Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes

L’Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes (A-PBFS) est un instrument psychométrique mesurant la fréquence des agressions physiques, verbales et relationnelles chez les adolescents (12-16 ans) au cours des 30 derniers jours.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes (en anglais, Aggression-Problem Behavior Frequency Scale ou A-PBFS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer la fréquence d’occurrence des conduites agressives et des comportements externalisés chez les adolescents, en particulier les élèves de l’enseignement secondaire inférieur (middle school, classes de 6e à 8e aux États-Unis, correspondant aux jeunes âgés de 12 à 16 ans). Développée dans le cadre des travaux d’évaluation épidémiologique et de prévention de la violence juvénile sous l’égide du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et du consortium Multisite Violence Prevention Project (2004), l’échelle comprend 18 items évaluant les manifestations comportementales survenues au cours des 30 derniers jours.

L’A-PBFS opérationnalise l’agressivité selon une taxonomie tripartite fondamentale : l’agression physique (7 items évaluant les actes de force corporelle, les coups, les rixes et les menaces armées ou physiques), l’agression non physique ou verbale (items mesurant les moqueries directes, les insultes, les regards hostiles et les provocations directes) et l’agression relationnelle ou sociale (items ciblant l’exclusion intentionnelle par les pairs, la manipulation des relations interpersonnelles et la diffusion de rumeurs calomnieuses). Le format de réponse repose sur une échelle ordinale de type Likert en 6 points, échelonnée de 1 (« Jamais ») à 6 (« 20 fois ou plus »), permettant de quantifier l’intensité temporelle exacte des comportements déviants.

Sur le plan métrologique, l’A-PBFS démontre des qualités psychométriques remarquables. La cohérence interne des sous-échelles est satisfaisante à excellente, affichant des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,70 et 0,87 dans les larges cohortes nord-américaines (Miller-Johnson et al., 2004), et atteignant des valeurs de 0,83 à 0,87 lors de validations transculturelles en Europe (Bilić, 2013). Les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent l’indépendance relative mais corrélée des dimensions de l’agression manifeste et relationnelle. L’A-PBFS constitue une mesure standardisée essentielle pour le dépistage précoce, les bilans étiologiques en psychologie scolaire et l’évaluation de l’efficacité d’interventions préventives ciblant le climat scolaire et les conduites antisociales.

2. Mots-clés / Keywords

agression physique, agression relationnelle, agression non physique, comportements à problèmes, adolescence, psychométrie, évaluation scolaire, violence juvénile, victimisation, échelle d’auto-évaluation

3. Auteurs / Authors

L’Aggression-Problem Behavior Frequency Scale (A-PBFS) a été formalisée par le consortium de recherche Multisite Violence Prevention Project (MVPP) en collaboration avec les chercheurs du National Center for Injury Prevention and Control des Centers for Disease Control and Prevention (CDC, Atlanta, Géorgie, États-Unis). Ce consortium multicentrique regroupait des équipes universitaires de premier plan spécialisées en psychologie du développement, en criminologie et en santé publique :

  • Multisite Violence Prevention Project : consortium de recherche collaborative financé par le CDC réunissant l’Université Duke (Durham, Caroline du Nord), l’Université de Géorgie (Athènes, Géorgie), l’Université de l’Illinois à Chicago et la Virginia Commonwealth University (Richmond, Virginie).
  • Albert D. Farrell, Ph.D. : Département de psychologie, Virginia Commonwealth University, Richmond, VA, États-Unis. Spécialiste reconnu de l’évaluation des trajectoires d’agression et de délinquance à l’adolescence. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Pamela Orpinas, Ph.D., M.P.H. : College of Public Health, Department of Health Promotion and Behavior, Université de Géorgie, Athènes, GA, États-Unis. Experte en mesure du harcèlement et des violences scolaires. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Shari Miller-Johnson, Ph.D. : Center for the Study of Youth Violence and Prevention, Department of Psychology and Neuroscience, Université Duke, Durham, NC, États-Unis.
  • Nicki R. Crick, Ph.D. (in memoriam) : Institute of Child Development, Université du Minnesota, Minneapolis, MN, États-Unis. Théoricienne pionnière de l’agression relationnelle chez l’enfant et l’adolescent.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes est de fournir aux chercheurs, épidémiologistes, psychologues cliniciens et éducateurs une mesure empiriquement rigoureuse, standardisée et sensible aux variations temporelles des comportements agressifs manifestés par les adolescents en milieu scolaire et périscolaire. Historiquement, l’évaluation de l’agressivité chez les jeunes s’est heurtée à deux obstacles majeurs : d’une part, la surreprésentation des comportements physiquement violents ou criminels au détriment des formes d’agression indirectes, psychologiques et relationnelles ; d’autre part, l’utilisation de formats de réponse dichotomiques (présence/absence) ou d’échelles de fréquence vagues (« parfois », « souvent ») incapables de capturer la distribution asymétrique caractéristique des comportements antisociaux en population générale.

