Échelle de jalousie sexuelle anticipée

L’Échelle de jalousie sexuelle anticipée (ASJS), créée par Bram Buunk, est un instrument psychométrique validé de 5 items évaluant les réactions émotionnelles aversives face à l’infidélité potentielle d’un partenaire.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle de jalousie sexuelle anticipée (Anticipated Sexual Jealousy Scale, ASJS), développée initialement par le professeur Abraham P. Buunk à l’Université de Nimègue à la fin des années 1970 et au début des années 1980, constitue un outil psychométrique paradigmatique conçu pour évaluer l’intensité des réactions émotionnelles négatives anticipées face à l’implication extraconjugale ou extradyadique réelle, imaginée ou potentielle de son partenaire amoureux. Contrairement aux inventaires génériques d’insécurité affective ou de propension générale à la possessivité, l’ASJS se focalise de façon spécifique sur les manifestations graduées du comportement hétéro-sexuel ou extradyadique d’un partenaire, englobant des interactions allant du simple flirt social et de la danse rapprochée jusqu’aux relations sexuelles complètes et aux liaisons affectives de longue durée.

Composée de cinq items standardisés décrivant des scénarios comportementaux hypothétiques précis, l’échelle se distingue par une neutralité lexicale scrupuleuse : le terme stigmatisant de « jalousie » en est totalement absent afin de contourner les biais d’auto-présentation et la désirabilité sociale prégnante dans les cultures occidentales. Les participants expriment leur réaction sur un continuum bipolaire allant de réactions extrêmement favorables (« extrêmement enchanté ») à des réactions aversives (« extrêmement mécontent / dérangé »), en passant par une position centrale neutre. Cette granularité de réponse capture la diversité phénoménologique des réponses dyadiques, incluant la non-monogamie consensuelle.

Sur le plan métrologique, l’ASJS présente des qualités psychométriques exceptionnelles documentées sur des cohortes variées, allant d’échantillons représentatifs de la population générale à des sous-populations spécifiques (étudiants de premier cycle, couples en mariage ouvert, personnes engagées dans des relations extraconjugales). La consistance interne est remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre .90 et .94, et une stabilité temporelle attestée par un coefficient de fidélité test-retest de r = .76 sur une période de trois mois. Sa structure unifactorielle robuste, sa validité de construit démontrée par des corrélations fortes avec le désir d’exclusivité relationnelle (r = .63) et les composantes d’attachement amoureux de Rubin, ainsi que sa sensibilité discriminante élevée entre individus permissifs et restrictifs, en font un instrument incontournable de la psychologie sociale et de la sexologie contemporaine.

2. Mots-clés

Jalousie sexuelle anticipée, psychométrie, Abraham Buunk, infidélité, relations de couple, exclusivité dyadique, permissivité sexuelle, réactions aversives, attachement amoureux, dynamique relationnelle, évaluation psychologique, non-monogamie consensuelle.

3. Auteurs

L’échelle a été conçue et standardisée par le professeur Abraham (Bram) P. Buunk :

  • Affiliation institutionnelle historique : Département de psychologie sociale, Université de Nimègue (Radboud Universiteit Nijmegen), Pays-Bas.
  • Parcours académique et affiliation ultérieure : Professeur émérite titulaire de la chaire de psychologie de l’évolution à l’Université de Groningue (Rijksuniversiteit Groningen), Pays-Bas, et membre honoraire de l’Académie Royale Néerlandaise des Arts et des Sciences (KNAW).
  • Courriel institutionnel de correspondance : [email protected] / [email protected].

Les investigations psychométriques de validation ont également bénéficié des collaborations théoriques et empiriques majeures menées avec le professeur Raymond G. Bringle (Department of Psychology, Indiana University-Purdue University Indianapolis, États-Unis), coauteur de modèles fondamentaux sur la typologie de la jalousie romantique et ses composantes dispositionnelles versus situationnelles.

