intrinsèque des êtres humains sincères (items 6, 7 et 8).

2. Moralité humaniste (Humanistic Morality)

Le construit de moralité humaniste capture l’évolution éthique des sociétés occidentales d’après-guerre, marquée par la permissivité, le relativisme des valeurs et l’éthique de la sollicitude (care ethics). Il décrit le détachement à l’égard des commandements déontologiques prescrits par l’autorité religieuse au profit d’un système normatif immanent guidé par la raison, le bien-être d’autrui et l’évaluation contextualisée des actes. Ses facettes opérationnelles comprennent :

  • Primauté de la bienveillance active sur le légalisme : La conviction que l’amour pratique du prochain transcende l’obéissance rigide aux préceptes religieux traditionnels tels que les Dix Commandements.
  • Autonomie éthique et rationalité contextuelle : La certitude que les êtres humains peuvent forger leurs propres critères du bien et du mal à partir de leur expérience vécue, guidés par la connaissance, la clairvoyance et la raison plutôt que par des interdits révélés transcendants.
  • Conséquentialisme et principe de non-nuisance : La détermination de la moralité d’une action en fonction de son potentiel destructeur ou blessant pour autrui, incarnant une éthique de responsabilité directe inspirée des principes de John Stuart Mill.
  • Tolérance et libéralisation des mœurs : La normalisation morale du concubinage hors mariage et de la sexualité prémaritale responsable, fondée sur l’usage de la contraception et l’assomption mature de la parentalité éventuelle.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de ces échelles s’ancre dans un dialogue interdisciplinaire approfondi associant la sociologie de la religion, la théologie libérale systématique et la psychologie clinique du développement moral.

Typologie eschatologique de Weigert

Le socle théorique de l’Échelle de croyances libérales dérive directement des travaux du sociologue américain Andrew Weigert (1988), qui a formalisé les liens entre les représentations de l’eschatologie chrétienne et les identités socio-psychologiques face aux menaces globales contemporaines (notamment le risque de guerre nucléaire). Weigert a distingué deux polarités idéales-typiques :

  • L’eschatologie fondamentaliste/catastrophiste : Caractérisée par une croyance inébranlable en une conflagration finale imminente voulue par Dieu, divisant strictement l’humanité entre élus sauvés et pécheurs damnés, encourageant une forme de passivité résignée face aux destructions terrestres.
  • L’eschatologie libérale/universaliste : Caractérisée par l’absence de scénario d’anéantissement prédéterminé, la vision d’une humanité responsable de son devenir historique, et l’idée d’une rédemption divine englobante et bienveillante. Kaldestad a traduit ces distinctions théologiques abstraites en énoncés psychométriques évaluant le rejet d’un jugement binaire punitif et l’affirmation de la valeur intrinsèque de la vie terrestre.

Autonomie morale et théories du développement de la moralité

Pour l’Échelle de moralité humaniste, le cadre conceptuel s’inspire à la fois de l’éthique théologique libérale luthérienne nordique et des théories du développement moral de Jean Piaget et de Lawrence Kohlberg. Le modèle psychologique postule une trajectoire évolutive allant de la morale hétéronome (obéissance aveugle aux règles fixées par une figure d’autorité divine ou institutionnelle) vers la morale autonome et post-conventionnelle (évaluation critique des règles fondée sur des principes éthiques universels de justice, d’égalité et de minimisation du préjudice).

Théories de la sécularisation et individualisation de la foi

L’échelle s’inscrit également dans le paradigme sociologique de Thomas Luckmann sur la « religion invisible » et les thèses de Charles Taylor relatives à l’âge séculier. En Scandinavie, la sécularisation ne s’est pas traduite par un athéisme militant massif, mais par ce que Grace Davie nomme le « believing without belonging » (croire sans appartenir) ou inversement le « belonging without believing » (adhésion culturelle institutionnelle combinée à une liberté herméneutique totale). Kaldestad a conceptualisé l’émergence d’une religiosité intériorisée où le sujet devient l’arbitre souverain de ses croyances et de sa conduite morale.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique des échelles HMS et LBS a été établie au moyen d’évaluations rigoureuses de contenu, de construit, de convergence et de divergence menées auprès d’échantillons diversifiés en Norvège.

