1. Résumé / Abstract
L’Échelle de consentement sexuel révisée (Sexual Consent Scale, Revised ou SCS-R), conçue et validée par le professeur Terry P. Humphreys en collaboration avec Melanie Brousseau et Ed Herold, constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et largement documentés pour évaluer les attitudes, les normes subjectives, le contrôle comportemental perçu et les comportements déclarés entourant la négociation du consentement sexuel au sein des relations interpersonnelles. Initialement développée sous une forme à 35 items (Humphreys & Herold, 2007) à partir d’entretiens qualitatifs par groupes de discussion (focus groups), l’échelle a fait l’objet d’une révision structurelle majeure afin de s’arrimer formellement aux postulats de la théorie du comportement planifié (TCP ; Ajzen, 1985, 2005). La version révisée (SCS-R ; Humphreys & Brousseau, 2009) comporte 40 items auto-rapportés mesurés sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).
L’analyse factorielle exploratoire avec rotation varimax a mis en évidence une organisation multidimensionnelle claire en six facteurs distincts, dont quatre sous-échelles d’ordre attitudinal et normatif et deux sous-échelles comportementales : (1) Attitude positive envers l’établissement du consentement (9 items, M = 4,67), (2) Manque de contrôle comportemental perçu (9 items, M = 3,18), (3) Normes liées à la durée de la relation (5 items, M = 5,02), (4) Présomption du consentement (7 items, M = 3,08), (5) Comportements de consentement indirects (6 items, M = 4,97), et (6) Sensibilisation au consentement (4 items, M = 3,55). Cette structure factorielle globale explique 48,7 % de la variance totale observée. Sur le plan des qualités psychométriques, l’instrument démontre une cohérence interne globale remarquable avec un coefficient alpha de Cronbach de .89 pour l’échelle totale (les sous-échelles oscillant entre .68 et .85) et une fidélité test-retest satisfaisante à 5 semaines (coefficients de .63 à .71). La validité de construit, tant convergente que discriminante et prédictive, a été solidement corroborée face à la recherche de sensations sexuelles et à l’assertivité sexuelle, confirmant son statut d’outil incontournable pour la recherche en sexologie, en psychologie sociale et dans l’élaboration de programmes de prévention des agressions sexuelles en milieu universitaire.
2. Mots-clés / Keywords
Consentement sexuel, Échelle de consentement sexuel révisée, SCS-R, Psychométrie, Théorie du comportement planifié, Attitudes sexuelles, Assertivité sexuelle, Communication sexuelle, Violence sexuelle, Évaluation psychologique, Normes relationnelles, Recherche de sensations sexuelles.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue, théorisée et validée par une équipe d’universitaires et de chercheurs spécialisés en psychologie sociale et en sexologie :
- Terry P. Humphreys, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université Trent (Trent University), Peterborough, Ontario, Canada. Ses travaux pionniers portent sur les scénarios sexuels normatifs, la communication intime et l’évaluation quantitative du consentement chez les jeunes adultes. Courriel institutionnel : [email protected].
- Edward S. Herold, Ph.D. : Professeur émérite au Département des relations familiales et de la nutrition appliquée de l’Université de Guelph (University of Guelph), Guelph, Ontario, Canada. Spécialiste reconnu de la sexualité humaine et des comportements préventifs chez les adolescents et étudiants universitaires.
- Melanie Brousseau, M.A., Ph.D. : Chercheuse associée, affiliée à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et à l’Université Trent lors des travaux d’adaptation et de raffinement psychométrique de la SCS-R.
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Échelle de consentement sexuel révisée (SCS-R) est d’opérationnaliser et de quantifier avec précision les représentations cognitives, les croyances normatives, les obstacles perçus et les habitudes comportementales qui régissent la manière dont les individus négocient — explicitement ou implicitement — l’accord érotique et intime avec leurs partenaires. L’émergence des débats sociétaux et juridiques autour de la notion de consentement affirmatif (« affirmative consent » ou « un oui enthousiaste ») a souligné l’écart criant entre les définitions légales rigides du consentement et la réalité empirique des interactions sexuelles chez les jeunes adultes, souvent dominées par des signaux non verbaux ambigus, la passivité ou l’absence de contestation physique.