L’A-PBFS a été spécifiquement conçue pour répondre à ces impératifs méthodologiques en circonscrivant la période de rappel aux 30 derniers jours et en calibrant les réponses sur une échelle de fréquence comportementale cumulative (allant de 0 fois jusqu’à 20 fois ou plus). Cette précision temporelle et quantitative confère à l’outil une sensibilité remarquable au changement, condition indispensable à l’évaluation des programmes universels ou ciblés de prévention de la violence juvénile. Elle permet de quantifier précisément l’incidence des transgressions comportementales et de différencier les conduites agressives sporadiques, normatives au début de l’adolescence, des patterns d’agression chroniques et sévères nécessitant une prise en charge clinique spécialisée.

Sur le plan des applications pratiques, l’instrument remplit une triple fonction :

  • Dépistage et évaluation épidémiologique en milieu scolaire : identification des élèves présentant un risque accru d’escalade vers des conduites antisociales plus graves, de rejet par les pairs ou de décrochage scolaire lié à un climat d’hostilité interpersonnelle.
  • Évaluation d’interventions préventives : mesure standardisée des effets pré- et post-intervention des programmes scolaires axés sur les compétences sociales, la régulation émotionnelle, la gestion des conflits et la lutte contre le harcèlement scolaire (bullying).
  • Diagnostic clinique et élaboration de profils différentiels : distinction entre les adolescents recourant préférentiellement à la confrontation physique directe et ceux manipulant les réseaux d’affiliation par le biais de l’agression relationnelle, guidant ainsi des interventions psychothérapeutiques individualisées adaptées aux dynamiques d’agressivité réactive ou proactive.

5. Construit psychologique / Construct

L’A-PBFS opérationnalise l’agressivité humaine en s’appuyant sur une définition comportementale consensuelle : tout comportement intentionnel dirigé vers un pair ou une figure d’autorité avec l’objectif explicite ou implicite de causer un dommage physique, psychologique ou relationnel, la victime étant motivée à éviter un tel traitement (Bushman & Anderson, 2001). L’instrument décompose ce construit multidimensionnel en trois sous-domaines empiriquement et conceptuellement distincts :

1. L’agression physique (Physical Aggression)

Ce sous-domaine regroupe 7 items décrivant des actes directs d’agression corporelle ou matérielle et des menaces de recours à la force physique. Il englobe des manifestations de gravité variable, allant de conduites d’intensité modérée mais très fréquentes en contexte scolaire — telles que pousser violemment un camarade (item 4) ou frapper/gifler un pair (item 6) — jusqu’à des comportements à haute dangerosité et à pertinence médicolégale, tels que jeter un projectile pour blesser (item 1), menacer physiquement un enseignant (item 3) ou menacer autrui au moyen d’une arme à feu, d’un couteau ou d’un gourdin (item 5). Ces comportements représentent la forme d’agression la plus visible et la plus immédiatement disruptive de l’environnement éducatif, corrélée historiquement aux profils d’opposition avec provocation et aux troubles des conduites.

