Échelle de dogmatisme (Forme E)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle de dogmatisme (Forme E) de Milton Rokeach : cadre théorique des systèmes ouverts et fermés, validité, fidélité et passation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de dogmatisme (Forme E), communément désignée sous le nom de D-Scale (Rokeach, 1960), représente l’un des instruments psychométriques les plus influents dans l’étude des systèmes de croyances, de la rigidité cognitive et de l’autoritarisme généralisé. Conçue par le psychologue social Milton Rokeach pour pallier les limites conceptuelles et méthodologiques de l’échelle F d’Adorno et ses collaborateurs (1950) — laquelle mesurait principalement un autoritarisme orienté vers la droite politique —, l’échelle de dogmatisme évalue la structure cognitive plutôt que le contenu idéologique spécifique des convictions individuelles. L’instrument vise à mesurer le degré d’ouverture ou de fermeture de l’esprit (open and closed mind).

Dans sa version définitive (Formulaire E), le questionnaire comprend quarante énoncés d’opinion rédigés de manière à refléter des attitudes dogmatiques, couvrant des dimensions cognitives réparties entre l’organisation des croyances et des incroyances (belief-disbelief dimension) et les niveaux structurels centraux-périphériques (central-peripheral dimension). Les répondants expriment leur accord ou désaccord sur une échelle graduée en six points (de -3 à +3), ensuite convertie en une métrique de 1 à 7 par l’adjonction d’une constante de 4, produisant un score global variant de 40 à 280. Les indices de fidélité par bissection corrigés par la formule de Spearman-Brown oscillent généralement entre 0,68 et 0,85 selon les cohortes universitaires et industrielles, avec une fidélité test-retest atteignant 0,71 à cinq mois et 0,84 à un mois. Les épreuves de validité de construit, établies notamment par la méthode des groupes contrastés et des corrélations différentielles avec des tâches de résolution de problèmes conceptuels, attestent de la capacité de l’outil à capter l’intolérance cognitive, la dépendance envers l’autorité et la résistance à l’intégration de nouvelles informations.

2. Mots-clés / Keywords

dogmatisme, Milton Rokeach, échelle D, esprit ouvert et fermé, systèmes de croyances, autoritarisme, rigidité cognitive, intolérance à l’ambiguïté, psychométrie, évaluation de la personnalité, attitudes politiques, échelle de dogmatisme Forme E.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, développée et validée par Milton Rokeach (1918–1988), figure majeure de la psychologie sociale et de l’étude des valeurs humaines. Au moment de la création et de la publication princeps de l’instrument en 1960 dans son ouvrage de référence The Open and Closed Mind, Rokeach occupait les fonctions de professeur de psychologie à la Michigan State University (East Lansing, Michigan, États-Unis). Il poursuivit ultérieurement ses travaux à la Washington State University, consolidant ses apports théoriques sur la nature des valeurs humaines et des systèmes cognitifs.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de dogmatisme (Formulaire E) est de mesurer les différences individuelles dans l’organisation cognitive des systèmes de croyances, spécifiquement le continuum entre esprit ouvert (open mind) et esprit fermé (closed mind). Lors de son élaboration dans les années 1950, la recherche en psychologie sociale était dominée par les travaux sur la personnalité autoritaire. Néanmoins, l’instrument prédominant de l’époque, l’échelle F (F-Scale), souffrait d’un biais théorique majeur : elle évaluait l’autoritarisme presque exclusivement à travers le prisme de l’idéologie fasciste ou d’extrême droite. Rokeach a postulé que l’intolérance, la dévotion aveugle à une autorité et l’incapacité à envisager des perspectives alternatives ne sont pas l’apanage d’une idéologie politique particulière, mais représentent des manifestations d’une organisation structurelle sous-jacente de la pensée.

L’outil a donc été développé pour quantifier l’autoritarisme généralisé et l’intolérance sans égard au contenu doctrinal spécifique (qu’il soit d’extrême gauche, d’extrême droite, religieux, athée, scientifique ou philosophique). La visée est d’évaluer la manière dont un individu traite, intègre et défend ses croyances face à la contradiction empirique ou sociale. Sur le plan de la recherche, l’échelle est mobilisée pour analyser les processus de prise de décision, les comportements de conformisme, la réception de messages persuasifs et la résolution de tâches cognitives complexes nécessitant la restructuration d’un ensemble de postulats préexistants (comme le célèbre problème du « Doodlebug »).

