Échelle de Dieu comme agent causal

L’Échelle de Dieu comme agent causal (GCA), créée par Ritzema et Young (1983), mesure la propension cognitive à attribuer les événements quotidiens et biographiques à une intervention divine directe plutôt qu’à des causes naturelles ou au hasard.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de Dieu comme agent causal (en anglais, God as a Causal Agent Scale [GCA]), conçue initialement par Randall J. Ritzema et C. Young en 1983, est un instrument psychométrique auto-rapporté développé dans le cadre de la psychologie sociale cognitive et de la psychologie de la religion. Cet outil opérationnalise la propension individuelle à attribuer l’origine d’événements du monde physique, biologique et personnel à une intervention divine directe et surnaturelle, plutôt qu’à des mécanismes naturalistes ou au pur hasard. Conçue comme une alternative novatrice aux mesures conventionnelles de la religiosité — souvent circonscrites aux pratiques rituelles externes ou à l’adhésion doctrinale formelle —, l’échelle évalue l’intégration cognitive de la transcendance dans les schémas d’explication causale de l’individu.

Composée de 14 items évalués au moyen d’une échelle de type Likert en 5 points (allant de 1 = Fortement en désaccord à 5 = Fortement d’accord), l’échelle génère un score composite oscillant entre 14 et 70 points après inversion de sept items formulés de manière négative. Sur le plan psychométrique, les analyses princeps ont rapporté un coefficient alpha de Cronbach global de 0,74 au sein d’un échantillon d’étudiants d’université confessionnelle, les corrélations item-total se situant majoritairement entre 0,46 et 0,62, à l’exception notable de l’item 7 (r = 0,09). La validité de construit et la validité critérielle ont été étayées par des corrélations significatives avec les attributions de causalité surnaturelle face à des scénarios hypothétiques (r bisériel ponctuel = 0,37), le lieu de contrôle interne selon l’approche de Rotter (r = 0,26) et la motivation religieuse intrinsèque selon Hoge (r = 0,32). L’instrument présente une valeur heuristique majeure pour analyser les styles de coping religieux, les mécanismes d’attribution du contrôle et la prise de décision face à la maladie ou aux événements fortuits.

2. Mots-clés / Keywords

Théorie de l’attribution, agent causal, attribution divine, psychologie de la religion, causalité surnaturelle, lieu de contrôle, motivation religieuse intrinsèque, psychométrie, coping religieux, schémas causaux, cognition religieuse, intervention divine.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée par :

  • Randall J. Ritzema, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie, affilié lors des travaux initiaux au département de psychologie du Covenant College (Lookout Mountain, Géorgie, États-Unis) et ultérieurement associé à des recherches interdisciplinaires reliant théologie évangélique, processus attributionnels et santé mentale. Ses contributions ont porté sur l’interface entre psychologie clinique, schémas cognitifs et croyances religieuses.
  • C. Young : Chercheur associé ayant collaboré avec Ritzema au début des années 1980 sur la conceptualisation des attributions causales divines et la collecte des données psychométriques préliminaires.

Des travaux d’extension et de validation subséquents ont été conduits par des psychologues de renom tels que L. E. Jackson et Robert D. Coursey (Université du Maryland), P. J. Watson, Ronald J. Morris, Ralph W. Hood Jr. (Université du Tennessee à Chattanooga), ainsi que des analyses critiques apportées par Douglas Degelman et D. Lynn (Vanguard University).

4. Objectif / Purpose

L’objectif central de l’Échelle de Dieu comme agent causal est de quantifier la prédisposition systématique d’un sujet à invoquer une intervention divine directe comme principe explicatif des événements existentiels, qu’il s’agisse de crises personnelles, de rétablissements médicaux inexpliqués, de la survenue d’accidents évités de justesse ou de l’origine même de l’univers. Traditionnellement, l’évaluation de la religiosité en sciences sociales a reposé sur des indices démographiques ou comportementaux (fréquence de fréquentation des lieux de culte, assiduité aux prières rituelles, lecture de textes sacrés) ou sur des échelles globales d’orthodoxie doctrinale. Or, ces indicateurs comportementaux et doctrinaux échouent fréquemment à capturer la structure cognitive sous-jacente qui gouverne la manière dont un individu interprète le flux continu de son expérience quotidienne.

