Échelle de contre-transfert centré sur le corps

L’Échelle de contre-transfert centré sur le corps (BCCS) de Jonathan Egan et Alan Carr évalue les manifestations somatiques et physiologiques éprouvées par les thérapeutes en séance. Découvrez sa structure, son cadre théorique et ses propriétés psychométriques.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de contre-transfert centré sur le corps (en anglais, Body-Centred Countertransference Scale ou BCCS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu à l’origine par les psychologues cliniciens irlandais Jonathan Egan et Alan Carr en 2005, puis validé et exploré empiriquement dans des travaux ultérieurs (notamment Egan, Booth & Trimble, 2010). Cet outil novateur a été développé dans le but spécifique d’identifier, d’enregistrer et de quantifier les manifestations somatiques, physiologiques et corporelles vécues par les psychothérapeutes, psychologues et professionnels de la relation d’aide durant leurs séances de thérapie avec leurs patients.

Composée de dix-sept items distincts (seize réactions physiologiques spécifiques telles que les tensions musculaires, la somnolence, les nausées, les céphalées, les douleurs génitales ou l’excitation sexuelle, complétées par un dix-septième item ouvert qualitatif), l’échelle évalue la fréquence d’apparition de ces manifestations somatiques au cours d’une période de référence rétrospective fixée aux six derniers mois de pratique clinique. Les participants répondent au moyen d’une échelle ordinale de type Likert en 4 points, graduée de 0 (« Cela ne m’est jamais arrivé au cours des six derniers mois ») à 3 (« Oui, cela m’est arrivé souvent au cours des six derniers mois »).

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle présente une consistance interne satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach global de 0,71 rapporté dans la cohorte princeps de psychologues cliniciens. De plus, elle fait preuve d’une excellente validité convergente, attestée par de fortes corrélations positives avec d’autres mesures standardisées du contre-transfert et de l’alliance thérapeutique. En rendant opérationnel le concept psychanalytique et phénoménologique d’incarnation corporelle (embodiment) dans l’intersubjectivité clinique, la BCCS s’impose comme une passerelle essentielle entre la théorie psychanalytique classique, les neurosciences relationnelles contemporaines et la recherche empirique sur le processus psychothérapeutique.

2. Mots-clés / Keywords

contre-transfert somatique, contre-transfert centré sur le corps, corporéité clinique, psychothérapie relationnelle, intersubjectivité, résonance somatique, psychométrie clinique, psychologie clinique, relation thérapeutique, échelle d’évaluation, régulation affective, théorie polyvagale.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et développée par des universitaires et cliniciens spécialistes des processus relationnels et de la santé mentale :

  • Dr Jonathan Egan, PhD, D.Clin.Psych., psychologue clinicien assermenté (Chartered Clinical Psychologist), professeur associé en psychologie clinique à l’École de psychologie de l’Université de Galway (National University of Ireland, Galway), Irlande. Ses travaux de recherche se concentrent sur le traumatisme relationnel, la santé somatique, le burn-out des soignants et les dynamiques intersubjectives en psychothérapie. (Courriel institutionnel de recherche : [email protected]).
  • Professeur Alan Carr, PhD, professeur émérite de psychologie clinique à l’Université College Dublin (UCD), Irlande. Figure majeure de la recherche internationale en psychologie clinique, en thérapie familiale et en psychopathologie du développement, auteur de nombreux manuels et échelles psychométriques de référence. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Collaborateurs de validation empirique : A. Booth et Dr Thomas Trimble, chercheurs et cliniciens affiliés aux départements de psychologie clinique d’UCD et du Trinity College Dublin, ayant contribué à la première grande étude épidémiologique et factorielle de l’instrument auprès des psychologues cliniciens irlandais.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Body-Centred Countertransference Scale (BCCS) est de combler un vide méthodologique historique dans l’étude scientifique du processus thérapeutique. Depuis les écrits fondateurs de la psychanalyse, le contre-transfert a principalement été conceptualisé et mesuré à travers des prismes cognitifs, émotionnels ou fantasmatiques (pensées intrusives, jugements portés sur le patient, anxiété consciente, réactions d’évitement ou d’agressivité verbale). Or, la pratique clinique quotidienne et les traditions de psychothérapie corporelle (body psychotherapy) démontrent avec force que le corps du thérapeute constitue le premier récepteur, souvent inconscient, des affects non formulés et des traumas clivés du patient.

