Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme

L’Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme (FWDS ; Stroessner & Green, 1990) est un instrument psychométrique mesurant les croyances au libre arbitre, au déterminisme religieux-philosophique et au déterminisme psychosocial.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme (en anglais, Free Will-Determinism Scale ou FWDS), développée par Steven J. Stroessner et C. W. Green en 1990, constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour opérationnaliser et évaluer empiriquement les croyances épistémiques et métaphysiques des individus concernant la volition humaine et les causalités comportementales. Historiquement circonscrite aux débats philosophiques et théologiques opposant de manière binaire l’autonomie agentique à la prédestination, la question du libre arbitre et du déterminisme a été réinvestie par la psychologie sociale et cognitive en tant que système de croyances subjectives modulant significativement le jugement moral, les attributions de responsabilité et le locus de contrôle.

Composée initialement de 19 items, l’échelle finale validée en conserve 17, répartis selon une structure tri-factorielle robuste établie par analyse factorielle exploratoire en axes principaux avec rotation Varimax : (1) le déterminisme religieux-philosophique (6 items), mesurant la conviction qu’une entité transcendante, un dessein supérieur ou le destin gouverne les conduites humaines ; (2) le déterminisme psychosocial (7 items), évaluant l’attribution causale des comportements aux contingences de l’environnement, à l’éducation, aux conditionnements passés et aux stratifications sociodémographiques ; et (3) le libertarianisme ou croyance au libre arbitre (4 items), captant l’affirmation d’une souveraineté agentique inconditionnelle et d’un pouvoir de choix individuel transcendant les pressions contextuelles. Les participants expriment leur degré d’accord sur une échelle de type Likert en 9 points, variant de 1 (« fortement en accord ») à 9 (« fortement en désaccord »).

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente une consistance interne satisfaisante à excellente selon les dimensions (coefficient alpha de Cronbach de 0,87 pour le déterminisme religieux-philosophique, 0,64 pour le déterminisme psychosocial, et 0,69 pour le libertarianisme). Les indices de validité conceptuelle mettent en évidence des relations différenciées entre ces dimensions, l’orientation du locus de contrôle (interne versus externe) et la sévérité punitive, révélant notamment une absence notable de biais d’attribution fondamentale chez les répondants. La FWDS demeure une référence fondatrice pour l’exploration de la psychologie des croyances métaphysiques profanes.

2. Mots-clés / Keywords

Libre arbitre, Déterminisme, Libertarianisme, Psychométrie, Déterminisme psychosocial, Croyances métaphysiques, Attribution causale, Locus de contrôle, Jugement moral, Philosophie expérimentale, Échelle FWDS, Psychologie sociale.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme a été conçue, testée et publiée par deux chercheurs en psychologie sociale :

  • Steven J. Stroessner : Chercheur en psychologie sociale cognitive, affilié au moment des travaux initiaux à Columbia University et au Barnard College (New York, États-Unis). Ses axes de recherche portent principalement sur la cognition sociale, les stéréotypes, la formation d’impressions et les déterminants sociocognitifs de l’attribution de responsabilité. Courriel académique : [email protected].
  • C. W. Green : Chercheur en psychologie sociale et théorique, associé aux départements universitaires de psychologie du Midwest américain, ayant orienté ses travaux sur la dynamique des croyances idéologiques, les attitudes punitives et la philosophie de l’action.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Free Will-Determinism Scale est de translater une problématique métaphysique plurimillénaire en un construit psychologique évaluable empiriquement. Alors que les philosophes ont traditionnellement tenté de déterminer la vérité ontologique du libre arbitre ou du déterminisme physique et théologique, la psychologie scientifique postule que la validité métaphysique objective de ces concepts échappe par nature à la démonstration empirique. En revanche, le degré subjectif d’adhésion à l’un ou l’autre de ces principes constitue une disposition sociocognitive puissante, susceptible de structurer en profondeur l’appareil perceptif, les jugements moraux, les attributions de causalité et les régulations comportementales de l’individu.

