1. Résumé / Abstract
L’Échelle de détresse sexuelle féminine révisée (Female Sexual Distress Scale—Revised, ou FSDS-R) constitue l’un des instruments psychométriques auto-rapportés les plus rigoureusement validés et largement utilisés à l’échelle internationale pour quantifier la détresse personnelle liée aux dysfonctions sexuelles chez la femme. Élaborée initialement sous la direction du Dr Leonard R. Derogatis à travers la version princeps en 12 items (FSDS), cette déclinaison révisée intègre un treizième item spécifiquement calibré pour mesurer l’angoisse et le malaise directement imputables à la baisse du désir sexuel. L’instrument s’adresse tant aux femmes non ménopausées qu’aux femmes ménopausées présentant un trouble du désir sexuel hypoactif (HSDD), un trouble de l’excitation sexuelle féminine (FSAD), un trouble de l’orgasme (FOD), ou une détresse sexuelle d’étiologie multifactorielle.
Le questionnaire comporte 13 items évaluant la fréquence des sentiments négatifs (culpabilité, frustration, stress, sentiment d’infériorité, inquiétude, colère) ressentis au cours d’une période de rappel standard de 30 jours (ou alternativement de 7 jours dans les contextes d’essais cliniques rapprochés). Chaque énoncé est noté selon une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Jamais / Never ») à 4 (« Toujours / Always »), générant un score total variant de 0 à 52. Les propriétés psychométriques établies lors d’études multicentriques démontrent une consistance interne exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach systématiquement supérieur à 0,88), une stabilité temporelle test-retest remarquable (coefficient de corrélation intraclasse de 0,88 pour le score global et de 0,83 pour l’item 13), ainsi qu’une excellente validité discriminante corroborée par des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic). Un score seuil standardisé supérieur ou égal à 11 points permet de détecter avec une haute sensibilité et spécificité la présence d’une détresse sexuelle cliniquement significative, faisant de la FSDS-R le critère de jugement principal (primary endpoint) privilégié dans la recherche pharmacologique et les protocoles sexothérapeutiques contemporains.
2. Mots-clés / Keywords
Détresse sexuelle féminine, FSDS-R, trouble du désir sexuel hypoactif, HSDD, psychométrie, sexualité féminine, dysfonction sexuelle, évaluation clinique, fidélité test-retest, validité discriminante, Leonard R. Derogatis.
3. Auteurs / Authors
L’échelle FSDS-R a été développée et validée par une équipe pluridisciplinaire d’experts de premier plan en médecine sexuelle, psychiatrie et recherche méthodologique sur les résultats rapportés par les patients (Patient-Reported Outcomes) :
- Leonard R. Derogatis, Ph.D. : Center for Sexual Medicine at Sheppard Pratt, Baltimore, Maryland, et Johns Hopkins University School of Medicine, Département de psychiatrie et des sciences comportementales. Pionnier mondial de la psychométrie clinique et de la sexologie médicale. Courriel institutionnel historique : [email protected].
- Robert Pyke, M.D., Ph.D. : Boehringer Ingelheim Pharmaceuticals, Inc., Ridgefield, Connecticut, États-Unis. Spécialiste du développement clinique et des essais thérapeutiques axés sur la santé sexuelle féminine.
- Julie McCormack, M.S. : United BioSource Corporation (UBC), Bethesda, Maryland, États-Unis. Chercheuse spécialisée dans l’évaluation psychométrique et la conception d’outils clinimétriques.
- Adria Hunter, M.S. : United BioSource Corporation (UBC), Bethesda, Maryland, États-Unis. Analyste de données cliniques et spécialiste des protocoles de débriefing cognitif.