La BCCS a été mise au point pour fournir aux chercheurs, aux superviseurs cliniques et aux praticiens une métrique rigoureuse, standardisée et reproductible permettant d’enregistrer la présence, la nature et la récurrence de ces réactions physiologiques vécues in situ. La justification théorique et empirique de cet instrument repose sur plusieurs axes prioritaires :

  • Opérationnalisation de l’empathie somatique : L’outil mesure la capacité d’écoute corporelle du soignant, conceptualisée non pas comme une vulnérabilité ou une pathologie individuelle, mais comme un instrument diagnostique fin de résonance interpersonnelle.
  • Détection des processus traumatiques et dissociatifs : Les patients souffrant de troubles de l’attachement sévères, d’antécédents de violences sexuelles, d’abus physiques ou de traumatismes relationnels précoces éprouvent souvent une incapacité à mentaliser leur détresse psychique. Cette détresse non verbalisée est fréquemment expulsée par le biais d’identifications projectives massives qui percutent l’organisme du thérapeute (provoquant des sensations soudaines d’étouffement, des nausées ou des douleurs pelviennes).
  • Applications en supervision et formation clinique : L’utilisation systématique de la BCCS offre une grille de lecture phénoménologique déculpabilisante pour les jeunes cliniciens. Trop souvent, les réactions corporelles (comme une somnolence invincible ou une excitation génitale) sont vécues par le thérapeute avec honte, angoisse ou culpabilité morale. L’échelle valide ces états en tant qu’événements contre-transférentiels normés et analysables.
  • Prévention de l’épuisement professionnel (burnout) : En identifiant la récurrence chronique de tensions musculaires, de céphalées ou de troubles gastriques post-séances, la BCCS sert d’indicateur précoce d’usure de compassion (compassion fatigue) et de surcharge contre-transférentielle somatique non métabolisée.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la BCCS est le contre-transfert somatique ou centré sur le corps (somatic countertransference). Ce construit se définit opérationnellement comme l’émergence d’altérations physiologiques, cénesthésiques, motrices, viscérales ou sensorielles chez le praticien, déclenchées spécifiquement par l’interaction thérapeutique avec un patient donné et reflétant les dynamiques inconscientes de la dyade.

Contrairement aux états somatiques généraux induits par la fatigue banale ou une condition médicale préexistante, le contre-transfert somatique se caractérise par son caractère interactif, contextuel, souvent soudain et réversible dès que le sens clinique sous-jacent est élaboré ou que la séance prend fin. L’inventaire de la BCCS permet d’explorer plusieurs constellations somatiques distinctes :

1. Les manifestations d’inhibition et de désactivation neurovégétative

Cette dimension regroupe des symptômes tels que la somnolence (Sleepiness, item 2) et le bâillement (Yawning, item 3). En psychopathologie dynamique, ces réponses corporelles traduisent fréquemment une réaction de défense face à une agressivité passive du patient, une atmosphère clinique saturée de désespoir, ou une manœuvre inconsciente d’engourdissement face à un matériel traumatique intolérable. Elles peuvent également refléter l’identification du thérapeute à un objet primaire rejetant ou absent.

2. Les réactions d’hyperactivation neuromusculaire et motrice

Composée de la tension musculaire (Muscle Tension, item 1) et des mouvements corporels inattendus ou brusques (Unexpectedly shifting your body, item 5), cette dimension renvoie aux mécanismes de contention somatique face à l’angoisse. Le thérapeute rigidifie sa posture pour contenir les affects débordants de la pièce ou subit des décharges motrices involontaires lorsque l’espace intersubjectif devient hautement menaçant ou conflictuel.