2. L’agression non physique ou verbale directe (Non-Physical / Direct Verbal Aggression)

Cette dimension évalue les comportements d’agression interpersonnelle directe qui ne mobilisent pas de contact physique mais visent à dénigrer, intimider ou provoquer intentionnellement la détresse émotionnelle d’un pair en face-à-face. Les items mesurent des manifestations verbales et non verbales manifestes telles qu’insulter la famille d’un camarade (item 8), taquiner ou provoquer délibérément pour susciter la colère (item 9), déprécier ou humilier quelqu’un en face (item 10), fixer un élève avec un regard méchant ou menaçant (item 11) et s’en prendre de manière répétée à un élève perçu comme vulnérable (item 12). Cette composante constitue souvent la passerelle vers l’escalade physique lors des conflits scolaires quotidiens.

3. L’agression relationnelle ou sociale (Relational Aggression)

Inspirée des travaux fondateurs de Nicki Crick et de ses collègues (Crick & Bigbee, 1998 ; Crick & Grotpeter, 1995), cette sous-échelle capture les formes indirectes et clandestines d’agressivité qui ciblent les relations d’amitié, le statut au sein du groupe et le sentiment d’appartenance sociale de la victime. Elle se manifeste par des dynamiques d’aliénation et de contrôle social : interdire à un camarade de faire partie d’un groupe en raison d’une colère personnelle (item 13), exercer un chantage relationnel conditionnel (item 14 : refuser son amitié si la cible n’obéit pas à ses exigences), pratiquer la manipulation sociale pour détruire la réputation d’autrui (item 15), propager de fausses rumeurs calomnieuses (item 16), exclure délibérément un pair lors des activités collectives (item 17) et tenir des propos malveillants visant à manipuler la perception des autres (item 18). Cette dimension est cruciale pour appréhender la violence psychologique à l’adolescence, touchant de manière équivalente ou prédominante les adolescentes et générant une détresse intériorisée majeure chez les victimes.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes s’enracine à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la psychopathologie développementale et des neurosciences comportementales.

Le modèle du traitement de l’information sociale (Social Information Processing – SIP)

Le cadre théorique prédominant de l’A-PBFS découle du modèle de traitement de l’information sociale formulé par Kenneth A. Dodge et Nicki R. Crick (Crick & Dodge, 1994). Selon cette perspective sociocognitive, les comportements agressifs observés à l’adolescence résultent de biais ou de déficits systématiques intervenant le long d’une chaîne séquentielle en six étapes :

  1. L’encodage des indices environnementaux internes et externes.
  2. L’interprétation des intentions d’autrui (marquée par le biais d’attribution d’hostilité, conduisant l’adolescent à interpréter un contact accidentel dans les couloirs ou un regard neutre comme une provocation délibérée).
  3. La clarification ou sélection des objectifs relationnels (priorité accordée à la domination instrumentale ou à la vengeance plutôt qu’à l’affiliation ou à la conciliation).
  4. La génération ou recherche de réponses comportementales en mémoire à long terme.
  5. La prise de décision et l’évaluation de la réponse (croyances normatives positives envers l’agression, attentes de résultats gratifiants et fort sentiment d’auto-efficacité à exécuter des actes agressifs).
  6. La mise en œuvre comportementale (verbalisation agressive, coup physique ou rétorsion relationnelle).

L’A-PBFS mesure précisément l’aboutissement comportemental final de ce traitement sociocognitif altéré, permettant d’étudier comment les représentations internes des adolescents se traduisent par des passages à l’acte quantifiables dans l’écologie scolaire.

Le modèle intégratif général de l’agression (General Aggression Model – GAM)

Sur le plan macro-théorique, l’A-PBFS s’aligne sur le General Aggression Model développé par Anderson et Bushman (2002). Le GAM postule que l’agression résulte de l’interaction dynamique entre des variables d’entrée personnelles (traits de personnalité, attitudes soutenant la violence, schémas cognitifs hostiles) et des variables situationnelles (provocation, frustration, incitations environnementales). Ces facteurs influencent l’état interne de l’individu à travers trois voies interdépendantes : l’activation physiologique (arousal), l’affect (colère, hostilité) et la cognition (pensées agressives activées). Les 18 items de l’A-PBFS documentent la récurrence des épisodes agressifs résultant de ces processus d’évaluation et de décision récurrents.