Validité de contenu (Content Validity)

La pertinence et la clarté sémantique des énoncés ont été soumises à un panel d’experts théologiques. Lors de deux sessions d’évaluation distinctes, un total de 15 théologiens a eu pour consigne de classer à l’aveugle une liste d’items mélangés de manière aléatoire dans leurs échelles respectives. Pour l’Échelle de moralité humaniste (HMS), un consensus parfait a été observé : 100 % des théologiens ont classé l’intégralité des items sans aucune erreur dans les deux sessions. Pour l’Échelle de croyances libérales (LBS), une unanimité stricte a été relevée pour six des huit items, tandis qu’une très large majorité d’experts a confirmé l’adéquation des deux items restants, attestant ainsi d’une excellente validité d’apparence et de contenu.

Validité convergente et de critère (Convergent & Criterion Validity)

La validité convergente a été démontrée par plusieurs patterns corrélationnels empiriques conformes aux prédictions théoriques :

  • Comparaison par groupes contrastés : Les répondants se déclarant fermement croyants (« tout à fait d’accord » avec l’énoncé « Je suis un chrétien croyant ») ont été comparés à ceux exprimant une posture plus hésitante ou modérée. Pour les deux échelles (HMS et LBS), les croyants hésitants ont obtenu des scores moyens significativement plus élevés que les croyants dogmatiquement assurés, démontrant la sensibilité de l’instrument aux nuances du doute réflexif.
  • Relations avec l’orthodoxie et le conservatisme : L’Échelle de croyances libérales présente des corrélations négatives robustes avec l’Échelle d’orthodoxie doctrinale de Batson et Ventis ($r = -.59$) et avec l’Indice de conservatisme moral de Woodrum ($r = -.48$). Parallèlement, l’Échelle de moralité humaniste affiche des associations similaires : $r = -.58$ avec l’orthodoxie doctrinale et $r = -.50$ avec le conservatisme moral.
  • Relations avec la quête religieuse et l’orientation d’Allport : La LBS est corrélée positivement à l’échelle de Quête (Quest Scale) de Batson ($r = .37$), ainsi qu’à l’orientation religieuse extrinsèque d’Allport-Ross ($r = .49$), tout en étant corrélée négativement à l’orientation intrinsèque ($r = -.43$). La HMS présente un schéma analogue mais plus prononcé : corrélation positive avec la Quête ($r = .48$), positive avec la religiosité extrinsèque ($r = .56$) et négative avec la religiosité intrinsèque ($r = -.46$). Ces résultats indiquent que les échelles traditionnelles d’Allport-Ross incorporent une forte composante de conservatisme théologique, alors que les sujets libéraux et humanistes s’orientent vers une religiosité ouverte, réflexive et tolérante.

Validité clinique et incrémentielle

Dans ses études comparatives entre populations cliniques et témoins, Kaldestad (1992b) a mis en évidence que les patients psychiatriques non psychotiques hospitalisés présentaient des scores significativement plus élevés à la LBS et à la HMS que le personnel hospitalier non-patient. Par ailleurs, des associations positives faibles mais statistiquement significatives ont été observées entre les deux échelles et les dimensions obsessionnelle et hystérique du Basic Character Inventory (BCI), ainsi qu’entre l’échelle HMS et l’Indice global de sévérité (GSI) du SCL-90. Ces données suggèrent que l’abandon des repères moraux religieux traditionnels au profit d’un relativisme humaniste peut, chez des populations vulnérables, coïncider avec une incertitude existentielle ou une détresse psychologique accrue.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité des échelles a été évaluée à travers l’estimation de leur consistance interne (coefficient alpha de Cronbach) sur plusieurs cohortes indépendantes en milieu hospitalier psychiatrique :

