Échelle de contagion émotionnelle

Découvrez l’Échelle de contagion émotionnelle (ECS) développée par R. William Doherty (1997) : structure factorielle, cadre théorique, fidélité, validité et items intégraux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 18, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 18, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de contagion émotionnelle (en anglais, The Emotional Contagion Scale — ECS), conçue par le psychologue R. William Doherty en 1997, constitue l’un des instruments psychométriques de référence dédiés à l’évaluation des différences individuelles dans la propension à « attraper » automatiquement et involontairement les états affectifs d’autrui. Reposant sur les travaux pionniers d’Elaine Hatfield, John Cacioppo et Richard Rapson sur la contagion émotionnelle primitive, l’instrument mesure l’intensité de la réactivité mimétique et neurophysiologique face aux signaux non verbaux et vocaux émis par autrui dans l’environnement social direct ou médiatisé.

L’échelle se compose de 15 items auto-rapportés répartis équitablement en cinq dimensions fondamentales correspondant aux émotions universelles de base : le bonheur (happiness), l’amour (love), la peur (fear), la colère (anger) et la tristesse (sadness). Chaque sous-échelle comporte trois énoncés évaluant les réponses comportementales, somatiques et affectives congruentes au stimulus externe. Les participants répondent à l’aide d’une échelle de fréquence en cinq points, allant de Never (Jamais vrai pour moi) à Always (Toujours vrai pour moi), permettant d’obtenir un score global de susceptibilité à la contagion ainsi que des profils différentiels selon les valences émotionnelles positives ou négatives.

Sur le plan métrologique, l’échelle démontre une consistance interne globale robuste avec un coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre 0,80 et 0,90 dans la littérature scientifique, ainsi qu’une stabilité temporelle satisfaisante lors des évaluations test-retest. La validité de construit est étayée par des corrélations convergentes significatives avec l’empathie affective, la sensibilité interpersonnelle, la réactivité sensorielle et les traits de personnalité comme l’agréabilité et le névrosisme, tandis qu’elle se distingue nettement de la prise de perspective cognitive. L’instrument est largement mobilisé en psychologie sociale, en neurosciences cognitives, en psychologie organisationnelle, en gestion des ressources humaines et dans l’étude de la relation thérapeutique.

2. Mots-clés / Keywords

Contagion émotionnelle, empathie affective, mimétisme moteur, résonance affective, émotions de base, évaluation psychométrique, validité factorielle, psychologie sociale, neurosciences sociales, comportement organisationnel.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de contagion émotionnelle a été développée et validée par R. William Doherty, chercheur et psychologue alors affilié au Département de psychologie de l’Université d’Hawaï à Manoa (University of Hawaii at Manoa, Honolulu, États-Unis), en collaboration intellectuelle étroite avec l’équipe de recherche dirigée par Elaine Hatfield.

Les investigations psychométriques initiales et la formalisation du questionnaire ont été publiées dans la revue académique internationale à comité de lecture Journal of Nonverbal Behavior en 1997. Les recherches de Doherty s’inscrivent à la croisée de la psychologie sociale, de l’étude de la communication non verbale, de l’analyse des signaux faciaux et de la dynamique affective interindividuelle dans les relations interpersonnelles proches et professionnelles.

4. Objectif / Purpose

Fondements et visée générale de l’instrument

L’Échelle de contagion émotionnelle a été créée dans le but d’opérationnaliser et de quantifier de manière standardisée la variabilité individuelle liée à la perméabilité affective. Alors que les théories classiques de l’empathie tendaient à privilégier les composantes cognitives, telles que la capacité à adopter la perspective d’autrui (perspective-taking) ou la théorie de l’esprit, les chercheurs manquaient d’un instrument concis permettant de mesurer l’écho viscéral, moteur et corporel immédiat suscité par la perception des émotions d’une tierce personne.

L’objectif fondamental de l’ECS est de capter ce que Hatfield, Cacioppo et Rapson qualifient de « contagion émotionnelle primitive » : un processus automatique, rapide, non conscient et pré-réflexif par lequel un individu synchronise ses expressions faciales, vocalisations, postures et mouvements avec ceux d’une autre personne, convergeant par rétroaction somatosensorielle vers l’état émotionnel partagé. L’échelle isole cette disposition psychologique et physiologique spécifique, fournissant aux chercheurs une mesure continue de la susceptibilité d’un sujet à absorber l’environnement émotionnel ambiant.

