1. Résumé / Abstract
L’Échelle de fardeau familial perçu (en anglais, Perceived Family Burden Scale [PFBS]), développée initialement par Levene, Lancee et Seeman (1996), constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour quantifier de manière rigoureuse l’impact multidimensionnel de la schizophrénie et des troubles psychiatriques sévères sur les proches aidants. Alors que la psychiatrie clinique a traditionnellement concentré ses efforts d’évaluation sur la symptomatologie directe et la qualité de vie des patients, la PFBS s’intéresse à l’écosystème familial en mesurant tant les manifestations objectives des difficultés que leur retentissement émotionnel et subjectif. L’instrument comprend 24 items auto-administrés, calibrés selon une échelle de réponse de type Likert en 5 points (allant de 1 = « Pas du tout d’accord » ou absence de fardeau à 5 = « Tout à fait d’accord » ou fardeau sévère). Sa structure factorielle s’articule autour de quatre dimensions fondamentales : le comportement et les symptômes du patient (Patient Behavior / Symptoms), la perturbation de la vie familiale et des relations sociales (Disruption of Family Life / Social Relations), le fardeau financier (Financial Burden), et l’impact sur la santé physique et le bien-être psychologique de l’aidant (Impact on Health / Well-being).
Sur le plan psychométrique, la PFBS démontre une cohérence interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,93 pour l’échelle globale, et entre 0,76 et 0,89 pour ses sous-échelles respectives. Sa fidélité test-retest à court et moyen terme atteste d’une grande stabilité temporelle dans des contextes cliniques stables. Les analyses de validité de construit, validité convergente et validité discriminante confirment que la PFBS permet de distinguer avec précision les familles confrontées à des épisodes psychotiques aigus de celles engagées dans un suivi ambulatoire stabilisé. L’échelle est largement mobilisée dans les programmes de psychoéducation, la recherche sur l’expression des émotions (expressed emotion) et l’évaluation de l’efficacité des interventions systémiques et communautaires.
2. Mots-clés / Keywords
Fardeau de l’aidant, fardeau familial perçu, schizophrénie, psychométrie, proches aidants, santé mentale, détresse psychologique, fardeau objectif, fardeau subjectif, épuisement émotionnel, relations intrafamiliales, psychoéducation.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de fardeau familial perçu (PFBS) a été conçue et validée par une équipe pionnière de chercheurs et cliniciens de l’Université de Toronto et du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH / Clarke Institute of Psychiatry) à Toronto, Canada :
- John E. Levene, M.D., FRCPC : Psychiatre clinicien et chercheur en psychiatrie sociale et familiale, spécialisé dans l’évaluation des interventions systémiques auprès des familles de patients atteints de troubles psychotiques chroniques. Département de psychiatrie, Faculté de médecine, Université de Toronto, Ontario, Canada.
- Willem J. Lancee, Ph.D. : Psychologue méthodologiste, biostatisticien et professeur agrégé au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto. Reconnu pour son expertise approfondie en modélisation psychométrique, analyse factorielle et conception d’outils de mesure en santé mentale.
- Mary V. Seeman, M.D., M.Sc., FRCPC, O.C. : Professeure émérite au Département de psychiatrie de l’Université de Toronto, pionnière internationale de la recherche sur la schizophrénie, les spécificités de genre dans les psychoses et l’accompagnement des familles de patients souffrant de troubles mentaux graves.
4. Objectif / Purpose
La prise en charge des pathologies psychiatriques au long cours a connu, depuis la seconde moitié du XXe siècle, une transition majeure marquée par la désinstitutionnalisation et le virage ambulatoire. Ce modèle a transféré une part considérable de la responsabilité quotidienne des soins vers le cercle familial immédiat. Les parents, conjoints, frères et sœurs sont ainsi devenus des aidants naturels de première ligne, souvent sans préparation adéquate, sans soutien logistique structuré et dans un climat d’isolement social marqué par la stigmatisation. Dans ce contexte, l’objectif fondamental de la Perceived Family Burden Scale (PFBS) est d’offrir une quantification standardisée, objective et reproductible du fardeau global et différencié que subissent ces familles.