Sur le plan théorique et étiologique, la SCS-R répond à la nécessité de comprendre pourquoi de nombreux individus s’abstiennent de solliciter un consentement verbal clair. Les recherches ont mis en lumière que les scripts sexuels traditionnels reposent fréquemment sur une chorégraphie tacite où l’initiative masculine est présumée acceptée tant qu’un refus explicite (« non ») n’est pas exprimé, tandis que les femmes sont socialisées à manifester leur réticence par des signaux périphériques. L’instrument vise à déconstruire ces dynamiques en mesurant les variables psychologiques précises qui favorisent ou entravent une demande formelle : la peur de briser l’ambiance érotique (spoil the mood), le sentiment d’embarras ou de timidité, la croyance erronée qu’une relation durable dispense de consentement réitéré, et la propension à supposer l’accord de l’autre sans vérification explicite.
Dans le domaine clinique et socio-éducatif, la SCS-R remplit une triple fonction essentielle :
- Évaluation diagnostique des besoins de prévention : L’outil permet aux universités et aux organismes de santé publique de dresser un profil précis des croyances dysfonctionnelles au sein des cohortes étudiantes, guidant la conception d’ateliers ciblés sur le consentement éclairé et la communication assertive.
- Mesure d’efficacité des interventions éducatives : Administrée en pré-test et post-test, la SCS-R mesure avec sensibilité l’évolution des attitudes à la suite de modules sur la prévention des agressions sexuelles et du viol sur les campus.
- Recherche fondamentale et appliquée en sexologie : L’échelle permet de modéliser les prédicteurs proximaux et distaux des comportements sexuels à risque, des abus sexuels facilités par l’alcool ou les substances, et des situations de coercition sexuelle subtile issues de malentendus communicationnels.
5. Construit psychologique / Construct
Le consentement sexuel est défini conceptuellement par Humphreys et ses collaborateurs comme « la communication verbale ou non verbale, librement consentie, d’un sentiment de disposition favorable à s’engager dans une activité sexuelle ». L’architecture interne de la SCS-R appréhende ce construit complexe à travers six dimensions interdépendantes qui capturent les facettes cognitives, affectives, normatives et comportementales du phénomène :
1. Attitude positive envers l’établissement du consentement (Positive Attitude Towards Establishing Consent)
Cette première sous-échelle évalue l’adhésion idéologique et rationnelle à la nécessité éthique et relationnelle d’obtenir un accord clair et formel avant toute activité intime. Les individus obtenant un score élevé considèrent que solliciter le consentement protège les deux partenaires des malentendus, qu’il doit s’appliquer à tous les niveaux de l’escalade sensuelle (des caresses préliminaires à la pénétration), et qu’en l’absence d’un accord indubitable, le principe par défaut doit impérativement être la présomption d’un refus (« no »). Un exemple d’item illustrant cette dimension est : « I feel that sexual consent should always be obtained before the start of any sexual activity ».
2. Manque de contrôle comportemental perçu (Lack of Perceived Behavioral Control)
Directement dérivée de la composante d’auto-efficacité de la théorie du comportement planifié, cette dimension mesure le sentiment d’impuissance, d’incompétence communicative ou d’appréhension face à la verbalisation du consentement. Les items ciblent l’embarras social, la peur du ridicule (la crainte que le partenaire ou les pairs ne jugent cette demande « bizarre » ou déplacée), l’anxiété de gâcher l’érotisme de la rencontre, et la timidité personnelle. Un score élevé dénote de fortes barrières internes inhibant la communication directe, comme l’exprime l’énoncé : « I would have difficulty asking for consent because it would spoil the mood ».
3. Normes liées à la durée de la relation (Relationship Length Norms)
Cette dimension évalue l’influence des croyances normatives selon lesquelles l’obligation de communiquer explicitement son consentement s’étiole au fur et à mesure que la relation amoureuse se consolide dans le temps. L’individu adhère à l’idée qu’un passé sexuel partagé ou un engagement conjugal confère une forme de consentement tacite implicite et permanent, réduisant la nécessité d’une vérification à chaque épisode intime. Cette croyance est représentée par l’item : « I believe that the need for asking for sexual consent decreases as the length of an intimate relationship increases ».