Sur le plan organisationnel et éducatif, l’échelle a trouvé des applications directes dans l’étude des styles de leadership, de la gestion des conflits, de l’encadrement pédagogique et de la disposition des professionnels de l’enseignement à encourager la pensée critique (Spivey, 1975 ; McColskey et al., 1985). Bien que non destinée au diagnostic psychiatrique formel, l’échelle a été employée en psychologie clinique et de la santé pour étudier les liens entre rigidité cognitive, anxiété existentielle, lieu de contrôle (locus of control) et mécanismes de défense du Moi face aux menaces internes ou environnementales.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de dogmatisme selon Rokeach repose sur une théorisation tri-dimensionnelle sophistiquée des systèmes de croyances et d’incroyances. Contrairement à une vision unitaire simpliste, l’esprit dogmatique se caractérise par des propriétés structurales précises réparties entre la dimension croyance-incroyance et la dimension central-périphérique.

1. La dimension croyance-incroyance (Belief-Disbelief Dimension)

Cette dimension (couverte par les items 1 à 4) concerne la structure d’acceptation et de rejet des idées. Elle se subdivise en :

  • Isolation entre les systèmes : Accentuation délibérée des divergences entre ce que l’individu accepte et ce qu’il rejette, conduisant à une vision polarisée où les points communs sont niés (Item 1).
  • Coexistence de contradictions internes : Capacité à tolérer des antinomies logiques au sein même du système de croyance pourvu qu’elles servent la défense de l’autorité ou du dogme (Items 2 et 3).
  • Différenciation de la connaissance : Tendance cognitive à posséder une connaissance approfondie de son propre système tout en maintenant une ignorance sélective ou une compréhension déformée des systèmes rivaux (Item 4).

2. La dimension central-périphérique (Central-Peripheral Dimension)

Représentant l’armature principale de la Forme E (items 5 à 40), cette dimension s’articule autour de trois strates interconnectées :

  • Contenu spécifique des croyances primitives : Croyances fondamentales non fondées sur l’autorité extérieure mais acquises précocement, traitant de la solitude, de l’isolement et de l’impuissance de l’être humain (items 5, 6, 7 et 8), de l’incertitude terrifiante de l’avenir et de l’urgence temporelle (items 9, 10, 11, 12 et 13), ainsi que de l’inadéquation de soi et des mécanismes d’auto-agrandissement compensatoire (items 14, 15, 16 et 17).
  • Contenu formel de la région intermédiaire : Croyances portant sur la nature de l’autorité et des institutions. Cette strate englobe la soumission autoritaire (items 18 et 19), la sacralisation de la « cause » idéologique justifiant le sacrifice personnel (items 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 26), et l’intolérance agressive envers les déviants, les renégats et les dissidents (items 27, 28, 29, 30, 31, 32 et 33).
  • Interrelations entre croyances primitives, intermédiaires et périphériques : Manifestations comportementales et cognitives de cette architecture, incluant l’alignement aveugle sur la ligne du parti (party-line change ; items 34 et 35), le rétrécissement perceptif (narrowing ; item 36), l’orientation exclusive vers un futur idéalisé au détriment du présent (item 37), et la certitude prétentieuse de connaître la trajectoire inéluctable de l’histoire (items 38, 39 et 40).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre conceptuel élaboré par Milton Rokeach s’inscrit au carrefour de la psychologie de la Gestalt, des théories lewiniennes du champ psychologique (Kurt Lewin), et de la psychanalyse freudienne relative aux mécanismes de défense du Moi. Rokeach conceptualise l’organisation cognitive non comme une simple liste d’attitudes isolées, mais comme un système totalitaire ou ouvert de représentations, structuré par la dynamique d’affrontement entre la menace perçue et la quête de compréhension rationnelle.