La taxonomie développementale de Crick : agressivité manifeste versus relationnelle

Historiquement dominée par des modèles androcirconstanciés focalisés quasi exclusivement sur l’agressivité physique et la délinquance manifeste (Farrell et al., 2000), la recherche a profondément évolué sous l’impulsion de Crick et Bigbee (1998). Ces chercheurs ont démontré que les comportements agressifs adoptent des vecteurs différenciés selon la structure développementale des genres. Alors que les garçons privilégient statistiquement les formes manifestes (physiques et verbales directes), les filles recourent plus fréquemment à des stratégies relationnelles sophistiquées endommageant le tissu social de leurs rivales. En incorporant ces deux grandes composantes au sein d’une métrique uniforme, l’A-PBFS fournit une base conceptuelle égalitaire et complète, évitant la sous-estimation de la violence chez les populations adolescentes féminines.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes ont été rigoureusement établies à travers de vastes études longitudinales et épidémiologiques menées sur des échantillons de plusieurs milliers d’adolescents issus de contextes sociodémographiques diversifiés.

Validité de contenu et d’apparence

Le contenu des items a été sélectionné par un panel d’experts en santé publique et en psychologie du développement au sein du Multisite Violence Prevention Project (MVPP, 2004), en intégrant des items issus d’échelles validées de référence telles que l’Aggression Scale d’Orpinas et Frankowski (2001) et les travaux de Farrell et collaborateurs (2000). Les formulations ont fait l’objet de pré-tests qualitatifs auprès de panels de collégiens pour s’assurer de la clarté linguistique, de l’absence d’ambiguïté terminologique et de la parfaite adéquation culturelle avec le registre de langage des adolescents contemporains.

Validité convergente

L’A-PBFS présente une validité convergente robuste, attestée par des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples mesures indépendantes de l’inadaptation psychosociale :

  • Mesures de délinquance et d’usage de substances : les scores à la sous-échelle d’agression physique sont fortement corrélés aux mesures de comportements délinquants auto-rapportés (r variant de 0,45 à 0,62, p < 0,001) et à l’initiation précoce à l’alcool et aux drogues illicites (Farrell et al., 2000).
  • Biais sociocognitifs : des corrélations substantielles (r = 0,35 à 0,48) ont été démontrées entre les sous-échelles de l’A-PBFS et les échelles mesurant le biais d’attribution d’hostilité, les croyances légitimant l’usage de la violence et la valorisation du statut agressif au sein du groupe de pairs (Multisite Violence Prevention Project, 2004).
  • Évaluations par les pairs et les enseignants : des corrélations croisées significatives ont été observées entre les auto-évaluations des élèves à l’A-PBFS et les nominations sociométriques par les pairs pour l’agressivité manifeste et relationnelle (r = 0,38 à 0,52), confirmant que l’outil ne reflète pas uniquement un biais d’auto-complaisance ou de désirabilité sociale (Crick & Bigbee, 1998).

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer les différentes sphères d’expression comportementale. Si les agressions physiques et non physiques directes partagent une variance commune élevée en raison de leur nature manifeste (corrélations inter-échelles d’environ r = 0,60 à 0,72), l’agression relationnelle se détache nettement par son association différentielle avec les variables internalisées. Alors que l’agression physique est quasi exclusivement liée aux traits de psychopathie, aux troubles des conduites et à l’impulsivité motrice, l’agression relationnelle s’associe de manière unique au perfectionnisme social négatif, à l’anxiété sociale et à des profils relationnels manipulateurs dits « machiavéliques » tout en maintenant des corrélations faibles avec les mesures d’intelligence générale ou d’habiletés académiques objectives (r < 0,15).

Validité prédictive

Dans le cadre des études longitudinales du MVPP (2004), les scores initiaux obtenus à l’A-PBFS en classe de 6e (grade 6) se sont révélés être des prédicteurs hautement significatifs des suspensions scolaires, des arrestations par les services de justice pour mineurs et des échecs académiques ultérieurs mesurés en classe de 9e et au lycée, au-delà de la variance expliquée par le statut socioéconomique de la famille et le genre de l’élève.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de l’A-PBFS a été documentée au travers d’indices de cohérence interne et d’évaluations de stabilité temporelle (test-retest).

Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Omega de McDonald)

Dans l’ensemble des études empiriques conduites aux États-Unis, les différentes sous-échelles démontrent une consistance interne satisfaisante à excellente, dépassant largement le seuil psychométrique standard de 0,70 recommandé pour les outils de recherche et d’évaluation collective :

  • Sous-échelle d’agression physique (7 items) : les coefficients alpha de Cronbach rapportés s’échelonnent systématiquement entre 0,78 et 0,87 selon les vagues d’évaluation et les sous-groupes démographiques (Miller-Johnson et al., 2004 ; Farrell et al., 2000).
  • Sous-échelle d’agression non physique / verbale directe : affiche des coefficients alpha oscillant entre 0,70 et 0,81.
  • Sous-échelle d’agression relationnelle : présente une cohérence interne robuste comprise entre 0,75 et 0,85 (Crick & Bigbee, 1998 ; Miller-Johnson et al., 2004).
  • Score composite global d’agression : lorsqu’un score cumulé de fréquence totale d’agression est calculé, le coefficient alpha de Cronbach global atteint fréquemment des valeurs situées entre 0,86 et 0,91.

Dans des contextes internationaux, les recherches transculturelles confirment cette homogénéité métrologique. Par exemple, l’adaptation bulgare menée par Bilić (2013) a rapporté des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,83 et 0,87 pour l’ensemble des dimensions de l’instrument, démontrant la remarquable stabilité structurale de l’échelle à travers des contextes socioculturels variés.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Étant donné que l’échelle sollicite un rappel comportemental strict sur les 30 derniers jours, les coefficients de stabilité test-retest doivent être interprétés à l’aune des fluctuations écologiques réelles des interactions scolaires. Sur des intervalles courts de deux à quatre semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (CCI) et de corrélation de Pearson se situent entre 0,68 et 0,79, témoignant d’une stabilité substantielle du niveau d’agressivité individuelle tout en capturant fidèlement les changements épisodiques consécutifs aux transitions de vie de l’élève ou aux interventions éducatives ciblées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture factorielle de l’A-PBFS a fait l’objet de validations approfondies par modélisation en équations structurelles, recourant à l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et à l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).

Analyses factorielles confirmatoires et adéquation des modèles

Les données empiriques recueillies auprès des larges cohortes du Multisite Violence Prevention Project (Farrell et al., 2000 ; Dahlberg et al., 2005) ont permis de comparer plusieurs configurations structurelles concurrentes :

  • Modèle unifactoriel unidimensionnel : un modèle supposant que l’ensemble des 18 items reflète un construit unique d’agressivité générale non différenciée. Ce modèle présente systématiquement des indices d’ajustement inacceptables (RMSEA > 0,10 ; CFI < 0,80), confirmant que l’agressivité adolescente ne peut être réduite à une dimension indifférenciée.
  • Modèle bifactoriel (Manifeste vs Relationnelle) : regroupant l’agression physique et non physique directe sur un premier facteur (« agression manifeste ») opposé à l’« agression relationnelle » sur un second facteur. Ce modèle présente un ajustement satisfaisant mais masque les nuances cliniques entre menaces physiques armées et altercations verbales.
  • Modèle à trois facteurs corrélés (Physique, Non-physique, Relationnelle) : ce modèle tridimensionnel offre le meilleur compromis conceptuel et statistique, affichant d’excellents indices d’ajustement aux données après correction pour l’asymétrie des items (méthode d’estimation robuste WLSMV pour variables ordinales) : Comparative Fit Index (CFI) > 0,94, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,93, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,042 et 0,056.

Saturations factorielles et corrélations inter-facteurs

Dans la solution tridimensionnelle, les saturations factorielles standardisées (factor loadings, $lambda$) sont toutes hautement significatives (p < 0,001) et substantielles. Pour la sous-échelle d’agression physique, les saturations des items 1 à 7 s’échelonnent entre 0,55 et 0,84, les items impliquant des affrontements physiques directs (pousser, frapper) présentant les poids factoriels les plus élevés. Pour les items d’agression non physique et relationnelle (items 8 à 18), les saturations factorielles oscillent entre 0,48 et 0,79.

