Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (SD)

L’Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (SD) est un outil psychométrique classique de 39 items issu du MMPI permettant de mesurer les biais d’auto-présentation et la résilience psychologique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 16, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 16, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (Edwards Social Desirability Scale, ESD ou échelle SD) est un instrument psychométrique pionnier développé par le psychologue américain Allen L. Edwards en 1957. Conçue initialement pour quantifier la propension des individus à se décrire sous un jour socialement valorisé en l’absence d’injonction spécifique, cette échelle comprend 39 items issus d’un sous-ensemble expérimental du Minnesota Multiphasic Personality Inventory (MMPI). Les items ont été sélectionnés sur la base d’un consensus unanime de juges quant à la désirabilité sociale intrinsèque des énoncés. L’instrument utilise un format de réponse dichotomique (Vrai / Faux), où 9 énoncés sont cotés positivement (« Vrai ») et 30 énoncés le sont négativement (« Faux »), pour un score global oscillant entre 0 et 39 points.

D’un point de vue psychométrique, l’échelle d’Edwards présente une cohérence interne élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement compris entre 0,83 et 0,87 au sein de populations étudiantes et cliniques. La fidélité test-retest à deux semaines se situe autour de 0,66 pour les hommes et 0,68 pour les femmes. L’échelle a fait l’objet d’un débat historique majeur dans la littérature sur l’évaluation de la personnalité : tandis qu’Edwards et certains chercheurs y voyaient un pur artefact de style de réponse (response style ou response set) contaminant les auto-évaluations, d’autres théoriciens, notamment Jack Block, ont démontré qu’elle mesure une dimension substantielle de personnalité assimilable à la résilience psychologique (ego-resiliency) et à l’absence de détresse psychique. L’échelle SD demeure un instrument de référence incontournable en psychométrie fondamentale pour isoler la part de variance associée aux biais d’auto-présentation et à l’ajustement émotionnel global.

2. Mots-clés / Keywords

Désirabilité sociale, Échelle d’Edwards, Psychométrie, MMPI, Biais de réponse, Auto-évaluation, Résilience du moi, Gestion des impressions, Évaluation de la personnalité, Cohérence interne, Fidélité test-retest, Validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et formalisée par :

  • Allen L. Edwards, Ph.D. (1914–1994) : Psychologue et psychométricien éminent, professeur au Département de psychologie de l’Université de Washington (Seattle, États-Unis). Edwards est reconnu internationalement pour ses travaux fondateurs sur l’analyse de variance, la conception expérimentale, les techniques d’échelonnage psychologique et la mise en évidence du rôle central de la désirabilité sociale dans les inventaires de personnalité.

Les prolongements théoriques et empiriques majeurs de l’instrument ont été menés conjointement avec des collaborateurs réguliers tels que James A. Walsh (Université de Washington), et ont suscité les réanalyses critiques de chercheurs majeurs en psychométrie tels que Jack Block (Université de Californie à Berkeley), Douglas N. Jackson, Samuel Messick, et ultérieurement Delroy L. Paulhus (Université de Colombie-Britannique).

4. Objectif / Purpose

L’objectif premier de l’Échelle de désirabilité sociale d’Edwards est de fournir une mesure quantitative standardisée de la tendance individuelle à approuver des énoncés d’auto-description en fonction de leur caractère socialement désirable plutôt que de leur adéquation stricte avec la réalité objective du comportement. Edwards (1957) a défini ce construit comme la disposition habituelle et caractéristique d’un individu à présenter une image positive de soi dans un protocole d’auto-évaluation, et ce, sans qu’aucune consigne explicite d’induction de faux semblants (faking good) ou de manipulation d’impression ne lui ait été adressée.

Dans le contexte de la psychologie différentielle et de l’évaluation clinique des années 1950, l’objectif fondamental d’Edwards était d’élucider pourquoi les échelles cliniques du MMPI présentaient d’importantes intercorrélations non expliquées par la seule nosographie psychiatrique. Edwards a émis l’hypothèse que la variance partagée entre des échelles mesurant par exemple la dépression, l’hypocondrie ou la déviance psychopathologique était principalement attribuable à une dimension sous-jacente d’évaluation évaluative : les individus répondent systématiquement en rejetant les items décrivant des symptômes psychologiques indésirables et en embrassant ceux qui décrivent un fonctionnement adaptatif.