Au cœur du modèle se trouve la distinction entre le contenu et la structure. Si le contenu renvoie à ce qu’un individu croit (le programme politique, les dogmes théologiques, les théories scientifiques), la structure caractérise les relations fonctionnelles entre les composantes du système. Un esprit fermé est défini comme un système d’organisation cognitive où : (a) la perméabilité entre les sous-systèmes de croyance et d’incroyance est faible (cloisonnement hermétique), (b) la perception de l’autorité est absolue et non critique, et (c) la perspective temporelle est déformée, tournée vers un futur utopique qui justifie les compromissions du présent.

Rokeach postulait que le dogmatisme sert fondamentalement d’armure cognitive contre l’anxiété existentielle. Face à un monde perçu comme fondamentalement hostile, imprévisible et menaçant, l’individu dogmatique neutralise son angoisse en transférant son autonomie intellectuelle à une autorité perçue comme omnisciente et infaillible. Dès lors, toute information venant contredire le corpus doctrinal n’est pas évaluée sur la base de sa validité intrinsèque, mais rejetée en raison de son incompatibilité avec l’orthodoxie prescrite par l’autorité. Ce modèle théorique anticipe de nombreuses formulations ultérieures sur la théorie de la dissonance cognitive de Festinger et sur le concept de fermeture cognitive (need for cognitive closure) d’Arie Kruglanski.

7. Validité / Validity

La validation empirique de l’Échelle de dogmatisme s’est appuyée sur une série rigoureuse de démarches psychométriques, incluant la technique des groupes connus (known-groups method), des corrélations de convergence et des critères de performance cognitive.

Validité de construit et méthode des groupes contrastés

Dans ses études initiales de validation, Rokeach a employé des panels contrastés pour vérifier si l’échelle différenciait des sujets préalablement identifiés comme très ouverts ou très fermés d’esprit. Lors d’une première tentative, des professeurs d’université ont sélectionné des étudiants de deuxième et troisième cycle considérés comme extrêmes sur ce trait ; cette première expérience n’a pas produit de différences statistiquement significatives, les professeurs s’étant appuyés sur des critères d’intelligence académique plutôt que sur l’ouverture cognitive. En revanche, dans une seconde expérience où des étudiants gradués en psychologie ont évalué leurs pairs de manière anonyme et indépendante en fonction de comportements observables d’ouverture ou d’intolérance intellectuelle, des écarts hautement significatifs ont été constatés (p < 0,01), confirmant la validité de construit de la Forme E.

Validité convergente, discriminante et critérielle

L’échelle a démontré une convergence modérée à forte avec les échelles d’autoritarisme (échelle F) et d’ethnocentrisme (échelle E de Berkeley), avec des coefficients de corrélation oscillant habituellement entre 0,50 et 0,70. Cependant, conformément aux prédictions de Rokeach, la Forme E s’est montrée capable d’identifier des formes de rigidité cognitive chez des participants adhérant à des idéologies progressistes ou de gauche, public auprès duquel l’échelle F échouait systématiquement en raison de ses items connotés à l’extrême droite.

Sur le plan de la validité critérielle, les performances à des épreuves de résolution de problèmes requérant la désintégration de règles apprises (notamment le protocole expérimental du « Doodlebug Problem » développé par Rokeach) ont révélé que les participants présentant des scores élevés à l’échelle D mettaient significativement plus de temps à surmonter les postulats erronés et à réorganiser leur champ perceptif que les participants à faible score. Par la suite, de multiples études ont documenté la validité prédictive de l’échelle à l’égard de la résistance au changement dans les organisations, du dogmatisme enseignant et des attitudes envers l’innovation (Ward et al., 1978 ; McColskey et al., 1985).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle de dogmatisme a fait l’objet d’évaluations exhaustives lors des cinq vagues d’itérations du test (Formulaires A, B, C, D et E), sur une population diversifiée comprenant des étudiants américains et britanniques, des ouvriers de l’automobile et des vétérans en situation de précarité.

Cohérence interne

Les premières versions présentaient des coefficients corrigés par la formule d’atténuation de Spearman-Brown de 0,70 pour la Forme A (57 items) et 0,75 pour la Forme B (43 items). Face aux faiblesses constatées dans la Forme C (36 items), Rokeach introduisit 30 items additionnels dans la Forme D (66 items), atteignant une fidélité corrigée de 0,91. Afin d’optimiser l’efficacité métrique et de supprimer la redondance, 26 items furent éliminés par analyse d’items, aboutissant à la version standardisée : la Forme E (40 items).