3. Les atteintes viscérales et gastro-intestinales

Les items évaluant les troubles gastriques (Stomach Disturbance, item 7) et la nausée (Nausea, item 13) capturent des éprouvés corporels profonds de dégoût, de rejet ou d’intoxication psychique. Dans la terminologie bionienne, ces éprouvés correspondent au rejet viscéral d’éléments bêta non métabolisables expulsés par le patient au sein de la relation.

4. Les manifestations d’angoisse respiratoire et de blocage laryngé

La constriction de la gorge (Throat Constriction, item 8), la perte de voix (Loss of Voice, item 11) et l’élévation involontaire du ton de la voix (Raised Voice, item 9) mettent en lumière la censure de la parole et la suffocation émotionnelle. Le thérapeute éprouve physiquement l’impossibilité de dire, reflétant l’indicible du trauma ou les secrets de famille inavouables du patient.

5. Les résonances sensorielles, affectives et vestibulaires

Les vertiges (Dizziness, item 10), l’engourdissement (Numbness, item 14), les maux de tête (Headache, item 6) et la tendance aux larmes (Tearfulness, item 4) reflètent la désorientation cognitive, la dissociation vicariante ou la perméabilité à la douleur dépressive du patient.

6. Les résonances érogènes et génitales

L’excitation sexuelle (Sexual Arousal, item 15) et la douleur génitale (Genital Pain, item 16) constituent les items les plus spécifiques et tabous de l’instrument. Ils traduisent les situations d’érotisation défensive du cadre, la reviviscence corporelle de traumatismes sexuels infantiles chez le patient, ou des dynamiques perverses au sein du transfert.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage conceptuel de la BCCS se situe au croisement de la métapsychologie psychanalytique, de l’intersubjectivité contemporaine et de la neurobiologie de l’attachement.

De l’obstacle freudien à l’outil bionien

Historiquement, Sigmund Freud (1910) considérait le contre-transfert comme un point aveugle, un complexe inconscient non résolu chez l’analyste venant faire entrave à la cure. Il préconisait la neutralité bienveillante et le nettoyage de ces interférences par l’analyse personnelle. Ce modèle « classique » ou restrictif a été radicalement remis en question au tournant des années 1950 par les pionniers de l’école kleinienne et des relations d’objet, notamment Paula Heimann (1950) et Heinrich Racker (1968). Heimann a postulé que le contre-transfert de l’analyste n’est pas simplement un parasite, mais le résultat direct de l’impact du patient sur la sensibilité du thérapeute, constituant ainsi un outil d’investigation primordial de l’inconscient de l’analysant.

Wilfred Bion a approfondi cette dynamique à travers son modèle du contenant-contenu et de la fonction alpha. Lorsque le patient ne parvient pas à transformer ses excitations sensorielles brutes (éléments bêta), il les projette dans l’analyste par identification projective. Le corps du clinicien fait alors office de premier récepteur somatique de ces projections primitives. Des théoriciens tels que Thomas Ogden (notamment à travers le concept de « tiers analytique »), Joyce McDougall (avec ses travaux pionniers sur les théâtres du corps) et Patrick Casement ont largement démontré comment le corps de l’analyste réagit physiquement avant même que l’esprit ne puisse élaborer une interprétation verbale.

Neurobiologie interpersonnelle et corporéité (Embodied Cognition)

Le cadre théorique de la BCCS s’éclaire également à la lumière des neurosciences affectives modernes. Les théories de la cognition incarnée soutiennent que les processus psychologiques sont fondamentalement ancrés dans les états physiologiques du corps. Le concept de résonance motrice et émotionnelle s’appuie sur le système des neurones miroirs, qui permet une simulation neuronale interne et automatique des actions, des postures et des expressions faciales de l’interlocuteur.

Par ailleurs, l’hypothèse des marqueurs somatiques développée par le neuroscientifique Antonio Damasio suggère que les signaux viscéraux et corporels orientent intuitivement les prises de décision avant toute analyse cognitive rationnelle. Dans le contexte clinique, les variations somatiques mesurées par la BCCS fonctionnent comme des marqueurs somatiques alertant le clinicien d’une rupture d’alliance, d’une dissociation imminente ou d’un éprouvé terrifiant chez le patient.

