1. Résumé / Abstract
L’Échelle de gestion de la colère (en anglais, Anger Management Scale [AMS]), développée initialement par Sandra M. Stith et Sherry Hamby (2002), puis déclinée sous une version brève de trait (Anger Management Scale-Brief Trait Version ; Hamby, Stith, Grych, & Banyard, 2013), constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les compétences de régulation émotionnelle, les déclencheurs cognitifs, les attributions hostiles et les mécanismes comportementaux d’apaisement face à la colère, en particulier au sein des dynamiques relationnelles et conjugales. Comprenant 36 items dans sa version étendue standard orientée vers le partenaire et 5 items dans sa version abrégée unidimensionnelle de trait, l’échelle utilise un format de réponse de type Likert à 4 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 4 = « Fortement d’accord », ou de 1 = « Pas du tout vrai pour moi » à 4 = « Très vrai pour moi » selon la modalité administrée).
Les propriétés psychométriques de l’AMS témoignent d’une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 pour les différentes sous-échelles, et atteignant 0,86 à 0,91 pour le score global dans les populations cliniques et universitaires. Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires mettent en évidence une structure multidimensionnelle recouvrant l’auto-apaisement, la conscience somatique et émotionnelle précoce, la responsabilisation comportementale, la désescalade cognitive et les biais d’attribution hostile envers le partenaire. L’AMS présente une excellente validité convergente avec les indices d’agression conjugale (notamment la Conflict Tactics Scale) et les échelles de colère-trait (comme le STAXI de Spielberger), tout en démontrant une validité prédictive déterminante dans l’évaluation du risque de violences entre partenaires intimes (VPI) et l’orientation des interventions thérapeutiques d’inspiration cognitivo-comportementale.
2. Mots-clés / Keywords
Gestion de la colère, régulation émotionnelle, psychométrie, évaluation conjugale, violence entre partenaires intimes, biais cognitifs, désescalade, échelle de Likert, psychologie clinique, thérapie cognitivo-comportementale, impulsivité, auto-apaisement.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de gestion de la colère a été principalement développée et raffinée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les violences interpersonnelles, la psychologie du couple et la résilience :
- Sandra M. Stith, Ph.D. : Professeure émérite et directrice universitaire en thérapie de couple et de la famille au département de Family Studies and Human Services de la Kansas State University (Manhattan, Kansas, États-Unis). Chercheuse pionnière dans le traitement systémique et cognitivo-comportemental des violences conjugales situationnelles. Courriel académique :
[email protected]. - Sherry L. Hamby, Ph.D. : Professeure de recherche en psychologie à la Sewanee: The University of the South (Sewanee, Tennessee, États-Unis) et directrice du Life Paths Research Program. Spécialiste mondialement reconnue de l’épidémiologie des traumatismes, de la polyvictimisation et des méthodologies de mesure en violence interpersonnelle. Courriel académique :
[email protected]. - John H. Grych, Ph.D. : Professeur de psychologie à la Marquette University (Milwaukee, Wisconsin, États-Unis). Ses travaux portent sur l’impact des conflits familiaux sur le développement de l’enfant et les cognitions associées à l’agression. Courriel académique :
[email protected]. - Victoria L. Banyard, Ph.D. : Professeure à la School of Social Work de la Rutgers University (New Brunswick, New Jersey, États-Unis). Experte en prévention des violences interpersonnelles et intervention des témoins actifs. Courriel académique :
[email protected]. - Matthew Macleod Orbell, Ph.D. : Chercheur associé ayant contribué à la modélisation en classes latentes et à la validation structurelle de l’échelle à l’University of Georgia. Courriel institutionnel :
[email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Anger Management Scale (AMS) est d’opérationnaliser et de quantifier de manière standardisée les compétences individuelles d’autorégulation et les processus sociocognitifs qui préviennent ou, à l’inverse, favorisent le passage à l’acte agressif lors d’épisodes de tension émotionnelle. Contrairement aux outils traditionnels évaluant la colère uniquement sous l’angle de l’expérience affective brute ou de l’intensité subjective du ressenti (tels que le volet affectif du State-Trait Anger Expression Inventory de Spielberger), l’AMS met un accent prononcé sur la dimension pragmatique de la gestion de cette émotion : la capacité à identifier précocement les indices physiologiques d’activation, l’usage délibéré de stratégies d’apaisement (techniques de « temps de pause » ou time-out, respiration abdominale, dialogue interne rassurant), la propension à attribuer une malveillance intentionnelle aux actes du partenaire et la prise de responsabilité personnelle quant à ses propres comportements agressifs.