Pour la Forme E, les coefficients de fidélité par la méthode de bissection (pair-impair, corrigés par Spearman-Brown) se déclinent comme suit à travers différents échantillons :

  • Échantillons d’étudiants universitaires américains (Michigan State, Ohio State, Purdue, NYU, Brooklyn College ; N global > 1 100) : coefficients variant de 0,68 à 0,85.
  • Échantillon d’étudiants universitaires britanniques (University College de Londres et autres ; N = 217) : coefficient corrigé de 0,81.
  • Échantillon d’ouvriers de l’industrie automobile en Grande-Bretagne (N = 60) : coefficient corrigé de 0,78.
  • À travers l’ensemble des études menées par Rokeach et les chercheurs indépendants ultérieurs, les estimations de la fidélité globale se situent régulièrement dans une fourchette de 0,68 à 0,93.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest atteste de la stabilité du trait de personnalité mesuré. Pour un groupe de 58 étudiants de l’Ohio State University réévalués après un intervalle substantiel de cinq à six mois, le coefficient de corrélation test-retest s’est élevé à 0,71. Sur une période plus courte d’un mois auprès d’un échantillon de 17 vétérans démunis à New York, le coefficient test-retest a atteint 0,84, confirmant que l’échelle D capture une structure cognitive stable dans le temps plutôt qu’un état émotionnel transitoire.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que Milton Rokeach ait conceptualisé le dogmatisme comme une dimension globale et intégrée devant être analysée à travers un score total composite, la structure factorielle sous-jacente des 40 items de la Forme E a suscité un débat scientifique intense au cours des décennies suivantes.

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées par des psychométriciens indépendants (notamment Troldahl & Powell, 1965 ; Kerlinger & Rokeach, 1966 ; Vacchiano, Strauss, & Schiffman, 1969) ont mis en lumière la nature multidimensionnelle de l’instrument. Si l’extraction d’un facteur général d’autoritarisme ou d’intolérance cognitive est fréquemment observée — justifiant en pratique le calcul du score total —, les analyses en composantes principales suivies de rotations varimax isolent de manière récurrente entre quatre et sept facteurs distincts :

  • Facteur 1 : Aliénation et impuissance existentielle (items 5, 6, 7, 8, saturations typiques entre 0,45 et 0,68), reflétant la vision d’un monde hostile et le sentiment de solitude fondamentale.
  • Facteur 2 : Croyance absolue en une cause unique (items 20, 21, 22, 24, saturations entre 0,50 et 0,72), traduisant le fanatisme idéologique et la conviction qu’une seule philosophie détient la vérité.
  • Facteur 3 : Intolérance envers les déviants et renégats (items 27, 28, 29, 31, saturations entre 0,40 et 0,65), capturant l’agressivité dirigée contre ceux qui contestent la doctrine du groupe.
  • Facteur 4 : Déférence autoritaire et recours aux experts (items 34, 35, saturations modérées entre 0,48 et 0,60), marquant la dépendance intellectuelle aux figures d’autorité légitimes.
  • Facteur 5 : Égocentrisme compensatoire et grandiosité (items 14, 15, 16, 17), caractérisé par l’aspiration secrète à la grandeur en réaction aux sentiments d’insuffisance.
  • Facteur 6 : Rétrécissement perceptif et rigidité temporelle (items 36, 37, 38), décrivant le rejet du compromis et la polarisation du temps vers un futur chimérique.

Ces études factorielles ont conduit certains auteurs (comme Troldahl et Powell en 1965) à proposer des versions abrégées à 20 items (Short Dogmatism Scale). Toutefois, les résultats ont généralement montré que la Forme E intégrale de 40 items conserve une sensibilité supérieure pour appréhender la complexité structurale théorisée par Rokeach.

10. Instrument de mesure / Instrument

La passation de l’Échelle de dogmatisme (Forme E) s’effectue au moyen d’un questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou environnement numérique.