Applications en recherche empirique et expérimentale

Dans le domaine de la recherche fondamentale, l’ECS constitue un outil méthodologique crucial lorsque l’expression émotionnelle est manipulée comme variable indépendante ou variable médiatrice. Les chercheurs l’utilisent notamment pour :

  • Contrôler la réactivité interindividuelle : déterminer si les effets observés lors de l’exposition à des stimuli émotionnels (vidéos, photographies du système FACS, interactions diadique) sont amplifiés par un niveau élevé de réceptivité affective innée ou acquise ;
  • Étudier les substrats neurobiologiques : examiner les corrélats cérébraux de la résonance somatique, notamment l’activation du système des neurones miroirs, de l’insula antérieure et du cortex cingulaire antérieur lors de tâches de résonance affective ;
  • Analyser la dynamique des groupes : modéliser la propagation de l’humeur collective au sein d’équipes de travail, de foules ou de réseaux sociaux virtuels.

Applications cliniques et organisationnelles

Au-delà du laboratoire académique, l’échelle possède des applications substantielles dans le champ clinique et professionnel :

  • Santé mentale et relation d’aide : chez les psychothérapeutes, psychiatres, infirmiers et travailleurs sociaux, un score très élevé sur l’ECS constitue un facteur prédictif de vulnérabilité au syndrome d’épuisement professionnel (burnout), à la fatigue de compassion et à la détresse secondaire. Inversement, un niveau minimal de contagion est nécessaire à l’établissement d’une alliance thérapeutique authentique et d’un accordage affectif accordé ;
  • Psychopathologie : l’instrument permet d’explorer des déficits de résonance affective observés dans certains troubles neurodéveloppementaux (comme les troubles du spectre de l’autisme) ou dans les traits de personnalité psychopathiques, caractérisés par une déconnexion entre compréhension cognitive et contagion émotionnelle corporelle ;
  • Management et leadership : en psychologie organisationnelle, l’échelle permet de diagnostiquer l’impact du leadership transformationnel et charismatique. Les leaders transmettent leurs états émotionnels (enthousiasme, confiance, urgence) à leurs collaborateurs, influençant l’engagement, la satisfaction au travail et le climat psychosocial.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de contagion émotionnelle mesuré par l’ECS repose sur une architecture multidimensionnelle articulant cinq émotions discrètes fondamentales. Doherty (1997) postule que la perméabilité affective ne s’exerce pas de manière indistincte chez tous les sujets : certains manifestent une sensibilité exacerbée aux affects d’affiliation ou de joie, tandis que d’autres sont sélectivement vulnérables aux signaux de détresse, de menace ou d’agressivité.

Sous-échelle Bonheur (Happiness)

La dimension Bonheur évalue la tendance d’un individu à voir son humeur s’élever instantanément au contact d’individus joyeux, à sourire spontanément en retour d’un sourire chaleureux et à ressentir une sensation interne d’élévation hédonique. Cette facette renvoie au mimétisme d’affiliation positive. Elle est sous-tendue par des items illustrant des manifestations motrices et physiologiques directes, telles que le sourire automatique et le réchauffement interne consécutif à l’exposition à un visage radieux (par exemple, l’item 3 : « When someone smiles warmly at me, I smile back and feel warm inside »).

Sous-échelle Amour (Love)

La dimension Amour mesure la propension à l’accordage affectif intime, au sentiment de dissolution ou d’attendrissement (« fondre ») et à la réactivité corporelle lors de contacts physiques ou de regards partagés avec une personne aimée. L’amour est ici envisagé comme un état émotionnel d’attachement, d’intimité et de tendresse partagée. L’item 12 (« I sense my body responding when the one I love touches me ») met l’accent sur la dimension kinesthésique et viscérale de cette contagion interpersonnelle.