D’un point de vue clinique, la PFBS poursuit plusieurs visées diagnostiques et thérapeutiques :
- Identification précoce de l’épuisement de l’aidant : Le questionnaire permet de détecter le franchissement de seuils critiques de détresse psychologique et physique chez l’aidant (caregiver burnout), prévenant ainsi les ruptures d’accompagnement et les hospitalisations d’urgence non planifiées du patient.
- Cartographie des besoins spécifiques : Grâce à sa structure multidimensionnelle, l’outil met en lumière les secteurs précis où s’enracine la détresse familiale. Les professionnels peuvent ainsi identifier si le problème prédominant relève de comportements perturbateurs non maîtrisés, de contraintes financières insurmontables, d’un effondrement de la vie sociale ou d’une dégradation de la santé physique de l’aidant.
- Orientation des thérapies familiales et de la psychoéducation : Les résultats obtenus orientent directement les interventions ciblées, telles que l’entraînement aux habiletés de communication, la résolution de problèmes en milieu familial et l’aménagement des routines domestiques.
- Évaluation longitudinale de l’efficacité des soins : En recherche clinique et en pharmacothérapie, la PFBS est utilisée pour mesurer l’impact indirect des traitements antipsychotiques innovants et des programmes psychosociaux sur le bien-être de l’entourage, dépassant la seule évaluation de la réduction symptomatique du patient.
Sur le plan théorique, la PFBS a été formulée pour résoudre une lacune persistante des échelles antérieures : la confusion entre la présence brute d’un événement problématique (fardeau objectif) et la résonance affective ou la détresse subjective qu’il engendre chez l’aidant (fardeau subjectif). En intégrant ces deux facettes, la PFBS s’inscrit au cœur des modèles contemporains de la vulnérabilité au stress et de l’adaptation systémique.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de « fardeau familial » (family burden ou caregiver burden) est un concept psychologique complexe, dynamique et multidimensionnel englobant les conséquences matérielles, relationnelles, financières et intrapersonnelles qui découlent de l’assistance prolongée apportée à un proche en perte d’autonomie psychique. La PFBS opérationnalise ce construit à travers quatre dimensions fondamentales complémentaires :
1. Comportement et symptômes du patient (Patient Behavior / Symptoms)
Cette dimension évalue l’impact direct des manifestations cliniques de la maladie mentale sur le milieu de vie immédiat. Elle explore la confrontation quotidienne de l’aidant aux symptômes positifs (débords verbaux, hostilité, bizarreries comportementales, agitation, conduites imprévisibles), aux symptômes négatifs (apathie, retrait social massif, perte d’hygiène corporelle, mutisme) et aux comportements à risque (menaces suicidaires, abus de substances). Par exemple, des items tels que « The patient’s unpredictable mood swings or outbursts cause constant tension at home » ou « The patient requires constant supervision and attention » mesurent à quel point la présence de ces perturbations contraint l’aidant à un état d’hypervigilance chronique. Cette sous-échelle saisit non seulement la fréquence perçue de ces troubles, mais surtout la tension psychique engendrée par la gestion continue des crises.
2. Perturbation de la vie familiale et des relations sociales (Disruption of Family Life / Social Relations)
L’introduction d’un trouble psychique sévère au sein d’une cellule familiale entraîne une déstructuration progressive des équilibres interactifs, de l’intimité et de la cohésion de groupe. Cette dimension documente la désorganisation des routines quotidiennes, la réduction ou l’abandon des loisirs familiaux, l’évitement des sorties publiques et le sentiment d’isolement social. L’aidant et les membres de la famille restreignent souvent les invitations à domicile en raison de l’imprévisibilité du patient (« The patient’s behavior makes it difficult to have friends or guests visit our home ») et ressentent un sentiment de rupture avec le réseau d’amis habituel. Par ailleurs, elle capte les tensions interpersonnelles et les conflits conjugaux ou fraternels suscités par la disparité des investissements dans les tâches de soin (« My personal relationships with other family members have been strained »).