Historiquement, les sciences sociales ont d’abord conceptualisé le libre arbitre et le déterminisme comme les deux pôles mutuellement exclusifs d’un continuum unidimensionnel. Sous cette approche dichotomique réductrice, un individu était supposé d’autant moins déterministe qu’il se percevait comme libre. Les travaux pionniers de Viney, Waldman et Barchilon (1982) ont toutefois remis en cause cette vision linéaire en démontrant que le système de croyances profane est intrinsèquement multidimensionnel. L’être humain peut simultanément concevoir son comportement comme soumis à des lois déterministes spécifiques (sociales, théologiques, environnementales) tout en maintenant un sens d’autonomie personnelle ou d’indétermination contextuelle.

Stroessner et Green (1990) ont spécifiquement conçu la FWDS pour répondre à plusieurs nécessités scientifiques et appliquées :

  • Désenchevêtrer les sous-types de déterminisme : La force causale perçue peut émaner soit d’une transcendance délibérée (la Providence, le plan divin, le destin cosmique), soit d’un réseau causal immanent et séculier (le conditionnement parental, l’apprentissage social, la classe socio-économique, le genre). Confondre ces deux modalités au sein d’une étiquette générique de « déterminisme » obscurcit les processus psychologiques sous-jacents.
  • Analyser la structure du jugement punitif : En psychologie légale et criminologique, la sévérité de la peine et l’adhésion aux doctrines de réhabilitation dépendent directement de la conception que les jurés et citoyens se font de l’agentivité de l’accusé. Si l’individu n’avait « pas le choix » en raison d’un déterminisme rigide, l’attribution de blâme moral est profondément reconfigurée.
  • Articuler les croyances métaphysiques et la théorie de l’attribution : L’outil vise à tester si les individus appliquent des grilles d’analyse causale divergentes selon qu’ils jugent leurs propres actes (auto-attribution) ou les actes d’autrui (hétéro-attribution), offrant une fenêtre d’analyse privilégiée sur l’erreur fondamentale d’attribution.
  • Fournir un instrument standardisé pour la psychologie de la personnalité et de la religion : Permettre aux cliniciens et aux chercheurs d’évaluer comment les représentations de l’inévitabilité ou de l’auto-efficacité modulent la dépression, le sentiment d’impuissance acquise et la motivation intrinsèque.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique appréhendé par la FWDS repose sur la théorisation selon laquelle l’esprit humain utilise des modèles implicites de causalité universelle pour naviguer dans son environnement social. La structure de l’instrument s’articule autour de trois dimensions orthogonales ou partiellement corrélées, chacune reflétant une posture ontologique profane distincte :

1. Le déterminisme religieux-philosophique (Religious-Philosophical Determinism)

Cette dimension quantifie le niveau de croyance selon lequel les actions, choix et trajectoires existentielles des êtres humains sont gouvernés par une puissance métaphysique supérieure, une intentionnalité transcendante ou un ordre cosmique prédéfini. Selon la définition de Stroessner et Green (1990, p. 791), il s’agit de « la croyance qu’une force telle que Dieu ou le destin agit pour contrôler notre comportement ». Les items de cette sous-échelle (par exemple, « God has my life planned out » ou « My choices are constrained by God ») capturent un univers préordonné où le hasard véritable est éliminé au profit d’un téléologisme rigide.

Sur le plan psychologique, cette dimension opère une externalisation théologique du contrôle. L’agent ne se perçoit pas nécessairement comme impuissant, mais plutôt comme le vecteur ou l’exécutant d’une volonté supra-ordonnée. Cette forme de déterminisme se distingue nettement du fatalisme passif : elle confère souvent une signification existentielle élevée aux événements de vie, tout en déchargeant l’individu de l’angoisse inhérente à l’indétermination absolue.