4. Présomption du consentement (Pro Assuming Consent)
Cette sous-échelle mesure l’acceptation cognitive de scripts permissifs et unilatéraux, reposant sur l’adage implicite « qui ne dit mot consent ». L’individu estime légitime de poursuivre ses avances physiques jusqu’à ce que le partenaire oppose une résistance manifeste, considère les signaux non verbaux comme équivalents à une confirmation verbale, ou estime qu’un refus initial peut faire l’objet d’une négociation continue. L’item suivant en est caractéristique : « I think it is okay to assume consent and proceed sexually until the partner indicates “no” ».
5. Comportements de consentement indirects (Indirect Consent Behaviors)
Contrairement aux sous-échelles précédentes axées sur les attitudes, cette dimension opérationnalise les conduites réelles et habituelles du répondant au sein de sa vie intime. Elle reflète le recours préférentiel à un « script par tâtonnement » : initier une action corporelle et scruter la réaction physique du partenaire, interpréter le langage corporel sans jamais poser de question ouverte, ou présumer de l’accord sur la base d’une confiance aveugle ou d’une prétendue clairvoyance intuitive. L’item représentatif est : « Typically I ask for consent by making a sexual advance and waiting for a reaction, so I know whether or not to continue ».
6. Sensibilisation au consentement (Awareness of Consent)
La dernière sous-échelle capture le degré d’exposition, d’intégration réflexive et de discussion proactive au sujet du consentement sexuel dans la sphère sociale du participant. Elle quantifie les échanges verbaux menés avec des amis, les discussions sur le campus ou le fait d’avoir abordé explicitement le sujet avec son partenaire intime en dehors des moments d’excitation sexuelle. Un item typique est : « I have discussed sexual consent issues with my current (or most recent) partner at times other than during sexual encounters ».
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration de la SCS-R s’inscrit au carrefour de la psychologie sociale cognitive et de la théorie des scripts sexuels (Gagnon & Simon, 1973). Néanmoins, son ancrage structurant fondamental réside dans la théorie du comportement planifié (Theory of Planned Behavior ou TPB), formulée par Icek Ajzen (1985, 1991, 2005). La première version de l’instrument (SCS ; Humphreys & Herold, 2007) présentait une approche purement inductive issue de focus groups. Pour conférer à la mesure un pouvoir prédictif robuste, Humphreys et Brousseau (2009) ont délibérément remanié l’échelle afin qu’elle opérationnalise rigoureusement les trois déterminants majeurs de l’intention comportementale postulés par la TPB :
- L’attitude envers le comportement : Il s’agit du degré d’évaluation favorable ou défavorable qu’une personne porte sur l’acte d’établir le consentement. Dans la SCS-R, ce construit est bilatéral : d’un côté, une attitude positive envers la formulation explicite et protectrice du consentement (Facteur 1) ; de l’autre, une attitude permissive et opportuniste envers la présomption d’un consentement tacite (Facteur 4).
- Les normes subjectives : Ce concept désigne la pression sociale perçue par l’individu quant à l’adoption ou non d’un comportement. Dans la sphère intime, ces normes sont fortement conditionnées par le cadre relationnel. Le Facteur 3 (« Normes liées à la durée de la relation ») et le Facteur 6 (« Sensibilisation au consentement ») incarnent ces attentes sociales intériorisées, modélisant la façon dont les représentations culturelles de la fidélité, de l’engagement conjugal et des conversations entre pairs légitiment ou délégitiment l’obligation de demander la permission.
- Le contrôle comportemental perçu : Ce déterminant reflète la perception qu’a l’individu de la facilité ou de la difficulté à réaliser le comportement, en lien étroit avec la notion d’auto-efficacité formulée par Albert Bandura. Le Facteur 2 (« Manque de contrôle comportemental perçu ») isole précisément les barrières émotionnelles, relationnelles et situationnelles qui entravent la capacité perçue d’un individu à verbaliser sa requête sexuelle face au partenaire.