Ritzema et Young (1983) ont postulé que le noyau opérationnel de la foi vivante réside dans la perception de l’action de Dieu en tant qu’agent efficient et intentionnel intervenant dans l’ordre naturel. Mesurer ce construit permet de répondre à plusieurs besoins fondamentaux de la recherche et de la pratique psychologique :

  • Recherche fondamentale en psychologie cognitive et sociale : Explorer la manière dont les schémas causaux surnaturels interagissent avec les explications mécanistes et probabilistes. L’instrument permet d’étudier si l’attribution divine fonctionne comme une alternative épistémique au hasard ou comme un modèle explicatif complémentaire superposé aux causes secondes physiques.
  • Psychologie de la santé et médecine comportementale : Comprendre comment les patients aux prises avec des pathologies chroniques, le cancer ou des traumatismes sévères expliquent leur condition. L’attribution à un Dieu souverain et bienveillant peut favoriser l’espérance et la résilience, tandis qu’une attribution punitive ou fataliste peut entraîner une diminution de l’observance thérapeutique et une détresse existentielle accrue.
  • Psychothérapie et conseil pastoral : Fournir aux cliniciens un cadre diagnostique pour identifier les croyances relatives à l’action divine chez les consultants. Cela facilite l’analyse du locus de contrôle dans les situations d’impuissance acquise ou, inversement, l’identification de formes d’hyper-spiritualisation qui entravent la prise de responsabilité personnelle face aux troubles psychopathologiques.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par la GCA est la prédisposition attributionnelle divine (ou attribution de causalité surnaturelle). Ce construit repose sur l’hypothèse que les individus possèdent des schémas cognitifs stables qui orientent l’interprétation des contingences de la vie en postulant que Dieu exerce une puissance active, directe et téléologique dans le monde matériel et psychologique.

Bien que l’instrument produise un score univarié composite reflétant le niveau global de cette tendance, l’analyse du contenu des 14 items révèle une structure conceptuelle articulée autour de plusieurs facettes spécifiques :

5.1. L’intervention divine dans les événements biographiques et personnels

Cette dimension renvoie à l’expérience directe du sujet, qui perçoit des réponses explicites à ses prières d’intercession ou identifie une guidance divine dans la trajectoire de son existence. Par exemple, l’item 3 (« More than once I have felt that God responded specifically to a prayer that I made ») et l’item 14 (« There have been a number of times in my life when I was convinced that some particular event was caused by direct action of God ») traduisent un schéma d’attribution interne et expérientiel. Le divin n’est pas un principe déiste lointain, mais une entité relationnelle réactive aux supplications humaines.

5.2. L’explication miraculeuse des phénomènes physiques et biologiques

Cette composante évalue le rejet du matérialisme méthodologique au profit d’une lecture théologique directe des processus vivants. Les items examinent l’adhésion à des doctrines créationnistes littérales ou à des interventions thaumaturgiques contemporaines :

  • La guérison surnaturelle : L’item 10 (« God does miraculously heal diseases ») affirme la suprématie de l’action divine sur les lois biomédicales régissant la pathologie.
  • Le créationnisme explicatif : L’item 1 (« Every new life is a direct miracle of God ») et l’item 4 (« God created the world in 7 days by giving the commands ») mesurent l’application des schémas surnaturels aux origines ontologiques et cosmologiques.
  • La protection providentielle : L’item 2 (« A close call in a situation where an accident is likely, is probably God intervening to protect ») substitue l’intentionnalité protectrice de Dieu aux lois de la probabilité statistique et des coïncidences mécaniques.