- Gale Harding, M.A. : United BioSource Corporation (UBC), Bethesda, Maryland, États-Unis. Biostatisticienne et psychométricienne chevronnée dans l’analyse de modèles de mesure en santé.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Female Sexual Distress Scale—Revised est de fournir une évaluation standardisée, objective, reproductible et robuste sur le plan métrologique de la détresse psychologique et émotionnelle vécue par une femme en relation avec son fonctionnement sexuel. Dans les classifications nosographiques psychiatriques et médicales, notamment le DSM-IV-TR et le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), ainsi que dans les critères de consensus de l’American Foundation for Urologic Disease (AFUD), la simple présence d’une altération physiologique ou comportementale (telle qu’une lubrification réduite, un retard orgasmique ou une raréfaction des pensées érotiques) ne suffit pas à caractériser une dysfonction sexuelle pathologique. Un critère sine qua non exige que cette manifestation s’accompagne d’un sentiment marqué de souffrance personnelle, d’anxiété, de perturbation relationnelle ou d’angoisse subjective.
Avant l’introduction de la FSDS originale en 2002, puis de sa version révisée en 2008, la littérature scientifique et les praticiens se heurtaient à une lacune majeure : la quasi-totalité des instruments existants, tels que le Female Sexual Function Index (FSFI), quantifiaient les dimensions comportementales ou fonctionnelles (désir, excitation, lubrification, orgasme, satisfaction, douleur), mais laissaient de côté la quantification propre du niveau de détresse affective généré par ces symptômes. La FSDS-R a été conçue pour combler précisément ce déficit en mesurant l’impact intrapsychique de la dysfonction, offrant ainsi aux cliniciens un moyen d’établir si le seuil de significativité clinique est formellement atteint.
Sur le plan des applications pratiques, la FSDS-R remplit trois rôles cardinaux :
- En pratique clinique individuelle : Elle sert d’outil d’évaluation diagnostique initiale et de suivi thérapeutique. Elle permet d’objectiver la plainte subjective de la patiente, de déstigmatiser son vécu en structurant l’échange clinique autour d’affects précis (comme la honte, le sentiment de culpabilité ou d’infériorité), et de hiérarchiser les composantes de sa souffrance.
- Dans les essais cliniques randomisés contrôlés (ECR) : La FSDS-R est devenue la référence réglementaire exigée par des agences telles que la Food and Drug Administration (FDA) américaine et l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour valider l’efficacité de nouvelles molécules destinées au traitement du trouble du désir sexuel hypoactif (par exemple, la flibansérine ou le brémélanotide). Elle sert de critère de jugement co-primaire aux côtés d’indices mesurant les événements sexuels satisfaisants.
- En recherche épidémiologique et en sexologie : L’échelle permet de dissocier les femmes présentant une baisse fonctionnelle asymptomatique (non accompagnée de souffrance, ce qui peut refléter une adaptation saine ou une asexualité) de celles souffrant d’une dysfonction délétère nécessitant une intervention médicale ou psychothérapeutique ciblée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique opérationnalisé par la FSDS-R est la « détresse personnelle liée à la sexualité » (sexually related personal distress). Ce construit n’est pas réductible à l’insatisfaction sexuelle générale ou au mécontentement conjugal global ; il s’agit d’une constellation spécifique d’affects négatifs égocentrés, déclenchés par la perception d’un décalage persistant entre la vie sexuelle actuelle d’une femme et ses attentes, ses idéaux ou son fonctionnement antérieur.
Bien que la FSDS-R soit généralement interprétée à travers un score total unidimensionnel reflétant la sévérité globale de la détresse, l’analyse minutieuse de son contenu met en lumière plusieurs facettes émotionnelles et cognitives interconnectées :
- La réactivité émotionnelle anxieuse et le stress : Les items 1 (« Distressed about your sex life »), 5 (« Stressed about sex ») et 7 (« Worried about sex ») explorent l’hyperactivation cognitive et le sentiment d’angoisse diffuse qui entourent l’intimité. La sexualité cesse d’être une source de détente ou de connexion pour devenir un inducteur de stress chronique et d’appréhension anticipatoire.
- L’insatisfaction relationnelle et le sentiment d’amertume : Les items 2 (« Unhappy about your sexual relationship »), 11 (« Dissatisfied with your sex life ») et 12 (« Angry about your sex life ») traduisent l’érosion du sentiment de bien-être au sein du couple et la colère face à la perte d’une intimité épanouissante. L’item 12 capte en particulier l’irritation, le ressentiment ou la révolte intérieure que la femme éprouve face à l’incapacité de surmonter le problème.
