Échelle de distorsion idéaliste

L’Échelle de distorsion idéaliste (ENRICH-IDS) développée par David H. Olson, David G. Fournier et Jerry M. Druckman évalue les biais d’idéalisation et de désirabilité sociale dans les relations conjugales.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de distorsion idéaliste (en anglais, Idealistic Distortion Scale ou ENRICH-IDS), développée initialement par David H. Olson, David G. Fournier et Jerry M. Druckman (1985) au sein de la batterie d’évaluation conjugale ENRICH (Enriching and Nurturing Relationship Issues, Communication, and Happiness), constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour mesurer la tendance des individus à présenter leur relation de couple sous un jour excessivement favorable, irréaliste ou socialement désirable. Composée d’une série d’énoncés évaluant l’absence supposée totale de conflits, la perfection attribuée au partenaire et l’harmonie absolue du couple, cette échelle permet d’identifier et de corriger les biais de réponse liés à la désirabilité sociale dans l’évaluation de la satisfaction relationnelle.

L’instrument emploie une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree) à 5 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree). L’ensemble standard des items comprend des affirmations formulées positivement qui traduisent une idéalisation extrême (par exemple, la prétention que le partenaire ne possède aucun défaut ou que l’entente mutuelle est absolue) ainsi que des items inversés qui reconnaissent des imperfections universelles inhérentes à la vie de couple. Sur le plan psychométrique, l’échelle présente une cohérence interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,82 et 0,88 selon les échantillons prémaritaux et maritaux, ainsi qu’une excellente fidélité test-retest (r > 0,85 sur des intervalles de quatre semaines).

Sur le plan structurel, les analyses factorielles exploratoires et confirmatoires soutiennent une dimensionnalité primaire unidimensionnelle évaluant le construit de distorsion idéaliste ou d’illusion relationnelle, bien que certaines variantes méthodologiques distinguent la composante d’idéalisation du partenaire de celle de l’idéalisation du lien conjugal. L’ENRICH-IDS joue un rôle fondamental dans la recherche en psychologie relationnelle et en thérapie de couple, agissant fréquemment comme variable de contrôle ou facteur de correction mathématique permettant de calculer des scores nets de satisfaction conjugale débarrassés des artéfacts d’auto-présentation trompeuse ou de naïveté affective.

2. Mots-clés / Keywords

Distorsion idéaliste, évaluation conjugale, échelle ENRICH, désirabilité sociale, illusion positive, satisfaction maritale, psychométrie, relation de couple, biais d’auto-présentation, fidélité test-retest, dynamique relationnelle, David H. Olson.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par des chercheurs majeurs de la thérapie systémique et de l’évaluation familiale :

  • David H. Olson, Ph.D. : Professeur émérite en sciences sociales de la famille à l’Université du Minnesota (Département des sciences sociales et de la famille). Fondateur de Life Innovations (désormais PREPARE/ENRICH). Auteur principal du modèle circomplexe des systèmes matrimoniaux et familiaux (Circumplex Model of Marital and Family Systems).
  • David G. Fournier, Ph.D. : Professeur associé et chercheur en psychologie de la famille et développement humain, Université d’État de l’Oklahoma (Oklahoma State University). Co-développeur des inventaires prémaritaux PREPARE et ENRICH.
  • Jerry M. Druckman, Ph.D. : Chercheur clinicien, consultant en méthodologie d’évaluation psychologique et thérapie de couple, co-auteur des premières standardisations psychométriques du projet ENRICH.

Pour toute correspondance relative au modèle original et aux droits contemporains de l’inventaire, le contact institutionnel est rattaché à l’organisation PREPARE/ENRICH (Roseville, Minnesota, États-Unis ; courriel : [email protected]).

4. Objectif / Purpose

Fondement et finalité diagnostique

L’objectif principal de l’Échelle de distorsion idéaliste est de quantifier précisément l’ampleur avec laquelle un individu perçoit ou déclare son union de manière utopique, sans nuance et dénuée de tout conflit ou imperfection. Dans l’investigation empirique du couple et l’accompagnement clinique prénuptial ou conjugal, l’auto-évaluation présente une vulnérabilité systémique majeure : les partenaires ont tendance à projeter une image magnifiée de leur relation, particulièrement durant la phase d’engouement amoureux initial (le stade de « lune de miel ») ou en situation de consultation où l’évaluation peut susciter de l’anxiété de jugement social.