Sur le plan des applications cliniques, l’AMS constitue un instrument diagnostique et de suivi thérapeutique de choix dans les programmes d’intervention auprès des auteurs de violences conjugales (batterer intervention programs), dans les thérapies de couple à forte conflictualité, ainsi qu’en milieu médico-légal et correctionnel. Elle permet d’établir une cartographie précise des déficits spécifiques du patient : certains individus possèdent une bonne conscience de leur montée émotionnelle mais manquent d’outils de régulation comportementale, tandis que d’autres présentent des schémas d’attribution externalisants massifs (« C’est la faute de mon partenaire si je m’énerve ») qui annihilent tout effort d’inhibition. En cours ou en fin de thérapie, l’AMS sert de mesure de résultat (outcome measure) pour évaluer l’assimilation des techniques de restructuration cognitive et des compétences de résolution non violente des conflits.
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en psychologie sociale et clinique, l’AMS permet d’investiguer les mécanismes médiateurs et modérateurs reliant les antécédents d’adversité dans l’enfance à la perpétration de violences conjugales à l’âge adulte. Elle offre un moyen robuste de tester l’efficacité différentielle de protocoles de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et de modéliser, via des approches modernes comme l’analyse de classes latentes, des profils typologiques d’individus face aux conflits interpersonnels dans les cohortes universitaires ou communautaires.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique appréhendé par l’AMS s’articule autour de la conceptualisation bidirectionnelle de la régulation de la colère : les composantes adaptatives (compétences d’inhibition et de désescalade) et les composantes dysfonctionnelles (attributions hostiles, réactivité impulsive et déresponsabilisation). Dans la version complète de 36 items orientée vers la dynamique de couple, le construit se déploie à travers plusieurs dimensions majeures interconnectées :
1. Conscience intéroceptive et identification des signaux d’alarme
Cette dimension mesure la vigilance somatique et psychologique de l’individu face aux premières manifestations de la colère. Elle capte l’aptitude à détecter l’élévation du rythme cardiaque, les tensions musculaires ou l’emballement des pensées avant que le seuil de basculement vers l’impulsivité ne soit franchi. Des items tels que « I can feel it in my body when I’m starting to get mad at my partner » ou « I can usually tell when I am about to lose my temper at my partner » illustrent cette conscience précoce, qui forme le prérequis biologique indispensable à l’activation des stratégies de contrôle volontaire.
2. Stratégies comportementales de désescalade et temps de pause (Time-Out)
Cette composante opérationnalise les actions instrumentales directes mises en œuvre pour rompre la boucle de rétroaction conflictuelle. Elle englobe la négociation d’une interruption temporaire de la dispute, l’éloignement physique stratégique et l’engagement dans des activités distrayantes pour abaisser la suractivation neurovégétative. Les énoncés représentatifs incluent : « I take time out as a way to control my anger at my partner » et « Taking a break from my partner is a good way for me to calm down ».
3. Régulation cognitive et auto-apaisement (Self-Talk)
Centrée sur les opérations intrapsychiques, cette sous-dimension reflète le recours au dialogue intérieur apaisant, à la projection des conséquences néfastes à long terme d’une perte de contrôle et au recadrage attentionnel. L’individu s’efforce de diriger ses pensées vers des stimuli neutres ou positifs afin d’empêcher la rumination colérique. Des items comme « When I feel myself getting angry at my partner, I try to tell myself to calm down » et « I often think of something pleasant to keep from thinking about my anger at my partner » incarnent cette capacité d’auto-instruction bienveillante.
4. Biais d’attribution hostile et méfiance interpersonnelle
À l’extrémité dysfonctionnelle du construit se trouvent les distorsions cognitives paranoïdes et externalisatrices. Les personnes présentant des scores élevés sur cette dimension perçoivent systématiquement les comportements ambigus ou neutres de leur partenaire comme des provocations intentionnelles ou des marques de mépris. Ce biais alimente une légitimation subjective de l’agression en représailles. Les items caractéristiques sont : « My partner does things just to annoy me », « When my partner is nice to me I wonder what my partner wants » et « It is my partner’s fault when I get mad ».