4. Objectif

L’Échelle de jalousie sexuelle anticipée a été spécifiquement élaborée pour pallier les insuffisances méthodologiques des premières mesures de la jalousie en psychologie clinique et sociale. Traditionnellement, les instruments assimilaient la jalousie à un trait de personnalité global et indifférencié, souvent confondu avec le névrosisme, une anxiété d’abandon généralisée ou une faible estime de soi. L’objectif fondamental de Bram Buunk était d’opérationnaliser la jalousie sexuelle non pas comme une disposition psychopathologique fixe, mais comme une réaction émotionnelle différentielle et aversive déclenchée par la menace d’une intrusion rivale dans la sphère de l’intimité corporelle et affective du couple.

Le paradigme de l’échelle repose sur une évaluation in abstracto d’événements extradyadiques potentiels. Cette approche par simulation mentale projective (« Comment vous sentiriez-vous si votre partenaire… ? ») remplit un triple objectif théorique et pratique :

  • Mesure de la tolérance normative et individuelle à l’extradyadisme : L’outil quantifie le seuil personnel à partir duquel un individu perçoit une interaction sociale de son partenaire comme une transgression intolérable des frontières relationnelles, s’échelonnant de comportements sociaux légers à des actes d’intimité physique consommée.
  • Neutralisation des biais cognitifs liés à l’étiquetage sémantique : Dans les sociétés occidentales, admettre être « jaloux » est fréquemment perçu comme un signe de faiblesse, d’immaturité émotionnelle ou de possessivité pathologique. En évitant rigoureusement le mot « jalousie » dans le protocole de passation, l’ASJS permet d’évaluer la charge affective brute (l’inconfort ou le déplaisir) sans activer les mécanismes de défense associés au concept péjoratif de jalousie.
  • Captation des émotions positives et non-conventionnelles : Contrairement aux échelles unidirectionnelles mesurant exclusivement la détresse, l’ASJS intègre la possibilité théorique et empirique que des individus éprouvent de la neutralité, voire une satisfaction hédonique ou vicariante (concept apparenté à la compersion contemporaine) face aux activités extradyadiques de leur conjoint, ce qui s’avère fondamental dans l’étude des mariages ouverts et des minorités relationnelles.

Dans le domaine de la recherche, l’ASJS est un outil précieux pour examiner les corrélats de l’insatisfaction conjugale, les prédictions d’éclatement du couple, les différences intersexes fondées sur la psychologie évolutionniste, et les variables dispositionnelles comme l’orientation sociosexuelle, le style d’attachement ou la dépendance émotionnelle. Sur le plan de la consultation clinique et de la thérapie de couple, le questionnaire permet de dresser un profil des limites dyadiques subjectives des conjoints, facilitant la clarification des contrats relationnels explicites ou implicites et le désamorçage des conflits liés aux attentes divergentes en matière d’exclusivité.

5. Construit psychologique

Le construit ciblé par l’ASJS est la jalousie sexuelle anticipée, définie sur le plan théorique et opérationnel par Bringle et Buunk (1985) comme une réaction émotionnelle aversive qui survient lorsqu’un individu est confronté à l’attirance sexuelle et affective ressentie ou manifestée par son partenaire envers un rival réel, imaginé ou perçu comme probable. Cette définition isole le noyau affectif de la réaction jalouse des comportements défensifs manifestes (comme l’espionnage, la surveillance ou l’agression verbale) et des ruminations cognitives paranoïdes.

Bien que l’échelle présente une structure empirique unidimensionnelle dans laquelle l’ensemble des réponses s’agrège en un score global d’aversion à l’infidélité, le construit théorique sous-jacent s’articule autour d’une gradation fonctionnelle de transgressions extradyadiques, que l’on peut décomposer en plusieurs niveaux de menace pour le lien d’attachement :

A. Transgressions érotico-sociales de faible intensité

Cette dimension préliminaire évalue la réaction face à des comportements de séduction informels en contexte public, tels que flirter lors d’une fête ou danser de façon intime et rapprochée avec une tierce personne. Ces situations testent la perméabilité des frontières du couple dans l’espace public. Pour un individu à forte jalousie dispositionnelle, le flirt du partenaire est interprété comme un signal alarmant de désengagement ou une humiliation sociale publique. À l’inverse, chez les individus à haute tolérance ou permissivité sexuelle, ces interactions sont décodées comme des jeux sociaux anodins ne menaçant nullement l’intégrité de l’alliance conjugale.