Selon l’architecture de la TPB, l’intention est le précurseur immédiat de l’action. L’apport théorique singulier d’Humphreys et Brousseau a été de démontrer que la négociation du consentement sexuel ne relève pas d’une impulsion spontanée dénuée de rationalité, mais découle d’un arbitrage cognitif complexe où les attitudes en faveur de la clarté se heurtent à l’anxiété sociale (manque de contrôle perçu) et aux scripts culturels de la présomption. En intégrant les comportements passés (Facteur 5), la SCS-R capture l’effet de réciprocité entre habitudes comportementales ancrées et prises de décision futures.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques relatives à la validité de la SCS-R ont été rigoureusement établies par Humphreys et Brousseau (2009) auprès d’un échantillon normatif d’étudiants hétérosexuels de premier cycle universitaire, à travers plusieurs analyses empiriques probantes :
Validité convergente et divergente
La validité de construit a été documentée en examinant les corrélations bivariées entre les sous-échelles de la SCS-R et deux instruments étalonnés de référence :
- Échelle de recherche de sensations sexuelles (SSSS ; Kalichman & Rompa, 1995) : Cette échelle mesure la propension à prendre des risques physiques et relationnels pour vivre des expériences érotiques stimulantes. Théoriquement, la recherche effrénée de sensations s’oppose à la délibération prudente qu’impose l’établissement formel du consentement. En parfaite conformité avec ces hypothèses théoriques, le score de recherche de sensations sexuelles est corrélé négativement avec l’attitude positive envers l’établissement du consentement (r = −.15, p < .05), et corrélé positivement avec la présomption du consentement (r = .15, p < .05), la croyance que la durée relationnelle dispense de consentement (r = .15, p < .05) et l’adoption de comportements de consentement indirects (r = .18, p < .05).
- Indice d’assertivité sexuelle de Hurlbert (HISA ; Hurlbert, 1991) : L’assertivité sexuelle implique la capacité de verbaliser ses désirs, ses limites, son confort et ses choix contraceptifs (Morokoff et al., 1997). L’analyse démontre que l’assertivité sexuelle présente une forte corrélation négative avec le manque de contrôle comportemental perçu (r = −.35, p < .01). De surcroît, elle est corrélée positivement avec la sensibilisation et les discussions sur le consentement (r = .24, p < .01) et avec les comportements indirects (r = .23, p < .01), ce dernier résultat suggérant que l’assurance personnelle facilite la lecture et l’usage des canaux de communication tant verbaux que subtils.
Validité prédictive
La validité prédictive a été établie par une analyse de régression linéaire multiple standard visant à prédire l’intention comportementale des participants de demander verbalement le consentement sexuel au cours de leurs cinq prochains rapports sexuels (mesurée via deux items dédiés). Le modèle global s’est révélé hautement significatif, expliquant 39 % de la variance de l’intention comportementale, F(6, 380) = 33,31, p < .001, R² = .39. Les prédicteurs uniques statistiquement significatifs se répartissent comme suit :
- Le genre masculin prédit une moindre intention de formuler verbalement sa demande (B = −.36, β = −.15) ;
- Un contrôle comportemental perçu plus élevé (soit un score plus faible sur la sous-échelle de manque de contrôle) prédit significativement l’intention verbale (B = −.22, β = −.22) ;
- Une attitude positive envers l’établissement du consentement renforce l’intention comportementale (B = .20, β = .17) ;
- Un recours moindre aux conduites indirectes par le passé prédit une plus forte intention verbale future (B = −.41, β = −.39) ;
- Une sensibilisation et des discussions fréquentes autour du consentement augmentent l’intention déclarée (B = .07, β = .08).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la SCS-R a été évaluée sous l’angle de la cohérence interne et de la stabilité temporelle sur un échantillon empirique robuste :
Cohérence interne
Sur la base de la cohorte princeps de 396 étudiants ayant complété l’ensemble de l’instrument, le coefficient global alpha de Cronbach de l’échelle totale atteint .89, attestant d’une excellente homogénéité conceptuelle. Les indices de cohérence interne calculés pour chacune des six sous-échelles individuelles se présentent ainsi :
- Positive Attitude Towards Establishing Consent (9 items) : α = .83 (excellente homogénéité) ;
- Lack of Perceived Behavioral Control (9 items) : α = .85 (très forte cohérence interne) ;
- Relationship Length Norms (5 items) : α = .72 (fiabilité satisfaisante) ;
- (Pro) Assuming Consent (7 items) : α = .68 (fiabilité acceptable pour une sous-échelle attitudinale multidimensionnelle) ;
- Indirect Consent Behaviors (6 items) : α = .78 (bonne consistance interne) ;
- Awareness of Consent (4 items) : α = .72 (fiabilité satisfaisante compte tenu du faible nombre d’items).
Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)
La stabilité temporelle des scores a été documentée auprès d’un sous-échantillon de 45 étudiants ayant rempli le questionnaire à deux reprises sur un intervalle temporel de cinq semaines. Les coefficients de corrélation intra-classe test-retest calculés pour les six sous-échelles oscillent entre .63 et .71 (Humphreys & Brousseau, 2009). Ces résultats démontrent une stabilité longitudinale modérée à solide, tout en conservant la sensibilité nécessaire pour enregistrer des variations d’attitudes à la suite d’interventions ciblées.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la SCS-R a été raffinée à travers des analyses factorielles exploratoires (AFE) successives sur les données issues des 396 participants universitaires de trois campus distincts. Les données ont été soumises à une extraction factorielle en composantes principales assortie d’une rotation orthogonale Varimax, justifiée par l’objectif d’obtenir des sous-échelles conceptuellement dissociables et interprétables de manière indépendante pour la recherche translationnelle.
Les critères de rétention factorielle (valeurs propres supérieures à 1,0 conformément au critère de Kaiser, et inspection minutieuse du graphique d’éboulis de Cattell) ont permis d’isoler une solution définitive à six facteurs regroupant les 40 items finaux. Cette modélisation à 6 facteurs explique 48,7 % de la variance totale des scores (Humphreys & Brousseau, 2009). Les items retenus présentaient tous des saturations factorielles (factor loadings) substantielles sur leur composante cible (> .40) et de faibles saturations croisées sur les composantes annexes.
Les caractéristiques descriptives factorielles se déclinent comme suit :
- Facteur 1 : Attitude positive envers l’établissement du consentement (9 items ; moyenne M = 4,67 ; écart-type cohérent avec une distribution légèrement asymétrique reflétant une désirabilité sociale pro-consentement modérée).
- Facteur 2 : Manque de contrôle comportemental perçu (9 items ; moyenne M = 3,18 ; capture l’inconfort et l’inhibition individuelle).
- Facteur 3 : Normes liées à la durée de la relation (5 items ; moyenne M = 5,02 ; score moyen le plus élevé de l’instrument, révélant la très forte prégnance culturelle du stéréotype de l’accord tacite au sein des couples stables).
- Facteur 4 : Présomption du consentement (7 items ; moyenne M = 3,08 ; capture les croyances minimisant l’obligation d’un accord clair).
- Facteur 5 : Comportements de consentement indirects (6 items ; moyenne M = 4,97 ; score moyen élevé confirmant la prédominance empirique des manœuvres non verbales).
- Facteur 6 : Sensibilisation au consentement (4 items ; moyenne M = 3,55 ; témoigne du niveau modéré de verbalisation sociale du concept).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique auto-rapporté d’évaluation des attitudes, normes et comportements.
- Format d’administration : Papier-crayon ou questionnaire électronique auto-administré en ligne.
- Durée approximative de passation : Environ 20 minutes.
- Nombre total d’items : 40 énoncés répartis en 6 sous-échelles.
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points : 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord), 2 = Disagree (En désaccord), 3 = Somewhat Disagree (Plutôt en désaccord), 4 = Neither Agree nor Disagree (Ni en accord ni en désaccord), 5 = Somewhat Agree (Plutôt d’accord), 6 = Agree (D’accord), 7 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord).