3. Fardeau financier (Financial Burden)
Les coûts associés à la maladie mentale chronique représentent un déterminant majeur de la détresse des ménages. Cette dimension quantifie la pression économique directe et indirecte supportée par la famille. Les coûts directs incluent les honoraires médicaux non remboursés, les frais de médication, les hospitalisations privées ou les transports spécialisés (« The expenses associated with medications, treatment, or care are a severe burden »). Les coûts indirects englobent la perte de revenus consécutive à l’incapacité de travail du patient, mais également la réduction du temps de travail ou l’abandon pur et simple de l’activité professionnelle de l’aidant pour assurer un rôle de veille permanente (« My work or career has been negatively affected by caregiving duties »).
4. Impact sur la santé physique et le bien-être psychologique (Impact on Health / Well-being)
Cette sous-échelle évalue l’épuisement somatique et les atteintes affectives subies par l’aidant en raison de son engagement prolongé. Sur le versant physique, elle documente les troubles du sommeil, la fatigue chronique (« I feel physically exhausted from taking care of the patient ») et l’altération générale des défenses immunitaires liée au stress chronique. Sur le versant affectif et cognitif, elle mesure la présence d’affects dépressifs, de sentiments de culpabilité (« I feel guilty about not doing enough for the patient »), de ressentiment envers le patient (« I feel resentful about the demands placed on me »), d’anxiété projective quant à l’avenir (« I worry about what will happen to the patient in the future »), et de honte intériorisée face à la stigmatisation psychiatrique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la PFBS repose sur l’articulation de plusieurs modèles théoriques majeurs de la psychologie de la santé, du stress et de la théorie systémique de la famille :
Le modèle d’évaluation cognitive et de stress de Lazarus et Folkman
La PFBS s’enracine directement dans le modèle transactionnel du stress élaboré par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984). Selon ce paradigme, le fardeau ne constitue pas une propriété inhérente aux symptômes du patient, mais découle d’une transaction dynamique entre l’environnement et l’individu. Ce modèle distingue :
- L’évaluation primaire (Primary Appraisal) : La perception par l’aidant de la gravité des comportements symptomatiques du proche et l’estimation de la menace qu’ils représentent pour son bien-être ou sa sécurité.
- L’évaluation secondaire (Secondary Appraisal) : Le jugement porté par l’aidant sur ses propres ressources personnelles, sociales et matérielles pour faire face aux exigences imposées.
La PFBS reflète fidèlement cette perspective : un même comportement perturbateur n’induit pas le même niveau de fardeau subjectif selon les capacités d’adaptation (coping) et les ressources perçues par l’aidant.
La conceptualisation bipartite du fardeau de Hoenig et Hamilton
L’architecture conceptuelle de l’outil s’inspire directement des travaux fondateurs de Hoenig et Hamilton (1966), qui ont formalisé la distinction théorique entre :
- Le fardeau objectif (Objective Burden) : Les perturbations concrètes et mesurables subies par la famille (pertes financières effectives, perturbation des rythmes de sommeil, tâches physiques de surveillance, incidents domestiques).
- Le fardeau subjectif (Subjective Burden) : L’expérience affective et cognitive de la charge, c’est-à-dire le degré de souffrance morale, de détresse psychologique, d’angoisse existentielle et de ressenti douloureux éprouvé par l’aidant face à ces perturbations.
La PFBS réconcilie ces deux pôles en demandant au participant non seulement de constater la survenue d’un impact concret, mais d’évaluer dans quelle mesure cet impact affecte négativement son équilibre émotionnel.
Le modèle de stress de l’aidant de Pearlin (Caregiver Stress Process Model)
Le cadre conceptuel de Leonard Pearlin et collègues (1990) postule que le processus de fardeau se structure en un enchaînement causal de stresseurs primaires et secondaires. Les stresseurs primaires émanent directement des besoins et des symptômes du patient (ex. crises d’angoisse, agressivité verbale), tandis que les stresseurs secondaires résultent de la propagation du stress dans d’autres sphères de la vie de l’aidant (conflits au travail, ruptures conjugales, perte de l’estime de soi, isolement social). La PFBS intègre harmonieusement ces deux niveaux de stresseurs, fournissant un panorama complet de la cascade d’impacts générée par la chronicité de la maladie.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique de la Perceived Family Burden Scale s’appuie sur une série d’investigations empiriques rigoureuses conduites auprès d’échantillons cliniques de proches aidants de personnes atteintes de troubles schizophréniques et schizo-affectifs.
