Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise (Anti-China Rhetoric Instrument – ACRI), conçue par Yin, Ji et Blum. Découvrez les propriétés TRI, la validité factorielle et les items de cet instrument clé.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 15, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 15, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise (en anglais : Anti-China Rhetoric Instrument ou ACRI), développée initialement par Peng Yin, Feng Ji et Alexander M. Blum (2023, 2025), constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer systématiquement les attitudes, les perceptions et la sensibilité des étudiants internationaux d’origine chinoise face aux discours anti-chinois (anti-China rhetoric, ACR). Dans un contexte géopolitique marqué par une résurgence des tensions sino-américaines, la prolifération de rhétoriques politiques polarisantes et la recrudescence d’actes xénophobes au sein des campus occidentaux, la mesure empirique de l’impact de tels discours est devenue un enjeu majeur pour les sciences de l’éducation, la psychologie sociale et la santé publique universitaire.

Le développement de l’ACRI repose sur une modélisation rigoureuse issue de la théorie de la réponse à l’item (TRI), combinée aux principes de l’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire. L’instrument comprend 12 items standardisés évaluant la manière dont les participants perçoivent le ciblage discriminatoire, le climat hostile, les stéréotypes négatifs médiatiques et politiques, ainsi que les répercussions de cette rhétorique sur leur sentiment de sécurité et d’appartenance institutionnelle. Les réponses sont recueillies au moyen d’une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 5 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree), permettant de situer précisément le niveau latent de sensibilité ou de préjudice ressenti.

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des qualités exceptionnelles. L’analyse factorielle confirmatoire démontre un ajustement remarquable pour une structure cohérente (χ² = 113, df = 54 ; CFI = 0,98 ; TLI = 0,98 ; NFI = 0,96 ; RMSEA = 0,058), tandis que la modélisation TRI confirme une monotonicité stricte des catégories de réponse le long du continuum latent (Mean θ). Les indices de fidélité sont robustes, avec une fidélité EAP/PV (Expected A Posteriori / Plausible Values) de 0,85 et un indice de séparation des personnes WLE (Weighted Likelihood Estimates) de 0,84. L’ACRI s’impose ainsi comme un standard scientifique indispensable pour documenter les dynamiques d’inclusion, d’équité et de bien-être au sein de l’enseignement supérieur international.

2. Mots-clés / Keywords

Rhétorique anti-chinoise, étudiants internationaux chinois, théorie de la réponse à l’item, climat universitaire, discrimination perçue, validité psychométrique, analyse factorielle confirmatoire, altérité, équité et diversité, micro-agressions raciales, bien-être étudiant, internationalisation de l’enseignement supérieur.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs spécialistes de la mesure psychométrique, de la psychologie de l’éducation et des politiques d’internationalisation de l’enseignement supérieur :

  • Peng Yin, Ph.D. — School of Education, University of California, Berkeley, Berkeley, Californie, États-Unis. Chercheur spécialisé dans l’évaluation psychométrique quantitative, les modèles de la théorie de la réponse à l’item et l’expérience des minorités académiques. Identifiant ORCID : 0000-0002-4977-6155. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Feng Ji, Ph.D. — Department of Applied Psychology and Human Development, Ontario Institute for Studies in Education (OISE), University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada. Expert en modélisation statistique avancée, psychométrie computationnelle et développement d’outils d’évaluation comportementale.
  • Alexander M. Blum, Ph.D. — Graduate School of Education, Stanford University, Stanford, Californie, États-Unis. Chercheur focalisé sur la sociologie de l’éducation, l’internationalisation des campus et l’intégration psychosociale des populations étudiantes migrantes.

Adresse de correspondance : Peng Yin, University of California, Berkeley, School of Education, 2121 Berkeley Way, Berkeley, CA 94720-1670, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

Le développement de l’Anti-China Rhetoric Instrument (ACRI) répond à un besoin critique et urgent au sein des établissements d’enseignement supérieur contemporains, particulièrement en Amérique du Nord et dans les pays anglophones occidentaux. Les étudiants internationaux originaires de la République populaire de Chine représentent le contingent d’étudiants étrangers le plus nombreux dans des pays tels que les États-Unis, le Canada ou l’Australie (Institute of International Education). Cependant, ces dernières années ont été marquées par une intensification sans précédent des rivalités géopolitiques, des campagnes politiques stigmatisantes (telles que l’initiative China Initiative menée par le Département de la Justice américain) et des discours médiatiques dépeignant fréquemment la Chine comme une menace existentielle sur les plans idéologique, économique, académique et technologique.

