1. Résumé / Abstract
L’Échelle de concept de soi de Wallace (Wallace Self-Concept Scale, WSCS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par Gerald R. Wallace en 1980 au sein du Département d’études comportementales de l’Université du Missouri à St. Louis. Cet outil d’évaluation psychologique est composé de 15 paires d’adjectifs bipolaires évaluant la perception globale qu’un individu entretient de lui-même, opérationnalisée sous le paradigme réflexif « Moi en tant que personne » (« Myself as a Person »). Développée dans le cadre méthodologique du différenciateur sémantique d’Osgood, l’échelle utilise un format de réponse gradué en sept points (de 1 à 7) pour chaque item bipolaire. L’instrument bénéficie de deux formes parallèles en langue anglaise (Forme A et Forme B) ainsi que d’une adaptation en langue espagnole (Forme A), garantissant une flexibilité d’administration particulièrement utile dans les devis de recherche longitudinaux ou pré-test/post-test.
Sur le plan métrologique, la WSCS a fait l’objet d’un processus rigoureux de sélection d’items et d’étalonnage. À partir d’un ensemble initial de 75 paires d’adjectifs examinées par un panel d’experts, 34 items ont été soumis à une première administration empirique, débouchant sur une version finale de 15 items répondant à des critères stricts : une corrélation item-total égale ou supérieure à 0,40 et une corrélation avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne égale ou inférieure à 0,23. Les propriétés psychométriques de la Forme A démontrent une cohérence interne satisfaisante avec un coefficient alpha de Cronbach de 0,81. La stabilité temporelle test-retest sur un intervalle de deux semaines oscille entre 0,72 et 0,81, tandis que l’équivalence entre les formes alternées A et B sur trois semaines s’établit entre 0,71 et 0,80. La validité convergente est confirmée par des corrélations substantielles avec des instruments de référence : l’Échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = 0,60), l’Échelle de concept de soi pour enfants de Piers-Harris (r = 0,64), le Personal Orientation Inventory (r = 0,51) et l’Échelle de concept de soi du Tennessee (r = 0,45). Des données normatives détaillées (scores bruts, fréquences cumulées, équivalents en courbe normale [NCE], scores T standardisés et scores Z normalisés) sont disponibles pour quatre groupes : adultes (n = 1 257), adolescents (n = 771), étudiants universitaires (n = 287) et échantillon total (N = 2 301).
2. Mots-clés / Keywords
Échelle de concept de soi de Wallace, WSCS, concept de soi global, différenciateur sémantique, estime de soi, psychométrie, évaluation de la personnalité, adjectifs bipolaires, fidélité test-retest, validité convergente, auto-perception, désirabilité sociale.
3. Auteurs / Authors
L’instrument a été conçu et validé par Gerald R. Wallace, chercheur et universitaire rattaché au Department of Behavioral Studies de l’University of Missouri-St. Louis (St. Louis, Missouri, États-Unis). Les travaux subséquents sur les propriétés factorielles et les applications éducationnelles de l’échelle ont également impliqué des collaborateurs académiques notables, dont S. P. Walker, qui a exploré les liens entre le concept de soi mesuré par la WSCS, les intérêts vocationnels et l’orientation académique dans l’enseignement supérieur.
Affiliation institutionnelle historique :
- Gerald R. Wallace, Ed.D. / Ph.D. : Department of Behavioral Studies, School of Education, University of Missouri-St. Louis, St. Louis, MO 63121, États-Unis.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Wallace Self-Concept Scale est d’offrir une mesure brève, psychométriquement robuste et standardisée de la perception globale qu’un sujet entretient de lui-même en tant qu’entité humaine globale (« Myself as a Person »). Le concept de soi constitue une variable pivot dans l’explication du comportement humain, du bien-être psychologique, de l’adaptation socio-émotionnelle et de la réussite académique ou professionnelle. Dans le contexte de la fin des années 1970 et du début des années 1980, les cliniciens et chercheurs disposaient principalement d’instruments multidimensionnels longs (tels que l’échelle de Tennessee de Fitts comprenant 100 items), souvent fastidieux à administrer dans les contextes institutionnels, ou d’outils axés exclusivement sur la dimension évaluative de la valeur propre (telle que l’échelle d’estime de soi de Rosenberg).
