Échelle de kinésiophobie de Tampa (TSK)

Découvrez l’Échelle de kinésiophobie de Tampa (TSK) : cadre théorique d’évitement de la peur, structure factorielle, propriétés psychométriques, cotation et items complets pour l’évaluation clinique de la peur du mouvement.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de kinésiophobie de Tampa (Tampa Scale of Kinesiophobia, TSK) constitue l’un des instruments psychométriques d’auto-évaluation les plus validés et utilisés mondialement dans l’étude des dimensions affectives et cognitives associées à la douleur chronique. Développée initialement par Miller, Kori et Todd en 1991, puis formalisée cliniquement par Johan Vlaeyen et ses collaborateurs en 1995, la TSK a été conçue pour opérationnaliser le concept de kinésiophobie, défini comme une peur excessive, irrationnelle et invalidante du mouvement physique et de l’activité, résultant d’un sentiment de vulnérabilité face à une blessure douloureuse ou à une récidive lésionnelle.

L’échelle comprend 17 items présentés sous une échelle de réponse ordinale de type Likert en 4 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 4 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree). Quatre items (items 4, 8, 12 et 16) présentent une formulation inversée et nécessitent un recodage avant la sommation. Le score total oscille entre 17 et 68 points, un score élevé traduisant une kinésiophobie sévère ; le seuil clinique canonique défini par Vlaeyen (1995) fixe à 37 points le niveau critique au-delà duquel l’évitement comportemental devient cliniquement dommageable.

Sur le plan structurel, les analyses factorielles confirmatoires menées notamment par Roelofs et al. (2004) ainsi que Burwinkle et al. (2005) confirment l’existence d’un modèle bifactoriel robuste comprenant l’Évitement de l’activité (Activity Avoidance) et la Focalisation somatique (Somatic Focus). Les propriétés psychométriques de l’instrument démontrent une consistance interne satisfaisante (coefficient alpha de Cronbach variant généralement de 0,70 à 0,86 selon les populations), une excellente fidélité test-retest (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,80), ainsi qu’une validité de construit convergente et prédictive substantielle vis-à-vis des incapacités fonctionnelles, du catastrophisme lié à la douleur et des épreuves d’effort physique.

2. Mots-clés / Keywords

Kinésiophobie, Échelle de kinésiophobie de Tampa, TSK, Peur du mouvement, Douleur chronique, Modèle d’évitement de la peur, Lombalgie chronique, Fibromyalgie, Psychométrie, Évitement de l’activité, Focalisation somatique, Catastrophisme de la douleur, Réadaptation physique, Comportement d’évitement.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu à l’origine dans un cadre de médecine physique et de gestion de la douleur musculosquelettique aux États-Unis, avant d’être transposé et rigoureusement validé scientifiquement par l’école européenne de psychologie clinique de la santé :

  • Robert Miller, M.S. : Clinicien et chercheur en psychologie de la santé, Tampa, Floride, États-Unis. Co-développeur de la version princeps de 1991.
  • S. H. Kori, M.D. : Neurologue et spécialiste de la prise en charge de la douleur, Pain Assessment and Rehabilitation Center, Tampa, Floride, États-Unis. Auteur principal de la conceptualisation inaugurale de la kinésiophobie (Kori et al., 1990).
  • D. D. Todd : Chercheur associé en réadaptation musculosquelettique, Tampa, Floride, États-Unis.
  • Johan W. S. Vlaeyen, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie comportementale de la santé à la KU Leuven (Belgique) et à l’Université de Maastricht (Pays-Bas). Responsable de l’intégration théorique de la TSK au sein du modèle d’évitement de la peur (Fear-Avoidance Model) et de sa validation clinique de référence (1995). Contact institutionnel : Department of Psychology and Educational Sciences, KU Leuven, Tiensestraat 102, 3000 Leuven, Belgique.
  • Jeroen Roelofs, Ph.D. : Psychologue clinicien et chercheur en psychométrie et psychopathologie expérimentale, Département de psychologie clinique et psychothérapie, Université de Maastricht, Pays-Bas. Auteur des travaux factoriels confirmatoires multigroupes (Roelofs et al., 2004).