  • Premier échantillon ($N = 78$ membres du personnel hospitalier) : L’Échelle de croyances libérales (8 items) présentait un coefficient alpha satisfaisant de $\alpha = .77$. En revanche, la version initiale à 5 items de l’Échelle de moralité humaniste présentait une consistance interne médiocre de $\alpha = .34$, révélant une trop grande hétérogénéité des items originaux.
  • Deuxième échantillon ($N = 78$ membres du personnel) : Suite à l’adjonction de trois nouveaux items portant l’Échelle de moralité humaniste à 8 items, l’alpha de Cronbach a progressé de manière spectaculaire pour atteindre $\alpha = .72$, franchissant le seuil standard de fidélité pour les instruments de recherche.
  • Troisième échantillon mixte ($N = 158$, dont 70 membres du personnel et 88 patients psychiatriques hospitalisés non psychotiques) : Cette cohorte élargie a confirmé la robustesse métrique des deux versions à 8 items, générant un alpha de $\alpha = .73$ pour la LBS et un alpha de $\alpha = .80$ pour la HMS.

La corrélation inter-échelles entre la LBS et la HMS s’élève à approximativement $r = .70$, indiquant que les deux dimensions partagent environ 49 % de leur variance. Bien que cette colinéarité témoigne d’un noyau commun de libéralisme psycho-social, les 51 % de variance non partagée justifient empiriquement leur traitement comme deux sous-échelles distinctes mais fortement associées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle des instruments a été examinée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) menées selon la méthode des composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax).

Structure factorielle de l’Échelle de croyances libérales (LBS)

Lorsqu’elle est analysée isolément, la LBS dégage deux facteurs principaux expliquant ensemble 53,8 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (37,0 % de la variance) — Rejet du littéralisme scripturaire : Ce facteur regroupe principalement les items 1, 2, 4 et 5, saturant fortement sur la déconstruction de la vérité littérale de la Bible, le refus de la prédiction eschatologique de l’histoire humaine et la reconnaissance des limites épistémologiques concernant la fin du monde.
  • Facteur 2 (16,8 % de la variance) — Optimisme sotériologique et anthropologique : Ce facteur agrège les items relatifs à l’existence du diable (item 3), la valeur de la vie présente par rapport à l’au-delà (item 6), la réconciliation universelle (item 7) et la foi en la bonté foncière de l’être humain sincère (item 8).

Structure factorielle de l’Échelle de moralité humaniste (HMS)

L’analyse factorielle autonome de la HMS révèle également une structure bifactorielle expliquant 56,8 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (42,5 % de la variance) — Rationalité éthique et rejet de l’absolutisme : Dominé par les items évaluant le refus des normes absolues religieusement fondées, l’usage du discernement situationnel raisonnable et le guidage du comportement par la connaissance et la raison plutôt que par la doctrine.
  • Facteur 2 (14,3 % de la variance) — Libéralisme relationnel et moralité pragmatique : Regroupant les items portant sur l’amour du prochain opposé aux Dix Commandements, ainsi que l’acceptation du concubinage et de la sexualité prémaritale responsable.