La WSCS a été conçue pour combler un double besoin :
- Sur le plan de l’évaluation clinique et diagnostique : Fournir aux psychologues, psychiatres et conseillers d’orientation un profil rapide et fiable de la perception de soi, permettant d’identifier d’éventuels déficits d’auto-évaluation, des patterns dépressifs (se traduisant par des scores élevés sur les polarités négatives telles que léthargique, impuissant, triste, pessimiste) ou des distorsions cognitives de l’image de soi. L’outil s’applique particulièrement aux populations d’adolescents en quête d’identité, d’adultes en transition professionnelle ou thérapeutique, et d’apprenants confrontés à des difficultés d’adaptation scolaire.
- Sur le plan de la recherche empirique : Permettre l’inclusion d’une mesure standardisée du concept de soi dans des protocoles de recherche transversaux ou expérimentaux sans imposer une charge cognitive disproportionnée aux répondants. Grâce à l’existence de deux formes alternatives strictement appariées (Forme A et Forme B), les chercheurs peuvent mesurer les variations du concept de soi consécutives à des interventions psychothérapeutiques, éducatives ou managériales, tout en éliminant les biais de mémorisation ou d’apprentissage inhérents aux administrations répétées d’une forme unique.
- Sur le plan éducatif et vocationnel : Analyser comment l’auto-perception influence le choix de filières académiques, la motivation à l’égard de l’apprentissage et le sentiment d’efficacité chez les enseignants spécialisés et réguliers, comme l’ont démontré Wallace et ses collègues dans des investigations factorielles comparatives.
L’échelle cible spécifiquement la perception phénoménologique consciente du sujet, opérationnalisant l’idée que la façon dont l’individu se décrit par le prisme de descripteurs sémantiques universels reflète la synthèse affective et cognitive de son identité personnelle.
5. Construit psychologique / Construct
Le concept de soi mesuré par la WSCS correspond à une conception unifiée et globale de la personnalité vécue par le sujet. Contrairement aux approches multidimensionnelles hiérarchiques (telles que celles développées plus tard par Herbert W. Marsh ou Richard Shavelson), qui subdivisent le soi en facettes étanches (concept de soi académique, physique, social, émotionnel), l’approche de Wallace privilégie l’évaluation d’un facteur général du soi. Ce construit postule que, par-delà les fluctuations situationnelles et les compétences spécifiques, chaque être humain dispose d’une gestalt cognitive stable régissant son sentiment d’identité, d’efficacité et de valeur.
L’analyse des 15 paires bipolaires de la WSCS révèle que ce concept de soi global s’articule autour de trois axes psychologiques majeurs, traditionnellement identifiés dans les travaux sur le différentiateur sémantique :
Axe Évaluatif / Affectif (Valeur personnelle et tonalité émotionnelle)
Cet axe mesure le sentiment de positivité fondamentale, d’harmonie interne et d’acceptabilité sociale et physique que le sujet s’attribue. Les paires d’items représentatives de cette dimension incluent :
- Negative – Positive : Évalue la propension du sujet à se percevoir comme une entité constructive et bénéfique versus toxique ou dysfonctionnelle.
- Happy – Sad : Reflète l’évaluation de l’affect de fond dominant l’expérience subjective du moi.
- Pessimistic – Optimistic : Mesure la disposition cognitive envers l’avenir et l’anticipation positive de son propre destin.
- Unpleasant – Pleasant : Capte l’agréabilité relationnelle perçue de sa propre personnalité.
- Repulsive – Attractive et Ugly – Beautiful : Intègrent la composante corporelle et somato-esthétique du concept de soi, déterminante dans l’estime de soi globale.
Axe de Puissance / Compétence (Sentiment d’agentivité et d’efficacité)
Cet axe renvoie à la capacité perçue d’exercer un contrôle sur son environnement, de faire preuve de compétence cognitive et d’assumer un rôle déterminant dans ses choix de vie :
- Powerful – Powerless : Mesure le sentiment d’autonomie, de force intérieure et d’absence d’impuissance acquise.
- Sharp – Dull : Évalue l’acuité intellectuelle, la vivacité d’esprit perçue et le sentiment de compétence cognitive.
- Useless – Useful : Explore la valeur instrumentale du moi, c’est-à-dire le sentiment d’utilité sociale, de contribution et de productivité au sein du groupe.