4. Objectif / Purpose

Conceptualisation et finalité clinique

L’objectif fondamental de l’Échelle de kinésiophobie de Tampa est de quantifier de manière standardisée l’intensité des croyances dysfonctionnelles et de la détresse émotionnelle qui poussent un individu à interpréter la sensation douloureuse ou le mouvement corporel comme un signal imminent de lésion anatomique. Dans le domaine de la médecine physique et de réadaptation, la présence prolongée de plaintes douloureuses ne s’explique fréquemment pas par l’étendue des lésions tissulaires périphériques. La TSK a été élaborée afin de combler le gouffre diagnostique existant entre le statut lésionnel objectif d’un patient et son niveau d’incapacité fonctionnelle auto-rapportée.

En objectivant la peur du mouvement et de la récidive traumatique, le clinicien ou le chercheur peut identifier les mécanismes cognitivo-comportementaux responsables de la transition d’une affection aiguë vers une chronicisation invalidante. L’évaluation standardisée par la TSK permet d’expliquer pourquoi certains patients atteints d’un épisode de lombalgie ou d’un syndrome de fibromyalgie adoptent des comportements d’hypervigilance motrice, réduisent drastiquement leur périmètre d’action quotidienne et développent un déconditionnement physique sévère.

Applications en pratique clinique

En pratique clinique ambulatoire ou hospitalière, la TSK remplit plusieurs fonctions stratégiques :

  • Dépistage précoce des trajectoires d’incapacité : Identifier dès la prise en charge initiale les sujets vulnérables à l’enlisement dans l’évitement comportemental et la sédentarité forcée.
  • Orientation thérapeutique personnalisée : Orienter les patients présentant un score élevé (TSK ≥ 37) vers des protocoles d’exposition in vivo graduée au mouvement, combinés à des interventions de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et d’éducation aux neurosciences de la douleur, plutôt que vers des thérapies biomédicales passives susceptibles de renforcer les croyances de fragilité corporelle.
  • Monitoring de l’efficacité thérapeutique : Suivre longitudinalement l’extinction de la peur conditionnée du mouvement au fil des séances de rééducation fonctionnelle, de réentraînement à l’effort et de restructuration cognitive.

Applications en recherche

Au sein de la recherche translationnelle, la TSK sert de variable médiatrice ou modératrice centrale dans les modèles explicatifs de la douleur. Elle est fréquemment employée pour évaluer l’impact des biais attentionnels envers les stimuli moteurs perçus comme menaçants, analyser l’activation neuronale différentielle des circuits de la peur (amygdale, cortex insulaire, cortex cingulaire antérieur) lors de paradigmes d’imagerie motrice ou fonctionnelle, et documenter l’efficacité comparative d’essais cliniques randomisés ciblant le reconditionnement physique.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la TSK est la kinésiophobie, initialement théorisée par Kori, Miller et Todd (1990) comme « une peur irrationnelle, débilitante et disproportionnée du mouvement et de l’activité physique, issue d’une perception excessive de vulnérabilité corporelle face à une blessure douloureuse ou une rechute ». Cette phobie spécifique ne relève pas d’un simple manque de motivation ou d’une fainéantise comportementale, mais d’un processus psychopathologique cognitif et affectif profond.

Modèle bifactoriel de la TSK

Bien que le score global reflète l’intensité générale de la kinésiophobie, la modélisation psychométrique canonique validée par Roelofs et al. (2004) et Burwinkle et al. (2005) scinde ce macro-construit en deux composantes corrélées mais conceptuellement distinctes :

1. Évitement de l’activité (Activity Avoidance)

Cette dimension capture la conviction du patient selon laquelle l’engagement dans des mouvements physiques, des exercices gymniques ou des charges biomécaniques courantes engendrera inéluctablement une nouvelle blessure, une détérioration anatomique ou une exacerbation intolérable de la douleur. Les cognitions sous-tendant ce facteur conduisent directement à une suspension préventive des activités motrices :

  • Manifestations concrètes : Refus de soulever des objets même légers, arrêt précoce de la marche, évitement systématique de la flexion du tronc, croyance qu’il est indispensable de rester au repos complet dès l’apparition d’un inconfort physique.
  • Exemples d’items révélateurs : L’item 1 (« I’m afraid that I might injury myself if I exercise »), l’item 10 (« Simply being careful that I do not make any unnecessary movements is the safest thing I can do to prevent my pain from worsening ») ou l’item 14 (« It’s really not safe for a person with a condition like mine to be physically active »).

