1. Résumé / Abstract
L’Échelle de comportement impulsif UPPS-P (UPPS-P Impulsive Behavior Scale) constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement adoptés à l’échelle internationale pour l’évaluation multidimensionnelle de l’impulsivité chez l’adulte et l’adolescent. Conçue initialement par Whiteside et Lynam en 2001 sous la forme du modèle UPPS à quatre dimensions, puis enrichie par Cyders et ses collaborateurs en 2007 pour intégrer l’urgence positive, l’UPPS-P postule que l’impulsivité ne constitue pas un trait psychologique monolithique, mais plutôt un regroupement hétérogène de processus dispositionnels distincts menant à des comportements téméraires ou non planifiés.
L’instrument se compose de 59 items auto-rapportés, évalués à l’aide d’une échelle de Likert en quatre points allant de 1 (« Tout à fait d’accord ») à 4 (« Tout à fait en désaccord »). L’UPPS-P mesure avec précision cinq dimensions fondamentales de la personnalité :
- L’Urgence négative (Negative Urgency) : propension à agir de façon inconsidérée sous le coup d’états affectifs négatifs intenses.
- L’Urgence positive (Positive Urgency) : tendance à céder à des impulsions dommageables en réponse à une humeur particulièrement euphorique ou exaltée.
- Le Manque de préméditation (Lack of Premeditation) : difficulté à anticiper, délibérer et évaluer les conséquences d’un acte avant son exécution.
- Le Manque de persévérance (Lack of Perseverance) : incapacité à maintenir son attention et son engagement sur des tâches longues, ennuyeuses ou cognitivement exigeantes.
- La Recherche de sensations (Sensation Seeking) : attraction marquée pour les activités stimulantes, nouvelles et potentiellement risquées.
D’un point de vue psychométrique, l’UPPS-P démontre une fidélité remarquable, attestée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,80 et 0,94 selon les sous-échelles et les populations étudiées. Sa structure factorielle à cinq composantes a été solidement corroborée par de nombreuses analyses factorielles confirmatoires conduites dans diverses aires linguistiques et cliniques. Dotée d’une validité de construit, convergente, discriminante et prédictive substantielle, cette échelle est couramment employée en psychopathologie, en addictologie et en neurosciences comportementales pour identifier les mécanismes spécifiques sous-jacents aux conduites addictives, aux troubles des conduites alimentaires, au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et aux prises de risques pathologiques.
2. Mots-clés / Keywords
Impulsivité, UPPS-P, urgence négative, urgence positive, préméditation, persévérance, recherche de sensations, psychométrie, évaluation de la personnalité, psychopathologie, addictions, prise de risque, validation factorielle.
3. Auteurs / Authors
L’élaboration conceptuelle et psychométrique de l’échelle UPPS et de sa version étendue UPPS-P est le fruit de recherches pionnières menées au sein de plusieurs départements de psychologie clinique nord-américains :
- Stephen P. Whiteside, Ph.D. — Professeur de psychologie, Mayo Clinic, Rochester, Minnesota, États-Unis. Co-développeur de l’échelle UPPS originale (Whiteside & Lynam, 2001).
- Donald R. Lynam, Ph.D. — Professeur distingué de sciences psychologiques, Department of Psychological Sciences, Purdue University, West Lafayette, Indiana, États-Unis. Auteur principal des modélisations structurales intégrant l’impulsivité dans les grands modèles de la personnalité.
- Melissa A. Cyders, Ph.D. — Professeure agrégée de psychologie, Department of Psychology, Indiana University-Purdue University Indianapolis (IUPUI), Indianapolis, Indiana, États-Unis. Auteure principale de l’intégration de la facette d’urgence positive (Cyders et al., 2007).
- Gregory T. Smith, Ph.D. — Professeur titulaire de psychologie clinique, Department of Psychology, University of Kentucky, Lexington, Kentucky, États-Unis. Spécialiste de la psychométrie appliquée et de la comorbidité addictive.
- Collaborateurs additionnels (validation UPPS-P) : Nilofar S. Spillane, Sarah Fischer, Alexandra M. Annus et Caitlin Peterson.