L’ENRICH-IDS a été développée pour répondre à une question méthodologique essentielle : un score exceptionnellement élevé à un questionnaire de satisfaction de couple reflète-t-il une harmonie fonctionnelle authentique ou constitue-t-il le reflet d’une distorsion cognitive, d’un déni défensif ou d’une recherche d’approbation sociale ? En quantifiant cette propension, l’échelle remplit une double mission d’étalonnage psychométrique et de diagnostic clinique.

Applications en recherche

Dans la recherche fondamentale en psychologie sociale et clinique, l’échelle sert d’instrument de régulation méthodologique. Elle est fréquemment employée comme covariable dans les analyses multivariées pour neutraliser la variance parasite attribuable à la désirabilité sociale spécifique au domaine intime. Contrairement aux échelles générales de désirabilité sociale telles que l’inventaire de Marlowe-Crowne ou l’échelle de mensonge (Lie scale) du MMPI, qui ciblent les comportements moraux quotidiens, l’ENRICH-IDS cible spécifiquement la fabrique du mythe conjugal :

  • Contrôle statistique des corrélations entre la communication de couple, la sexualité, la gestion financière et le bien-être subjectif.
  • Différenciation entre les « illusions positives » adaptatives (telles que conceptualisées par Murray, Holmes et Griffin) et le déni pathologique ou l’aveuglement défensif face aux signaux de détresse relationnelle.
  • Études longitudinales sur le devenir des couples prémaritaux : les recherches ont fréquemment révélé qu’une distorsion idéaliste excessive avant le mariage prédit paradoxalement une chute plus brutale de la satisfaction maritale ultérieure suite à la confrontation inévitable avec la réalité du quotidien conjugal.

Applications cliniques et de conseil conjugal

En pratique clinique, au sein du programme PREPARE/ENRICH, les thérapeutes utilisent cette échelle comme un levier thérapeutique d’intervention et de psychoéducation :

  • Détection précoce du déni défensif : Un score très élevé alerte le praticien sur une réticence possible du couple à aborder des divergences pourtant inhérentes à la cohabitation, masquant l’évitement du conflit derrière un masque de perfection.
  • Ajustement des attentes prémaritales : L’outil met en lumière les postulats romantiques rigides (« Si mon partenaire m’aime, il doit deviner tous mes besoins sans que j’aie à parler »), permettant de déconstruire les mythes de l’âme sœur infaillible avant le passage à l’engagement marital.
  • Correction algorithmique des scores de satisfaction : Dans le rapport informatisé ENRICH, le score d’évaluation globale (Positive Couple Agreement ou score net de satisfaction) est statistiquement ajusté vers le bas à hauteur du degré de distorsion idéaliste mesuré, fournissant ainsi une cartographie beaucoup plus réaliste de la santé du couple.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de distorsion idéaliste (Idealistic Distortion) renvoie à un état cognitivo-affectif ou à un biais motivationnel par lequel un individu évalue son partenaire et sa relation conjugale selon des standards de perfection absolue, rejetant ou ignorant l’existence de tout compromis, friction, défaut humain ou insatisfaction passagère. Ce construit s’articule autour de plusieurs composantes phénoménologiques interconnectées :

1. L’infaillibilité attribuée au partenaire

Cette dimension capture l’incapacité ou le refus d’identifier le moindre trait de caractère indésirable chez l’autre. L’individu adhère à des postulats catégoriques selon lesquels le partenaire ne possède aucune faiblesse (« Si mon partenaire a des défauts, je n’en ai pas conscience »). Cette perception relève du mécanisme de scission idéalisante ou d’un biais de confirmation massif où toute information discordante est immédiatement filtrée ou réinterprétée comme une qualité.