Les applications de l’échelle SD se déclinent sur plusieurs plans :

  • Contrôle méthodologique en recherche : L’échelle est utilisée comme variable de contrôle ou covariable statistique pour neutraliser le biais d’auto-présentation favorable lors de la validation d’instruments de mesure portant sur des construits sensibles (ex. psychopathologie, attitudes déviantes, compétences interpersonnelles).
  • Clarification nosologique et clinique : En contexte clinique, l’échelle permet de différencier le déni franc de la détresse psychologique (score très élevé) de l’aveu ou de l’exagération de la souffrance psychique (score très faible), particulièrement observable chez les patients présentant un état dépressif caractérisé.
  • Recherche fondamentale sur les styles de réponse : L’instrument sert de pierre angulaire dans les études visant à décomposer les composantes de la désirabilité sociale, notamment pour distinguer l’auto-illusion spontanée (self-deceptive enhancement) de la gestion délibérée de l’image (impression management).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’échelle SD d’Edwards a fait l’objet d’une intense évolution théorique au cours des six dernières décennies. À l’origine, Edwards envisageait la désirabilité sociale comme un paramètre de réponse stylistique : la probabilité qu’un item soit approuvé par un répondant est une fonction linéaire presque parfaite de la valeur d’évaluation attribuée à cet item par un groupe de pairs. Lorsque les énoncés portent sur des thématiques à forte charge évaluative (santé mentale, calme, contrôle de soi, honnêteté), la réponse de l’individu renseignerait moins sur son comportement objectif que sur son degré de sensibilité aux normes sociales partagées.

Néanmoins, l’analyse approfondie du contenu des 39 items révèle une forte imprégnation de thématiques relatives à la détresse psychologique, à l’anxiété somatique, à la vulnérabilité émotionnelle et au sentiment d’incompétence. Sur les 39 items, 30 décrivent des états d’inadaptation émotionnelle ou de labilité affective et sont cotés « Faux » pour obtenir un point de désirabilité sociale (ex. se sentir inutile, pleurer facilement, avoir des cauchemars répétés, redouter les crises). Les 9 items cotés « Vrai » reflètent des affirmations d’optimisme, d’absence de plaintes physiques et de résilience générale (ex. être heureux la plupart du temps, avoir rarement des maux de tête).

Cette composition a généré deux interprétations divergentes du construit :

  • L’interprétation stylistique (Edwards) : L’échelle mesure un style de réponse généralisé, une tendance formelle à endosser les assertions valorisantes et à rejeter les assertions dévalorisantes, menaçant la validité des inventaires d’auto-évaluation.
  • L’interprétation substantielle (Block) : Jack Block (1965) a soutenu avec force que l’échelle d’Edwards ne mesure pas un simple biais d’auto-présentation superficiel, mais un trait de personnalité cardinal : la résilience du moi (ego-resiliency), définie comme la capacité d’adaptation flexible face au stress, l’équilibre affectif et l’absence fondamentale de névrosisme ou de psychopathologie. Selon cette perspective, une personne obtenant un score élevé ne simule pas nécessairement : elle peut réellement posséder un fonctionnement psychologique robuste, harmonieux et exempt d’anxiété invalidante.

Plus tard, les travaux de Delroy L. Paulhus (1984, 1986) ont permis de réconcilier ces approches en identifiant deux dimensions au sein de la désirabilité sociale : l’auto-illusion positive (ou auto-tromperie, self-deception), qui est une tendance sincère et inconsciente à se percevoir sous un angle psychologiquement ajusté et invincible, et la gestion des impressions (impression management), qui renvoie à une manipulation consciente et intentionnelle du discours pour plaire à autrui. L’échelle SD d’Edwards se situe de manière prépondérante du côté de l’auto-illusion positive et de l’adaptation psychique substantielle, se démarquant ainsi nettement des échelles de mensonge délibéré comme l’échelle Lie (L) du MMPI ou l’échelle de Marlowe-Crowne.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique au sein duquel s’inscrit l’Échelle de désirabilité sociale d’Edwards est intimement lié aux débats psychométriques des années 1950 et 1960 sur les styles de réponse (response styles) versus le contenu substantiel (content) dans l’évaluation de la personnalité par questionnaire. Ce mouvement a été impulsé par les observations selon lesquelles les inventaires objectifs étaient vulnérables à des biais systématiques tels que l’acquiescement (la propension à répondre « Vrai » indépendamment du contenu) et la désirabilité sociale (la propension à choisir l’alternative socialement la plus prisée).