B. Intimité physique et érotique sans pénétration

Le niveau intermédiaire aborde les contacts physiques explicitement sexualisés, comme échanger des baisers passionnés ou s’engager dans des caresses sexuelles poussées (petting). Ce palier marque une rupture qualitative : l’implication corporelle directe du partenaire avec un rival mobilise des mécanismes instinctifs de défense territoriale et sexuelle. La réponse affective mesurée ici permet de distinguer les individus qui acceptent une certaine séduction sociale mais refusent catégoriquement tout partage charnel de ceux pour qui la frontière physique est flexible.

C. Consommation sexuelle et implication génitale complète

Le palier critique du construit examine l’impact émotionnel du rapport sexuel complet (pénétration) avec un tiers. Dans le cadre théorique de l’exclusivité reproductive et sexuelle, cet événement constitue la menace la plus intense d’appropriation des ressources génésiques et affectives du partenaire. Chez une majorité écrasante d’individus dans les cultures valorisant la monogamie, ce scénario génère des scores maximaux de rejet et de détresse psychologique aiguë.

La particularité du construit psychologique mesuré par l’ASJS réside dans sa sensibilité aux gradients d’intensité : le score total ne reflète pas une simple dichotomie (jaloux / non jaloux), mais un continuum psychologique continu de réactivité face à l’érosion de l’exclusivité dyadique.

6. Cadre théorique

La conception de l’ASJS s’inscrit au carrefour de trois courants théoriques majeurs de la psychologie moderne : la théorie de l’échange social et de l’interdépendance, la théorie de l’attachement, et les prémisses de la psychologie évolutionniste du couple.

La perspective de l’interdépendance et de l’échange social

Dans les travaux initiaux de Bram Buunk (1981a, 1982), la jalousie est modélisée sous l’angle des théories de l’équité et de l’interdépendance sociale (Kelley & Thibaut). Au sein d’une relation amoureuse, chaque partenaire investit des ressources matérielles, émotionnelles et sexuelles en échange d’une réciprocité et de gratifications exclusives. L’attirance ou le passage à l’acte sexuel d’un partenaire avec un tiers est conceptualisé comme une rupture majeure de l’équité distributive : les récompenses dyadiques sont détournées au profit d’un rival, augmentant de façon dramatique les coûts subjectifs pour le conjoint délaissé. L’intensité de la jalousie anticipée varie proportionnellement à la dépendance relationnelle de l’individu, à la rareté perçue des alternatives relationnelles et au sentiment de vulnérabilité face à une possible rupture.

La rupture du lien d’attachement et la menace sur l’exclusivité

S’appuyant sur les travaux séminaux de Zick Rubin (1970) sur la différenciation entre l’amour romantique (loving) et la simple sympathie (liking), Buunk a postulé que la jalousie n’est pas corrélée à l’appréciation bienveillante d’autrui, mais découle directement de la composante passionnelle et possessive du lien d’amour. Rubin a démontré que l’amour intègre une dimension de fusion, d’intimité exclusive et de dépendance mutuelle. Dès lors qu’une relation extraconjugale se profile, elle n’est pas vécue comme un simple événement extérieur, mais comme une attaque frontale dirigée contre la matrice sécurisante de l’attachement. C’est la menace ressentie envers l’exclusivité de ce lien (comme le formaliseront ultérieurement Hupka et ses collaborateurs en 1985) qui déclenche l’afflux d’affect aversif capté par l’ASJS.

Les précurseurs de l’approche évolutionniste

Bien que formalisée initialement dans un cadre socio-psychologique, l’échelle a servi de tremplin aux analyses évolutionnistes de la jalousie développées ultérieurement par des chercheurs tels que David Buss. Dans cette optique biologique et adaptative, la jalousie sexuelle masculine a évolué pour prévenir l’incertitude de la paternité et éviter l’investissement dans une progéniture génétiquement non apparentée, tandis que la jalousie féminine répond davantage au risque de détournement des ressources parentales et de l’engagement protecteur du partenaire. En intégrant des stimuli strictement sexuels (du baiser au coït), l’ASJS opérationnalise de manière prototypique les déclencheurs de défiance adaptative ancestrale.