4. Objectif / Purpose
Le principal dessein théorique et clinique de l’échelle UPPS-P réside dans la déconstruction analytique du concept d’impulsivité. Historiquement, la littérature psychiatrique et psychologique a souvent appréhendé l’impulsivité comme un construit unitaire ou unidimensionnel, créant une confusion méthodologique majeure : des individus qualifiés d’« impulsifs » présentaient des profils comportementaux radicalement hétérogènes, des trajectoires cliniques divergentes et des réponses thérapeutiques imprévisibles.
L’UPPS-P répond à cette lacune en dissociant cinq voies psychologiques distinctes menant à des conduites précipitées ou inadaptées. L’objectif fondamental n’est pas simplement de quantifier le niveau global d’impulsivité d’un individu, mais d’élucider pourquoi et dans quelles circonstances cet individu agit de manière irréfléchie. En distinguant les composantes purement cognitives (déficit de planification, intolérance à l’effort soutenu) des composantes motivationnelles (appétence pour les sensations fortes) et affectives (vulnérabilité aux émotions extrêmes), l’outil offre une cartographie phénotypique fine.
Sur le plan clinique, cette différenciation est capitale pour la psychopathologie personnalisée :
- Addictologie et abus de substances : Deux patients peuvent abuser de l’alcool pour des motifs structurellement opposés. L’un peut consommer pour tempérer une détresse émotionnelle intolérable (urgence négative élevée), tandis que l’autre recherche une amplification de l’exaltation festive (urgence positive ou recherche de sensations). Les protocoles d’intervention cognitivo-comportementale doivent impérativement s’adapter à ces déterminants distincts (régulation émotionnelle versus gestion du craving en contexte festif).
- Comportements auto-agressifs et suicidaires : L’urgence négative s’avère un prédicteur robuste des scarifications, des gestes suicidaires impulsifs et des accès boulimiques, où l’acte impulsif sert d’exutoire dysfonctionnel à une tension affective devenue insupportable.
- Troubles externalisés et TDAH : Le manque de persévérance et le manque de préméditation discriminent efficacement les sous-types de TDAH (Miller et al., 2010), facilitant le diagnostic différentiel entre les composantes inattentives pures et les formes combinées associées à des troubles oppositionnels avec provocation.
5. Construit psychologique / Construct
L’UPPS-P opérationnalise l’impulsivité à travers cinq facettes distinctes mais articulées au sein d’une architecture cohérente :
1. L’Urgence négative (Negative Urgency — 12 items)
L’urgence négative reflète la prédisposition individuelle à succomber à des impulsions pressantes lorsque le sujet est confronté à des affects négatifs intenses (colère, tristesse, anxiété, sentiment de rejet). Face à la détresse psychologique, l’individu éprouve un besoin irrépressible de soulagement immédiat, annihilant temporairement ses capacités de contrôle inhibiteur. Les manifestations typiques incluent les crises de boulimie réactionnelles, les explosions verbales agressives lors de conflits, les achats compulsifs ou la prise de toxiques en réponse au stress.
2. L’Urgence positive (Positive Urgency — 14 items)
Introduite par Cyders et al. (2007), l’urgence positive est le pendant affectif positif de l’urgence négative. Elle désigne la propension à adopter des comportements téméraires, disproportionnés ou destructeurs en état de vive allégresse, d’euphorie ou d’excitation intense. Sous l’emprise d’un bonheur débordant, le sujet minimise les dangers potentiels et agit de manière excessive. On retrouve cette facette dans les dépenses extravagantes non planifiées lors de célébrations, la consommation excessive d’alcool en soirée, la conduite automobile dangereuse ou la promiscuité sexuelle imprudente.
3. Le Manque de préméditation ((Lack of) Premeditation — 11 items)
Cette composante cognitive caractérise la tendance à agir sans évaluer préalablement les conséquences potentielles de l’acte. Les individus présentant un score élevé sur cette échelle prennent des décisions sur un coup de tête, négligent l’anticipation des risques à moyen et long termes et s’engagent dans des situations complexes sans plan d’action réfléchi. Les items de cette dimension sont formulés de manière positive (valorisation de la réflexion, prudence) et nécessitent une inversion de cotation pour refléter le déficit délibératif.