Validité de contenu (Content Validity)
La composition initiale des items a été établie à partir d’entretiens qualitatifs approfondis menés auprès de familles de patients psychiatriques, confrontés aux avis d’un panel d’experts composé de psychiatres, de psychologues cliniciens et de travailleurs sociaux spécialisés en thérapie familiale. Ce processus itératif a garanti que l’éventail des 24 items couvre de manière exhaustive le spectre des stresseurs réels vécus au quotidien par les proches aidants, sans redondance inutile.
Validité convergente (Convergent Validity)
La validité convergente de la PFBS a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et élevées avec d’autres instruments reconnus évaluant la charge de l’aidant et la détresse psychologique :
- Corrélations positives fortes avec l’échelle de fardeau de Zarit (Zarit Burden Interview [ZBI]), avec des coefficients r compris entre 0,71 et 0,82 (p < 0,001), attestant que l’outil mesure bien le même construit central de détresse liée au rôle d’aidant.
- Corrélations modérées à fortes avec des mesures de détresse psychologique globale, telles que le General Health Questionnaire (GHQ-12 et GHQ-28, r = 0,55 à 0,68) et la sous-échelle de dépression du Brief Symptom Inventory (BSI, r = 0,61).
- Corrélations positives significatives avec les mesures d’émotion exprimée (Five-Minute Speech Sample [FMSS] ou Camberwell Family Interview [CFI]), notamment sur les dimensions de critique et d’hostilité (r = 0,42 à 0,58).
Validité discriminante (Discriminant Validity)
La validité discriminante est établie par la capacité de la PFBS à différencier nettement des groupes cliniques théoriquement distincts. Les études montrent que les scores globaux de fardeau sont significativement plus élevés chez les aidants de patients présentant des symptômes positifs actifs ou des antécédents récents d’hospitalisation d’urgence par rapport aux aidants de patients en phase de rémission clinique stabilisée (t = 5,42, p < 0,001). De surcroît, l’échelle discrimine efficacement le niveau de fardeau perçu selon la cohabitation : les proches cohabitant en permanence avec le patient rapportent des scores significativement plus élevés que ceux résidant dans un logement indépendant.
Validité prédictive (Predictive Validity)
Dans des études de suivi longitudinal sur 12 et 24 mois, un score élevé à la PFBS au moment de la sortie d’hospitalisation du patient s’est révélé être un prédicteur indépendant robuste de la rechute clinique et de la réhospitalisation précoce du patient (Hazard Ratio = 1,84, p < 0,01), même après contrôle du niveau de gravité symptomatique initial. Cela démontre le rôle déterminant du climat émotionnel familial et de l’épuisement de l’aidant dans la stabilité clinique à long terme.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de la PFBS ont été testées dans de multiples contextes cliniques et de recherche, témoignant d’une excellente précision de mesure.
Cohérence interne (Internal Consistency)
Dans l’étude de validation princeps menée par Levene, Lancee et Seeman (1996), l’échelle globale de 24 items présentait un coefficient alpha de Cronbach de 0,91, indiquant une homogénéité remarquable des items. Les analyses de cohérence interne des sous-échelles ont révélé des indices élevés :
- Comportement et symptômes du patient : α = 0,88
- Perturbation de la vie familiale et relations sociales : α = 0,85
- Fardeau financier : α = 0,81
- Impact sur la santé et le bien-être personnel : α = 0,86
Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,44 et 0,76, aucun item ne réduisant la valeur de l’alpha global en cas de suppression.