Sous-échelle Peur (Fear)

La sous-échelle Peur capture la résonance face à la détresse aiguë, à la terreur et à l’anxiété d’autrui. Cette dimension examine la façon dont les signaux auditifs (cris, hurlements) ou visuels (visages terrorisés à l’écran) déclenchent un état d’alerte neurovégétatif chez le récepteur. Un exemple représentatif est l’item 15, qui explore la sensation de nervosité et d’activation physiologique face aux cris perçants d’un enfant terrifié dans une salle d’attente (« Listening to the shrill screams of a terrified child in a dentist’s waiting room makes me feel nervous »).

Sous-échelle Colère (Anger)

La sous-échelle Colère évalue la tension musculaire involontaire et la crispation somatique suscitées par le spectacle ou l’écoute d’interactions conflictuelles ou de visages courroucés. L’individu à haute contagion de colère réagit par une activation défensive automatique : contraction des mâchoires, raidissement des épaules et irritabilité réflexe (item 5 : « I clench my jaws and my shoulders get tight when I see the angry faces on the news » ; item 10 : « I tense when overhearing an angry quarrel »). Ce construit met en lumière le mimétisme postural antagoniste ou la transmission d’hostilité par immersion environnementale.

Sous-échelle Tristesse (Sadness)

La sous-échelle Tristesse mesure la susceptibilité à éprouver un chagrin congruent, des larmes aux yeux ou une sensation d’accablement lorsque l’on est témoin des pleurs, des deuils ou des malheurs d’autrui, que ce soit dans la vie quotidienne ou face à des fictions artistiques. L’item 1 (« If someone I’m talking with begins to cry, I get teary-eyed ») et l’item 14 (« I cry at sad movies ») illustrent la réactivité lacrymale et somatosensorielle directe face à la tristesse manifestée dans le champ perceptif.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La théorie de la contagion émotionnelle primitive

L’échelle s’ancre directement dans le modèle développé par Elaine Hatfield, John T. Cacioppo et Richard L. Rapson (1993, 1994). Selon ce cadre théorique, la contagion émotionnelle primitive est définie comme un processus en trois étapes interdépendantes :

  1. Mimétisme moteur automatique (Mimicry) : Dans une fraction de seconde suivant la perception d’un comportement expressif d’autrui, l’observateur reproduit inconsciemment et de façon quasi imperceptible les micro-mouvements faciaux (contractions des muscles zygomatiques ou corrugateurs), les inflexions de la voix, les postures et les rythmes respiratoires du modèle ;
  2. Rétroaction somatique et faciale (Afferent Feedback) : S’appuyant sur l’hypothèse de la rétroaction faciale formulée à l’origine par William James et réactualisée par Paul Ekman et Silvan Tomkins, les signaux proprioceptifs issus de la contraction musculaire, de la posture et des réactions viscérales activent directement les structures sous-corticales et limbiques associées à l’émotion imitée ;
  3. Convergence affective (Emotional Contagion) : Par ce mécanisme biologique rétroactif ascendant (bottom-up), l’observateur en vient à ressentir intérieurement une émotion analogue à celle de son interlocuteur, réalisant une congruence affective sans médiation cognitive délibérée.

Ancrages en neurosciences sociales et systèmes miroirs

Le cadre théorique de Doherty s’est trouvé conforté au cours des décennies suivantes par les découvertes des neurosciences sociales, notamment les travaux de Giacomo Rizzolatti, Vittorio Gallese et Tania Singer. L’architecture des neurones miroirs fronto-pariétaux et la mise en jeu conjointe de l’insula antérieure et du cortex cingulaire antérieur confirment l’existence d’une boucle de résonance neuronale partagée. L’échelle opérationnalise précisément l’intensité avec laquelle un système nerveux individuel est prédisposé à « résonner » en synchronie avec l’état somatique perçu chez l’altérité.

Distinction entre contagion primitive et empathie cognitive

Il est fondamental de distinguer la contagion émotionnelle primitive des formes plus élaborées de l’empathie. Comme l’ont formalisé des théoriciens comme Mark Davis ou Jean Decety, l’empathie comprend des étages de traitement distincts :

  • La contagion émotionnelle est pré-réflexive, non intentionnelle, égocentrée (l’individu ressent l’affect dans son propre corps sans nécessairement maintenir une frontière claire entre le soi et l’autre) et immédiate ;
  • La sympathie ou sollicitude empathique (empathic concern) implique une orientation pro-sociale orientée vers autrui, avec une claire différenciation soi/autre ;
  • La prise de perspective (perspective-taking) est un processus cognitif descendant (top-down) mobilisant le cortex préfrontal ventromédian et dorso-latéral pour inférer les pensées d’autrui sans forcément éprouver sa détresse corporelle.