7. Validité

L’Échelle de jalousie sexuelle anticipée a fait l’objet d’un ensemble exhaustif d’évaluations psychométriques attestant d’une validité convergente, d’une validité discriminante et d’une validité concomitante de premier ordre à travers divers contextes d’échantillonnage.

Validité concomitante et groupes contrastés

La capacité de l’ASJS à discriminer des groupes aux orientations normatives et comportementales divergentes a été rigoureusement démontrée :

  • Expérience de la jalousie vécue : Buunk (1981a) a établi que les individus déclarant lors d’entretiens être actuellement moins jaloux qu’auparavant obtenaient des scores significativement inférieurs à l’ASJS par rapport à ceux affirmant une constance dans leur propension à la jalousie.
  • Degré de permissivité sexuelle : L’échelle montre un pouvoir discriminant exceptionnel. Dans une étude comparant des individus engagés dans des liaisons extraconjugales effectives à un échantillon d’étudiants de premier cycle, les premiers affichaient des scores de jalousie anticipée drastiquement plus faibles, t(596) = 19.78, p < .001. De même, la comparaison entre ces personnes impliquées dans des relations extraconjugales et un échantillon représentatif de la population générale néerlandaise a confirmé cet écart majeur, t(466) = 11.27, p < .001.
  • Intentions comportementales et morale : Buunk (1982) a mis en évidence de fortes corrélations négatives entre l’ASJS et les échelles mesurant les intentions de s’engager soi-même dans des relations sexuelles extraconjugales au sein de trois cohortes distinctes. Par ailleurs, au sein de la population générale, l’ASJS corrèle très fortement et positivement avec l’échelle de désapprobation morale de la sexualité extraconjugale, r(250) = .77, p < .001.

Validité de construit et convergente

Les associations observées avec des construits théoriquement connexes corroborent la validité conceptuelle de la mesure :

  • Corrélation avec l’infidélité réelle passée : Dans une étude portant sur des conjoints ayant effectivement fait l’expérience d’une infidélité réelle de leur partenaire dans le passé récent, une corrélation de r(218) = .56, p < .001, a été relevée entre l’ASJS et le niveau de détresse jalouse rétrospectivement vécu (Buunk, 1984).
  • Désir d’exclusivité relationnelle : Au sein de la population générale, l’ASJS est fortement corrélée avec le besoin d’exclusivité dyadique, r(250) = .63, p < .01.
  • Menace perçue sur la relation : Dans un échantillon de 380 étudiants, Buunk a mis en évidence une forte corrélation, r(380) = .59, p < .001, avec le facteur « Menace pesant sur l’exclusivité relationnelle » (Threat to Exclusive Relationship) identifié par Hupka et al. (1985).
  • Amour vs Sympathie (Rubin, 1970) : Conformément aux prédictions théoriques, l’ASJS présente une corrélation statistiquement significative avec l’échelle d’amour romantique (Love Scale) de Rubin, mais aucune corrélation significative avec son échelle d’appréciation amicale (Liking Scale), attestant que la jalousie découle de la dépendance affective amoureuse et non d’une simple estime interpersonnelle (Buunk, 1981b).
  • Validité interpersonnelle croisée : Dans une recherche portant sur des couples en mariage ouvert, les scores des épouses à l’ASJS présentaient une corrélation remarquable avec le niveau de jalousie perçu par leur propre conjoint masculin, r(50) = .61, p < .001. Chez les hommes, cette même corrélation était également significative, bien que plus modérée, r(50) = .39, p < .01 (Buunk, 1981a).

8. Fidélité

Les caractéristiques de fidélité de l’ASJS ont été vérifiées à travers de multiples échantillons hétérogènes, témoignant d’une précision de mesure remarquablement homogène et stable dans le temps.

Consistance interne

Le coefficient de cohérence interne (alpha de Cronbach) de l’instrument atteint des niveaux rarement égalés pour une échelle ultra-brève de cinq items, ne montrant aucun signe de redondance inutile :

  • Échantillon représentatif de la population générale néerlandaise (N = 250) englobant des profils très hétérogènes de tolérance morale et sexuelle : α = .94 (Buunk, 1978).
  • Cohorte d’individus ayant tous été engagés de façon effective dans des relations extraconjugales : α = .90 (Buunk, 1982).
  • Échantillon de couples engagés formellement dans des mariages sexuellement ouverts : α = .91 (Buunk, 1981a).
  • Échantillon d’étudiants de premier cycle universitaire (N = 380) : α = .91 (Buunk, 1981b).

