1. Résumé / Abstract
L’Échelle de croyance au mauvais œil (Belief in Evil Eye Scale [BEES] ; Naz & Aslam, 2023) est un instrument psychométrique composé de 18 items, élaboré spécifiquement pour évaluer de manière quantitative et multidimensionnelle les croyances relatives au phénomène du « mauvais œil » au sein du contexte socioculturel pakistanais. Conçue pour pallier les lacunes manifestes des échelles génériques d’évaluation des croyances paranormales et surnaturelles — lesquelles échouaient régulièrement à appréhender la complexité phénoménologique et la spécificité ethnopsychologique de cette croyance populaire —, la BEES est issue d’un processus de développement rigoureux fondé sur des entretiens semi-structurés initiaux, suivis d’une expertise qualitative ayant abouti à une version préliminaire de 28 items, administrée à un échantillon d’adultes pakistanais âgés de 18 à 68 ans.
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont permis d’épurer l’instrument pour retenir une structure robuste à cinq facteurs orthogonaux ou corrélés : les effets du mauvais œil (Evil Eye Effects [EEE]), les indicateurs de sa présence (Evil Eye Indicators [EEI]), les rituels et méthodes de conjuration (Warding off Evil Eye [WEE]), les croyances préventives (Preventive Beliefs [PB]) et les représentations des émetteurs ou jeteurs de sort (Casters of Evil Eye [CEE]). Les participants répondent au moyen d’une échelle de type Likert en cinq points, allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement d’accord »).
Sur le plan psychométrique, la BEES présente une consistance interne modérée à excellente, avec des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach et oméga de McDonald) oscillant entre 0,63 et 0,87 selon les sous-échelles et pour le score global. La validité convergente est étayée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures établies de l’occulte, telles que la Paranormal and Supernatural Belief Scale (PSBS) et la Revised Paranormal Belief Scale (RPBS). Sa validité discriminante est attestée par l’absence d’association confondante avec le Moral Identity Measure (MIM) et le Narcissistic Personality Inventory-16 (NPI-16). La BEES représente ainsi un instrument de référence standardisé pour l’ethnopsychologie, la psychologie sociale et la psychologie clinique interculturelle.
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de croyance au mauvais œil, BEES, psychométrie, croyances paranormales, ethnopsychologie, culture pakistanaise, pratiques apotropaïques, psychologie interculturelle, pensée magique, évaluation psychologique, superstition, validité factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et validée par une équipe de chercheurs en psychologie clinique et sociale au Pakistan :
- Nida Falak Naz : Chercheuse et enseignante au sein du Department of Psychology, Govt. Girls Postgraduate College Abbottabad, Khyber Pakhtunkhwa, Pakistan. Adresse électronique de correspondance institutionnelle : [email protected].
- Naeem Aslam : Professeur agrégé et chercheur au sein du National Institute of Psychology (NIP), Quaid-i-Azam University, Islamabad, Pakistan. Spécialiste renommé de la psychométrie appliquée, des traumatismes et de la psychologie transculturelle.
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Échelle de croyance au mauvais œil (BEES) est d’opérationnaliser, de quantifier et de disséquer systématiquement l’adhésion cognitive, émotionnelle et comportementale au construit du « mauvais œil » (traditionnellement dénommé nazar dans le sous-continent indien et le monde musulman) au sein d’une population adulte. Bien que la croyance selon laquelle un regard envieux, admiratif ou malveillant puisse causer involontairement ou intentionnellement un préjudice corporel, matériel, affectif ou psychologique soit documentée depuis l’Antiquité méditerranéenne et moyen-orientale, les sciences psychologiques ont longtemps manqué d’un outil psychométrique standardisé adapté aux nuances spécifiques des populations sud-asiatiques.
Dans la recherche contemporaine, la majorité des inventaires psychométriques évaluant les idéations superstitieuses ou surnaturelles — à l’instar de la Revised Paranormal Belief Scale de Tobacyk (2004) — agrègent les phénomènes paranormaux sous de vastes catégories telles que la sorcellerie, la réincarnation, la précognition ou la superstition générique (ex. : briser un miroir, passer sous une échelle). Or, de telles classifications globales échouent à capturer la saillance phénoménologique et la prégnance axiologique du mauvais œil dans les contextes collectivismes et spirituels comme celui du Pakistan, où la croyance s’articule directement avec la cosmologie religieuse, les représentations profanes de la maladie et les dynamiques de jalousie interpersonnelle.