4. Le Manque de persévérance ((Lack of) Perseverance — 10 items)
Le manque de persévérance renvoie aux difficultés structurelles à maintenir son attention, sa concentration et son énergie sur une tâche requérant un effort soutenu, particulièrement lorsque celle-ci devient monotone, complexe ou ennuyeuse. Les individus concernés ont tendance à abandonner rapidement leurs projets, à procrastiner face aux exigences cognitives prolongées et à se laisser aisément distraire. Tout comme la préméditation, cette dimension renvoie aux facettes sous-jacentes du domaine de la conscience/conscienciosité.
5. La Recherche de sensations (Sensation Seeking — 12 items)
La recherche de sensations regroupe deux aspects cardinaux : d’une part, l’appétence marquée pour des activités physiques ou sociales stimulantes, intenses et excitantes (sports extrêmes, vitesse) ; d’autre part, une ouverture délibérée à l’exploration d’expériences nouvelles, singulières ou non conventionnelles, quand bien même celles-ci comporteraient un danger potentiel. Contrairement aux facettes d’urgence, la recherche de sensations ne découle pas d’une tentative désespérée de réguler une émotion, mais d’une recherche active de stimulation dopaminergique.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’édification de l’échelle UPPS-P s’ancre directement dans le Modèle à Cinq Facteurs de la personnalité (Five-Factor Model ou FFM / Big Five), développé notamment par Paul Costa et Robert McCrae. Whiteside et Lynam (2001) sont partis du constat épistémologique que les multiples instruments existants mesurant l’impulsivité (tels que l’échelle d’impulsivité de Barratt, le questionnaire d’Eysenck ou le MPQ de Tellegen) utilisaient des étiquettes sémantiques similaires pour évaluer des réalités psychologiques divergentes.
En soumettant un vaste ensemble d’échelles d’impulsivité et les 30 facettes du Revised NEO Personality Inventory (NEO-PI-R) à des analyses factorielles exploratoires, Whiteside et Lynam ont démontré que les items associés à l’impulsivité se rattachaient à quatre facettes fondamentales de la personnalité standard :
- L’Urgence négative émane principalement du domaine du Névrosisme (affectivité négative et instabilité émotionnelle).
- Le Manque de préméditation et le Manque de persévérance représentent deux versants distincts du déficit de Conscienciosité (délibération et autodiscipline).
- La Recherche de sensations relève du domaine de l’Extraversion, plus précisément de la recherche d’activité et d’enthousiasme.
Cependant, Cyders et ses collègues (2007) ont mis en lumière une asymétrie théorique majeure dans le modèle UPPS : si l’impact désinhibiteur de l’affect négatif était capturé par l’urgence négative, l’influence des affects positifs intenses demeurait ignorée. Les théories neuropsychologiques de la motivation et de l’émotion (Gray, Carver) suggèrent que le système d’approche comportementale (Behavioral Approach System — BAS) peut être activé de façon critique par des émotions positives d’excitation, induisant une focalisation attentionnelle myope sur la récompense immédiate au détriment du contrôle exécutif inhibiteur. La validation de l’Urgence positive a ainsi parachevé le modèle en formalisant l’existence de deux voies distinctes de « rash action » (action téméraire) induites par l’émotion.
Sur le plan neurophysiologique, le cadre UPPS-P converge avec les modèles des fonctions exécutives chaudes et froides. Les dimensions de Préméditation et de Persévérance mobilisent les boucles cortico-striées dorsolatérales (« contrôle froid »), responsables de la mémoire de travail, de la planification et de l’inhibition cognitive. En revanche, les dimensions d’Urgence (positive et négative) sollicitent préférentiellement les réseaux ventromédians préfrontaux, orbitofrontaux et le système limbique/amygdalien (« contrôle chaud »), où l’intensité émotionnelle surcharge les capacités de régulation descendante (top-down regulation).