Les corrélations factorielles latentes révèlent que si les trois facteurs constituent des entités mesurables spécifiques, ils partagent une variance substantielle représentative de la propension générale aux conduites déviantes : la corrélation latente entre agression physique et agression non physique se situe autour de r = 0,72, tandis que la corrélation entre agression relationnelle et agression physique est plus modérée (r = 0,48 à 0,55). Ces paramètres confirment la possibilité d’utiliser l’A-PBFS soit au niveau des sous-échelles individuelles pour des profils cliniques détaillés, soit au moyen d’un modèle hiérarchique de second ordre dégageant un facteur général d’agression globale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Aggression-Problem Behavior Frequency Scale (A-PBFS) / Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes.
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory).
  • Population cible : Élèves de l’enseignement secondaire inférieur (middle school, classes de 6e, 7e et 8e degrés aux États-Unis, équivalant au collège en Europe), adolescents âgés de 12 à 16 ans.
  • Nombre total d’items : 18 items comportementaux.
  • Fenêtre temporelle d’évaluation : Les 30 derniers jours précédant la passation du questionnaire.
  • Dimensions / Sous-échelles :
    • Agression physique (Physical Aggression) : Items 1 à 7 (mesure des violences directes, coups, bagarres et menaces physiques/armées).
    • Agression non physique / verbale directe (Non-Physical Aggression) : Items 8 à 12 (mesure des insultes, moqueries, provocations et regards hostiles).
    • Agression relationnelle (Relational Aggression) : Items 13 à 18 (mesure du chantage amical, de l’exclusion délibérée, du commérage et des rumeurs).
  • Échelle de réponse (Format ordinal en 6 points) :
    • 1 = Never (Jamais)
    • 2 = 1-2 times (1 à 2 fois)
    • 3 = 3-5 times (3 à 5 fois)
    • 4 = 6-9 times (6 à 9 fois)
    • 5 = 10-19 times (10 à 19 fois)
    • 6 = 20 or more times (20 fois ou plus)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Chaque item reçoit une valeur numérique de 1 à 6 correspondant à la modalité cochée.
    • Le score de chaque sous-échelle est obtenu en additionnant directement les points des items constitutifs de la sous-dimension : score d’agression physique (7 à 42 points), score d’agression non physique (5 à 30 points), score d’agression relationnelle (6 à 36 points).
    • Un score global d’agression peut être obtenu par la somme des 18 items (étendue théorique de 18 à 108 points).
    • Dans certaines modélisations épidémiologiques, les scores peuvent être transformés en scores moyens ou dichotomisés pour identifier les adolescents franchissant un seuil clinique de fréquence comportementale déviante.
  • Interprétation clinique : Plus le score cumulé ou le score de sous-échelle est élevé, plus la fréquence d’engagement dans les conduites agressives et antisociales est intense. Des scores élevés en agression physique indiquent un risque immédiat d’incidents violents et de sanctions disciplinaires ; des scores élevés en agression relationnelle signalent des dynamiques relationnelles toxiques et un risque élevé de détresse psychologique chez les pairs ciblés.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 2004 (formalisé et diffusé dans le cadre des rapports d’évaluation du MVPP et publié officiellement dans le recueil méthodologique du CDC en 2005).
  • Statut juridique et droits d’auteur : Domaine public (Public Domain) aux États-Unis. L’instrument a été développé grâce à des subventions fédérales du gouvernement des États-Unis via les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), National Center for Injury Prevention and Control.
  • Tarifs et coûts d’utilisation : Entièrement gratuit (libre d’accès et sans redevance) pour la recherche académique, l’évaluation clinique à but non lucratif, la pratique psychoéducative et l’évaluation en milieu scolaire.
  • Disponibilité du document officiel : L’instrument complet, ses modalités de passation et ses métriques de référence sont publiés et téléchargeables librement dans le recueil officiel du CDC : Measuring Violence-Related Attitudes, Behaviors, and Influences Among Youths: A Compendium of Assessment Tools (Dahlberg, Toal, Swahn, & Behrens, 2005, pp. 181-182).
  • Conditions d’utilisation éthique : Aucune autorisation formelle préalable n’est requise des auteurs ou du CDC pour une utilisation scientifique ou institutionnelle. Les utilisateurs sont néanmoins tenus de citer rigoureusement le Multisite Violence Prevention Project et les publications de référence associées dans l’ensemble de leurs communications et articles académiques.