Sur le plan de la recherche fondamentale et clinique, la BEES répond à plusieurs impératifs majeurs :
- Exploration ethnopsychologique et étiologique profane : La BEES permet aux chercheurs d’examiner comment les attributions causales externes modulent la perception des affections somatiques inexpliquées, des échecs professionnels ou des ruptures conjugales, fournissant un cadre standardisé pour mesurer l’impact du locus de contrôle externe sur la régulation de l’anxiété.
- Prise en charge psychothérapeutique et compétence culturelle : En milieu clinique transculturel, les patients attribuent fréquemment l’apparition de troubles dépressifs, anxieux ou somatoformes à l’atteinte par le mauvais œil. Disposer d’une échelle étalonnée permet aux cliniciens d’évaluer le degré d’adhésion du consultant sans porter de jugement dépréciatif, facilitant ainsi l’alliance thérapeutique et l’intégration de perspectives ethnopsychiatriques adaptées.
- Compréhension des comportements préventifs et apotropaïques : L’outil mesure non seulement la certitude abstraite quant à l’existence du phénomène, mais également les conduites proactives (rituels, dissimulation de succès, amulettes) mises en place par les individus pour conjurer le mauvais sort, offrant des pistes empiriques pour dissocier les rituels culturellement partagés des compulsions d’allure obsessionnelle.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit du mauvais œil, tel qu’opérationnalisé par Naz et Aslam (2023), n’est pas appréhendé comme une entité unitaire ou monolithique, mais comme un système de croyances cognitivo-comportemental complexe structuré autour de cinq dimensions distinctes et interdépendantes :
1. Effets du mauvais œil (Evil Eye Effects — EEE)
Cette sous-échelle examine l’étendue des conséquences négatives perçues et attribuées à l’intervention du mauvais œil. Le construit englobe les atteintes directes à la santé somatique (maladies subites, léthargie inexpliquée, détérioration physique), les désordres psychologiques (angoisses nocturnes, perte subite de motivation), ainsi que les désastres matériels ou interpersonnels (ruine financière soudaine, discorde familiale, détérioration inexplicable de biens précieux). Par exemple, un individu à score élevé sur cette dimension souscrira à l’idée qu’un individu en parfaite santé peut subitement dépérir à la suite du compliment insincère ou envieux d’un tiers.
2. Indicateurs du mauvais œil (Evil Eye Indicators — EEI)
Cette composante opérationnalise les critères diagnostics profanes ou les signes observables que les individus utilisent pour inférer qu’une personne, un objet ou une situation est sous l’emprise du mauvais œil. Elle comprend l’interprétation d’événements inhabituels coïncidant avec des rencontres sociales, des comportements atypiques chez les nourrissons (pleurs incessants sans cause organique) ou la survenue répétitive de dysfonctionnements domestiques inexpliqués après une exposition publique flatteuse. L’individu adhérant à cette dimension possède un schéma cognitif hyper-vigilant interprétant les anomalies environnementales comme des signatures sémiotiques de l’agression mystique.
3. Conjuration du mauvais œil (Warding off Evil Eye — WEE)
Le facteur de conjuration explore les croyances relatives aux méthodes actives, curatives et réparatrices déployées pour neutraliser les impacts délétères d’un mauvais œil déjà agissant. Dans l’écosystème pakistanais, cela inclut les pratiques apotropaïques traditionnelles, l’utilisation de fumigations de graines spécifiques (graines de rue sauvage ou harmal), la récitation de versets coraniques ciblés (tels que la Ruqyah ou les sourates protectrices Al-Falaq et An-Nas), le recours à des spécialistes spirituels ou l’immolation sacrificielle rituelle d’aumônes (sadaqah). Cette dimension mesure la conviction pragmatique de l’efficacité curative de ces contre-mesures.