Axe d’Activité / Énergie (Engagement comportemental et flexibilité)
Cette dimension rend compte du dynamisme volitionnel, de l’énergie vitale et de l’ouverture comportementale du sujet face aux sollicitations du monde extérieur :
- Eager – Indifferent : Évalue l’enthousiasme, la curiosité et l’appétence pour de nouveaux projets.
- Passive – Active : Reflète la propension à l’action motrice, décisionnelle et relationnelle.
- Lethargic – Energetic : Mesure le niveau d’énergie vitale disponible et l’absence d’inhibition psychomotrice.
- Participating – Avoiding : Révèle l’approche active versus l’évitement protecteur dans les situations sociales.
- Hardworking – Lazy : Capte l’investissement dans l’effort et la persévérance dirigée vers un but.
- Rigid – Flexible : Mesure l’adaptabilité psychologique face aux contraintes environnementales.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’architecture conceptuelle de l’Échelle de concept de soi de Wallace s’enracine au confluent de deux grands courants de la psychologie contemporaine : la psychologie humaniste phénoménologique et la psycholinguistique quantitative appliquée à la personnalité.
La tradition phénoménologique et humaniste
Sur le plan théorique, la WSCS repose fondamentalement sur la théorie du soi formulée par Carl Rogers (1951, 1959). Pour Rogers, le concept de soi est une configuration organisée, fluide mais congruente, de perceptions des caractéristiques et des relations du « Je » ou du « Moi », conjointe aux valeurs associées à ces perceptions. L’expérience subjective directe que l’individu fait de lui-même constitue le noyau régulateur du comportement. Lorsque Rogers élaborait ses techniques d’évaluation via le Q-Sort de Stephenson (1953), il postulait que contraindre le sujet à se situer par rapport à des descripteurs verbaux permettait de révéler la congruence ou la discordance entre le « soi réel » et le « soi idéal ».
Wallace adopte ce postulat phénoménologique : la mesure du concept de soi ne doit pas inférer indirectement des traits à partir de questions comportementales détournées, mais doit confronter directement l’individu à son auto-désignation introspective à travers l’expression « Moi en tant que personne ».
Le modèle sémantique d’Osgood, Suci et Tannenbaum
Sur le plan méthodologique et structural, l’instrument dérive directement des travaux pionniers de Charles E. Osgood et de ses collaborateurs (1957) sur la mesure de la signification (The Measurement of Meaning). Osgood a démontré que l’espace sémantique humain, quelle que soit la culture ou la langue, est universellement structuré autour de trois dimensions primaires :
- L’Évaluation (Evaluation) : Bonne / Mauvaise, Agréable / Désagréable.
- La Puissance (Potency) : Forte / Faible, Puissante / Impuissante.
- L’Activité (Activity) : Active / Passive, Rapide / Lente.
En transposant cette matrice tridimensionnelle à l’objet « Soi », la WSCS formalise le concept de soi comme le positionnement géométrique d’un individu au sein de cet espace sémantique. L’utilisation d’échelles bipolaires en sept points offre un gradient quantitatif continu permettant de saisir avec finesse l’intensité et la direction des attributions personnelles.
Le contrôle des biais : l’apport de la désirabilité sociale
Un défi récurrent dans les mesures d’auto-évaluation du concept de soi est le risque de contamination par le besoin d’approbation sociale, théorisé par Douglas P. Crowne et David Marlowe (1960). Les individus ayant tendance à choisir systématiquement les descripteurs les plus valorisés sur le plan socioculturel, l’instrument risquait de mesurer la conformité plutôt que la véritable auto-perception. Wallace a intégré ce paramètre dès la phase de conception en utilisant l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (Marlowe-Crowne Social Desirability Scale, MC-SDS) comme critère d’exclusion : tout item présentant une corrélation supérieure à 0,23 avec la désirabilité sociale a été éliminé, garantissant que les scores obtenus reflètent l’auto-évaluation authentique et non une simple stratégie d’auto-présentation défensive.
7. Validité / Validity
Le manuel technique de Wallace (1980) documente des preuves empiriques rigoureuses attestant de la validité de construit, de la validité convergente et de la validité discriminante de la Forme A de la WSCS.
Validité de construit et sélection des items
Le processus de développement de l’échelle a suivi une méthodologie en plusieurs étapes garantissant une haute validité de contenu et de construit :
- Génération du pool d’items : Une revue systématique de la littérature a permis de sélectionner 75 paires d’adjectifs bipolaires susceptibles de décrire les différentes facettes de l’identité personnelle.