5. Responsabilisation comportementale et sentiment d’auto-efficacité
Cette dimension oppose la reconnaissance de son propre libre arbitre (« No matter how angry I am, I am responsible for my behavior toward my partner ») au sentiment d’impuissance acquise ou de victimisation permissive (« There is nothing I can do to control my feelings when my partner hassles me » et « When my partner provokes me, I have a right to fight back »). Elle détermine dans quelle mesure le sujet s’estime comptable de ses actes indépendamment de la pression relationnelle ressentie.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’Échelle de gestion de la colère s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie contemporaine : le modèle sociocognitif du traitement de l’information sociale, la théorie cognitivo-comportementale de la régulation émotionnelle et le modèle écologique de la violence conjugale.
Le modèle de traitement de l’information sociale de Crick et Dodge
Développé initialement par Kenneth A. Dodge et Nicki R. Crick (1994), ce modèle postule que les réactions agressives résultent d’une succession d’étapes de traitement cognitif face aux indices de l’environnement : (1) l’encodage des signaux, (2) leur interprétation, (3) la clarification des objectifs, (4) l’accès ou la construction de réponses possibles, (5) le choix de la réponse et (6) sa mise en acte comportementale. L’AMS capture précisément les dysfonctionnements survenant aux étapes 2 et 4 : les individus colériques présentent un biais d’attribution d’hostilité systématique envers leur partenaire lors de l’étape d’interprétation, restreignant l’accès mental aux seules réponses punitives ou agressives lors de l’étape de sélection.
Le modèle cognitivo-affectif de Novaco et l’approche néo-associationniste de Berkowitz
Les travaux fondateurs de Raymond Novaco (1975) ont mis en évidence que la colère n’est pas une réponse directe et inéluctable à la provocation, mais qu’elle est médiée par l’évaluation cognitive (cognitive appraisal) de l’événement et par le niveau d’excitation physiologique généralisé. Selon le modèle néo-associationniste de Leonard Berkowitz (1990), les affects négatifs activent automatiquement des réseaux mnésiques associés à la fuite ou au combat. L’AMS opérationnalise les concepts de Novaco en évaluant si le sujet utilise des autoverbalisations thérapeutiques pour interrompre cette cascade d’activation et s’il est capable de découpler l’impulsion motrice interne de l’acte comportemental destructeur.
La perspective systémique et interactionnelle de Stith
Contrairement aux modèles purement intra-individuels, la conceptualisation de Sandra Stith (Stith & Hamby, 2002) insère la régulation de la colère dans l’écologie relationnelle dyadique. La colère y est envisagée non pas dans un vase clos, mais comme une danse interactionnelle où les croyances rigides de droit (« J’ai le droit de riposter »), les dynamiques d’escalade verbale et la réactivité corporelle s’alimentent mutuellement. L’AMS mesure ainsi la capacité de l’individu à briser ces cercles vicieux systémiques au sein de l’intimité amoureuse.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’Échelle de gestion de la colère a fait l’objet d’investigations rigoureuses auprès de diverses cohortes, incluant des échantillons cliniques d’auteurs de violences, des couples en thérapie et des populations universitaires (Stith & Hamby, 2002 ; Orbell, 2013).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de l’AMS est largement attestée par ses corrélations significatives avec les instruments de référence mesurant l’agressivité et la dysrégulation affective :
- Corrélation avec l’agression conjugale : Les scores globaux de mauvaise gestion de la colère (composantes de biais d’attribution, de justification de la violence et de perte de contrôle) montrent des corrélations positives élevées ($r = 0,45$ à $0,62$, $p < 0,001$) avec les sous-échelles d’agression psychologique et physique de la Revised Conflict Tactics Scales (CTS-2).
- Corrélation avec la colère-trait : Une corrélation positive substantielle ($r = 0,55$ à $0,68$) a été démontrée entre les dimensions de dérégulation de l’AMS et le score de colère-trait du State-Trait Anger Expression Inventory (STAXI-2) de Spielberger.