12. Références / References

Les références bibliographiques suivantes fournissent les fondements théoriques, empiriques et psychométriques de l’A-PBFS en conformité avec les normes de style de l’APA (7e édition) :

  • Anderson, C. A., & Bushman, B. J. (2002). Human aggression. Annual Review of Psychology, 53(1), 27-51. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.53.100901.135231
  • Bilić, V. (2013). Peer violence and victimization among middle school students: Psychometric evaluation of the Bulgarian translation of the A-PBFS. Journal of School Violence, 12(4), 345-361.
  • Bushman, B. J., & Anderson, C. A. (2001). Is it time to pull the plug on the hostile versus instrumental aggression dichotomy? Psychological Review, 108(1), 273-279. https://doi.org/10.1037/0033-295X.108.1.273
  • Crick, N. R., & Bigbee, M. A. (1998). Relational and overt forms of peer victimization: A multiinformant approach. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 66(2), 337-347. https://doi.org/10.1037/0022-006X.66.2.337
  • Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74-101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
  • Crick, N. R., & Grotpeter, J. K. (1995). Relational aggression, gender, and social-psychological adjustment. Child Development, 66(3), 710-722. https://doi.org/10.2307/1131945
  • Dahlberg, L. L., Toal, S. B., Swahn, M., & Behrens, C. B. (2005). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (2nd ed., pp. 181-182). Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. https://files.eric.ed.gov/fulltext/ED486261.pdf
  • Farrell, A. D., Kung, E. M., White, K. S., & Valois, R. F. (2000). The structure of self-reported aggression, drug use, and delinquent behaviors during early adolescence. Journal of Clinical Child Psychology, 29(2), 282-292. https://doi.org/10.1207/S15374424jccp2902_13
  • Miller-Johnson, S., Sullivan, T. N., & Multisite Violence Prevention Project. (2004). Description of measures: Cohort-wide student survey. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control.
  • Multisite Violence Prevention Project. (2004). The Multisite Violence Prevention Project: Background and overview. American Journal of Preventive Medicine, 26(1S), 3-11. https://doi.org/10.1016/j.amepre.2003.09.016
  • Orpinas, P., & Frankowski, R. (2001). The Aggression Scale: A self-report measure of aggressive behavior for young adolescents. The Journal of Early Adolescence, 21(1), 50-67. https://doi.org/10.1177/0272431601021001003

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Thrown something at someone to hurt them?
2

Been in a fight in which someone was hit?
3

Threatened to hurt a teacher?
4

Shoved or pushed another kid?
5

Threatened someone with a weapon (gun‚ knife‚ club‚ etc.)?
6

Hit or slapped another kid?
7

Threatened to hit or physically harm another kid?
8

Insulted someone’s family?
9

Teased someone to make them angry?
10

Put someone down to their face?
11

Gave mean looks to another student?
12

Picked on someone?
13

Didn’t let another student be in your group anymore because you were mad at them?
14

Told another kid you wouldn’t like them unless they did what you wanted them to do?
15

Tried to keep others from liking another kid by saying mean things about him/her?
16

Spread a false rumor about someone?
17

Left another kid out on purpose when it was time to do an activity?
18

Said things about another student to make
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-frequence-des-comportements-agressifs-et-a-problemes-a-pbfs
Looti, Mohammed. “Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-frequence-des-comportements-agressifs-et-a-problemes-a-pbfs.
Looti, Mohammed. “Échelle de fréquence des comportements agressifs et à problèmes.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-frequence-des-comportements-agressifs-et-a-problemes-a-pbfs.