- L’altération de l’estime de soi et les affects d’auto-dépréciation : Les items 6 (« Inferior because of sexual problems ») et 8 (« Sexually inadequate ») mesurent l’atteinte narcissique profonde. La difficulté sexuelle est internalisée par la patiente comme une faillite de sa féminité ou de sa compétence relationnelle, induisant un sentiment toxique d’insuffisance personnelle.
- La culpabilité, la honte et les regrets : Les items 3 (« Guilty about sexual difficulties »), 9 (« Regrets about your sexuality ») et 10 (« Embarrassed about sexual problems ») sondent le fardeau moral de la patiente. La culpabilité s’exprime fréquemment vis-à-vis du partenaire, la femme s’estimant responsable des frustrations du couple. La honte et l’embarras favorisent l’évitement des échanges verbaux, tandis que les regrets renvoient au deuil nostalgique d’une sexualité passée plus gratifiante.
- La frustration et le sentiment d’impuissance : L’item 4 (« Frustrated by your sexual problems ») mesure l’exaspération ressentie face aux blocages répétés des réponses sexuelles (absence d’excitation, orgasme inaccessible, douleur).
- La détresse spécifique liée au bas désir sexuel : L’item 13 (« Bothered by low sexual desire »), point d’ancrage de la révision de l’échelle, évalue l’impact direct de l’anaphrodisie ou de la perte de libido. Il isole précisément la souffrance née de la disparition des impulsions et fantasmes érotiques, distinguant les cas où la baisse de désir est tolérée de ceux où elle engendre un déchirement intime majeur.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la FSDS et de sa révision FSDS-R s’inscrit au carrefour des modèles transactionnels du stress psychologique (notamment le paradigme de Lazarus et Folkman), des théories cognitivo-comportementales de la sexualité humaine et de l’approche bio-psycho-sociale promue par l’Association américaine de psychologie.
Selon le modèle transactionnel de Lazarus et Folkman (1984), le stress et la détresse résultent d’une double évaluation : une évaluation primaire (la femme juge la dysfonction comme une menace significative pour son estime de soi, sa relation de couple ou son intégrité identitaire) et une évaluation secondaire (elle perçoit ses ressources d’adaptation personnelles ou médicales comme insuffisantes pour corriger la situation). Les affects mesurés par la FSDS-R représentent les manifestations directes de cette rupture d’équilibre adaptatif. La dysfonction n’est plus un simple dysfonctionnement biologique ou mécanique périphérique, mais une situation de stress chronique menaçante.
Dans la perspective des modèles cognitifs de Masters et Johnson réinterprétés par David Barlow et Sandra Leiblum, les difficultés sexuelles s’auto-entretiennent par des boucles de rétroaction négatives (« anxiété de performance » et « rôle de spectateur »). Lorsqu’une femme commence à observer ses propres réactions physiques avec méfiance ou auto-reproche, son attention est détournée des stimuli érotiques au profit d’auto-évaluations dépréciatives. La FSDS-R documente précisément ces cognitions dysfonctionnelles (culpabilité, insuffisance, honte) qui transforment un accroc fonctionnel transitoire en une détresse psychologique structurée et durable.
Enfin, sur le plan de la nosographie internationale, la FSDS-R s’appuie directement sur les travaux de consensus initiés par l’AFUD (Basson et al., 2000) et formalisés dans les révisions subséquentes de la Société internationale pour l’étude de la santé sexuelle des femmes (ISSWSH). Ces comités d’experts ont insisté sur la nécessité impérieuse de découpler l’évaluation des symptômes physiques de l’évaluation de la détresse subjective, cette dernière constituant l’unique frontière valide séparant une simple variation physiologique normale d’une véritable pathologie sexologique.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques relatives à la validité de la FSDS-R ont été rigoureusement démontrées au cours de multiples études cliniques menées en Amérique du Nord et en Europe :
Validité de contenu et d’apparence (Face and Content Validity)
La validité de contenu a fait l’objet d’une investigation formelle dirigée par Derogatis, Pyke, McCormack, Hunter et Harding (2008) auprès de femmes présentant un trouble du désir sexuel hypoactif généralisé acquis. L’évaluation a mobilisé la méthodologie des entretiens de débriefing cognitif qualitatif jusqu’à saturation informationnelle complète, atteinte auprès de 25 participantes. Les participantes ont évalué la clarté et la pertinence de chaque énoncé sur des échelles graduées de 0 (« Pas du tout pertinent ») à 4 (« Extrêmement pertinent »). L’item 13 (« Bothered by low sexual desire ») a obtenu la note moyenne d’importance clinique la plus élevée de tout l’instrument (moyenne de 3,33). De surcroît, entre 76 % et 100 % des participantes ont jugé chaque item limpide et immédiatement compréhensible, 56 % d’entre elles affirmant que l’item 13 couvrait à lui seul l’intégralité de leur souffrance relative à la perte de libido.