2. Focalisation somatique (Somatic Focus)

Ce sous-construit renvoie aux schémas cognitifs d’attribution selon lesquels le corps est intrinsèquement abîmé, fragile, menacé de destruction ou porteur d’une pathologie sous-jacente grave et non identifiée. La focalisation somatique englobe la fausse équivalence fondamentale établie par le patient entre « présence de douleur » et « dommage tissulaire » (hurt equals harm) :

  • Manifestations concrètes : Hypervigilance somatosensorielle, catastrophisation biomécanique, interprétation de la moindre impulsion nociceptive comme la preuve d’un péril vital ou articulaire irrémédiable, sentiment d’incompréhension médicale.
  • Exemples d’items révélateurs : L’item 3 (« My body is telling me I have something dangerously wrong »), l’item 6 (« My accident has put my body at risk for the rest of my life ») ou l’item 7 (« Pain always means I have injured myself »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle d’évitement de la peur (Fear-Avoidance Model)

Le substrat théorique sur lequel repose l’Échelle de kinésiophobie de Tampa s’ancre directement dans le modèle cognitivo-comportemental d’évitement de la peur appliqué à la douleur musculosquelettique, principalement élaboré et diffusé par Johan Vlaeyen, Gordon Asmundson, Geert Crombez et Steven Linton au cours des années 1990 et 2000. Ce modèle théorique conceptualise deux trajectoires divergentes qu’un individu peut emprunter à la suite d’une expérience douloureuse aiguë :

  1. La trajectoire d’affrontement (Confrontation path) : Face à une blessure, la douleur est interprétée de façon réaliste et non menaçante. L’individu maintient un niveau d’activité adapté, tolère les fluctuations sensorielles et parvient à une récupération physiologique et psychologique rapide sans incapacité résiduelle.
  2. La trajectoire d’évitement vicieux (Fear-avoidance circle) : Si la douleur est perçue à travers le prisme du catastrophisme (cognitions d’impuissance, d’amplification et de rumination), elle induit une kinésiophobie majeure. Cette anxiété spécifique au mouvement déclenche des conduites d’évitement protecteur et une hypervigilance attentionnelle permanente. À moyen terme, l’absence de contraintes mécaniques fonctionnelles provoque un désentraînement musculosquelettique, une atrophie musculaire, une rigidité articulaire, une altération de la coordination proprioceptive et un isolement social. Ces altérations renforcent le sentiment d’invalidité et sensibilisent le système nerveux central (sensibilisation centrale), pérennisant ainsi la perception douloureuse lors des mouvements les plus anodins.

Théories de l’apprentissage et conditionnement aversif

Au-delà du cadre cognitif pur, la TSK prend appui sur les paradigmes du conditionnement répondant pavlovien et du conditionnement opérant skinnérien. Le mouvement physique, initialement stimulus neutre (CS), a été associé lors de l’épisode traumatique inaugural à une stimulation nociceptive aiguë inconditionnelle (US), générant une réponse de peur et de douleur (UR). Par généralisation du stimulus, tout schéma cinématique approchant évoque une réponse conditionnée de peur (CR). L’évitement moteur qui en découle est immédiatement renforcé négativement par la réduction transitoire de l’angoisse anticipatoire, ce qui empêche l’extinction naturelle de la réponse conditionnée en supprimant toute opportunité d’apprentissage correcteur (disconfirmation des attentes catastrophiques).

7. Validité / Validity

Les qualités psychométriques de validité de la TSK ont fait l’objet d’un examen empirique rigoureux à travers de multiples contextes cliniques et géographiques.