Dans ce climat exacerbé par les répercussions de la pandémie de COVID-19, la frontière entre la critique légitime de la politique d’un gouvernement étranger et l’hostilité xénophobe généralisée à l’encontre des ressortissants chinois est devenue particulièrement ténue. La rhétorique anti-chinoise diffuse au sein de la sphère publique, des médias de masse et du discours politique pénètre inévitablement les enceintes universitaires. Les étudiants internationaux chinois se retrouvent ainsi pris au piège d’un paradigme binaire « Nous contre Eux » (us–them paradigm), les exposant à une suspicion généralisée, à des micro-agressions interpersonnelles et à un sentiment accru d’insécurité psychologique et culturelle.

L’objectif fondamental de l’ACRI est de fournir une mesure standardisée, quantitativement robuste et théoriquement fondée, capable de capturer l’étendue et la gravité de l’impact subjectif de ces discours sur les individus ciblés. Contrairement aux échelles génériques d’acculturation ou de discrimination raciale perçue, l’ACRI opérationnalise de manière spécifique les dimensions narratives et idéologiques propres à la sinophobie contemporaine. Sur le plan de la recherche, l’échelle permet d’examiner comment les attitudes envers ces discours modèrent ou médient la réussite académique, l’adaptation psychosociale, l’identité culturelle et la détresse psychologique (dépression, anxiété, isolement social).

Sur le plan pratique et clinique, l’instrument fournit aux administrateurs universitaires, aux conseillers d’orientation, aux services de soutien psychologique et aux directions de l’équité, de la diversité et de l’inclusion (EDI) des données probantes indispensables. Il permet de cartographier la température du climat institutionnel, d’anticiper les risques de rupture d’appartenance et de concevoir des interventions pédagogiques et institutionnelles ciblées visant à protéger la dignité, la sécurité et le bien-être des étudiants internationaux.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’ACRI est défini comme l’attitude et la sensibilité perceptive des étudiants internationaux face à la rhétorique anti-chinoise, appréhendée sous l’angle du préjudice subjectif, de la stigmatisation collective et de la menace identitaire. L’instrument opérationnalise ce construit à travers deux dimensions fondamentales hautement corrélées :

1. Le biais perçu et le préjudice psychosocial (Perceived Bias and Harm)

Cette sous-dimension s’intéresse à l’impact direct et concret de la rhétorique hostile sur la vie quotidienne, la sécurité subjective et le sentiment d’appartenance de l’individu. Elle mesure la mesure dans laquelle l’étudiant perçoit que les discours négatifs émanant des médias, des figures politiques ou de l’entourage social dépassent le cadre du débat géopolitique abstrait pour engendrer des préjudices réels dans son environnement immédiat.

Ce pôle évalue notamment :

  • La dégradation du climat d’accueil : Le sentiment que la couverture médiatique négative crée un climat hostile et inhospitalier au sein de la société d’accueil (ex. : impact sur l’ouverture perçue de la communauté locale).
  • La menace sur la sécurité et le bien-être : L’expérience d’une diminution du sentiment de sécurité physique et psychologique sur le campus et dans l’espace public à la suite de déclarations politiques incendiaires.
  • L’érosion de l’appartenance institutionnelle : L’altération du sentiment d’intégration et d’acceptation au sein de l’université d’accueil (sense of belonging), conduisant fréquemment à un repli sur soi et à l’autocensure culturelle (hésitation à afficher son identité ou à parler sa langue maternelle).
  • L’exposition aux micro-agressions : La perception que la rhétorique ambiante légitime et alimente des actes quotidiens de discrimination interpersonnelle insidieuse, d’exclusion implicite et de stéréotypage sur le lieu d’études.

2. La critique politique et idéologique perçue comme stigmatisation (Political and Ideological Criticism)

Cette seconde dimension cible l’analyse cognitive et critique formulée par l’étudiant à l’égard de la rhétorique publique. Elle évalue la capacité des participants à discerner comment les discours dominants instrumentalisent la critique des politiques étatiques pour masquer des préjugés raciaux sous-jacents et pérenniser des stéréotypes sinophobes historiques.