- Corrélations avec la communication de couple : Les dimensions d’auto-apaisement et de négociation de temps d’arrêt corrèlent positivement avec les échelles de communication constructive ($r = 0,38$ à $0,51$) et négativement avec les schémas d’interaction de type demande-retrait (demand-withdraw).
Validité discriminante
L’AMS démontre une excellente validité discriminante vis-à-vis des mesures de dépression globale (évaluée par le BDI-II, avec des corrélations modérées n’excédant pas $r = 0,22$ à $0,28$) et de désirabilité sociale (évaluée par l’échelle de Marlowe-Crowne, $r = -0,15$, non significatif dans la plupart des sous-groupes), indiquant que l’outil ne mesure pas une simple détresse émotionnelle indifférenciée ni une complaisance aux attentes de l’évaluateur, mais bien des schémas spécifiques de gestion comportementale et cognitive de l’affect colérique.
Validité différentielle et prédictive
Les études de validation différentielle indiquent que l’instrument discrimine avec succès les populations d’hommes et de femmes orientés par la justice vers des programmes de traitement pour violences conjugales par rapport à des groupes témoins communautaires appariés ($F(1, 342) = 48,7$, $p < 0,0001$, taille d’effet $d$ de Cohen supérieure à 0,85). De plus, les scores obtenus à l’AMS lors de l’admission prédisent significativement les risques de récidive d’infractions violentes ou de rupture thérapeutique au cours des suivis longitudinaux à 6 et 12 mois.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Anger Management Scale a été vérifiée à travers l’évaluation de sa cohérence interne et de sa stabilité temporelle dans de multiples contextes méthodologiques.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de Stith et Hamby (2002) portant sur des échantillons d’adultes et de couples en conflit, le coefficient alpha de Cronbach pour l’ensemble des 36 items de l’AMS s’est élevé à $\alpha = 0,89$, attestant d’une excellente homogénéité globale des items. Pour les différentes sous-échelles identifiées, les indices de fidélité se distribuent comme suit :
- Auto-apaisement et prise de temps de pause : $\alpha$ variant de $0,82$ à $0,87$.
- Attribution de blâme et méfiance envers le partenaire : $\alpha$ variant de $0,79$ à $0,84$.
- Sensibilité corporelle et conscience de l’escalade : $\alpha$ variant de $0,76$ à $0,83$.
- Responsabilité personnelle : $\alpha$ variant de $0,71$ à $0,78$.
Concernant la version brève unidimensionnelle de 5 items (Anger Management Scale-Brief Trait Version, Hamby et al., 2013), développée pour des protocoles épidémiologiques requérant une passation ultra-rapide, l’alpha de Cronbach demeure très satisfaisant, oscillant entre $\alpha = 0,78$ et $\alpha = 0,83$ selon les vagues d’enquêtes communautaires, avec des corrélations moyennes inter-items comprises entre $0,41$ et $0,50$.
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle a été documentée auprès d’échantillons non cliniques sur des intervalles de deux à quatre semaines sans intervention thérapeutique intermédiaire. Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) pour le score total s’élèvent à $r_{tt} = 0,84$ ($p < 0,001$), indiquant une stabilité robuste du trait cognitivo-comportemental, tout en conservant la sensibilité nécessaire pour enregistrer des variations significatives après des interventions psychothérapeutiques ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La morphologie dimensionnelle de l’AMS a été examinée par des méthodes d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), complétées ultérieurement par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) et des analyses de classes latentes (Orbell, 2013).
Structure factorielle exploratoire (AFE)
Dans les modélisations initiales de Stith et Hamby (2002), l’AFE réalisée sur les 36 items a mis en lumière une solution multifactorielle expliquant plus de 52 % de la variance totale des scores. Les items se regroupent de manière cohérente autour de cinq facteurs majeurs :
- Facteur 1 : Stratégies actives d’apaisement (Calming Strategies) : Regroupe des items tels que 22, 23, 24, 25 et 26, présentant de fortes saturations factorielles ($0,58$ à $0,79$) relatives à l’emploi de temps d’arrêt et d’exercices de respiration.