- Cotation et calcul des scores :
- Chaque item direct est scoré de 1 à 7.
- Items inversés : Les items 17 (« I feel confident that I could ask for consent from a new sexual partner »), 34 (« I always verbally ask for consent before I initiate a sexual encounter ») et 40 (« I have not given much thought to the topic of sexual consent ») font l’objet d’une inversion de cotation (calculée selon la formule : Score Recodé = 8 – Réponse Brute, transformant 1 en 7, 2 en 6, etc.).
- Calcul des sous-échelles : Pour chaque sous-échelle, additionner les scores attribués à chacun des items constitutifs (après inversion des items concernés), puis diviser cette somme par le nombre d’items de la sous-échelle considérée afin d’obtenir un score moyen continu compris entre 1,00 et 7,00.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception originale : 2004 (développements initiaux et données qualitatives) ; 2007 (version princeps SCS à 35 items).
- Année de publication de la version révisée (SCS-R) : 2009 (version définitive à 40 items).
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Terry P. Humphreys, Ph.D., Trent University.
- Conditions d’utilisation et permissions : L’Échelle de consentement sexuel révisée est protégée par le droit d’auteur, mais son utilisation est concédée à titre gratuit aux chercheurs, universitaires, praticiens de la santé mentale et étudiants pour des projets de recherche non commerciale ou des démarches d’évaluation éducative. L’autorisation formelle d’utilisation doit impérativement être sollicitée au préalable auprès de l’auteur principal : Terry P. Humphreys, Department of Psychology, Trent University, 1600 West Bank Drive, Peterborough, Ontario, Canada, K9J 7B8 ; e-mail : [email protected].
- Tarif d’utilisation : Gratuit sous réserve d’accord explicite de l’auteur et d’une citation académique rigoureuse des articles de validation fondateurs.
12. Références / References
- Ajzen, I. (1985). From intentions to actions: A theory of planned behavior. Dans J. Kuhl & J. Beckmann (Éds.), Action-control: From cognition to behavior (pp. 11–39). Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-3-642-69746-3_2
- Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
- Ajzen, I. (2001). Nature and operation of attitudes. Annual Review of Psychology, 52(1), 27–58. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.52.1.27
- Ajzen, I. (2005). Attitudes, personality, and behavior (2e éd.). Open University Press / McGraw-Hill.
- Gagnon, J. H., & Simon, W. (1973). Sexual conduct: The social sources of human sexuality. Aldine Publishing Company.
- Humphreys, T. P. (2004). Understanding sexual consent: An empirical investigation of the normative script for young heterosexual adults. Dans M. Cowling & P. Reynolds (Éds.), Making sense of sexual consent (pp. 209–225). Ashgate.
- Humphreys, T. P., & Brousseau, M. (2009). The Sexual Consent Scale—Revised: Development, reliability, and preliminary validity. The Journal of Sex Research, 46(np), 1–9. https://doi.org/10.1080/00224490903151357
- Humphreys, T. P., & Herold, E. S. (2007). Sexual consent in heterosexual dating relationships: Attitudes and behaviours of university students. Sex Roles, 57(3–4), 305–315. https://doi.org/10.1007/s11199-007-9258-2
- Hurlbert, D. F. (1991). The role of assertiveness in female sexuality: A comparative study between sexually assertive and sexually non-assertive women. Journal of Sex & Marital Therapy, 17(3), 183–190. https://doi.org/10.1080/00926239108404342
- Kalichman, S. C., & Rompa, D. (1995). Sexual sensation seeking and sexual compulsivity scales: Reliability, validity, and predicting HIV risk behavior. Journal of Personality Assessment, 65(3), 586–601. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa6503_16
- Morokoff, P. J., Quina, K., Harlow, L. L., Whitmire, L., Grimley, D. M., Gibson, P. R., & Sloan, C. A. (1997). Sexual Assertiveness Scale (SAS) for women: Development and validation. Journal of Personality and Social Psychology, 73(4), 790–804. https://doi.org/10.1037/0022-3514.73.4.790
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Please note that the term sexual consent is used extensively throughout this questionnaire. Please use the definition of sexual consent below when answering the questions that follow.