Les facettes principales incluent :

  • L’amalgame entre gouvernement et population : La perception aiguë que les critiques formulées à l’encontre de l’État chinois glissent systématiquement vers un ciblage injuste des citoyens, des chercheurs et des étudiants ordinaires, réactivant le paradigme raciste du « péril jaune » ou de la « cinquième colonne ».
  • L’asymétrie et le manque d’objectivité médiatique : La détection d’une distorsion systématique dans les médias occidentaux, qui ont tendance à exagérer unilatéralement les faiblesses sociétales chinoises tout en occultant délibérément les réalisations positives ou le progrès social.
  • La suspicion institutionnelle envers l’intégrité académique : La perception que les accusations récurrentes d’espionnage technologique, de vol de propriété intellectuelle ou de malhonnêteté scientifique portées contre les chercheurs d’origine chinoise constituent des attaques à motivation géopolitique plutôt que des préoccupations déontologiques neutres.

En somme, le score global à l’ACRI reflète le degré auquel un individu identifie, dénonce et éprouve psychologiquement la toxicité de l’environnement discursif anti-chinois dans son expérience d’expatriation académique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration conceptuelle de l’ACRI s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la théorie critique de la race et des sciences de la mesure psychométrique.

La théorie de l’identité sociale et la menace du stéréotype

Au cœur du modèle se trouve la théorie de l’identité sociale formulée par Henri Tajfel et John Turner (1979, 1986). Selon cette approche, l’appartenance à un groupe national et culturel constitue une composante indissociable du concept de soi de l’individu. Lorsque le groupe d’appartenance (l’endogroupe) fait l’objet d’attaques rhétoriques dénigrantes continues de la part du groupe dominant de la société d’accueil (l’exogroupe), les membres de l’endogroupe subissent une situation aiguë de menace identitaire collective (social identity threat).

Conformément aux travaux de Steele et Aronson (1995) sur la menace du stéréotype, cette saillance négative permanente impose une charge cognitive et émotionnelle délétère. Les étudiants d’origine chinoise, constamment confrontés à l’association implicite de leur identité avec des représentations d’opacité, d’absence d’esprit critique ou de déloyauté nationale, intériorisent un état d’hypervigilance psychosociale qui entrave leur plein épanouissement académique et personnel.

La théorie critique de la race et le concept de l’« Étranger Perpétuel »

L’instrument mobilise également les cadres conceptuels issus de la théorie critique de la race appliquée aux populations d’ascendance asiatique en Occident (Omi & Winant, 1994 ; Tuan, 1998). Ces travaux mettent en évidence le stéréotype tenace de l’« étranger perpétuel » (perpetual foreigner stereotype), en vertu duquel les individus d’origine asiatique ne sont jamais pleinement considérés comme des pairs à part entière, mais comme des éléments inassimilables dont l’allégeance demeure éternellement suspecte. L’ACRI s’inspire également de la taxonomie des micro-agressions raciales formalisée par Derald Wing Sue et ses collègues (2007), en illustrant comment les discours macro-politiques se traduisent par des micro-invalidations et des micro-insultes au quotidien sur les campus universitaires.

Le modèle de construction de construits en théorie de la réponse à l’item (TRI)

Sur le plan méthodologique, la construction de l’ACRI a suivi scrupuleusement le paradigme de modélisation de construits proposé par Mark Wilson (2005). Ce modèle postule quatre piliers fondamentaux dans l’ingénierie d’une échelle :

  1. La carte du construit (Construct Map) : Définition explicite d’un continuum latent ordonné (le niveau θ de sensibilité et de perception de la rhétorique anti-chinoise).
  2. L’espace de conception des items : Chaque énoncé est conçu pour représenter un point spécifique sur ce continuum psychologique.
  3. Le guide de cotation : Une échelle ordinale rigoureusement hiérarchisée reflétant une approbation croissante du construit.
  4. Le modèle de mesure : L’application de modèles probabilistes (comme le modèle de crédit partiel ou les estimations bayésiennes) permettant de vérifier que les probabilités de réponse observées correspondent aux exigences théoriques de monotonicité et d’invariance de mesure.