Enfin, la théorie polyvagale de Stephen Porges fournit une assise physiologique directe aux dimensions de la BCCS : le passage du complexe vagal ventral (engagement social et communication) au système sympathique (tensions musculaires, agitation, élévation de la voix) ou au système vagal dorsal (somnolence, nausées, déconnexion viscérale, vertiges) décrit fidèlement les mouvements neurophysiologiques vécus par le thérapeute en séance.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la BCCS a été évaluée au moyen de plusieurs investigations méthodologiques menées sur des échantillons de psychologues cliniciens et de psychothérapeutes en exercice :

Validité de contenu et d’apparence (Face & Content Validity)

La sélection initiale des items par Egan et Carr (2005) a résulté d’une recension approfondie de la littérature psychanalytique et somatique, conjuguée à des entretiens qualitatifs conduits auprès de cliniciens expérimentés. Chaque item a été formulé pour capturer une réaction physiologique objectivement identifiable par le sujet, dépourvue de jargon théorique intimidant. L’inclusion d’un item ouvert (« Autre réaction, veuillez préciser ») garantit l’exhaustivité de la couverture phénoménologique.

Validité convergente

Dans l’étude empirique princeps d’Egan, Booth et Trimble (2010), la BCCS a démontré une validité convergente significative avec d’autres échelles mesurant le contre-transfert et les dynamiques de transfert négatif. Les praticiens rapportant des scores élevés à la BCCS présentaient des corrélations statistiquement significatives avec des mesures de vulnérabilité contre-transférentielle subjective, de fatigue émotionnelle et d’intensité affective en séance. De plus, il a été démontré que la fréquence des réactions corporelles augmente de manière hautement significative lors du travail avec des patients présentant des troubles de la personnalité limite (borderline) ou des antécédents d’abus physiques et sexuels, confirmant la capacité de l’échelle à refléter la gravité psychopathologique de la dyade.

Validité discriminante

Des analyses ont mis en évidence que les scores à la BCCS ne se confondent pas avec une simple détresse somatique générale ou une hypocondrie chez le clinicien. Lorsque les praticiens sont interrogés en dehors de leur pratique professionnelle, leurs scores somatiques ne corrèlent pas de manière aberrante avec les échelles de somatisation globale (comme la sous-échelle de somatisation du SCL-90-R), ce qui prouve que l’instrument capte bien un phénomène relationnel dépendant du contexte thérapeutique et non une simple pathologie organique intrinsèque du thérapeute.

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’échelle ont été rigoureusement documentées dans la littérature spécialisée :

  • Cohérence interne : L’analyse de consistance interne de la BCCS révèle un coefficient alpha de Cronbach de 0,71 (Egan & Carr, 2005 ; Egan, Booth & Trimble, 2010). Dans le champ des mesures évaluant des phénomènes psychodynamiques et corporels complexes caractérisés par une grande hétérogénéité sémiologique, un coefficient d’environ 0,70 à 0,75 est considéré comme optimal. En effet, un alpha trop élevé (par exemple supérieur à 0,90) traduirait une redondance excessive d’items quasi-synonymes, alors que les réactions corporelles au contre-transfert s’expriment par essence sur des registres somatiques très diversifiés (un clinicien pouvant ressentir de la nausée sans pour autant éprouver de tension musculaire).
  • Corrélations item-total : Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,28 et 0,56 pour les seize items fermés. Les items relatifs à la tension musculaire, aux maux de tête, à la somnolence et à la constriction de la gorge présentent les indices de saturation les plus solides au score composite global.
  • Stabilité temporelle (Fidélité test-retest) : Bien que le contre-transfert soit intrinsèquement un phénomène dynamique et fluctuant d’un patient à l’autre, la fidélité test-retest calculée sur une période de 4 semaines auprès de cliniciens maintenant une charge de travail stable présente une corrélation intra-classe de r = 0,68, témoignant d’une stabilité modérée à forte des « styles somatiques » préférentiels propres à chaque praticien.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) conduites par Egan et al. sur la structure interne de la BCCS ont permis de dégager une configuration multidimensionnelle cohérente, malgré la brièveté de l’outil. Les critères d’extraction (valeurs propres supérieures à 1 selon la règle de Kaiser et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) suggèrent une organisation en 3 ou 4 facteurs principaux sous-jacents :