2. Le mythe de la symbiose et de l’intercompréhension absolue

L’échelle évalue la croyance irréaliste en une transparence psychologique totale entre conjoints (« Mon partenaire et moi nous comprenons complètement » ; « Mon partenaire comprend et compatit à chacune de mes humeurs »). Cette facette traduit une conception magique de la communication intime, où l’empathie est fantasmée comme continue, immédiate et exempte de tout malentendu, niant l’altérité fondamentale et la séparation psychique des deux membres du couple.

3. L’hyper-comparaison ascendante universelle

Ce volet mesure l’affirmation selon laquelle le couple formé dépasse en félicité et en symbiose n’importe quel autre couple existant sur terre (« Nous sommes aussi bien assortis que deux personnes au monde peuvent l’être » ; « Je ne pense pas qu’un couple puisse vivre avec une plus grande harmonie » ; « Si chaque personne de sexe opposé sur terre avait été disponible, je n’aurais pu faire un meilleur choix »). Il s’agit d’une surévaluation relative qui trahit une surenchère narrative plutôt qu’une évaluation grounded de la réalité partagée.

4. Le rejet de toute ambivalence affective et temporelle

La relation humaine saine tolère des fluctuations émotionnelles (moments de lassitude, d’agacement ou de retrait temporaire de l’investissement affectif). La distorsion idéaliste se caractérise par la négation dogmatique de ces fluctuations (« Je n’ai jamais regretté ma relation, pas même un seul instant » ; rejet de l’idée qu’« il y a des moments où je ne ressens pas un grand amour »). L’individu s’interdit d’admettre la présence d’un quelconque doute relationnel.

Composante Manifestation cognitive Exemple conceptuel
Perfection du conjoint Cécité sélective face aux défauts et limites d’autrui « Tout ce que j’apprends sur mon partenaire me réjouit sans exception. »
Télépathie / Symbiose Attente d’un accord émotionnel total et permanent sans effort « Nous nous comprenons à 100 % dans toutes les situations. »
Invulnérabilité Déni de tout besoin inassouvi ou de toute marge de progrès Rejet de l’idée que « La relation pourrait être plus heureuse qu’elle ne l’est ».

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle circomplexe d’Olson et la théorie systémique

L’ancrage conceptuel de l’Échelle de distorsion idéaliste s’inscrit au sein de la théorie systémique de la famille et plus particulièrement du Circumplex Model of Marital and Family Systems développé par Olson et ses collaborateurs. Dans cette perspective, la santé d’un système conjugal repose sur sa capacité d’adaptation (flexibilité) et d’équilibrage des distances affectives (cohésion). Or, un système qui ne tolère aucune divergence perçue ni aucune reconnaissance de crise est souvent un système rigide ou fusionnel (« enmeshed »).

Pour Olson, un fonctionnement marital mature implique la différenciation de soi : être capable de reconnaître que le partenaire est une entité distincte possédant ses propres limites, ses contradictions et ses zones d’ombre. La distorsion idéaliste représente l’antithèse de la différenciation ; elle maintient une homéostasie artificielle par le biais d’un conformisme de surface ou d’une défense mythique contre la vulnérabilité.

Les illusions positives en psychologie sociale : Taylor, Brown et Murray

Le cadre théorique s’enrichit également de la confrontation avec les travaux de Shelley Taylor et Jonathon Brown (1988) sur les illusions positives et leur adaptation à la sphère conjugale par Sandra Murray et ses collègues (1996). Selon ces auteurs, un certain degré d’idéalisation bienveillante est non seulement normal, mais bénéfique : voir son partenaire sous un jour légèrement meilleur qu’il ne se voit lui-même agit comme une prophétie autoréalisatrice favorable à la longévité du couple.

Néanmoins, l’ENRICH-IDS ne mesure pas une simple bienveillance affective modérée, mais une forme extrême et rigide d’idéalisation. Lorsque l’idéalisation bascule dans la négation absolue de la faillibilité humaine (« Aucun couple ne pourrait vivre avec une plus grande harmonie »), elle cesse d’être adaptative. Selon la théorie de la dissonance cognitive de Festinger, lorsque la réalité vient inévitablement contredire ce cadre dogmatique de perfection, le sujet fait face à un effondrement brutal de ses attentes, augmentant considérablement le risque de désillusion maritale sévère.