Validité discriminante (Discriminant Validity)
La capacité de la FSDS-R à distinguer les populations cliniques des populations saines a été établie de manière éclatante dans l’étude multicentrique de 4 semaines sans traitement menée par Derogatis, Clayton, Lewis-D’Agostino, Wunderlich et Fu (2008). L’échantillon comprenait 136 femmes diagnostiquées avec un HSDD, 48 femmes présentant d’autres troubles sexuels (trouble de l’excitation ou trouble orgasmique), et 75 femmes volontaires saines sans dysfonction sexuelle (groupe témoin). Les scores moyens à la FSDS-R et à l’item 13 se sont révélés très significativement supérieurs chez les femmes atteintes de HSDD ou d’autres dysfonctions comparativement aux femmes du groupe témoin (p < 0,001 à tous les points de mesure : jour 0, jour 7 et jour 28). Les analyses par courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont confirmé la grande précision discriminative de l’échelle, permettant d’établir qu’un score total ≥ 11 constitue le point de coupure optimal pour maximiser conjointement la sensibilité et la spécificité clinique.
Validité convergente et écologique
La FSDS-R présente des corrélations négatives robustes et statistiquement significatives avec les scores du Female Sexual Function Index (notamment avec les domaines de la satisfaction et du désir), montrant qu’une chute du fonctionnement sexuel s’accompagne proportionnellement d’une montée de la détresse mesurée. De plus, les études comparatives ont démontré que la version adaptée avec une période de rappel de 7 jours produisait des résultats statistiques strictement équivalents à la version standard de 30 jours, validant son emploi dans des protocoles d’évaluation rapprochée.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’Échelle de détresse sexuelle féminine révisée a été examinée selon deux axes psychométriques fondamentaux : la cohérence interne et la stabilité temporelle (test-retest).
Consistance interne
Dans l’étude clinique princeps de Derogatis et al. (2008), la consistance interne a été estimée au moyen du coefficient alpha de Cronbach. L’analyse a été menée séparément sur les cohortes de femmes avec HSDD, avec d’autres dysfonctions sexuelles féminines, et chez les femmes sans aucun trouble, ainsi qu’à trois temps d’observation distincts (Jour 0, Jour 7 et Jour 28) afin de s’assurer de l’invariance temporelle du coefficient :
- Les coefficients alpha de Cronbach ont systématiquement dépassé la valeur critique de 0,88 dans tous les sous-groupes cliniques et à toutes les échéances temporelles, atteignant fréquemment des valeurs de 0,91 à 0,93.
- Ces valeurs chiffrées témoignent d’une remarquable homogénéité des 13 items et confirment que l’ajout de l’item 13 n’a en rien dégradé la consistance interne exceptionnelle initialement constatée sur la version FSDS en 12 items (qui oscillait déjà entre 0,86 et 0,91).
Fidélité test-retest
La reproductibilité des mesures dans le temps en l’absence de traitement a été quantifiée à l’aide du coefficient de corrélation intraclasse (CCI) entre le Jour 0 (inclusion) et le Jour 28 (fin de la période d’observation) :
- Pour le score total de la FSDS-R, le CCI global s’est élevé à 0,88, illustrant une stabilité temporelle excellente chez les patientes dont l’état clinique demeure stationnaire.