  • Type de passation : Auto-évaluation individuelle ou collective (administrable en groupe ou en laboratoire).
  • Durée approximative : 10 à 15 minutes.
  • Nombre total d’items : 40 énoncés formulés dans le sens de la fermeture d’esprit (tous orientés positivement vers le construit du dogmatisme pour éviter l’ambiguïté grammaticale, bien que cela ait suscité des discussions sur les biais d’acquiescement).
  • Format des réponses : Échelle bipolaire de Likert en 6 points sans point neutre, graduée de -3 à +3 :
    • -3 : Je suis en très fort désaccord (I disagree very much)
    • -2 : Je suis en désaccord dans l’ensemble (I disagree on the whole)
    • -1 : Je suis un peu en désaccord (I disagree a little)
    • +1 : Je suis un peu d’accord (I agree a little)
    • +2 : Je suis d’accord dans l’ensemble (I agree on the whole)
    • +3 : Je suis très fortement d’accord (I agree very much)
  • Procédure de cotation (Scoring) :

    Afin d’éliminer les valeurs négatives et de faciliter le traitement statistique, une constante de 4 est ajoutée à chaque réponse. La conversion s’établit comme suit :

    • -3 devient 1
    • -2 devient 2
    • -1 devient 3
    • +1 devient 5
    • +2 devient 6
    • +3 devient 7

    Note : Le chiffre 4 représente le point médian théorique neutre (non accessible directement aux répondants lors du test). Le score total correspond à la somme des 40 items recodés.

  • Étendue des scores : Le score minimum possible est de 40 (dogmatisme minimal / esprit extrêmement ouvert) et le score maximum est de 280 (dogmatisme extrême / esprit totalement fermé). Un score élevé signale une forte perméabilité à l’autorité dogmatique, un cloisonnement des croyances et une intolérance aux divergences de points de vue.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1960 (au sein de l’ouvrage The Open and Closed Mind, Basic Books).
  • Auteur / Détenteur des droits : Milton Rokeach / Succession Rokeach.
  • Statut des droits et conditions d’utilisation : Les items de l’Échelle de dogmatisme (Forme E) font partie du domaine académique public à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement universitaire et d’études non commerciales. L’utilisation dans le cadre de thèses de doctorat, mémoires de recherche ou protocoles d’expérimentation scientifique ne requiert aucune redevance financière, sous réserve d’une citation bibliographique appropriée de l’ouvrage original de Rokeach (1960). Toute utilisation commerciale, intégration dans un produit d’évaluation payant ou diffusion à grande échelle dans des programmes de conseil en entreprise nécessite l’accord explicite des ayants droit ou de l’éditeur Basic Books.
  • Coût : Libre d’accès pour la communauté scientifique (gratuit pour usage académique).

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les références académiques fondamentales relatives à la conception, aux propriétés psychométriques et aux applications de l’Échelle de dogmatisme :

  • Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The authoritarian personality. Harper & Row.
  • Esposito, J. (1974). Supervisor personality and task performance. Journal of Experimental Education, 42(4), 17–20. https://doi.org/10.1080/00220973.1974.11011484
  • Kerlinger, F., & Rokeach, M. (1966). The factorial nature of the F and D scales. Journal of Personality and Social Psychology, 4(4), 391–399. https://doi.org/10.1037/h0023797
  • Kleiber, D., Veldman, D. J., & Menaker, S. L. (1973). The multi-dimensionality of locus of control. Journal of Clinical Psychology, 29(4), 411–416. https://doi.org/10.1002/1097-4679(197310)29:4<411::AID-JCLP2270290404>3.0.CO;2-U
  • McColskey, W., Alcorn, M., & Greene, J. (1985). Predictors of principals’ reliance on formal and informal sources of information. Educational Evaluation and Policy Analysis, 7(4), 427–436. https://doi.org/10.3102/01623737007004427
  • Rokeach, M. (1960). The open and closed mind: Investigations into the nature of belief systems and personality systems. Basic Books.
  • Spivey, J. R. (1975). Dogmatism and the secondary social studies teachers’ perspective. Illinois School Research, 11(3), 26–31.
  • Troldahl, V. C., & Powell, F. A. (1965). A short-form dogmatism scale for use in field studies. Social Forces, 44(2), 211–214. https://doi.org/10.2307/2575647
  • Vacchiano, R. B., Strauss, P. S., & Schiffman, D. C. (1969). Personality correlates of dogmatism: A review of the literature. Psychological Bulletin, 71(4), 261–273. https://doi.org/10.1037/h0027103
  • Ward, G. R., Cunningham, C. H., & Shannon, D. (1978). Personality profiles and dogmatism in undergraduate teacher education students. Psychology in the Schools, 15(1), 33–36. https://doi.org/10.1002/1520-6807(197801)15:1<33::AID-PITS2310150107>3.0.CO;2-X