4. Croyances préventives (Preventive Beliefs — PB)
Distincte de la conjuration curative, cette dimension quantifie l’arsenal cognitivo-comportemental prophylactique adopté pour éviter d’attirer le regard néfaste en amont. Elle englobe la réticence à divulguer ses succès, ses bonheurs matrimoniaux, ses promotions académiques ou la beauté de ses enfants, de même que le recours régulier à des invocations protectrices préventives (comme la prononciation rituelle de Masha’Allah ou TabarakAllah). L’individu présentant un score élevé sur ce facteur ajuste son comportement social quotidien sur le mode de la dissimulation stratégique afin d’atténuer le risque de susciter la convoitise et l’envie destructrice d’autrui.
5. Émetteurs ou jeteurs du mauvais œil (Casters of Evil Eye — CEE)
Cette dernière sous-échelle se focalise sur les attributions personologiques et typologiques associées aux émetteurs potentiels du mauvais œil. Elle évalue si le répondant conçoit le regard néfaste comme émanant préférentiellement de personnes envieuses, malveillantes ou frustrées, ou s’il envisage que même des proches aimants puissent projeter cette influence délétère par un excès d’admiration non régulé. Elle explore également les caractéristiques physiques, morales ou relationnelles stéréotypiquement prêtées aux individus soupçonnés d’avoir un « œil lourd » ou dangereux.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la BEES s’ancre à la croisée de la psychologie sociale cognitive, de l’anthropologie structurale et de la psychologie cognitive de l’attribution causale, formulée initialement par des théoriciens comme Fritz Heider (1958) et Harold Kelley (1967). Selon la théorie de l’attribution, les êtres humains possèdent un besoin épistémique fondamental de structurer leur environnement et d’assigner des causes intelligibles aux événements négatifs inattendus, ambigus ou incontrôlables.
Dans les contextes socio-historiques où les risques sanitaires, économiques et relationnels demeurent élevés ou imprévisibles, le système de croyance au mauvais œil opère comme un puissant modèle explicatif externe. Il fournit une causalité téléologique à la souffrance arbitraire : l’infortune n’est plus le fruit d’un hasard absurde ou d’une défaillance intrinsèque insoutenable pour l’estime de soi, mais l’effet indirect de l’envie sociale d’autrui. Sur le versant de l’anthropologie psychologique, des théoriciens comme George M. Foster (1972) ont conceptualisé le mauvais œil à travers la doctrine du « bien limité » (Image of Limited Good). Selon Foster, les sociétés traditionnelles conçoivent les ressources (santé, fortune, bonheur, fécondité) comme une quantité finie et strictement close ; par conséquent, le succès manifeste d’un individu implique symboliquement la privation d’un autre, ce qui génère une hostilité latente ou projective sous forme de convoitise destructrice.
Sur le plan de la cognition évolutionniste et de la science cognitive des religions (Boyer, 2001 ; Guthrie, 1993), la croyance au mauvais œil est théorisée comme le sous-produit d’un dispositif de détection d’agents surdimensionné (Hyperactive Agency Detection Device [HADD]). L’esprit humain tend systématiquement à préférer l’hypothèse de l’intentionnalité d’un agent malveillant invisible plutôt qu’un aléa impersonnel. Cette propension cognitive est doublée du biais de confirmation et de la théorie de la gestion de la terreur (Greenberg et al., 1986), dans laquelle les croyances religieuses et magiques rétablissent un sentiment de contrôle vicariant face à la vulnérabilité existentielle. Enfin, le modèle psychopathologique cognitive de Paul Salkovskis (1996) éclaire comment la responsabilité excessive et la peur des pensées interdites nourrissent des rituels de conjuration, reliant la psychométrie du mauvais œil à l’analyse différentielle des schémas de pensée obsessionnels-compulsifs.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’Échelle de croyance au mauvais œil a été rigoureusement démontrée par Naz et Aslam (2023) à travers de multiples procédures empiriques examinant la validité de contenu, la validité convergente et la validité discriminante.
Validité de contenu et de construction préliminaire
La validité de contenu initiale a été assurée par une démarche ascendante (bottom-up). Les auteurs ont extrait des thèmes phénoménologiques à partir d’entretiens qualitatifs approfondis conduits auprès d’adultes croyants issus de la population générale pakistanaise. Un pool initial d’items a ensuite été soumis à l’évaluation systématique d’un panel d’experts en psychologie clinique, psychométrie et sociologie de la culture islamique. Ce comité a éliminé les formulations ambiguës, redondantes ou culturellement incongruentes, stabilisant une version pilote de 28 items avant la phase d’administration quantitative.