- Pour l’item 13 pris isolément comme mesure autonome du trouble du désir, le CCI a atteint 0,83, garantissant sa robustesse lors d’administrations répétées.
- La version utilisant une période de rappel sur 7 jours a reproduit fidèlement ces mêmes niveaux de stabilité métrologique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la FSDS-R a été examinée par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) dans le cadre de grands protocoles d’essais cliniques portant sur les dysfonctions sexuelles féminines.
L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation varimax et oblimin) met en évidence une solution dominante caractérisée par un facteur général unitaire qui absorbe la majorité de la variance totale expliquée (généralement supérieure à 55-60 %). Tous les items de l’échelle présentent de fortes saturations factorielles sur ce facteur sous-jacent de détresse sexuelle, variant pour la plupart entre 0,65 et 0,86 :
- L’item 1 (« Distressed about your sex life ») et l’item 4 (« Frustrated by your sexual problems ») affichent systématiquement les saturations les plus massives (> 0,80), confirmant leur rôle de pivot psychométrique du construit.
- L’item 13 (« Bothered by low sexual desire ») s’intègre harmonieusement dans cette structure unidimensionnelle avec une saturation factorielle robuste (> 0,72), démontrant qu’il partage la même dimension fondamentale de détresse affective que les 12 items historiques.
Bien que certains auteurs aient occasionnellement isolé deux sous-dimensions secondaires dans des analyses factorielles sans contrainte (séparant d’une part la composante affective individuelle d’angoisse/insuffisance et d’autre part la composante relationnelle d’insatisfaction/colère), la corrélation très élevée entre ces deux facteurs hypothétiques (r > 0,70) et les résultats des analyses factorielles confirmatoires de second ordre justifient pleinement l’usage d’un score global unidimensionnel. Les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,95, TLI > 0,93, RMSEA < 0,06) confirment l’adéquation optimale du modèle unifactoriel pour modéliser la détresse sexuelle chez la femme.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé court, conçu pour une passation rapide et autonome ne nécessitant qu’environ 3 à 5 minutes.
- Type de test : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Patient-Reported Outcome).
- Format d’administration : Papier-crayon ou version numérique/électronique (eCOA/ePRO), auto-administré par la participante.
- Nombre d’items : 13 items formulés sous la forme d’énoncés courts décrivant des états émotionnels ou des problématiques sexuelles.
- Période de rappel : Standard de 30 jours (les 30 derniers jours incluant aujourd’hui) ; une version alternative validée utilise une fenêtre de rappel de 7 jours.
- Échelle de réponse : Échelle ordinale de Likert à 5 points :
0 = Jamais (Never)
1 = Rarement (Rarely)
2 = De temps en temps (Occasionally)
3 = Souvent (Frequently)
4 = Toujours (Always) - Modalités de cotation et calcul du score :
- Chaque item reçoit une note entière comprise entre 0 et 4.
- Le score total de la FSDS-R est obtenu par la somme arithmétique directe des 13 items.
- Le score global s’échelonne ainsi de 0 à 52 points.
- L’item 13 peut être extrait et analysé de manière isolée (score de 0 à 4) pour suivre spécifiquement la détresse liée à la libido.
- Seuil d’interprétation clinique :
- Un score total ≥ 11 indique un niveau cliniquement significatif de détresse sexuelle, marquant le passage vers la pathologie au sens des critères diagnostiques nosographiques.
- Un score inférieur à 11 est considéré comme se situant dans l’intervalle normatif sans souffrance sexuelle pathologique.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’histoire éditoriale et le statut juridique de l’échelle s’articulent autour des jalons suivants :
- Année de conception et publication : L’échelle originale FSDS (12 items) a été créée et déposée sous copyright en 2000/2002 par l’American Foundation for Urologic Disease, Inc. (AFUD). La version révisée (FSDS-R, 13 items) a été publiée et validée formellement en 2008 sous la houlette du Dr Leonard R. Derogatis et de ses collaborateurs.
- Droits d’auteur et copyright : Copyright © 2000, 2002, 2008 par l’American Foundation for Urological Disease, Inc. (désormais intégrée au sein de l’Urology Care Foundation / American Urological Association). Tous droits réservés. L’instrument est une œuvre protégée et ne peut être altéré, numérisé à des fins commerciales ou reproduit sans autorisation contractuelle préalable.