L’ECS a été spécifiquement conçue pour mesurer le premier niveau de cette taxonomie affective, assurant une pureté conceptuelle par rapport aux indices globaux d’empathie.

7. Validité / Validity

Validité convergente

Dans l’étude princeps de Doherty (1997) menée auprès de plusieurs cohortes d’étudiants universitaires (N > 500), ainsi que dans des réplications transculturelles subséquentes, l’ECS a fait preuve d’une excellente validité convergente. Des corrélations significatives et positives ont été établies avec :

  • L’indice de réactivité interpersonnelle (Interpersonal Reactivity Index – IRI de Davis), particulièrement avec la sous-échelle de Détresse personnelle (r ≈ 0,35 à 0,48) et la sous-échelle d’Empathic Concern (r ≈ 0,38 à 0,52) ;
  • L’Échelle d’empathie émotionnelle de Mehrabian et Epstein (Questionnaire Measure of Emotional Empathy – QMEE), montrant de fortes corrélations (r > 0,55) ;
  • La sensibilité aux indices sociaux non verbaux et l’attention portée aux signaux corporels d’autrui ;
  • Les traits du modèle Big Five : de fortes corrélations positives avec le Névrosisme (pour les sous-échelles négatives : Peur, Tristesse, Colère) et avec l’Agréabilité et l’Extraversion (pour les sous-échelles positives : Bonheur, Amour).

Validité discriminante

La validité discriminante a été confirmée par l’absence ou la faiblesse de corrélation avec des mesures purement cognitives :

  • Corrélations quasi nulles avec la dimension de Prise de perspective cognitive de l’IRI (r généralement inférieur à 0,15, souvent non significatif), prouvant que l’ECS n’est pas un substitut d’une compétence intellectuelle de mentalisation ;
  • Indépendance statistique vis-à-vis des échelles d’intelligence générale et des échelles de désirabilité sociale (comme l’échelle de Marlowe-Crowne), confirmant que les scores ne sont pas de simples artefacts d’auto-présentation favorable ;
  • Distinction empirique d’avec le lieu de contrôle (Locus of Control) et le monitorage de soi (Self-Monitoring de Snyder), bien que des interactions subtiles existent quant à la modulation expressive.

Validité prédictive et comportementale

Doherty (1997) et plusieurs études expérimentales ultérieures ont démontré que les individus obtenant des scores élevés à l’ECS :

  • Manifestent une synchronisation faciale mesurée par électromyographie (EMG) significativement plus intense lors de l’exposition subliminale ou supraliminale à des visages d’Ekman ;
  • Rapportent des modifications d’humeur concordantes plus marquées après avoir écouté un enregistrement d’une voix triste, apeurée ou enjouée ;
  • Éprouvent des réponses électrodermales et cardiaques plus intenses lors du visionnage de scènes documentaires dramatiques.

8. Fidélité / Reliability

Consistance interne

La consistance interne de l’Échelle de contagion émotionnelle a été amplement documentée dans la publication originale de Doherty (1997) ainsi que dans diverses adaptations linguistiques (notamment en français, espagnol, allemand et chinois). Les résultats psychométriques rapportent régulièrement les coefficients suivants :

  • Score total (15 items) : le coefficient alpha de Cronbach (α) s’échelonne typiquement entre 0,80 et 0,90 (α = 0,84 dans l’échantillon princeps de Doherty, 1997), dénotant une cohérence globale très solide pour un instrument bref de 15 items ;
  • Sous-échelle Bonheur : α = 0,72 à 0,81 ;
  • Sous-échelle Amour : α = 0,68 à 0,78 ;
  • Sous-échelle Peur : α = 0,65 à 0,75 ;
  • Sous-échelle Colère : α = 0,70 à 0,79 ;
  • Sous-échelle Tristesse : α = 0,68 à 0,77.