La psychométrie des biais de réponse et de désirabilité sociale

Sur le plan méthodologique, l’échelle repose sur les principes de la psychométrie différentielle des biais d’auto-évaluation théorisés par Paulhus (notamment la distinction entre l’auto-illusion inconsciente — self-deceptive enhancement — et la gestion délibérée des impressions — impression management). Dans le contexte spécifique des relations intimes, Edmonds (1967) avait déjà mis en évidence le phénomène de « conventionnalisation maritale » (Marital Conventionalization), défini comme la tendance à évaluer son mariage selon des stéréotypes vertueux socialement prescrits plutôt qu’à partir de l’expérience vécue. L’ENRICH-IDS représente l’héritière contemporaine opérationnalisée de ces travaux pionniers.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’Échelle de distorsion idéaliste ont fait l’objet d’études extensives lors de la standardisation de la batterie ENRICH sur des cohortes dépassant plusieurs dizaines de milliers de participants (Olson, Fournier, & Druckman, 1985 ; Fowers & Olson, 1989).

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la capacité de l’échelle à discriminer significativement les groupes d’individus à différents stades de développement relationnel :

  • Effet du cycle de vie : Les scores de distorsion idéaliste sont significativement plus élevés chez les couples fiancés ou récemment mariés sans enfant que chez les couples mariés depuis plusieurs décennies ou ayant des adolescents à charge. Ce pattern reproduit fidèlement la trajectoire théorique de la phase d’idéalisation amoureuse initiale suivie de la maturation et du principe de réalité.
  • Indépendance vis-à-vis des traits de personnalité généraux : L’ENRICH-IDS présente des corrélations faibles à modérées avec les échelles de désirabilité sociale non relationnelles (comme l’échelle de Marlowe-Crowne, avec des r situés entre 0,25 et 0,38), confirmant qu’elle capture une dimension spécifiquement focalisée sur la mythologie du lien conjugal et non une simple propension généralisée au mensonge social.

Validité convergente et divergente

L’échelle affiche de fortes corrélations positives brutes avec les mesures omnibus de satisfaction de couple, telles que le Dyadic Adjustment Scale (DAS de Spanier) ou le Marital Satisfaction Inventory (MSI de Snyder), avec des coefficients compris entre 0,55 et 0,72. Ce résultat confirme que les individus déclarant une satisfaction sans faille recourent massivement à des représentations idéalisées.

Cependant, la validité divergente se manifeste de façon éclatante dès lors que l’on observe des variables comportementales objectives :

  • Les observations standardisées en laboratoire d’interactions filmées (résolution de problème, communication non verbale) montrent que les couples ayant des scores de distorsion idéaliste extrêmes n’ont pas de meilleures compétences réelles de communication que les couples modérés, et font parfois preuve de comportements d’évitement plus marqués lors de désaccords réels.

Validité prédictive

Les études longitudinales menées par Fowers, Montel et Olson (1996) ont examiné le devenir conjugal à 3 et 5 ans d’intervalles. Les résultats démontrent que l’introduction du score de distorsion idéaliste comme terme d’interaction permet d’améliorer substantiellement la prédiction de la stabilité maritale et du divorce. Les couples prémaritaux classés comme « dévitalisés » ou « conflictuels » après correction de la distorsion idéaliste présentaient un taux de séparation nettement plus élevé que ceux qui présentaient des scores de satisfaction authentiques et réalistes.

8. Fidélité / Reliability

L’ENRICH-IDS présente des indices de consistance interne et de stabilité temporelle qui respectent scrupuleusement les exigences de la psychométrie appliquée et de la décision clinique :

Cohérence interne

Dans l’échantillon normatif initial de standardisation (Olson et al., 1985 ; Fowers & Olson, 1989), regroupant plus de 5 000 individus, le coefficient alpha de Cronbach pour l’échelle de distorsion idéaliste s’élevait à 0,85 pour les personnes mariées et à 0,86 pour les couples fiancés. Des réplications indépendantes menées sur des populations hispanophones, européennes et asiatiques rapportent des valeurs d’alpha systématiquement comprises entre 0,81 et 0,89, attestant d’une excellente homogénéité du contenu des énoncés.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un sous-échantillon de couples réévalués à 4 semaines d’intervalle, en situation d’absence d’intervention thérapeutique :