Ces coefficients systématiquement égaux ou supérieurs à .90 démontrent que les items captent avec une exceptionnelle cohérence le noyau émotionnel commun de la détresse face à l’extradyadisme.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée auprès d’un échantillon de participants en union ouverte sur un intervalle temporel de trois mois. Le coefficient de corrélation observé s’élève à r(100) = .76 (p < .001). Ce résultat démontre que si l’échelle capte des réactions à des événements hypothétiques, elle mesure une disposition émotionnelle stable plutôt qu’une fluctuation d’humeur passagère, tout en conservant une plasticité suffisante pour refléter les évolutions biographiques des trajectoires relationnelles.

9. Analyse factorielle

Les investigations psychométriques fondées sur l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) révèlent de façon univoque l’unidimensionnalité de l’Échelle de jalousie sexuelle anticipée.

Lors de l’analyse en composantes principales initiale conduite par Bram Buunk sur l’échantillon général représentatif, une seule composante majeure a émergé avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (> 1.0), expliquant à elle seule plus de 70 % de la variance totale des scores. L’examen du diagramme de sédimentation (scree plot) confirme une chute abrupte après le premier facteur, démontrant l’absence de sous-dimensions empiriques distinctes.

Les saturations factorielles des cinq items sur cette composante unique sont particulièrement élevées et homogènes, généralement comprises entre .74 et .91 :

  • Les items décrivant les transgressions physiques directes (rapport sexuel complet, caresses intimes / petting) saturent le plus fortement sur le facteur général (saturations > .85), représentant le cœur battant de la réactivité émotionnelle aversive.
  • Les items comportementaux préliminaires (flirter, danser étroitement) présentent des saturations substantielles (> .70), confirmant qu’ils s’intègrent organiquement dans le même continuum latent d’insécurité sexuelle, tout en introduisant un niveau de difficulté (au sens de la théorie de réponse aux items) moins élevé.

Cette structure unifactorielle claire confirme que le cerveau humain traite l’ensemble de ces sollicitations extradyadiques comme appartenant à une trajectoire fonctionnelle unique de menace pour l’alliance de couple, justifiant pleinement l’addition directe de l’ensemble des items en un score composite sans pondération complexe.

10. Instrument de mesure

  • Nom officiel : Échelle de jalousie sexuelle anticipée (Anticipated Sexual Jealousy Scale, ASJS).
  • Auteur : Bram Buunk (Université de Nimègue).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration informatisée en ligne).
  • Format d’administration : Évaluation individuelle en passation autonome.
  • Nombre d’items : 5 items standardisés décrivant des scénarios comportementaux du partenaire.
  • Format de réponse standardisé : Échelle de Likert en 5 points :
    • 1 = Extrêmement enchanté(e) / Ravi(e) (Extremely pleased)
    • 2 = Enchanté(e) / Content(e) (Pleased)
    • 3 = Neutre (Neutral)
    • 4 = Mécontent(e) / Contrarié(e) (Displeased)
    • 5 = Extrêmement mécontent(e) / Très contrarié(e) (Extremely displeased)
    • (Note méthodologique : dans certaines recherches initiales ou variantes d’approfondissement, l’échelle utilise 9 points s’étalant de « extrêmement enchanté » à « extrêmement dérangé / contrarié », ou un ancrage allant de « Ne me dérangerait pas du tout » à « Extrêmement déplaisant »).
  • Règles de cotation et de calcul :
    • Aucun item inversé. Tous les énoncés sont codés dans la même direction croissante.
    • Le score global s’obtient par la somme directe (score total variant de 5 à 25 sur l’échelle à 5 points) ou par le calcul de la moyenne arithmétique des 5 items (score variant de 1.0 à 5.0).
    • Plus le score est élevé, plus le degré de jalousie sexuelle anticipée et l’intolérance affective face à l’extradyadisme sont élevés.
  • Temps de passation : Environ 1 à 2 minutes (extrêmement rapide et à faible charge cognitive pour les répondants).