- Évaluation par des juges experts : Un panel de trois experts indépendants a évalué la pertinence conceptuelle de chaque adjectif à l’aide d’une échelle en 3 points, aboutissant à la rétention de 34 items.
- Sélection empirique : Ces 34 items ont été administrés à un échantillon pilote d’étalonnage. Les 15 items retenus pour la version définitive devaient impérativement satisfaire deux critères psychométriques stricts : une corrélation item-total avec le score global de la WSCS supérieure ou égale à r = 0,40, et une corrélation avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne inférieure ou égale à r = 0,23.
Validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des corrélations modérées à fortes entre la WSCS et plusieurs échelles psychométriques majeures évaluant des construits apparentés :
- Échelle d’estime de soi de Rosenberg (Rosenberg Self-Esteem Scale, RSE) : r = 0,60. Cette corrélation robuste confirme que la WSCS partage une variance commune substantielle (36 %) avec la mesure de référence de l’estime de soi globale, tout en conservant une spécificité liée à ses composantes d’activité et de puissance.
- Échelle de concept de soi de Piers-Harris (Piers-Harris Children’s Self-Concept Scale) : r = 0,64. Il s’agit de la convergence la plus élevée rapportée, validant la pertinence de l’instrument auprès des populations jeunes.
- Inventaire d’orientation personnelle de Shostrom (Personal Orientation Inventory, POI) : r = 0,51. Cette association indique que des scores élevés à la WSCS sont liés à l’actualisation de soi et à l’autonomie psychologique.
- Échelle de concept de soi du Tennessee (Tennessee Self-Concept Scale, TSCS) : r = 0,45. Cette corrélation positive modérée démontre que la WSCS converge avec les échelles multidimensionnelles plus lourdes tout en demeurant beaucoup plus concise.
Validité discriminante
La validité discriminante est étayée par la faible corrélation observée avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne (r = 0,23). Cette valeur confirme que moins de 5,3 % de la variance des scores de la WSCS est attribuable à un biais de complaisance ou de présentation de soi favorable, ce qui représente une performance remarquable pour un instrument d’auto-évaluation utilisant des qualificatifs hautement évaluatifs.
8. Fidélité / Reliability
Les qualités métrologiques de la WSCS en matière de fidélité ont été établies à travers trois approches complémentaires dans le manuel technique (Wallace, 1980) : la cohérence interne, la stabilité temporelle (test-retest) et l’équivalence entre formes parallèles.
Cohérence interne
L’homogénéité des items composant la Forme A a été mesurée par le coefficient alpha de Cronbach. Wallace rapporte un coefficient de :
α = 0,81
Ce résultat témoigne d’une excellente consistance interne pour une échelle courte de 15 items, confirmant que l’ensemble des adjectifs bipolaires converge vers l’évaluation d’un construit commun sans présenter de redondance excessive.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest de la Forme A a été évaluée auprès d’échantillons ré-administrés sur un intervalle temporel de deux semaines. Les coefficients de corrélation temporelle rapportés s’échelonnent entre :
rtt = 0,72 à 0,81
Ces coefficients démontrent que l’auto-perception mesurée par l’instrument est un construit relativement stable dans le temps, caractéristique d’un trait psychologique plutôt que d’un simple état émotionnel transitoire, tout en autorisant une sensibilité aux changements thérapeutiques ou éducatifs à plus long terme.
Fidélité entre formes alternées (Formes A et B)
Pour permettre des évaluations répétées sans biais d’apprentissage, Wallace a créé la Forme B selon une procédure rigoureuse d’inversion structurelle : la moitié supérieure de la Forme A est devenue la moitié inférieure de la Forme B, et inversement, tout en inversant systématiquement les polarités droite/gauche de chaque item bipolaire. Les coefficients de fidélité entre les formes alternatives A et B, administrées avec un intervalle de trois semaines, se situent dans un intervalle de :
rAB = 0,71 à 0,80
Ce niveau d’équivalence démontre l’interchangeabilité des deux versions dans les protocoles de recherche longitudinaux et expérimentaux.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la WSCS a fait l’objet d’analyses approfondies, notamment dans les études de réplication menées par Wallace et ses collègues (1984), qui ont comparé la factorialité de l’échelle entre des enseignants de l’enseignement spécialisé et des enseignants de classes régulières.