Validité de construit et validité convergente

La validité de construit de la TSK est largement documentée. Dans l’étude de validation princeps menée par Roelofs et al. (2004) auprès de patients souffrant de lombalgie chronique (Chronic Low Back Pain, CLBP ; N = 267) et de fibromyalgie (FM ; N = 239), le score total de la TSK a démontré des corrélations positives modérées à fortes avec des instruments mesurant des dimensions psychologiques connexes :

  • Catastrophisme de la douleur : Corrélations significatives avec l’échelle de catastrophisme (Pain Catastrophizing Scale, PCS), oscillant typiquement entre r = 0,45 et r = 0,65 (p < 0,001), corroborant le lien fonctionnel prédit par le modèle théorique entre dramatisation cognitive et peur motrice.
  • Anxiété liée à la douleur : Corrélations convergentes élevées avec le Pain Anxiety Symptoms Scale (PASS-20), généralement supérieures à r = 0,55.
  • Incapacité fonctionnelle perçue : Corrélations significatives avec l’indice d’incapacité d’Oswestry (Oswestry Disability Index, ODI) et le questionnaire de Roland-Morris (RMDQ), avec des coefficients compris entre r = 0,35 et r = 0,52.

Validité discriminante

La TSK démontre une capacité probante à discriminer la kinésiophobie spécifique d’autres dimensions psychopathologiques générales. Les corrélations avec les mesures de dépression générale (telles que le Beck Depression Inventory, BDI) et d’anxiété-trait (STAI) demeurent faibles à modérées (généralement comprises entre r = 0,25 et r = 0,38), confirmant que l’instrument capture une entité clinique distincte d’une détresse affective non spécifique.

Validité prédictive et écologique

L’un des atouts cardinaux de la TSK réside dans sa validité prédictive objective vis-à-vis des épreuves de performance biomécanique réelle. Les travaux de Vlaeyen et al. (1995) et de Roelofs et al. (2004) ont démontré que les scores élevés à la TSK prédisent significativement une réduction de la tolérance à l’effort lors de tests standardisés de levage de charges progressives (lifting tasks) et d’épreuves ergométriques sur bicyclette stationnaire. Fait majeur, la TSK explique une part de variance de la performance physique supérieure à celle expliquée par l’intensité brute de la douleur ou la durée de l’affection.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

La consistance interne de la version à 17 items de la TSK a été établie dans de nombreuses cohortes internationales. Les valeurs de l’alpha de Cronbach rapportées dans la littérature scientifique témoignent d’une bonne homogénéité des items :

  • Population de patients lombalgiques chroniques : Les coefficients α s’échelonnent généralement de 0,77 à 0,84 pour l’échelle globale (Vlaeyen et al., 1995 ; Roelofs et al., 2004). Pour les sous-échelles, l’Évitement de l’activité affiche des alphas de 0,70 à 0,81, tandis que la Focalisation somatique présente des valeurs allant de 0,68 à 0,78.
  • Population avec fibromyalgie : Roelofs et al. (2004) et Burwinkle et al. (2005) ont rapporté des coefficients α de 0,76 à 0,86 pour l’ensemble du questionnaire.
  • Populations de sportifs blessés ou post-chirurgie orthopédique : Les alphas oscillent entre 0,80 et 0,88 pour les reconstructions du ligament croisé antérieur (LCA).

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

La reproductibilité temporelle de la TSK a été documentée au moyen du coefficient de corrélation intraclasse (CCI) sur des intervalles temporels allant de 24 heures à plusieurs semaines sans intervention clinique modificatrice :

  • Dans l’étude psychométrique de Lundberg, Styf et Carlsson (2004), le CCI s’élevait à 0,83 (intervalle de confiance à 95 % : 0,72–0,91), attestant d’une excellente stabilité temporelle de l’évaluation en l’absence de modification de l’état de santé du patient.
  • L’erreur standard de mesure (Standard Error of Measurement, SEM) et le changement minimal détectable (Minimal Detectable Change, MDC) se situent couramment autour de 3 à 5 points sur le score global, fournissant un repère pragmatique aux cliniciens pour attester d’un progrès psychologique authentique au-delà des fluctuations d’erreur de mesure.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Débats initiaux et structure factorielle exploratoire

Dans sa configuration originale à 17 items, la TSK a suscité d’abondantes discussions statistiques concernant sa structure interne latente. Si les premières études exploratoires suggéraient parfois une dimensionalité complexe comprenant jusqu’à quatre facteurs (peur de blessure, évitement du mouvement, danger perçu, importance attribuée au dysfonctionnement médical), les travaux méthodologiques ultérieurs ont souligné que cette fragmentation résultait en grande partie de la formulation inversée des items 4, 8, 12 et 16, créant un artefact de méthode lié au sens de cotation.