7. Validité / Validity

L’ACRI a fait l’objet d’un processus de validation psychométrique approfondi, combinant des méthodes traditionnelles d’analyse multivariée et les exigences contemporaines de la modélisation probabiliste des réponses.

Validité basée sur le processus de réponse (Théorie de la réponse à l’item)

Selon les critères établis par Wilson (2005) et les standards de l’American Psychological Association (APA), un instrument fondé sur la TRI ne peut être considéré comme valide que si chaque catégorie de réponse démontre une progression monotone en fonction du trait latent sous-jacent. Pour l’ensemble des 12 items de l’ACRI, l’estimation des paramètres de positionnement a révélé une augmentation continue et strictement croissante de la moyenne du trait latent (Mean θ) à travers les différents niveaux de réponse (de l’échelon 1 à l’échelon 5). Ce résultat confirme que les étudiants qui choisissent des catégories de réponse plus élevées possèdent effectivement un niveau de trait latent supérieur, validant ainsi la structure ordinale de l’outil et l’absence d’inversion de seuil (threshold disordering).

Validité de construit et dimensionnalité

La validité de construit a été solidement établie par la convergence des analyses en composantes principales (ACP) et des analyses factorielles confirmatoires (AFC). L’ACP initiale a révélé l’existence d’une première composante majeure écrasante, absorbant 39,6 % de la variance commune totale, ce qui atteste d’une unidimensionnalité essentielle suffisante pour justifier l’usage d’un score composite global, tout en conservant la granularité interprétative de deux sous-dimensions opérationnelles.

Validité convergente et de critère

Dans les études de validation menées auprès d’échantillons d’étudiants chinois de premier cycle aux États-Unis (Yin et al., 2025) :

  • Convergence avec le stress d’acculturation : Les scores à l’ACRI ont montré des corrélations positives statistiquement significatives et élevées avec les échelles de stress d’acculturation (r variant entre 0,48 et 0,62, p < 0,001), notamment en ce qui concerne la sous-échelle de discrimination perçue.
  • Corrélation négative avec le sentiment d’appartenance : Une corrélation inverse substantielle a été documentée entre le score ACRI et les mesures du sentiment d’appartenance institutionnelle (Institutional Belongingness, r = -0,44, p < 0,001), démontrant que plus la rhétorique anti-chinoise est perçue comme aiguë, moins l’étudiant se sent intégré dans son université d’accueil.
  • Validité incrémentielle : Des analyses de régression hiérarchique ont démontré que l’ACRI prédit l’anxiété sociale et le repli identitaire au-delà de ce qui est prédit par les échelles de neuroticisme général et de détresse psychologique générale, prouvant sa spécificité conceptuelle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ACRI a été évaluée à travers une variété d’indices complémentaires issus à la fois de la théorie classique des tests (TCT) et des méthodes contemporaines de la théorie de la réponse à l’item (TRI).

Indices de consistance interne de la TRI

Dans le cadre de la modélisation probabiliste par la TRI, les indices traditionnels peuvent être imprécis en présence de distributions ordinales spécifiques. Les auteurs ont donc calculé deux métriques de référence :

  • Fidélité EAP/PV (Expected A Posteriori / Plausible Values Reliability) : L’instrument a affiché un indice EAP/PV de 0,85, ce qui démontre une excellente précision d’estimation du niveau latent individuel sur l’ensemble du spectre de la population évaluée.
  • Fidélité WLE (Weighted Likelihood Estimates) : L’indice de séparation des personnes basé sur les estimations du maximum de vraisemblance pondéré a atteint 0,84, confirmant que l’outil est capable de discriminer de manière fiable au moins trois à quatre strates distinctes d’attitudes au sein de la cohorte étudiée.

Consistance interne classique

Sur le plan de la théorie classique des tests, le coefficient Alpha de Cronbach (α) global pour les 12 items s’élève à 0,88, avec des valeurs respectives de 0,84 pour la sous-échelle Perceived Bias/Harm et de 0,81 pour la sous-échelle Political/Ideological Criticism. L’indice Oméga de McDonald (ω) hiérarchique a également confirmé la robustesse de la variance attribuable au facteur général (ω = 0,86).