5.3. La réactivité métacognitive et l’évaluation du scepticisme d’autrui

Un ensemble de six items demande au participant d’évaluer la validité des expériences et croyances spirituelles exprimées par d’autres individus. Cette facette mesure le degré d’adhésion à la plausibilité générale du surnaturel dans le corps social versus le scepticisme rationaliste ou naturaliste :

  • Les items inversés, tels que l’item 6 (affirmant que les personnes affirmant ressentir la présence divine ne vivent que de simples états émotionnels) et l’item 9 (exprimant un scepticisme face aux conversions ou aux changements d’attitude attribués à Dieu), évaluent la résistance cognitive aux explications psychologisantes et réductionnistes.
  • L’item 11 (critiquant la tendance de certains croyants à proposer des explications surnaturelles pour des événements naturels) et l’item 13 (rejetant la qualification de miracle pour ce qui est simplement incompris) permettent de distinguer l’attribution religieuse mûrie d’une crédulité naïve ou superstitieuse.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’échelle de Dieu comme agent causal s’inscrit au confluent de la théorie de l’attribution en psychologie sociale et de la psychologie cognitive de la religion. Le soubassement théorique s’articule autour des principes développés par Fritz Heider (1958), Harold Kelley (1967, 1973) et Bernard Weiner (1979).

6.1. La recherche de sens et les schémas causaux (Heider, Kelley)

Selon Heider, l’être humain agit en tant que « psychologue naïf » cherchant continuellement à donner de l’ordre, de la cohérence et de la prévisibilité à son environnement en attribuant les effets observés à des causes sous-jacentes invariantes. Kelley a formalisé cette dynamique à travers le concept de schéma causal : lorsque l’information est incomplète ou ambiguë, l’individu fait appel à des croyances préexistantes sur la manière dont certaines causes interagissent pour produire des effets spécifiques. Ritzema et Young (1983) postulent que la croyance en un Dieu actif constitue un schéma causal fondamental. Face à une guérison inattendue, une réussite professionnelle fortuite ou un accident miraculeusement évité, le sujet appliquant un schéma d’attribution divine délaisse l’attribution au hasard (cause instable et impersonnelle) ou aux forces physiques (causes nécessaires mais non suffisantes à ses yeux) pour inférer une intentionnalité supérieure.

6.2. Le concept de contrôle divin et le lieu de contrôle (Rotter, Pargament)

La théorie du lieu de contrôle (Locus of Control) de Julian Rotter (1966) classe habituellement les individus selon qu’ils perçoivent la maîtrise des renforcements comme interne (dépendante de leurs propres efforts et compétences) ou externe (dépendante de la chance, du destin ou d’autrui puissant). Historiquement, les chercheurs assimilaient l’attribution divine à une forme de contrôle externe, suggérant potentiellement une passivité cognitive ou une démission adaptative.

Toutefois, les travaux de Kenneth Pargament et ses collaborateurs (1982) ont profondément transformé ce paradigme en démontrant que le « contrôle par Dieu » (God control) ne fonctionne pas comme un contrôle externe classique basé sur le fatalisme. Chez le croyant intégré, s’en remettre à Dieu s’apparente sur le plan phénoménologique et fonctionnel à un contrôle interne par alliance (« collaborative coping »). L’individu ne se sent pas dominé par des forces arbitraires ; il s’allie à un agent bienveillant et tout-puissant, ce qui préserve le sentiment d’efficacité personnelle et réduit l’anxiété existentielle face aux aléas incontrôlables.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle GCA a été documentée à travers plusieurs protocoles expérimentaux et corrélationnels portant sur la validité de construit, la validité critérielle et la validité convergente/discriminante.

7.1. Validité critérielle et expérimentale (Ritzema & Young, 1983)

Afin de déterminer si les scores à la GCA prédisent fidèlement les attributions causales émises en temps réel face à des situations concrètes, Ritzema et Young ont conçu une série de scénarios hypothétiques présentant des personnages bénéficiant d’un dénouement plausible mais extraordinairement favorable (par exemple, un rétablissement médical spectaculaire ou un échappement inespéré à un danger mortel). Les participants devaient évaluer, sur une échelle de 1 à 9 points, la mesure dans laquelle ces événements découlaient de facteurs naturels ou de forces surnaturelles.

Les analyses de variance (ANOVA) ont mis en évidence que les participants obtenant des scores élevés à la GCA attribuaient de manière statistiquement significative une part de causalité surnaturelle bien plus grande aux scénarios que les participants aux scores bas. Bien que la corrélation continue de Pearson exacte n’ait pas été rapportée dans l’article initial, les données fournies ont permis de calculer une corrélation bisérielle ponctuelle ($r_{pb}$) de 0,37 entre le score à la GCA et la catégorisation des attributions surnaturelles en groupes haut/bas, confirmant la validité prédictive de l’instrument.