7. Validité / Validity
L’UPPS-P jouit d’une littérature empirique impressionnante confirmant sa robustesse psychométrique à travers divers contextes culturels et linguistiques.
Validité de construit et validité convergente/discriminante
Dans l’étude séminale de Smith et al. (2007), la validité de construit de l’UPPS-P a été démontrée par une approche multitraite-multiméthode comparant des questionnaires auto-rapportés à des hétéro-évaluations et à des entretiens semi-structurés. Les corrélations entre les différentes méthodes mesurant le même construit (validité convergente) étaient statistiquement robustes ($r > 0,55$), tandis que les corrélations inter-traits au sein d’une même méthode (validité discriminante) confirmaient que les cinq facettes représentaient des dimensions non redondantes.
Validité critériée et prédictive
La validité prédictive de l’instrument s’est avérée particulièrement différenciée selon les psychopathologies observées :
- Dépendances et abus d’alcool : Whiteside et Lynam (2003) ont établi que les urgences négative et positive constituent les facteurs prédicteurs primordiaux de la sévérité de l’alcoolodépendance et des épisodes de consommation massive rapide (binge drinking), alors que la recherche de sensations prédit plutôt la fréquence initiale de consommation sans en prédire nécessairement les complications cliniques.
- Jeu pathologique : Les recherches menées par Miller et al. (2003) soulignent que le jeu problématique est fortement corrélé aux deux dimensions d’urgence, reflétant une conduite employée pour fuir un affect aversif ou amplifier une euphorie, combinée à un déficit de préméditation.
- Sous-types de TDAH : Miller, Derefinko, Lynam, Milich et Fillmore (2010) ont démontré que les sous-échelles de l’UPPS permettent de classifier empiriquement les sous-types de TDAH. Le sous-type inattentif (TDAH/I) est caractérisé de manière élective par un score déficitaire en Persévérance, tandis que le sous-type combiné (TDAH/C) associe déficits de Persévérance, de Préméditation et Urgence élevée.
- Comportements boulimiques et auto-mutilations : L’urgence négative prédit spécifiquement les crises d’hyperphagie incontrôlée et les gestes parasuicidaires non motivés par une intention léthale, confirmant l’hypothèse de l’utilisation de l’acte impulsif comme régulateur émotionnel dysfonctionnel.
Validité transculturelle
L’échelle a été adaptée et validée avec succès dans de nombreuses langues, notamment en espagnol par Verdejo-García et al. (2009), ainsi qu’en français par Van der Linden et al. (2006) pour la version UPPS initiale et par Billieux et al. (2012) pour l’UPPS-P (version courte et longue), attestant de l’universalité de la structure à cinq facteurs chez des populations francophones suisses, belges et françaises.
8. Fidélité / Reliability
Les études psychométriques consacrées à l’UPPS-P rapportent invariablement des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle très élevés :
Cohérence interne
Dans l’échantillon princeps de Cyders et al. (2007), les coefficients alpha de Cronbach pour les cinq sous-échelles se sont échelonnés comme suit :
- Urgence négative : $\alpha = 0,85$ à $0,89$
- Urgence positive : $\alpha = 0,93$ à $0,95$
- Manque de préméditation : $\alpha = 0,85$ à $0,87$
- Manque de persévérance : $\alpha = 0,81$ à $0,85$
- Recherche de sensations : $\alpha = 0,86$ à $0,90$
Ces niveaux de cohérence interne ont été répliqués dans l’adaptation espagnole de Verdejo-García et al. (2009), avec des coefficients compris entre $0,79$ et $0,93$, ainsi que dans la validation francophone de Billieux et al. (2012), où les valeurs de McDonald’s $\omega$ et d’alpha de Cronbach dépassaient toutes le seuil conventionnel de $0,80$.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest a été documentée sur des intervalles allant de quelques semaines à plusieurs mois. Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se situent généralement au-dessus de $0,75$ (atteignant $0,85$ pour la recherche de sensations et la préméditation sur un intervalle de trois semaines). Cette excellente stabilité atteste que l’UPPS-P capte bien des traits dispositionnels durables de la personnalité plutôt que de simples fluctuations d’état émotionnel transitoire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de l’UPPS-P a fait l’objet d’investigations statistiques exhaustives par le biais d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Structure originale et émergence du 5e facteur
L’analyse factorielle exploratoire princeps de Whiteside et Lynam (2001) avec rotation oblimin sur une batterie d’items issus de diverses échelles d’impulsivité avait extrait sans ambiguïté quatre facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés. Lors de l’adjonction des items d’Urgence positive par Cyders et al. (2007), les analyses factorielles exploratoires ont démontré que les items d’urgence positive saturaient sur un facteur distinct et n’étaient pas de simples reflets inversés de l’urgence négative. Les saturations factorielles de chaque item sur son facteur théorique sont robustes, fluctuant pour la grande majorité entre $0,45$ et $0,85$, avec des saturations croisées négligeables ($< 0,25$).