- Facteur 2 : Attributions hostiles et suspicion (Hostile Intent / Blaming) : Regroupe des items tels que 9, 10, 14, 16 et 17, avec des saturations saturant entre $0,52$ et $0,74$, traduisant la projection de motifs malveillants chez le partenaire.
- Facteur 3 : Conscience somatosensorielle et prodromes (Somatic & Escalation Awareness) : Comprenant les items 5, 13, 19 et 21, saturant entre $0,61$ et $0,81$, axés sur la capacité à percevoir les signes physiques avant-coureurs de la rage.
- Facteur 4 : Réactivité impulsive et justification de la riposte (Impulsive Retaliation) : Chargé par les items 1, 2, 12, 18 et 31 ($0,49$ à $0,68$), décrivant l’embrasement incontrôlé et la croyance dans la légitimité du combat.
- Facteur 5 : Tempérance et maintien du dialogue (Communication & Temperance) : Comprenant les items 32, 33, 35 et 36 ($0,45$ à $0,70$), axés sur le maintien du calme et la focalisation sur la résolution du problème concret sans élévation de voix.
Analyses confirmatoires et modélisation en classes latentes
Les modélisations en équations structurelles menées par Matthew M. Orbell (2013) auprès de populations d’étudiants universitaires ont validé l’adéquation du modèle factoriel hiérarchique, rapportant des indices d’ajustement conformes aux standards méthodologiques stricts : $\chi^2/df < 2,5$, Comparative Fit Index (CFI) $= 0,93$, Tucker-Lewis Index (TLI) $= 0,91$, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) $= 0,051$ (IC 90 % : $[0,046 ; 0,056]$).
Parallèlement, l’analyse de classes latentes (LCA) a permis d’isoler trois profils distincts d’étudiants quant à la gestion de la colère : un profil « Régulateurs efficaces » (faibles attributions hostiles, fort auto-apaisement), un profil « Réactifs impulsifs » (conscience corporelle présente mais déficit de contrôle exécutif et riposte verbale rapide), et un profil « Biais d’hostilité / Escaladeurs chroniques » (attributions persécutoires élevées, refus de responsabilité, faible recours aux temps de pause), confirmant la pertinence clinique des dimensions sous-jacentes de l’instrument.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle de gestion de la colère (Anger Management Scale [AMS] ; version complète orientée partenaire et version brève de trait Brief Trait Version).
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré (sur papier ou support numérique informatisé).
- Nombre d’items :
- Version étendue contextuelle (couple/partenaire) : 36 items.
- Version abrégée de trait (Brief Trait Version) : 5 items.
- Format des réponses : Échelle de Likert en 4 points :
- Pour la version à 36 items :
1 = Strongly Disagree(Fortement en désaccord),2,3,4 = Strongly Agree(Fortement d’accord). - Pour la version brève à 5 items :
1 = Not true about me(Pas vrai pour moi),2 = A little true about me(Un peu vrai pour moi),3 = Somewhat true about me(Assez vrai pour moi),4 = Mostly true about me(Très vrai pour moi).
- Pour la version à 36 items :
- Temps de passation estimé :
- Version 36 items : 8 à 12 minutes.
- Version 5 items : 1 à 2 minutes.
- Cotation et calcul des scores :
- Les items positifs d’apaisement et de régulation (ex. items 11, 19, 20, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 30, 32, 33, 34, 35, 36) sont cotés directement ou inversés selon l’orientation globale choisie par l’analyste (mesure de la compétence de gestion versus mesure du déficit de régulation).
- Les items traduisant un dysfonctionnement cognitif ou une escalade impulsive (ex. items 1, 2, 3, 4, 7, 9, 10, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 28, 29, 31) sont sommés dans les sous-dimensions correspondantes.
- Un score composite plus élevé sur les échelles adaptatives reflète un répertoire comportemental riche de compétences d’inhibition, tandis qu’un score élevé sur les échelles d’attribution reflète une vulnérabilité accrue aux interactions violentes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 2002 pour l’échelle initiale de 36 items (Stith & Hamby) ; 2013 pour la version brève de trait (Hamby, Stith, Grych, & Banyard).
- Propriété intellectuelle : Sandra M. Stith, Sherry Hamby et co-auteurs.