7.2. Validité convergente et nomologique

Les recherches ultérieures ont consolidé le réseau nomologique de l’instrument :

  • Corrélation avec le lieu de contrôle (Jackson & Coursey, 1988) : En utilisant l’échelle d’orientation interne-externe de Rotter (1966), Jackson et Coursey ont identifié une corrélation positive statistiquement significative entre les scores à la GCA et l’internalité ($r = 0,26$, $p < 0,01$). Ce résultat empirique corrobore l'hypothèse de Pargament et al. (1982) : loin d'induire un sentiment d'impuissance passive ou d'hétéronomie débilitante, la prédisposition à percevoir Dieu comme agent causal est associée à une perception accrue d'ordre et de compétence personnelle.
  • Corrélation avec la motivation religieuse intrinsèque (Hoge, 1972) : Les scores à la GCA présentent une corrélation de $r = 0,32$ ($p < 0,001$) avec l'échelle de motivation religieuse intrinsèque de Dean Hoge. Cela atteste que la tendance à imputer une causalité directe à Dieu s'intègre au système de valeurs central de l'individu croyant, qui vit sa foi de l'intérieur comme une fin en soi plutôt que comme un instrument social utilitaire.
  • Relations avec les orientations religieuses (Watson, Morris & Hood, 1990) : Dans leurs analyses sur les typologies d’orientation religieuse, Watson et ses collègues ont confirmé que les mesures d’attribution divine s’articulent logiquement avec les dimensions de religiosité mature et d’engagement existentiel.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de fidélité de l’Échelle de Dieu comme agent causal ont été examinés lors de son étalonnage princeps et réexaminés dans des études indépendantes :

8.1. Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’échantillon initial de standardisation composé de 128 étudiants universitaires avancés inscrits dans un collège confessionnel du Midwest américain, Ritzema et Young (1983) ont obtenu un coefficient alpha de Cronbach global de 0,74 pour la version finale à 14 items. Ce niveau de consistance interne est jugé acceptable pour une échelle de recherche exploratoire dans le domaine des attitudes et des croyances complexes.

L’analyse des corrélations item-total corrigées a révélé que pour 13 des 14 items, les coefficients se situaient dans une fourchette modérée à élevée comprise entre 0,46 et 0,62. Ces valeurs démontrent que la quasi-totalité des énoncés contribue de manière robuste et homogène à la mesure du construit sous-jacent.

8.2. L’anomalie psychométrique de l’item 7

Un résultat critique rapporté par les auteurs concerne l’item 7 (« Just as in the past when primitive people thought that storms, volcanoes, and other natural events were due to divine action, many people nowadays consider God or the devil responsible for things that really have completely physical causes »). La corrélation item-total de cet énoncé ne s’élevait qu’à 0,09. Cette faiblesse statistique majeure indique que l’item ne partage que très peu de variance commune avec le reste de l’échelle. Les auteurs et les analystes subséquents ont souligné que la suppression de l’item 7 ferait progresser l’alpha de Cronbach à un niveau avoisinant 0,78-0,80, améliorant considérablement l’homogénéité de l’outil.

8.3. Données normatives de l’échantillon princeps

L’échantillon de dérivation présentait les caractéristiques descriptives suivantes :

  • Taille de l’échantillon ($N$) : 128 étudiants.
  • Moyenne globale ($M$) : 52,1.
  • Médiane ($Mdn$) : 52,7.
  • Écart-type ($SD$) : 6,8.
  • Étendue observée (Range) : 20 à 66 (sur une étendue théorique possible de 14 à 70).

Il importe de noter que l’homogénéité démographique et spirituelle marquée de cet échantillon (étudiants d’une institution affiliée à une église) a produit un phénomène d’attrition de la variance (restriction d’étendue), ce qui a eu pour effet mathématique de dégonfler artificiellement les estimations réelles de la fidélité et de la validité corrélationnelle par rapport à ce qui serait observé dans une population générale diversifiée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la GCA a fait l’objet de vifs débats théoriques et méthodologiques au sein de la littérature psychométrique, culminant notamment dans les travaux critiques de Douglas Degelman et D. Lynn (1995).