Modélisation confirmatoire (AFC) et modèles concurrents
Plusieurs structures factorielles ont été comparées par modélisation d’équations structurelles (SEM) :
- Modèle unidimensionnel : Rejeté systématiquement en raison d’un ajustement inacceptable (RMSEA $> 0,12$ ; CFI $< 0,60$).
- Modèle à cinq facteurs corrélés : Ce modèle offre d’excellents indices d’ajustement empirique ($chi^2/dl < 2,5$ ; RMSEA $le 0,055$ ; CFI $ge 0,92$ ; TLI $ge 0,91$).
- Modèle hiérarchique / bi-factoriel : Plusieurs auteurs (dont Billieux et al., 2012) ont mis en évidence qu’un modèle hiérarchique de second ordre, regroupant l’Urgence négative et l’Urgence positive sous un méta-facteur d’« Urgence émotionnelle », rend compte de façon élégante de la corrélation modérée à forte observée entre ces deux dimensions ($r \approx 0,60$), tout en préservant l’autonomie conceptuelle des facettes de Préméditation, Persévérance et Recherche de sensations.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (Self-report inventory).
- Format : Papier-crayon ou passation informatisée / numérique.
- Nombre total d’items : 59 items.
- Durée moyenne d’administration : 10 à 15 minutes.
- Public cible : Adultes et adolescents (généralement à partir de 12 ans avec une version adaptée ou le vocabulaire explicité).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 4 points :
- 1 = Tout à fait d’accord (Agree Strongly)
- 2 = Assez d’accord (Agree Some / Agree Somewhat)
- 3 = Assez peu d’accord (Disagree Some / Disagree Somewhat)
- 4 = Pas du tout d’accord (Disagree Strongly)
(Note : Selon la convention de cotation, les scores sont fréquemment inversés informatiquement afin que des scores plus élevés correspondent à une impulsivité plus marquée : 1 = Pas du tout d’accord à 4 = Tout à fait d’accord).
- Structure des sous-échelles et clés de cotation :
- Urgence négative : Items 2, 7, 12, 17, 22, 29, 34, 39, 44, 50, 53, 58 (12 items). Cotation directe de l’impulsivité affective aversive.
- Urgence positive : Items 5, 10, 15, 20, 25, 30, 35, 40, 45, 49, 52, 54, 57, 59 (14 items). Cotation directe de l’impulsivité sous euphorie.
- Manque de préméditation : Items 1, 6, 11, 16, 21, 28, 33, 38, 43, 48, 55 (11 items). Items libellés dans le sens de la prudence et nécessitant une inversion de score pour exprimer le déficit.
- Manque de persévérance : Items 4, 9, 14, 19, 24, 27, 32, 37, 42, 47 (10 items). Items majoritairement positifs (sauf items tels que l’item 9) nécessitant l’inversion appropriée afin qu’un score élevé reflète l’inattention/l’abandon.
- Recherche de sensations : Items 3, 8, 13, 18, 23, 26, 31, 36, 41, 46, 51, 56 (12 items). Cotation directe de l’attirance pour le frisson.
