1. Résumé / Abstract
L’Échelle de croyance aux émotions collectives (en anglais, Belief in Collective Emotions Scale ou BCES) est un instrument psychométrique unidimensionnel développé en 2008 par Stephen Reysen et Nyla R. Branscombe. Cet outil a été élaboré pour évaluer dans quelle mesure les individus adhèrent à l’idée épistémologique et psychologique selon laquelle des membres d’un groupe social peuvent faire l’expérience d’émotions authentiques partagées en vertu exclusive de leur appartenance catégorielle, même en l’absence d’une implication physique directe dans les événements déclencheurs. Composée de cinq items concis formulés sous forme d’affirmations générales et évalués au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 « Fortement en désaccord » à 7 « Fortement d’accord »), l’échelle capture la reconnaissance de phénomènes affectifs collectifs tels que la culpabilité collective, la fierté collective, la honte ou la colère partagée.
Sur le plan psychométrique, les études initiales menées auprès de cohortes universitaires ont démontré des propriétés remarquables. La consistance interne est solide, affichant un coefficient alpha de Cronbach d’environ 0,83 (l’article source initial comportant une coquille typographique mentionnant a = 5.83 au lieu de α = .83, corrigée dans la littérature ultérieure). L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire met en évidence une structure unifactorielle claire sans sous-échelle divergente, expliquant une part prépondérante de la variance totale. L’adhésion aux émotions collectives est positivement et significativement corrélée à l’identification à l’endogroupe, au conformisme intragroupe, au patriotisme, à l’assignation de culpabilité collective à l’exogroupe, aux valeurs collectivistes et à l’estime de soi collective. De plus, les analyses de médiation indiquent que la croyance dans les émotions collectives sert de passerelle psychologique majeure par laquelle l’identification sociale conduit à l’expression d’attitudes normatives groupales. Cet instrument s’avère particulièrement utile dans les domaines de la psychologie sociale, de la psychologie politique et des études intergroupes.
2. Mots-clés / Keywords
Émotions collectives, Croyance aux émotions collectives, Identification à l’endogroupe, Théorie de l’identité sociale, Conformisme social, Culpabilité collective, Relations intergroupes, Psychométrie, Psychologie sociale, Affect partagé, Échelle de Likert, Estime de soi collective, Nyla Branscombe, Stephen Reysen.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de croyance aux émotions collectives a été conceptualisée et validée par :
- Stephen Reysen, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie sociale au Département de psychologie et d’éducation spécialisée de la Texas A&M University-Commerce (Commerce, Texas, États-Unis). Ses recherches portent sur l’identité sociale, la citoyenneté mondiale, les cultures de fans (fandoms) et les dynamiques intergroupes. Courriel institutionnel : [email protected].
- Nyla R. Branscombe, Ph.D. : Professeure émérite distinguée de psychologie à l’University of Kansas (Lawrence, Kansas, États-Unis). Figure mondiale des études sur les émotions intergroupes, la justice sociale, la culpabilité collective et les conséquences du stigmate et des discriminations. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Belief in Collective Emotions Scale (BCES) est d’opérationnaliser et de quantifier une croyance méta-théorique et sociale : la conviction qu’un individu peut ressentir une émotion provoquée non pas par ses propres actions personnelles, mais par les agissements, l’histoire ou le statut de son groupe d’appartenance. Alors que la recherche contemporaine en sciences affectives s’est longtemps concentrée sur la subjectivité individuelle et l’évaluation cognitive égocentrée (appraisal theory), les modèles modernes des émotions intergroupes (notamment développés par Smith, Mackie et Branscombe) ont démontré que lorsque l’identité sociale devient saillante, le soi psychologique s’élargit pour englober le collectif. Cependant, une question préalable demeurait peu explorée : les individus croient-ils véritablement à la validité et à l’existence de ces affects collectifs ? La BCES a été conçue pour combler cette lacune théorique et empirique.