Bien que certaines sous-échelles à trois items présentent ponctuellement des alphas légèrement inférieurs au seuil conventionnel de 0,70 en raison de la brièveté du nombre d’items, l’alpha composite et les corrélations inter-items moyennes demeurent situées dans les plages psychométriques idéales (corrélations moyennes entre 0,35 et 0,50).

Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la stabilité test-retest sur un intervalle de deux à quatre semaines indique un coefficient de corrélation intra-classe (ICC) et un r de Pearson oscillant entre 0,78 et 0,84 pour le score total. Cette constance démontre que, si la contagion émotionnelle s’actualise au gré des situations, la susceptibilité individuelle générale à subir ce phénomène constitue un trait de personnalité stable et durable dans le temps.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Lors du développement initial de l’instrument, Doherty (1997) a soumis un pool élargi d’items candidats à une analyse en composantes principales (ACP) suivie d’une rotation oblique (Promax), tenant compte des corrélations naturelles existant entre les états émotionnels. Cette extraction a mis en évidence cinq facteurs primaires clairs possédant des valeurs propres supérieures à 1,0 (critère de Kaiser), expliquant conjointement plus de 55 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Contagion de la tristesse (saturations primaires entre 0,55 et 0,82) ;
  • Facteur 2 : Contagion du bonheur (saturations entre 0,60 et 0,79) ;
  • Facteur 3 : Contagion de la colère (saturations entre 0,58 et 0,80) ;
  • Facteur 4 : Contagion de l’amour (saturations entre 0,56 et 0,77) ;
  • Facteur 5 : Contagion de la peur (saturations entre 0,52 et 0,75).

Les saturations croisées sont demeurées globalement faibles (< 0,30), autorisant l’assignation de trois items non équivoques à chacune des cinq dimensions.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Des travaux confirmatoires ultérieurs ont comparé plusieurs modèles concurrents :

  1. Un modèle unidimensionnel où l’ensemble des 15 items saturent sur un facteur général unique de réactivité ;
  2. Un modèle à deux facteurs opposant la contagion positive (Bonheur, Amour) et la contagion négative (Peur, Colère, Tristesse) ;
  3. Un modèle à cinq facteurs corrélés de premier ordre ;
  4. Un modèle hiérarchique (de second ordre) comportant cinq facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général d’ordre supérieur représentant la susceptibilité globale à la contagion émotionnelle.

Les indices d’ajustement soutiennent systématiquement le modèle hiérarchique et le modèle à cinq facteurs corrélés, avec des indices robustes : Comparative Fit Index (CFI) > 0,92, Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,90, et Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) compris entre 0,045 et 0,062. Cela légitime empiriquement l’utilisation conjointe du score composite global et des scores factoriels distincts.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle de contagion émotionnelle (The Emotional Contagion Scale – ECS) ;
  • Auteur : R. William Doherty (1997) ;
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report measure) ;
  • Nombre total d’items : 15 items formulés au présent de l’indicatif ;
  • Format des réponses : Échelle ordinale de fréquence en 5 points avec libellés complets :
    • Never (Jamais vrai pour moi) = 1 point
    • Rarely (Rarement vrai pour moi) = 2 points
    • Usually (Habituellement vrai pour moi) = 3 points
    • Often (Souvent vrai pour moi) = 4 points
    • Always (Toujours vrai pour moi) = 5 points
  • Durée moyenne de passation : Moins de 5 minutes ;
  • Calcul des scores et cotation :
    • Tous les items sont cotés positivement (aucun item inversé) ;
    • Score total : somme des 15 items (score minimum = 15, score maximum = 75). Un score élevé traduit une sensibilité et une perméabilité accrues à la contagion émotionnelle ;
    • Sous-échelle Bonheur (Happiness) : items 2, 3 et 11 (plage de 3 à 15 points) ;
    • Sous-échelle Amour (Love) : items 6, 9 et 12 (plage de 3 à 15 points) ;
    • Sous-échelle Peur (Fear) : items 8, 13 et 15 (plage de 3 à 15 points) ;
    • Sous-échelle Colère (Anger) : items 5, 7 et 10 (plage de 3 à 15 points) ;
    • Sous-échelle Tristesse (Sadness) : items 1, 4 et 14 (plage de 3 à 15 points).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

Année de publication originale

L’instrument a été officiellement publié sous sa forme définitive en 1997 dans le volume 21 de la revue Journal of Nonverbal Behavior.