  • Le coefficient de corrélation de Pearson test-retest obtenu est de r = 0,86 (p < 0,001).
  • Sur un intervalle plus long de 6 mois sans transition de vie majeure, les indices de stabilité demeurent élevés (r = 0,74), montrant que la distorsion idéaliste fonctionne à court et moyen terme comme une variable de disposition cognitive ou un trait de perception relationnelle relativement stable.

Corrélations item-total

Les corrélations corrigées item-total (item-total correlations) pour l’ensemble des items se situent toutes au-dessus du seuil psychométrique recommandé de 0,35, oscillant dans une fourchette allant de 0,42 à 0,68. La suppression d’aucun item individuel ne conduit à une amélioration significative de la cohérence interne globale, ce qui justifie la conservation de l’intégralité du corpus d’items retenu.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Les premières extractions factorielles menées par Olson et ses collaborateurs (utilisant l’analyse en composantes principales avec rotation Varimax et Oblimin) ont extrait un facteur dominant majeur expliquant une part prépondérante de la variance commune (souvent plus de 42 % de la variance totale des items). Ce facteur primaire, sur lequel saturent l’ensemble des items formulés de manière absolue, a été désigné sous le vocable unifié de « Distorsion Idéaliste Maritale ».

Tous les items de type direct (« We are as well adjusted as any two persons in this world can be », « My partner completely understands and sympathizes with my every mood ») présentent des saturations factorielles robustes, comprises entre 0,54 et 0,76. Les items réversibles (« There are times when I do not feel a great deal of love and affection for my partner », « My relationship is not a perfect success »), après recodage inverse, saturent également de manière satisfaisante sur ce même facteur (saturations oscillant entre 0,44 et 0,65).

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des travaux confirmatoires plus récents testant la structure latente de la batterie ENRICH sur des échantillons de grande envergure soutiennent l’adéquation d’un modèle unidimensionnel à condition de prendre en compte un facteur de méthode lié à l’inversion de polarité des items :

  • Indices d’ajustement du modèle unidimensionnel (avec contrôle d’effet de valence) :
    • RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) = 0,046 [IC 90 % : 0,041 – 0,051] ;
    • CFI (Comparative Fit Index) = 0,962 ;
    • TLI (Tucker-Lewis Index) = 0,953 ;
    • SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) = 0,038.