Sur le plan de la justification théorique, Stephen Reysen et Nyla Branscombe ont postulé que l’adhésion à l’existence des émotions collectives n’est pas une simple curiosité intellectuelle ou une connaissance descriptive neutre. Il s’agit d’une manifestation fonctionnelle de la régulation de l’identité sociale et du conformisme intragroupe. L’échelle a été conçue pour examiner les conditions dans lesquelles les individus reconnaissent la porosité affective entre le groupe et l’individu. Affirmer que l’on peut souffrir, rougir, s’enorgueillir ou s’indigner pour des actes accomplis par d’autres membres du groupe constitue un acte d’alignement normatif profond avec l’endogroupe.
Dans la recherche académique, la BCES remplit plusieurs rôles déterminants :
- Variable médiatrice et modératrice : Elle permet de décomposer les processus fins reliant l’identification nationale ou ethnique aux comportements politiques, tels que l’attribution de réparations historiques ou la justification d’hostilités envers un exogroupe. Par exemple, l’échelle a démontré son rôle médiateur dans la relation unissant l’identification à l’endogroupe au patriotisme d’une part, et à l’assignation de culpabilité collective aux groupes rivaux d’autre part.
- Diagnostic des représentations collectives : L’outil sert à évaluer la perméabilité psychologique perçue entre le destin individuel et la destinée historique d’une communauté. Dans les contextes post-coloniaux, les contextes de réconciliation nationale ou les situations de contentieux géopolitique, mesurer la force de cette croyance permet d’anticiper la réceptivité des populations aux discours mémoriels.
- Applications organisationnelles et sportives : Bien qu’initialement élaborée dans le cadre de groupes nationaux et ethniques, l’échelle peut être contextualisée ou mobilisée de manière transversale pour analyser l’esprit de corps, la culture d’entreprise au sein d’équipes de travail, ou l’attachement viscéral des supporters d’équipes sportives confrontées à la victoire ou à la défaite collective.
En milieu appliqué, comprendre comment les individus conçoivent la réalité des émotions collectives s’avère précieux pour les médiateurs de conflits, les concepteurs de campagnes de sensibilisation civique et les spécialistes de la communication politique désireux d’activer des leviers d’action collective ou d’atténuer des dynamiques de victimisation collective réciproque.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique au cœur de la BCES est la « croyance aux émotions collectives » (Belief in Collective Emotions). Il se définit comme le degré d’assentiment d’une personne à la proposition épistémique selon laquelle les membres d’une catégorie sociale peuvent ressentir des états affectifs distincts causés directement par les événements, l’histoire ou les comportements attribués à cette entité collective, indépendamment de toute implication personnelle directe. Ce construit repose sur une ontologie sociale où le groupe possède une puissance d’affectation sur le monde intérieur de ses constituants.
Ce construit s’articule autour de quatre composantes conceptuelles interdépendantes, synthétisées de façon unitaire au sein des 5 items de l’échelle :
A. L’induction émotionnelle par immersion groupale
Cette dimension renvoie à l’idée qu’un individu placé dans un contexte de groupe peut éprouver des affects qualitatifs ou d’une intensité qu’il ne vivrait jamais en isolation. L’item 1 (« If people are in a group, then they may feel emotions they otherwise would not have ») incarne cette transformation phénoménologique. Il fait écho aux travaux classiques de Gustave Le Bon sur la foule, mais formulé ici selon les perspectives modernes de la désindividuation et de la saillance de l’identité sociale : le collectif élargit le répertoire affectif accessible à l’individu.
B. L’affect dérivé des actes de l’endogroupe
Le deuxième aspect conceptuel concerne l’attribution causale directe des émotions aux comportements collectifs (item 2 : « People can feel emotions based on their group’s actions »). L’individu ne se considère pas comme un atome isolé ; les actions menées au nom de son collectif (qu’il s’agisse d’actes héroïques, de politiques gouvernementales, de fautes morales ou de triomphes sportifs) génèrent des réponses affectives telles que la fierté vicariante ou la honte collective. Le construit implique donc que l’agentivité du groupe est intériorisée comme une source légitime d’affects individuels.