Validité convergente
La validité convergente a été établie en corrélant les scores de la BEES avec des instruments reconnus évaluant des dimensions théoriquement connexes du fonctionnement cognitif magico-religieux :
- Paranormal and Supernatural Belief Scale (PSBS ; Dean et al., 2021) : La BEES a présenté des corrélations positives, d’amplitude modérée à forte, statistiquement hautement significatives (p < 0,001) avec la PSBS, confirmant que l’outil capte adéquatement le spectre des croyances aux forces immatérielles agissantes.
- Revised Paranormal Belief Scale (RPBS ; Tobacyk, 2004) : Des associations positives significatives ont été enregistrées avec les sous-échelles de superstition, de sorcellerie et de croyances religieuses traditionnelles de la RPBS, corroborant le fait que l’échelle évalue une construction participant de la pensée magique institutionalisée sans se dissoudre dans une irrationalité générique.
Validité discriminante
Pour garantir que la BEES ne mesure pas simplement des traits de personnalité généraux, des dispositions morales ou des artefacts de désirabilité sociale, sa validité discriminante a été testée contre deux mesures théoriquement indépendantes :
- Moral Identity Measure (MIM ; Aquino & Reed, 2002) : Les analyses ont révélé des corrélations faibles à non significatives entre les scores de la BEES (ainsi que ses cinq sous-échelles) et les dimensions d’intériorisation ou de symbolisation de l’identité morale, indiquant que la croyance au mauvais œil est indépendante de la droiture morale perçue du répondant.
- Narcissistic Personality Inventory-16 (NPI-16 ; Ames et al., 2006) : Aucune corrélation substantielle n’a été mise en évidence avec les traits narcissiques subcliniques, réfutant l’hypothèse simpliste selon laquelle la crainte d’être envié résulterait exclusivement d’une hypertrophie mégalomaniaque du soi.
8. Fidélité / Reliability
La fiabilité de l’Échelle de croyance au mauvais œil (BEES) a fait l’objet d’évaluations exhaustives portant sur l’homogénéité des items et la précision de la mesure au niveau du score composite global et des dimensions factorielles spécifiques.
Consistance interne : Coefficients Alpha et Oméga
Afin de pallier les limitations méthodologiques bien documentées du coefficient alpha de Cronbach — notamment son hypothèse stricte de tau-équivalence souvent violée en psychologie —, les chercheurs ont estimé simultanément l’alpha de Cronbach (α) et l’oméga de McDonald (ω) :
- Score global de la BEES (18 items) : L’instrument complet affiche une consistance interne globale élevée, avec un coefficient α atteignant 0,86 et un coefficient ω atteignant 0,87, attestant d’une excellente cohésion psychométrique globale du construit.
- Sous-échelles factorielles : Les coefficients de fidélité obtenus pour les cinq sous-dimensions oscillent dans des marges tout à fait satisfaisantes, s’échelonnant de 0,63 à 0,86 pour l’alpha de Cronbach, et de 0,63 à 0,87 pour l’oméga de McDonald. Compte tenu du nombre resserré d’items composant chaque sous-échelle (3 à 4 items par facteur), ces indices témoignent d’une saturation homogène de la variance d’erreur sans redondance sémantique excessive.
Précision de la mesure
Les analyses d’indices de corrélation item-total corrigés ont démontré que l’intégralité des 18 items retenus présentaient des corrélations substantielles (> 0,35) avec leurs dimensions respectives, confirmant l’absence d’items parasites affaiblissant la fidélité de l’outil final.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture latente de la BEES a été établie par une démarche séquentielle combinant Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) sur des sous-échantillons d’adultes pakistanais.
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE) et épuration des items
L’AFE initiale menée sur le réservoir expérimental de 28 items a tout d’abord suggéré une solution factorielle à six dimensions sur la base de la règle d’extraction des valeurs propres supérieures à 1 (critère de Kaiser) et de l’examen de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell). Néanmoins, une analyse qualitative et statistique approfondie a démontré que le sixième facteur était conceptuellement incohérent, instable et composé d’items aux saturations instables sans contribution heuristique pérenne.