2. Le déterminisme psychosocial (Psychosocial Determinism)

Le déterminisme psychosocial renvoie à « la croyance que des facteurs environnementaux déterminent notre comportement » (Stroessner & Green, 1990, p. 791). Contrairement à la composante religieuse, cette sous-échelle s’ancre dans une métaphysique matérialiste et immanente, étroitement liée aux principes de la psychologie behavioriste et de la sociologie critique. Les items (tels que « My behaviors are determined by conditioning and life experiences » ou « My wealth, class, race, and gender determine my decisions and behavior ») postulent que la personnalité et les conduites résultent mécaniquement de l’enculturation précoce, des pressions normatives, du statut socio-économique et des apprentissages antérieurs.

Les individus obtenant un score élevé sur cette dimension perçoivent l’agentivité humaine comme une illusion cognitive masquant l’impact prépondérant de la socialisation et des macro-structures économiques. L’autonomie n’est pas entravée par Dieu, mais conditionnée de manière déterministe par l’histoire ontogénétique du sujet.

3. Le libertarianisme / Libre arbitre (Libertarianism)

Le libertarianisme philosophique, dans le cadre de cette échelle, désigne l’affirmation radicale de la liberté de choix et de la causalité agentique endogène. Cette dimension évalue la conviction que l’individu possède une volonté inaltérable, autonome et pleinement capable de transcender les contraintes biopsychosociales et les influences contextuelles. Les items constitutifs (notamment « I have total free will » et « I am free to make choices in my life regardless of social conditions ») reflètent l’archétype humaniste et sartrien de l’auto-détermination.

Un score élevé en libertarianisme traduit la croyance que la conscience réflexive peut s’extraire de tout déterminisme externe pour initier des chaînes causales nouvelles. Cette position est psychologiquement corrélée à une internalité marquée, à un sentiment élevé de responsabilité personnelle, mais également à une propension accrue à blâmer les individus victimes de revers sociaux, dès lors que ces revers sont interprétés comme le produit de choix individuels non contraints.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La FWDS s’inscrit au carrefour de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie et de la philosophie des sciences :

L’incompatibilisme vs compatibilisme profane

Dans la tradition philosophique occidentale, deux grandes thèses s’affrontent : l’incompatibilisme (postulant que le déterminisme strict et le libre arbitre s’excluent mutuellement, scindé entre le déterminisme dur de Baruch Spinoza et le libertarianisme pur) et le compatibilisme (défendu par des penseurs comme David Hume ou Harry Frankfurt, soutenant que la liberté réside dans l’action conforme à ses désirs, même si les désirs sont déterminés). La FWDS a été explicitement architecturée pour explorer si les personnes non formées à la philosophie adhèrent spontanément à une logique compatibiliste ou incompatibiliste. En séparant la mesure du libre arbitre et celle des déterminismes, Stroessner et Green permettent d’observer empiriquement la coexistence éventuelle de ces croyances au sein de la même structure cognitive.

La théorie du Locus de Contrôle de Rotter

Le modèle théorique de Julian Rotter (1966) sur le locus de contrôle (Interne vs Externe) constitue un pilier conceptuel fondamental pour comprendre la FWDS. Rotter postule que les individus développent des attentes généralisées quant à l’origine des renforcements : soit ils estiment que le résultat de leurs actions dépend de leurs capacités et efforts propres (locus interne), soit ils l’attribuent au hasard, à la chance ou à des « autruis puissants » (locus externe). L’hypothèse théorique de Stroessner et Green était que le libertarianisme s’alignerait rigoureusement sur un locus interne, tandis que les déterminismes religieux et psychosociaux correspondraient à des formes spécifiques d’externalité causale.

La psychologie naïve de Heider et les théories de l’attribution

La théorie des attributions causales développée par Fritz Heider (1958), et enrichie par Edward Jones, Keith Davis (1965) et Harold Kelley (1967), postule que les individus agissent comme des « scientifiques naïfs » cherchant à attribuer le comportement d’autrui à des causes dispositionnelles (internes) ou situationnelles (externes). Lee Ross (1977) a formalisé l’erreur fondamentale d’attribution, démontrant une tendance systématique à surestimer le poids des facteurs internes au détriment des contraintes situationnelles lors de l’observation d’autrui. La FWDS permet d’interroger la stabilité de ces biais : un individu convaincu de la vérité du déterminisme psychosocial continue-t-il à commettre cette erreur fondamentale ? Les données de Stroessner et Green suggèrent que ces croyances métaphysiques fondamentales modulent l’intensité même des heuristiques attributives.