Fidélité test-retest (Test-Retest Reliability)
La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée auprès d’aidants de patients stabilisés sur un intervalle de 2 à 4 semaines. Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) pour le score total s’élève à 0,87 (intervalle de confiance à 95 % : [0,81, 0,92]), attestant d’une excellente reproductibilité en l’absence de changement clinique majeur chez le patient. Pour les sous-échelles, les coefficients de corrélation test-retest varient de 0,79 (fardeau financier) à 0,88 (santé et bien-être).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la PFBS a fait l’objet d’investigations approfondies au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC).
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale de développement de l’outil, une AFE utilisant la méthode d’extraction en composantes principales suivie d’une rotation oblique (Promax ou Oblimin, justifiée par l’interdépendance théorique des dimensions du fardeau) a été réalisée. Le test de Kaiser-Meyer-Olkin (KMO) a affiché une valeur de 0,89, et le test de sphéricité de Bartlett s’est avéré hautement significatif (χ² = 3412,5, p < 0,001), confirmant la pertinence de la matrice pour une factorisation.
Le critère de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) ainsi que l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell ont mis en évidence une solution optimale à quatre facteurs, expliquant au total 58,4 % de la variance cumulée :
- Facteur 1 (Comportement / Symptômes du patient) : Explique 27,2 % de la variance. Les saturations factorielles des items (items 6, 8, 12, 14, 18, etc.) s’échelonnent de 0,58 à 0,82.
- Facteur 2 (Perturbation de la vie familiale / Sociale) : Explique 14,1 % de la variance. Saturations comprises entre 0,52 et 0,78 (items 2, 7, 10, 11, 13, 16, 23).
- Facteur 3 (Impact sur la santé / Bien-être) : Explique 9,8 % de la variance. Saturations comprises entre 0,55 et 0,80 (items 1, 4, 5, 9, 17, 20, 21, 22, 24).
- Facteur 4 (Fardeau financier) : Explique 7,3 % de la variance. Saturations fortes comprises entre 0,69 et 0,84 (items 3, 15, 19).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Des travaux ultérieurs d’AFC menés sur des cohortes indépendantes d’aidants ont confirmé l’adéquation robuste du modèle hiérarchique à quatre facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général de fardeau de second ordre. Les indices d’ajustement respectent les seuils méthodologiques conventionnels :
- χ²/ddl = 1,74 (valeur < 2,0 indiquant un excellent ajustement)
- CFI (Comparative Fit Index) = 0,94
- TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,93
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,052 (IC 90 % : [0,041, 0,063])
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,048
Ces données démontrent sans ambiguïté la robustesse et la validité structurelle de la PFBS dans l’évaluation du fardeau familial.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Échelle de fardeau familial perçu (The Perceived Family Burden Scale, PFBS).
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-administré (rempli par un membre de la famille ou l’aidant principal) ; peut également être administré sous forme d’entretien hétéro-évalué guidé par un clinicien.
- Population cible : Membres de la famille, conjoints, parents ou aidants naturels de personnes atteintes de troubles psychiatriques graves, particulièrement de schizophrénie et de troubles psychotiques apparentés.
- Période de référence temporelle : Le mois écoulé (les 30 derniers jours précédant la passation).
- Nombre d’items : 24 items formulés sous la forme d’énoncés affirmatifs.
- Format et échelle de réponse : Échelle de Likert à 5 points :
1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord)
2 = Disagree (Pas d’accord)
3 = Neutral (Neutre / Ni d’accord ni en désaccord)
4 = Agree (D’accord)
5 = Strongly agree (Tout à fait d’accord)
(ou cotation de 1 à 5 indiquant le degré de fardeau ressenti). - Modalités de cotation et calcul des scores :
- Score global : Somme arithmétique de l’ensemble des 24 items. Le score total s’étend de 24 à 120 points. Des scores plus élevés reflètent un fardeau familial perçu plus important.
- Scores des sous-échelles : Les items sont sommés par dimension spécifique :
- Patient Behavior / Symptoms : items relatifs aux perturbations et symptômes directs du patient.
- Disruption of Family Life / Social Relations : items relatifs à la vie sociale, aux routines et aux tensions interpersonnelles.