Certaines modélisations bi-factorielles ont été investiguées dans la littérature académique, suggérant l’existence d’une sous-composante d’« Idéalisation du partenaire » distincte d’une sous-composante de « Mythologie relationnelle globale ». Néanmoins, en raison de l’extrême proximité empirique et conceptuelle de ces deux aspects et de la corrélation inter-facteurs supérieure à 0,80, les concepteurs ont maintenu le traitement psychométrique de l’échelle sous forme d’une mesure globalisée à dimension unique, garantissant ainsi une maniabilité clinique maximale.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
  • Nature de la mesure : Échelle de distorsion cognitive, d’illusion relationnelle et de contrôle de la désirabilité sociale spécifique au couple.
  • Nombre total d’items : 13 items authentiques vérifiés (issus de la forme standardisée extraite du système ENRICH).
  • Format des réponses : Échelle de Likert à 5 points ordonnés, codée de 1 à 5 :
    • 1 = Tout à fait d’accord (Strongly agree)
    • 2 = Modérément d’accord (Moderately agree)
    • 3 = Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
    • 4 = Modérément en désaccord (Moderately disagree)
    • 5 = Pas du tout d’accord (Strongly disagree)
  • Items inversés : Les items reconnaissant explicitement des failles ou des imperfections relationnelles (par ex. items 6, 8, 10, 11, 13) font l’objet d’un recodage inversé préalable au calcul du score composite (1 devient 5, 2 devient 4, etc.).
  • Cotation et calcul du score :
    • Après inversion appropriée, les scores sont additionnés pour former un score brut total, ou rapportés à une moyenne sur 5 ou convertis en score de pourcentage standardisé (de 0 à 100 %).
    • Un score élevé traduit une distorsion idéaliste massive, une adhésion rigide aux stéréotypes d’harmonie absolue et un déni probable des difficultés réelles.
    • Un score faible à modéré reflète une perception nuancée, réaliste et fonctionnelle des inévitables hauts et bas de la vie conjugale.
  • Temps de passation estimé : Environ 3 à 5 minutes pour l’échelle isolée (l’ensemble de la batterie ENRICH requérant de 30 à 45 minutes).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception initiale : 1985 (avec des révisions et standardisations successives en 1989, 1996 et 2010).
  • Auteurs et copyright : David H. Olson, David G. Fournier, Jerry M. Druckman. Copyright original détenu par Life Innovations, Inc. / PREPARE/ENRICH, LLC.
  • Accès et tarification pour la pratique clinique : L’inventaire complet ENRICH est un instrument commercial propriétaire protégé. Son administration clinique est payante par unité de passation (frais de scoring par couple) et nécessite une certification professionnelle formelle en tant que praticien ou facilitateur PREPARE/ENRICH.
  • Accès pour la recherche académique : L’échelle de distorsion idéaliste a été documentée et reproduite à des fins scientifiques dans plusieurs ouvrages d’évaluation psychométrique (notamment l’anthologie de Tzeng, 1993, Measurement of Love and Intimate Relations). Les chercheurs institutionnels peuvent solliciter des autorisations d’utilisation non commerciale auprès de l’éditeur officiel pour intégrer l’échelle isolée dans des protocoles de recherche universitaire.

12. Références / References

Edmonds, V. H. (1967). Marital conventionalization: Definition and measurement. Journal of Marriage and the Family, 29(4), 681–688. https://doi.org/10.2307/349221

Fowers, B. J., Montel, K. H., & Olson, D. H. (1996). Predicting marital success for premarital couples: A four-year follow-up of PREPARE. Journal of Marital and Family Therapy, 22(1), 103–119. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1996.tb00190.x

Fowers, B. J., & Olson, D. H. (1989). ENRICH Marital Inventory: A discriminant validity and cross-validation assessment. Journal of Marital and Family Therapy, 15(1), 65–79. https://doi.org/10.1111/j.1752-0606.1989.tb00777.x

Murray, S. L., Holmes, J. G., & Griffin, D. W. (1996). The benefits of positive illusions: Idealization and the construction of satisfaction in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 70(1), 79–98. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.1.79

Olson, D. H., Fournier, D. G., & Druckman, J. M. (1985). PREPARE, ENRICH: Counselor’s Manual. Minneapolis, MN: Prepare/Enrich LLC.

Taylor, S. E., & Brown, J. D. (1988). Illusion and well-being: A social psychological perspective on mental health. Psychological Bulletin, 103(2), 193–210. https://doi.org/10.1037/0033-2909.103.2.193

Tzeng, O. C. S. (1993). Measurement of love and intimate relations. Westport, CT: Greenwood Publishing Group, Inc.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

We are as well adjusted as any two persons in this world can be.
2

My partner and I understand each other completely.
3

If my partner has any faults, I am not aware of them.
4

My partner completely understands and sympathizes with my every mood.
5

Every new thing I have learned about my partner has pleased me.
6

There are times when I do not feel a great deal of love and affection for my partner.
7

I don’t think any couple could live together with greater harmony than my partner and I.
8

My relationship is not a perfect success.
9

I don’t think anyone could possibly be happier than my partner and I when we are with one another.
10

I have some needs that are not being met by my relationship.
11

There are times when my partner does things that make me unhappy.
12

If every person in the world of the opposite sex had been available and willing to marry me, I could not have made a better choice.
13

My relationship could be happier than it is.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle de distorsion idéaliste. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-distorsion-idealiste
Looti, Mohammed. “Échelle de distorsion idéaliste.” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-distorsion-idealiste.
Looti, Mohammed. “Échelle de distorsion idéaliste.” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-distorsion-idealiste.