Erreur standard de mesure (SEM) et courbes d’information

Les courbes d’information de l’échelle (Test Information Function) indiquent que l’instrument offre une précision de mesure maximale pour des valeurs de θ situées entre -1,5 et +2,0 écarts-types autour de la moyenne de la population. Cela signifie que l’ACRI est particulièrement efficace pour détecter et quantifier les niveaux modérés à très élevés de détresse ou de préjudice lié à la rhétorique hostile, garantissant une faible marge d’erreur lors du dépistage de populations vulnérables.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de la validité structurale de l’ACRI repose sur une démarche psychométrique en deux étapes : une analyse exploratoire par décomposition en composantes principales, suivie d’une analyse factorielle confirmatoire à haute résolution menée par Yin, Ji et Blum.

Analyse en composantes principales (ACP)

L’examen initial des données par ACP a mis en lumière la nette prépondérance d’un facteur unificateur. Le premier facteur propre représentait 39,6 % de la variance commune totale, avec un ratio entre la première et la deuxième valeur propre largement supérieur au seuil empirique de 3:1 préconisé par Reckase (1979) pour postuler l’unidimensionnalité essentielle. Ce résultat a fourni une justification empirique irréfutable autorisant l’étalonnage des items au moyen de modèles unidimensionnels de la TRI.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Afin de valider rigoureusement cette architecture, les chercheurs ont testé un modèle structural confirmatoire. Les résultats ont démontré une adéquation statistique remarquable entre les données empiriques et le modèle théorique :

  • Chi-deux de conformité : χ² = 113, avec 54 degrés de liberté (df = 54, p < 0,001). Le ratio χ²/df de 2,09 se situe largement en deçà du seuil critique conservateur de 3,0, attestant d’une excellente modélisation.
  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,98 (dépasse très nettement l’exigence usuelle de 0,95).
  • Tucker–Lewis Index (TLI) : 0,98 (reflète un ajustement optimal tenant compte de la parcimonie du modèle).
  • Normed Fit Index (NFI) : 0,96 (confirme la supériorité éclatante du modèle par rapport au modèle d’indépendance).
  • Root-Mean-Square Error of Approximation (RMSEA) : 0,058 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,074, indiquant une erreur d’approximation négligeable dans la population).

Saturations factorielles des items (Loadings)

Tous les items de l’instrument ont manifesté des saturations standardisées statistiquement significatives (p < 0,001), oscillant entre 0,61 et 0,84 :

  • Les items relatifs à l’impact médiatique et au sentiment de sécurité (items 2, 4, 6, 8) présentent les saturations les plus fortes sur le facteur de préjudice perçu (λ > 0,75).
  • Les items ciblant la déformation politique et le dénigrement de l’intégrité académique (items 1, 3, 7, 9) saturent principalement entre 0,64 et 0,78 sur la dimension critique idéologique.

Ces indices corroborent sans équivoque la solidité métrologique de la structure de l’ACRI.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique standardisé (Self-report Rating Scale).
  • Nature du test : Échelle originale d’attitudes sociales et de préjudice discursif.
  • Nombre d’items : 12 énoncés affirmatifs.
  • Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée / en ligne. Durée moyenne de passation : environ 5 à 8 minutes.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert authentique en 5 points :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Tout à fait d’accord (Strongly Agree)
  • Population cible : Étudiants internationaux d’origine chinoise inscrits dans l’enseignement supérieur (premier cycle, cycles supérieurs, postdoctorants) et, par extension, chercheurs ou professionnels d’ascendance chinoise en contexte migratoire occidental.
  • Sous-échelles / Facteurs :
    • Biais perçu et préjudice (Perceived Bias/Harm) : Items évaluant l’insécurité, le climat hostile, les micro-agressions et l’atteinte à l’appartenance.
    • Critique politique et idéologique (Political/Ideological Criticism) : Items évaluant l’instrumentalisation médiatique, l’amalgame raciste et le dénigrement institutionnel.
  • Cotation et calcul des scores :
    • Les scores individuels s’obtiennent par la somme brute (étendue théorique de 12 à 60) ou par la moyenne des items (étendue de 1 à 5).
    • L’instrument ne comprend pas d’inversion de score (aucun item inversé) : une cotation directe est appliquée.
    • Interprétation : Un score élevé traduit une sensibilité aiguë, une forte conscience critique et un impact subjectif marqué de la rhétorique anti-chinoise sur l’expérience psychosociale de l’étudiant.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2023 (Publication formelle en revue : 2025).
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Détenus conjointement par les auteurs (Peng Yin, Feng Ji, Alexander M. Blum) et l’American Psychological Association (Journal of Diversity in Higher Education).
  • Politique de reproduction et d’utilisation : L’instrument est disponible gratuitement à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement académique (Open Access for Research and Teaching).
  • Usage commercial : Strictement interdit sans l’autorisation expresse écrite des auteurs et de l’éditeur scientifique détenteur des droits.
  • Tarification : Accès sans frais (No fee). L’échelle complète et son manuel sont documentés dans le matériel supplémentaire des publications de référence.