La psychologie des univers ordonnés vs chaotiques

Le cadre théorique sous-jacent met en lumière une condition sine qua non commune au libre arbitre et au déterminisme : l’existence d’un univers régulier et compréhensible. Comme le soulignent les auteurs, l’absence de déterminisme ne conduit pas mécaniquement au libre arbitre ; elle peut tout aussi bien traduire un cosmos non régi par des lois, dominé par le chaos, le hasard aveugle ou l’arbitraire complet. Tant le libertarianisme (qui postule un contrôle interne souverain) que le déterminisme (qui postule des lois externes intelligibles) requièrent un ordre ontologique préalable. Dans un univers purement chaotique ou capricieux, ni la notion de libre arbitre ni celle de déterminisme n’ont de sens opératoire.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la validité de la Free Will-Determinism Scale par Stroessner et Green (1990) a apporté plusieurs résultats substantiels confirmant son opérationnalité :

Validité de contenu et validité apparente (Face Validity)

Les items de l’échelle présentent une formulation transparente, directe et dépourvue d’ambiguïté terminologique complexe, favorisant une excellente validité apparente. Les formulations ont été élaborées pour résonner immédiatement avec le sens commun sans requérir de formation philosophique préalable. Les répondants identifient sans équivoque la nature des construits interrogés, minimisant ainsi les biais de non-compréhension.

Validité de construit et corrélations avec le Locus de Contrôle

La validité de construit a été documentée à travers l’analyse des relations croisées avec l’échelle de Locus de Contrôle d’I-E de Rotter. Les analyses ont révélé des patterns d’associations particulièrement stimulants :

  • Les individus à forte orientation libertarienne manifestent un locus de contrôle significativement plus interne que les adeptes du déterminisme psychosocial, corroborant l’hypothèse de congruence théorique entre souveraineté de la volonté et causalité interne.
  • De façon plus inattendue sur le plan conceptuel, les individus adhérant fortement au déterminisme religieux-philosophique présentent simultanément des indices d’internalité supérieurs à ceux des tenants du déterminisme psychosocial. Cette observation met en lumière la nature singulière de la croyance religieuse, où la soumission à une transcendance ordonnée n’équivaut pas à une passivité impuissante, mais s’accompagne souvent d’un fort sentiment d’autonomie morale personnelle dans le cadre du plan divin.
  • Les partisans du déterminisme psychosocial affichent quant à eux le niveau d’externalité le plus marqué, attestant de la spécificité empirique de cette dimension où l’individu se conçoit comme le réceptacle passif des forces socio-environnementales.

Validité prédictive : Jugements punitifs et attitudes judiciaires

La validité prédictive de l’instrument a été examinée à travers son pouvoir explicatif des attitudes envers la punition criminelle et la réhabilitation. Les résultats obtenus par Stroessner et Green (1990) ont mis en évidence une relation non linéaire particulièrement remarquable : les sujets adoptant des positions extrêmes — qu’ils soient fermement ancrés dans un déterminisme religieux absolu ou dans un libertarianisme inconditionnel — expriment des jugements nettement plus punitifs que les individus maintenant des croyances modérées ou compatibilistes. Chez les libertariens stricts, la punition sanctionne la culpabilité totale d’un choix non contraint ; chez les déterministes religieux, elle rétablit l’ordre moral transgressé. À l’inverse, l’adhésion au déterminisme psychosocial est positivement associée à des attitudes favorables aux programmes de réhabilitation sociale.