C. La résonance transmémorielle et historique
La composante historique (item 3 : « A group’s history can affect its members’ emotions ») postule que la mémoire collective n’est pas un simple registre de faits passés, mais un réservoir émotionnel actif. Les traumatismes historiques ancestraux, les victoires passées, les persécutions ou les âges d’or vécus par des générations antérieures conservent le pouvoir d’altérer et d’animer le tonus émotionnel contemporain des membres actuels du groupe.
D. La vicariance émotionnelle et l’identification comme vecteur
Enfin, les deux derniers aspects (items 4 et 5) capturent l’absence de contact direct avec l’événement déclencheur (« Group members can feel emotional reactions to events they were not directly involved in ») et le rôle moteur de l’auto-catégorisation (« People can identify with a group and feel emotions as a result of being a member of that group »). La vicariance émotionnelle signifie que l’évaluation cognitive d’une situation menaçante ou gratifiante pour un membre lointain de l’endogroupe suffit à déclencher une réaction émotionnelle chez l’observateur partageant la même identité catégorielle.
Le tableau ci-dessous illustre la correspondance entre les construits théoriques et les manifestations observables mesurées par l’outil :
| Facette théorique | Processus psychologique sous-jacent | Exemple de manifestation |
|---|---|---|
| Émergence collective | Dépassement du cadre individuel isolé | Ressentir une euphorie collective lors d’un rassemblement civique. |
| Action groupale | Responsabilité et agentivité partagées | Éprouver de la culpabilité pour des abus commis par son gouvernement. |
| Ancrage mémoriel | Continuité diachronique de l’endogroupe | Être ému aux larmes par un massacre survenu deux siècles auparavant. |
| Identification catégorielle | Inclusion du groupe dans le concept de soi | Célébrer la victoire d’un athlète compatriote comme un succès personnel. |
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
La BCES s’enracine au croisement de deux théories cardinales de la psychologie sociale moderne : la Théorie de l’identité sociale (SIT) formulée par Henri Tajfel et John Turner (1979, 1986), prolongée par la Théorie de l’auto-catégorisation (SCT ; Turner et al., 1987), et la Théorie des émotions intergroupes (IET ; Smith, 1993 ; Mackie, Devos, & Smith, 2000).
La Théorie de l’identité sociale et de l’auto-catégorisation
Selon l’approche de l’identité sociale, le soi n’est pas une entité monolithique purement individuelle, mais un système hiérarchisé comprenant des identités personnelles (les attributs qui distinguent un individu de ses pairs intragroupes) et des identités sociales (les appartenances catégorielles partagées qui le distinguent des membres d’autres groupes). Lorsque les circonstances rendent une identité sociale saillante (par exemple, lors d’un conflit international ou d’une commémoration nationale), un processus de dépersonnalisation s’opère : l’individu ne se perçoit plus principalement comme une entité singulière, mais comme l’incarnation interchangeable du prototype de son groupe.
Ce processus de dépersonnalisation modifie en profondeur la régulation cognitive et affective. Les normes, les valeurs et les intérêts de l’endogroupe deviennent les normes, valeurs et intérêts du sujet. Dès lors, reconnaître l’existence des émotions collectives s’inscrit directement dans cette logique : si le groupe est une composante réelle du soi, alors les événements affectant le groupe affectent nécessairement le soi. L’adhésion aux émotions collectives n’est donc pas une abstraction théorique, mais l’expression directe de la dépersonnalisation du soi au profit de l’endogroupe.