9.1. Genèse et réduction d’items

Initialement, Ritzema et Young ont généré un bassin expérimental de 30 items conçus pour explorer trois sphères supposées de la causalité divine : l’efficacité de la prière, la réalité historique et contemporaine des miracles, et l’expérience subjective de guidance divine. À l’issue d’une phase de pré-test empirique, les auteurs ont abrégé ce pool à 14 items en se fondant exclusivement sur les corrélations item-total les plus élevées.

9.2. Hétérogénéité structurelle et critique de Degelman & Lynn (1995)

Degelman et Lynn (1995) ont mis en lumière une dichotomie méthodologique interne problématique au sein des 14 items retenus :

  • Items d’auto-évaluation directe (8 items) : Ces énoncés (items 1, 2, 3, 4, 8, 10, 12, 14) interrogent directement les convictions personnelles du répondant, ses certitudes métaphysiques et ses expériences biographiques relatives à l’action de Dieu.
  • Items d’évaluation d’autrui (6 items) : Ces énoncés (items 5, 6, 7, 9, 11, 13) contraignent le sujet à réagir aux croyances, attitudes et discours de tiers (par exemple, juger si les autres chrétiens ont tendance à voir des miracles partout ou si les gens confondent leurs émotions avec la présence divine).

Bien que les auteurs originaux aient postulé que cette modalité indirecte permettait de contourner la désirabilité sociale et de mesurer en creux l’orientation du sujet, Degelman et Lynn ont démontré que cette bifurcation engendre une instabilité factorielle. L’analyse en composantes principales révèle que l’instrument tend à scinder la variance entre un facteur d’adhésion personnelle au surnaturel et un facteur de jugement critique du discours religieux externe.

9.3. Problèmes de formulation : items à double détente et formulations factuelles

L’analyse qualitative et factorielle a révélé deux vices de construction notables :

  • Item à double détente (double-barreled) : L’item 4 (« God created the world in 7 days by giving the commands ») agrège deux propositions théologiques distinctes : la création par décret divin d’une part, et la durée temporelle stricte de sept jours d’autre part. Un répondant professant une théologie de la création évolutive ou interprétant les « jours » comme des ères géologiques peut rejeter l’énoncé en raison de la temporalité sans pour autant rejeter la causalité divine.
  • Item factuel sociologique : L’item 7 (corrélation de 0,09) ne mesure pas une croyance en Dieu mais formule un constat d’histoire culturelle et de sociologie sur ce que croient les populations primitives versus modernes, expliquant son décrochage total de la dimension latente principale.

Ces limites ont incité Degelman et Lynn (1995) à concevoir ultérieurement leur propre instrument, la Belief in Divine Intervention Scale (BDIS), éliminant les items indirects au profit d’un construit factoriellement unifié.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom officiel : God as a Causal Agent Scale (GCA).
  • Nom français : Échelle de Dieu comme agent causal.
  • Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier-crayon ou informatisé.
  • Nombre d’items : 14 items univariés.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • (5) = Strongly agree (Fortement d’accord)
    • (4) = Agree (D’accord)
    • (3) = Undecided (Indécis / Neutre)
    • (2) = Disagree (En désaccord)
    • (1) = Strongly disagree (Fortement en désaccord)
  • Équilibrage directionnel : 7 items formulés dans le sens positif (orientation surnaturelle directe) et 7 items formulés dans le sens négatif (perspective naturaliste ou sceptique).
  • Items inversés : Les items 5, 6, 7, 9, 11, 12 et 13 font l’objet d’une inversion de cotation lors du calcul du score (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1).
  • Calcul et interprétation du score :
    • Le score global correspond à la somme arithmétique des 14 items après inversion.
    • Étendue des scores possibles : de 14 à 70 points.
    • Un score élevé indique une forte prédisposition cognitive à attribuer les événements mondains et biographiques à une intervention divine directe (schéma causal surnaturel).
    • Un score faible indique une tendance à privilégier les explications matérialistes, mécanistes, physiques ou relevant du pur hasard (schéma causal naturaliste).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1983.
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle originellement cédée au Journal of Psychology and Theology (actuellement publié par Biola University / SAGE Publications). Les items de l’échelle ont été intégralement divulgués dans le domaine public académique au sein de la publication source de Ritzema et Young (1983).
  • Conditions d’utilisation et tarifs : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement universitaire, sous réserve de citer scrupuleusement l’article princeps de 1983.
  • Exploitation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans une batterie d’évaluation commerciale ou un dispositif clinique à but lucratif requiert l’autorisation formelle préalable des détenteurs de copyright.