Un protocole systématique d’élimination d’items a alors été appliqué, entraînant l’exclusion de 10 énoncés inadéquats :
- Les items 1, 2, 15 et 16 ont été supprimés car ils ne saturaient sur aucun facteur identifiable à un seuil statistique acceptable (< 0,30).
- Les items 27 et 28 présentaient des saturations croisées négatives complexes (negative cross-loadings) déstabilisant la pureté dimensionnelle.
- Les items 6, 12, 17 et 14 ont été purgés en raison de saturations anomales sur des facteurs théoriquement opposés à leur contenu substantiel initial.
Cette épuration rigoureuse a ramené l’échelle à un format optimal de 18 items répartis clairement sur cinq facteurs distincts et interprétables.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Une AFC a été réalisée sur un échantillon indépendant afin de tester l’adéquation empirique du modèle quintidimensionnel issu de la phase exploratoire. Les indices d’ajustement structurel calculés ont attesté d’une excellente concordance entre la matrice de covariance observée et le modèle théorique :
- Chi-carré / Degrés de liberté : χ²(129) = 411,09, soit un ratio χ²/df = 3,18, situant l’ajustement dans les normes acceptables pour un échantillon de taille importante.
- Indices d’ajustement incrémentiels : Le Comparative Fit Index (CFI) s’est élevé à 0,92, l’Incremental Fit Index (IFI) à 0,92, et le Tucker-Lewis Index (TLI) à 0,90, franchissant le seuil critique d’acceptabilité fixé conventionnellement à ≥ 0,90.
- Indices fondés sur les résidus : L’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation [RMSEA]) s’est établie à 0,07 (intervalle de confiance à 90 % compatible avec un bon ajustement), tandis que le Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) a atteint la valeur exemplaire de 0,07 (seuil < 0,08).
Ces données confirment sans équivoque la structure factorielle pentagonale de la BEES et sa transférabilité au sein de la population cible.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’Échelle de croyance au mauvais œil se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé :
- Type d’évaluation : Instrument psychométrique d’auto-évaluation quantitative (self-report inventory).
- Format des réponses : Échelle de Likert ordinale à 5 modalités d’adhésion :
- 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
- 2 = En désaccord (Disagree)
- 3 = Neutre / Indécis (Neutral)
- 4 = D’accord (Agree)
- 5 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
- Nombre d’items : 18 items dans la version définitive validée.
- Langue originale : Ourdou (adapté au contexte sociolinguistique national du Pakistan).
- Temps d’administration : Approximativement 5 à 10 minutes.
- Population cible : Adultes (hommes et femmes) âgés de 18 à 68 ans, incluant les jeunes adultes (18–29 ans), les adultes d’âge mûr (30–49 ans) et les personnes âgées (50 ans et plus).
- Calcul des scores et cotation :
- Scores des sous-échelles : Calculés en sommant les scores des items constitutifs de chaque sous-dimension (Effets, Indicateurs, Conjuration, Prévention, Émetteurs), ou en calculant la moyenne arithmétique pour ramener le score sur une échelle de 1 à 5.
- Score global composite : Somme totale des 18 items, s’échelonnant de 18 à 90 points. Un score composite élevé dénote une adhésion profonde, globale et active aux croyances et conduites liées au mauvais œil.
- Absence d’inversion : L’ensemble des items finaux est formulé dans le sens positif du construit (items cotés directement de 1 à 5).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication : 2023.
- Statut du droit d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs (Nida Falak Naz et Naeem Aslam) et du Pakistan Journal of Social and Clinical Psychology.
- Frais d’utilisation (Tarification) : Gratuit pour la recherche universitaire, les thèses doctorales et l’exercice clinique sans but lucratif (No fee). L’exploitation commerciale est strictement assujettie à une autorisation contractuelle préalable.
- Modalités d’accès et permissions : Les chercheurs souhaitant administrer l’instrument dans sa version officielle complète en langue ourdoue, ou obtenir une autorisation formelle de traduction transculturelle, sont invités à contacter directement l’auteure correspondante à l’adresse électronique institutionnelle : [email protected].