Edwards a proposé un modèle psychophysique appliqué à la personnalité. En appliquant la méthode des jugements par intervalles apparemment égaux de L. L. Thurstone, Edwards a démontré que la probabilité d’approbation d’un item de personnalité présente une corrélation extrêmement élevée (souvent supérieure à r = 0,85) avec la moyenne des jugements de désirabilité sociale de cet item. Selon Edwards, le processus de réponse d’un participant ne consiste pas en une introspection factuelle neutre, mais en un filtre évaluatif où l’attrait social de l’énoncé détermine en grande partie la sélection de la réponse dichotomique.

Ce cadre théorique a cependant été vigoureusement contesté par le courant substantiel mené par Jack Block (1965) dans sa monographie classique The Challenge of Response Sets. Block a avancé que la corrélation étroite entre désirabilité sociale et approbation des items découle du fait que les critères de santé mentale et les normes sociales convergent naturellement : il est à la fois socialement désirable et psychologiquement sain d’être calme, heureux et fonctionnel. Par conséquent, dépouiller un inventaire de personnalité de sa variance de désirabilité sociale reviendrait, selon Block, à éliminer la variance valide associée à l’ajustement psychologique et au bien-être émotionnel.

Le modèle bifactoriel de Jackson et Messick (1962), ainsi que les conceptualisations ultérieures de Wiggins (1964) et Paulhus (1984), ont permis de positionner l’échelle d’Edwards sur le Premier Facteur du MMPI. Ce premier facteur (souvent baptisé facteur Alpha par Wiggins ou Anxiété/Détresse par Welsh) s’oppose directement au second facteur (facteur Gamma ou Répression/Contrôle). Alors que l’échelle de Crowne-Marlowe (1960) a été construite spécifiquement pour mesurer l’approbation de comportements socialement louables mais rares en évitant le contenu psychopathologique (capturant ainsi le besoin d’approbation sociale et la gestion des impressions), l’échelle d’Edwards demeure indissociable de l’absence de névrosisme et de la préservation de l’estime de soi.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle SD d’Edwards a été documentée à travers plusieurs décennies de recherches empiriques rigoureuses, confirmant à la fois sa robustesse statistique et la complexité de son interprétation.

Validité convergente

L’échelle SD montre des corrélations très fortes avec d’autres échelles construites à partir de critères de désirabilité sociale extrême. Holden et Fekken (1989) ont rapporté une corrélation de r = 0,71 entre l’échelle SD d’Edwards et l’échelle de désirabilité du Personality Research Form (PRF) de Jackson (1967), un inventaire conçu pour échantillonner des domaines de personnalité variés en dehors de la psychopathologie clinique. De même, l’échelle SD corrèle massivement (souvent entre r = 0,80 et r = 0,90) avec le premier facteur non tourné du MMPI, démontrant qu’elle s’aligne directement sur le principal vecteur d’évaluation de soi du répertoire d’items du MMPI.

Validité discriminante

La validité discriminante de l’échelle d’Edwards a suscité d’importantes controverses méthodologiques :

  • Chevauchement avec l’anxiété : Dès les premières analyses, les critiques ont souligné que 22 des 39 items de l’échelle SD figuraient également dans l’échelle d’anxiété manifeste de Taylor (Taylor Manifest Anxiety Scale, TMAS ; Taylor, 1953). Les corrélations inverses entre l’échelle SD et la TMAS atteignent fréquemment des valeurs comprises entre r = -0,80 et r = -0,85, amenant certains auteurs à qualifier l’échelle SD de simple mesure inversée de l’anxiété. Edwards et Walsh (1964) ont toutefois démontré que lorsque les items à contenu manifestement psychopathologique étaient neutralisés ou retirés, le profil général des corrélations de l’échelle avec d’autres variables de personnalité demeurait pratiquement inchangé.
  • Distinction avec le mensonge intentionnel : Edwards (1957, 1970) a formellement distingué son échelle des mesures de simulation ou de mensonge délibéré (comme l’échelle Lie du MMPI). Les études empiriques (Edwards & Walsh, 1964 ; Wiggins, 1964 ; Paulhus, 1984) confirment que l’échelle SD ne corrèle que modestement (r ≈ 0,20 à 0,35) avec les échelles de gestion des impressions (Impression Management) ou l’échelle de Marlowe-Crowne, démontrant que la SD ne capture pas une tentative consciente de manipulation d’autrui mais une disposition d’auto-évaluation positive spontanée.