12. Références / References

  • Degelman, D., & Lynn, D. (1995). The development and preliminary validation of the Belief in Divine Intervention Scale. Journal of Psychology and Theology, 23(1), 37–44. https://doi.org/10.1177/009164719502300104
  • Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
  • Hoge, D. R. (1972). A validated intrinsic religious motivation scale. Journal for the Scientific Study of Religion, 11(4), 369–376. https://doi.org/10.2307/1384677
  • Jackson, L. E., & Coursey, R. D. (1988). The relationship of God control and internal locus of control to intrinsic religious motivation, coping, and purpose in life. Journal for the Scientific Study of Religion, 27(3), 399–410. https://doi.org/10.2307/1387378
  • Kelley, H. H. (1967). Attribution theory in social psychology. In D. Levine (Ed.), Nebraska Symposium on Motivation (Vol. 15, pp. 192–238). University of Nebraska Press.
  • Kelley, H. H. (1973). The processes of causal attribution. American Psychologist, 28(2), 107–128. https://doi.org/10.1037/h0034225
  • Pargament, K. I., Sullivan, M. S., Tyler, F. B., & Steele, R. E. (1982). Patterns of attribution of control and individual psychosocial competence. Psychological Reports, 51(3_suppl), 1243–1252. https://doi.org/10.2466/pr0.1982.51.3f.1243
  • Ritzema, R. J., & Young, C. (1983). Causal schemata and the attribution of supernatural causality. Journal of Psychology and Theology, 11(1), 36–43. https://doi.org/10.1177/009164718301100105
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Watson, P. J., Morris, R. J., & Hood, R. W., Jr. (1990). Extrinsic scale factors: Correlations and construction of religious orientation types. Journal of Psychology and Christianity, 9(2), 35–46.
  • Weiner, B. (1979). A theory of motivation for some classroom experiences. Journal of Educational Psychology, 71(1), 3–25. https://doi.org/10.1037/0022-0663.71.1.3

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response options include:
(5) strongly agree
(4) agree
(3) undecided
(2) disagree
(1) strongly disagree

Note: Items 5, 6, 7, 9, 11, 12, & 13 are to be reverse scored.

  1. Every new life is a direct miracle of God.
  2. A close call in a situation where an accident is likely, is probably God intervening to protect.
  3. More than once I have felt that God responded specifically to a prayer that I made.
  4. God created the world in 7 days by giving the commands.
  5. Events happen or don’t happen quite by chance in this world.
  6. Many people who have claimed to feel the presence of God were probably just experiencing their own emotions.
  7. Just as in the past when primitive people thought that storms, volcanoes, and other natural events were due to divine action, many people nowadays consider God or the devil responsible for things that really have completely physical causes.
  8. Miracles happen much more frequently than most people suspect.
  9. I’m usually skeptical when someone tells me that they’re convinced that God did something to change their attitudes or beliefs.
  10. God does miraculously heal diseases.
  11. One problem with many Christians is that they try to give supernatural explanations for events that probably were caused by natural phenomena.
  12. I have never been completely sure that anything that has happened in my life has come as an answer to prayer.
  13. One thing I don’t like is the tendency that some people have to call everything they don’t understand a miracle.
  14. There have been a number of times in my life when I was convinced that some particular event was caused by direct action of God.
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de Dieu comme agent causal. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dieu-comme-agent-causal
Looti, Mohammed. “Échelle de Dieu comme agent causal.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dieu-comme-agent-causal.
Looti, Mohammed. “Échelle de Dieu comme agent causal.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-dieu-comme-agent-causal.