12. Références / References
Les sources académiques mentionnées dans l’élaboration et la validation de l’outil figurent ci-après selon les normes APA (7e édition) :
- Ames, D. R., Rose, P., & Anderson, C. P. (2006). The NPI-16 as a short measure of narcissism. Journal of Research in Personality, 40(4), 440–450. https://doi.org/10.1016/j.jrp.2005.03.002
- Aquino, K., & Reed, A. (2002). The self-importance of moral identity. Journal of Personality and Social Psychology, 83(6), 1423–1440. https://doi.org/10.1037/0022-3514.83.6.1423
- Boyer, P. (2001). Religion explained: The evolutionary origins of religious thought. Basic Books.
- Dean, J. S., Davis, E. B., Aten, J. D., & Shannon, R. (2021). The Paranormal and Supernatural Belief Scale: Development and initial validation. Psychology of Religion and Spirituality, 13(4), 478–489. https://doi.org/10.1037/rel0000350
- Foster, G. M. (1972). The anatomy of envy: A study in symbolic behavior. Current Anthropology, 13(2), 165–202. https://doi.org/10.1086/201267
- Greenberg, J., Pyszczynski, T., & Solomon, S. (1986). The causes and consequences of a need for self-esteem: A terror management theory. In R. F. Baumeister (Ed.), Public self and private self (pp. 189–212). Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4613-9564-5_10
- Guthrie, S. E. (1993). Faces in the clouds: A new theory of religion. Oxford University Press.
- Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Kelley, H. H. (1967). Attribution theory in social psychology. In D. Levine (Ed.), Nebraska symposium on motivation (Vol. 15, pp. 192–238). University of Nebraska Press.
- Naz, N. F., & Aslam, N. (2023). Development and validation of belief in Evil Eye Scale. Pakistan Journal of Social and Clinical Psychology, 21(2), 18–27.
- Salkovskis, P. M. (1996). Frontiers of cognitive therapy. Guilford Press.
- Tobacyk, J. J. (2004). A Revised Paranormal Belief Scale. The International Journal of Transpersonal Studies, 23(1), 94–98. https://doi.org/10.24972/ijts.2004.23.1.94
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Les 18 items officiels composant la version finale de l’Échelle de croyance au mauvais œil (BEES) ont été rédigés et validés en langue ourdoue. Ces items sont protégés par le droit d’auteur de leurs auteurs et ne sont pas reproduits intégralement dans le domaine public ouvert.
Afin d’éclairer la passation psychométrique, l’inventaire officiel est structuré selon les cinq sous-échelles factorielles suivantes, chacune étant cotée à l’aide de l’échelle ordinale à 5 degrés (1 = Strongly Disagree à 5 = Strongly Agree) :
- Subscale 1: Evil Eye Effects (EEE)
Évalue la conviction que le mauvais œil entraîne des dégradations physiques brutales, des revers matériels, des dysfonctionnements relationnels ou des effondrements émotionnels soudains.
- Subscale 2: Evil Eye Indicators (EEI)
Mesure la propension à reconnaître des indices symptomatiques observables (pleurs persistants d’enfants, coïncidences négatives après des compliments, anomalies domestiques) comme signes révélateurs du mauvais œil.
- Subscale 3: Warding off Evil Eye (WEE)
Porte sur l’adhésion aux rituels curatifs et de conjuration active visant à dissiper le sort (ex. : fumigation d’herbes, versets spirituels ciblés, aumônes réparatrices).
- Subscale 4: Preventive Beliefs (PB)
Évalue les comportements d’évitement et de réserve sociale préventive (dissimulation délibérée de succès, précautions verbales protectrices) destinés à conjurer en amont l’attention convoitise.
- Subscale 5: Casters of Evil Eye (CEE)
Caractérise les attributions relatives aux individus considérés comme susceptibles de jeter le regard néfaste (personnes jalouses, frustrées, ou proches dont l’admiration n’a pas été rituellement tempérée).
Response format options:
- Strongly disagree (1)
- Disagree (2)
- Neutral (3)
- Agree (4)
- Strongly agree (5)
Note : Le protocole textuel complet des 18 items originaux en ourdou et leurs traductions autorisées doivent être impérativement sollicités auprès de l’auteure de correspondance (Dr Nida Falak Naz).