Validité de construit en contexte clinique et expérimental

La validité de construit est également appuyée par des études comparatives entre populations saines et cliniques. Tanaka-Matsumi et Kameoka (1986) ont examiné les scores à l’échelle SD chez 503 participants et ont mis en évidence une différence significative majeure : les sujets témoins non déprimés présentaient une moyenne de 26,7 (É.-T. = 6,3), tandis que les individus présentant un diagnostic de dépression obtenaient une moyenne significativement plus basse de 20,9 (É.-T. = 5,3). Cette baisse drastique chez les patients déprimés corrobore le fait que le construit est sensible à l’effondrement de l’estime de soi et à la présence aiguë d’affects négatifs.

Sur le plan expérimental, Paulhus (1984) a comparé les scores obtenus sous condition d’anonymat strict (moyenne = 28,4 ; É.-T. = 5,5 ; n = 60) et sous condition de divulgation publique avec identification des répondants (moyenne = 30,3 ; É.-T. = 4,9 ; n = 40). Bien que la condition publique induise une légère élévation du score, cette hausse reste modérée en comparaison des variations observées sur les échelles dédiées à la gestion délibérée des impressions, confirmant le caractère essentiellement dispositionnel et intériorisé de l’échelle SD.

8. Fidélité / Reliability

L’échelle SD d’Edwards possède d’excellentes qualités de fidélité métrologique, largement documentées au sein d’échantillons universitaires, professionnels et cliniques.

Cohérence interne

La consistance interne des 39 items est particulièrement robuste compte tenu de la nature dichotomique des réponses (Vrai / Faux) :

  • Les coefficients de cohérence interne calculés via la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) et le coefficient alpha de Cronbach s’échelonnent de façon constante entre 0,83 et 0,87 dans les échantillons normatifs rapportés par Edwards (1957) et Edwards et Walsh (1964).
  • Ces valeurs indiquent une forte homogénéité du réservoir d’items autour d’un continuum d’évaluation unifié : les individus qui rejettent un énoncé d’inadaptation émotionnelle tendent de manière très prévisible à rejeter l’ensemble des énoncés de détresse de l’échelle.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été investiguée sur divers intervalles temporels :

  • Dans une étude de référence menée par Rorer et Goldberg (1965), un coefficient de stabilité temporelle à deux semaines d’intervalle a été mesuré à r = 0,66 pour les hommes et r = 0,68 pour les femmes.
  • Des études complémentaires sur des périodes plus courtes (1 à 7 jours) rapportent des corrélations oscillant entre 0,75 et 0,82. Ces niveaux de stabilité, bien que légèrement inférieurs à ceux d’échelles de traits de personnalité rigides comme l’extraversion, témoignent d’une disposition comportementale stable tout en conservant une réactivité modérée aux fluctuations passagères de l’humeur et du niveau d’activation émotionnelle.

Erreur standard de mesure (SEM)

L’erreur standard de mesure associée à l’échelle se situe approximativement entre 2,2 et 2,6 points sur l’échelle de 0 à 39, permettant d’établir des intervalles de confiance fiables lors de l’interprétation individuelle des profils dans un cadre diagnostique ou de sélection.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) menées sur l’échelle SD d’Edwards ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de la psychométrie contemporaine.

Unifactorialité et saturation sur le Premier Facteur du MMPI

L’analyse factorielle des 39 items de l’échelle d’Edwards isole invariablement un facteur général prédominant qui explique une part substantielle de la variance totale (généralement entre 30 % et 45 % selon les matrices de corrélation tétrachoriques utilisées). Ce facteur unitaire correspond point par point au mythique Premier Facteur non tourné identifié lors des factorisations globales des 566 items du MMPI original (Jackson & Messick, 1962 ; Block, 1965) :

  • Les items décrivant la vulnérabilité émotionnelle (« At times I think I am no good at all », « I certainly feel useless at times ») présentent les saturations factorielles négatives les plus fortes, oscillant souvent entre -0,55 et -0,75 sur ce facteur central d’ajustement.
  • Les items d’optimisme et d’équilibre somatique (« I am happy most of the time », « My hands and feet are usually warm enough ») s’y associent avec des saturations positives significatives (entre 0,40 et 0,65).