Confirmation du modèle bifactoriel

La clarification structurelle déterminante a été apportée par les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites par Roelofs, Goubert, Peters, Vlaeyen et Crombez (2004). En testant formellement l’adéquation de modèles concurrents unifactoriels, bifactoriels et quadrifactoriels au moyen des indices d’ajustement structurel usuels (χ², RMSEA, CFI, NNFI/TLI), les auteurs ont validé la supériorité indiscutable d’un modèle bifactoriel corrélé invariant à travers les groupes de patients lombalgiques et fibromyalgiques :

Sous-échelle TSK Items constitutifs Saturations factorielles typiques (λ) Variance expliquée
Évitement de l’activité (Activity Avoidance) Items 1, 2, 9, 10, 11, 13, 14, 15 0,48 – 0,76 ~25 % à 30 %
Focalisation somatique (Somatic Focus) Items 3, 5, 6, 7, 17 (+ items inversés 4, 8, 12, 16 selon les modèles) 0,40 – 0,69 ~15 % à 20 %

Les indices de qualité d’ajustement du modèle bifactoriel rapportés par Roelofs et al. (2004) atteignent des niveaux satisfaisants (RMSEA ≤ 0,06 ; CFI > 0,90). Des versions réduites dérivées, notamment la TSK-11 (conservant 11 items après élimination des 4 items inversés et de 2 items ambigus), ont également été développées et démontrent une invariance métrique robuste tout en simplifiant la structure factorielle.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Échelle de kinésiophobie de Tampa (Tampa Scale of Kinesiophobia – TSK).
  • Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report instrument).
  • Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Nombre d’items : 17 items standardisés.
  • Échelle de réponse (authentique) : Échelle ordinale de Likert à 4 points :
    • 1 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
    • 2 = Plutôt pas d’accord (Somewhat disagree)
    • 3 = Plutôt d’accord (Somewhat agree)
    • 4 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
  • Règles de cotation et de calcul des scores :
    • Items à score inversé : Les items 4, 8, 12 et 16 sont formulés positivement vis-à-vis du mouvement et doivent impérativement être inversés avant le calcul du total (1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, et 4 devient 1).
    • Score total global : Obtenu par la sommation directe des 17 items (après inversion des items 4, 8, 12 et 16). L’intervalle théorique des scores possibles s’étend de 17 à 68 points.
    • Scores de sous-échelles :
      • Évitement de l’activité (Activity Avoidance) : Somme des items 1, 2, 9, 10, 11, 13, 14, 15 (score de 8 à 32).
      • Focalisation somatique (Somatic Focus) : Somme des items 3, 4*, 5, 6, 7, 8*, 12*, 16*, 17 (score de 9 à 36).
  • Interprétation clinique et seuils diagnostiques :
    • Un score global plus élevé reflète une kinésiophobie plus sévère.
    • Seuil critique de Vlaeyen (1995) : Un score total ≥ 37 est classiquement considéré comme un « score élevé », indiquant la présence d’une kinésiophobie cliniquement significative et un risque substantiel de chronicisation et d’incapacité prolongée. Un score < 37 est interprété comme un niveau faible ou adaptatif de kinésiophobie.
    • Interprétation en percentiles : Selon les données normatives de Roelofs et al. (2004), les scores bruts peuvent être convertis en percentiles de référence pour les cohortes de lombalgie chronique (CBP) et de fibromyalgie (FM) afin de situer le patient par rapport à la distribution populationnelle spécifique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1991 (Miller, Kori, Todd) ; publication et formalisation clinique de référence en 1995 (Vlaeyen et al.).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’Échelle de kinésiophobie de Tampa relève du domaine public académique à des fins d’enseignement, de recherche scientifique biomédicale et d’exercice clinique individuel non commercial. Aucune redevance financière n’est requise pour l’administration de l’échelle originale sur support papier ou électronique dans ces contextes.
  • Tarifs / Coûts d’accès : Gratuit pour une utilisation clinique standard et dans les projets universitaires. En cas d’intégration au sein de logiciels propriétaires, de plateformes de télésanté commerciales ou d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique, l’accord préalable des auteurs ou des titulaires de droits d’édition des revues princeps peut être requis conformément aux règles habituelles de propriété intellectuelle.