Résorption de l’Erreur Fondamentale d’Attribution

Un apport méthodologique majeur de la FWDS réside dans la démonstration que les répondants évaluant leurs propres conduites ou celles d’une tierce personne mobilisent des grilles de lecture identiques en matière de punitivité et de locus de contrôle. L’absence d’asymétrie acteur-observateur statistiquement significative dans ce paradigme suggère que les croyances relatives au libre arbitre constituent des schémas métacognitifs profonds qui s’imposent de façon universelle au traitement de l’information sociale.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne de la Free Will-Determinism Scale a été mesurée à l’aide du coefficient alpha de Cronbach au sein d’une cohorte de 507 participants universitaires :

  • Sous-échelle Déterminisme religieux-philosophique (6 items) : Présente une consistance interne robuste avec un coefficient $\alpha = 0{,}87$. Cette valeur élevée atteste d’une très forte cohérence thématique entre les items renvoyant à l’action de Dieu, au destin et à l’existence d’un plan supérieur.
  • Sous-échelle Libertarianisme (4 items) : Affiche un coefficient $\alpha = 0{,}69$. Bien que modeste, cette fidélité demeure acceptable selon les standards psychométriques conventionnels pour une sous-échelle brève ne comportant que quatre éléments hétérogènes mesurant l’indépendance vis-à-vis des normes de groupe et la permanence temporelle du libre arbitre.
  • Sous-échelle Déterminisme psychosocial (7 items) : Présente un coefficient $\alpha = 0{,}64$. Ce score reflète la diversité substantielle des vecteurs environnementaux sondés au sein de la dimension (éducation précoce, conditionnement comportemental, stratification de classe, race, genre). Cette dispersion conceptuelle inhérente à l’environnement social limite mécaniquement la covariance inter-items sans altérer fondamentalement la validité du domaine exploré.

Bien que les données initiales de Stroessner et Green (1990) ne comportent pas d’analyse de fidélité test-retest à moyen ou long terme, la nature dispositionnelle et idéologique des croyances métaphysiques fondamentales suggère une stabilité temporelle substantielle chez les populations adultes stables.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la FWDS a été rigoureusement établie à l’aide d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) utilisant la méthode d’extraction en axes principaux (Principal Axis Factoring) suivie d’une rotation orthogonale Varimax, appliquée au pool initial de 19 items :

Structure tridimensionnelle

L’analyse mathématique a extrait trois facteurs primaires distincts présentant des valeurs propres supérieures au critère d’arrêtoir conventionnel, confirmant empiriquement la tripartition postulée :

  • Facteur 1 : Déterminisme religieux-philosophique regroupe les items 6, 8, 12, 14, 15 et 17. Ces items présentent des saturations factorielles primaires élevées (généralement $> 0{,}50$) sur le facteur théologique, sans saturation croisée notable sur les autres axes. L’item 17 (attribuant les réussites à une série de chances/destin) a convergé structurellement avec cet axe de prédétermination externe non matérielle.
  • Facteur 2 : Déterminisme psychosocial regroupe les items 1, 2, 5, 7, 11, 13 et 16. Chaque item sature principalement sur cet axe reflétant l’histoire développementale et les pesanteurs structurelles de la société.
  • Facteur 3 : Libertarianisme rassemble les items 3, 4, 9 et 10, caractérisés par une affirmation univoque de liberté d’action inaliénable.