Modèles factoriels d’ordre supérieur

Lorsque l’échelle SD est factorisée aux côtés d’autres instruments de désirabilité sociale (tels que le BIDR de Paulhus, l’échelle de Marlowe-Crowne ou l’échelle L du MMPI), les analyses factorielles en rotation oblique (Promax ou Oblimin) ou orthogonale (Varimax) mettent en évidence deux facteurs d’ordre supérieur :

  1. Facteur d’Auto-Tromperie / Résilience du Moi : L’échelle d’Edwards sature massivement (charge > 0,75) sur ce premier facteur, confirmant qu’elle reflète une perception intériorisée de compétence et de stabilité émotionnelle.
  2. Facteur de Gestion des Impressions / Conformisme Social : L’échelle d’Edwards ne charge que très faiblement sur ce second facteur (charge < 0,25), sur lequel saturent au contraire l’échelle de Marlowe-Crowne et l’échelle Lie du MMPI.

Ces données factorielles démontrent sans ambiguïté que l’instrument d’Edwards n’évalue pas la fausseté opportuniste ou le mensonge conventionnel, mais constitue un indice factoriel pur de l’absence de détresse psychique auto-déclarée.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom de l’instrument : Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (Edwards Social Desirability Scale – ESD / SD).
  • Auteur : Allen L. Edwards (1957).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou informatisé).
  • Nombre total d’items : 39 items (dérivés du MMPI).
  • Format de réponse : Échelle dichotomique (Vrai / Faux).
  • Temps de passation habituel : Approximativement 5 à 10 minutes.
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Chaque réponse concordant avec la clé de désirabilité sociale se voit attribuer 1 point. Les réponses discordantes reçoivent 0 point.
    • 9 items sont cotés positivement (« Vrai » = 1 point) : Items 6, 9, 11, 28, 34, 35, 36, 38, 39.
    • 30 items sont cotés négativement (« Faux » = 1 point) : Items 1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 29, 30, 31, 32, 33, 37.
    • Étendue du score total : Le score composite varie de 0 à 39 points.
  • Interprétation générale des scores :
    • Score élevé (≥ 30) : Forte tendance à l’auto-présentation positive, niveau élevé de résilience psychologique auto-perçue, absence de détresse émotionnelle rapportée ou déni défensif des difficultés personnelles.
    • Score moyen (environ 25 à 29) : Auto-évaluation typique au sein de la population générale adulte saine.
    • Score faible (≤ 20) : Présence notable de détresse psychologique, anxiété manifeste élevée, humeur dépressive ou autodépréciation marquée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’Échelle de désirabilité sociale d’Edwards a été initialement publiée en 1957 dans l’ouvrage fondateur du Pr. Allen L. Edwards, The Social Desirability Variable in Personality Assessment and Research. Les 39 items qui la constituent ont été prélevés directement dans le réservoir d’items du MMPI original (développé par Starke R. Hathaway et J. Charnley McKinley), instrument protégé par le droit d’auteur sous l’égide des Presses de l’Université du Minnesota (University of Minnesota Press).

En matière d’utilisation et de droits :

  • Recherche académique et scientifique : L’échelle d’Edwards est traditionnellement considérée dans la littérature psychologique comme un instrument accessible à des fins de recherche fondamentale sans redevance directe à l’auteur original (l’échelle étant documentée dans les revues universitaires du domaine public psychométrique). Toutefois, en raison de la titularité des droits du MMPI par l’Université du Minnesota pour les applications commerciales ou cliniques certifiées, l’utilisation formelle des livrets et logiciels MMPI complets requiert les autorisations ou l’acquisition des licences correspondantes auprès de l’éditeur ou de ses distributeurs officiels (tels que Pearson Clinical).
  • Tarification : L’accès au protocole dans le cadre de projets de recherche non commerciaux universitaires est généralement libre de droits d’auteur spécifiques sous réserve de citer scrupuleusement la source princeps d’Edwards (1957). Aucun coût par passation n’est exigé pour la reproduction académique de la liste des items d’Edwards.