Analyses combinées et considérations psychométriques

Lorsque les 16 items de la batterie sont factorisés conjointement avec les items de l’Indice de conservatisme moral de Woodrum et de l’Échelle d’orthodoxie doctrinale de Batson et Ventis, la solution mathématique éclate en 7 facteurs distincts où les énoncés de Kaldestad se dispersent sur quatre ou cinq dimensions. Kaldestad a initialement interprété cet éparpillement comme un indice d’hétérogénéité interne. Toutefois, comme l’a souligné Anne Anastasi (1988) dans ses traités psychométriques canoniques, l’homogénéité stricte d’un instrument n’est pas un objectif vertueux en soi lorsque le critère psychologique ou sociologique mesuré est lui-même multidimensionnel et hétérogène. La complexité de la foi et de la morale sécularisée justifie pleinement cette structure multifacette.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) mesurant les attitudes religieuses et éthiques libérales.
  • Composition globale : 16 items répartis en deux échelles distinctes de 8 items chacune :
    • Liberal Belief Scale (LBS) : 8 items orientés positivement vers la théologie libérale.
    • Humanistic Morality Scale (HMS) : 8 items orientés positivement vers une éthique humaniste et relativiste.
  • Format de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points avec ancrages sémantiques :
    • 1 = strong disagree (fortement en désaccord)
    • 2 = partly disagree (partiellement en désaccord)
    • 3 = neutral / do not know (neutre / ne sait pas)
    • 4 = partly agree (partiellement d’accord)
    • 5 = strongly agree (fortement d’accord)
  • Cotation et calcul des scores : Tous les items sont formulés dans le sens direct du construit (aucun item inversé). Le score pour chaque échelle est calculé en établissant la moyenne arithmétique des 8 items correspondants (score oscillant entre 1,00 et 5,00). Des scores plus élevés traduisent une adhésion plus prononcée aux croyances chrétiennes libérales ou aux normes éthiques humanistes. Les chercheurs peuvent également calculer un score global de « Libéralisme religieux et moral » en sommant les 16 items ou en calculant leur moyenne globale, compte tenu de leur corrélation élevée ($r \approx .70$).
  • Durée d’administration : Environ 5 à 8 minutes pour l’ensemble des 16 items.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception originale : 1991 (première formalisation des versions norvégiennes) ; formalisé et publié dans la littérature internationale en 1992 et révisé en 1993.
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle d’Eystein Kaldestad, Hans Stifoss-Hanssen et des éditeurs académiques (Kok Pharos Publishing House pour le Journal of Empirical Theology ; Lawrence Erlbaum Associates / Taylor & Francis pour l’International Journal for the Psychology of Religion).
  • Permissions et accès : Les items ont été publiés intégralement à des fins scientifiques et de recherche fondamentale. L’utilisation des échelles à des fins de recherche non commerciale et académique est libre de droits, sous réserve de la citation rigoureuse des travaux sources de Kaldestad (1992) et de Kaldestad et Stifoss-Hanssen (1993).
  • Coût : Gratuit pour une utilisation universitaire et de recherche scientifique. Aucun kit commercial payant n’est requis.

12. Références / References

  • Anastasi, A. (1988). Psychological testing (6th ed.). Macmillan Publishing Company.
  • Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
  • Batson, C. D., & Ventis, W. L. (1982). The religious experience: A social-psychological perspective. Oxford University Press.
  • Kaldestad, E. (1991). Intrinsic, extrinsic and quest scales: Development of Norwegian versions. In O. Wikström (Ed.), Klinisk religionspsykologi (pp. 85–101). Teologiska institutionen, Uppsala Universitet.
  • Kaldestad, E. (1992a). Questionnaires for belief and morality. Journal of Empirical Theology, 5(1), 70–84. https://doi.org/10.1163/157092592X00049
  • Kaldestad, E. (1992b). Religious orientation, personality, mental health, and religious activity. Nordic Journal of Psychiatry, 46(5), 321–328. https://doi.org/10.3109/08039489209101297
  • Kaldestad, E. (1993). Letter to the editor [Correction]. Nordic Journal of Psychiatry, 47(4), 305–306. https://doi.org/10.3109/08039489309099812
  • Kaldestad, E., & Stifoss-Hanssen, H. (1993). Standardizing measures of religiosity for Norwegians. The International Journal for the Psychology of Religion, 3(2), 111–124. https://doi.org/10.1207/s15327582ijpr0302_4
  • Weigert, A. J. (1988). Christian eschatological identities and the nuclear context. Journal for the Scientific Study of Religion, 27(2), 175–191. https://doi.org/10.2307/1386377
  • Woodrum, E. (1988). Determinants of moral conservatism. Social Forces, 66(4), 1053–1073. https://doi.org/10.1093/sf/66.4.1053

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

The Bible cannot be understood literally, and it can be interpreted in different ways.
2

The Bible contains both true and some historically incorrect information.
3

There is a lot of evil in the world, but I doubt whether the devil exists or not.
4

On the basis of the Bible we cannot prophesy the future history of the world.
5

We human beings know little or nothing about the end of the world.
6

People's life on earth is just as important as a possible life after death.
7

God at last will reconcile to Himself even those people who stand up against Him.
8

I believe that all human beings are good, if they do their best and are sincere.
★

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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-moralite-humaniste-et-de-croyances-liberales
Looti, Mohammed. “Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-moralite-humaniste-et-de-croyances-liberales.
Looti, Mohammed. “Échelle de moralité humaniste et de croyances libérales.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-moralite-humaniste-et-de-croyances-liberales.