- Conditions d’accès et tarifs :
- Recherche académique, thèses et pratique clinique non subventionnée : L’accès est généralement accordé à titre gracieux sur demande écrite ou moyennant des frais administratifs symboliques, sous réserve de non-modification du texte original.
- Essais cliniques de l’industrie pharmaceutique et études sous contrat commercial : Des accords de licence payants sont requis, impliquant l’acquisition formelle de droits d’utilisation pour la gestion de données électroniques (ePRO).
- Contact officiel : Les demandes de permissions et correspondances scientifiques doivent être adressées au : Dr Leonard R. Derogatis, Johns Hopkins Department of Psychiatry and Behavioral Sciences — Center for Sexual Medicine at Sheppard Pratt, Baltimore, MD 21285, USA. Courriel : [email protected].
12. Références / References
- Basson, R., Berman, J., Burnett, A., Derogatis, L., Ferguson, D., Fourcroy, J., Goldstein, I., Graziottin, A., Heiman, J., Kaufert, P., Mason, K., Mikhail, M., Nehra, A., Padma-Nathan, H., Rosen, R., Segraves, R. T., Stief, C., & Tiefer, L. (2000). Report of the international consensus development conference on female sexual dysfunction: Definitions and classifications. The Journal of Urology, 163(3), 888–893. https://doi.org/10.1016/S0022-5347(05)67828-7
- Derogatis, L. R., Clayton, A., Lewis-D’Agostino, D., Wunderlich, G., & Fu, Y. (2008). Validation of the Female Sexual Distress Scale—Revised for assessing distress in women with Hypoactive Sexual Desire Disorder. The Journal of Sexual Medicine, 5(2), 357–364. https://doi.org/10.1111/j.1743-6109.2007.00672.x
- Derogatis, L. R., Pyke, R., McCormack, J., Hunter, A., & Harding, G. (2008, Décembre). Content validity of the Female Sexual Distress Scale—Revised (FSDS-R) in women with Hypoactive Sexual Desire Disorder (HSDD). Communication par affiche présentée au Joint Congress of the European and International Societies for Sexual Medicine, Bruxelles, Belgique.
- Derogatis, L. R., Rosen, R., Leiblum, S., Burnett, A., & Heiman, J. (2002). The Female Sexual Distress Scale (FSDS): Initial validation of a standardized scale for assessment of sexually related personal distress in women. Journal of Sex & Marital Therapy, 28(4), 317–330. https://doi.org/10.1080/00926230290001448
- Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
- Rosen, R., Brown, C., Heiman, J., Leiblum, S., Meston, C., Shabsigh, R., Ferguson, D., & D’Agostino, R. (2000). The Female Sexual Function Index (FSFI): A multidimensional self-report instrument for the assessment of female sexual function. Journal of Sex & Marital Therapy, 26(2), 191–208. https://doi.org/10.1080/009262300278597
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Below is a list of feelings and problems that women sometimes have concerning their sexuality. Please read each item carefully, and circle the number that best describes HOW OFTEN THAT PROBLEM HAS BOTHERED YOU OR CAUSED YOU DISTRESS DURING THE PAST 30 DAYS INCLUDING TODAY. Circle only one number for each item, and take care not to skip any items. If you change your mind, erase your first circle carefully. Read the example before beginning, and if you have any questions please ask about them.
0 = Never
1 = Rarely
2 = Occasionally
3 = Frequently
4 = Always
[ 0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always ]
HOW OFTEN DID YOU FEEL:
- Distressed about your sex life
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Unhappy about your sexual relationship
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Guilty about sexual difficulties
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Frustrated by your sexual problems
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Stressed about sex
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Inferior because of sexual problems
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Worried about sex
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Sexually inadequate
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Regrets about your sexuality
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Embarrassed about sexual problems
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Dissatisfied with your sex life
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Angry about your sex life
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always) - Bothered by low sexual desire
(0 = Never | 1 = Rarely | 2 = Occasionally | 3 = Frequently | 4 = Always)