Sexual consent: the freely given verbal or nonverbal communication of a feeling of willingness to engage in sexual activity.
Using the following scale, please circle the number that best describes how strongly you agree or disagree with each statement. Remember, there are no right or wrong answers, just your opinions.
Response Scale:
1 = Strongly Disagree
2 = Disagree
3 = Somewhat Disagree
4 = Neither Agree nor Disagree
5 = Somewhat Agree
6 = Agree
7 = Strongly Agree
- I feel that sexual consent should always be obtained before the start of any sexual activity.
- I think it is equally important to obtain sexual consent in all relationships regardless of whether or not they have had sex before.
- I believe that asking for sexual consent is in my best interest because it reduces any misinterpretations that might arise.
- I feel that verbally asking for sexual consent should occur before proceeding with any sexual activity.
- When initiating sexual activity, I believe that one should always assume they do not have sexual consent.
- I believe that it is just as necessary to obtain consent for genital fondling as it is for sexual intercourse.
- I think that consent should be asked before any kind of sexual behavior, including kissing or petting.
- I feel it is the responsibility of both partners to make sure sexual consent is established before sexual activity begins.
- Before making sexual advances, I think that one should assume ‘no’ until there is clear indication to proceed.
- Factor 2: (Lack of) Perceived Behavioral Control
- I would have difficulty asking for consent because it would spoil the mood.
- I am worried that my partner might think I’m weird or strange if I asked for sexual consent before starting any sexual activity.
- I think that verbally asking for sexual consent is awkward.
- I would worry that, if other people knew I asked for sexual consent before starting sexual activity, they would think I was weird or strange.
- I would have difficulty asking for consent because it doesn’t really fit with how I like to engage in sexual activity.
- I believe that verbally asking for sexual consent reduces the pleasure of the encounter.
- I would have a hard time verbalizing my consent in a sexual encounter because I am too shy.
- I feel confident that I could ask for consent from a new sexual partner [R].
- I would not want to ask a partner for consent because it would remind me that I’m sexually active.
- Factor 3: Relationship Length Norms
- I believe that the need for asking for sexual consent decreases as the length of an intimate relationship increases.
- I think that obtaining sexual consent is more necessary in a casual sexual encounter than in a committed relationship.
- I think that obtaining sexual consent is more necessary in a new relationship than in a committed relationship.
- If a couple has a long history of consenting sexual activity with each other, I do not believe that they need to ask for consent during each sexual encounter.
- I believe that partners are less likely to ask for sexual consent the longer they are in a relationship.
- Factor 4: (Pro) Assuming Consent
- I think it is okay to assume consent and proceed sexually until the partner indicates “no.”
- If a sexual request is made and the partner indicates “no,” I feel that it is okay to continue negotiating the request.
- I think nonverbal behaviors are as effective as verbal communication to indicate sexual consent.
- Not asking for sexual consent is not really a big deal.
- In making a sexual advance, I believe that it is okay to assume consent unless you hear a “no.”
- I believe it is enough to ask for consent at the beginning of a sexual encounter.
- I believe that sexual intercourse is the only sexual activity that requires explicit verbal consent.
- Factor 5: Indirect Behavioral Approach
- Typically I communicate sexual consent to my partner using nonverbal signals and body language.
- Typically I ask for consent by making a sexual advance and waiting for a reaction, so I know whether or not to continue.
- It is easy to accurately read my current (or most recent) partner’s non-verbal signals as indicating consent or non-consent to sexual activity.
- I always verbally ask for consent before I initiate a sexual encounter [R].
- I don’t have to ask or give my partner sexual consent because my partner knows me well enough.
- I don’t have to ask or give my partner sexual consent because I have a lot of trust in my partner to “do the right thing.”
- Factor 6: Awareness of Consent
- I have discussed sexual consent issues with a friend.
- I have heard sexual consent issues being discussed by other students on campus.
- I have discussed sexual consent issues with my current (or most recent) partner at times other than during sexual encounters.
- I have not given much thought to the topic of sexual consent [R].