12. Références / References

  • Burwinkle, T., Robinson, J. P., & Turk, D. C. (2005). Fear of movement: factor structure of the Tampa Scale of Kinesiophobia in patients with fibromyalgia syndrome. The Journal of Pain, 6(6), 384-391. https://doi.org/10.1016/j.jpain.2005.01.355
  • Kori, S. H., Miller, R. P., & Todd, D. D. (1990). Kinesiophobia: a new view of chronic pain behavior. Pain Management, 3(1), 35-43.
  • Lundberg, M. K. E., Styf, J., & Carlsson, S. G. (2004). A psychometric evaluation of the Tampa Scale for Kinesiophobia-from a physiotherapeutic perspective. Physiotherapy Theory and Practice, 20(2), 121-133. https://doi.org/10.1080/09593980490453550
  • Miller, R. P., Kori, S. H., & Todd, D. D. (1991). The Tampa Scale: A Measure of Kinesiophobia. Clinical Journal of Pain, 7(1), 51-52.
  • Roelofs, J., Goubert, L., Peters, M. L., Vlaeyen, J. W. S., & Crombez, G. (2004). The Tampa Scale for Kinesiophobia: further examination of psychometric properties in patients with chronic low back pain and fibromyalgia. European Journal of Pain, 8(5), 495-502. https://doi.org/10.1016/j.ejpain.2003.11.016
  • Vlaeyen, J. W. S., Kole-Snijders, A. M. J., Boeren, R. G. B., & Van Eek, H. (1995). Fear of movement/(re) injury in chronic low back pain and its relation to behavioral performance. Pain, 62(3), 363-372. https://doi.org/10.1016/0304-3959(94)00279-N
  • Vlaeyen, J. W. S., & Linton, S. J. (2000). Fear-avoidance and its consequences in chronic musculoskeletal pain: a state of the art. Pain, 85(3), 317-332. https://doi.org/10.1016/S0304-3959(99)00242-0

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions to respondent:

In these days of high-tech medicine, one of the most important sources of information about you is often missing from your medical records: your own feeling or intuitions about what is happening with your body. We hope that the following information will help to fill that gap.

Please answer the following questions according to your true feelings, not according to what others think you should believe. Score each statement from strongly disagree to strongly agree by selecting the appropriate number.

Response format: 4-point Likert scale:
1 = Strongly disagree  |  2 = Somewhat disagree  |  3 = Somewhat agree  |  4 = Strongly agree
* Note for scoring: Items 4, 8, 12, and 16 are negatively worded and reverse-scored (1 = 4, 2 = 3, 3 = 2, 4 = 1).

  1. I’m afraid that I might injury myself if I exercise
  2. If I were to try to overcome it, my pain would increase
  3. My body is telling me I have something dangerously wrong
  4. My pain would probably be relieved if I were to exercise
  5. People aren’t taking my medical condition seriously enough
  6. My accident has put my body at risk for the rest of my life
  7. Pain always means I have injured myself
  8. Just because something aggravates my pain does not mean it is dangerous
  9. I am afraid that I might injure myself accidentally
  10. Simply being careful that I do not make any unnecessary movements is the safest thing I can do to prevent my pain from worsening
  11. I wouldn’t have this much pain if there weren’t something potentially dangerous going on in my body
  12. Although my condition is painful, I would be better off if I were physically active
  13. Pain lets me know when to stop exercising so that I don’t injure myself
  14. It’s really not safe for a person with a condition like mine to be physically active
  15. I can’t do all the things normal people do because it’s too easy for me to get injured
  16. Even though something is causing me a lot of pain, I don’t think it’s actually dangerous
  17. No one should have to exercise when he/she is in pain
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Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle de kinésiophobie de Tampa (TSK). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-kinesiophobie-de-tampa-tsk-2
Looti, Mohammed. “Échelle de kinésiophobie de Tampa (TSK).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-kinesiophobie-de-tampa-tsk-2.
Looti, Mohammed. “Échelle de kinésiophobie de Tampa (TSK).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-kinesiophobie-de-tampa-tsk-2.