- Mode de calcul : On calcule habituellement la moyenne arithmétique des items de chaque sous-échelle (oscillant entre 1,0 et 4,0) ou le score brut total par dimension. Les moyennes permettent une comparaison directe des dimensions entre elles indépendamment du nombre divergent d’items par sous-échelle.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale (UPPS) : 2001 (Stephen P. Whiteside & Donald R. Lynam).
- Année de publication révisée (UPPS-P) : 2007 (Melissa A. Cyders et collègues).
- Statut des droits et conditions d’accès : L’UPPS-P relève du domaine de la recherche académique en libre accès (Open Access for academic research). L’utilisation de l’instrument est gratuite pour les chercheurs, les universitaires et les cliniciens exerçant dans un cadre de recherche à but non lucratif.
- Autorisation commerciale : Toute incorporation dans des plateformes logicielles commerciales, des applications rémunérées ou des études commanditées par l’industrie pharmaceutique requiert l’autorisation explicite préalable des auteurs principaux (Purdue University / IUPUI).
- Citation obligatoire : Les utilisateurs de l’instrument sont tenus de référencer systématiquement les deux articles sources princeps : Whiteside & Lynam (2001) et Cyders et al. (2007).
12. Références / References
Les publications fondatrices et validations psychométriques de l’échelle UPPS et UPPS-P incluent :
- Billieux, J., Rochat, L., Ceschi, G., Carré, A., Offerlin-Meyer, I., Defeldre, A. C., Jünger, F., Van der Linden, M., & Khazaal, Y. (2012). Validation of a short French version of the UPPS-P Impulsive Behavior Scale. Comprehensive Psychiatry, 53(5), 609–615. https://doi.org/10.1016/j.comppsych.2011.09.001
- Cyders, M. A., Smith, G. T., Spillane, N. S., Fischer, S., Annus, A. M., & Peterson, C. (2007). Integration of impulsivity and positive mood to predict risky behavior: Development and validation of a measure of positive urgency. Psychological Assessment, 19(1), 107–118. https://doi.org/10.1037/1040-3590.19.1.107
- Miller, D. J., Derefinko, K. J., Lynam, D. R., Milich, R., & Fillmore, M. T. (2010). Impulsivity and attention deficit-hyperactivity disorder: Subtype classification using the UPPS Impulsive Behavior Scale. Journal of Psychopathology and Behavioral Assessment, 32(3), 323–332. https://doi.org/10.1007/s10862-010-9177-3
- Miller, J. D., Flory, K., Lynam, D. R., & Leukefeld, C. (2003). A test of the four-factor model of impulsivity-related traits. Personality and Individual Differences, 34(8), 1403–1418. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(02)00122-8
- Smith, G. T., Fischer, S., Cyders, M. A., Annus, A. M., Spillane, N. S., & McCarthy, D. M. (2007). On the validity and utility of discriminating among impulsivity-like traits. Assessment, 14(2), 155–170. https://doi.org/10.1177/1073191106295527
- Van der Linden, M., d’Acremont, M., Zermatten, A., Jermann, F., Larøi, F., Willems, S., Juillerat, A. C., & Bechara, A. (2006). A French adaptation of the UPPS Impulsive Behavior Scale: Confirmatory factor analysis in a sample of undergraduate students. European Journal of Psychological Assessment, 22(1), 38–42. https://doi.org/10.1027/1015-5759.22.1.38
- Verdejo-García, A., Lozano, Ó., Moya, M., Alcázar, M. Á., & Pérez-García, M. (2009). Psychometric Properties of a Spanish Version of the UPPS–P Impulsive Behavior Scale: Reliability, Validity and Association With Trait and Cognitive Impulsivity. Journal of Personality Assessment, 92(1), 70–77. https://doi.org/10.1080/00223890903382369
- Whiteside, S. P., & Lynam, D. R. (2001). The Five Factor Model and impulsivity: Using a structural model of personality to understand impulsivity. Personality and Individual Differences, 30(4), 669–689. https://doi.org/10.1016/S0191-8869(00)00064-7
- Whiteside, S. P., & Lynam, D. R. (2003). Understanding the role of impulsivity and externalizing psychopathology in alcohol abuse: application of the UPPS impulsive behavior scale. Experimental and Clinical Psychopharmacology, 11(3), 210–217. https://doi.org/10.1037/1064-1297.11.3.210
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions: Below are a number of statements that describe ways in which people act and think. For each statement, please indicate how much you agree or disagree with the statement. If you « Agree Strongly » tap 1, if you « Agree Somewhat » tap 2, if you « Disagree somewhat » tap 3, and if you « Disagree Strongly » tap 4. Be sure to indicate your agreement or disagreement for every statement below.