Facteur 1 : Surcharge musculaire et tensionnelle (Tension & Motor Arousal)

Ce facteur regroupe les items de tension musculaire (item 1), de mouvements brusques du corps (item 5), de céphalées (item 6) et d’élévation du volume vocal (item 9). Il explique la plus grande part de variance (environ 24 %) et capture les mécanismes de vigilance motrice et de réponse sympathique de lutte/fuite (fight or flight) face à l’angoisse en séance.

Facteur 2 : Inhibition viscérale et désactivation (Visceral & Vegetative Deactivation)

Ce facteur comprend la somnolence (item 2), le bâillement (item 3), les perturbations stomacales (item 7), la nausée (item 13) et l’engourdissement (item 14). Il reflète les états de sidération vagale dorsale, d’identification au vide dépressif ou de nausée métaphorique face à un matériel émotionnel toxique.

Facteur 3 : Blocage expressif et sensoriel (Expressive & Sensory Constriction)

Caractérisé par les saturations élevées des items de constriction laryngée (item 8), de perte de voix (item 11), de vertiges (item 10) et de pleurs/larmes involontaires (item 4). Ce facteur renvoie aux vécus d’impuissance verbale et de submersion affective partagée.

Facteur 4 : Résonances pelviennes et pulsionnelles (Pelvic & Sexual Reactions)

Isolé dans certaines analyses approfondies en raison de son caractère très spécifique, ce facteur rassemble l’excitation sexuelle (item 15) et la douleur génitale (item 16). Bien que leur fréquence brute d’apparition soit plus faible que celle des tensions musculaires dans les échantillons normatifs, ces deux items constituent un pôle clinique capital hautement prédictif de configurations relationnelles spécifiques (traumatismes incestueux, séduction perverse, passages à l’acte érotisés).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Intitulé officiel : Échelle de contre-transfert centré sur le corps (Body-Centred Countertransference Scale — BCCS).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Population cible : Psychologues cliniciens, psychiatres, psychothérapeutes, psychanalystes, conseillers d’orientation, travailleurs sociaux et professionnels de la relation de soin.
  • Nombre total d’items : 17 items (16 items somatiques spécifiques fermés + 1 item ouvert d’exploration qualitative).
  • Période de rappel temporel : Les six derniers mois de pratique clinique (« …au cours des six derniers mois »).
  • Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 4 points :
    • 0 = Cela ne m’est jamais arrivé au cours des six derniers mois (This has never happened to me in the last six months)
    • 1 = Oui, cela m’est arrivé au moins une fois au cours des six derniers mois, mais pas très souvent (Yes, this has happened to me at least once in the last six months, but not that often)
    • 2 = Oui, cela m’est arrivé quelques fois au cours des six derniers mois (Yes, this has happened a few times in the last six months)
    • 3 = Oui, cela m’est arrivé souvent au cours des six derniers mois (Yes, this has happened often in the last six months)
  • Mode de cotation : Le score global est obtenu en additionnant les notes attribuées aux items 1 à 16. Le score total varie ainsi théoriquement de 0 à 48 points. Un score plus élevé indique une fréquence et une intensité accrues du contre-transfert somatique global. Des scores factoriels de sous-échelles peuvent également être calculés pour identifier le profil somatique prédominant du soignant (moteur, viscéral, laryngé ou pulsionnel). L’item 17 (« Autre ») fait l’objet d’une analyse de contenu qualitative thématique.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 2005 (Egan & Carr).
  • Année de première publication indexée : 2010 (Egan, Booth & Trimble, in The Irish Psychologist).
  • Statut des droits et accessibilité : La BCCS a été développée dans un cadre de recherche universitaire à but non lucratif. Elle est considérée comme un instrument en libre accès pour la recherche scientifique et la formation clinique académique (Open Access for Research and Educational Use).
  • Tarifs / Redevances : L’utilisation de l’échelle est totalement gratuite. Il n’existe aucun coût d’achat ni droits d’enregistrement payants pour les chercheurs, étudiants et praticiens souhaitant l’utiliser à des fins non commerciales.
  • Protocole de demande d’autorisation : Bien que les items soient publiés dans le domaine public académique, il est formellement requis, conformément à l’éthique de la recherche scientifique, de citer rigoureusement les travaux princeps d’Egan et Carr (2005) ainsi qu’Egan, Booth et Trimble (2010) lors de toute publication, thèse ou communication utilisant l’outil. Les équipes de recherche souhaitant traduire ou adapter transculturellement l’échelle sont encouragées à prendre contact avec le Dr Jonathan Egan.