12. Références / References

  • Block, J. (1965). The challenge of response sets: Unconfounding meaning, acquiescence, and social desirability in the MMPI. Appleton-Century-Crofts. https://doi.org/10.1037/10580-000
  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
  • Edwards, A. L. (1957). The social desirability variable in personality assessment and research. Dryden Press.
  • Edwards, A. L. (1970). The measurement of personality traits by scales and inventories. Holt, Rinehart & Winston.
  • Edwards, A. L., & Walsh, J. A. (1964). Response sets in the MMPI: Values, predictions, and problems. Psychological Bulletin, 61(3), 208–216. https://doi.org/10.1037/h0048684
  • Holden, R. R., & Fekken, G. C. (1989). Structured psychopathological test item characteristics and susceptibility to faking. Journal of Research in Personality, 23(3), 285–298. https://doi.org/10.1016/0092-6566(89)90003-8
  • Jackson, D. N. (1967). Personality Research Form manual. Research Psychologists Press.
  • Jackson, D. N., & Messick, S. (1962). Response styles on the MMPI: Comparison of clinical and normal samples. Journal of Abnormal and Social Psychology, 65(5), 285–299. https://doi.org/10.1037/h0044558
  • Paulhus, D. L. (1984). Two-component models of socially desirable responding. Journal of Personality and Social Psychology, 46(3), 598–609. https://doi.org/10.1037/0022-3514.46.3.598
  • Paulhus, D. L. (1986). Self-deception and impression management in test responses. In A. Angleitner & J. S. Wiggins (Eds.), Personality assessment via questionnaires (pp. 143–165). Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-642-70751-3_8
  • Rorer, L. G., & Goldberg, L. R. (1965). Prolonged sluggishness of adoptive reaction: A test of the MMPI response-style hypotheses. Psychological Bulletin, 63(6), 385–395. https://doi.org/10.1037/h0022067
  • Tanaka-Matsumi, J., & Kameoka, V. A. (1986). Reliabilities and concurrent validities of popular self-report measures of depression, anxiety, and social desirability. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 54(3), 328–333. https://doi.org/10.1037/0022-006X.54.3.328
  • Taylor, J. A. (1953). A personality scale of manifest anxiety. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 48(2), 285–290. https://doi.org/10.1037/h0056264
  • Wiggins, J. S. (1964). Convergent and discriminant validities of MMPI-based scales of social desirability and acquiescence. Journal of Abnormal and Social Psychology, 68(4), 380–387. https://doi.org/10.1037/h0040763

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Read each statement and decide whether it is True or False as applied to you.
Response Scale: Dichotomous (True / False)
Scoring / Reverse Items: Items are scored 1 point if answered in the keyed socially desirable direction. 9 items are keyed True (T) and 30 items are keyed False (F). Total score ranges from 0 to 39. Keyed True: 6, 9, 11, 28, 34, 35, 36, 38, 39. Keyed False: 1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 29, 30, 31, 32, 33, 37.
1

I find it hard to keep my mind on a task or job.
2

I am often down in the dumps.
3

I do not always tell the truth.
4

I have sometimes felt that difficulties were piling up so high that I could not overcome them.
5

I am very seldom troubled by constipation.
6

I am happy most of the time.
7

I find it hard to make talk when I meet new people.
8

I have sometimes stayed away from another person because I feared doing or saying something that I might regret afterwards.
9

It does not bother me particularly to see animals suffer.
10

At times I think I am no good at all.
11

I am easily downed in an argument.
12

I frequently find myself worrying about something.
13

I am inclined to take things hard.
14

I certainly feel useless at times.
15

My hands and feet are usually warm enough.
16

It makes me feel uncomfortable to put on a stunt at a party even when others are doing the same sort of things.
17

I am usually calm and not easily upset.
18

I often feel as if I were not myself.
19

I am quite often not in on the gossip and talk of the group I belong to.
20

I shrink from facing a crisis or difficulty.
21

I feel tired a good deal of the time.
22

I worry quite a bit over possible misfortunes.
23

I like to let people know where I stand on things.
24

I sometimes get so angry that I don't know what I'm doing.
25

I sweat very easily even on cool days.
26

I am easily embarrassed.
27

I cry easily.
28

When I take a new job, I like to be tipped off on who should be gotten next to.
29

I am an important person.
30

I do not have a great deal of stomach trouble.
31

I practically never blush.
32

I am bothered by people outside, on streetcars, in stores, etc., watching me.
33

I sometimes feel that I am about to go to pieces.
34

I feel like giving up quickly when things go wrong.
35

I have very few headaches.
36

I get nervous and upset when I have to make a short trip away from home.
37

I am about as able to work as I ever was.
38

I have nightmares every few nights.
39

I am usually self-conscious in company.
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Looti, M. (2026, octobre 16). Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (SD). Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-desirabilite-sociale-edwards-sd
Looti, Mohammed. “Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (SD).” Base de données de psychologie en français, 16 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-desirabilite-sociale-edwards-sd.
Looti, Mohammed. “Échelle de désirabilité sociale d’Edwards (SD).” Base de données de psychologie en français. octobre 16, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-desirabilite-sociale-edwards-sd.