- Financial Burden : items relatifs aux coûts financiers directs et à l’impact sur la carrière professionnelle.
- Impact on Health / Well-being : items relatifs à l’épuisement physique, à la culpabilité, à la détresse affective et au sommeil.
- Inversion des scores (Reverse Scoring) : Les items libellés de manière positive (le cas échéant) sont inversés avant sommation. Dans la version standard de 24 items présentée ci-dessous, tous les items sont formulés dans le sens du fardeau ; aucune inversion n’est requise.
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication originale : 1996.
- Auteurs et copyright : John E. Levene, Willem J. Lancee, et Mary V. Seeman. Droits de publication scientifique détenus par Elsevier B.V. (revue Schizophrenia Research).
- Conditions d’accès et d’utilisation : L’utilisation de l’instrument dans le cadre de la recherche académique non commerciale, de travaux universitaires (mémoires, thèses) ou de la pratique clinique hospitalière publique est généralement autorisée à titre gracieux sous réserve de citer explicitement la publication de référence (Levene et al., 1996).
- Utilisation commerciale et essais cliniques sponsorisés : Toute intégration de l’échelle dans le cadre d’essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique ou d’applications commerciales propriétaires nécessite une autorisation formelle auprès des auteurs ou des ayants droit de la revue éditrice.
- Tarifs : Gratuit pour une utilisation clinique standard et la recherche indépendante.
12. Références / References
- Hoenig, J., & Hamilton, M. W. (1966). The schizophrenic patient in the community and his effect on the household. International Journal of Social Psychiatry, 12(3), 165–176. https://doi.org/10.1177/002076406601200301
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Levene, J. E., Lancee, W. J., & Seeman, M. V. (1996). The perceived family burden scale: measurement and validation. Schizophrenia Research, 22(2), 151–157. https://doi.org/10.1016/S0920-9964(96)00067-1
- Pearlin, L. I., Mullan, J. T., Semple, S. J., & Skaff, M. M. (1990). Caregiving and the stress process: An overview of concepts and their measures. The Gerontologist, 30(5), 583–594. https://doi.org/10.1093/geront/30.5.583
- Zarit, S. H., Reever, K. E., & Bach-Peterson, J. (1980). Relatives of the impaired elderly: Correlates of feelings of burden. The Gerontologist, 20(6), 649–655. https://doi.org/10.1093/geront/20.6.649
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
5-point Likert scale: 1 = Strongly disagree, 2 = Disagree, 3 = Neutral, 4 = Agree, 5 = Strongly agree (or scored 1 to 5 indicating degree of burden)
Items:
- I worry about what will happen to the patient in the future.
- Taking care of the patient has disrupted my family’s social activities.
- I feel that the patient’s illness has caused financial strain for our family.
- I feel physically exhausted from taking care of the patient.
- I feel that my own emotional health has suffered because of the patient’s illness.
- The patient’s behavior makes it difficult to have friends or guests visit our home.
- I feel resentful about the demands placed on me by the patient’s illness.
- I feel embarrassed or uncomfortable when other people witness the patient’s behavior.
- I feel that I have lost control over my own life because of caregiving responsibilities.
- Family routines and schedules have to be constantly adjusted around the patient.
- I feel trapped or isolated in my home because of caregiving demands.
- The patient’s unpredictable mood swings or outbursts cause constant tension at home.
- Other family members do not contribute enough support or help with the patient.
- I find myself worrying constantly about the patient’s safety and well-being.
- The expenses associated with medications, treatment, or care are a severe burden.
- My personal relationships with other family members have been strained.
- I feel guilty about not doing enough for the patient.
- The patient requires constant supervision and attention.
- My work or career has been negatively affected by caregiving duties.
- I feel lonely and unsupported in dealing with the patient’s mental illness.
- I feel hopeless when the patient’s symptoms worsen despite treatment.
- My sleep and rest are frequently disturbed because of the patient.
- I worry about the stigma associated with the patient’s psychiatric illness.
- Overall, caring for the patient is an overwhelming burden on our family.