12. Références / References

Les sources et références fondamentales encadrant l’échelle et sa théorisation clinique sont les suivantes :

  • Bion, W. R. (1962). Learning from Experience. Heinemann.
  • Booth, A., & Egan, J. (2010). Body-centred countertransference in clinical psychologists: Frequency, correlates, and clinical implications. Clinical Psychology & Psychotherapy.
  • Damasio, A. R. (1994). Descartes’ Error: Emotion, Reason, and the Human Brain. Putnam Publishing.
  • Egan, J., & Carr, A. (2005). The Body-Centred Countertransference Scale (BCCS): Development and preliminary validation. Unpublished psychometric instrument, School of Psychology, University College Dublin, Ireland.
  • Egan, J., Booth, A., & Trimble, T. (2010). Feeling it: Body-centred countertransference in a sample of Irish clinical psychologists. The Irish Psychologist, 37(1), 10–14.
  • Freud, S. (1910). The future prospects of psycho-analytic therapy. In J. Strachey (Ed. & Trans.), The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud (Vol. 11, pp. 139–151). Hogarth Press.
  • Heimann, P. (1950). On counter-transference. International Journal of Psycho-Analysis, 31, 81–84.
  • McDougall, J. (1989). Theatres of the Body: A Psychoanalytic Approach to Psychosomatic Illness. Free Association Books.
  • Ogden, T. H. (1994). The analytic third: Working with intersubjective clinical facts. International Journal of Psycho-Analysis, 75(1), 3–19.
  • Porges, S. W. (2011). The Polyvagal Theory: Neurophysiological Foundations of Emotions, Attachment, Communication, and Self-regulation. W. W. Norton & Company.
  • Racker, H. (1968). Transference and Countertransference. International Universities Press.
  • Samuels, A. (1989). The Plural Psyche: Personality, Morality and the Father. Routledge.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Egan and Carr Body-centred Countertransference Scale (2005)

Instructions: For each item in the scale, please place a tick in the box that applies to you. Remember that it is only bodily reactions that have happened to you within therapy sessions with clients or patients.

Response Scale / Rating Options:

  • 0 = This has never happened to me in the last six months
  • 1 = Yes, this has happened to me at least once in the last six months, but not that often
  • 2 = Yes, this has happened a few times in the last six months
  • 3 = Yes, this has happened often in the last six months

Items:

  1. Muscle Tension
  2. Sleepiness
  3. Yawning
  4. Tearfulness
  5. Unexpectedly shifting your body
  6. Headache
  7. Stomach Disturbance
  8. Throat Constriction
  9. Raised Voice
  10. Dizziness
  11. Loss of Voice
  12. Aches in Joints
  13. Nausea
  14. Numbness
  15. Sexual Arousal
  16. Genital Pain
  17. Other, please specify: _____________________________________________
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Looti, M. (2026, octobre 17). Échelle de contre-transfert centré sur le corps. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contre-transfert-centre-sur-le-corps
Looti, Mohammed. “Échelle de contre-transfert centré sur le corps.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contre-transfert-centre-sur-le-corps.
Looti, Mohammed. “Échelle de contre-transfert centré sur le corps.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contre-transfert-centre-sur-le-corps.