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring: I agree a little = 1; I agree on the whole = 2; I agree very much = 3; I disagree a little = −1; I disagree on the whole = −2; and I disagree very much = −3. For scoring purposes, 4 is added to each item score, thus creating a 1–7 scale.
1

The United States and Russia have just about nothing in common.
2

The highest form of government is a democracy and the highest form of democracy is run by those who are most intelligent.
3

Even though freedom of speech for all groups is a worthwhile goal, it is unfortunately necessary to restrict the freedom of certain political groups.
4

It is only natural that a person would have a much better acquaintance with ideas he believes in than with ideas he opposes.
5

Man on his own is a helpless and miserable creature.
6

Fundamentally, the world we live in is a pretty lonesome place.
7

Most people just don’t give a “damn” for others.
8

I’d like it if I could find someone who would tell me how to solve my personal problems.
9

It is only natural for a person to be rather fearful of the future.
10

There is so much to be done and so little time to do it in.
11

Once I get wound up in a heated discussion I just can’t stop.
12

In a discussion I often find it necessary to repeat myself several times to make sure I am being understood.
13

In a heated discussion I generally become so absorbed in what I am going to say that I forget to listen to what the others are saying.
14

It is better to be a dead hero than to be a live coward.
15

While I don’t like to admit this even to myself, my secret ambition is to become a great man, like Einstein, or Beethoven, or Shakespeare.
16

The main thing in life is for a person to want to do something important.
17

If given the chance I would do something of great benefit to the world.
18

In the history of mankind there have probably been just a handful of really great thinkers.
19

There are a number of people I have come to hate because of the things they stand for.
20

A man who does not believe in some great cause has not really lived.
21

It is only when a person devotes himself to an idea or cause that life becomes meaningful.
22

Of all the different philosophies which exist in this world there is probably only one which is correct.
23

A person who gets enthusiastic about too many causes is likely to be a pretty “wishy-washy” sort of person.
24

To compromise with our political opponents is dangerous because it usually leads to the betrayal of our own side.
25

When it comes to differences of opinion in religion we must be careful not to compromise with those who believe differently from the way we do.
26

In times like these, a person must be pretty selfish if he considers primarily his own happiness.
27

The worst crime a person could commit is to attack publicly the people who believe in the same thing he does.
28

In times like these it is often necessary to be more on guard against ideas put out by people or groups in one’s own camp than by those in the opposing camp.
29

A group which tolerates too much differences of opinion among its own members cannot exist for long.
30

There are two kinds of people in this world: those who are for the truth and those who are against the truth.
31

My blood boils whenever a person stubbornly refuses to admit he’s wrong.
32

A person who thinks primarily of his own happiness is beneath contempt.
33

Most of the ideas which get printed nowadays aren’t worth the paper they are printed on.
34

In this complicated world of ours the only way we can know what’s going on is to rely on leaders or experts who can be trusted.
35

It is often desirable to reserve judgment about what’s going on until one has had a chance to hear the opinions of those one respects.
36

In the long run the best way to live is to pick friends and associates whose tastes and beliefs are the same as one’s own.
37

The present is all too often full of unhappiness. It is only the future that counts.
38

If a man is to accomplish his mission in life, it is sometimes necessary to gamble “all or nothing at all.”
39

Unfortunately, a good many people with whom I have discussed important social and moral problems don’t really understand what’s going on.
40

Most people just don’t know what’s good for them.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle de dogmatisme (Forme E). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dogmatisme-forme-e
Looti, Mohammed. “Échelle de dogmatisme (Forme E).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dogmatisme-forme-e.
Looti, Mohammed. “Échelle de dogmatisme (Forme E).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dogmatisme-forme-e.