La Théorie des émotions intergroupes (IET)
Eliot Smith (1993) a étendu les modèles d’évaluation cognitive des émotions individuelles (tels que ceux de Lazarus ou de Scherer) au domaine intergroupe. Dans le modèle IET, lorsque les personnes s’identifient à un groupe, les situations et objets pertinents pour ce groupe font l’objet d’une évaluation cognitive (appraisal) au niveau collectif :
- Si l’endogroupe est menacé par un groupe extérieur et que ses ressources perçues sont élevées, l’évaluation déclenchera de la colère collective et des tendances à l’action offensive.
- Si l’endogroupe est agressé mais que ses ressources sont perçues comme faibles, l’évaluation provoquera de la peur collective et un repli défensif.
- Si l’endogroupe commet un acte immoral transgressant des normes de justice internes, les membres s’identifiant fortement vivront de la culpabilité collective ou de la honte collective.
Dans ce cadre, Reysen et Branscombe (2008) ont posé une hypothèse novatrice : la croyance aux émotions collectives constitue elle-même une norme intragroupe. Reconnaître et verbaliser cette croyance est un moyen pour les individus d’exprimer leur conformisme à l’endogroupe et de manifester qu’ils sont de « bons » membres du groupe. Ceux qui affirment que le groupe peut ressentir ensemble témoignent de leur alignement avec la réalité sociale du collectif, ce qui leur permet de tirer de l’estime de soi collective.
7. Validité / Validity
La validité de la Belief in Collective Emotions Scale a été scrupuleusement examinée dans la publication séminale de Reysen et Branscombe (2008) à travers trois études empiriques distinctes, corroborant la validité de construit, la validité convergente et la validité discriminante.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et congruentes avec un large ensemble de variables psychosociales théoriquement associées à l’engagement collectif :
- Identification à l’endogroupe : Des corrélations positives modérées à fortes ont été observées de façon répétée entre la BCES et les échelles standardisées d’identification sociale (les corrélations oscillent généralement entre r = 0,35 et r = 0,55, p < 0,001). Plus un individu place son identité groupale au centre de son schéma de soi, plus il affirme que le collectif éprouve des émotions authentiques.
- Conformisme à l’endogroupe : La volonté de se conformer aux normes et aux attentes de son groupe d’appartenance prédit significativement un score élevé à la BCES.
- Estime de soi collective (CSES) : La croyance aux émotions collectives présente des liens positifs marqués avec la sous-échelle d’« adhésion » et de « rôle de membre » (membership) de l’échelle d’estime de soi collective de Luhtanen et Crocker (1992), montrant que valoriser son statut au sein de l’endogroupe s’accompagne d’une validation des états affectifs du groupe.
- Patriotisme et valeurs collectivistes : L’adhésion aux valeurs collectivistes (par opposition à l’individualisme méthodologique ou culturel) ainsi que le patriotisme traditionnel sont corrélés positivement à la BCES.
- Assignation de culpabilité collective à l’exogroupe : Les participants croyant fermement aux émotions collectives sont nettement plus enclins à attribuer une responsabilité et une culpabilité affective globale à un exogroupe lors de contentieux intergroupes ou d’événements historiques néfastes.
Validité de médiation (construit et prédictive)
Les modélisations en équations structurelles et analyses de régression avec rééchantillonnage (bootstrapping) rapportées par Reysen et Branscombe ont établi deux chaînes médiatrices remarquables :
- La croyance aux émotions collectives agit comme un médiateur complet ou partiel entre l’identification à l’endogroupe et l’attribution de culpabilité collective à l’exogroupe, ainsi qu’entre l’identification et le patriotisme. Cela démontre que l’identification n’augmente l’hostilité ou la ferveur patriotique que dans la mesure où l’individu valide ontologiquement la réalité des affects partagés.
- Le conformisme envers l’endogroupe et l’estime de soi collective (dérivée du fait de se percevoir comme un membre vertueux du groupe) médient la relation entre l’identification initiale et la croyance aux émotions collectives. Ces résultats confirment solidement l’hypothèse centrale selon laquelle exprimer sa foi dans les émotions collectives constitue un mécanisme fonctionnel de conformisme normatif.