Structure unifactorielle vs. trifactorielle
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) menées lors de la conception originale ont mis en évidence un facteur général dominant expliquant une proportion majeure de la variance totale, ce qui justifie le calcul et l’interprétation d’un score global de concept de soi. Ce facteur général unitaire regroupe les saturations les plus élevées sur les adjectifs à forte connotation d’ajustement émotionnel et d’efficacité personnelle (tels que Negative – Positive, Happy – Sad, Useless – Useful et Powerful – Powerless).
Néanmoins, lorsque des rotations orthogonales (Varimax) ou obliques (Promax) sont appliquées, la solution factorielle s’aligne fidèlement sur le modèle tridimensionnel d’Osgood :
- Facteur I : Évaluation personnelle / Bien-être affectif (expliquant environ 35 à 40 % de la variance commune), regroupant les items évaluant le bonheur, l’optimisme, l’attrait physique et l’agréabilité relationnelle (Happy/Sad, Negative/Positive, Pessimistic/Optimistic, Unpleasant/Pleasant, Ugly/Beautiful, Repulsive/Attractive).
- Facteur II : Dynamisme / Activité orientée (expliquant environ 12 à 15 % de la variance commune), saturé par les items liés à l’action motrice, l’énergie et l’investissement au travail (Passive/Active, Lethargic/Energetic, Hardworking/Lazy, Participating/Avoiding, Eager/Indifferent).
- Facteur III : Efficacité et Compétence (expliquant environ 8 à 10 % de la variance commune), caractérisé par le sentiment de puissance personnelle, l’acuité mentale et la souplesse adaptative (Powerful/Powerless, Sharp/Dull, Useless/Useful, Rigid/Flexible).
Invariance de mesure et comparaison intergroupes
Dans leur étude factorielle comparative, Wallace et al. (1984) ont analysé la stabilité de la WSCS auprès d’enseignants réguliers et d’enseignants spécialisés (Educational and Psychological Measurement, 44, 199-207). Les résultats ont confirmé l’invariance factorielle de l’instrument entre ces deux groupes professionnels : les saturations factorielles des 15 items et la configuration des dimensions sont demeurées stables, confirmant que l’échelle mesure le même construit psychologique indépendamment des contraintes de rôle professionnel.
Des travaux transculturels ultérieurs, notamment les recherches menées par Zheng (2006) sur le concept de soi implicite et explicite chez des étudiants en situation de précarité en Chine, ont confirmé la pertinence et la robustesse de la structure factorielle de la WSCS dans des contextes non occidentaux.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure se caractérise par une administration simple, directe et standardisée, utilisable tant en passation individuelle qu’en passation collective.
- Nom complet de l’outil : Wallace Self-Concept Scale (WSCS) / Échelle de concept de soi de Wallace.
- Auteur : Gerald R. Wallace (1980).
- Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation basé sur la méthode du différenciateur sémantique bipolaire.
- Population cible : Adolescents (à partir de 12-13 ans) et adultes de tous âges.
- Nombre d’items : 15 paires d’adjectifs bipolaires opposés.
- Versions disponibles :
- Forme A (anglais) ;
- Forme B (forme alternative en anglais, avec inversion de l’ordre des items et permutation des polarités) ;
- Forme A (adaptation espagnole).
- Consigne de passation : Il est demandé au participant de se positionner sur une échelle en sept points séparant deux qualificatifs opposés, en décrivant la perception sincère qu’il a de « Moi en tant que personne » (« Myself as a Person »).
- Format de réponse : Échelle de Likert / différenciateur sémantique en 7 points (graduée de 1 à 7 entre les deux pôles de chaque item).
- Durée d’administration : Environ 5 à 10 minutes.
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Chaque item est coté de 1 à 7.
- Le pôle le plus positif sur le plan de l’estime de soi reçoit la note de 7, tandis que le pôle le plus négatif reçoit la note de 1.
- Items à cotation inversée : Dans la Forme A originale, six adjectifs ont leur pôle positif situé à gauche et nécessitent une inversion de cotation afin que les scores élevés reflètent systématiquement un concept de soi plus positif et adapté. Les 6 adjectifs concernés sont : eager (item 1), participating (item 4), powerful (item 6), hardworking (item 8), sharp (item 10) et happy (item 13). Pour ces items, le score inversé est calculé selon la formule standard :
Score inversé = 8 - Réponse brute. - Pour les 9 autres items dont le pôle négatif est situé à gauche (passive, rigid, lethargic, negative, repulsive, unpleasant, useless, pessimistic, ugly), la réponse brute (où 1 = extrêmement négatif et 7 = extrêmement positif) est conservée telle quelle.