Response Scale: 4-point Likert scale: 1 = Agree Strongly, 2 = Agree Some (Agree Somewhat), 3 = Disagree Some (Disagree Somewhat), 4 = Disagree Strongly (or alternatively 1 = Disagree Strongly to 4 = Agree Strongly; in original scoring 1 = Agree Strongly to 4 = Disagree Strongly with reverse coding applied).
- I have a reserved and cautious attitude toward life.
- I have trouble controlling my impulses.
- I generally seek new and exciting experiences and sensations.
- I generally like to see things through to the end.
- When I am very happy, I can’t seem to stop myself from doing things that can have bad consequences.
- My thinking is usually careful and purposeful.
- I have trouble resisting my cravings (for food, cigarettes, etc.).
- I’ll try anything once.
- I tend to give up easily.
- When I am in great mood, I tend to get into situations that could cause me problems.
- I am not one of those people who blurt out things without thinking.
- I often get involved in things I later wish I could get out of.
- I like sports and games in which you have to choose your next move very quickly.
- Unfinished tasks really bother me.
- When I am very happy, I tend to do things that may cause problems in my life.
- I like to stop and think things over before I do them.
- When I feel bad, I will often do things I later regret in order to make myself feel better now.
- I would enjoy water skiing.
- Once I get going on something I hate to stop.
- I tend to lose control when I am in a great mood.
- I don’t like to start a project until I know exactly how to proceed.
- Sometimes when I feel bad, I can’t seem to stop what I am doing even though it is making me feel worse.
- I would enjoy parachute jumping.
- I concentrate easily.
- When I am overjoyed, I feel like I can’t stop myself from going overboard.
- I would welcome the sensation of high speed driving.
- I finish what I start.
- I tend to value and follow a rational, « sensible » approach to things.
- When I am upset I often act without thinking.
- I tend to act without thinking when I am really excited.
- I would like to learn to fly an airplane.
- I am a person who always gets the job done.
- I usually make up my mind through careful reasoning.
- When I feel rejected, I will often say things that I later regret.
- Others would say I make bad choices when I am extremely happy about something.
- I sometimes like doing things that are a bit frightening.
- I almost always finish projects that I start.
- Before I get into a new situation I like to find out what to expect from it.
- I often make matters worse because I act without thinking when I am upset.
- When I am in a great mood, I often do things without thinking about them first.
- I would enjoy the sensation of skiing very fast down a high mountain slope.
- Sometimes there are so many little things to be done that I just ignore them all.
- I usually think carefully before doing anything.
- When I am depressed, I often do things that make me feel better at the time, even if they have bad consequences later.
- When I’m very happy I feel like it is okay to give in to cravings or overindulge.
- I sometimes like to drive fast.
- I am a productive person who always gets the job done.
- Before making up my mind, I consider all the advantages and disadvantages.
- When I am super excited, I tend to do things that I’ll regret later.
- When I am upset, I sometimes do things that make me feel good in the moment, even if they have bad consequences later.
- I would like to drive or ride on a fast motorcycle.
- When I am very happy, I often act without thinking.
- When I feel an urge to do something, I will often go ahead and do it, even if it is not a good idea.
- When I am very happy, I usually try to calm myself down.
- I usually think through the consequences of an act before I do it.
- I will do anything that is exciting and risky.
- When I am in an ecstatic mood, I tend to get into trouble.
- When I am very unhappy, I can’t seem to stop myself from doing things that can have bad consequences.
- When I am in a great mood, I usually do things that are okay, but other people might think are a bit wild.