12. Références / References

  • Institute of International Education. (2022). Open Doors 2022 Report on International Educational Exchange. Institute of International Education. https://opendoorsdata.org
  • Omi, M., & Winant, H. (1994). Racial formation in the United States: From the 1960s to the 1990s (2nd ed.). Routledge. https://www.routledge.com
  • Reckase, M. D. (1979). Unifactor latent trait models applied to multifactor tests: Results and implications. Journal of Educational Statistics, 4(3), 207–230. https://doi.org/10.3102/10769986004003207
  • Steele, C. M., & Aronson, J. (1995). Stereotype threat and the intellectual test performance of African Americans. Journal of Personality and Social Psychology, 69(5), 797–811. https://doi.org/10.1037/0022-3514.69.5.797
  • Sue, D. W., Capodilupo, C. M., Torino, G. C., Bucceri, J. M., Holder, A. M., Nadal, K. L., & Esquilin, M. (2007). Racial microaggressions in everyday life: Implications for clinical practice. American Psychologist, 62(4), 271–286. https://doi.org/10.1037/0003-066X.62.4.271
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The social psychology of intergroup relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.
  • Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. In S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of intergroup relations (pp. 7–24). Nelson-Hall.
  • Tuan, M. (1998). Forever foreigners or honorary whites? The Asian ethnic experience today. Rutgers University Press. https://doi.org/10.36019/9780813583198
  • Wilson, M. (2005). Constructing measures: An item response modeling approach. Lawrence Erlbaum Associates. https://doi.org/10.4324/9781410611697
  • Yin, P., Ji, F., & Blum, A. M. (2025). Exploring Chinese international students’ attitudes toward anti-China rhetoric: Development and initial validation of an item response theory-based measure. Journal of Diversity in Higher Education, 18(3), 240–252. https://doi.org/10.1037/dhe0000513

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

5-point Likert scale:
1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Neutral
4 = Agree
5 = Strongly Agree

  1. Anti-China rhetoric unfairly targets the Chinese people rather than just government policies.
  2. Negative media coverage about China creates a hostile environment for Chinese students in the United States.
  3. Criticism of China in political discourse often masks underlying racial prejudice.
  4. Statements made by U.S. politicians regarding China make me feel less safe on campus or in public.
  5. Public criticism of China often exaggerates problems while ignoring positive developments.
  6. The portrayal of China as a threat directly impacts how local communities perceive Chinese individuals.
  7. Public discourse about China often blurs the line between legitimate criticism of a government and discrimination against its people.
  8. Experiencing or hearing anti-China statements negatively affects my sense of belonging in the host country.
  9. Accusations against Chinese researchers and students of espionage or dishonesty are largely driven by political rhetoric.
  10. Media reports on China frequently lack objectivity and balance.
  11. Anti-China rhetoric contributes to interpersonal microaggressions against Chinese students.
  12. Condemnations of China in academic or social settings often make me hesitant to express my cultural identity.
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Looti, M. (2026, octobre 15). Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-mesure-de-la-rhetorique-anti-chinoise
Looti, Mohammed. “Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise.” Base de données de psychologie en français, 15 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-mesure-de-la-rhetorique-anti-chinoise.
Looti, Mohammed. “Échelle de mesure de la rhétorique anti-chinoise.” Base de données de psychologie en français. octobre 15, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-mesure-de-la-rhetorique-anti-chinoise.