Épuration instrumentale

Au terme de la procédure factorielle, deux items de la version initiale à 19 énoncés ont été éliminés en raison de saturations insuffisantes ($< 0{,}30$) ou de saturations factorielles complexes et diffuses sur plusieurs axes simultanés. La version définitivement préconisée par Stroessner et Green a ainsi été stabilisée à 17 items purs, garantissant une spécificité unifactorielle stricte pour chaque item conservé.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme (Free Will-Determinism Scale – FWDS).
  • Auteurs : Steven J. Stroessner et C. W. Green (1990).
  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation papier-crayon ou informatisé.
  • Nombre total d’items : 17 items (issus de la matrice initiale de 19 items après élimination de 2 items non saturants).
  • Format de réponse : Échelle de type Likert en 9 points, où les ancrages sont définis de :
    1 = « Fortement en accord » (Strongly agree)
    à 9 = « Fortement en désaccord » (Strongly disagree).
  • Mode d’administration : Individuel ou collectif ; temps de passation estimé entre 5 et 10 minutes.
  • Population cible : Adolescents et adultes dotés d’une compréhension linguistique standard (dès l’âge de 15 ans).
  • Limitation conceptuelle documentée : L’instrument ne comporte pas d’items explorant les déterminants biologiques, neurogénétiques ou physiologiques du comportement (une lacune ultérieurement comblée par des instruments comme la FAD-Plus de Paulhus et Carey).
  • Calcul des scores par sous-échelle :
    • Score Déterminisme religieux-philosophique : Somme arithmétique directe des items 6, 8, 12, 14, 15 et 17 (score allant de 6 à 54).
    • Score Déterminisme psychosocial : Somme arithmétique directe des items 1, 2, 5, 7, 11, 13 et 16 (score allant de 7 à 63).
    • Score Libertarianisme : Somme arithmétique directe des items 3, 4, 9 et 10 (score allant de 4 à 36).
    • Score Global de Déterminisme (unidimensionnel inverse) : Obtenu par l’inversion préalable des items de libertarianisme (3, 4, 9 et 10 selon la formule : $10 – \text{réponse}$) combinée à l’agrégation des scores de déterminisme.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1990.
  • Statut des droits d’auteur : Les droits éditoriaux de l’article princeps sont détenus par la revue The Journal of Social Psychology (Taylor & Francis Group).
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’échelle FWDS fait partie intégrante du domaine de la recherche académique fondamentale. Elle est libre de droits d’utilisation (free of charge) à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement universitaire, sous réserve expresse de citer formellement les auteurs et la publication originale de 1990. Toute utilisation au sein de batteries commerciales, d’outils d’évaluation d’entreprise ou de logiciels payants requiert une autorisation écrite préalable auprès des ayants droit.

12. Références / References

Les sources théoriques et psychométriques ayant servi à l’établissement et à la validation de la FWDS comprennent :

  • Heider, F. (1958). The Psychology of Interpersonal Relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
  • Jones, E. E., & Davis, K. E. (1965). From acts to dispositions: The attribution process in person perception. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 219–266). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60107-0
  • Ross, L. (1977). The intuitive psychologist and his shortcomings: Distortions in the attribution process. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 10, pp. 173–220). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60357-3
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Stroessner, S. J., & Green, C. W. (1990). Effects of belief in free will or determinism on attitudes toward punishment and locus of control. The Journal of Social Psychology, 130(6), 789–799. https://doi.org/10.1080/00224545.1990.9923014
  • Viney, W., Waldman, D. A., & Barchilon, J. (1982). Attitudes toward punishment in relation to beliefs in free will and determinism. Human Relations, 35(11), 939–950. https://doi.org/10.1177/001872678203501101

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

Respondents are asked to rate their degree of agreement with each item on a 9-point Likert scale in which 1 denotes « strongly agree » and 9 denotes « strongly disagree ».

  1. My exercise of free will is limited by my upbringing.
  2. Because of my background influences, I have no real free will.
  3. I will have free will all of my life.
  4. I have free will in life, regardless of group expectations or pressures.
  5. My behaviors are determined by conditioning and life experiences.
  6. My choices are limited by God’s plan for my life.
  7. My wealth, class, race, and gender determine my decisions and behavior.
  8. My choices are constrained by God.
  9. I am free to make choices in my life regardless of social conditions.
  10. I have total free will.
  11. My free will is limited by such social conditions as wealth, career, and class.
  12. My decisions fit into and thus are limited by a larger plan.
  13. My present behavior is totally a result of my childhood experiences.
  14. God’s will determines the choices I make.
  15. God has my life planned out.
  16. My behaviors are limited by my background.
  17. When things are going well for me, I consider it due to a run of good luck.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-libre-arbitre-et-de-determinisme-fwds
Looti, Mohammed. “Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-libre-arbitre-et-de-determinisme-fwds.
Looti, Mohammed. “Échelle de Libre Arbitre et de Déterminisme.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-libre-arbitre-et-de-determinisme-fwds.