- Tarifs et conditions d’accès : L’instrument est un instrument du domaine académique, mis à la disposition gratuite des chercheurs, cliniciens et praticiens pour des finalités de recherche scientifique, de formation universitaire ou de pratique clinique sans but lucratif.
- Conditions de licence et d’utilisation : Aucune redevance financière n’est requise pour l’utilisation des versions publiées dans les thèses et rapports du Life Paths Research Program. Les utilisateurs sont toutefois tenus de citer explicitement les publications académiques de référence lors de tout usage ou restitution de données. La modification des items ou l’intégration dans des plateformes logicielles commerciales payantes requiert l’autorisation formelle préalable des détentrices des droits moraux.
12. Références / References
- Berkowitz, L. (1990). On the formation and regulation of anger and aggression: A cognitive-neoassociationistic analysis. American Psychologist, 45(4), 494–503. https://doi.org/10.1037/0003-066X.45.4.494
- Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
- Hamby, S., Stith, S. M., Grych, J., & Banyard, V. L. (2013). The Anger Management Scale: Brief Trait Version. Sewanee, TN: Life Paths Research Program. http://lifepathsresearch.org/build/wp-content/uploads/Anger-Management-Scale.pdf
- Novaco, R. W. (1975). Anger control: The development and evaluation of an experimental treatment. Lexington, MA: D.C. Heath and Company.
- Orbell, M. M. (2013). Anger Management in College Students: A Latent Class Analysis (Doctoral dissertation, University of Georgia). Electronic Theses and Dissertations, University of Georgia. http://scholar.lib.vt.edu/theses/available/etd-02012007-160430/unrestricted/FinalThesis.pdf
- Stith, S. M., & Hamby, S. (2002). The Anger Management Scale: Development and preliminary psychometric properties. Violence and Victims, 17(4), 383–402. https://doi.org/10.1891/vivi.17.4.383.33681
- Straus, M. A., Hamby, S. L., Boney-McCoy, S., & Sugarman, D. B. (1996). The Revised Conflict Tactics Scales (CTS2): Development and preliminary psychometric data. Journal of Family Issues, 17(3), 283–316. https://doi.org/10.1177/019251396017003001
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format:
1 = Strongly Disagree, 2, 3, 4 = Strongly Agree
- I can calm myself down when I am upset.
- I can tell when I am beginning to get angry.
- I can usually tell when I am about to lose my temper.
- Before I let myself get really angry‚ I think about what will happen if I lose my temper.
- When I feel myself getting angry‚ I try to tell myself to calm down.
- Taking a break from my partner is a good way for me to calm down.
- When my partner is around‚ I feel like a bomb waiting to explode.
- I prefer to get out of the way when my partner hassles me.
- It is my partner’s fault when I get mad.
- When my partner is nice to me I wonder what my partner wants.
- No matter how angry I am‚ I am responsible for my behavior toward my partner.
- When my partner provokes me‚ I have a right to fight back.
- I can feel it in my body when I’m starting to get mad at my partner.
- My partner does things just to annoy me.
- There is nothing I can do to control my feelings when my partner hassles me.
- My partner is rude to me unless I insist on respect.
- My partner likes to make me mad.
- When my partner annoys me‚ I blow up before I even know that I am getting angry.
- I recognize when I am beginning to get angry at my partner.
- I am able to remain calm and not get angry at my partner.
- I can usually tell when I am about to lose my temper at my partner.
- I take time out as a way to control my anger at my partner.
- I take a deep breath and try to relax when I’m angry at my partner.
- I can set up a time-out period during an argument with my partner.
- When I feel myself getting angry at my partner‚ I try to tell myself to calm down.
- I often think of something pleasant to keep from thinking about my anger at my partner.
- When I’m angry at my partner‚ I try to handle my feelings so no one gets hurt.
- If I keep thinking about what made me mad‚ I get angrier.
- When arguing with my partner‚ I often raise my voice.
- I do something to take my mind off my partner when I’m angry.
- When I’m mad at my partner‚ I say what I think without thinking of the consequences.
- When my partner’s voice is raised‚ I don’t raise mine.
- My partner thinks I am very patient.
- I can calm myself down when I am upset with my partner.
- When I feel myself starting to get angry at my partner‚ I try to stick to talking about the problem.
- I am even-tempered with my partner.