Statut des droits d’auteur et accessibilité

L’Échelle de contagion émotionnelle est considérée comme un instrument du domaine de la recherche académique ouvert (open research instrument). Elle n’est pas commercialisée par un éditeur de tests payant et ne requiert l’achat d’aucune mallette ni d’aucune redevance pour des fins de recherche scientifique non lucrative ou d’enseignement universitaire. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à reproduire et utiliser l’instrument sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Doherty (1997).

Utilisations commerciales et consultance

Pour tout usage commercial, intégration au sein d’applications logicielles propriétaires ou programmes de formation d’entreprise à but lucratif, il est recommandé de se référer aux politiques éditoriales de Springer Nature (éditeur actuel du Journal of Nonverbal Behavior) concernant les droits de reproduction de l’article original.

12. Références / References

Cacioppo, J. T., Bush, L. K., & Tassinary, L. G. (1992). Microexpressive facial actions as a function of affective stimuli: Replication and extension. Personality and Social Psychology Bulletin, 18(5), 515–526. https://doi.org/10.1177/0146167292185001

Davis, M. H. (1983). Measuring individual differences in empathy: Evidence for a multidimensional approach. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 113–126. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.113

Decety, J., & Jackson, P. L. (2004). The functional architecture of human empathy. Behavioral and Cognitive Neuroscience Reviews, 3(2), 71–100. https://doi.org/10.1177/1534582304267187

Doherty, R. W. (1997). The Emotional Contagion Scale: A measure of individual differences. Journal of Nonverbal Behavior, 21(2), 131–154. https://doi.org/10.1023/A:1024956003661

Ekman, P. (1992). An argument for basic emotions. Cognition & Emotion, 6(3–4), 169–200. https://doi.org/10.1080/02699939208411068

Hatfield, E., Cacioppo, J. T., & Rapson, R. L. (1992). Primitive emotional contagion. In M. S. Clark (Ed.), Review of personality and social psychology: Emotion and social behavior (Vol. 14, pp. 151–177). Sage Publications.

Hatfield, E., Cacioppo, J. T., & Rapson, R. L. (1993). Emotional contagion. Current Directions in Psychological Science, 2(3), 96–99. https://doi.org/10.1111/1467-8721.ep10770953

Hatfield, E., Cacioppo, J. T., & Rapson, R. L. (1994). Emotional contagion. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139174138

Mehrabian, A., & Epstein, N. (1972). A measure of emotional empathy. Journal of Personality, 40(4), 525–543. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1972.tb00078.x

Rizzolatti, G., & Craighero, L. (2004). The mirror-neuron system. Annual Review of Neuroscience, 27, 169–192. https://doi.org/10.1146/annurev.neuro.27.070203.144230

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

If someone I’m talking with begins to cry, I get teary-eyed.
2

Being with a happy person picks me up when I’m feeling down.
3

When someone smiles warmly at me, I smile back and feel warm inside.
4

I get filled with sorrow when people talk about the death of their loved ones.
5

I clench my jaws and my shoulders get tight when I see the angry faces on the news.
6

When I look into the eyes of the one I love, my mind is filled with thoughts of romance.
7

It irritates me to be around angry people.
8

Watching the fearful faces of victims on the news makes me try to imagine how they might be feeling.
9

I melt when the one I love holds me close.
10

I tense when overhearing an angry quarrel.
11

Being around happy people fills my mind with happy thoughts.
12

I sense my body responding when the one I love touches me.
13

I notice myself getting tense when I’m around people who are stressed out.
14

I cry at sad movies.
15

Listening to the shrill screams of a terrified child in a dentist’s waiting room makes me feel nervous.
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Looti, M. (2026, octobre 18). Échelle de contagion émotionnelle. Base de données de psychologie en français. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contagion-emotionnelle
Looti, Mohammed. “Échelle de contagion émotionnelle.” Base de données de psychologie en français, 18 octobre 2026, https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contagion-emotionnelle.
Looti, Mohammed. “Échelle de contagion émotionnelle.” Base de données de psychologie en français. octobre 18, 2026. https://french.arabpsychology.com/?psych_scale=echelle-de-contagion-emotionnelle.