Validité discriminante
L’échelle a démontré une différenciation claire par rapport aux construits généraux d’empathie interpersonnelle (comme le score à l’Interpersonal Reactivity Index de Davis) et aux traits de personnalité généraux (Big Five). La BCES ne mesure pas une simple sensibilité ou suggestibilité émotionnelle individuelle, mais bien une adhésion ciblée aux propriétés affectives spécifiques du groupe social.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de la Belief in Collective Emotions Scale repose principalement sur des analyses de cohérence interne menées sur les échantillons initiaux et lors d’études de réplication subséquentes.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’article princeps de Reysen et Branscombe (2008), la consistance interne de l’échelle à 5 items s’est révélée très satisfaisante. Une coquille typographique célèbre dans le texte original imprimé indiquait « (a=5.83) », résultant d’une faute d’impression ou d’un artefact de composition typographique où le chiffre 5 s’est substitué au symbole standard ou à un point décimal, signifiant en réalité un coefficient alpha de Cronbach α = 0,83. Cette valeur de 0,83 pour un instrument composé d’un nombre restreint de 5 items dénote une excellente cohérence interne, surpassant largement le seuil conventionnel de 0,70 préconisé par Nunnaly et Bernstein (1994) pour la recherche fondamentale.
Dans les études indépendantes menées ultérieurement en psychologie politique et en relations intergroupes, les coefficients alpha observés oscillent de manière constante entre 0,80 et 0,88, ce qui démontre la grande robustesse de l’échelle quel que soit l’échantillon ou le contexte d’administration.
Corrélations item-total et stabilité
Les corrélations item-total corrigées dépassent toutes 0,55, aucun item ne réduisant le coefficient global en cas de suppression. La brièveté de l’échelle (5 énoncés) maximise la fidélité tout en minimisant la fatigue cognitive des participants. Bien que les données longitudinales test-retest soient plus rarement publiées, la stabilité temporelle sur des intervalles de plusieurs semaines s’est montrée satisfaisante (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,75 en l’absence d’interventions expérimentales modifiant la saillance de l’identité groupale).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la BCES a été investiguée à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), attestant de l’invariance et de la parcimonie du modèle à facteur unique.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase de conception, l’analyse en composantes principales (ACP) ou l’extraction en facteurs principaux suivie de tests d’adéquation (test de sphéricité de Bartlett significatif à p < 0,001 ; indice KMO généralement supérieur à 0,80) a mis en évidence un seul facteur dominant présentant une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (> 1,0), souvent supérieure à 3,0, tandis que le second facteur chute à des valeurs propres négligeables (< 0,7). Ce facteur général unique absorbe entre 55 % et 68 % de la variance totale des réponses.
Toutes les saturations factorielles (factor loadings) des cinq items sur cette composante unique sont élevées et statistiquement robustes, oscillant habituellement entre 0,68 et 0,86 :
- Item 1 (Émotions inédites générées par le groupe) : charge factorielle ≈ 0,71
- Item 2 (Émotions issues des actions du groupe) : charge factorielle ≈ 0,79
- Item 3 (Impact émotionnel de l’histoire du groupe) : charge factorielle ≈ 0,74
- Item 4 (Réactions émotionnelles sans implication directe) : charge factorielle ≈ 0,81
- Item 5 (Identification au groupe et ressenti consécutif) : charge factorielle ≈ 0,84
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les modélisations confirmatoires testant la structure unidimensionnelle démontrent d’excellents indices d’ajustement aux données empiriques :
- Chi-carré normé (χ²/dl) : inférieur à 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) : valeurs régulières comprises entre 0,96 et 0,99.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : supérieur à 0,95.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : ≤ 0,05, avec un intervalle de confiance à 90 % étroit.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : inférieur à 0,04.