- Score total : La somme des 15 items cotés produit un score composite global compris entre 15 et 105. Plus le score est élevé, plus le concept de soi de l’individu est positif, dynamique et sécure.
- Étalonnage et normes disponibles : Le manuel fournit des barèmes complets basés sur 2 301 sujets répartis en 4 sous-groupes normatifs :
- Adultes (n = 1 257) ;
- Adolescents (n = 771) ;
- Étudiants d’université (n = 287) ;
- Échantillon général combiné (N = 2 301).
Pour chaque groupe, les tables de conversion fournissent les scores bruts, fréquences, fréquences cumulées, équivalents de courbe normale (NCE), scores standardisés T (moyenne = 50, écart-type = 10) et scores Z normalisés.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1980 (publication du manuel technique de référence à l’Université du Missouri-St. Louis).
- Statut des droits d’auteur et permissions : L’Échelle de concept de soi de Wallace a été diffusée initialement sous l’égide du Department of Behavioral Studies de l’Université du Missouri à St. Louis. À des fins de recherche académique et scientifique non commerciale, l’instrument est fréquemment reproduit et utilisé librement sous réserve de citation rigoureuse des travaux sources de Wallace (1980, 1984). Pour toute utilisation commerciale, adaptation clinique informatisée ou intégration dans des plateformes de diagnostic payantes, il convient d’obtenir l’accord écrit de l’auteur ou du département dépositaire des droits à l’Université du Missouri-St. Louis.
- Tarification / Coût : Dans le cadre de l’enseignement supérieur et de la recherche clinique universitaire, l’accès à l’instrument s’effectue sans frais de licence (domaine de la recherche libre). Aucun coût de passation par répondant n’est facturé par un éditeur commercial majeur.
12. Références / References
Voici les références bibliographiques académiques relatives au développement, à la validation et à l’application de la Wallace Self-Concept Scale :
- Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1960). A new scale of social desirability independent of psychopathology. Journal of Consulting Psychology, 24(4), 349–354. https://doi.org/10.1037/h0047358
- Fitts, W. H. (1965). Tennessee Self-Concept Scale: Manual. Counselor Recordings and Tests.
- Osgood, C. E., Suci, G. J., & Tannenbaum, P. H. (1957). The measurement of meaning. University of Illinois Press.
- Piers, E. V., & Harris, D. B. (1969). The Piers-Harris Children’s Self-Concept Scale. Western Psychological Services.
- Rogers, C. R. (1951). Client-centered therapy: Its current practice, implications, and theory. Houghton Mifflin.
- Rosenberg, M. (1965). Society and the adolescent self-image. Princeton University Press. https://doi.org/10.1515/9781400876136
- Shostrom, E. L. (1964). An inventory for the measurement of self-actualization. Educational and Psychological Measurement, 24(2), 207–218. https://doi.org/10.1177/001316446402400203
- Wallace, G. R. (1980). WSCS technical manual. Department of Behavioral Studies, University of Missouri-St. Louis.
- Wallace, G. R., & Walker, S. P. (1990). Self-concept, vocational interests, and choice of academic major in college students. College Student Journal, 23, 361–367.
- Wallace, G. R., Berg, S., & Schwab, L. (1984). Factorial comparison of the Wallace Self-Concept Scale between special education teachers and regular classroom teachers. Educational and Psychological Measurement, 44(1), 199–207. https://doi.org/10.1177/0013164484441024
- Zheng, J. X. (2006). The research of disadvantaged students implicit and explicit self-concept and their predicted fountain (Mémoire de Master inédit). East China Normal University, République populaire de Chine.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Please rate yourself on the following 7-point scale between each pair of adjectives to describe “Myself as a Person”. Circle or check the number (1 to 7) that best indicates where you place yourself between the two terms.
Response format: 1 — 2 — 3 — 4 — 5 — 6 — 7
- Eager Indifferent
- Passive Active
- Rigid Flexible
- Participating Avoiding
- Lethargic Energetic
- Powerful Powerless
- Negative Positive
- Hardworking Lazy
- Repulsive Attractive
- Sharp Dull
- Unpleasant Pleasant
- Useless Useful
- Happy Sad
- Pessimistic Optimistic
- Ugly Beautiful