11. Permissions, tarifs et année du test

L’Échelle de jalousie sexuelle anticipée a été introduite dans les travaux universitaires de Bram Buunk en 1978 (publication initiale en néerlandais dans Intermediair), puis formalisée et diffusée dans la littérature internationale anglophone de psychologie sociale entre 1981 et 1982.

Sur le plan des droits d’auteur et des tarifs :

  • Usage pour la recherche académique : L’instrument relève du domaine de la recherche scientifique ouverte. Son utilisation est totalement gratuite pour les chercheurs, universitaires, étudiants et cliniciens menant des travaux non commerciaux. L’auteur a historiquement encouragé sa réutilisation et son intégration dans des protocoles de recherche en sciences humaines.
  • Conditions de citation : Toute exploitation de l’échelle dans des thèses, articles scientifiques ou études cliniques impose la citation formelle des publications de référence de Bram Buunk (notamment Buunk, 1981a, 1982 ; Bringle & Buunk, 1985).
  • Utilisation commerciale ou éditoriale : Pour toute incorporation dans des logiciels propriétaires, bilans psychotechniques payants ou publications commerciales protégées, il convient de contacter directement l’auteur (ou ses ayants droit académiques) pour solliciter une autorisation expresse.

12. Références

Voici les références bibliographiques académiques conformes aux normes APA (7e édition) documentant la construction, la validation et les applications empiriques de l’instrument :

  • Bringle, R. G., & Buunk, B. (1985). Jealousy and social behavior: A review of person, relationship and situational determinants. In P. Shaver (Ed.), Review of personality and social psychology (Vol. 6, pp. 241–264). Sage Publications.
  • Buunk, B. (1978). Jaloezie 2. Ervaringen van 250 Nederlanders [Jalousie : Expériences de 250 Néerlandais]. Intermediair, 14(11), 43–51.
  • Buunk, B. (1981a). Jealousy in sexually open marriages. Alternative Lifestyles, 4(3), 357–372. https://doi.org/10.1007/BF01252726
  • Buunk, B. (1981b). Liefde, sympathie en jaloezie [Amour, sympathie et jalousie]. Gedrag, Tijdschrift voor Psychologie, 9, 189–202.
  • Buunk, B. (1982). Anticipated sexual jealousy: Its relationship to self-esteem, dependency, and reciprocity. Personality and Social Psychology Bulletin, 8(2), 310–316. https://doi.org/10.1177/0146167282082019
  • Buunk, B. (1984). Jealousy as related to attributions for the partner’s behavior. Social Psychology Quarterly, 47(1), 107–112. https://doi.org/10.2307/3033895
  • Hupka, R. B., Buunk, B., Falus, G., Fulgosi, A., Ortega, E., Swain, R., & Tarabrina, N. V. (1985). Romantic jealousy and romantic envy: A seven-nation study. Journal of Cross-Cultural Psychology, 16(4), 423–446. https://doi.org/10.1177/0022002185016004002
  • Rubin, Z. (1970). Measurement of romantic love. Journal of Personality and Social Psychology, 16(2), 265–273. https://doi.org/10.1037/h0029841

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instruction: How would you feel if your partner were to engage in the following behaviors with someone else?

Response Scale:
5-point Likert scale: 1 = Extremely pleased, 2 = Pleased, 3 = Neutral, 4 = Displeased, 5 = Extremely displeased (in some research scored 1 = Pleased / Would not bother me at all to 5 = Extremely displeased / Unpleasant)

  1. Flirting at a party with someone else.
  2. Dancing closely with someone else at a party.
  3. Kissing someone else passionately.
  4. Having sexual petting with someone else.
  5. Having sexual intercourse with someone else.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de jalousie sexuelle anticipée. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-jalousie-sexuelle-anticipee
Looti, Mohammed. “Échelle de jalousie sexuelle anticipée.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-jalousie-sexuelle-anticipee.
Looti, Mohammed. “Échelle de jalousie sexuelle anticipée.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-jalousie-sexuelle-anticipee.