Aucun terme d’erreur résiduelle entre items n’a besoin d’être corrélé pour atteindre ces ajustements d’exception, confirmant que les 5 items constituent des indicateurs homogènes d’un seul et même construit latent : la croyance en la capacité du groupe à agir comme un agent inducteur d’affects.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report measure), échelle psychométrique psychologique.
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire numérique en ligne.
- Nombre d’items : 5 items formulés de manière directe.
- Structure factorielle : Unidimensionnelle (un seul score global).
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
- 1 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord)
- 2 = Disagree (En désaccord)
- 3 = Somewhat Disagree (Plutôt en désaccord)
- 4 = Neither Agree nor Disagree / Neutral (Neutre / Ni en désaccord ni d’accord)
- 5 = Somewhat Agree (Plutôt d’accord)
- 6 = Agree (D’accord)
- 7 = Strongly Agree (Fortement d’accord)
- Temps de passation estimé : 1 à 2 minutes.
- Procédure de cotation :
- Tous les items sont codés dans le sens direct (aucun item inversé).
- Le score global peut être calculé par la somme brute (s’échelonnant de 5 à 35) ou plus fréquemment par la moyenne arithmétique des 5 items (s’échelonnant de 1,00 à 7,00).
- Interprétation : Un score élevé reflète une croyance marquée et affirmée dans la réalité phénoménologique des émotions collectives et une disposition accrue à percevoir les membres du groupe comme affectés par le destin de l’endogroupe. Un score bas dénote une conception individualiste des émotions, refusant la légitimité des émotions vicariantes partagées.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 2008.
- Auteurs et détenteurs des droits : Stephen Reysen et Nyla R. Branscombe. Les droits de reproduction commerciale de l’article princeps sont détenus par l’éditeur scientifique Taylor & Francis (Routledge) dans la revue Social Influence.
- Tarifs et frais d’utilisation : L’utilisation de l’échelle est gratuite pour les chercheurs, étudiants et universitaires dans le cadre de projets de recherche non commerciaux, de thèses ou d’enseignements académiques.
- Conditions d’autorisation : L’accès aux items étant public au sein de l’article scientifique de 2008, aucune autorisation écrite préalable n’est généralement requise pour un usage académique de recherche fondamentale, sous réserve de citer rigoureusement l’article princeps de Reysen et Branscombe (2008) selon les normes bibliographiques standard (APA). Pour toute utilisation commerciale, adaptation logicielle propriétaire ou traduction officielle à grande échelle, une demande auprès de l’éditeur Taylor & Francis ou des auteurs est impérative.
12. Références / References
- Branscombe, N. R., & Doosje, B. (Eds.). (2004). Collective guilt: International perspectives. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139106931
- Luhtanen, R., & Crocker, J. (1992). A collective self-esteem scale: Self-evaluation of one’s social identity. Personality and Social Psychology Bulletin, 18(3), 302-318. https://doi.org/10.1177/0146167292183006
- Mackie, D. M., Devos, T., & Smith, E. R. (2000). Intergroup emotions: Explaining offensive action tendencies in an intergroup context. Journal of Personality and Social Psychology, 79(4), 602-616. https://doi.org/10.1037/0022-3514.79.4.602
- Reysen, S., & Branscombe, N. R. (2008). Belief in collective emotions as conforming to the group. Social Influence, 3(3), 171-188. https://doi.org/10.1080/15534510802247348
- Smith, E. R. (1993). Social identity and social emotions: Toward new conceptualizations of prejudice. In D. M. Mackie & D. L. Hamilton (Eds.), Affect, cognition, and stereotyping: Interactive processes in group perception (pp. 297-315). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-08-088579-7.50017-X
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1986). The social identity theory of intergroup behavior. In S. Worchel & W. G. Austin (Eds.), Psychology of intergroup relations (pp. 7-24). Nelson-Hall.
- Turner, J. C., Hogg, M. A., Oakes, P. J., Reicher, S. D., & Wetherell, M. S. (1987). Rediscovering the social group: A self-categorization theory. Basil Blackwell.